Aux Philippines, le soutien aux agriculteurs (estimation du soutien aux producteurs, ESP) a représenté en moyenne 22 % des recettes agricoles brutes en 2023-2025, ce qui signifie qu’un peu plus d’un cinquième des recettes brutes des exploitants provenait des mesures de soutien. Le soutien aux producteurs est passé d’un niveau record d’environ 28 % en 2014-2015 à 20 % en 2023, avant de repartir à la hausse en 2024 et 2025 du fait de l’important soutien des prix de plusieurs produits.
La forme dominante de ce soutien est toujours le soutien des prix du marché (SPM), qui génère des transferts des consommateurs aux producteurs lorsque les prix intérieurs dépassent les prix de référence à la frontière, en particulier pour le sucre, le riz, le maïs et les produits d’origine animale. Le SPM est principalement le résultat de mesures aux frontières, notamment des droits de douane et des contingents tarifaires, même si les producteurs de riz bénéficient aussi de prix administrés dans le cadre des achats publics ainsi que d’interventions sur le marché intérieur par l’autorité nationale chargée de l’alimentation. Ces politiques publiques sont étroitement liées aux objectifs à long terme de sécurité alimentaire et de renforcement de l’autosuffisance, en particulier pour le riz, mais elles ont pour conséquence qu’une grande partie des coûts du soutien sont assumés par les consommateurs et les acheteurs intermédiaires. Ainsi, durant la période 2023-2025, les prix moyens aux producteurs sur le marché intérieur ont dépassé de 29 % les prix de référence à la frontière. Les transferts budgétaires ont progressivement pris de l’ampleur au fil du temps, ciblant principalement l’utilisation d’intrants variables (comme les semences et les engrais) et les investissements dans les équipements agricoles, les installations et les crédits bonifiés.
Le soutien aux services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) représentait plus de 5 % de la valeur de la production en 2023-2025 – soit plus du double du niveau observé en 2000-2002 –, signe des efforts continus qui sont déployés par le pays pour renforcer les services d’appui à l’agriculture. Les dépenses sont surtout consacrées aux systèmes d’irrigation et aux routes reliant les lieux de production aux marchés, ainsi qu’au système de connaissances et d’innovation agricoles, en particulier les programmes d’éducation et de vulgarisation.
Les transferts budgétaires aux consommateurs prennent la forme de programmes d’aide alimentaire ciblée, par exemple les initiatives d’alimentation scolaire, le programme Supplementary Feeding (supplémentation alimentaire) ou les bons d’alimentation du programme Walang Gutom, mis en place en 2023. Ces initiatives ont pour but d’améliorer l’accès à l’alimentation des foyers vulnérables. Cela dit, les transferts des consommateurs aux producteurs provenant des mesures de SPM sont plus élevés que les transferts budgétaires aux consommateurs, ce qui signifie que ces derniers sont globalement des contributeurs nets. En moyenne, les politiques publiques accroissent d’environ 20 % les dépenses alimentaires des consommateurs (mesurées au départ de l’exploitation).
Le soutien total à l’agriculture a diminué, de 2.9 % du PIB en 2000-2002 à 2.3 % en 2023-2025, mais demeure parmi les plus élevés de ceux relevés pour le présent rapport, ce qui implique un coût relativement élevé pour l’économie du pays.