Suite à un changement d’administration à la fin 2024, la politique agricole a été restructurée dans le cadre du Plan national de développement 2025-2030 et du Programme sectoriel pour l’agriculture et le développement rural. Ces documents mettent l’accent sur la souveraineté alimentaire, la réduction de la pauvreté, la hausse des revenus des petits producteurs et la gestion durable des ressources naturelles. L’action publique est orientée vers l’inclusion sociale et la résilience, le but étant de construire un système agroalimentaire plus nutritif, équitable et résilient au changement climatique.
En 2025-2026, plutôt que de créer des outils entièrement nouveaux, le gouvernement a restructuré et consolidé les programmes existants pour améliorer la coordination, l’efficience et la couverture territoriale. Les réformes clés ont consisté notamment à remplacer SEGALMEX par le cadre Alimentación para el Bienestar (L’alimentation au service du bien-être) qui intègre les achats, le stockage et la distribution de produits alimentaires provenant de petits producteurs, ainsi qu’à réorganiser l’entreprise DICONSA en magasins du bien-être (Tiendas Bienestar) et le programme LICONSA en Leche del Bienestar (Le lait du bien-être) pour rationaliser les activités. Le programme des prix garantis a été restructuré en deux composantes (Réserves pour le bien-être et Commerce équitable) pour renforcer les achats publics directs et l’accès au marché, alors que les activités opérationnelles ont été transférées au programme Leche del Bienestar.
Par ailleurs, les programmes Fertilizantes para el Bienestar (Des engrais au service du bien-être) et Producción para el Bienestar (La production au service du bien-être) ont été étendus en ciblant davantage les femmes et les agriculteurs issus des populations autochtones. Le programme Cosechando Soberanía (Récolter la souveraineté) vise à fournir aux exploitations de petite et moyenne taille des crédits, des services d’assurance, une assistance technique et un appui à la commercialisation, dans le but de stimuler la production intérieure de produits de base dans le cadre d’une stratégie de souveraineté alimentaire plus coordonnée.
Le pays a également renforcé son programme de durabilité de l’agriculture à l’aide de plusieurs actions coordonnées. La campagne Mi parcela no se quema (Pas de feu dans ma parcelle) a été étendue pour réduire les brûlis agricoles et encourager au respect de la réglementation sur les incendies ; d’un autre côté, la plateforme numérique Alimentar sin deforestar (Alimenter sans déforester) vise à améliorer la traçabilité et à garantir une production sans déforestation en reliant les données géospatiales et satellitaires avec des informations sur les agriculteurs, l’affectation des terres et les chaînes d’approvisionnement. Le gouvernement a en outre adopté une stratégie nationale pour réduire et utiliser correctement les pesticides, qui consiste notamment à éliminer progressivement les substances dangereuses et à promouvoir des alternatives plus saines.
Enfin, en 2025, le Mexique a mis l’accent sur l’amélioration de la productivité agricole au travers de l’innovation, de l’adoption des technologies et d’un renforcement des mesures axées sur l’inclusion et la durabilité. Ses principales actions ont été l’Accord national sur la tortilla de maïs, dont le but est de stabiliser les prix et d’améliorer la coordination de la chaîne d’approvisionnement du maïs blanc, ainsi que des opérations de promotion de l’amélioration génétique, de la mécanisation et du passage au numérique pour les exploitations de petite et moyenne taille. Le gouvernement a également présenté le Plan national sur le maïs indigène, qui vise à conserver et commercialiser les variétés de maïs traditionnelles.