En Indonésie, le soutien aux producteurs ne représentait plus que 7.4 % des recettes agricoles brutes en 2023-2025, contre 26.5 % à son plus haut niveau en 2015, et 5.5 % sur la période 2000-2002. Ce soutien prend pour l’essentiel la forme de transferts des consommateurs aux producteurs, générés par l’application de prix intérieurs supérieurs aux prix de référence internationaux (de 8 % en moyenne en 2025), qui résultent de mesures aux frontières et d’interventions sur les marchés intérieurs. Pour les produits de base visés par les programmes d’autosuffisance (sucre, maïs, volaille, riz et œufs, par exemple), les transferts au titre d’un seul produit représentaient la part la plus élevée des recettes agricoles brutes.
La part des transferts aux producteurs susceptibles de créer le plus de distorsions s’est élevée à 93 % en 2023-2025, signe de la prédominance du SPM (notamment l’important soutien négatif des prix lié à l’augmentation des droits d’exportation sur l’huile de palme) et des paiements au titre de l’utilisation d’intrants variables non assortie de contraintes (en particulier les engrais) dans la panoplie de mesures de l’Indonésie.
Dans ce pays, le soutien aux consommateurs passe principalement par le programme de distribution gratuite de repas nutritifs (MBG). Les droits prélevés sur les exportations de produits à base d’huile de palme contribuent à limiter les prix de ces produits et, en plus de profiter aux consommateurs, génèrent des recettes fiscales. Toutefois, en 2023-2025, ces transferts ont été inférieurs aux transferts des consommateurs aux producteurs, en raison de la hausse des prix intérieurs des produits de base. De manière générale, les consommateurs sont pénalisés par la politique agricole, comme l’indique l’estimation du soutien aux consommateurs (ESC), qui représente -11 % des dépenses de consommation (mesurées aux prix au départ de l’exploitation).
Les dépenses au titre des services d’intérêt général (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) sont principalement consacrées aux infrastructures d’irrigation et au stockage public, et sont d’un faible niveau par rapport au soutien aux producteurs, puisqu’elles ne représentaient que 15 % de l’estimation du soutien total (EST) en 2023-2025. Rapportée à la valeur de la production agricole, l’ESSG était de 1.6 %, contre 2.6 % en 2000-2002.