Population née à l’étranger – 2024 | 14.9 % de la population | Principaux pays de naissance : |
51.2 millions, 51 % de femmes | Évolution depuis 2014: +21 % | Mexico (24 %), Inde (7 %), Chine (4 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
États-Unis
Copier le lien de États-UnisEn 2024, les États-Unis ont accueilli 1 425 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut), soit 20 % de plus qu’en 2023. Ce chiffre comprend 6 % de migrants de travail, 68 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 17 % de migrants humanitaires. Environ 390 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 841 900 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers.
Le Mexique, Cuba et l’Inde étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, Cuba a enregistré la plus forte augmentation (57 000) et l’Inde la plus forte diminution (‑56 000) des flux vers les États-Unis par rapport à l’année précédente.
Le nombre estimé de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 43 % en 2024, pour atteindre environ 1.7 million. En 2023, la majorité des demandeurs étaient originaires du Venezuela (185 000), de Colombie (128 000) et de Cuba (99 000). La plus forte augmentation depuis 2022 concerne les ressortissants colombiens (+96 000) et la plus forte diminution les ressortissants cubains (‑57 800). Sur les 259 000 décisions prises en 2024, 14 % étaient positives.
L’émigration des citoyens américains vers les pays de l’OCDE a diminué de 0.1 % en 2023, pour atteindre 104 000 personnes. Environ 13 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 10 % vers le Royaume‑Uni et 10 % vers le Canada.
Suite à l’arrivée d’une nouvelle administration en janvier 2025, la politique d’immigration des États‑Unis a connu un tournant important, appuyé par l’adoption d’une série de mesures exécutives, législatives et administratives. Le 20 janvier 2025, le président Trump a signé une série de décrets présidentiels annulant un grand nombre de mesures prises par l’administration Biden, dont plusieurs décisions importantes relatives à l’immigration de travail. Le décret visant à protéger le peuple américain contre l’invasion (Protecting the American People Against Invasion) met l’accent sur une application rigoureuse de la législation américaine en matière d’immigration, avec pour objectif de garantir des procédures d’expulsion rapides et efficaces, d’augmenter la capacité d’accueil des centres de rétention, de durcir les sanctions à l’encontre des étrangers non enregistrés auprès de l’administration et de limiter les fonds fédéraux pour les territoires considérés comme des villes dites sanctuaires. Ce décret préconise également une augmentation sensible des effectifs de l’agence de contrôle de l’immigration et des douanes (Immigration and Customs Enforcement, ICE) et du service des douanes et de la protection des frontières (Customs and Border Protection, CBP). Les décrets présidentiels de janvier 2025 visaient par ailleurs à suspendre le programme américain d’admission des réfugiés (US Refugee Admissions Program, USRAP) jusqu’à ce qu’il soit établi que la reprise de l’entrée des réfugiés serait dans l’intérêt des États‑Unis, à modifier les marqueurs de genre sur les documents fédéraux et à mettre en place des restrictions au droit du sol. Un grand nombre de ces décrets font l’objet de recours devant les tribunaux, et le décret mentionné ci-dessus a été temporairement suspendu, l’administration Trump ayant demandé à la Cour suprême de se prononcer sur les injonctions formulées à l’échelle du pays contre l’application de ce décret. Le 27 juin 2025, la Cour suprême a jugé que les juges fédéraux n’avaient pas le pouvoir de prononcer des injonctions à l’échelle nationale contre des décisions de l’exécutif.
En janvier 2025, le Congrès a adopté la loi Laken Riley, laquelle impose la détention des étrangers accusés de certaines infractions pénales et autorise les États américains à intenter une action en justice contre le département de la Sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) pour toute décision ou tout manquement présumé en matière d’application du droit de l’immigration. Faisant exception à la suspension de l’entrée de réfugiés, un décret de février 2025 charge les secrétaires d’État et de la Sécurité intérieure de promouvoir la réinstallation des Afrikaners d’Afrique du Sud déclarant être victimes de persécutions fondées sur la race. D’autres mesures ont également été prises, comme la suppression, à partir de mars 2025, du programme de protection à titre humanitaire destiné aux ressortissants de Cuba, d’Haïti, du Nicaragua et du Venezuela. Le 12 juin 2025, en vertu de la décision de la Cour suprême, les services de la citoyenneté et de l’immigration (US Citizenship and Immigration Services, USCIS) ont informé ces ressortissants étrangers de l’annulation de leur protection humanitaire et des autorisations de travail fondées sur ce statut, et ce, si leur validité n’avait pas déjà pris fin au 24 avril 2025. Le statut de protection temporaire n’a en outre pas été renouvelé pour plusieurs pays, dont l’Afghanistan, le Cameroun, Haïti, le Honduras, le Népal et le Nicaragua.
Certains systèmes administratifs ont également fait l’objet d’une restructuration. L’application « CBP One », dont la portée a été élargie par l’administration précédente de sorte à permettre la prise de rendez-vous dans le cadre d’une demande d’asile, a été supprimée. L’application « CBP Home Mobile », une plateforme numérique destinée à faciliter les retours volontaires, est quant à elle en service depuis mars 2025. Depuis le 11 avril 2025, certaines catégories de ressortissants étrangers séjournant aux États‑Unis pour une durée d’au moins 30 jours doivent s’enregistrer auprès de l’administration en remplissant le formulaire G‑325R, conformément à une nouvelle disposition provisoire du DHS. Le non-respect de cette obligation est passible d’une amende, d’une peine d’emprisonnement ou des deux.
En juin 2025, un décret présidentiel a imposé une interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de 12 pays, ainsi que des restrictions partielles à la délivrance de visas pour les ressortissants de 7 autres pays. Ces mesures concernent les personnes ne disposant pas d’un visa valide et prévoit un nombre limité d’exemptions.
Pour plus d’informations : www.whitehouse.gov/ | www.loc.gov/ | www.federalregister.gov/ | www.uscis.gov/