Population née à l’étranger – 2024 | 14 % de la population | Principaux pays de naissance : |
9.3 millions, 52 % de femmes | Évolution depuis 2014: +21 % | Algérie (17 %), Maroc (12 %), Portugal (7 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
France
Copier le lien de FranceEn 2024, la France a accueilli 298 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 2.6 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 22 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 20 % de migrants de travail, 34 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 14 % de migrants humanitaires. Environ 104 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 41 000 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 375 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Algérie, le Maroc et la Tunisie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Chine a enregistré la plus forte augmentation (1 200) et le Maroc la plus forte diminution (‑9 300) des flux vers la France par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 9.8 %, pour atteindre environ 131 000. La majorité des demandeurs étaient originaires de l’Ukraine (13 000), d’Afghanistan (10 000) et de la République démocratique du Congo (9 300). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants ukrainiens (10 000) et la plus forte diminution les ressortissants afghans (‑6 200). Sur les 138 000 décisions prises en 2024, 38 % étaient positives.
L’émigration des citoyens français vers les pays de l’OCDE a diminué de 5 % en 2023, pour atteindre 104 000 personnes. Environ 19 % de ce groupe a émigré vers la Suisse, 16 % vers l’Espagne et 11 % vers la Belgique.
En janvier 2024, la France a adopté une nouvelle loi sur l’immigration afin de mieux réguler les flux d’entrée et de favoriser l’intégration. Les travailleurs en situation irrégulière ayant exercé un métier en tension durant 12 mois au cours des deux dernières années et qui justifient d’une période de résidence de trois ans peuvent à présent déposer par eux-mêmes une demande de régularisation, sans avoir à demander à leur employeur de le faire en leur nom. Les sanctions envers les employeurs de migrants en situation irrégulière ont été durcies.
La loi instaure également un nouveau titre de séjour de quatre ans pour les professionnels des secteurs médical et pharmaceutique. Les exigences de maîtrise de la langue ont été durcies : niveau A2 pour les titres de séjour pluriannuels, B1 pour la résidence et B2 pour la naturalisation.
Le régime d’asile a été rationalisé en réduisant le nombre de procédures contentieuses de 12 à 3 et en améliorant la coordination à l’échelle locale. Les procédures d’expulsion couvrent désormais les étrangers arrivés avant l’âge de 13 ans. Un décret relatif au contrôle biométrique, adopté en avril 2024, permet le recoupement de la base de données des empreintes digitales avec huit autres systèmes français et européens.
Début 2024, Mayotte a connu une crise politique et économique majeure, en grande partie déclenchée par la pauvreté et l’ampleur de l’immigration illégale sur l’île. Face aux manifestations, le gouvernement français a lancé l’Opération Wuambushu afin d’endiguer l’immigration illégale et de détruire les logements insalubres. La suppression du droit du sol à Mayotte a également été proposée afin de décourager l’immigration irrégulière.
En mars 2024, le gouvernement a assoupli la règle fiscale applicable aux employeurs qui embauchent des ressortissants étrangers non originaires de l’UE : les employeurs de détenteurs de titre de séjour dispensés d’autorisation de travail ne sont plus redevables de la taxe sur l’emploi de main-d’œuvre étrangère ; pour les autres, la taxe est désormais payable annuellement plutôt qu’à chaque nouvelle embauche, ce qui simplifie la procédure et allège le fardeau administratif. Une autre modification vise à renforcer l’attractivité de la France auprès des talents étrangers, dans un contexte de pénuries de main-d’œuvre. Toutes les professions agricoles sont à présent inscrites sur la liste des métiers en tension pour l’ensemble des régions métropolitaines.
Le soutien à l’intégration s’est développé, à travers des formations linguistiques renforcées pour les signataires du contrat d’intégration républicaine (CIR) et le déploiement du programme AGIR, qui offre aux réfugiés un accompagnement individualisé en matière d’emploi, de logement et d’accès aux services publics.
La France poursuit ses efforts de dématérialisation des demandes de titre de séjour, étendant les demandes en ligne aux catégories vulnérables, telles que les victimes de la traite des êtres humains et les mineurs placés. Les obligations de l’employeur concernant les travailleurs détachés ont été simplifiées afin de réduire la charge administrative.
Faisant suite à la mise en œuvre de la loi de 2024, une circulaire a été publiée en mai 2025 par le ministère de l’Intérieur, visant à durcir les conditions d’accès à la nationalité française par décret. Elle prévoit que les demandeurs doivent non seulement satisfaire aux critères de maîtrise du français et de durée du séjour (niveau B2 et cinq années de résidence légale dans la plupart des cas) mais aussi démontrer une régularité fiscale et juridique exemplaire, une présence physique continue en France et une réelle intégration par l’emploi ou un engagement associatif de longue durée. Les pratiques administratives ont été harmonisées entre les préfectures et tout dossier de demande faisant état d’une dette fiscale, de revenus non déclarés ou de séjours prolongés à l’étranger s’expose au rejet.
Pour plus d’informations : www.immigration.interieur.gouv.fr | www.ofii.fr | www.senat.fr.