Population née à l’étranger – 2024 | 18.4 % de la population | Principaux pays de naissance : |
8.8 millions, 52 % de femmes | Évolution depuis 2014: +48 % | Maroc (12 %), Colombie (10 %), Venezuela (7 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Espagne
Copier le lien de EspagneEn 2024, l’Espagne a accueilli 368 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 1.8 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 32 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 6 % de migrants de travail, 39 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 5 % de migrants humanitaires. Environ 70 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 55 900 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 190 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
La Colombie, le Maroc et le Venezuela étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Maroc a enregistré la plus forte augmentation (9 700) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑57 000) des flux vers l’Espagne par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 2.2 %, pour atteindre environ 164 000. La majorité des demandeurs étaient originaires du Venezuela (65 000), de Colombie (40 000) et du Mali (11 000). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants maliens (9 300) et la plus forte diminution les ressortissants colombiens (‑13 000). Sur les 90 000 décisions prises en 2024, 56 % étaient positives.
L’émigration des citoyens espagnols vers les pays de l’OCDE a augmenté de 3 % en 2023, pour atteindre 80 000 personnes. Environ 18 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 13 % vers les Pays-Bas et 12 % vers la France.
En novembre 2024, l’Espagne a approuvé une nouvelle réglementation sur les étrangers (Reglamento de Extranjería), modifiant en profondeur sa législation en matière d’immigration. Entrée en vigueur le 20 mai 2025, cette réforme a pour but d’harmoniser les règles nationales avec la législation de l’Union européenne tout en simplifiant les procédures de demande de visa, en améliorant l’inclusion des immigrés et en remédiant aux pénuries de main-d’œuvre. La nouvelle réglementation présente le travail, la formation et la famille comme les trois leviers de l’inclusion des immigrés en Espagne. Les principales mesures portent sur la définition de règles plus claires pour l’octroi de visas, l’amélioration de l’accès au marché du travail, l’élargissement du droit au regroupement familial et la mise en place de nouvelles voies d’accès à la résidence pour les immigrés sans papiers.
Toutes les autorisations initiales de visa sont désormais valables pour un an et peuvent être renouvelées pour des périodes consécutives de quatre ans. La durée du visa de demandeur d’emploi a été prolongée, passant de trois mois à un an, de façon à donner plus de temps aux demandeurs pour trouver un emploi dans certains secteurs définis. Un nouveau permis de séjour de cinq ans a été mis en place pour les membres de la famille de ressortissants espagnols qui ne sont eux-mêmes pas ressortissants d’un pays de l’UE. Les conditions d’obtention d’un permis de séjour au titre du regroupement familial ont été modifiées de manière à couvrir également les couples de fait et la famille élargie. Cette réforme précise également les règles de séjour de longue durée et simplifie la procédure de modification du motif de résidence. Les étudiants en mobilité internationale peuvent désormais travailler jusqu’à 30 heures par semaine et bénéficier d’un accès simplifié aux parcours vers l’emploi après l’obtention de leur diplôme. La réforme améliore et renforce également les droits et garanties des travailleurs saisonniers étrangers.
La nouvelle réglementation établit par ailleurs cinq voies d’« arraigo » (« enracinement » dans une localité précise) afin d’aider les immigrés sans papiers à régulariser leur situation sur la base de motifs sociaux, familiaux, d’emploi ou de formation. Ces dispositifs offrent une voie plus claire vers l’emploi et l’intégration. Les programmes complets de régularisation mis en œuvre par l’Espagne visent à permettre au cours des prochaines années l’intégration d’un grand nombre d’immigrés sans papiers dans l’économie formelle, et ce, afin qu’ils contribuent à réduire les pénuries de main-d’œuvre de certains secteurs clés.
En décembre 2024, l’Espagne a adopté l’ordonnance GECCO 2025 (Gestión Colectiva de Contrataciones en Origen) pour soutenir les migrations circulaires. Cette ordonnance a mis en place des permis de travail saisonniers qui offrent assistance et protection aux bénéficiaires. Les participants aux dispositifs de migration circulaire obtiennent désormais une autorisation valable pour une durée maximale de quatre ans, qui leur permet de travailler sur le territoire jusqu’à neuf mois par an, à condition qu’ils retournent dans leur pays d’origine entre chaque saison.
En février 2025, le gouvernement espagnol a annoncé une nouvelle réglementation concernant les ressortissants espagnols établis à l’étranger, destinée à améliorer le soutien qui leur est apporté et à encourager leur retour en Espagne. Les mesures prévues portent notamment sur le rapatriement d’urgence et le recrutement de talents, et définissent un nouveau plan de retour volontaire.
L’Espagne a également lancé une consultation publique sur son plan d’intégration et de coexistence interculturelle (Plan de Integración y Convivencia Intercultural) en février 2025, afin de réunir des propositions et de recueillir les expériences de citoyens, d’organisations et d’associations. S’appuyant sur le cadre stratégique pour la citoyenneté et l’inclusion contre le racisme et la xénophobie (Marco Estratégico de Ciudadanía e Inclusión contra el Racismo y la Xenofobia) pour 2023‑2027, cette initiative a pour objectif de promouvoir l’égalité, la cohésion sociale et la participation à la vie civique. Les domaines d’action spécifiques qui sont concernés sont notamment l’éducation, les services sociaux, la santé, le logement et l’emploi.
En avril 2025, l’Espagne a officiellement mis fin à son programme de « visas dorés », supprimant par là même la possibilité d’obtenir des droits de séjour en échange d’un investissement. Cette décision fait suite aux inquiétudes suscitées par l’augmentation des coûts du logement et par le faible rendement économique de ce type de dispositif.
Pour plus d’informations : www.inclusion.gob.es/