Population née à l’étranger – 2024 | 3.1 % de la population | Principaux pays de naissance : |
0.6 million, 45 % de femmes | Évolution depuis 2014: +178 % | Mexico (23 %), Inde (19 %), Chine (12 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Roumanie
Copier le lien de RoumanieEn 2024, 52 000 nouveaux immigrés ont obtenu un permis de séjour de plus de 12 mois en Roumanie (hors citoyens de l’UE), soit une augmentation de 5.7 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 80.6 % de migrants de travail, 9.5 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante), 7 % venus pour des raisons d’éducation et 3 % d’autres migrants. Environ 1 800 permis de courte durée ont été délivrés à des étudiants internationaux et 2 600 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (hors migration intra-UE). En outre, 47 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 41 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés sont généralement employés sous contrat de courte durée.
Le Népal, le Sri Lanka et la Türkiye étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Népal a enregistré la plus forte augmentation (11 000) des flux vers la Roumanie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 77 %, pour atteindre environ 2 300. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (700), du Népal (200) et d’Irak (200). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (65) et la plus forte diminution les ressortissants bangladais (‑2 700). Sur les 2 220 décisions prises en 2024, 34 % étaient positives.
L’émigration des citoyens roumains vers les pays de l’OCDE a diminué de 9 % en 2023, pour atteindre 244 000 personnes. Environ 36 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 19 % vers l’Espagne et 11 % vers l’Italie.
Les quotas annuels de permis de travail définis par le gouvernement roumain sont stables depuis plusieurs années, s’établissant à 100 000 permis en 2022, 2023, 2024 et à nouveau en 2025. Ce quota est généralement utilisé dans son intégralité ; plus de 130 000 demandes ont été déposées en 2024, soit légèrement plus qu’en 2023. En 2024, l’Inspection générale de l’immigration (Inspectoratul General pentru Imigrări, IGI) a délivré plus de 106 000 autorisations de travail. Ce chiffre ne reflète toutefois pas seulement de nouvelles entrées ou embauches, dans la mesure où un grand nombre des demandes concernent des renouvellements (lesquelles demandes étaient décomptées du quota jusqu’en 2024) et où certains demandeurs ne parviennent pas à obtenir un visa ou à se rendre en Roumanie.
La Directive relative à la carte bleue européenne a été transposée dans le droit roumain en 2024. La validité de la carte bleue a ainsi été prolongée pour une durée maximale de trois ans et certains demandeurs peuvent désormais en bénéficier sur la base de leur seule expérience professionnelle. Les conditions régissant le regroupement familial et la durée des contrats de travail ont également été assouplies.
L’ordonnance d’urgence du gouvernement nº 25/21‑03‑2024 prévoit différentes modifications à l’ordonnance d’urgence nº 194/2002 relative au régime des étrangers en Roumanie (cadre juridique réglementant l’entrée, le séjour et la sortie des étrangers sur le territoire roumain, leurs droits et obligations, ainsi que les mesures spécifiques de contrôle de l’immigration).
De nouvelles règles viennent simplifier les procédures d’obtention et de prolongation des permis de séjour à des fins d’études, de travail ou de regroupement familial. Certains amendements précisent également les types de visas dont peuvent bénéficier les étrangers, notamment pour les visas de long séjour spécifiques au travail ou au regroupement familial. La nouvelle version de la loi prévoit des temps de traitement plus rapides et des procédures plus transparentes pour les demandes de visa de long séjour, en particulier pour les étudiants et les travailleurs hautement qualifiés. Ces modifications durcissent également les conditions applicables aux prolongations de visas, principalement pour s’assurer que les demandeurs ont des ressources financières suffisantes et des raisons légitimes pour rester sur le territoire.
Des changements ont également été apportés aux conditions d’emploi des ressortissants étrangers, et plus particulièrement dans les secteurs qualifiés à forte demande, comme la santé et les technologies de l’information. La révision des réglementations porte en outre sur la mobilité des travailleurs étrangers entre les pays de l’Union européenne et la Roumanie, afin d’en assurer la cohérence avec les normes de l’UE en matière de mobilité des travailleurs. Les nouvelles dispositions définissent également des normes à destination des employeurs.
D’autres modifications portent sur le cadre juridique relatif à l’intégration des ressortissants étrangers dans la société roumaine et définissent des lignes directrices plus claires pour les personnes qui remplissent les conditions requises pour obtenir la citoyenneté ou un permis de séjour de longue durée. Ces mises à jour visent également à mieux réglementer les interactions entre les étrangers et les institutions publiques, afin que les étrangers aient accès aux services sociaux essentiels tout en préservant leurs responsabilités juridiques.
Une nouvelle loi sur la nationalité, entrée en vigueur le 15 mars 2025, durcit les conditions de naturalisation. Le niveau de langue exigé a été fixé au niveau B1 du CECR au milieu de l’année 2024. Les demandeurs doivent désormais prêter un serment de citoyenneté et déclarer leur lieu de résidence.
Depuis le 1er janvier 2025, la Roumanie a intégré l’espace Schengen en tant que membre à part entière, supprimant par là même les contrôles d’identité pour les déplacements au sein de la région.
En mars 2025, l’Agence de l’Union européenne pour l’asile (AUEA) et les autorités roumaines ont lancé un plan opérationnel pour 2025‑2026 axé sur le renforcement des capacités d’accueil et l’amélioration des procédures d’asile. Ce plan prévoit une aide à l’accueil afin de mieux contrôler la qualité de l’accueil et corriger les lacunes identifiées.
Pour plus d’informations : igi.mai.gov.ro/