Ave Lauren
OCDE
José Ramalho
OCDE
Jean-Christophe Dumont
OCDE
Gaetan Lafortune
OCDE
Agya Mahat
OMS
Tapas Nair
OMS
Ave Lauren
OCDE
José Ramalho
OCDE
Jean-Christophe Dumont
OCDE
Gaetan Lafortune
OCDE
Agya Mahat
OMS
Tapas Nair
OMS
Le présent chapitre est le fruit d’une collaboration entre l’OCDE et l’OMS dans le cadre du programme « Working for Health ». Il s’intéresse à l’évolution des migrations internationales des professionnels de santé vers les pays de l’OCDE depuis 2000/01, des médecins et du personnel infirmier en particulier, dans un contexte de pénuries croissantes de main-d’œuvre et d’intensification de la course mondiale aux talents. Il analyse les tendances récentes de la mobilité des professionnels de santé formés et nés à l’étranger en s’appuyant sur les dernières données disponibles. Ce chapitre s’interroge également sur les conséquences des migrations pour les pays d’origine, notamment sur le risque de fuite des cerveaux, et souligne l’importance de pratiques de recrutement éthiques. Enfin, il étudie les changements de politique migratoire récents qui concernent les professionnels de santé ainsi que l’évolution de la situation au regard de la reconnaissance des qualifications étrangères et de l’octroi des autorisations d’exercer dans l’ensemble des pays de l’OCDE.
Les pénuries de personnel de santé, causées par le vieillissement des populations, l’augmentation des besoins de soins et la demande croissante de services médicaux, représentent aujourd’hui un enjeu majeur pour l’ensemble des pays de l’OCDE. Bon nombre d’entre eux ont réagi en renforçant leurs capacités de formation de professionnels de santé, mais le recrutement de médecins et de personnel infirmier à l’international a lui aussi continué d’augmenter.
Le nombre de médecins et d’infirmiers immigrés dans les pays de l’OCDE a considérablement progressé au cours des deux dernières décennies, devançant la croissance totale de l’emploi dans ces professions. Dans la zone OCDE, le nombre total de médecins et d’infirmiers nés à l’étranger a augmenté de 86 % et de 136 % respectivement. Le nombre de médecins et d’infirmiers formés à l’étranger a quant à lui augmenté de 62 % et de 71 % respectivement depuis 2010. Ces chiffres révèlent que les pays de l’OCDE dépendent fortement, et de plus en plus, de professionnels de santé immigrés pour doter leurs systèmes de santé en personnel et satisfaire les besoins de soins et d’accompagnement de la population.
Les plus fortes augmentations du nombre de professionnels de santé immigrés, en chiffres absolus, sont enregistrées en Allemagne, aux États-Unis et au Royaume‑Uni. Ces trois pays demeurent les principales destinations des médecins et des infirmiers nés et formés à l’étranger, et accueillent collectivement la majorité des professionnels de santé immigrés dans la zone OCDE.
Le nombre de médecins nés à l’étranger a plus que triplé en 20 ans dans plusieurs pays, dont l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse. Le nombre d’infirmiers nés à l’étranger a été pour sa part presque multiplié par huit en Finlande et a plus que triplé en Allemagne, en Irlande, en Norvège et en Nouvelle‑Zélande.
Dans la plupart des pays de l’OCDE, les professionnels de santé formés à l’étranger sont moins nombreux que ceux nés à l’étranger, ce qui indique qu’un grand nombre d’immigrés terminent au moins une partie de leur formation ou doivent la refaire dans le pays d’accueil.
Environ un médecin ou infirmier immigré sur cinq dans les pays de l’OCDE est originaire d’un autre pays de l’Espace économique européen (EEE), tandis que 30 % des médecins et 27 % des infirmiers immigrés sont originaires d’autres pays de la zone OCDE. L’Asie est la principale région d’origine, à raison d’environ 40 % de médecins et 37 % d’infirmiers en exercice dans la zone OCDE.
L’Allemagne, la Chine et l’Inde sont les principaux pays d’origine des médecins, tandis que le personnel infirmier vient principalement d’Inde, des Philippines et de Pologne. Environ 89 000 médecins et 257 000 infirmiers viennent de pays inscrits sur la Liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS, chiffres suscitant des craintes quant aux conséquences possibles de la mobilité internationale de ces professionnels sur les systèmes de santé fragiles des pays en question.
Sept pays d’origine enregistrent un nombre de médecins émigrés en exercice dans la zone OCDE plus élevé que le nombre de médecins en exercice sur place. Ce chiffre passe à 15 pays pour ce qui concerne les infirmiers. Il s’agit pour la plupart de petits États insulaires et de pays moins développés d’Afrique subsaharienne.
Les politiques migratoires évoluent de manière à faciliter le recrutement à l’international dans le secteur de la santé. La plupart des pays de l’OCDE ont recours à des listes de métiers en tension et à des accords bilatéraux de travail. Les voies d’immigration réservées aux professionnels de santé sont également plus répandues. Les principaux pays d’accueil devraient néanmoins poursuivre les efforts mis en œuvre pour renforcer leurs capacités de formation et améliorer la rétention du personnel de santé afin de réduire les pénuries et les problèmes de répartition à l’échelle nationale.
La reconnaissance des qualifications et l’autorisation d’exercer demeurent des obstacles majeurs à l’insertion professionnelle des immigrés à la hauteur de leurs compétences dans le secteur de la santé. Face aux procédures longues et complexes qui retardent souvent l’entrée sur le marché du travail des professionnels formés à l’étranger, plusieurs pays ont simplifié les formalités nécessaires à la reconnaissance des qualifications étrangères et renforcé leur offre de formations passerelles ; une démarche positive susceptible de servir de modèle pour d’autres pays.
Les crises récentes, notamment celle du COVID‑19, ont donné lieu à un large éventail de mesures temporaires concernant les systèmes à la fois d’immigration et de reconnaissance des qualifications/octroi des autorisations d’exercer. Bon nombre de mesures concernant l’immigration ne sont qu’à courte échéance, mais l’expérience a suscité un intérêt plus général dans les pays de l’OCDE pour de nouveaux types d’autorisations d’exercer, notamment pour les autorisations temporaires et conditionnelles.
Il est essentiel que tous les pays mettent pleinement en œuvre le Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé. Il sera utile de renforcer la coopération internationale afin d’aider les pays en développement à constituer des effectifs suffisants et à consolider leurs systèmes de santé de manière à atténuer les facteurs qui conduisent leurs professionnels de santé à émigrer.
La question des migrations internationales des professionnels de santé s’invite de plus en plus dans les débats, dans un contexte notamment de pénuries mondiales de personnel et de tensions dans les systèmes de santé. Bien qu’elle ait temporairement perturbé les flux migratoires internationaux, la pandémie de COVID‑19 a mis en relief le rôle essentiel des professionnels de santé déjà immigrés dans les pays de l’OCDE dans le maintien et la reprise des services de santé. Elle a également souligné leur importance à long terme pour la résilience des systèmes de santé (OCDE, 2020[1]). Parallèlement, le vieillissement des populations et l’augmentation des besoins de santé ont intensifié la concurrence pour le personnel qualifié, poussant bon nombre de pays à revoir leurs stratégies en matière de ressources humaines et leur façon d’aborder le recrutement à l’international.
Des évolutions récentes sont venues transformer plus encore ce paysage en mutation. La sortie du Royaume‑Uni de l’Union européenne a entraîné une nouvelle dynamique dans la mobilité des professionnels de santé à l’intérieur des frontières de l’Europe. Simultanément, les crises géopolitiques et humanitaires ont donné lieu à une forte augmentation des demandes d’asile dans l’ensemble de la zone OCDE. Le déplacement à grande échelle des populations ukrainiennes en 2022, particulièrement marquant, s’inscrit néanmoins dans un mouvement plus général de hausse des flux d’asile dans le monde. Ces populations déplacées comptant un grand nombre de professionnels de santé, plusieurs pays de l’OCDE ont été encouragés à chercher des moyens plus souples et plus inclusifs de reconnaître les qualifications étrangères et de faciliter l’insertion de ces personnes dans leurs effectifs de santé.
Conjuguées avec l’intensification de la concurrence pour les travailleurs qualifiés (OCDE, 2023[2]), ces évolutions poussent les pays de l’OCDE modifier la planification de leurs effectifs de santé, la gestion de la mobilité internationale et l’insertion des professionnels formés à l’étranger, suscitant des craintes fondamentales quant à la durabilité, au recrutement éthique et aux conséquences pour les pays d’origine. Le Code de pratique mondial de l’OMS pour le recrutement international des personnels de santé, adopté en 2010, continue de fournir un cadre approprié et efficace. Il favorise le recrutement éthique et aide à élaborer des systèmes qui équilibrent les intérêts des pays à la fois d’origine et d’accueil, tout en préservant les droits des professionnels de santé immigrés.
Dans ce contexte, le présent chapitre examine l’évolution des migrations internationales des professionnels de santé vers les pays de l’OCDE en 20 ans, depuis 2000/01. Il se penche également sur les conséquences pour les pays d’origine, afin d’évaluer l’ampleur et les tendances de la fuite des cerveaux (médecins et personnel infirmier) dans un large éventail de pays. L’analyse est placée dans le contexte plus large de politiques en évolution concernant la migration de travail, mais aussi la reconnaissance des compétences et l’octroi des autorisations d’exercer pour les professionnels de santé formés à l’étranger.
Elle puise dans deux sources de données principales :
Les données les plus récentes (2023 ou dernière année pour laquelle des données sont disponibles) sur les médecins et les infirmiers formés à l’étranger en exercice dans les pays de l’OCDE. Elles ont été recueillies par le biais du Questionnaire conjoint OCDE/Eurostat/OMS-Europe sur les statistiques de la santé et livrent des séries chronologiques comparables à l’échelle internationale remontant à 2000.
Les données les plus récentes disponibles (environ 2020/21) sur les médecins et les infirmiers nés à l’étranger en exercice dans les pays de l’OCDE. Elles proviennent de la base de données de l’OCDE sur les immigrés dans les pays de l’OCDE (DIOC), laquelle s’appuie sur les recensements nationaux de la population et les enquêtes sur la population active. Des séries chronologiques sont disponibles depuis 2000/01.
Le présent chapitre, fruit d’une collaboration étroite entre l’OCDE et l’OMS dans le cadre du programme « Working for Health », s’inscrit dans le prolongement des travaux conjoints menés de longue date par les deux organisations sur ce sujet. L’édition 2007 des Perspectives des migrations internationales comportait un chapitre donnant une vue d’ensemble comparative des médecins et des infirmiers immigrés dans les pays de l’OCDE, dans l’objectif d’éclairer le dialogue tant national qu’international sur les politiques à mener (OCDE, 2007[3]). Cette analyse a par la suite été actualisée dans l’édition 2015 (OCDE, 2015[4]), dans le rapport de 2019 sur l’évolution des migrations internationales de médecins, d’infirmiers et d’étudiants en médecine (OCDE, 2019[5]), et dans deux documents de travail de l’OCDE sur la santé (Socha-Dietrich et Dumont, 2021[6] ; Socha-Dietrich et Dumont, 2021[7]) . Le sujet a également été abordé dans le rapport de l’OCDE Health Workforce Policies: Right jobs, Right Skills, Right Places publié en 2016, qui analysait l’influence des politiques sanitaires et migratoires sur les admissions de médecins et d’infirmiers formés à l’étranger dans les pays de l’OCDE (OCDE, 2016[8]), ainsi que dans une note de synthèse de 2020 mettant en exergue la contribution des professionnels de santé immigrés pendant la pandémie de COVID‑19 (OCDE, 2020[1]).
Depuis le début du siècle, le nombre de personnes occupées dans le secteur de la santé et de l’action sociale dans les pays de l’OCDE a augmenté de plus de 28 millions, frôlant 73 millions en 2023. Cette progression a devancé celles à la fois de la population et de l’emploi total : de 9 % en 2000, la part de travailleurs dans le secteur de la santé et de l’action sociale est passée à 11 % en 2023, en moyenne dans les pays de l’OCDE. Aux États‑Unis, qui représentent le plus grand marché du travail de l’OCDE dans le secteur de la santé, l’emploi en santé est passé de 9.3 millions en 1990 à 18.1 millions en 2022, soit une progression annuelle de 2.1 % représentant près du double de la progression de l’emploi hors santé (1.1 %). Il a devancé l’emploi dans les industries manufacturières en 2006 et l’emploi dans le commerce de détail en 2009 pour devenir le plus grand secteur en termes d’emploi (Gottlieb et al., 2025[9]).
Dans tous les pays, le nombre de médecins et d’infirmiers témoigne de leur rôle critique dans le fonctionnement des systèmes de santé. En 2023, les pays de l’OCDE comptaient plus de 4.5 millions de médecins et 12.3 millions d’infirmiers, à comparer avec 2.8 millions et 8.1 millions respectivement en 2000. En 20 ans, leur nombre a augmenté plus rapidement que la population dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE. Les 38 pays de l’OCDE représentent 17 % de la population mondiale, mais environ 39 % des médecins, infirmiers, sages-femmes, dentistes et pharmaciens du monde.
En moyenne, le nombre de médecins pour 1 000 habitants dans l’ensemble des pays de l’OCDE a augmenté de 38 %, atteignant 3.9 médecins pour 1 000 habitants (Graphique 5.1) ; une progression particulièrement manifeste dans des pays comme l’Allemagne, l’Australie, le Danemark, la Norvège et la Nouvelle‑Zélande, mais moins prononcée aux États-Unis et en Finlande. Des pays en voie d’adhésion, comme la Croatie et la Roumanie, ont eux aussi enregistré une très forte augmentation.
Note : La moyenne de l’OCDE n’est pas pondérée. 1. Les données de la Colombie, de la République slovaque et de la Türkiye concernent les médecins en activité. 2. Les données de l’Argentine, du Chili et du Portugal concernent les autorisations d’exercer (ce qui explique une large surestimation).
Source : Explorateur des données de l’OCDE, Médecins, http://data-explorer.oecd.org/s/2i7.
Note : La moyenne de l’OCDE n’est pas pondérée. 1. Les données de la Colombie, des États-Unis, du Portugal, de la République slovaque et de la Türkiye concernent le personnel infirmier en activité. 2. Les données de l’Argentine et du Chili concernent les autorisations d’exercer.
Source : Explorateur des données de l’OCDE, Personnel infirmier, http://data-explorer.oecd.org/s/2i8.
Pendant la même période, le nombre d’infirmiers a augmenté de 25 % et atteint une moyenne de 9.1 pour 1 000 habitants dans la zone OCDE (Tableau 5.2). La Corée, la Finlande, le Portugal et la Suisse ont connu une forte augmentation. Le tableau est néanmoins plus nuancé pour la période 2013‑2023. Au cours des dix dernières années, quelques pays, dont la Lettonie et la République slovaque, ont à l’inverse connu une baisse du nombre d’infirmiers pour 1 000 habitants.
L’offre totale de professionnels de santé est déterminée par un éventail de facteurs, allant de la formation dans le pays à l’immigration de professionnels de santé, en passant par les départs à la retraite ou l’émigration. Face à des pénuries généralisées de professionnels de santé et à une demande croissante de soins, il est impératif de comprendre ces déterminants. Quelle influence les migrations ont-elles exercée sur l’offre de personnel dans les systèmes de santé des pays de l’OCDE ?
Les médecins et les infirmiers immigrés comptent pour beaucoup dans l’augmentation des effectifs de professionnels de santé dans un grand nombre de pays de l’OCDE au cours des dix dernières années. Il est possible de déterminer leur contribution à partir des données sur les professionnels de santé nés ou formés à l’étranger présents dans les pays de destination (Encadré 5.1). Cette section présente les données les plus récentes concernant les médecins et les infirmiers nés à l’étranger présents dans les pays de l’OCDE ; la suivante s’intéressera aux médecins et aux infirmiers formés à l’étranger.
À l’heure où les migrations internationales de médecins et de personnel infirmier s’invitent parmi les priorités d’action et dans les débats publics, il devient de plus en plus nécessaire d’observer et de mieux comprendre les évolutions connexes. Deux critères principaux s’imposent pour une observation fructueuse : 1) l’intérêt à la fois pour le pays d’origine et le pays de destination, et 2) la faisabilité de collectes de données régulières. Divers indicateurs peuvent être utilisés pour déterminer les schémas migratoires des professionnels de santé, dont la nationalité, le lieu de naissance ou le lieu d’éducation et de formation ; autant de facteurs présentant chacun des avantages et inconvénients particuliers.
La nationalité est un indicateur faible, car les personnes naturalisées ne sont plus comptabilisées comme des ressortissants étrangers et un nombre considérable de personnes nées et éduquées dans certains pays peuvent être de nationalité étrangère. Le lieu de naissance peut être un indicateur moins variable dans la mesure où il fait apparaître les déplacements transnationaux ; il n’indique toutefois pas le lieu de formation, un facteur important dans l’évaluation des conséquences sur les pays d’origine. Certaines personnes nées à l’étranger ont émigré à un jeune âge ou sont venues étudier et sont restées. Dans la plupart des cas, cela signifie que leur formation a été prise en charge par le pays d’accueil ou autofinancée.
Le lieu d’éducation ou de formation donne une autre perspective, mais il est difficile à mesurer. Une forte proportion de ressortissants des pays où la formation médicale est très réglementée ou coûteuse part étudier à l’étranger et est donc classée parmi les immigrés selon le critère du lieu de formation. Inversement, les médecins ou infirmiers déjà pleinement qualifiés avant l’émigration, récemment immigrés, peuvent avoir à refaire leur formation dans le pays d’accueil et ne sont donc pas classés comme immigrés selon cet indicateur. La classification peut être encore compliquée dans le cas des formations médicales ou infirmières effectuées dans plus d’un pays. Le questionnaire conjoint OCDE/Eurostat/OMS-Europe définit les professionnels formés à l’étranger comme les personnes qui ont obtenu leur premier diplôme médical ou infirmier à l’étranger. Des données sont également recueillies sur la distribution des professionnels de santé formés à l’étranger par lieu de naissance, ce qui livre d’autres éclairages sur l’internationalisation de la formation en santé.
Le présent chapitre s’appuie à la fois sur le lieu de naissance et le lieu de formation. Les données relatives aux professionnels nés à l’étranger proviennent de recensements de population récents et des enquêtes sur les forces de travail (EFT), lesquels utilisent la classification internationale type des professions (CITP‑08). Les données sur les professionnels formés à l’étranger sont recueillies au moyen du Questionnaire conjoint, les réponses des pays étant généralement fondées sur des registres professionnels ou des sources administratives.
Au cours des deux dernières décennies, la part totale de professionnels de santé nés à l’étranger présents dans les pays de l’OCDE a augmenté de manière constante. Dans les pays pour lesquels des données homogènes sont disponibles pour la période, le nombre total de médecins et d’infirmiers nés à l’étranger a augmenté respectivement de 86 % et de presque deux fois et demie entre 2000/01 et 2020/21 (Tableau 5.1 et Tableau 5.21). Dans les deux cas, cette progression est plus forte que celle de l’effectif total de chaque profession (41 % et 48 %). À l’échelle nationale, plusieurs pays de l’OCDE ont enregistré une forte augmentation du nombre absolu de médecins nés à l’étranger entre 2000 et 2020/21. Ce nombre a presque sextuplé au Luxembourg et plus que quadruplé en Finlande. L’Allemagne, l’Espagne, la Norvège et la Suisse ont également enregistré des augmentations à plus du triple. L’Allemagne et l’Australie sont deux pays de résidence (Tableau 5.1) où le nombre de médecins nés à l’étranger a presque triplé. Il a doublé au Royaume‑Uni et des augmentations plus modérées sont observées aux États-Unis et en France.
Un schéma comparable se dessine clairement pour le personnel infirmier né à l’étranger. La Finlande a enregistré la plus forte hausse avec un nombre d’infirmiers nés à l’étranger presque multiplié par huit, sachant toutefois que ce nombre était très faible en 2000/01. En Norvège, le nombre d’infirmiers nés à l’étranger a plus que quadruplé. Il a plus que triplé en Allemagne, en Irlande et en Nouvelle‑Zélande, et presque triplé en Australie et en Espagne. La Suisse a elle aussi enregistré une forte augmentation. Parmi les autres principaux pays de résidence, le Canada, les États-Unis et le Royaume‑Uni ont tous vu ce nombre plus que doubler. Les chiffres précis sont indiqués dans le Tableau 5.2.
Ces évolutions témoignent également d’efforts délibérés pour remédier aux pénuries de personnel de santé dans un contexte de vieillissement démographique et d’augmentation des besoins de soins. La Finlande, par exemple, a élargi son offre de formations de manière à attirer les étudiants en mobilité internationale, et plusieurs de ses universités de sciences appliquées proposent désormais des formations en soins infirmiers en anglais, conjuguées avec des cours de finnois pour permettre à ces étudiants d’obtenir plus facilement un emploi dans le pays une fois diplômés.
Dans l’ensemble des pays déclarants pour lesquels des données sont disponibles pour toutes les années, la part de médecins nés à l’étranger dans l’ensemble du corps des médecins a augmenté, passant de 21.2 % en 2000/01 à 27.9 % en 2020/21. La part d’infirmiers nés à l’étranger est quant à elle passée de 11 % à 17.6 % pendant la même période. La part totale varie cependant considérablement selon les pays de l’OCDE. En 2020/21, la part de médecins nés à l’étranger s’est établie entre 4 % ou moins au Mexique, en Pologne et en République slovaque et 50 % ou plus en Australie, au Luxembourg et en Nouvelle‑Zélande. Elle a dépassé 40 % en Irlande, en Israël, au Royaume‑Uni et en Suisse. L’Irlande, le Luxembourg et la Suisse ont enregistré les plus fortes augmentations de la part de médecins nés à l’étranger pendant cette période. En ce qui concerne le personnel infirmier, les plus faibles parts sont observées en Pologne (0.2 %), au Mexique (0.6%) et en République slovaque (2.0 %), et les plus fortes en Nouvelle‑Zélande (42.7 %), en Australie (41.1 %) et en Israël (40.5 %). L’Australie, l’Irlande, la Nouvelle‑Zélande, et le Royaume‑Uni ont enregistré les plus fortes augmentations de la part de personnel infirmier né à l’étranger depuis 2000/01.
|
|
2000/01 |
2010/11 |
2020/21 |
||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Pays de résidence |
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
|
Allemagne1 |
282 124 |
28 494 |
11.1 |
366 700 |
57 210 |
15.7 |
412 029 |
88 855 |
21.6 |
|
Australie1 |
48 211 |
20 452 |
42.9 |
68 795 |
36 076 |
52.8 |
109 484 |
59 404 |
54.3 |
|
Autriche1 |
30 068 |
4 400 |
14.6 |
40 559 |
6 844 |
16.9 |
42 434 |
8 398 |
19.8 |
|
Belgique |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
48 759 |
8 133 |
16.7 |
|
Canada1 |
65 110 |
22 860 |
35.1 |
79 585 |
27 780 |
34.9 |
105 200 |
38 985 |
37.1 |
|
Danemark1 |
14 977 |
1 629 |
10.9 |
15 403 |
2 935 |
19.1 |
25 754 |
4 104 |
15.9 |
|
Espagne |
126 248 |
9 433 |
7.5 |
|
|
|
190 773 |
32 285 |
16.9 |
|
Estonie |
.. |
.. |
.. |
4 145 |
747 |
18.0 |
4 453 |
640 |
14.4 |
|
États-Unis1 |
807 844 |
196 815 |
24.4 |
838 933 |
221 393 |
26.4 |
980 215 |
291 184 |
29.7 |
|
Finlande1 |
14 560 |
575 |
4.0 |
18 937 |
1 454 |
7.7 |
21 821 |
2 260 |
10.4 |
|
France1 |
200 358 |
33 879 |
16.9 |
224 998 |
43 955 |
19.5 |
270 794 |
49 005 |
18.1 |
|
Grèce |
.. |
.. |
.. |
49 114 |
5 348 |
10.9 |
58 816 |
5 347 |
9.1 |
|
Hongrie1 |
24 671 |
2 724 |
11.0 |
28 522 |
3 790 |
13.3 |
33 293 |
4 657 |
14.0 |
|
Irlande1 |
8 208 |
2 895 |
35.3 |
12 832 |
5 973 |
46.6 |
12 5002 |
6 102 |
48.8 |
|
Israël |
.. |
.. |
.. |
23 398 |
11 519 |
49.2 |
35 531 |
14 841 |
41.8 |
|
Italie |
.. |
.. |
.. |
234 323 |
11 822 |
5.0 |
236 074 |
11 088 |
4.7 |
|
Lettonie |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
6 673 |
753 |
11.3 |
|
Lituanie |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
13 269 |
752 |
5.7 |
|
Luxembourg1 |
882 |
266 |
30.2 |
1 347 |
536 |
40.0 |
2 264 |
1 541 |
68.1 |
|
Mexique |
205 571 |
3 005 |
1.5 |
.. |
.. |
.. |
447 535 |
6 895 |
1.5 |
|
Norvège1 |
12 761 |
2 117 |
16.6 |
19 624 |
4 460 |
22.7 |
26 103 |
7 049 |
27.0 |
|
Nouvelle‑Zélande1 |
9 009 |
4 215 |
46.9 |
12 708 |
6 897 |
54.3 |
20 238 |
10 281 |
50.8 |
|
Pays-Bas1 |
42 313 |
7 032 |
16.7 |
57 976 |
8 429 |
14.6 |
77 206 |
12 227 |
15.8 |
|
Pologne1 |
99 687 |
3 144 |
3.2 |
109 652 |
2 935 |
2.7 |
112 832 |
2 970 |
2.6 |
|
Portugal1 |
23 131 |
4 552 |
19.7 |
36 831 |
6 040 |
16.4 |
43 749 |
6 162 |
14.1 |
|
République slovaque |
.. |
.. |
.. |
21 552 |
823 |
3.8 |
23 497 |
933 |
4.0 |
|
Royaume‑Uni1 |
147 677 |
49 780 |
33.7 |
236 862 |
83 951 |
35.4 |
269 620 |
109 512 |
40.6 |
|
Slovénie |
.. |
.. |
.. |
5 556 |
1 006 |
18.1 |
.. |
.. |
.. |
|
Suède1 |
26 983 |
6 148 |
22.9 |
47 778 |
14 173 |
29.8 |
47 320 |
15 155 |
32.0 |
|
Suisse1 |
23 039 |
6 431 |
28.1 |
43 416 |
18 082 |
41.6 |
50 531 |
25 003 |
49.5 |
|
Tchéquie |
.. |
.. |
.. |
39 562 |
3 468 |
8.8 |
43 985 |
5 130 |
11.7 |
|
Türkiye |
82 221 |
5 090 |
6.2 |
104 950 |
3 003 |
2.9 |
.. |
.. |
.. |
|
Total OCDE1 |
1 881 613 |
398 408 |
21.2 |
2 261 457 |
552 914 |
24.4 |
2 663 387 |
742 854 |
27.9 |
|
Total OCDE pour une année donnée |
2 295 653 |
415 936 |
18.1 |
2 744 058 |
590 650 |
21.5 |
3 772 752 |
829 651 |
22.0 |
|
(22 pays) |
(27 pays) |
(29 pays) |
|||||||
1. Le total OCDE pour les médecins nés à l’étranger comprend 19 pays pour lesquels des données sont disponibles pour toutes les années (2000/01, 2010/11 et 2020/21). Seuls les pays marqués d’un 1 sont inclus.
2. Pour l’Irlande, le total 2020/21 est une estimation. Pour le Mexique, les données incluent les dentistes.
Source : DIOC 2000/01, DIOC 2010/11, DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
|
|
2000/01 |
2010/11 |
2020/21 |
||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
Total |
Nés à l’étranger |
% nés à l’étranger |
|
|
Allemagne1 |
781 300 |
74 990 |
10.4 |
1 074 523 |
150 060 |
14.0 |
1 259 421 |
240 935 |
19.1 |
|
Australie1 |
191 105 |
46 750 |
24.8 |
238 935 |
78 508 |
33.2 |
307 838 |
126 584 |
41.1 |
|
Autriche1 |
56 797 |
8 217 |
14.5 |
70 147 |
10 265 |
14.6 |
109 310 |
18 041 |
16.5 |
|
Belgique1 |
127 384 |
8 409 |
6.6 |
140 054 |
23 575 |
16.8 |
159 535 |
18 374 |
11.5 |
|
Canada1 |
284 945 |
48 880 |
17.2 |
326 700 |
73 425 |
22.5 |
428 400 |
119 035 |
27.8 |
|
Danemark1 |
57 047 |
2 320 |
4.1 |
61 082 |
6 301 |
10.3 |
67 012 |
3 793 |
5.7 |
|
Espagne1 |
167 498 |
5 638 |
3.4 |
252 804 |
14 400 |
5.7 |
302 857 |
16 532 |
5.5 |
|
Estonie |
.. |
.. |
.. |
8 302 |
2 162 |
26.0 |
9 383 |
1 241 |
13.2 |
|
États-Unis1 |
2 818 735 |
336 183 |
11.9 |
3 847 068 |
561 232 |
14.6 |
4 334 770 |
736 181 |
17.0 |
|
Finlande1 |
56 365 |
470 |
0.8 |
72 836 |
1 732 |
2.4 |
82 483 |
4 193 |
5.1 |
|
France1 |
421 602 |
23 308 |
5.5 |
550 163 |
32 345 |
5.9 |
650 441 |
40 577 |
6.2 |
|
Grèce1 |
39 952 |
3 883 |
9.7 |
.. |
.. |
.. |
42 641 |
3 352 |
7.9 |
|
Hongrie1 |
49 738 |
1 538 |
3.1 |
59 300 |
1 218 |
2.1 |
57 651 |
3 561 |
6.2 |
|
Irlande1 |
43 320 |
6 204 |
14.3 |
58 092 |
15 606 |
26.9 |
60 970 |
22 771 |
37.3 |
|
Israël |
.. |
.. |
.. |
31 708 |
16 043 |
50.6 |
50 088 |
20 277 |
40.5 |
|
Italie |
.. |
.. |
.. |
399 777 |
39 231 |
9.8 |
391 982 |
36 395 |
9.3 |
|
Lettonie |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
9 995 |
1 566 |
15.7 |
|
Lituanie |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
.. |
22 954 |
1 134 |
4.9 |
|
Luxembourg1 |
2 551 |
658 |
25.8 |
4 372 |
1 347 |
30.8 |
4 299 |
1 484 |
34.5 |
|
Mexique |
267 537 |
550 |
0.2 |
.. |
.. |
.. |
280 247 |
1 695 |
0.6 |
|
Norvège1 |
70 698 |
4 281 |
6.1 |
97 725 |
8 795 |
9.0 |
121 486 |
18 208 |
15.0 |
|
Nouvelle‑Zélande1 |
33 261 |
7 698 |
23.2 |
40 002 |
13 884 |
35.0 |
62 550 |
26 712 |
42.7 |
|
Pays-Bas1 |
259 569 |
17 780 |
6.9 |
323 420 |
30 909 |
9.6 |
211 117 |
15 097 |
7.2 |
|
Pologne1 |
243 225 |
1 074 |
0.4 |
245 667 |
595 |
0.2 |
241 613 |
556 |
0.2 |
|
Portugal1 |
36 595 |
5 077 |
13.9 |
47 619 |
5 549 |
11.7 |
67 053 |
6 591 |
9.8 |
|
Republique slovaque |
.. |
.. |
.. |
52 773 |
303 |
0.6 |
38 571 |
785 |
2.0 |
|
Royaume‑Uni1 |
538 647 |
81 623 |
15.2 |
618 659 |
134 075 |
21.7 |
715 557 |
198 965 |
27.8 |
|
Slovénie |
.. |
.. |
.. |
17 124 |
1 483 |
8.7 |
.. |
.. |
.. |
|
Suède1 |
98 505 |
8 710 |
8.9 |
113 956 |
15 834 |
13.9 |
114 865 |
13 780 |
12.0 |
|
Suisse1 |
62 194 |
17 636 |
28.6 |
110 069 |
36 531 |
33.3 |
130 907 |
43 285 |
33.1 |
|
Tchéquie |
.. |
.. |
.. |
89 301 |
1 462 |
1.6 |
93 717 |
3 554 |
3.8 |
|
Türkiye |
.. |
.. |
.. |
147 611 |
4 484 |
3.1 |
.. |
.. |
... |
|
Total OCDE1 |
6 441 033 |
711 327 |
11.0 |
8 353 193 |
1 216 187 |
14.6 |
9 532 776 |
1 678 607 |
17.6 |
|
Total OCDE pour une année donnée |
6 708 570 |
711 877 |
10.6 |
9 099 789 |
1 281 355 |
14.1 |
10 429 713 |
1 745 254 |
16.7 |
|
(23 pays) |
(29 pays) |
(30 pays) |
|||||||
1. Le total OCDE pour le personnel infirmier né à l’étranger comprend 22 pays pour lesquels des données sont disponibles pour toutes les années (2000/01, 2010/11 et 2020/21). Seuls les pays marqués d’un 1 sont inclus. Le total OCDE comprend une estimation pour la Grèce en 2010/11.
Source : DIOC 2000/01, DIOC 2010/11, DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
Si la part de professionnels de santé nés à l’étranger a augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE, elle a aussi diminué dans certains d’entre eux. Au cours de la dernière décennie, le pourcentage de médecins nés à l’étranger a diminué en Estonie, en France, en Israël et au Portugal, tandis que le pourcentage d’infirmiers nés à l’étranger a reculé au Danemark, en Estonie, en Israël, aux Pays-Bas et dans plusieurs autres pays. Les raisons ne sont pas toujours les mêmes. Par exemple, la part de médecins nés à l’étranger en France, en Israël et au Portugal a diminué du fait de l’augmentation du nombre de médecins nés dans le pays plus rapide que celle du nombre de médecins nés à l’étranger. En Israël, cette évolution témoigne d’un renforcement des capacités de formation au cours des dernières décennies. En Estonie, la diminution s’explique, entre autres, par le départ à la retraite d’un grand nombre de professionnels de santé d’origine russe arrivés dans le pays pendant la période soviétique.
En chiffres absolus, les États-Unis demeurent le principal pays de résidence à la fois des médecins et des infirmiers nés à l’étranger (Graphique 5.3). Sur l’ensemble des professionnels de santé nés à l’étranger dans les pays de l’OCDE, 36 % des médecins et 42 % des infirmiers exerçaient aux États-Unis en 2020/21. Les autres principaux pays de résidence des médecins sont le Royaume‑Uni (13 %), l’Allemagne (11 %), l’Australie (7 %) et la France (6 %). Collectivement, ces pays représentent près de trois quarts de tous les médecins nés à l’étranger en exercice dans les pays de l’OCDE. Les 27 % restants sont répartis entre d’autres pays membres. De même, les principaux pays de résidence du personnel infirmier né à l’étranger, après les États-Unis, sont l’Allemagne (14 %), le Royaume‑Uni (11 %), l’Australie (7 %) et le Canada (7 %). Dans ce cas, les cinq principaux pays d’accueil représentent une part encore plus importante de l’ensemble du personnel infirmier (81 %), les 19 % restants résidant dans d’autres pays de l’OCDE.
Note : Les données relatives aux médecins formés à l’étranger n’incluent pas la Corée, le Costa Rica, l’Espagne, l’Islande, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, le Portugal et la Türkiye ; les données relatives au personnel infirmier formé à l’étranger n’incluent pas la Corée, le Costa Rica, l’Espagne, la Grèce, l’Islande, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, le Portugal, la République slovaque et la Türkiye.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI) pour les médecins et infirmiers formés à l’étranger et DIOC 2020/21 pour ceux nés à l’étranger.
Bien que les migrations internationales de médecins et de personnel infirmier soient généralement considérées dans les politiques publiques comme des migrations de travailleurs hautement qualifiés, la part de professionnels de santé nés à l’étranger présents dans les pays de l’OCDE n’est pas toujours le reflet de la part totale d’immigrés qualifiés dans la population active. Des tendances distinctes ressortent également entre les médecins et les infirmiers nés à l’étranger.
Les migrations de travailleurs hautement qualifiés ont généralement augmenté au cours des décennies récentes, mais de manière plus prononcée dans le cas des médecins. Ce constat témoigne en partie des difficultés qu’ont les pays de destination à assurer des capacités de formation suffisantes pour satisfaire leur demande de médecins compte tenu du coût élevé et de la longueur des études de médecine, sachant que d’autres facteurs entrent également en jeu. Dans la plupart des pays de l’OCDE, le pourcentage de médecins nés à l’étranger est généralement plus élevé, en moyenne, que le pourcentage d’immigrés parmi les travailleurs très qualifiés (Tableau 5.4). Dans des pays comme l’Australie, les États-Unis, le Royaume‑Uni, la Suède et la Suisse, la différence entre ces deux catégories dépasse 10 points de pourcentage. Dans d’autres pays, cependant, les médecins nés à l’étranger sont sous-représentés par rapport au pourcentage de travailleurs immigrés ayant un niveau d’éducation élevé (Autriche, Estonie, Italie, Lettonie et Portugal).
Note : « niveau d’éducation élevé » correspond aux niveaux 5/6/7/8 de la CITE 2011.
Source : DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
Les tendances sont moins claires en ce qui concerne le personnel infirmier. Dans la majorité des cas, le pourcentage d’infirmiers nés à l’étranger est plus ou moins égal ou inférieur au pourcentage d’immigrés dans la main-d’œuvre qualifiée des pays respectifs (Tableau 5.5). La différence est particulièrement frappante au Luxembourg, où les personnes nées à l’étranger représentent près de 68 % de la main-d’œuvre hautement qualifiée, mais 34.5 % seulement du personnel infirmier. Les seuls pays de l’OCDE où le pourcentage d’infirmiers nés à l’étranger dépasse de plus d’un point le pourcentage moyen d’immigrés parmi les travailleurs ayant un niveau d’éducation élevé sont l’Irlande, Israël et le Royaume‑Uni.
Note : « niveau d’éducation élevé» correspond aux niveaux 5/6/7/8 de la CITE 2011.
Source : DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
La plupart des pays de l’OCDE comptent moins de professionnels de santé formés que nés à l’étranger. Ce constat témoigne du fait que bon nombre d’immigrés effectuent une partie de leurs études et de leur formation professionnelle dans leur pays d’accueil, parfois parce que les qualifications acquises ailleurs ne sont pas transférables ou ne sont pas reconnues.
La majorité des pays de l’OCDE sont à la fois des pays d’accueil et des pays d’origine de professionnels de santé immigrés. Ils ont souvent été considérés avant tout comme des pays d’accueil, mais l’évolution de la mobilité internationale varie sensiblement d’un pays à l’autre et dans le temps, faisant ressortir la nécessité d’une analyse plus nuancée.
En 2023, les pays de l’OCDE ont déclaré plus de 606 000 médecins et 732 000 infirmiers formés à l’étranger, soit une augmentation respective de 62 % et 71 % par rapport à 2010. Leur distribution témoigne de différences entre les marchés du travail, les politiques d’éducation et de recrutement, et les régimes migratoires nationaux. Trois pays (Allemagne, États-Unis et Royaume‑Uni) comptabilisaient 58 % de l’ensemble des médecins formés à l’étranger en exercice dans les pays de l’OCDE (Tableau 5.3). La concentration d’infirmiers était encore plus forte, avec 61 % de tout le personnel infirmier formé à l’étranger dans les trois mêmes pays (Tableau 5.4). Les 15 principaux pays d’accueil de l’OCDE comptabilisaient collectivement 94 % des médecins et 98 % des infirmiers formés à l’étranger.
Ces médecins et infirmiers formés à l’étranger demeurent concentrés dans le même petit groupe de pays, mais leur pourcentage a légèrement baissé entre 2010 et 2023, signe d’un degré modeste de diversification des destinations des professionnels formés à l’étranger.
Dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, le nombre de médecins formés à l’étranger a progressé plus rapidement que le nombre de médecins formés sur place au cours des dix dernières années. Par conséquent, le pourcentage de médecins formés à l’étranger parmi tous les médecins en exercice a augmenté dans la plupart des pays ; une évolution révélatrice de la place grandissante donnée recrutement international pour satisfaire la demande persistante de soins médicaux.
Ce sont les pays anglophones qui enregistrent quelques-uns des plus hauts pourcentages de médecins formés à l’étranger. En 2023, les médecins formés à l’étranger représentaient 43 % des effectifs médicaux en Irlande, 42 % en Nouvelle‑Zélande, 36 % au Royaume‑‑Uni et 31 % en Australie. Seuls Israël (59 %) et la Norvège (44 %) enregistraient de plus hauts pourcentages, tandis que celui de la Suisse était comparable, à 40 %.
Le recours à des professionnels de santé formés à l’étranger ne concerne pas uniquement les médecins. Dans presque tous les pays de l’OCDE, le pourcentage de personnel infirmier formé à l’étranger a également augmenté en dix ans, signe de son importance grandissante dans les systèmes de santé nationaux. Les plus hauts pourcentages en 2023 sont observés en Irlande (52 %), en Nouvelle‑Zélande (33 %), en Suisse (27 %), au Royaume‑Uni (23 %) et en Australie (18 %) (Tableau 5.4).
L’Irlande se démarque, avec près de 52 % d’infirmiers formés à l’étranger en 2023 ; un pourcentage élevé qui témoigne des pénuries nationales actuelles, en particulier dans les hôpitaux. Pour remédier aux manques chroniques de personnel, le Health Service Executive a mené des campagnes de recrutement international ciblant notamment les Philippines et l’Inde, deux pays ayant chacun une diaspora de personnel infirmier bien établie en Irlande. Parallèlement, un pourcentage important d’infirmiers formés en Irlande ont émigré vers d’autres pays anglophones, attirés par des conditions de travail et une rémunération plus favorables. Cette émigration a encore aggravé les pénuries nationales et accru la dépendance du système de santé vis-à-vis du personnel infirmier formé à l’étranger (OCDE/Commission européenne, 2024[10]).
De fortes augmentations sont également observées au Royaume‑Uni et en Suisse, où la part d’infirmiers formés à l’étranger a gagné environ 12 points de pourcentage en dix ans et leur nombre absolu a plus que doublé. Dans les deux pays, le recrutement à l’international, en particulier de pays voisins ou de pays où l’une des langues officielles est largement parlée, est devenu un élément fondamental des stratégies pour remédier aux pénuries persistantes de personnel infirmier.
Bien que la Belgique affiche encore une part relativement faible de personnel infirmier formé à l’étranger, elle enregistre la croissance la plus rapide en valeur relative. Entre 2010 et 2023, le personnel infirmier formé à l’étranger et exerçant en Belgique a quadruplé, signe d’un virage marqué en faveur du recrutement à l’international en réaction aux tensions dans les effectifs nationaux (Encadré 5.2). Face aux difficultés qu’elles rencontrent à attirer et à retenir du personnel infirmier, les trois régions belges (Flandre, Wallonie et Bruxelles) ont élaboré chacune sa stratégie individuelle.
|
Pays |
2000 |
2010 |
2021‑2023 |
|||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
|
|
Allemagne |
9 863 |
3.7 |
19 949 |
6.5 |
58 449 |
15 |
|
Australie |
|
|
17 460 |
25.8 |
35 144 (411) |
31.4 (0.4) |
|
Autriche |
|
|
1 289 |
3.9 |
3 127 (568) |
7.5 (1.4) |
|
Belgique |
1 934 |
4.4 |
4 380 |
8.2 |
10 673 |
14 |
|
Canada |
13 711 |
21.3 |
18 765 |
23.2 |
27 226 |
24.6 |
|
Chili |
|
|
|
|
16 318 (3 138) |
24.9 (4.8) |
|
Colombie |
|
|
2 770 (2 464) |
4.1 (3.6) |
6 820 (5 033) |
5.1 (3.8) |
|
Danemark |
595 |
3.8 |
1 809 |
8.8 |
3 161 |
11.7 |
|
Estonie |
|
|
82 |
1.4 |
326 |
4.5 |
|
États-Unis |
|
|
181 145 |
24.8 |
215 630 |
25 |
|
Finlande |
|
|
1 510 (546) |
11.3 (4.1) |
2 255 (736) |
14.1 (4.6) |
|
France |
7 795 |
3.9 |
15 903 |
7.5 |
29 180 (920) |
11.0 (0.3) |
|
Grèce |
|
|
|
|
15 130 (12 030) |
22 |
|
Hongrie |
|
|
2 609 |
7.7 |
2 887 (329) |
8.3 (0.9) |
|
Irlande |
|
|
6 708 |
35.7 |
12 824 |
43.4 |
|
Israël |
14 559 (3 018) |
64.5 (13.4) |
15 466 (4 031) |
60.0 (15.6) |
20 564 (11 297) |
58.5 (32.1) |
|
Italie |
1 350 (945) |
0.4 (0.3) |
2 985 (1 321) |
0.8 (0.4) |
4 538(2 138) |
1.0 (0.5) |
|
Lettonie |
|
|
585 |
7 |
427 |
6.7 |
|
Lituanie |
|
|
|
|
126 |
0.8 |
|
Norvège |
|
|
6 902 (3 319) |
34.4 (16.5) |
12 088 (6 902) |
44.0 (25.1) |
|
Nouvelle‑Zélande |
3 756 |
38 |
5 944 |
43.6 |
8 193 |
42.4 |
|
Pays-Bas |
706 |
1.8 |
1 287 |
2.6 |
2 643 (805) |
3.8 (1.2) |
|
Pologne |
|
|
2 487 |
2.1 |
5 738 |
3.8 |
|
République slovaque |
|
|
436 |
2.6 |
|
|
|
Royaume‑Uni |
|
|
46 276 |
29.8 |
77 793 |
38.3 |
|
Slovénie |
|
|
531 |
10.7 |
1 097 (172) |
15.4 (2.4) |
|
Suède |
3 839 (378) |
14.0 (1.4) |
8 598 (891) |
23.5 (2.4) |
13 333 (3 350) |
28.4 (7.1) |
|
Suisse |
|
|
7 304 |
24.1 |
16 573 |
40.3 |
|
Tchéquie |
579 |
1.3 |
1 874 |
4.4 |
3 781 |
8.2 |
|
Total OCDE |
Moyenne non pondérée |
375 054 |
15.9 |
606 044 |
19.6 |
|
|
Moyenne pondérée |
14.8 |
18.4 |
||||
|
(28 pays) |
(28 pays) |
|||||
Note : Dans le cas de l’Allemagne, les données concernent les citoyens étrangers (pas nécessairement formés à l’étranger). Dans le cas des États-Unis, les données de 2021‑2023 concernent 2016, la dernière année pour laquelle des données sont disponibles. Les données manquent pour la Corée, le Costa Rica, l’Espagne, l’Islande, le Japon, le Mexique et la Türkiye. Au Luxembourg, 100 % des médecins ont obtenu leur premier diplôme de médecine dans un autre pays.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI).
|
Pays |
2000 |
2010 |
2021‑2023 |
|||
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
Formés à l’étranger (dont : nés dans le pays) |
% du total (nés dans le pays) |
|
|
Allemagne |
|
|
50 000 |
6.1 |
102 000 |
10.1 |
|
Australie |
|
|
38 975 |
14.1 |
62 377 (494) |
17.9 (0.1) |
|
Autriche |
|
|
|
|
15 261 |
13.7 |
|
Belgique |
679 |
0.5 |
2 419 |
1.5 |
10 670 |
4.6 |
|
Canada |
14 187 |
6.1 |
25 635 |
7.2 |
44 221 |
10 |
|
Chili |
|
|
|
|
1 579 (242) |
1.8 (0.3) |
|
Colombie |
|
|
90 (68) |
0.2 (0.2) |
501 (388) |
0.6 (0.5) |
|
Danemark |
821 |
1.7 |
1 092 |
2 |
1 769 |
2.8 |
|
Estonie |
|
|
3 |
0 |
34 |
0.2 |
|
États-Unis |
|
|
166 779 |
6 |
176 042 |
5.2 |
|
Finlande |
|
|
351 (94) |
0.6 (0.2) |
638 (103) |
0.9 (0.1) |
|
France |
6 331 |
1.7 |
12 646 (7 815) |
2.5 (1.5) |
19 876 (12 471) |
3.1 (2.0) |
|
Grèce |
|
|
|
|
391 (349) |
0.9 |
|
Hongrie |
|
|
|
|
1 025 (35) |
1.9 (0.1) |
|
Irlande |
|
|
|
|
37 609 (7 713) |
51.8 (10.6) |
|
Israël |
5 297 |
12.8 |
4 782 (1 714) |
10 (3.6) |
7 557 (4 518) |
11.4 (6.8) |
|
Italie |
1 701 |
0.6 |
22 774 (483) |
5.8 (0.1) |
23 311 (696) |
5.2 (0.2) |
|
Lettonie |
|
|
421 |
4.4 |
227 |
2.9 |
|
Lituanie |
|
|
|
|
129 |
0.5 |
|
Norvège |
|
|
6 402 (1 037) |
7.9 (1.3) |
5 545 (875) |
6.5 (1.0) |
|
Nouvelle‑Zélande |
4 860 |
14.7 |
10 115 |
23.9 |
20 044 |
33.1 |
|
Pays-Bas |
1 495 |
0.9 |
2 223 |
1.1 |
3 044 (653) |
1.5 (0.3) |
|
Pologne |
|
|
|
|
1 353 |
0.4 |
|
Portugal |
1 954 |
4.7 |
2 005 |
3.2 |
|
|
|
Royaume‑Uni |
39 912 |
6.8 |
70 750 |
11.3 |
170 067 |
22.7 |
|
Slovénie |
|
|
17 |
0.4 |
231 (29) |
2.1 (0.3) |
|
Suède |
2 344 |
2.7 |
2 734 (295) |
2.6 (0.3) |
4 266 (488) |
3.7 (0.4) |
|
Suisse |
|
|
8 618 (411) |
14.7 (0.7) |
21 484 (2 326) |
26.6 (2.9) |
|
Tchéquie |
|
|
|
|
1 595 (298) |
3.5 (0.7) |
|
Total OCDE |
Moyenne non pondérée |
428 831 |
6.0 |
732 846 |
8.8 |
|
|
Moyenne pondérée |
6.4 |
8.3 |
||||
|
(21 pays) |
(28 pays) |
|||||
Note : Dans le cas de l’Allemagne, les données concernent les citoyens étrangers (pas nécessairement formés à l’étranger). Les données manquent pour la Corée, le Costa Rica, l’Espagne, l’Islande, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, la République slovaque et la Türkiye.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI).
Dans la plupart des pays de l’OCDE, la plus grande partie de l’augmentation du nombre de médecins entre 2010 et 2023 était constituée de médecins formés sur place. Cependant, dans cinq pays, les médecins formés à l’étranger ont contribué à plus de la moitié de l’augmentation du personnel médical, plus particulièrement en Suisse (86 %), en Norvège (70 %) et en Irlande (57 %) (Graphique d’annexe 5.A.). En Norvège, plus de la moitié de cette augmentation est due aux étudiants norvégiens qui ont étudié la médecine à l’étranger avant de rentrer en Norvège pour se former dans leur spécialité. La Grèce et Israël affichent également une forte proportion de médecins formés à l’étranger qui sont des ressortissants grecs partis étudier à l’étranger puis revenus en Grèce pour exercer. Ils sont l’illustration d’une tendance plus large, sur deux décennies, à l’internationalisation de l’enseignement de la médecine et des soins infirmiers (Encadré 5.3).
En Belgique, le service de l’emploi de chaque région (VDAB en Flandre, Forem en Wallonie et Actiris dans la Région de Bruxelles-Capitale) dresse sa propre liste de métiers en tension. Ces listes, sur lesquelles les infirmiers côtoient les autres métiers en tension (auxiliaires de soins, kinésithérapeutes et ergothérapeutes), guident le recrutement national et international et sous-tendent divers dispositifs incitatifs (Directorate-General for Migration and Home Affairs, 2023[11]).
Pour remédier aux pénuries locales de personnel infirmier, Bruxelles a mis en place son premier partenariat pour le recrutement international avec le Liban, en 2012, et l’a développé depuis. La Flandre, pour sa part, relie la formation d’intégration obligatoire des nouveaux arrivants peu qualifiés aux métiers en tension, dont celui d’infirmier. Dans les trois régions, des dispositifs sur mesure permettent aux demandeurs d’emploi de suivre une formation infirmière tout en conservant leurs prestations sociales, et les infirmiers formés à l’étranger peuvent suivre des programmes de conversion accélérés pour obtenir une qualification belge (Cedefop - European Centre for the Development of Vocational Training, 2016[12]).
Malgré ces mesures, des obstacles structurels continuent d’empêcher la pleine insertion du personnel infirmier formé à l’étranger hors de l’UE. L’un des problèmes fondamentaux est celui de la reconnaissance des qualifications acquises à l’étranger. Des démarches complexes ou longues retardent ou empêchent souvent la reconnaissance, forçant un grand nombre de personnes qualifiées à accepter des postes d’auxiliaire médical, moins qualifiés (Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE), 2025[13]). Cette inadéquation entre les compétences et l’emploi souligne la nécessité de mettre en place des modes de reconnaissance des diplômes étrangers plus efficaces et plus transparents, afin que le recours croissant de la Belgique au recrutement à l’international débouche sur une intégration plus durable et plus constructive des travailleurs dans son système de santé.
L’Irlande et la Roumanie font partie des trois membres de l’OCDE et candidats à l’adhésion qui affichent le taux le plus élevé de nouveaux diplômés en médecine pour 100 000 habitants, soit plus du double de la moyenne de l’OCDE (OCDE, 2025[14]). Une forte proportion de ces diplômés est néanmoins constituée d’étudiants en mobilité internationale. En Irlande, environ 50 % de tous les étudiants de médecine viennent d’autres pays depuis quelques années. En Roumanie, environ un tiers des étudiants de médecine des quelques dernières années suivent leurs cours dans une langue étrangère (principalement l’anglais, mais aussi le français et, dans une moindre mesure, le hongrois). Sans ces étudiants en mobilité internationale, les taux de diplômés des deux pays retomberaient à la moyenne de l’OCDE, voire en dessous.
Les écoles de médecine irlandaises recrutent activement à l’étranger depuis le milieu des années 2000. À la suite des coupes dans les subventions d’État, assorties d’un plafonnement du nombre de places pour les étudiants irlandais/européens, les frais d’études élevés applicables aux étudiants hors UE sont alors devenus une source de revenus essentielle. Cependant, le manque de programmes d’internat et la priorité accordée aux citoyens irlandais/européens signifient que la plupart de ces étudiants étrangers quittent l’Irlande après avoir obtenu leur premier diplôme de médecine. En Roumanie, 11 universités publiques et deux universités privées ont augmenté leurs admissions depuis le début des années 2010, en partie pour compenser l’émigration de médecins roumains et en partie parce que les programmes multilingues proposés à prix relativement bas attirent des étudiants de France, d’Israël, de Moldova et d’autres pays européens et méditerranéens qui n’ont pas été admis dans leur pays d’origine en raison du manque de places ou de politiques de numerus clausus. Comme en Irlande, la plupart des étudiants qui obtiennent leur premier diplôme à l’étranger rentrent dans leur pays ou s’installent dans un autre pays de l’UE pour se former dans leur spécialité et exercer (OMS, 2025[15]).
Source : Tableaux de bord 2025 de la direction des études en santé (Health Education Authority) pour l’Irlande, et décrets annuels du gouvernement sur la nomenclature et la spécialisation dans l’enseignement supérieur pour la Roumanie.
L’Irlande s’est trouvée dans une situation paradoxale ces quelques dernières années : alors que les facultés irlandaises ont enseigné la médecine à un très grand nombre d’étudiants irlandais et étrangers, le pays a dû faire de plus en plus appel au recrutement international de médecins pleinement qualifiés (Graphique d’annexe 5.A.) pour remédier aux pénuries, car un grand nombre de nouveaux diplômés ne restent pas dans le pays une fois leurs études achevées (OCDE, 2019[5]).
Les exemples irlandais et roumain indiquent clairement que l’internationalisation de l’enseignement médical peut élargir les capacités et diversifier les sources de revenus des écoles de médecine tout en multipliant les possibilités d’études et de carrière pour les étudiants. Elle peut également renforcer l’offre dans les pays qui ont du mal à développer leurs systèmes de formation. Parallèlement, les flux d’étudiants transnationaux ajoutent des couches d’incertitude à la planification des effectifs nationaux quant aux pays dans lesquels ces étudiants exerceront. Sauf si les places de troisième cycle et les incitations professionnelles à long terme suivent le rythme, les pays qui proposent les programmes d’études médicales n’ont aucune garantie de pouvoir compter sur le fruit de cet effort accru de formation pour satisfaire leurs propres besoins en personnel.
Comme indiqué précédemment, les migrations internationales de personnel infirmier né à l’étranger ont généralement été plus limitées que les migrations de médecins. Plusieurs pays ont fortement misé sur les infirmiers formés à l’étranger pour élargir leurs effectifs. Au Royaume‑Uni, 83 % des près de 120 000 infirmiers supplémentaires entre 2010 et 2023 ont été formés à l’étranger. La Suisse enregistre également une forte proportion de personnel infirmier formé à l’étranger (58 %), suivie par la Nouvelle‑Zélande (54 %) (Graphique d’annexe 5.A.1). La série chronologique est plus restreinte pour l’Irlande, mais les données disponibles indiquent que le personnel infirmier formé à l’étranger représentait 92 % de la croissance de l’effectif (près de 12 500 personnes) entre 2021 et 2024.
On relève en particulier que, pendant cette période, la Suisse est le seul pays où les professionnels formés à l’étranger représentent plus de la moitié de la croissance de l’effectif de médecins et d’infirmiers ; un constat pouvant tenir en partie au renforcement relativement modeste des capacités nationales de formation en 20 ans. Le nombre de médecins nouvellement diplômés pour 100 000 habitants est resté généralement stable entre 2000 et 2016 et n’a que légèrement augmenté plus récemment. Les admissions en école de médecine ont progressé de 28 % seulement entre 2013 et 2022, soit nettement moins que dans des pays voisins comme la France et l’Italie, où les admissions ont plus que doublé. Ce développement limité des capacités nationales de formation, couplé avec des salaires relativement élevés et des perspectives professionnelles favorables, fait de la Suisse une destination attrayante pour les médecins et le personnel infirmier formés à l’étranger, en particulier pour les ressortissants de pays voisins.
En 2023, les professionnels formés à l’étranger étaient une source importante d’arrivées de nouveaux médecins et infirmiers dans bon nombre de pays de l’OCDE par rapport aux médecins et infirmiers nouvellement diplômés dans ces pays. La même année, dans plus de la moitié des pays de l’OCDE, au moins un médecin nouvellement diplômé sur quatre (36 % en moyenne) avait été formé à l’étranger. La contribution du recrutement à l’international aux effectifs infirmiers était plus modeste : dans six pays seulement le personnel infirmier formé à l’étranger représentait plus d’un quart des arrivées annuelles, et la moyenne de l’OCDE s’établissait à 17 %. Cette différence est mise en relief par le Graphique 5.7. Dans la plupart des pays, la proportion d’arrivées de professionnels formés à l’étranger est plus forte dans le cas des médecins que du personnel infirmier, à l’exception de l’Irlande et de l’Autriche.
Un autre moyen simple d’évaluer le recours au recrutement à l’international consiste à exprimer les arrivées par le nombre de professionnels formés à l’étranger admis pour 100 diplômés formés sur place, c’est-à-dire le taux de dépendance vis-à-vis des professionnels formés à l’étranger (Tableau d’annexe 5.A.1).
Bien qu’ils accueillent le plus grand nombre de médecins formés à l’étranger, les États-Unis ont recruté 33 médecins formés à l’étranger seulement pour 100 médecins nouvellement diplômés en 2023, alors que le taux de dépendance dépassait 200 dans d’autres pays de l’OCDE (Tableau d’annexe 5.A.1). Cette dépendance est moindre dans le cas du personnel infirmier globalement, mais les différences entre les pays demeurent prononcées (Tableau d’annexe 5.A.2). Entre 2010 et 2023, le taux de dépendance du Royaume‑Uni vis-à-vis des médecins formés à l’étranger a quadruplé, tandis que la Norvège a réduit le sien en augmentant le nombre de places dans ses établissements de formation.
Ces contrastes s’inscrivent dans un contexte général de renforcement des capacités de formation. Dans les pays de l’OCDE, le nombre de jeunes diplômés en médecine pour 100 000 habitants a progressé de plus de 70 % (plus de 14 pour 100 000 habitants) entre 2000 et 2023. Ce nombre a augmenté dans chaque pays : il a triplé en Lituanie, en Pologne et au Portugal, mais n’a pas augmenté de beaucoup plus de 10 % en Allemagne et en Norvège, entre autres pays. Une évolution comparable, bien que moins prononcée, est observée dans le cas du personnel infirmier, avec une hausse de 50 % du nombre de jeunes diplômés. Quelques pays ont enregistré une baisse, mais la plupart ont affiché une hausse et certains, comme l’Australie, les États-Unis et les Pays-Bas ont plus que doublé leurs capacités (OCDE, 2025[14]).
Ensemble, les chiffres font ressortir deux démarches distinctes : certains systèmes de santé continuent de recruter à l’étranger, voire ont de plus en plus recours au recrutement à l’international pour satisfaire leurs besoins de personnel, tandis que d’autres investissent dans de plus grandes cohortes formées sur place pour disposer d’effectifs plus résilients et plus durables à long terme.
Les données de deux années de référence seulement ne permettent pas de cerner les éventuels virages soudains concernant le recrutement à l’international. Le Graphique 5.8, qui illustre les arrivées annuelles de médecins formés à l’étranger, montre à quel point les trajectoires peuvent être divergentes. Le nombre d’admissions en Suisse est resté généralement stable et particulièrement élevé, aux alentours de 1 800 par an. Le Royaume‑Uni a connu une période prononcée d’expansion-contraction : le nombre d’admissions est monté en flèche, passant d’un peu plus de 6 000 en 2000 à plus de 13 000 en 2003, sous l’effet d’une campagne de recrutement du NHS (National Health Service) (Bach, 2004[16]) (Ministère de la Santé du Royaume-Uni, 2004[17]) et de l’élargissement de l’UE en 2004. Ce dernier a permis aux médecins des dix nouveaux États membres d’avoir immédiatement et automatiquement accès à l’enregistrement et aux places dans les programmes de formation au Royaume‑Uni. Le nombre d’admissions est ensuite retombé à environ 5 000 pendant la plus grande partie des années 2010, en raison du resserrement des règles d’immigration concernant les médecins ressortissants de pays tiers en 2006. Puis il est remonté après 2017, le recrutement à l’étranger par les trusts ayant été relancé par le manque de personnel au lendemain du Brexit, la simplification des règles d’enregistrement et la suppression des plafonds de visa pour les médecins et le personnel infirmier (UK Visas and Immigration et Ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni, 2018[18]). Le nombre d’admissions dépassait 18 000 en 2023.
Note : La moyenne de l’OCDE est pondérée. La part de médecins formés à l’étranger dans les admissions annuelles correspond au nombre de nouveaux médecins formés à l’étranger divisé par les admissions totales la même année (formés à l’étranger plus diplômés dans le pays). Cet indicateur suppose que tous les médecins nouvellement diplômés dans le pays commencent à exercer ou suivent une formation de troisième cycle.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI et DF_GRAD).
La situation est encore différente au Canada, où les admissions suivent une courbe ascendante presque linéaire. Facilitées par des programmes d’évaluation de la capacité à exercer, des voies d’immigration ciblées et, à partir de 2015, le système Entrée express (une voie d’entrée rapide à base de points), les arrivées étaient trois fois plus élevées en 2023 qu’en 2000 malgré quelques fluctuations mineures en glissement annuel et un bref ralentissement en 2020.
Le Graphique 5.9 montre que les admissions de personnel infirmier formé à l’étranger suivent des trajectoires très différentes d’un pays à l’autre. En Irlande, les arrivées s’établissaient à 700 en 2008, puis elles sont retombées à quelques centaines seulement pendant le gel des embauches au lendemain de la crise et ne se sont pas relevées jusqu’en 2015 (Office of the National Director of Human Resources, 2009[19]). Elles sont ensuite montées en flèche pour atteindre près de 3 300 en 2017, notamment parce que les infirmiers qui auraient normalement choisi de partir au Royaume‑Uni ont préféré l’Irlande face à l’incertitude quant aux conséquences du Brexit et en attendant l’entrée en vigueur de nouvelles règles concernant la maîtrise de l’anglais. Après être descendues à environ 2 200 en 2019/20, les arrivées sont reparties à la hausse dans le sillage de la pandémie, dépassant 5 000 en 2023, soit plus de six fois le niveau enregistré en 2008.
La série chronologique des États-Unis, plus longue, remonte à 2000. Les admissions annuelles ont progressé, passant d’environ 6 000 à plus de 24 000 entre 2000 et 2007, période à laquelle la carte verte Schedule A (voie rapide pour certaines professions) et une forte demande hospitalière ouvrent la porte au recrutement à grande échelle de personnel infirmier formé à l’étranger (US Citizenship and Immigration Services (USCIS), 2025[20]). Elles sont ensuite retombées à environ 5 000 après la crise financière mondiale. Les chiffres ont commencé à remonter à partir de 2016, avec une seule interruption l’année de la pandémie (2020), pour atteindre plus de 23 000 en 2022.
Les admissions de personnel infirmier formé à l’étranger au Royaume‑Uni ont elles aussi fortement augmenté depuis 2018, dépassant 23 000 en 2022. Les manques de personnel ont ainsi pu être réduits, mais la hausse du coût de la vie et des conditions de travail jugées difficiles font que le Royaume‑Uni est désormais considéré comme un marchepied vers d’autres pays. Les données de l’Ordre des infirmiers et des sages-femmes (NMC – Nursing and Midwifery Council) le confirment. Les demandes de Certificate of Current Professional Status (CCPS), l’attestation de situation professionnelle que doivent obtenir les infirmiers en exercice au Royaume‑Uni avant de pouvoir être enregistrés à l’étranger, sont passées d’environ 3 300 en 2019/20 à presque 12 500 en 2022/23. Près de trois quarts (72 %) de ces demandes provenaient d’infirmiers formés à l’étranger dans des pays hors UE/EEE, à comparer avec à peine 23 % trois ans plus tôt (The Health Foundation, 2024[21]). Plus de quatre cinquièmes des demandes de CCPS étaient destinées à trois pays anglophones : États-Unis, Australie et Nouvelle‑Zélande. Les données concernant la durée du séjour depuis l’enregistrement auprès du NMC indiquent que les séjours dans le pays sont de plus en plus courts. En 2018/19, 27 % seulement des demandeurs de l’attestation formés à l’étranger étaient enregistrés au Royaume‑Uni depuis moins de trois ans. En 2023/24, ils étaient 77 %. En outre, 3 % seulement depuis dix ans ou plus (à comparer avec 50 % en 2018/19).
L’émigration secondaire est un phénomène qui n’est ni nouveau ni propre au Royaume‑Uni. La Nouvelle‑Zélande connaît depuis longtemps des tendances comparables, notamment des déplacements de personnel infirmier vers l’Australie en grand nombre en vertu de l’Accord de reconnaissance mutuelle Trans-Tasman. Une note d’information émanant du ministère de la Santé en 2024 constate que, entre juillet 2022 et août 2023, 80 % des demandes d’attestation de situation régulière (letter of good standing) à l’Ordre des infirmiers (Nursing Council) proviennent d’individus formés à l’étranger et sont envoyées en Australie. Plus de 60 % des plus de 760 attestations délivrées en juillet 2023 ont été demandées dans le mois suivant l’enregistrement en Nouvelle‑Zélande et 15 % de plus dans les six mois (Ministère de la Santé de Nouvelle-Zélande, 2024[22]). Ces données donnent à entendre que les admissions totales sous-estiment l’ampleur de la mobilité du personnel infirmier et les difficultés que pose une dépendance totale de professionnels formés à l’étranger.
Les données de diverses sources confirment que la proportion de professionnels de santé formés et nés à l’étranger, d’infirmiers en particulier, a augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE tout au long des dernières décennies. On observe cependant d’importantes différences dans la part totale de chaque catégorie et les professionnels de santé nés à l’étranger sont plus nombreux que ceux formés à l’étranger. Selon les données disponibles les plus récentes, les médecins nés à l’étranger représentent plus de 25 % de l’ensemble des médecins de la zone OCDE, à comparer avec 20 % de médecins formés à l’étranger. L’écart est encore plus prononcé dans le cas des infirmiers : 18 % d’infirmiers nés à l’étranger et 9 % seulement formés à l’étranger. Ces différences de pourcentage apportent des éclairages précieux sur les voies d’immigration, l’internationalisation de l’enseignement médical, et l’intégration socioéconomique et éducative des immigrés.
Les pourcentages élevés enregistrés dans certains pays pour les deux catégories indiquent qu’ils s’appuient beaucoup sur les migrations internationales pour remédier aux pénuries nationales de personnel et pour satisfaire la demande croissante. La différence entre les deux groupes peut néanmoins témoigner de différences dans l’utilisation de certaines voies de recrutement et de formation. Un pourcentage de professionnels formés à l’étranger supérieur au pourcentage de professionnels nés à l’étranger peut indiquer que le pays a davantage recours au recrutement à l’international ou à la formation à l’étranger de ses professionnels de santé, mais aussi que le système de reconnaissance des qualifications étrangères est plus inclusif. Inversement, un pourcentage de professionnels nés à l’étranger supérieur à celui des professionnels formés à l’étranger peut être révélateur d’un système de reconnaissance des qualifications étrangères plus restrictif, d’un taux supérieur d’étudiants en mobilité internationale qui restent dans le pays d’accueil après avoir terminé leurs études, ou – ce qui englobe les deux aspects – du fait que les professionnels immigrés doivent refaire leur formation dans le pays d’accueil avant d’exercer.
En France, par exemple, bien plus de médecins sont nés que formés à l’étranger pour les principaux pays d’origine (Graphique 5.10). Dans le cas de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, l’écart s’exprime en milliers de médecins, ce qui indique que de nombreux immigrés de ces pays effectuent leur formation médicale en France au lieu d’arriver en France après avoir été formés dans leur pays. La Roumanie est le seul pays d’origine d’une certaine taille où les médecins formés à l’étranger sont plus nombreux que ceux nés à l’étranger. Ce constat témoigne de l’internationalisation rapide de l’enseignement médical en Roumanie, où les cours sont dispensés en anglais, en français ou en hongrois pour environ un tiers des places en licence de médecine, les ressortissants français constituant le plus grand groupe d’étudiants en mobilité internationale (OCDE, 2019[5]). Cela n’empêche pas les médecins nés en Roumanie d’être également formés en Roumanie et d’être ultérieurement recrutés pour exercer en France, en particulier dans les zones moins peuplées et les campagnes.
En Suisse, où la plupart des médecins immigrés sont des ressortissants de pays voisins, les nombres de médecins dans les deux catégories, nés et formés à l’étranger, sont à peu près égaux, indiquant que le pays s’appuie davantage sur les formations médicales effectuées à l’étranger (Graphique 5.11). L’Autriche est le seul pays d’origine où le nombre de médecins formés à l’étranger est légèrement supérieur au nombre de médecins nés à l’étranger, faisant apparaître que certains ressortissants suisses obtiennent leur diplôme de médecine en Autriche avant de revenir exercer en Suisse.
Note : La taille de la pastille correspond à la proportion de médecins formés dans le pays dans le nombre total de médecins formés à l’étranger. Les pastilles sont grises lorsque le nombre de médecins formés dans le pays est supérieur au nombre de médecins nés dans le pays, et bleues lorsque l’inverse est vrai.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI) pour les professionnels de santé formés à l’étranger et DIOC 2010/11 et DIOC 2020/21 pour les professionnels de santé nés à l’étranger.
Note : La taille de la pastille correspond à la proportion de médecins formés dans le pays dans le nombre total de médecins formés à l’étranger. Les pastilles sont grises lorsque le nombre de médecins formés dans le pays est supérieur au nombre de médecins nés dans le pays, et bleues lorsque l’inverse est vrai.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI) pour les professionnels de santé formés à l’étranger et DIOC 2010/11 et DIOC 2020/21 pour les professionnels de santé nés à l’étranger.
S’agissant des infirmiers, ceux nés à l’étranger sont bien plus nombreux que ceux formés à l’étranger en Australie (Graphique 5.12) comme au Canada (Graphique 5.13) ; un constat qui donne à penser qu’un grand nombre d’infirmiers nés à l’étranger ont obtenu leurs qualifications après être arrivés dans le pays de destination, pendant l’enfance ou en tant qu’étudiants en mobilité internationale. Certains ont peut-être dû refaire leur formation dans le pays afin de pouvoir exercer.
Note : La taille de la pastille correspond à la proportion d’infirmiers formés dans le pays dans le nombre total de médecins formés à l’étranger. Les pastilles sont grises lorsque le nombre d’infirmiers formés dans le pays est supérieur au nombre d’infirmiers nés dans le pays, et bleues lorsque l’inverse est vrai.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI) pour les professionnels de santé formés à l’étranger et DIOC 2010/11 et DIOC 2020/21 pour les professionnels de santé nés à l’étranger.
Note : La taille de la pastille correspond à la proportion d’infirmiers formés dans le pays dans le nombre total de médecins formés à l’étranger. Les pastilles sont grises lorsque le nombre d’infirmiers formés dans le pays est supérieur au nombre d’infirmiers nés dans le pays, et bleues lorsque l’inverse est vrai.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI) pour les professionnels de santé formés à l’étranger et DIOC 2010/11 et DIOC 2020/21 pour les professionnels de santé nés à l’étranger.
Les données de recensement font du Canada l’un des rares pays de l’OCDE en mesure d’établir un tableau croisé des pays de naissance et des pays d’obtention d’une première qualification en médecine ou en soins infirmiers de tous les professionnels de santé en exercice (Tableau 5.5). L’effectif de médecins a augmenté entre 2006 et 2021, passant de 56 000 à tout juste un peu plus de 80 000 médecins, mais sa composition a changé. Le nombre de médecins nés au Canada et formés à l’étranger a été multiplié par huit, représentant 4 % de tous les médecins en exercice en 2021, par rapport à 0.6 % en 2006. Le sous-groupe de médecins nés à l’étranger et formés à l’étranger a augmenté de 68 % entre 2006 et 2016, puis diminué de 12 % entre 2016 et 2021.
|
|
Année |
NCFC |
NCFE |
NEFC |
NEFE |
Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
|
Panel A: Médecins |
|
|
|
|
|
|
|
En exercice (Nombre) |
2006 |
37 040 |
385 |
11 250 |
7 755 |
56 430 |
|
2016 |
45 115 |
1 510 |
13 840 |
13 020 |
73 485 |
|
|
2021 |
50 635 |
3 145 |
15 305 |
11 410 |
80 495 |
|
|
N’exerçant pas en tant que médecins (Nombre) |
2006 |
3 105 |
160 |
1 170 |
9 500 |
13 935 |
|
2016 |
5 420 |
640 |
2 420 |
21 640 |
30 120 |
|
|
2021 |
5 905 |
1 085 |
2 860 |
20 175 |
30 025 |
|
|
En exercice (%) |
2006 |
92.3 % |
70.6 % |
90.6 % |
44.9 % |
80.2 % |
|
2016 |
89.3 % |
70.2 % |
85.1 % |
37.6 % |
70.9 % |
|
|
2021 |
89.6 % |
74.3 % |
84.3 % |
36.1 % |
72.8 % |
|
|
Panel B: Infirmiers enregistrés |
|
|
|
|
|
|
|
En exercice (Nombre) |
2006 |
187 270 |
660 |
25 645 |
17 435 |
231 010 |
|
2016 |
186 615 |
545 |
34 230 |
19 120 |
240 510 |
|
|
2021 |
195 215 |
800 |
42 970 |
25 485 |
264 470 |
|
|
N’exerçant pas en tant qu’infirmiers (Nombre) |
2006 |
108 845 |
600 |
14 490 |
22 135 |
146 070 |
|
2016 |
99 025 |
520 |
16 265 |
32 575 |
148 385 |
|
|
2021 |
93 765 |
625 |
18 770 |
49 265 |
162 425 |
|
|
En exercice (%) |
2006 |
63.2 % |
52.4 % |
63.9 % |
44.1 % |
61.3 % |
|
2016 |
65.3 % |
51.2 % |
67.8 % |
37.0 % |
61.8 % |
|
|
2021 |
67.6 % |
56.1 % |
69.6 % |
34.1 % |
62.0 % |
Note : NCFC = nés et formés au Canada ; NCFE = nés au Canada et formés à l’étranger ; NEFC = nés à l’étranger et formés au Canada ; et NEFE = nés et formés à l’étranger.
Source : Communications personnelles de Rabiul Islam et Arthur Sweetman (faculté d’économie, université McMaster) à partir des données des recensements de la population canadienne de 2006, 2016 et 2021.
Le personnel infirmier a lui aussi augmenté considérablement pendant la même période de 15 ans. Le nombre d’infirmiers nés à l’étranger et formés au Canada a progressé de 68 % et le nombre d’infirmiers nés à l’étranger et formés à l’étranger de 46 %, soit bien plus que l’augmentation de 4 % du nombre d’infirmiers nés au Canada et formés au Canada. Par conséquent, le pourcentage d’infirmiers nés et formés au Canada parmi tout le personnel infirmier en exercice a diminué, passant de 81 % à 74 %.
Les données du Canada font également ressortir un problème sérieux de « gaspillage des cerveaux ». En 2021, 73 % seulement de tous les médecins exerçaient en tant que tels, soit moins qu’en 2006 (80 %), sachant que les taux d’activité varient considérablement d’un sous-groupe à l’autre. Seulement 36 % des médecins nés et formés à l’étranger et 74 % des médecins nés au Canada et formés à l’étranger déclarent exercer la profession correspondant à leur formation. Par conséquent, 26 % des médecins nés au Canada et formés à l’étranger et 64 % des médecins nés et formés à l’étranger étaient sous-utilisés en 2021.
La perte de compétences médicales est encore plus prononcée parmi le personnel infirmier : environ 62 % seulement exerçaient la profession correspondant à leur formation. Si la situation s’est améliorée pour la majorité des sous-groupes, ce taux a diminué de 10 points de pourcentage, pour s’établir à 34 % seulement, dans le cas des infirmiers nés et formés à l’étranger.
Le Canada connaît ainsi à la fois un « gain de cerveaux » (grâce aux arrivées de professionnels nés au Canada et formés à l’étranger) et un « gaspillage de cerveaux » lorsque les diplômés, en particulier ceux nés et formés à l’étranger, ne parviennent pas à obtenir une autorisation d’exercice ou un poste adéquat. Les principaux facteurs à l’œuvre sont les obstacles à l’obtention d’une autorisation d’exercice et la longueur des programmes passerelles, les perspectives plus lucratives en dehors du milieu médical, et la mauvaise distribution géographique ou la mauvaise distribution des spécialistes (OCDE, 2019[5]).
Alors que les pays de l’OCDE s’attachent à satisfaire leurs propres besoins de personnel de santé, les pénuries risquent d’être exportées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone OCDE, faisant ainsi peser une charge excessive sur les pays les plus pauvres du monde. Cette section livre des données sur la composition des migrations de médecins et de personnel infirmier vers l’OCDE, par région et pays d’origine.
Les flux migratoires vers les pays de l’OCDE sont caractérisés par une combinaison de déplacements à l’intérieur de la zone OCDE, y compris entre pays de l’EEE, et d’arrivées en provenance de pays tiers. Dans le cas des professionnels de santé, la mobilité intra-OCDE et EEE est facilitée par un certain nombre d’accords de reconnaissance mutuelle des qualifications.
Au total, plus de 243 000 médecins et 463 000 infirmiers immigrés sont originaires d’un autre pays de l’OCDE, soit respectivement 29.6 % et 26.7 % de tous les médecins et de tout le personnel infirmier immigrés. Les pourcentages correspondants pour les personnes originaires d’un autre pays de l’EEE sont 21.1 % pour les médecins et 18.5 % pour les infirmiers. Des différences marquées sont toutefois observées entre les pays de destination. Assez naturellement, les plus forts pourcentages d’immigrés de l’EEE sont enregistrés dans les pays de l’OCDE‑UE (Graphique 5.14). Dans certains pays (Autriche, Danemark, Hongrie, Luxembourg, Norvège, République slovaque, Suisse, Tchéquie), près ou plus de la moitié de tous les médecins et infirmiers immigrés sont originaires d’un autre pays de l’EEE. L’Italie enregistre également une forte proportion de médecins nés dans un autre pays européen, tandis que la Belgique affiche un haut pourcentage d’infirmiers venant de pays européens.
Dans la majorité des pays de destination, un plus grand nombre d’immigrés sont originaires de pays de l’OCDE que de pays de l’EEE. Il n’en est toutefois pas ainsi dans certains pays de l’OCDE‑UE, où le nombre d’immigrés originaires de pays de l’EEE non membres de l’OCDE, comme la Bulgarie et la Roumanie, est particulièrement élevé. Les infirmiers roumains sont particulièrement nombreux en Allemagne, en Hongrie et en Italie. Les médecins roumains sont présents en grand nombre en France, précédés par les Algériens et suivis par les Marocains, ainsi qu’en Allemagne et en Hongrie. Les médecins bulgares constituent également un groupe de taille importante en Allemagne.
Dans l’ensemble, le pourcentage de médecins et d’infirmiers immigrés dans la zone OCDE originaires de pays hors EEE est le plus élevé au Japon, où les arrivées sont principalement en provenance de la Corée. Il l’est également en Nouvelle‑Zélande et en Irlande, en raison principalement des arrivées du Royaume‑Uni, et dans une moindre mesure au Canada et aux États-Unis.
Les déplacements de professionnels de santé au sein de la zone OCDE deviennent de plus en plus complexes. Cependant, seuls quelques pays de la zone OCDE enregistrent un gain net, c’est-à-dire accueillent plus de médecins et d’infirmiers d’autres pays de l’OCDE qu’ils n’en perdent.
Les États-Unis se distinguent du reste des pays de l’OCDE, avec un gain net de plus de 55 000 médecins et 144 000 infirmiers. Les autres pays qui affichent un gain net à la fois de médecins et d’infirmiers sont l’Autriche, l’Australie, le Luxembourg, la Norvège, la Suède et la Suisse. L’Allemagne se classe en troisième place en termes de gain net d’infirmiers. L’Espagne, la France, la Nouvelle‑Zélande et les Pays‑Bas gagnent chacun au moins 1 000 médecins originaires de pays de l’OCDE de plus qu’ils n’en perdent. Inversement, des pays comme la Grèce, la Hongrie, la Pologne ou la République slovaque perdent plus de médecins et d’infirmiers vers d’autres pays de l’OCDE qu’ils n’en accueillent.
Au sein de la zone OCDE, les flux internationaux de médecins et de personnel infirmier suivent souvent une trajectoire en cascade : les déplacements d’un pays à un autre provoquent un effet d’entraînement et créent des besoins de recrutement dans d’autres pays pour combler les manques ainsi causés. Le Graphique 5.15 illustre ces interactions entre les pays de l’OCDE concernant les médecins (voir également l’Annexe 5.B). Les flèches entre les pays X et Y indiquent qu’il y a au moins 500 médecins originaires du pays X résidant dans le pays Y de plus que le nombre de médecins originaires du pays Y résidant dans le pays X. L’absence de flèche entre deux pays indique une différence de moins de 500 médecins.
L’Australie, les États‑Unis et la Suisse sont les trois seuls pays à enregistrer un gain net par rapport à tous les autres pays de l’OCDE. Le Royaume‑Uni et l’Allemagne affichent un gain net par rapport à huit et sept pays respectivement, mais ils perdent également plus de professionnels qu’ils n’en gagnent par rapport à quatre et sept pays. La France et l’Autriche se situent au milieu de la cascade : les deux perdent des médecins au profit de la Suisse, mais en gagnent de l’Italie, qui est à son tour un recruteur net de médecins originaires de Grèce. La Grèce, la Hongrie et la Pologne apparaissent tout en bas du diagramme, du fait que ces pays enregistrent des pertes nettes de médecins au profit de six ou sept autres pays.
Note : La Belgique, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la Lituanie, le Luxembourg, la Lettonie et le Portugal ne sont pas représentés parce que leur solde net n’est ni supérieur ni inférieur à 500 avec aucun autre pays. Le Chili, la Colombie, la Corée, le Costa Rica, l’Islande, le Mexique, la Slovénie et la Türkiye ne sont pas inclus par manque de données. Les pays surlignés en vert devraient afficher des flèches en direction des États-Unis (leur solde migratoire avec ce pays dépasse 500). Les pays mis en relief en rouge devraient afficher des flèches en direction du Royaume‑Uni. L’Australie, les États-Unis et la Suisse sont les trois seuls pays à afficher un solde migratoire positif relativement à tous les autres pays de l’OCDE.
Source : DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
L’élargissement de l’analyse à toutes les régions d’origine met en relief l’importance de l’Asie en tant que principale région d’origine à la fois de médecins et de personnel infirmier est mise en relief. Près de 40 % des médecins et 37 % des infirmiers immigrés dans les pays de l’OCDE sont nés dans un pays asiatique.
En Australie, aux États-Unis, au Japon et au Royaume‑Uni, plus d’un médecin immigré sur deux est né en Asie (Graphique 5.16). L’Asie est également la principale région d’origine du personnel infirmier dans les pays de l’OCDE non membres de l’UE et en Irlande. Plus de 20 % du personnel infirmier en Allemagne, Finlande, Norvège et Suède est également né en Asie. Une tendance comparable est observée pour les médecins en Allemagne et en Norvège.
Les médecins nés dans des pays africains constituent le plus grand groupe de médecins immigrés en France (49.4 %) et au Portugal (39.6 %) uniquement, tandis que les médecins nés en Amérique latine sont les plus nombreux en Espagne (76.9 %) uniquement. Des tendances voisines sont observées pour le personnel infirmier (Graphique 5.17). Les infirmiers originaires d’Amérique latine sont également très présents aux États-Unis (13.8 %) et en Italie (12 %). L’Océanie est une région d’origine importante, du personnel infirmier principalement en Nouvelle‑Zélande (12.8 %) et en Australie (8 %), mais aussi des médecins en Nouvelle‑Zélande (8 %).
L’un des principaux problèmes posés par la mobilité internationale des professionnels de santé, grand sujet politique des dernières décennies, est celui des conséquences pour les pays d’origine. En dépit d’efforts considérables pour recueillir des informations aux niveaux régional et national, les données statistiques par pays d’origine demeurent limitées et difficilement comparables. Le Tableau 5.6 et l’Annexe 5.C visent à combler ce manque en présentant les données relatives aux médecins et aux infirmiers nés à l’étranger présents dans les pays de l’OCDE, ventilées par pays de naissance pour 2020/21 et 2000/01.
En 2020/21, un peu moins de 100 000 médecins nés en Inde exerçaient dans des pays de l’OCDE. L’Allemagne, la Chine et le Pakistan comptabilisaient chacun environ 30 000 médecins émigrés vers des pays de l’OCDE. La Roumanie et le Royaume‑Uni leur emboîtaient le pas avec environ 25 000 chacun. S’agissant du personnel infirmier, les Philippines étaient de loin le principal pays d’origine, avec près de 280 000 infirmiers partis à l’étranger. L’Inde venait en deuxième place, avec 122 000, soit moins de la moitié du chiffre des Philippines. La Pologne suivait en troisième place, avec environ la moitié du total de l’Inde. Le Nigeria et l’Allemagne les rejoignaient en quatrième et cinquième places.
Depuis 2000/01, ces nombres ont connu une croissance remarquable dans tous les principaux pays, à l’exception des Philippines pour les médecins et du Canada pour le personnel infirmier. Dans la majorité des cas, le taux de croissance a devancé celui observé pour les émigrés en général, y compris pour les émigrés ayant un niveau d’éducation élevé. Cette évolution témoigne de la vigueur des couloirs migratoires traditionnels en provenance de certains pays et suscite des craintes quant aux conséquences possibles sur les systèmes de santé des pays d’origine.
Globalement, le nombre de médecins a plus que doublé dans 14 des 25 principaux pays d’origine. Cette augmentation est encore plus marquée pour le personnel infirmier, dont le nombre d’émigrés a au moins triplé dans 16 pays. Les plus forts taux de croissance du nombre d’émigrés sont observés en Grèce, au Nigeria et en Roumanie pour les médecins, et au Cameroun, au Portugal et au Zimbabwe pour le personnel infirmier. Des taux de croissance très élevés sont également enregistrés pour l’Ukraine, la Roumanie et l’Inde dans le cas du personnel infirmier.
Depuis 2000/01, le Nigeria, la Roumanie, la Russie et l’Ukraine ont chacun progressé de plus de dix places au classement des pays d’origine des médecins. À l’inverse, l’Algérie et le Viet Nam sont descendus de plus de dix places, malgré une émigration soutenue. Les Philippines ont elles aussi perdu huit places et ne font plus partie des dix premiers pays d’origine.
Les évolutions les plus marquées du nombre d’infirmiers émigrés sont observées au Kenya et au Zimbabwe, passés respectivement de la 45e à la 20e place, et de la 38e à la 11e place. La Roumanie et le Ghana ont également gagné plus de dix places chacun. Inversement, la Jamaïque est descendue de six places à ce classement.
|
Médecins |
2020/21 |
Évolution depuis 2000/01 |
Infirmiers |
2020/21 |
Évolution depuis 2000/01 |
|---|---|---|---|---|---|
|
Inde |
98 857 |
76 % |
Philippines |
277 266 |
147 % |
|
Allemagne |
31 024 |
107 % |
Inde |
122 400 |
435 % |
|
Chine |
30 342 |
60 % |
Pologne |
64 268 |
232 % |
|
Pakistan |
29 689 |
182 % |
Nigéria |
54 480 |
295 % |
|
Roumanie |
25 499 |
272 % |
Allemagne |
49 584 |
60 % |
|
Royaume‑Uni |
24 548 |
53 % |
Royaume‑Uni |
49 492 |
10 % |
|
Iran |
19 313 |
100 % |
Roumanie |
46 882 |
487 % |
|
Russie |
18 826 |
268 % |
Chine |
42 440 |
179 % |
|
Canada |
17 587 |
76 % |
Jamaïque |
41 098 |
32 % |
|
Nigéria |
17 060 |
264 % |
Mexique |
39 244 |
214 % |
|
Pologne |
16 275 |
122 % |
Russie |
36 706 |
279 % |
|
Philippines |
14 922 |
‑6 % |
Haïti |
35 834 |
175 % |
|
Syrie |
14 864 |
128 % |
Corée |
25 686 |
151 % |
|
Égypte |
14 008 |
82 % |
Ukraine |
23 884 |
450 % |
|
Ukraine |
12 979 |
233 % |
Canada |
23 630 |
‑4 % |
|
Afrique du Sud |
11 953 |
61 % |
Kazakhstan |
22 070 |
236 % |
|
Italie |
11 860 |
168 % |
Viet Nam |
21 517 |
224 % |
|
Corée |
11 790 |
37 % |
Ghana |
21 377 |
292 % |
|
Algérie |
11 423 |
5 % |
Bosnie‑Herzégovine |
20 350 |
221 % |
|
Malaisie |
10 623 |
127 % |
Kenya |
20 277 |
565 % |
|
États-Unis |
10 548 |
192 % |
Zimbabwe |
20 194 |
438 % |
|
Grèce |
9 964 |
245 % |
France |
18 746 |
138 % |
|
Viet Nam |
9 922 |
34 % |
Cuba |
18 730 |
331 % |
|
Cuba |
9 821 |
69 % |
Cameroun |
17 186 |
772 % |
|
Iraq |
9 767 |
174 % |
Portugal |
15 418 |
568 % |
Source : DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
Dans le cadre de la révision de son Code de pratique mondial pour le recrutement international des personnels de santé, l’OMS a créé, en 2023, une liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé, sur laquelle sont inscrits 55 pays. Ils affichent les caractéristiques suivantes : 1) une densité de médecins, infirmiers et sages-femmes inférieure à la médiane mondiale (49 pour 10 000 habitants) ; et 2) un indice de couverture santé universelle inférieur à un seuil défini. Le recrutement actif dans ces pays, sauf s’il s’accompagne de mesures compensatoires, devrait être évité. Il est recommandé, à la place, d’accroître la solidarité internationale afin de renforcer leur système de santé.
Globalement, en 2020/21, environ 89 000 médecins et 257 000 infirmiers en exercice dans les pays de l’OCDE étaient natifs d’un pays inscrit sur la liste. Les principaux pays d’origine des médecins étaient le Pakistan (29 6 000), le Nigeria (17 000), l’Afghanistan (5 000), le Bangladesh (4 900) et le Cameroun (3 000), et les principaux pays d’origine des infirmiers étaient le Nigeria (55 000), Haïti (35 800), le Ghana (21 400), le Zimbabwe (20 800) et le Cameroun (17 200).
Par pays d’accueil, plus d’un médecin immigré sur quatre en Irlande, au Portugal et au Royaume‑Uni était originaire d’un pays de la liste, notamment du Nigeria et d’Angola. De même, un infirmier immigré sur quatre était originaire d’un pays de la liste en Belgique (République démocratique du Congo et Cameroun) et en France (Congo, République démocratique du Congo, Cameroun, Côte d’Ivoire et Madagascar). Des pourcentages et des nombres absolus importants de médecins et d’infirmiers immigrés originaires de pays de la liste sont également enregistrés au Canada et aux États-Unis.
Il importe toutefois de noter que ces chiffres sont basés sur le pays de naissance. Plusieurs pays jouent également un rôle important en accueillant des étudiants originaires des pays de la liste dans leurs systèmes de formation en médecine et en soins infirmiers. C’est le cas du Portugal avec l’Angola et le Cap-Vert, de la Belgique avec la République démocratique du Congo, de la France avec plusieurs pays africains, des États-Unis et du Canada avec les pays des Caraïbes, et de l’Australie et de la Nouvelle‑Zélande avec les pays du Pacifique.
D’autre part, l’évaluation de l’incidence des migrations sur certains pays d’origine fondée uniquement sur les données de pays d’accueil membres de l’OCDE risque de peindre un tableau incomplet et potentiellement trompeur. Un pourcentage important des migrations mondiales de professionnels de santé se produit en dehors de la zone OCDE. De ce point de vue, les données recueillies au moyen du système des comptes nationaux des personnels de santé (NHWA – National Health Workforce Accounts) de pays non membres de l’OCDE, par l’intermédiaire de points de contact désignés à l’échelon national, peuvent être un complément utile des données de l’OCDE. Ensemble, ces sources permettent de mieux comprendre la situation mondiale et régionale, l’évolution et les tendances de la mobilité des personnels de santé (Encadré 5.5 et Encadré 5.6).
Aux niveaux mondial, régional et national, l’OMS a activement contribué au renforcement des données et de l’information relatives au personnel médico-social. Sa collaboration avec l’OCDE pour améliorer l’évaluation et le suivi de la mobilité des professionnels de santé est un élément fondamental de l’effort dans ce domaine. Le Questionnaire conjoint sert de mécanisme officiel de communication au système des comptes nationaux des personnels de santé (NHWA – National Health Workforce Accounts) des données sur le personnel médico-social. Il constitue également l’une des principales sources de données sur les migrations des personnels de santé avec l’Instrument national de notification (Encadré 4) et les données par pays notifiées et validées directement par les points de contact du NHWA à sa plateforme en ligne. Le NHWA a pour avantage de pouvoir couvrir un plus large éventail de professions médico-sociales outre les médecins et les infirmiers.
Depuis la mise en œuvre du NHWA en 2018, la disponibilité et la qualité des données sur les personnels de santé s’améliorent sensiblement, avec des points de contact désignés dans 190 des 194 États membres de l’OMS pour la notification directe sur la plateforme du NHWA ou indirecte par d’autres moyens (comme le Questionnaire conjoint), depuis juin 2025.
En 2023, l’OMS a publié son rapport sur la mobilité des professionnels de santé, fondé sur des données consolidées concernant la mobilité des professionnels de santé de 134 pays au total (dont des États membres de l’OCDE et d’autres pays) provenant de sources diverses.
Ces données indiquent que la mobilité des professionnels de santé dépend de divers facteurs, dont l’influence fondamentale de la langue et de la proximité géographique, les niveaux de bilatéralisme et de multilatéralisme entre les pays et les régions, la rémunération et les meilleures perspectives professionnelles.
Outre les pays de l’OCDE à revenu élevé, le groupe de pays d’accueil comprend désormais les États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) – Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar – dont le pourcentage de personnel de santé né à l’étranger est important (50 % ou plus).
Parallèlement, le groupe de pays d’origine s’est élargi et comprend l’Allemagne, l’Égypte, la Russie, la Nouvelle‑Zélande, la Roumanie et le Royaume‑Uni, sachant que les données concernaient auparavant principalement l’Afrique du Sud, l’Inde, le Pakistan et les Philippines.
Grâce à la mise en œuvre progressive du NHWA au niveau national, les données sur les migrations du personnel de santé continuent de s’améliorer chaque année. Le dernier bilan de la disponibilité de données concernant la distribution des professionnels de santé par lieu de naissance ou par lieu de formation est présenté ci‑après pour les médecins, les infirmiers, les dentistes et les pharmaciens, selon les données diffusées en 2024 par le NHWA (Tableau 5.7).
|
Profession |
Nombre d’États membres de l’OMS disposant de données disponibles pour la répartition par lieu de naissance ou par lieu de formation (2014-2023) [n (%)] |
|---|---|
|
Médecins |
105 (54 %) |
|
Personnel infirmier |
128 (66 %) |
|
Dentistes |
74 (38 %) |
|
Pharmaciens |
74 (38 %) |
|
Toute profession |
141 (73 %) |
Source : Portail de données du NHWA, mise à jour de décembre 2024.
Les dernières données du NHWA disponibles sur les migrations des personnels de santé, dans le prolongement des principales observations du rapport de l’OMS sur la mobilité du personnel de santé, font ressortir des disparités prononcées dans la distribution mondiale de ces personnels et révèlent des schémas migratoires complexes :
Les dix grands pays d’accueil qui affichent le plus grand nombre de médecins et d’infirmiers formés ou nés à l’étranger sont l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Australie, le Canada, les Émirats arabes unis, les États-Unis, la France, l’Irlande, le Royaume‑Uni et la Suisse (dans l’ordre alphabétique). Ces dix pays à revenu élevé, qui représentent à peine 9 % de la population mondiale, accueillent 23 % des médecins, infirmiers et sages-femmes du monde. Pour leur part, les 55 pays de la liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS 2023 représentent 21 % de la population mondiale, mais 5 % seulement des médecins, infirmiers et sages-femmes du monde.
La distinction traditionnelle entre pays d’origine et d’accueil est de plus en plus floue. Par exemple, deux des principaux pays d’accueil d’infirmiers et de médecins nés ou formés à l’étranger, l’Allemagne et le Royaume‑Uni, sont également d’importants pays d’origine. Parallèlement, dans 26 pays à revenu faible ou intermédiaire, plus d’un praticien sur cinq dans au moins une profession de santé (médecin, infirmier, dentiste ou pharmacien) est formé à l’étranger.
Dans 79 pays d’accueil, environ 72 000 des médecins et 164 000 des infirmiers formés à l’étranger sont originaires des 55 pays de la liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS, ce qui représente 11 % de l’effectif de ces pays d’origine.
D’importantes migrations interrégionales et Sud-Sud sont de plus en plus manifestes. Par exemple, environ 80 % des médecins formés à l’étranger en exercice en Argentine ont effectué leur formation en Bolivie, en Colombie ou en Équateur ; près de 40 % des médecins formés à l’étranger en exercice en Sierra Leone ont fait leurs études au Ghana, au Kenya ou au Nigeria ; et près de 40 % des médecins formés à l’étranger en exercice au Sri Lanka ont été formés au Bangladesh, en Inde ou au Népal.
Les petits États insulaires en développement (PEID) ne sont peut-être pas de gros fournisseurs de professionnels de santé, mais l’émigration y donne lieu de s’inquiéter pour le maintien des services de santé. Dans certains États (Antigua‑et‑Barbuda, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Liberia et Saint-Vincent) plus d’infirmiers travaillent à l’étranger plutôt que dans leur pays.
Source : OMS (2023[23]), WHO report on global health worker mobility, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/370938 ; OMS (2023[24]), National health workforce accounts: a handbook, second edition, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/374320 ; OMS (2024[25]), Bilateral agreements on health worker migration and mobility: Maximising health system benefits and safeguarding health workforce rights and welfare through fair and ethical international recrutement, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/376280 ; OMS (2025[15]), National Health Workforce Accounts data portal, mise à jour de décembre 2024 [base de données], Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://apps.who.int/nhwaportal/.
Huit des dix premiers pays à revenu élevé qui enregistrent le plus grand nombre de médecins et d’infirmiers formés ou nés à l’étranger sont membres de l’OCDE. Alors que la première section du rapport porte sur le niveau et l’évolution des migrations de personnel de santé entre les États membres de l’OCDE, cet encadré se tourne vers deux autres grands pays d’accueil que sont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.
Tous deux ont activement participé au NHWA et communiqué des données concernant la distribution du personnel de santé par lieu de naissance sur la période 2015‑2023, dans quatre professions sociomédicales clés : médecins, infirmiers, dentistes et pharmaciens. Il ressort des données que les deux pays recrutent beaucoup à l’étranger (Graphique 5.19), mais que le pourcentage de médecins, d’infirmiers, de dentistes et de pharmaciens nés à l’étranger a stagné aux Émirats arabes unis, alors qu’il a diminué au fil du temps en Arabie saoudite.
Ces divergences peuvent tenir à divers facteurs, dont la dynamique du marché du travail dans le secteur de la santé, les politiques en matière de personnel de santé, les capacités d’éducation et de formation des personnels de santé, le niveau d’intérêt des jeunes de ces pays pour les études et les formations en santé, l’attractivité des carrières en santé, le nombre insuffisant de professionnels de santé nés dans le pays pour satisfaire les besoins de la population, les mesures de réduction de la dépendance vis-à-vis du personnel de santé étranger, etc.
Au-delà des valeurs absolues, il convient de situer les chiffres de l’émigration dans le contexte de la situation du personnel de santé dans le pays d’origine pour en évaluer les conséquences. Les taux d’émigration peuvent être calculés en divisant le nombre de médecins et d’infirmiers par la somme de ceux qui exercent à l’étranger et de ceux qui exercent dans le pays. Ce calcul nécessite des données robustes et comparables sur le nombre total de professionnels de santé dans tous les pays du monde, comme celles fournies par le système des comptes nationaux des personnels de santé (NHWA), maintenu par l’OMS. Cependant, compte tenu des limites de comparabilité des données entre les pays et dans le temps, les valeurs nominales des estimations de taux d’émigration présentées ici et à l’Annexe 5.C doivent être interprétées avec prudence.
Si les pays asiatiques dominent le tableau en nombres absolus de professionnels de santé émigrés, les taux d’émigration en révèlent un autre, dans lequel les pays d’Afrique et des Caraïbes sont plus particulièrement touchés par l’émigration des professionnels de santé. La plupart des pays qui enregistrent des taux d’expatriation de plus de 50 % – autant de médecins et d’infirmiers natifs du pays exercent dans les pays de l’OCDE que dans leur pays natal – sont soit des petits États insulaires des Caraïbes ou du Pacifique, soit des pays africains à faible revenu (Tableau 5.8). Plusieurs pays francophones en particulier, dont le Cameroun, Haïti, le Sénégal et le Togo, semblent être parmi les plus touchés.
À l’inverse, les grands pays d’origine que sont l’Allemagne, la Chine, la Russie, l’Inde et le Royaume‑Uni affichent tous des taux d’émigration inférieurs à 10 % (Annexe 5.C). Dans le cas des Philippines, cependant, plus d’un tiers (37 %) du personnel infirmier exerce à l’étranger. Les taux d’émigration des médecins (28 %) et du personnel infirmier (24 %) roumains ainsi que des médecins irlandais (25 %) et du personnel infirmier polonais (23 %), letton (23 %) et slovaque (21 %) sont eux aussi particulièrement élevés.
|
Taux d’émigration des médecins |
Taux d’émigration des infirmiers |
||
|---|---|---|---|
|
Grenade |
69 % |
Jamaïque |
90 % |
|
Jamaïque |
58 % |
Sierra Leone |
87 % |
|
Saint-Vincent-et-les Grenadines |
56 % |
Haïti |
85 % |
|
Cameroun |
54 % |
Guyana |
78 % |
|
Fidji |
53 % |
Grenade |
75 % |
|
Tonga |
52 % |
Somalie |
66 % |
|
Somalie |
51 % |
Belize |
66 % |
|
Zimbabwe |
49 % |
Saint-Vincent-et-les Grenadines |
64 % |
|
Samoa |
46 % |
Trinité-et-Tobago |
62 % |
|
Kenya |
46 % |
Fidji |
60 % |
|
Suriname |
46 % |
Cameroun |
60 % |
|
Érythrée |
45 % |
Samoa |
58 % |
|
Guyana |
43 % |
Tonga |
58 % |
|
Haïti |
40 % |
Cabo Verde |
56 % |
|
Congo |
39 % |
Barbade |
52 % |
|
Sénégal |
37 % |
Suriname |
49 % |
|
Cabo Verde |
37 % |
Bosnie‑Herzégovine |
49 % |
|
Guinée‑Bissau |
35 % |
Érythrée |
44 % |
|
Albanie |
35 % |
Bahamas |
43 % |
|
Togo |
34 % |
Maurice |
41 % |
Source : DIOC 2020/21, EFT-UE 2021.
Au cours des deux dernières décennies, les taux d’émigration de médecins et d’infirmiers ont été influencés non seulement par l’augmentation des effectifs d’immigrés, comme indiqué plus haut, mais aussi par les efforts mis en œuvre par les pays d’origine pour former et retenir leurs professionnels de santé. Les fortes variations des taux d’émigration observées au fil du temps indiquent effectivement soit l’amélioration, soit la détérioration de la situation des personnels de santé. Dans la plupart des cas, les évolutions ont été largement comparables pour les médecins et pour le personnel infirmier (Graphique 5.20).
Les pays qui ont connu les plus fortes hausses du taux d’émigration des médecins et des infirmiers sont l’Afghanistan (16 et 25 points de pourcentage respectivement), l’Albanie (24 et 27 points), le Cameroun (35 et 53 points), la République slovaque (20 et 18 points), la Somalie (17 et 40 points) et le Suriname (29 et 47 points).
Inversement, quelques pays ont enregistré une baisse sensible du taux d’émigration des médecins, notamment en Afrique du Nord et dans certains pays d’Afrique subsaharienne, comme le Bénin (‑23 points de pourcentage), l’Ouganda (‑22 points) et la Tanzanie (‑41 points). En ce qui concerne le personnel infirmier, la situation s’est nettement améliorée dans plusieurs pays d’Amérique centrale et des Caraïbes comme la Barbade (‑17 points de pourcentage), le Belize (‑16 points), la Grenade (‑11 points) et Trinité‑et‑Tobago (‑13 points).
Dans bon nombre de pays de l’OCDE, faute d’investissement dans la formation en santé par le passé et à l’heure actuelle, la demande croissante de professionnels de santé ne peut pas être satisfaite sans recruter à l’étranger. Ce besoin est manifeste dans les systèmes de gestion des migrations des pays de l’OCDE, lesquels cherchent de plus en plus à faciliter la mobilité des professionnels de santé, notamment des médecins et du personnel infirmier.
Les migrations internationales de médecins et d’infirmiers ont jusqu’ici été gérées dans le même cadre que l’immigration de travail générale, ce qui continue d’être le cas dans la plupart des pays de l’OCDE. Bon nombre de pays de l’OCDE (Australie, Belgique, Canada, Corée, Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Lituanie, Nouvelle‑Zélande, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Suède, Suisse, Tchéquie) utilisent les dispositifs nationaux réservés à l’immigration de personnel hautement qualifié pour les médecins et le personnel infirmier. Dans les pays de l’OCDE membres de l’UE, le système de carte bleue européenne constitue une voie d’admission supplémentaire importante pour les professionnels de santé étrangers qualifiés, particulièrement en Allemagne et en Italie.
Les pays ont toutefois de plus en plus tendance à mettre en œuvre de nouvelles mesures pour faciliter le recrutement de professionnels de santé étrangers dans le cadre de leur système général d’immigration. Elles sont examinées plus loin dans cette section, notamment l’inclusion généralisée des professionnels de santé sur les listes de métiers en tension, la création de dispositifs et de voies d’immigration spécialisés, la négociation d’accords bilatéraux et les programmes de formation, mais aussi les ajustements temporaires de politiques en vigueur pour faire face à des crises migratoires ou de santé publique.
Les listes de métiers en tension continuent d’être très utilisées pour rééquilibrer le marché du travail en répertoriant les métiers ou les compétences très recherchés pour lesquels le pays manque de travailleurs qualifiés. Elles permettent aux pays de contourner les évaluations de la situation du marché pour simplifier et accélérer les processus de recrutement. Les professionnels de santé sont presque toujours inclus sur la liste dans les pays de l’OCDE (ex. Autriche, Australie, Belgique [Flandre et Wallonie], Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Italie, Nouvelle‑Zélande, République slovaque et Royaume‑Uni), soit pour l’ensemble du secteur, soit pour des catégories particulières. Le Costa Rica fait exception, car il n’inclut pas les professionnels de santé sur une liste de métiers en tension en raison d’une surabondance de généralistes dans le secteur de la santé. Il manque de spécialistes, mais n’a pas encore défini ses besoins.
Malgré l’usage répandu des listes de métiers en tension, les types de professionnels de santé inclus varient selon les pays. Les médecins et les infirmiers ayant souvent tendance à être considérés comme des professionnels hautement qualifiés, déjà bénéficiaires de conditions d’admission préférentielles, les listes de métiers en tension sont souvent utilisées pour les professionnels de santé moyennement à peu qualifiés. Par exemple, en Italie et en Flandre (Belgique), les médecins ne sont pas inclus dans les professions hautement qualifiées, mais ils sont automatiquement exemptés de l’examen de la situation du marché. Les professionnels de santé moyennement et peu qualifiés sont cependant inclus. En Italie, les aidants employés dans les établissements de soins de santé sont répertoriés dans la catégorie des métiers en pénurie dans le système de quotas migratoires du pays. De même, en Flandre, les auxiliaires médicaux et les aides-soignants, classés parmi les professions moyennement qualifiées, sont inclus dans les listes de métiers en tension.
Au Canada, une distinction est opérée entre les voies d’immigration de courte et de longue durée. Les professionnels de santé ne sont pas inclus dans les listes de pénuries temporaires de travailleurs étrangers, mais ils font partie des travailleurs prioritaires pour l’obtention d’un permis de séjour permanent par la voie du système Entrée express. Celui-ci accorde la priorité aux candidats justifiant d’une expérience dans certaines professions de santé.
Dans certains cas, l’immigration de professionnels de santé est facilitée en supprimant les restrictions qui limiteraient autrement leurs possibilités d’emploi. Par exemple, la Hongrie ne tient pas de liste de métiers en tension, mais une liste des professions qu’il est interdit aux ressortissants de pays tiers d’exercer. Certaines professions de santé, comme les dentistes, kinésithérapeutes et auxiliaires médicaux, figurent sur cette liste. Les médecins et les infirmiers agréés en ont toutefois été retirés pour permettre à ces professionnels d’obtenir un permis de travail.
Au cours des dix dernières années, les pays ont de plus en plus opté pour la mise en place de dispositifs, permis et catégories de visa conçus spécifiquement pour le personnel de santé. Ce changement d’orientation laisse entrevoir un éventuel éloignement des voies d’immigration qualifiée générale. Les voies spéciales d’accès à l’immigration pour les professionnels de santé varient considérablement en portée et en échelle et s’inscrivent dans différentes démarches. Certaines prennent la forme de programmes de mobilité spéciaux pour la formation post-licence ou l’exercice de courte durée dans les pays d’accueil, tandis que d’autres prévoient des permis reliés à des procédures complexes de connaissance ou d’autorisation d’exercer auxquelles les professionnels de santé doivent se soumettre. Certains pays ont par ailleurs mis en place des voies spéciales, voire des voies d’obtention d’un visa ou d’un permis réservées exclusivement aux professionnels de santé.
Quelques pays ont créé des programmes de mobilité particuliers pour la formation médicale post-licence. Par exemple, l’initiative internationale de formation médicale post-licence (IMGTI – International Medical Graduate Training Initiative) en Irlande permet aux médecins étrangers de suivre une formation médicale post-licence structurée au sein du service de santé publique de l’Irlande. Elle offre aux diplômés de médecine adéquatement qualifiés la possibilité de suivre pendant une période fixe, généralement de deux ans, une formation médicale créée par un organisme irlandais de formation médicale post-licence. Le programme est conçu pour satisfaire les besoins identifiés par les services de santé dans les pays d’origine des participants. Les médecins en formation sont censés retourner dans leur pays une fois leur programme achevé, l’IMGTI n’étant pas censée donner accès à l’immigration en Irlande. Or, entre 2015 et 2020, environ 32 % sont revenus en Irlande pour au moins une année après une période de retour dans leur pays d’origine (NDTP, 2024[26]). Une bourse spéciale est également proposée avec l’IMGTI, principalement aux médecins de pays dont le secteur de la santé est moins développé. À l’heure actuelle, les participants sont des médecins originaires du Pakistan et du Soudan.
Dans d’autres cas, les voies d’admission par la formation et les études peuvent prévoir des exceptions pour les professionnels de santé, leur permettant ainsi de prolonger leur séjour dans le pays d’accueil. Les États-Unis, par exemple, proposent le programme d’exemption de visa Conrad 30 pour les médecins arrivés dans le cadre du programme d’échange J‑1 Exchange Visitor Program. Normalement, les titulaires d’un visa J‑1 sont soumis à une condition de séjour maximum de deux ans qui les oblige à rentrer dans leur pays de nationalité ou de dernière résidence avant de pouvoir faire une demande de visa d’immigrant, d’ajustement de leur statut ou de visa « non-immigrant ». Cependant l’article 214(l) de la loi sur l’immigration et la nationalité (INA – Immigration and Nationality Act) prévoit une exemption pour les diplômés de médecine étrangers qui acceptent de travailler à temps plein sous un visa H‑1B, lequel autorise le travail temporaire dans une profession de santé en tension pendant un minimum de trois ans.
Les médecins, infirmiers et autres professionnels médicaux agréés se heurtent souvent à des procédures complexes de reconnaissance des qualifications et d’obtention d’une autorisation avant de pouvoir exercer dans un pays d’accueil. Ces procédures exigent parfois qu’ils restent dans le pays pour suivre une formation supplémentaire ou pour travailler, ce qui nécessite une autorisation légale de séjour. Pour remédier à ce problème, certains pays de l’OCDE ont instauré des permis couvrant spécifiquement la durée des procédures de reconnaissance et d’autorisation. En Autriche, par exemple, les médecins et le personnel infirmier formés à l’étranger peuvent obtenir une carte rouge‑blanc-rouge qui leur permet d’occuper des postes qualifiés pendant l’exécution des mesures compensatoires nécessaires à la reconnaissance définitive. De façon similaire, l’Allemagne et le Danemark délivrent des visas et des permis de séjour pour faciliter la reconnaissance des qualifications professionnelles obtenues à l’étranger dans le secteur médico-social.
Le Royaume‑Uni autorise les infirmiers et les sages-femmes qualifiés à l’étranger à travailler pendant la préparation d’un examen clinique objectif structuré (ECOS), deuxième étape obligatoire pour l’enregistrement professionnel auprès de l’ordre des infirmiers et des sages-femmes (NMC – Nursing and Midwifery Council). Les candidats disposent de 12 semaines à partir de la date de début sur leur certificat de parrainage, fourni par leur employeur, pour leur première tentative à l’ECOS. Ils bénéficient d’un accompagnement et de possibilités d’entraînement pendant cette période. Une fois enregistrés auprès du NMC, ils peuvent exercer leur fonction sans avoir besoin de demander un nouveau visa.
Quelques pays ont mis en place des dispositifs spéciaux pour faciliter l’immigration de certains travailleurs de santé, notamment ceux dans les professions peu et semi-qualifiées. Bien qu’ils soient très demandés, ces travailleurs n’ont pas souvent accès aux voies d’immigration conventionnelles ouvertes aux personnes qualifiées. En Australie, par exemple, les prestataires de soins aux personnes âgées peuvent recruter à l’étranger en vertu d’un accord sectoriel (Aged care industry labour agreement). Il permet aux aides-soignants, auxiliaires de vie et aidants auprès des personnes âgées ou en situation de handicap d’être exemptés de certaines conditions d’obtention d’un visa, à condition d’être parrainés par un employeur remplissant les conditions requises. Ils peuvent être exemptés des critères d’expérience professionnelle postqualification et, dans certains cas, les conditions de maîtrise de l’anglais peuvent être assouplies. Les employeurs souhaitant recruter en vertu de cet accord doivent préalablement établir un protocole d’accord avec le syndicat concerné. Une fois en Australie, les professionnels de santé ainsi recrutés peuvent avoir droit à un permis de séjour permanent après deux ans de travail à plein temps, à condition d’être âgés de moins de 45 ans. L’Australie utilise également des accords régionaux (DAMA – Designated Area Migration Agreement) formels entre le gouvernement et les autorités des régions ou des États. Ces accords permettent aux prestataires de soins aux personnes âgées, dans certaines régions, de recruter des aides-soignants, infirmiers et médecins en bénéficiant de conditions préférentielles.
Certains pays de l’OCDE ont établi des voies d’obtention d’un visa ou d’un permis conçues spécifiquement pour les professionnels de santé. Le Japon, par exemple, utilise depuis longtemps des voies d’immigration spéciales dites « statut de résidence » (SoR – Status of Residence) pour divers types de métiers, dont les métiers de santé. Le statut de résidence pour services médicaux s’applique aux médecins, dentistes et infirmiers agréés, tandis que le statut de résidence pour services d’aide à la personne, entré en vigueur en 2016, concerne les aidants agréés. En 2022, 2 467 personnes étaient titulaires du statut de résidence pour services médicaux, et 6 284 du statut de résidence pour services d’aide à la personne (OCDE, 2024[27]). Cependant, du fait qu’ils nécessitent d’avoir préalablement obtenu une formation et un certificat au Japon, ces statuts de résidence spécifiques sont généralement accordés aux étrangers déjà résidents au Japon.
En 2020, le Royaume‑Uni a instauré le visa de professionnel du secteur médico-social (Health and Care Worker Visa), destiné aux médecins, infirmiers et autres professionnels de santé munis d’une offre d’emploi valide émanant d’un employeur approuvé au Royaume‑Uni, dans le secteur médico-social. Pour être admissible, le poste concerné doit satisfaire des critères minimums en termes de niveau de compétence et de salaire. Ce visa offre plusieurs avantages par rapport au visa de travailleur qualifié (Skilled Worker Visa), notamment une procédure moins longue (maximum de trois semaines après soumission des données biométriques), un service d’assistance dédié, des frais de dossier réduits, et l’exemption des frais supplémentaires d’accès au système de santé pour les candidats et leurs familles.
Diverses modifications ont été apportées au visa depuis son entrée en vigueur, qui ont entraîné de fortes fluctuations du nombre de demandes pendant les premières années : ajustement périodique des critères d’admissibilité, inclusion sur les listes de métiers en tension et règles de rapprochement familial. Pendant l’année achevée en septembre 2022, 61 274 visas de professionnel médico-social ont été accordés à des demandeurs principaux, puis 143 990 en 2023 et 50 591 en septembre 2024 (Ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni, 2024[28]).
En 2024, la France a annoncé un projet de permis de séjour pluriannuel pour les professionnels en médecine et pharmacie, qui serait mis en œuvre dans les années à venir. Il s’adresse aux médecins, chirurgiens dentistes, sages-femmes et pharmaciens formés en dehors de l’UE, agréés par les autorités sanitaires françaises et dont la rémunération correspond aux seuils fixés. Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large des efforts mis en œuvre par le pays pour attirer davantage de talents.
Plusieurs pays de l’OCDE ont conclu des accords bilatéraux pour faciliter les migrations de professionnels de santé. Adaptés aux priorités et aux circonstances particulières des pays concernés, ces accords témoignent de méthodes diverses pour faire face aux problèmes de personnel de santé. Ils combinent des mécanismes pour faciliter la mobilité et des engagements à des pratiques de recrutement éthique ainsi qu’au renforcement mutuel des capacités, soulignant le recours croissant aux cadres bilatéraux pour renforcer les systèmes de santé et promouvoir des objectifs de développement communs.
Le Canada a facilité la mobilité du personnel actif et des médecins enseignants ou chercheurs par le biais d’accords comme l’accord de libre‑échange Canada-Chili (depuis 1997) et l’accord Canada-États-Unis-Mexique (anciennement l’accord de libre‑échange nord-américain, depuis 1994). Ces accords ont contribué à la mobilité transnationale des professionnels de santé en Amérique du Nord et du Sud.
Le Royaume‑Uni a instauré dix accords de gouvernement à gouvernement pour le recrutement de personnel médico-social, avec le Sri Lanka (depuis le 18 janvier 2021), le Kenya (depuis le 29 juillet 2021), les Philippines (depuis le 8 octobre 2021), la Malaisie (depuis le 8 novembre 2021), l’Inde (depuis le 21 juillet 2022) et le Népal (depuis le 22 août 2023). L’accord avec le Népal, une initiative pilote, est plus nuancé en raison de l’inclusion du pays sur la Liste d’appui et de sauvegarde pour les personnels de santé de l’OMS. Le Népal figure sur la « liste rouge » de pays qui ne doivent pas être activement ciblés par les recruteurs de personnel médico-social sauf si un accord de gouvernement à gouvernement est en place de manière à veiller à un recrutement contrôlé, dans des conditions particulières. L’accord pilote avec le Népal est assorti de paramètres stricts pour que ces sauvegardes soient respectées. Le recrutement actif est limité à un seul groupe de fournisseurs de services de santé publics (NHS Trust) pour que le recrutement soit contrôlé et éthique. En septembre 2024, 41 infirmiers ont été recrutés par le biais de cette initiative pilote. Sept cents autres infirmiers formés au Népal sont enregistrés auprès du NMC entre octobre 2023 et septembre 2024 par d’autres voies.
Depuis 2012, les Pays-Bas maintiennent avec le Suriname un accord qui autorise les spécialistes médicaux de ce pays à séjourner un an aux Pays-Bas pour exercer et pour développer leurs spécialisations dans les hôpitaux néerlandais. Environ 120 professionnels médicaux ont eu recours à cette voie.
La France n’a pas d’accords de migration de travail bilatéraux concernant explicitement les professionnels de santé, mais des accords ont existé pour faciliter le séjour d’étudiants en troisième cycle de médecine des pays du Golfe, notamment d’Arabie saoudite, du Bahreïn, de Dubaï et du Qatar.
En février 2024, le Danemark et l’Inde ont conclu un « accord de partenariat mobilité et migrations » stipulant, entre autres, que les deux pays examineraient la possibilité de recruter des professionnels indiens qualifiés dans les services de soins et les services médicaux danois, l’objectif étant d’établir si la coopération bilatérale pourrait être élargie dans ce domaine.
Outre les accords bilatéraux sur les migrations de travail, de plus en plus de pays de l’OCDE mettent en place des programmes de formation des professionnels de santé à l’étranger, notamment pour le personnel infirmier, afin de faciliter l’immigration de travail potentielle dans le pays d’accueil. Ces initiatives sont menées par des autorités nationales et infranationales dans des pays comme l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, le Canada, la Finlande, l’Italie et le Japon, souvent en partenariat avec des organisations du secteur privé.
Le Japon a conclu des accords de partenariat économique avec l’Indonésie (2008), les Philippines (2009) et le Viet Nam (2014) dans le but de fournir des formations, de favoriser l’échange de connaissances et de faciliter l’admission d’infirmiers et d’aidants professionnels. Ces accords sont gérés conjointement par la Corporation internationale japonaise des services médico-sociaux (JICWELS – Japan International Corporation of Welfaire Services) et par des organismes publics dans les pays partenaires. Tous les candidats infirmiers doivent avoir fait les études nécessaires dans leur pays et soit être titulaires d’une autorisation d’exercer, soit justifier d’au moins deux ans d’expérience professionnelle. Dans le cadre de l’accord de partenariat économique, les candidats suivent une formation au Japon pendant un maximum de trois ans pour les infirmiers et de quatre ans pour les aidants professionnels.
Une fois leur formation accomplie, les candidats peuvent passer les examens de qualification japonais. Ceux qui réussissent sont admissibles au statut de résidence pour services médicaux, dont il est question dans la sous-section consacrée aux voies d’immigration spéciales, et sont autorisés à rester au Japon indéfiniment. Cependant, malgré la formation fournie, le taux de réussite demeure relativement faible (OCDE, 2024[27]). En 2021, un total de 1 587 candidats infirmiers et 6 454 aidants avaient participé aux programmes de l’accord de partenariat économique. Parmi eux, 529 candidats infirmiers et 1 762 aidants ont obtenu leurs qualifications japonaises. En 2021, 20.9 % seulement des candidats infirmiers ont réussi l’examen national, à comparer avec un taux de réussite de 90.4 % pour les candidats japonais. Dans la catégorie aidants professionnels, 36.9 % des candidats dans le cadre de l’accord de partenariat économique ont réussi, à comparer avec 72.3 % de leurs homologues japonais.
Il n’existe aucun programme financé sur fonds publics en Allemagne pour la formation du personnel infirmier dans les pays d’origine, mais des initiatives financées par le secteur privé jouent un rôle fondamental. Depuis 2013, plus de 6 200 infirmiers hautement qualifiés ont été placés en Allemagne dans le cadre de projets et accords divers avec des pays comme la Bosnie‑Herzégovine, la Colombie, l’Inde, la Jordanie, le Mexique, les Philippines et la Tunisie.
Le programme de partenariats mondiaux pour les compétences en soins infirmiers (Global Skills Partnerships Nursing Programme), mis en œuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), en est un exemple. En collaboration avec les Philippines et le Mexique, il facilite la sélection d’étudiants participants par les futurs employeurs, avec le soutien de l’Agence fédérale de l’emploi (ZAV) ou d’agences de recrutement privées agréées en vertu du cadre « Recrutement équitable du personnel soignant international ». Il fournit aux étudiants en soins infirmiers des pays partenaires une formation supplémentaire basée sur un programme approuvé conjointement et adapté aux exigences de la procédure allemande de reconnaissance des qualifications en soins infirmiers. Le programme d’enseignement comporte des cours d’allemand pour permettre aux étudiants d’atteindre le niveau de maîtrise B2, ainsi que l’expérience pratique nécessaire en soins aux personnes âgées.
De même, le projet Aurora en Belgique, créé à l’initiative de parties prenantes du secteur privé en 2021, est axé sur le recrutement et la formation de personnel infirmier indien pour le système de santé flamand. Le parcours, du recrutement à l’octroi du statut d’infirmier agréé en Belgique, se fait sur environ deux ans. Il commence par un programme de formation gratuit de six mois au Kerala (Inde). Des cours intensifs de néerlandais jusqu’au niveau B1 sont au programme, ainsi que des cours d’introduction aux soins gériatriques, aux soins psychiatriques et au modèle de santé belge. Une fois la formation en Inde achevée, les candidats doivent suivre une formation d’un an en Belgique qui combine cours de langue et expérience pratique en tant qu’aides-soignants. Ceux qui obtiennent les résultats nécessaires à l’issue du programme deviennent infirmiers agréés.
La Finlande met à l’essai un programme de formation complémentaire pour les professionnels du secteur médico-social justifiant d’une expérience dans d’autres pays de l’UE/EEE qui pourrait faciliter leur emploi futur en Finlande. Cette initiative s’adresse aux professionnels agréés, y compris les médecins, infirmiers, aides-soignants et autres spécialistes en soins de santé. Le programme conjugue recrutement et formation pour répondre aux besoins des employeurs dans le secteur médico-social. Un prestataire de services spécialisés gère le processus en recrutant des candidats qualifiés, en vérifiant leurs diplômes et en les mettant en relation avec des employeurs en Finlande. Ceux qui sont sélectionnés reçoivent une formation complémentaire sur mesure, avec orientation culturelle et cours de finnois ou de suédois. La formation est adaptée aux besoins particuliers à la fois des employeurs et des professionnels, lesquels s’accordent sur les objectifs, le contenu, la durée et la méthode de la formation. Le programme est co-financé par les employeurs et l’administration des affaires économiques et de l’emploi ; l’État prend à sa charge 50 % du coût.
Ce type de système de formation intéresse de plus en plus d’autres pays de l’OCDE. Le ministère de la Santé lituanien, par exemple, a mis en œuvre le « plan d’action 2024‑2029 pour attirer et retenir les professionnels de santé », dont l’objectif est d’égaliser la distribution et de combler les manques de professionnels de santé spécialisés. L’intégration de programmes de formation dans ce cadre est à l’étude.
La pandémie de COVID‑19 a créé des difficultés sans précédent pour les systèmes de santé dans le monde entier, poussant plusieurs pays de l’OCDE à ajuster temporairement leurs politiques migratoires pour remédier aux manques urgents de professionnels de santé. Bien que différentes d’un pays à l’autre, ces mesures cherchaient généralement à faciliter l’entrée, l’emploi et la rétention de professionnels de santé étrangers pour renforcer les interventions nationales face à la pandémie (REM/OCDE, 2021[29]). Prises à titre temporaire, elles étaient censées rester en place le temps de la crise sanitaire uniquement.
Pour répondre aux besoins critiques des secteurs de la santé, nombre de pays ont mis en œuvre des exemptions aux interdictions générales d’entrée pour les professionnels de santé (REM/OCDE, 2020[30]), le but étant d’assurer la continuité des services de santé essentiels et du soutien à la santé publique. Aux États-Unis, les professionnels de santé et les chercheurs médicaux dont les travaux étaient jugés essentiels pour les réponses apportées au COVID‑19 ou pour les objectifs généraux de santé publique ont bénéficié d’une autorisation d’entrée sous certaines catégories de visa, notamment le visa temporaire de travailleur qualifié (H‑1B) et le visa pour transfert d’employés intra-sociétés (L‑1). Le Canada a privilégié les professionnels de santé spécialisés dans les services essentiels (urgences, entretien et installation du matériel médical, logistique d’approvisionnement médical) en les exemptant des restrictions à l’entrée. L’Australie et le Japon ont également mis en place des exemptions pour les ressortissants étrangers dans le cas des services médicaux essentiels ou spécialisés, à condition que leurs contributions soient jugées essentielles pour renforcer le système de santé national.
Outre l’exemption des restrictions à l’entrée dans de nombreux cas, plusieurs pays de l’OCDE, dont la Belgique, l’Espagne et l’Irlande, ont accordé la priorité aux demandes de permis de professionnels de santé et, entre autres mesures, accéléré le traitement des dossiers. La Nouvelle‑Zélande, de même, a déclaré prioritaires les demandes de visa pour des fonctions essentielles en santé.
Dans certains cas, de nouveaux accords bilatéraux ont été conclus pour garantir les effectifs de santé nécessaires. En 2020, l’Italie a signé un accord entre la région de Calabre et le gouvernement cubain portant sur l’embauche temporaire de 497 médecins cubains pendant la pandémie de COVID‑19. Ces professionnels, spécialisés en médecine d’urgence, chirurgie et anesthésiologie, ont été recrutés en vertu du système de la carte bleue. Il est prévu que l’accord en question reste en vigueur jusqu’en 2025.
Dans la majorité des cas, les pays ont surtout cherché à optimiser la disponibilité des professionnels de santé déjà présents sur leur territoire, en assouplissant les réglementations pour que les étrangers puissent rester et travailler (REM/OCDE, 2020[30] ; REM/OCDE, 2021[29]). La Pologne et le Portugal, par exemple, ont supprimé l’obligation d’un permis de travail pour certaines catégories de professionnels médicaux afin de permettre leur déploiement rapide pendant la pandémie. L’Espagne, au moyen d’une disposition exceptionnelle en 2020, a autorisé les professionnels de santé non reconnus en tant que spécialistes à exercer pendant une période de 12 mois, avec possibilité de prolongation par périodes successives de trois mois jusqu’à la fin de la crise sanitaire.
De façon similaire, la République slovaque a assoupli les règles en vigueur et autorisé les médecins étrangers (ressortissants de pays de l’UE et de pays tiers) à exercer sur simple reconnaissance de leurs diplômes pendant la crise de santé publique. La France a pour sa part adopté plusieurs mesures visant à remédier aux pénuries de personnel. Elle a notamment autorisé les professionnels de santé exerçant à titre temporaire à rester et à travailler en France, et assoupli les conditions d’exercice applicables aux médecins étrangers. Plus particulièrement, ceux qui ne jouissaient pas du plein droit d’exercice ont été autorisés à remplir des fonctions non médicales (aide aux soins, accueil et orientation des patients) pour aider les équipes de soins à gérer la crise. D’autre part, les médecins étrangers ayant le statut de réfugiés ont été autorisés à travailler dans les établissements publics de santé sous un statut de contractuel, sans passer les épreuves de vérification des connaissances (Encadré 5.7).
Bien que temporaires dans la majorité des cas, les mesures mises en œuvre pendant la pandémie ont parfois permis d’engager la planification des interventions d’urgence et d’évaluer les capacités des systèmes migratoires à faire face aux crises futures. Elles ont notamment stimulé l’examen des moyens d’améliorer les parcours des professionnels de santé qualifiés. En Allemagne et en Espagne, par exemple, la pandémie de COVID‑19 a servi de catalyseur pour élaborer de nouvelles stratégies en vue d’attirer des talents, en particulier des professionnels qualifiés en santé et soins infirmiers. L’évaluation des mesures d’assouplissement des règles prises pendant la pandémie de COVID‑19 pour les professionnels de santé locaux s’impose également pour trouver des moyens de réduire le recours aux professionnels de santé étrangers (WHO 2024).
La pandémie de COVID‑19 n’est pas la seule crise récente à avoir déclenché une action rapide de la part des pays d’accueil ; de nombreux pays de l’OCDE ont également connu une forte hausse du nombre d’arrivées de demandeurs d’asile et de réfugiés (OCDE, 2024[31]). Face à cette situation, plusieurs d’entre eux ont mis en place des initiatives visant à aider les réfugiés qualifiés, notamment les médecins et le personnel infirmier, à reprendre leurs professions. La plupart de ces mesures visaient à faciliter une entrée rapide sur le marché du travail en améliorant les procédures de reconnaissance des qualifications et d’octroi d’une autorisation d’exercer, mais certains pays ont également pris des mesures de politique migratoire ciblées et ouvert d’autres voies d’entrée pour les professionnels réfugiés hautement qualifiés, en particulier dans le secteur de la santé.
En Australie, un programme pilote pour l’emploi des réfugiés qualifiés (SRLAP – Skilled Refugee Labour Agreement Pilot), mis en œuvre en 2021 en association avec Talent Beyond Boundaries (TBB), permet aux réfugiés qualifiés d’accéder à l’emploi par le biais d’un visa parrainé par l’employeur (sous-catégorie 186, 482 et 494). Ce dispositif prévoit des concessions ciblées, notamment l’exemption de l’examen de la situation du marché, l’assouplissement des critères de maîtrise de l’anglais, et l’abaissement des seuils de revenu. Il couvre 900 professions, dont les médecins et les infirmiers agréés.
Prolongé en 2023, le SRLAP octroie 500 visas primaires pour la période 2023‑2025. C’est aux employeurs qu’il incombe de vérifier les qualifications des candidats. Les conditions d’obtention d’une autorisation d’exercer pour les professions réglementées, dont celles fixées par l’Agence australienne de réglementation des professionnels de santé (AHPRA – Australian Health Practitioner Regulation Agency), restent en place.
En juillet 2021, le gouvernement britannique a mis en œuvre un programme pilote pour la mobilité des talents déplacés (Displaced Talent Mobility Pilot), en partenariat avec TBB, visant à remédier aux obstacles administratifs et juridiques qui empêchent les migrations internationales de travailleurs qualifiés. Dans le cadre de cette initiative, TBB UK a facilité plusieurs programmes pilotes dans le domaine de la santé et plus de 200 professionnels de santé déplacés ont ainsi pu obtenir des postes dans le secteur public de la santé (NHS – National Health Service) et dans le secteur privé.
Le Royaume‑Uni s’est plus particulièrement attaché à intégrer du personnel infirmier dans son système de santé. En collaboration avec TBB, le Nursing and Midwifery Council (NMC), l’organisme indépendant de régulation du personnel infirmier, des sages-femmes et des aides-soignants au Royaume‑Uni, a élaboré une nouvelle politique pour faciliter l’enregistrement des candidats admissibles. La procédure, en deux parties, comporte un examen des qualifications, un test de compétence et des vérifications finales de la santé, des références et de la maîtrise de la langue, ce qui permet une évaluation individualisée.
Au Canada, le projet pilote sur la voie d’accès à la mobilité économique (PVAME), mis en œuvre en 2018, facilite l’immigration de réfugiés par les voies d’immigration économique en place, aux niveaux fédéral et régional. Il ouvre des voies d’entrée flexibles, avec traitement simplifié des dossiers, exemption des frais et aide, notamment l’accès au programme de prêts aux immigrés (ex. pour les frais relatifs au droit de résidence et pour le coût du voyage).
Le PVAME fonctionne en collaboration avec les ONG qui ont conclu des accords formels avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Celles-ci identifient les candidats qui répondent aux critères et les aident à trouver des offres d’emploi appropriées, en veillant à ce que le processus soit accessible et gratuit.
Les professionnels de santé qui immigrent dans le cadre du PVAME doivent néanmoins satisfaire les conditions d’exercice imposées au niveau provincial ou territorial. L’accréditation et la certification sont indépendantes du processus d’immigration. Elles sont effectuées par des organismes de régulation régionaux pour veiller au respect des normes nationales, avant l’insertion des immigrés dans les effectifs de santé.
La reconnaissance des qualifications acquises à l’étranger et l’autorisation d’exercice des professionnels de santé sont un processus long et complexe, en plusieurs étapes, conçu pour veiller à ce que les professionnels de santé soient à la hauteur des exigences du pays d’accueil. Bien qu’essentielles pour maintenir la qualité et la sécurité des services de santé (Encadré 5.8), ces procédures peuvent être longues et retarder considérablement l’intégration de professionnels de santé immigrés dans les effectifs. Ces barrières administratives découragent souvent les immigrés de rester dans le secteur de la santé et contribuent ainsi au phénomène dit du « gaspillage des cerveaux ».
Malgré les mesures en place de longue date dans certains pays de l’OCDE, en particulier au sein de l’Union européenne (Encadré 5.9), pour faciliter la reconnaissance des qualifications acquises à l’étranger, les pénuries croissantes de personnel dans le secteur de la santé ont appelé à simplifier et à améliorer plus encore les systèmes de reconnaissance et d’autorisation d’exercice pour les professionnels de santé immigrés dans l’ensemble de la zone OCDE. Au cours des cinq dernières années, ils se sont plus particulièrement attachés à élargir l’accès aux programmes passerelles et à revoir les mesures compensatoires requises pour obtenir un agrément définitif. Les formations passerelles aident les immigrés à compléter leur éducation et leur formation, ce qui facilite leur accès à des professions réglementées, des emplois ciblés ou des études plus poussées.
Plusieurs pays de l’OCDE ont engagé des réformes pour améliorer la reconnaissance des qualifications et l’octroi de l’autorisation d’exercice dans le cas des professionnels de santé formés à l’étranger. En Allemagne, au lieu de s’appuyer uniquement sur les justificatifs fournis, les évaluations reposent désormais sur les résultats d’épreuves pratiques pour permettre aux candidats de démontrer leurs compétences. L’Australie, à la suite de l’examen indépendant de la régulation des professionnels de santé étrangers (Kruk Review), et dans le cadre de sa stratégie 2021‑2031 sur l’effectif national de santé, a mis en œuvre des voies d’enregistrement accélérées pour les médecins et le personnel infirmier formés à l’étranger. À compter d’octobre 2024, les diplômés du Royaume‑Uni, d’Irlande ou de Nouvelle‑Zélande spécialisés en médecine de famille, anesthésie, psychiatrie, obstétrique et gynécologie – spécialisations auxquelles seront bientôt ajoutées la pédiatrie, la médecine générale et la radiologie diagnostique – peuvent être enregistrés en vertu de qualifications largement comparables, sous réserve d’une période de six mois sous supervision, d’une formation à la sécurité culturelle, et d’une formation de familiarisation. À partir de 2025, deux nouvelles voies d’accès à l’enregistrement, plus rapides et plus faciles, seront ouvertes au personnel infirmier justifiant d’au moins 1 800 heures d’exercice depuis 2017 aux États-Unis, en Espagne, en Irlande, au Royaume‑Uni, à Singapour ou dans les provinces canadiennes de la Colombie‑Britannique et de l’Ontario. Tous les contrôles concernant la sécurité des patients seront maintenus.
Malgré ces efforts, d’importants problèmes subsistent, notamment veiller à ce que les professionnels de santé immigrés soient à la hauteur des exigences cliniques nationales pour leur métier, qu’ils puissent acquérir les compétences linguistiques nécessaires et qu’ils trouvent un emploi dans un secteur très réglementé. À l’avenir, une collaboration soutenue entre les autorités nationales, les organismes professionnels, les autorités de régulation des professionnels de santé et les établissements d’enseignement sera indispensable pour que soient élaborés des cadres à long terme qui protègent la sécurité des patients tout en élargissant les possibilités offertes aux réfugiés et autres professionnels de santé immigrés.
Pour les professionnels de santé immigrés, intégrer une profession réglementée nécessite de se soumettre à une procédure d’équivalence. Elle est largement identique d’un pays à l’autre, avec quelques spécificités nationales (voir les études de cas par pays ci‑après). Selon la structure de gouvernance du pays, cette procédure peut être gérée au niveau national ou régional dans les États fédéraux. Elle peut être longue et coûteuse, et nécessite souvent que les candidats réussissent des examens théoriques et pratiques ainsi que des épreuves de maîtrise de la langue. D’autre part, l’enregistrement auprès de l’organisme professionnel concerné est généralement nécessaire avant d’obtenir une autorisation d’exercer définitive.
Les premières étapes consistent à vérifier et à évaluer les diplômes et les qualifications professionnelles. Les diplômes et les dossiers de scolarité d’établissements étrangers doivent être authentifiés et les équivalences avec ceux du pays d’accueil évaluées. La formation clinique, les internats et les spécialisations sont également évalués pour s’assurer qu’ils correspondent aux exigences professionnelles du pays d’accueil. Dans certains cas, les professionnels de santé immigrés doivent refaire certains éléments de leurs études. La validation des acquis, y compris du parcours éducatif et de l’expérience professionnelle, est généralement du ressort du ministère de la Santé ou d’organismes de régulation désignés.
Dans quelques pays, des accords bilatéraux ou multilatéraux de longue date facilitent et simplifient la reconnaissance des qualifications en santé. On citera par exemple la directive européenne 2005/36/CE qui permet la reconnaissance mutuelle des qualifications entre les États membres de l’UE, mais aussi les accords de reconnaissance mutuelle (ARM) entre les États-Unis et le Canada ainsi qu’au sein de l’ASEAN (depuis 2006 pour le personnel infirmier et 2009 pour les médecins et les dentistes). Des accords comparables existent également entre des États et des régions individuels. L’accord de reconnaissance mutuelle France‑Québec, par exemple, couvre aujourd’hui 30 spécialités médicales ainsi que d’autres professions.
Une fois les qualifications reconnues, l’étape suivante consiste à obtenir une autorisation d’exercer et à s’enregistrer auprès des organismes professionnels concernés. Les professionnels de santé immigrés doivent généralement passer les examens de l’ordre professionnel national concerné, démontrer un niveau élevé de maîtrise de la langue et fournir une attestation de situation régulière. Dans certains cas, ils doivent également suivre une formation complémentaire, se soumettre à une période d’exercice sous supervision ou à d’autres mesures compensatoires avant d’obtenir une autorisation d’exercer définitive.
La législation de l’Union européenne facilite la reconnaissance des qualifications professionnelles d’un État membre à l’autre, permettant ainsi aux citoyens européens d’exercer leur profession dans d’autres pays de l’Union. Le texte de loi est la Directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles, modernisée en 2013 par la Directive 2013/55/UE. D’autres modifications sont en cours par le biais de la Directive (UE) 2024/505, laquelle facilite la reconnaissance de certains diplômes de soins infirmiers roumains obtenus avant l’adhésion de la Roumanie à l’UE, après achèvement d’un programme spécial de mise à niveau. En 2023, la Commission européenne (2023[32]) émet également une recommandation visant à simplifier la reconnaissance des qualifications des ressortissants de pays tiers.
Ces cadres juridiques reposent sur le principe qu’un professionnel qualifié dans un État membre de l’UE est considéré comme qualifié pour exercer la même profession dans un autre État membre. Ils établissent notamment des règles communes pour la reconnaissance des qualifications professionnelles et scolaires, des compétences linguistiques, et des conditions d’exercice dans un autre pays de l’UE.
Pour les professionnels de santé, la Directive 2005/36/CE prévoit la reconnaissance automatique des qualifications dans six professions dont les niveaux de formation ont été harmonisés sur l’ensemble de l’UE : médecins, dentistes, infirmiers responsables des soins généraux, sages-femmes, pharmaciens et chirurgiens vétérinaires. Même s’il existe encore des différences de procédure d’autorisation d’exercice, la directive simplifie considérablement la reconnaissance des qualifications entre les États membres de l’UE.
Pendant la pandémie de COVID‑19, un grand nombre de pays de l’OCDE ont pris des mesures temporaires pour remédier aux pénuries urgentes de personnel dans le secteur de la santé (OCDE, 2020[1]). Ils se sont avant tout attachés à faciliter la reconnaissance des qualifications et l’autorisation d’exercer pour les professionnels de santé immigrés déjà résidents dans le pays, mais qui n’étaient pas encore actifs dans leur profession, pour leur permettre d’intégrer plus rapidement le système national de santé. Quelques pays ont autorisé le recrutement de médecins et d’infirmiers immigrés dont la certification n’avait pas encore été validée, tandis que d’autres ont ouvert des voies d’urgence pour l’obtention de l’autorisation d’exercer qui exemptaient les professionnels formés à l’étranger de certaines conditions pour leur permettre de contribuer à la lutte contre la pandémie.
Pendant les premiers mois de la pandémie, plusieurs pays de l’OCDE ont accéléré la reconnaissance des qualifications étrangères afin de permettre aux professionnels formés à l’étranger d’intégrer plus rapidement le personnel de santé. La Belgique, l’Irlande et le Luxembourg, par exemple, ont simplifié la procédure de demande de reconnaissance des diplômes étrangers, tandis que la Lituanie a assoupli les critères de maîtrise de la langue.
D’autres pays ont allégé les restrictions à l’emploi pour les professionnels de santé qui n’avaient pas encore obtenu la reconnaissance définitive de leurs qualifications. En France, les professionnels de santé formés à l’étranger non autorisés à exercer ont pu occuper des fonctions auxiliaires non médicales. De même, l’Argentine, le Chili et le Pérou ont autorisé leurs services nationaux de santé respectifs à employer des professionnels de santé étrangers avec ou sans reconnaissance officielle de leurs qualifications. En Colombie, ce type de mesures de facilitation concernait principalement les professionnels de santé vénézuéliens déjà présents dans le pays. L’Australie a pour sa part autorisé les étudiants infirmiers en mobilité internationale à travailler avant d’achever leur formation et à dépasser la limite habituelle de 40 heures.
La délivrance d’autorisations d’exercer temporaires ou conditionnelles, une autre mesure très répandue, a permis aux professionnels de santé immigrés d’exercer sous supervision en attendant d’être agréés. En 2020, l’Italie a mis en œuvre un décret permettant la délivrance d’une autorisation d’exercice temporaire aux professionnels de santé formés à l’étranger. Des autorisations d’exercice temporaires « d’urgence » ont été instaurées en Espagne (Encadré 5.10). En Allemagne, les médecins de pays tiers en cours de procédure de reconnaissance peuvent obtenir un permis d’exercer valide pendant un maximum de deux ans. Ce permis, qui peut être assorti de restrictions et de dispositions auxiliaires, les autorise à exercer en attendant la reconnaissance définitive de leurs qualifications.
Aux États-Unis également, plusieurs États ont instauré des autorisations d’exercer restreintes. L’État de New York et le Massachusetts a accordé une autorisation restreinte aux diplômés de médecine en mobilité internationale, en exigeant une formation d’un an au lieu de trois dans l’État de New York et de deux ans dans le Massachusetts. Pour les médecins agréés à l’étranger, l’État du New Jersey a établi une voie d’accès à une autorisation d’exercer temporaire d’urgence. Au Canada, la province de l’Ontario a autorisé les diplômés de médecine en mobilité internationale qui avaient soit réussi leurs examens pour exercer au Canada, soit obtenu leur diplôme dans les deux années précédentes, à demander un « permis temporaire de pratique » valide 30 jours.
Il s’agissait de mesures temporaires dans de nombreux cas, mais la pandémie n’en a pas moins fait ressortir la nécessité d’assouplir et de rendre plus réactifs les cadres qui régissent l’octroi d’autorisations d’exercer aux professionnels de santé immigrés. Certains pays et territoires ont depuis envisagé de rendre ces changements permanents. Aux États-Unis, par exemple, le Tennessee a créé une voie permanente pour les médecins formés à l’étranger en supprimant l’exigence d’un internat aux États-Unis et en la remplaçant par une période obligatoire d’exercice sous supervision de deux ans. Au total, 11 États américains ont pris des mesures comparables pour faciliter l’intégration de professionnels formés à l’étranger dans leurs effectifs de santé (Encadré 5.15). Ces nouvelles voies, souvent à l’initiative des employeurs et demandant une période d’exercice sous supervision, ont pour but d’évaluer les compétences cliniques tout en assurant la sécurité des patients. Quelques États, comme le Colorado, proposent désormais une autorisation d’exercer définitive et permanente par ces voies, signe d’un virage en faveur de modèles d’autorisation d’exercer plus inclusifs et plus durables.
Pour remédier à la pénurie de médecins qui sévit de longue date en Espagne, estimée à près de 6 000 dans le bilan 2024 du ministère de la Santé (Barber et López-Valcárcel, 2024[33]), le pays a accueilli le troisième plus grand nombre de médecins formés à l’étranger dans un État membre de l’OCDE, après le Royaume‑Uni et les États-Unis. Entre 2003 et 2023, l’Espagne a admis 92 000 médecins formés à l’étranger. Huit à neuf sur dix d’entre eux ont obtenu leur premier diplôme dans l’un de dix pays d’Amérique du Sud ou centrale, l’Argentine, la Colombie et le Venezuela représentant à eux seuls près de la moitié du total (Graphique 5.21). Le cas de l’Espagne est un exemple classique de l’influence de la langue sur les schémas migratoires (WHO 2023).
Les admissions de médecins formés à l’étranger ont atteint un pic juste avant la crise financière mondiale de 2008, puis elles ont fortement diminué pendant la période d’assainissement budgétaire à la suite de la crise de la dette souveraine, avant de remonter à partir de 2016. Après une brève baisse au début de la pandémie de COVID‑19, elles ont atteint un nouveau record en 2023, et ce malgré le renforcement concomitant des capacités de formation du pays. Les admissions annuelles dans les écoles de médecine espagnoles ont presque doublé, passant de 4 300 pour l’année universitaire 2003/04 à 8 300 en 2023/24. Les médecins formés à l’étranger demeurent néanmoins essentiels pour le système de santé. Pendant les dix premiers mois de 2023, le ministère de la Santé a approuvé 8 585 demandes de reconnaissance de diplômes médicaux obtenus hors de l’UE, soit plus que les 8 550 places d’internes disponibles et 36 % de plus que le nombre de diplômés en médecine espagnols enregistré l’année précédente.
Si la langue et la proximité culturelle sont des facteurs d’attraction évidents, les politiques nationales sont venues les amplifier. Un décret royal prononcé en 2014 a codifié une procédure d’agrément (homologación) fondée principalement sur les justificatifs documentaires des diplômes médicaux obtenus hors de l’UE, et un décret de 2022 a instauré un portail électronique et un délai légal de six mois, réduisant ainsi sensiblement les retards administratifs (Ministère de la Science, 2025[34]). La ratification par l’Espagne de la Convention Andrés Bello en 1996, ainsi que son adhésion en 2009 à la convention ibéro‑américaine sur la reconnaissance des diplômes, de plus grande portée, ont débouché sur des procédures simplifiées de validation des diplômes médicaux de 22 pays hispanophones et lusophones.
Durant l’expansion de 2000‑2015, des milliers de médecins latino‑américains ont ainsi pu obtenir une équivalence espagnole de leurs diplômes plus facilement que les candidats d’autres pays tiers. Plus récente, l’autorisation d’exercer temporaire « d’urgence », mise en œuvre au plus fort de la crise du COVID‑19, permet aux régions d’employer des médecins de pays non membres de l’UE (et des diplômés espagnols non encore agréés dans leur spécialité) inscrits sur un registre provisoire en attendant d’être agréés. Cette mesure s’est montrée efficace au lendemain de la pandémie, en particulier pour la médecine de famille et la pédiatrie, deux spécialités dans lesquelles le nombre de postes d’internes excédait la demande locale. Elle a depuis été à nouveau autorisée en vertu de décrets successifs et des régions comme Madrid et Valence l’activent chaque fois qu’elles se trouvent en situation de manque de personnel. Parallèlement, plusieurs communautés autonomes, notamment Madrid, Valence et le Pays basque, ont engagé des initiatives de recrutement ciblé en Amérique latine.
Malgré ces efforts récents, le « gaspillage de cerveaux » dans les effectifs de santé de l’Espagne reste une constante. Une étude menée par l’organisation Lighthouse Reports à partir des données de l’EFT‑UE (Braun et al., 2024[35]) révèle que 34 % des professionnels de santé immigrés diplômés de l’enseignement supérieur sont en situation de déclassement professionnel, à comparer avec 24 % seulement de leurs homologues nés en Espagne. Qui plus est, le taux de chômage des professionnels de santé immigrés ayant un niveau d’éducation élevé s’établit à 10 % contre 6 % seulement d’Espagnols.
Le problème est particulièrement grave en ce qui concerne les médecins. Bien que l’Espagne ait reconnu plus de 8 500 diplômes médicaux délivrés dans des pays tiers dans les dix premiers mois de 2023, soit plus que dans chacune des années complètes précédentes, elle n’a approuvé que 167 demandes de titre de spécialiste. Les 13 000 autres demandes déposées en 2023 sont encore en attente d’une décision. Par conséquent, un grand nombre de médecins formés à l’étranger ne peuvent pas exercer à un niveau correspondant à leur formation, ce qui ne fait qu’exacerber la sous-utilisation de leurs compétences.
Face au nombre croissant de réfugiés qualifiés dans des professions de santé, au cours des cinq dernières années, plus de 12 pays de l’OCDE ont pris des mesures ciblées pour faciliter leur intégration dans les effectifs de santé et remédier à certains obstacles : documents manquants, maîtrise insuffisante de la langue du pays d’accueil, études ou internats incomplets, ou inactivité professionnelle prolongée à cause du déplacement. Particulièrement répandues dans les pays de l’OCDE membres de l’UE, dont la France, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne, la Suisse et la Tchéquie, ces mesures ont également été adoptées en Australie, en Colombie et au Mexique. Dans ces deux derniers pays, les autorités ont mis en œuvre des mécanismes accélérés de reconnaissance des professionnels de santé réfugiés et des demandeurs d’asile qualifiés et expérimentés pour combler les déficits liés au COVID‑19 dans le secteur sanitaire.
En Europe, bon nombre d’évolutions ont été en rapport avec la crise des déplacés ukrainiens causée par l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie : près de 5 millions d’Ukrainiens déplacés vers des pays de l’OCDE, dont la majorité est restée en Europe. Un grand nombre d’entre eux avaient un niveau d’éducation élevé et possédaient une expérience professionnelle dans le secteur de la santé. Cette situation a incité les pays d’accueil à faciliter leur intégration professionnelle à un niveau correspondant à leurs compétences, notamment en améliorant les procédures de reconnaissance pour les Ukrainiens et pour d’autres réfugiés (OCDE, 2023[36] ; JRS France, 2025[37]).
Plusieurs pays de l’OCDE, en particulier d’Europe centrale et orientale, ont pris des mesures permettant l’octroi d’une autorisation d’exercer temporaire ou conditionnelle afin de faciliter l’intégration rapide des professionnels de santé ukrainiens. Ces dispositifs autorisaient les personnes qualifiées à exercer sous supervision ou dans des conditions particulières tout en engageant la procédure formelle de reconnaissance. En Hongrie, un décret gouvernemental a simplifié l’accès au secteur de la santé pour les professionnels formés en Ukraine et les citoyens hongrois arrivant d’Ukraine. Les personnes qualifiées ont ainsi pu commencer à exercer sous supervision sans reconnaissance définitive de leurs qualifications, à condition qu’elles engagent la procédure de reconnaissance. D’autres mesures de facilitation ont été prises, notamment l’annulation des frais pour les dossiers déposés avant 2023 et les dérogations en cas de documentation manquante. La Pologne a elle aussi mis en œuvre une procédure simplifiée pour les médecins, dentistes, infirmiers et sages-femmes ukrainiens, en les autorisant à exercer pendant un maximum de cinq ans sans certification de leurs diplômes ni examen formel. Le ministère de la Santé a accordé des autorisations temporaires, sous certaines conditions fixées par les ordres professionnels. De même, la Lettonie a accordé aux praticiens, pharmaciens et auxiliaires de pharmacie ukrainiens des autorisations d’exercer de cinq ans, c’est-à-dire valides plus longtemps que celles généralement délivrées aux professionnels de santé formés à l’étranger.
Quelques pays ont mis en place des solutions pour les étudiants ukrainiens dans les filières de la santé qui avaient dû fuir à différents stades de leurs études. Au lieu d’exiger qu’ils reprennent leurs études depuis le début, les Pays-Bas ont proposé une formation supplémentaire dans des établissements de l’enseignement supérieur néerlandais, sanctionnée par des crédits comptant pour leur diplôme ukrainien. Ces crédits pouvaient être transférés aux universités ukrainiennes, permettant ainsi aux étudiants de poursuivre leurs études.
Les mesures de facilitation n’ont pas toutes été limitées aux arrivées d’Ukrainiens et bon nombre d’entre elles concernaient également des groupes plus larges de professionnels de santé réfugiés. Au cours des dernières années, beaucoup ont cherché à améliorer l’accès aux possibilités de formation et à alléger le coût de la reconnaissance des qualifications. Ces efforts visaient à remédier, entre autres obstacles, au manque d’accès aux cours préparatoires, au manque de formations linguistiques et aux frais d’examen, qui empêchent souvent les réfugiés de réintégrer leurs professions.
En France, des dispositions particulières sont en place pour les titulaires de diplômes de médecin, dentiste, sage‑femme et pharmacien bénéficiaires d’une protection internationale ou apatrides. Ces personnes sont exemptées du système de quota qui limite le nombre de places disponibles aux épreuves annuelles de vérification des connaissances (EVC), la première étape de la procédure d’autorisation. Elles peuvent également, pendant qu’elles attendent leurs EVC, déposer une demande de certificat les autorisant à exercer à titre temporaire. Ce certificat, s’il leur est accordé par la direction générale de l’Autorité régionale de santé (ARS), leur permet de travailler dans un établissement de santé à titre temporaire, à condition de s’engager à passer les épreuves de vérification des connaissances.
L’Irlande a elle aussi pris des mesures pour aider un large éventail de professionnels de santé réfugiés à obtenir leur enregistrement professionnel et à accéder à l’emploi. En collaboration avec le Health Service Executive (HSE) et les ordres professionnels, le ministère de la Santé irlandais a alloué 1 million EUR en 2023 à la formation et aux frais d’enregistrement, et 200 000 EUR supplémentaires en 2024. Ces fonds ont été utilisés pour la formation linguistique et pour faciliter l’enregistrement professionnel, notamment en prenant en charge le coût des examens d’aptitude professionnelle pour les médecins et les dentistes. En supprimant les obstacles financiers et linguistiques, ces initiatives ont cherché à faciliter l’intégration dans les effectifs de santé et à faire en sorte que les professionnels réfugiés puissent contribuer efficacement au système national de santé.
Un autre exemple méritant d’être cité est celui du centre de formation des professionnels de santé réfugiés et demandeurs d’asile (REACHE – Refugee and Asylum Seekers Centre for Healthcare Professionals Education) au Royaume‑Uni, en activité depuis plus de 20 ans. Il accompagne les médecins, infirmiers et autres professionnels de santé réfugiés et demandeurs d’asile dans leurs démarches en proposant des cours de langue et des formations cliniques gratuits, un service de placements cliniques, et un service d’aide à l’obtention d’un premier emploi au sein du NHS pour les professionnels enregistrés.
Cette section s’intéresse aux procédures de reconnaissance des qualifications et d’autorisation d’exercer applicables aux professionnels de santé immigrés dans les pays suivants : Allemagne, États-Unis, France, Pologne, Royaume‑Uni, Suède et Tchéquie (Tableau 5.9). Ces pays ont été choisis pour illustrer différentes expériences : certains accueillent de longue date des professionnels de santé formés à l’étranger, d’autres sont des destinations plus récentes. Ils se distinguent également les uns des autres par l’ampleur des arrivées : les États-Unis sont le pays membre de l’OCDE qui accueille le plus grand nombre de professionnels de santé formés à l’étranger, tandis que le nombre d’arrivées en Pologne est relativement modeste. L’arrivée récente de professionnels ukrainiens déplacés en Pologne a néanmoins mis ces questions sur le devant de la scène. Le groupe de pays choisis comporte également des exemples de système fédéral pour illustrer comment les différents degrés de décentralisation entrent en jeu dans la forme que prennent les procédures de reconnaissance.
|
Médecins formés à l’étranger1 |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2022) : 54 958 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2022) : 99 000 |
Principaux pays d’origine : |
|
14.4 % de tous les médecins en exercice |
Syrie, Roumanie, Russie (2022) |
9.9 % de tous les infirmiers en exercice |
N/A |
|
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2022 : +457 % |
Évolution de l’effectif entre 2012 et 2022 : +98 % |
||
1. Dans l’encadré explicatif, les données relatives à la fois aux médecins et aux infirmiers en Allemagne concernent les citoyens étrangers et non pas nécessairement les professionnels de santé formés à l’étranger.
En Allemagne, les procédures de reconnaissance des études de médecine et de soins infirmiers suivent une structure générale, mais elles sont fragmentées entre les autorités régionales. Cela se traduit souvent par des délais de traitement des dossiers pouvant aller jusqu’à trois ans, sans compter la formation linguistique ou les mesures compensatoires. Des efforts sont néanmoins en cours pour harmoniser, simplifier et accélérer ces procédures dans l’ensemble des États fédéraux.
La procédure de reconnaissance applicable aux médecins et aux infirmiers formés en dehors de l’UE, de l’EEE et de la Suisse commence par une évaluation de l’équivalence des diplômes ainsi que des stages de troisième cycle ou des périodes d’exercice, par rapport aux niveaux allemands. Si les diplômes sont jugés pleinement équivalents et si toutes les autres conditions sont remplies (maîtrise de la langue, état de santé et dossier professionnel irréprochable), le candidat obtient l’autorisation d’exercer.
Dès la demande d’évaluation de l’équivalence, les candidats doivent faire preuve d’un niveau au moins intermédiaire de maîtrise de l’allemand. Pour obtenir l’autorisation d’exercer, les médecins doivent passer un examen d’allemand de niveau C1, généralement administré par l’Association médicale (Ärztekammer) régionale, comportant des épreuves orales et écrites. Le niveau de maîtrise requis des infirmiers est le niveau B2 conformément au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).
L’évaluation de l’équivalence est effectuée par les autorités compétentes au niveau de l’État fédéral. Les justificatifs à fournir sont déterminés par le Bundesländer et varient selon la région. Cependant, une fois la reconnaissance obtenue dans un État, elle est généralement valide pour les médecins généralistes et les infirmiers généraux dans l’ensemble du pays. L’autorité concernée dépend du lieu où le candidat entend exercer ainsi que de son pays d’origine, de ses études et de son expérience professionnelle récente. Les candidats peuvent obtenir des informations détaillées via l’outil de recherche sur la reconnaissance (anerkennung-in-deutschland.de), géré par l’Institut fédéral pour la formation professionnelle (BIBB – Bundesinstitut für Berufsbildung). Celui-ci propose également des services de conseil personnalisés (Encadré 5.11).
L’initiative ProRecognition propose aux médecins et aux infirmiers de certains pays (Algérie, Brésil, Chili, Colombie, Égypte, Équateur, Inde, Indonésie, Maroc, Pérou, Philippines, Tunisie, Türkiye et Venezuela) des informations et des conseils sur la procédure de reconnaissance en Allemagne. Les conseils sont dispensés dans la langue locale par les bureaux de la Chambre de commerce allemande à l’étranger (AHK – Auslandshandelskammern). L’initiative est organisée et financée par le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF – Bundesministerium für Bildung und Forschung) et par l’association des chambres de commerce et d’industrie allemandes (IHK – Deutsche Industrie‑ und Handelskammer).
Les candidats de tous les pays peuvent obtenir des conseils via le service Arbeiten und Leben in Deutschland Hotline (travailler et vivre en Allemagne) assuré par le Bureau fédéral des migrations et des réfugiés (BAMF – Bundesamt für Migration und Flüchtlinge) et l’Agence fédérale de l’emploi (BA – Bundesagentur für Arbeit). Ce service fonctionne par téléphone ou par courrier électronique. Les médecins et les infirmiers hors d’Allemagne peuvent également obtenir un guide pratique de la procédure de reconnaissance auprès du Centre de services pour la reconnaissance professionnelle (ZSBA – Zentrale Servicestelle Berufsanerkennung), géré par l’Agence fédérale de l’emploi.
Par souci de cohérence et d’efficacité, le bureau pour l’évaluation des professions de santé (GfG – Gutachtenstelle für Gesundheitsberufe) à la Conférence permanente des ministres de l’Éducation et des Affaires culturelles (KMK – Ständige Konferenz der Kultusminister der Länder) élabore actuellement des normes fédérales. L’une des principales initiatives est une base de données de rapports d’experts sur les qualifications étrangères, catégorisés par autorité de délivrance et période afin de mettre en évidence l’évolution de l’enseignement de la médecine et de la réglementation de l’exercice médical. Les États fédéraux demeurent cependant opposés à la centralisation totale de l’évaluation de l’équivalence.
Si l’évaluation de l’équivalence fait ressortir d’importantes différences, les candidats doivent se soumettre à des mesures supplémentaires avant d’obtenir la reconnaissance de leurs qualifications. Pour les médecins, il peut s’agir d’un test de connaissances (Kenntnisprüfung) ou d’un droit limité à l’exercice sous supervision pendant une période pouvant aller jusqu’à deux ans pour compenser le déficit d’expérience. Cela permet aux candidats de continuer de travailler en attendant la reconnaissance de leurs diplômes. Les infirmiers, outre un test de connaissances, peuvent avoir à effectuer un stage d’adaptation et à suivre une formation théorique supplémentaire.
L’examen des possibilités de simplification et d’accélération des procédures de reconnaissance et d’autorisation est en cours. Une initiative législative fédérale présentée en juillet 2024 (Bundesrats-Entschließungsantrag) propose de contourner l’évaluation de l’équivalence et d’autoriser les candidats à passer directement au test de connaissances. Elle préconise également de rendre obligatoire le dépôt des candidatures en ligne dans tout le pays. La loi sur le renforcement des études en soins infirmiers (Pflegestudiumsstärkungsgesetz), en vigueur depuis décembre 2023, oblige à harmoniser la procédure de reconnaissance et ouvre la possibilité d’adopter des réglementations qui permettraient aux infirmiers également de passer directement le test de connaissances ou d’effectuer un stage d’adaptation sans l’évaluation de l’équivalence. Les délais de reconnaissance des qualifications seraient ainsi sensiblement réduits. Des dispositifs de facilitation ont également été mis en place dans le contexte de l’aide aux Ukrainiens déplacés (Encadré 5.12).
Quelques mesures pratiques ont déjà été prises par le biais de programmes ciblés. Par exemple, les procédures applicables au personnel infirmier ont été accélérées et simplifiées au moyen du programme INGA Pflege (INGA Care) : une période d’adaptation pour le personnel infirmier immigré combinant l’accompagnement dans les démarches pour la reconnaissance des qualifications et l’exercice professionnel sous supervision, la familiarisation avec le système de santé allemand et des cours de langue. Initialement conçu pour le personnel infirmier originaire des Philippines, il a été étendu aux professionnels d’un plus large éventail de pays. Un guide pratique en ligne a également été créé pour équiper les hôpitaux et les établissements de soins des outils et des ressources nécessaires pour faciliter l’insertion professionnelle des infirmiers immigrés dans le secteur de la santé.
Les médecins qui ont déjà obtenu une autorisation d’exercer en Allemagne peuvent demander la reconnaissance de leur spécialité. L’autorité compétente en matière de reconnaissance des spécialistes n’est pas toujours celle qui délivre les autorisations, même dans le même État fédéral. En raison de variations régionales, un titre de spécialiste reconnu dans un État ne l’est pas toujours dans un autre. Par souci d’harmonisation, l’Association médicale allemande (Bundesärztekammer) instaure un cadre réglementaire (Musterweiterbildungsordnung), mais celui-ci n’est pas contraignant et formule des principes directeurs uniquement.
Les médecins dont le titre de spécialiste a déjà été reconnu dans un pays de l’UE/EEE ou en Suisse, et qui ont exercé pendant au moins trois ans dans ce pays, peuvent obtenir la reconnaissance de leur spécialité en Allemagne en vertu de la Directive 2005/36/CE, même si ladite spécialité n’est pas couverte par la réglementation de l’État fédéral allemand.
Pour le personnel infirmier, la carte professionnelle européenne (CPE), entrée en vigueur en 2013, permet aux infirmiers généraux d’obtenir la reconnaissance de leurs qualifications dans les pays de l’UE, de l’EEE et en Suisse sans avoir à se soumettre à nouveau à toute la procédure. Il en est de même pour le personnel infirmier formé dans un pays tiers, à condition que les qualifications aient déjà été reconnues dans un pays de l’UE, de l’EEE ou en Suisse et que l’intéressé y ait exercé pendant au moins trois ans.
|
|
Allemagne |
États-Unis |
France |
Pologne |
Royaume‑Uni |
Suède |
Tchéquie |
|||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
|
M |
I |
M |
I |
M |
I |
M |
I |
M |
I |
M |
I |
M |
I |
|
Exigences linguistiques (équivalent CECR) |
C1 |
B2 |
C1 |
B2–C1 selon l’État |
B2 |
B2 |
Non spécifié |
Non spécifié |
C1 |
C1 |
C1 |
C1 |
Non spécifié |
Non spécifié |
|
Reconnaissance automatique des diplômes médicaux et infirmiers avec certains pays |
Oui¹ |
Oui¹ |
Non |
Non |
Oui¹ (incl. Québec) |
Oui¹ (incl. Québec) |
Oui¹ |
Oui¹ |
Oui¹ (incl. certains pays du Commonwealth et anglophones) |
Oui¹ |
Oui¹ |
Oui¹ |
Oui¹ (incl. ex-URSS jusqu’en 2000) |
Oui¹ (incl. ex-URSS jusqu’en 2000) |
|
Travail supervisé autorisé avant reconnaissance des diplômes (hors formation obligatoire) |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Non |
Oui² |
Oui² |
Non |
Non |
Non |
Non |
Oui² |
Oui² |
|
Travail supervisé autorisé avant autorisation complète d’exercice (hors formation obligatoire) |
Oui |
Oui |
Variable selon l’État |
Variable selon l’État |
Oui² |
Oui² |
Oui² |
Oui² |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Oui² |
Oui² |
|
Reconnaissance des stages ou formations postuniversitaires antérieurs |
Oui |
Oui |
Variable selon l’État |
Variable selon l’État |
Non |
Non |
Oui |
Non |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Non |
|
Examen écrit requis pour l’autorisation d’exercice |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Oui |
Oui |
Oui³ |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
|
Conditions de reconnaissance simplifiées dans le cadre de la libre circulation |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Non |
Oui⁴ |
Non |
Non |
Non |
Non |
Non |
Non |
Non |
Non |
|
Mesures spéciales pour les Ukrainiens déplacés |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Non |
Oui |
Oui |
1. Reconnaissance automatique des diplômes de médecine et de soins infirmiers de l’UE, de l’EEE et de la Suisse.
2. Principalement dans le contexte de mesures spéciales concernant des groupes d’immigrés particuliers (ex. les déplacés ukrainiens).
3. Exigé dans la plupart des cas, sauf pour les médecins ayant réussi un examen d’autorisation d’exercer en Australie, au Canada ou aux États-Unis, considéré comme un examen étranger acceptable.
4. Les diplômes de soins infirmiers de pays tiers ne sont généralement pas reconnus en France, mais une évaluation d’équivalence est effectuée pour ceux qui ont été précédemment reconnus dans l’UE, l’EEE ou en Suisse.
Un bon nombre de candidats ukrainiens à la reconnaissance des qualifications en Allemagne ont achevé la partie théorique de leurs études de médecine en Ukraine, mais la partie pratique (Клінічна ординатура; Інтернатура) est incomplète. Diverses initiatives ont été proposées pour leur permettre de terminer leur formation en Allemagne et d’obtenir une autorisation d’exercer sans avoir à rentrer en Ukraine.
L’une de ces propositions suggérait une année d’exercice sous supervision en Allemagne, l’intention étant que les autorités ukrainiennes reconnaîtraient cette période comme l’équivalent de la formation pratique manquante. Cela aurait permis aux diplômés d’obtenir le titre de médecins en Ukraine et de remplir ainsi le critère imposé aux candidats à la reconnaissance en Allemagne, à savoir avoir le droit d’exercer dans leur pays de formation. Aucun accord n’a cependant été conclu avec le gouvernement ukrainien.
La législation allemande actuelle ouvre une voie permettant à ces étudiants d’achever leur formation en Allemagne et d’obtenir l’autorisation d’exercer. Le mécanisme en question s’appuie sur deux éléments clés :
L’article 10 de la loi fédérale relative aux praticiens médicaux (BÄO – Bundesärzteordnung, ) prévoit l’exercice sous supervision (Berufserlaubnis) si celui-ci est nécessaire pour achever le parcours d’études de médecine.
Une décision du tribunal administratif (Verwaltungsgericht) de Brême a confirmé qu’un candidat peut obtenir l’autorisation d’exercer en Allemagne si ses études de médecine sont jugées équivalentes aux études de médecine allemandes, ou s’il a achevé ses études, c’est-à-dire la partie théorique et la partie pratique.
Ainsi, si la formation théorique ukrainienne – éventuellement accompagnée de mesures compensatoires – combinée avec une partie pratique en Allemagne est jugée équivalente aux études de médecine allemandes, l’autorité compétente allemande dispose d’une base légale pour délivrer l’autorisation d’exercer.
Une autre initiative propose de modifier la législation pour permettre aux étudiants ukrainiens d’effectuer la partie pratique des études de médecine allemandes sans refaire la partie théorique. De telles réformes nécessitent cependant de modifier les réglementations fédérales en matière d’autorisation d’exercice (Approbationsordnung), d’où la faible probabilité d’une mise en œuvre avant 2027.
|
Médecins nés à l’étranger1 |
Infirmiers nés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2020/21) : 291 184 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2020/21) : 736 181 |
Principaux pays d’origine : |
|
29.7 % de tous les médecins en exercice |
Chine, Inde, Pakistan |
17 % de tous infirmiers en exercice |
Inde, Mexique, Philippines |
|
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2021 : +48 % |
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2022 : +119 % |
||
1. Les données des États-Unis dans l’encadré explicatif concernent les individus nés à l’étranger et pas nécessairement les professionnels formés à l’étranger.
La reconnaissance des qualifications médicales aux États-Unis est complexe, les procédures d’autorisation d’exercer étant régies par les lois et réglementations de chaque État individuel. Les titulaires d’un diplôme de médecine étranger (IMG – International Medical Graduate) doivent obtenir une certification auprès de la Commission de l’éducation pour les diplômés de médecine étrangers (ECFMG – Educational Commission for Foreign Medical Graduates) avant d’intégrer le système de santé des États-Unis. Les IMG sont eux qui ont obtenu leurs diplômes médicaux en dehors des États-Unis et du Canada, mais les diplômés d’écoles de médecine canadiennes seront également classés avec les IMG à compter du 1er juillet 2025, pour l’admission aux programmes d’internat accrédités par le Conseil d’accréditation des programmes de formation médicale post-licence (ACGME – Accreditation Council for Graduate Medical Education) en raison d’un changement concernant les organismes d’accréditation (ECFMG, 2024[39]).
Pour être certifiés par l’ECFMG, les titulaires d’un diplôme de médecine étranger doivent satisfaire plusieurs conditions. L’établissement de délivrance de leurs diplômes doit être répertorié dans l’Annuaire mondial des écoles de médecine, avec une note de l’ECFMG indiquant que ses étudiants et diplômés sont admissibles à la certification. Les étudiants d’une école qui n’est pas répertoriée ne sont pas admissibles. Les IMG doivent également réussir les deux premières étapes de l’examen d’autorisation d’exercer aux États-Unis (USMLE – United States Medical Licensing Examination). Celui-ci évalue l’aptitude d’un médecin à appliquer ses connaissances médicales et ses compétences cliniques pour soigner ses patients.
En trois parties, l’USMLE est obligatoire pour tous les médecins souhaitant obtenir une autorisation d’exercer aux États-Unis, y compris ceux qui ont obtenu leur diplôme aux États-Unis. La première partie est un examen sous forme de questionnaire à choix multiple qui évalue les connaissances médicales fondamentales dans des scénarios cliniques. La deuxième partie est elle‑même en deux parties : un questionnaire à choix multiple (CK – Clinical Knowledge) qui évalue les connaissances médicales fondamentales et un examen pratique (CS – Clinical Skills) qui évalue les compétences d’interaction avec les patients, d’examen physique et de communication. La troisième partie est un questionnaire à choix multiple sur l’exercice indépendant de la médecine, qui met l’accent sur la gestion des patients dans un contexte ambulatoire. Cette partie est passée en dernier, car les IMG doivent préalablement être certifiés par l’ECFMG.
Une fois certifiés, les IMG peuvent postuler pour un internat en hôpital, dont la durée peut aller de trois à huit ans selon la spécialité. La concurrence est très forte étant donné que les IMG et les diplômés américains se disputent les mêmes postes. Les candidatures sont déposées l’automne de l’année précédant la date de début de l’internat. Il existe plus de 8 000 programmes d’internat aux États-Unis et la sélection se fait à la seule discrétion de la direction de chaque programme, ce qui signifie qu’il n’y a pas de critères nationaux d’admission.
Tous les diplômés de médecine, qu’ils soient formés aux États-Unis ou à l’étranger, doivent faire une demande d’autorisation d’exercer pour l’État concerné. Bien qu’il y ait 50 États, les autorités de délivrance des autorisations d’exercer sont environ 70 du fait que certains États ont des autorités distinctes pour les médecins et pour les ostéopathes, tandis que d’autres en ont une seule. Chaque autorité impose ses propres conditions. Ces quelques dernières années, plusieurs États ont mis en œuvre de nouvelles dispositions concernant les moyens ouverts aux IMG pour obtenir une autorisation d’exercer. Depuis le début de 2025, 11 États ont adopté des lois qui n’exigent pas que les IMG effectuent un internat aux États-Unis pour obtenir une autorisation d’exercer la médecine (Encadré 5.15).
Comme dans le cas des médecins, les conditions d’obtention d’une autorisation d’exercer pour les infirmiers varient en fonction de l’État, ce qui rend le processus complexe pour les titulaires de diplômes étrangers. En règle générale, la procédure d’obtention d’une autorisation d’exercer pour les infirmiers est structurée en plusieurs étapes. La première nécessite de contacter une agence d’évaluation. La Commission sur les diplômés en soins infirmiers étrangers (CGFNS – Commission on Graduates of Foreign Nursing Schools) est le principal prestataire de services d’évaluation des qualifications des infirmiers formés à l’étranger ; tous les États utilisent au moins un de ses produits d’évaluation. Pour élargir l’éventail des options offertes aux candidats, certains États ont commencé à autoriser d’autres organismes d’évaluation. En 2023, par exemple, la Virginie exige que son ordre des infirmiers approuve plusieurs organismes d’évaluation des qualifications. La CGFNS ou un autre organisme d’évaluation présélectionne généralement les infirmiers formés à l’étranger en évaluant leur formation, les conditions d’autorisation d’exercer dans leurs pays d’origine, leur maîtrise de l’anglais et leurs résultats à un examen qui indique leurs chances de réussir l’examen national sanctionné par l’autorisation d’exercer (NCLEX – National Council Licensure Examination).
La deuxième étape demande de satisfaire des conditions supplémentaires propres à chaque État si cela est approprié, et de passer le NCLEX, reconnu à l’échelle nationale et exigé pour obtenir l’autorisation d’exercer en tant qu’infirmier agréé (NCLEX-RN) ou aide‑soignant agréé (NCLEX-PN). L’examen est élaboré et géré par le Conseil national des ordres des infirmiers (NCSBN – National Council of State Boards of Nursing) et les ordres des infirmiers des différents États utilisent les résultats au NCLEX pour décider d’octroyer ou non une autorisation d’exercer.
Plusieurs États ont engagé des réformes pour faciliter l’obtention d’une autorisation d’exercer pour le personnel infirmier formé à l’étranger. En 2018, la Géorgie a autorisé son Ordre des infirmiers à considérer les programmes de formation étrangers comme équivalents à ceux des États-Unis s’ils n’étaient pas jugés moins rigoureux. L’Alabama permet la délivrance d’une autorisation d’exercer si un organisme indépendant compétent établit que la formation à l’étranger est comparable à un programme approuvé par l’Ordre des infirmiers. En 2022, le Kentucky a instauré les permis de travail temporaire pour les infirmiers formés à l’étranger souhaitant obtenir une autorisation d’exercer sur avis favorable (licensure by endorsement), en s’appuyant sur les mesures temporaires mises en œuvre pendant la pandémie de COVID‑19. La même année, Hawaï a adopté une législation autorisant les infirmiers formés à l’étranger à obtenir une autorisation temporaire sur avis favorable à condition que la formation corresponde aux normes en vigueur à Hawaï au moment de l’obtention du diplôme et qu’un emploi ait été trouvé auprès d’un employeur à Hawaï.
Les États proposent de longue date d’autres voies d’obtention d’une autorisation d’exercice pour les médecins, notamment la voie universitaire (academic licensing), les nominations par le corps enseignant, et les autorisations en reconnaissance d’un service exceptionnel. Récemment, de nouvelles voies ont fait leur apparition qui permettent aux IMG d’obtenir une autorisation par le biais d’une évaluation par des employeurs médicaux agréés. Ces réformes exigent généralement que les candidats aient déjà obtenu une autorisation d’exercer à l’étranger, qu’ils soient certifiés par l’ECFMG (Educational Commission for Foreign Medical Graduates), qu’ils réussissent tous les éléments de l’examen national (USMLE – United States Medical Licensing Examination) et qu’ils obtiennent un emploi auprès d’une entité qui prendra en charge leur supervision et l’évaluation de leurs compétences cliniques. De nombreux États exigent également que les IMG exercent dans des zones rurales ou en manque de personnel pendant une période fixe à la suite de leur évaluation.
L’État de Washington est le premier à avoir mis en œuvre ce type de voie avec la mesure SB 1 129 en 2021. La loi accorde une autorisation limitée à deux ans, renouvelable une fois, aux IMG nommés par le chef des services médicaux d’un établissement médical agréé. Les candidats doivent avoir résidé dans l’État de Washington pendant au moins un an, être certifiés par l’ECMFG, avoir réussi l’USMLE, se soumettre à un contrôle des antécédents, exercer sous la supervision d’un médecin titulaire et signer un accord avec leur employeur. La définition générale d’un établissement médical agréé dans l’État de Washington englobe les hôpitaux, les services publics et les cabinets médicaux multiprofessionnels. Cette voie ne mène toutefois pas à une autorisation d’exercer sans restrictions.
Le Colorado a adopté une approche différente en 2022 avec la mesure HB 22‑1050 permettant aux IMG d’obtenir une autorisation de réintégration de la profession s’ils sont titulaires d’une autorisation d’exercice médical valide ou expirée et satisfont toutes les autres conditions. La législation autorise également un modèle d’évaluation des compétences des candidats, dont les critères ont été fixés par l’Ordre des médecins. Contrairement au modèle de l’État de Washington, celui du Colorado permet d’obtenir une autorisation définitive sans période provisoire.
À la fin de 2023, le Tennessee, l’Illinois et l’Idaho ont également mis en œuvre d’autres voies d’obtention d’une autorisation d’exercice, suivis par la Virginie, le Wisconsin, la Floride, l’Iowa, la Louisiane et le Massachusetts en 2024. Ces réformes, qui avaient pour but de créer une procédure plus équitable pour les IMG, ont déclenché un débat national. D’autres États devraient mettre ce type de législation en œuvre en 2025.
À la fin de 2023, la Fédération des ordres des médecins des États (FSMB – Federation of State Medical Boards), Inhealth et l’ACGME ont instauré une commission consultative sur les modèles d’autorisation d’exercice supplémentaires. Elle s’est réunie à quatre reprises en 2024 et a émis neuf recommandations pour normaliser ces autres modèles tout en assurant la sécurité des patients.
|
Médecins formés à l’étranger |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2022) : 27 652 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2021) : 19 876 |
Principaux pays d’origine : |
|
12.7 % de tous les médecins en exercice |
Algérie, Belgique, Roumanie (2022) |
3.1 % de tous les infirmiers en exercice |
Belgique, Espagne, Portugal (2021) |
|
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2022 : +255 % |
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2021 : +214 % |
||
En France, les médecins formés en dehors de l’UE, de l’EEE ou de la Suisse doivent passer les épreuves de vérification de connaissances (EVC) et suivre un parcours de consolidation des compétences de deux ans pour obtenir le droit d’exercer. Il n’y a pas d’évaluation formelle de l’équivalence d’une formation médicale ou de troisième cycle à l’étranger et les titres de spécialistes de pays tiers ne sont pas reconnus.
Les épreuves de vérification de connaissances sont propres à chaque spécialité, ce qui permet aux candidats de choisir l’une ou l’autre des spécialités médicales répertoriées en France indépendamment de leur spécialisation antérieure. Les candidats doivent préalablement s’inscrire auprès du Centre national de gestion (CNG) et déposer leur demande auprès d’une agence régionale de santé (ARS). Les documents demandés sont les justificatifs d’études de médecine, un certificat de compétence linguistique en français de niveau B2 (TCF-TEF ou DELF), et des traductions assermentées si nécessaire. Les EVC consistent en deux examens d’évaluation des connaissances théoriques et pratiques, organisés en une session par an. Les candidats peuvent se présenter à ces épreuves un maximum de quatre fois.
Les candidats admis aux EVC sont affectés à un nombre limité de places pour le parcours de consolidation des compétences (PCC) de deux ans, c’est-à-dire une période d’exercice sous supervision. Les affectations sont sélectives et les candidats ayant obtenu les meilleures notes aux EVC ont les meilleures chances d’obtenir une place. À l’issue du parcours, un comité de spécialistes évalue les résultats des candidats. Une prolongation peut être accordée en cas d’évaluation défavorable. Une évaluation favorable permet aux candidats de déposer une demande d’autorisation d’exercice auprès de la Commission d’autorisation d’exercice (CAE). Une fois cette autorisation obtenue, le médecin doit être enregistré au Conseil national de l’Ordre des médecins sur demande auprès du conseil du département dans lequel il entend exercer.
Contrairement aux diplômes de médecine, les diplômes de soins infirmiers de pays tiers ne sont généralement pas reconnus en France et les infirmiers formés à l’étranger doivent refaire leur formation en France. Les diplômes de soins infirmiers obtenus dans un pays de l’UE et au Québec sont la seule exception et sont automatiquement reconnus.
D’autre part, l’article L4 311‑4 du Code de la santé publique stipule qu’un candidat titulaire d’un titre de formation en soins infirmiers d’un pays tiers déjà reconnu par un pays de l’UE, de l’EEE ou par la Suisse, peut en demander la reconnaissance par une association professionnelle régionale compétente, à condition que l’intéressé soit également un ressortissant ou résident de longue durée d’un pays de l’UE, de l’EEE ou de la Suisse. Dans ce cas, une évaluation d’équivalence est effectuée en tenant compte de la formation initiale du candidat, de son expérience professionnelle et de toutes formations supplémentaires. Si l’évaluation révèle des différences substantielles, des mesures compensatoires peuvent être exigées, sous forme d’épreuve d’aptitude ou de stage d’adaptation d’une durée maximum de six mois. Une fois l’épreuve réussie ou le stage accompli, l’autorisation d’exercer en qualité d’infirmier chargé des soins généraux est accordée.
Pour alléger la charge, les infirmiers formés à l’étranger qui doivent refaire leur formation en France peuvent passer trois examens dits d’admissibilité (une épreuve écrite et deux épreuves orales/pratiques). Selon les résultats obtenus à l’examen, un jury et la direction de l’Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) déterminent de quels éléments du programme d’enseignement en soins infirmiers les candidats peuvent être exemptés, ce qui peut réduire la durée de la formation à refaire.
Depuis mars 2022, les médecins ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire peuvent demander le statut de praticien attaché associé, une autorisation temporaire d’exercice sous supervision. Pour leur part, les infirmiers ukrainiens peuvent demander une autorisation temporaire de travailler en tant qu’aides-soignants. Les demandes doivent être déposées auprès de l’Agence régionale de santé, accompagnées des justificatifs des études médicales, du statut de protection temporaire, et des compétences linguistiques (français ou anglais), ainsi que d’une offre d’emploi d’un établissement de santé agréé. Les exigences de justificatifs sont plus souples et les documents manquants peuvent être remplacés par une déclaration signée par l’intéressé. Dans le cas des médecins, les EVC doivent être passées dès que possible, mais elles ne sont pas exigées pour le concours menant au parcours de consolidation des compétences. Pour les infirmiers, cependant, il n’existe pas de voie spéciale de transition vers la reconnaissance professionnelle définitive en tant qu’infirmiers généraux en France.
|
Médecins formés à l’étranger |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2022) : 5 738 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2022) : 1 353 |
Principaux pays d’origine : |
|
3.8 % de tous les médecins en exercice |
Ukraine, Bélarus, Russie (2022) |
0.4 % de tous les infirmiers en exercice |
Ukraine, Bélarus, Lituanie (2022) |
|
Évolution de l’effectif entre 2010 et 2022 : +131 % |
|||
Les médecins formés à l’étranger qui souhaitent obtenir la reconnaissance de leurs qualifications en Pologne disposent de deux options : la validation des diplômes ou l’examen de vérification des connaissances médicales (LEW – Lekarski Egzamin Weryfikacyjny). La validation, effectuée par des écoles de médecine agréées, détermine si un diplôme étranger est équivalent à un diplôme polonais. La procédure prend généralement un maximum de 90 jours et peut déboucher sur la validation, le rejet ou l’imposition de mesures compensatoires sous forme d’examens ou de stages supplémentaires. Elle est généralement payante, mais des exemptions peuvent être accordées en fonction de la situation financière.
Les médecins justifiant d’au moins cinq années de formation médicale, qui sont habilités à exercer dans leur pays de qualification et parlent le polonais, ont également la possibilité de passer l’examen LEW. Deux sessions annuelles sont organisées par le Centre d’examens en médecine de Łódź (Centrum Egzaminów Medycznych) dans plusieurs vielles, exclusivement en polonais. Les candidats doivent remettre une copie certifiée conforme de leur diplôme, accompagnée d’une traduction en polonais. L’examen qui coûte actuellement environ 75 EUR et peut être passé plus d’une fois si nécessaire.
Les candidats dont le diplôme est validé ou qui sont admis à l’examen LEW doivent ensuite obtenir une autorisation d’exercer. Il leur faut pour cela effectuer un stage de troisième cycle d’un an et être admis à l’examen de fin d’études médicales (LEK – Lekarski Egzamin Końcowy). Cet examen de fin d’études, également administré par le Centre d’examens en médecine de Łódź, peut être passé en polonais ou en anglais, selon la langue des études médicales du candidat. Il est gratuit sauf s’il est passé en anglais ou repassé, auquel cas des frais d’environ 75 EUR sont à payer. Les médecins formés à l’étranger doivent aussi démontrer une maîtrise suffisante du polonais (le niveau B2 est conseillé), notamment en réussissant un examen de polonais administré par le Conseil des médias. Cet examen peut être passé sur demande et coûte environ 100 EUR.
La réglementation polonaise prévoit en outre la reconnaissance des stages de troisième cycle ou des périodes d’exercice à l’étranger, y compris dans des pays tiers. Les demandes sont déposées auprès du ministère de la Santé, qui évalue la documentation par l’intermédiaire du Centre pour la formation médicale post-licence (Centrum Medyczne Kształcenia Podyplomowego). Un panel d’experts se réunit au moins tous les trois mois et une décision est rendue dans les 14 jours. Si des différences substantielles sont observées, des mesures compensatoires peuvent être imposées.
La formation et l’exercice dans une spécialité dans des pays tiers peuvent eux aussi être reconnus. Les demandes sont déposées auprès du ministère de la Santé, mais les candidats doivent préalablement obtenir du Conseil médical polonais une autorisation d’exercer en Pologne. Si des différences observées ne peuvent pas être compensées par l’expérience professionnelle, une formation supplémentaire dans un établissement de soins désigné peut être exigée. Cette formation compensatoire ne peut pas dépasser trois ans.
La procédure est légèrement différente pour le personnel infirmier. Les qualifications en soins infirmiers de pays tiers sont reconnues exclusivement par la voie de la validation des diplômes. La décision, rendue sous 90 jours, peut déboucher sur la validation, le rejet ou des mesures compensatoires sous forme d’examens ou de stages supplémentaires. Des frais sont généralement imposés, mais des exemptions peuvent être accordées en fonction des besoins financiers. Pour obtenir l’autorisation d’exercer, les infirmiers formés à l’étranger doivent satisfaire deux conditions supplémentaires : parler le polonais et effectuer un stage d’adaptation de six mois dans un établissement de santé agréé.
Au cours des cinq dernières années, la Pologne a mis en œuvre des procédures simplifiées temporaires pour faciliter l’emploi de médecins et d’infirmiers formés à l’étranger, initialement en réaction au COVID‑19, puis à l’afflux de réfugiés ukrainiens. En 2020, pendant la pandémie, les réglementations ont été modifiées de manière à accélérer l’admission des professionnels de santé formés à l’étranger en leur permettant de contourner la procédure normale de reconnaissance des qualifications. Ils pouvaient, à la place, demander directement auprès du ministère de la Santé un droit d’exercer conditionnel (valide un maximum de cinq ans) ou une autorisation d’exercer limitée à certains services et employeurs (également pour un maximum de cinq ans).
Initialement, le droit d’exercer conditionnel limitait les médecins et les infirmiers à un exercice sous supervision dans des établissements de santé publics qui traitent les patients atteints du COVID‑19. Pour les spécialistes et les infirmiers justifiant d’au moins trois ans d’expérience, la période d’exercice sous supervision était de trois mois seulement. En avril 2022, les restrictions sur les types d’établissements de santé ont été levées, permettant aux bénéficiaires d’un droit conditionnel d’exercer dans n’importe quel établissement de santé à condition de notifier le ministère de la Santé des changements d’employeur. Les nouvelles demandes au titre de ce droit conditionnel ont cependant été elles aussi suspendues.
L’autorisation conditionnelle demeure disponible pour les spécialistes et les infirmiers expérimentés possédant une maîtrise suffisante du polonais, autoattestée. Ces professionnels doivent se soumettre à une période initiale de 12 mois sous supervision et peuvent exercer dans n’importe quel établissement proposant les spécialités concernées.
À l’expiration de ces autorisations temporaires, les médecins comme les infirmiers doivent se soumettre aux procédures normales de reconnaissance pour pouvoir continuer d’exercer en Pologne. L’expérience professionnelle acquise dans le secteur public en vertu de ces autorisations temporaires est néanmoins désormais prise en compte dans la procédure de reconnaissance.
En mars 2022, ces procédures simplifiées ont été étendues aux professionnels de santé ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire en Pologne. Contrairement aux médecins et aux infirmiers formés à l’étranger, les Ukrainiens pouvaient encore demander le droit d’exercer conditionnel après avril 2022. D’autre part, les spécialistes et les infirmiers expérimentés ukrainiens en mesure d’attester de compétences linguistiques en polonais peuvent demander des droits d’exercer restreints, disponibles aux Ukrainiens indépendamment de leur statut juridique depuis 2020. D’autres modifications autorisent les médecins ukrainiens à soigner exclusivement d’autres citoyens ukrainiens sous protection temporaire. Ceux qui bénéficient d’une autorisation d’exercer restreinte n’ont besoin d’aucune autre approbation pour exercer dans des établissements réservés aux patients ukrainiens.
Depuis le 24 octobre 2024, le ministère de la Santé n’accepte plus les demandes d’autorisation d’exercer conditionnelle, mais l’autorisation restreinte demeure disponible. D’ici à avril 2026, tous les médecins et infirmiers ukrainiens bénéficiant de ces mesures spéciales doivent passer un examen de polonais et faire preuve d’un niveau minimum B1 conformément au Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR).
En septembre 2024, environ 2 500 médecins bénéficiaient d’un droit d’exercer conditionnel, et 715 médecins exerçaient en vertu d’une autorisation restreinte, selon le Registre central des médecins.
|
Médecins formés à l’étranger |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2021) : 66 211 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2022) : 150 251 |
Principaux pays d’origine : |
|
31.9 % de tous les médecins en exercice |
Inde, Pakistan, Nigeria (2021) |
20.7 % de tous les infirmiers en exercice |
Inde, Nigeria, Philippines (2023) |
|
Évolution de l’effectif entre 2010 et 2022 : +43 % |
Évolution de l’effectif entre 2002 et 2022 : +276 % |
||
Au Royaume‑Uni, les médecins formés à l’étranger peuvent obtenir une autorisation d’exercer de plusieurs façons et la procédure de reconnaissance peut pendre entre trois mois et un an selon la trajectoire choisie. Toutes les demandes sont déposées en ligne auprès du Conseil général de la médecine (GMC – General Medical Council) et chaque étape, y compris l’enregistrement final avec autorisation d’exercer, est payante. Depuis janvier 2020, le Royaume‑Uni ne fait plus partie de l’UE/EEE, mais la reconnaissance automatique des qualifications obtenues dans un pays de l’UE, de l’EEE et en Suisse est maintenue.
Pour la majorité des médecins formés à l’étranger, la procédure commence par une évaluation de leur principale qualification médicale et de leur internat post-licence d’au moins 12 mois. Cette évaluation est exigée pour l’enregistrement indépendamment du pays de formation.
Les demandes d’évaluation de diplôme et d’internat doivent être soumises au GMC, accompagnées des justificatifs exigés. Au préalable, la Commission de l’éducation pour les diplômés en médecine étrangers (ECFMG – Educational Commission for Foreign Medical Graduates) vérifie les documents des candidats directement auprès de l’établissement de délivrance, généralement sous 90 jours (Primary Source Verification). En cas de documents manquants ou détruits, le GMC évalue les qualifications à partir d’autres justificatifs. Il détermine ensuite si les qualifications des candidats correspondent au niveau requis au Royaume‑Uni. Les décisions du GMC sont sans appel.
En ce qui concerne l’internat post-licence, le critère minimum est 12 mois d’exercice médical continu dans un hôpital public agréé. À défaut, deux années d’exercice sous supervision après obtention du diplôme peuvent être acceptées. Les candidats qui n’ont pas effectué d’internat peuvent demander un poste de formation dans le cadre d’un Foundation Programme au Royaume‑Uni. Cela nécessite toutefois un enregistrement provisoire, accordé uniquement sur réussite à l’examen du Conseil pour l’évaluation professionnelle et linguistique (PLAB – Professional and Linguistic Assessment Board) ou à un examen étranger équivalent accepté.
Les médecins qui n’ont pas suivi de formation de spécialiste doivent réussir l’examen du PLAB pour obtenir leur enregistrement définitif. Cet examen comporte deux parties. PLAB 1 est une épreuve écrite sous forme de questionnaire à choix multiples qui peut être passée dans plusieurs pays et au Royaume‑Uni. Quatre sessions sont organisées par an et elle peut être tentée un maximum de quatre fois. PLAB 2 est un examen clinique objectif structuré (ECOS) qui a lieu tout au long de l’année au centre d’évaluation clinique du GMC à Manchester. En raison de la forte demande, les candidats peuvent avoir à patienter un certain temps avant d’être convoqués. Les médecins qui réussissent les épreuves PLAB 1 et PLAB 2 peuvent prétendre à un enregistrement définitif avec autorisation d’exercer. Sont exemptées de ces épreuves les personnes qui ont réussi un examen d’autorisation d’exercer en Australie, au Canada ou aux États-Unis.
La voie du parrainage peut remplacer les épreuves du PLAB. Elle est ouverte aux médecins qui justifient d’au moins trois années d’exercice, dont les 12 derniers mois, et qui ont été sélectionnés pour une formation post-licence par un parrain agréé par le GMC. Il existe plus de 110 parrains agréés et les critères d’admission varient de l’un à l’autre. L’organisation qui parraine délivre un certificat (Sponsorship Registration Certificate) à joindre au dossier de demande d’enregistrement définitif auprès du GMC. Les médecins qui choisissent cette voie doivent en un premier temps exercer sous supervision dans un cabinet agréé, en attendant la validation.
Les médecins formés et expérimentés dans une spécialité peuvent choisir la voie « portefeuille » (Portfolio Pathway). Elle leur permet de demander l’enregistrement en tant que spécialiste ou généraliste en soumettant des justificatifs complets de leur formation et de leur exercice récent dans la spécialité concernée. La constitution d’un dossier complet étant une tâche colossale, les candidats disposent de 24 mois. Leur dossier est ensuite traité sous trois à six mois. En cas de réponse défavorable, les candidats peuvent faire appel dans les 28 jours ou fournir des preuves supplémentaires dans les 12 mois. Cette voie couvre 65 spécialités médicales et une option est prévue pour les spécialités atypiques. Outre la vérification des diplômes par l’ECFMG, les candidats doivent fournir des justificatifs vérifiés par des superviseurs médicaux ainsi que des références détaillées.
Certaines qualifications médicales obtenues dans quelques pays (Afrique du Sud, Australie, Bangladesh, Canada, États-Unis, Hong Kong, Malaisie, Nouvelle‑Zélande, Singapour et Sri Lanka) et aux Antilles, sont jugées être du même niveau que les qualifications post-licence au Royaume‑Uni et sont automatiquement reconnues (GMC, s.d.[38]). Les qualifications de la Société européenne de médecine intensive (ESICM – European Society of Intensive Care Medicine) sont elles aussi automatiquement reconnues. En vertu de la procédure relative aux qualifications de spécialité reconnues (Recognised Specialist Qualification) les qualifications dans cinq spécialités obtenues en Australie, au Canada et en Nouvelle‑Zélande sont automatiquement reconnues. Si la qualification date de moins de trois ans, seul le diplôme est requis. Au-delà de trois ans, les candidats doivent également fournir des justificatifs de leur exercice médical récent.
Les infirmiers généraux formés à l’étranger doivent obtenir la validation de leur diplôme auprès de l’Ordre des infirmiers et des sages-femmes (NMC – Nursing & Midwifery Council) et réussir une épreuve de compétence pour être enregistrés et obtenir le droit de travailler au Royaume‑Uni. Le Royaume‑Uni reconnaît encore automatiquement les qualifications en soins infirmiers obtenues dans un pays de l’UE, de l’EEE et en Suisse. La procédure d’enregistrement consiste en une demande d’admissibilité et de qualification, une épreuve de compétence et la demande d’enregistrement définitif. Au premier stade, le NMC valide l’identité et la formation des candidats, vérifie l’authenticité des diplômes auprès de l’établissement de délivrance, et confirme si les qualifications permettent aux candidats d’exercer en qualité d’infirmiers généraux dans le pays d’obtention du diplôme. Les réfugiés doivent suivre la même procédure, mais d’autres justificatifs peuvent être acceptés s’ils ne sont pas en mesure de fournir les documents requis.
Si la réponse du NMC est favorable, les candidats peuvent passer l’épreuve de compétence en deux parties : un examen sur ordinateur et l’ECOS, dans l’ordre de leur choix. Le premier, qui évalue les capacités en calcul et les connaissances cliniques, peut être passé par l’intermédiaire d’un réseau international de centres d’examen dans plusieurs pays. L’ECOS est un examen pratique dont les sessions ont lieu dans cinq centres au Royaume‑Uni. Après trois échecs, l’intégralité de la demande d’enregistrement est close et doit être reprise depuis le début, mais il est possible de faire appel.
Les candidats qui réussissent l’examen de compétence peuvent demander leur enregistrement auprès du NMC pour obtenir le droit d’exercer. Outre la réussite à l’examen, les candidats doivent fournir des attestations de bonne santé, de moralité et de maîtrise de l’anglais.
En 2020, une nouvelle fonction est créée au sein du NHS England, celle d’auxiliaire médical (medical support worker), dans le cadre de l’intervention d’urgence face à la crise nationale du COVID‑19. Elle permet aux établissements du NHS d’employer des médecins formés à l’étranger avant que ceux-ci n’achèvent, voire n’entament, la procédure de reconnaissance et d’enregistrement auprès du GMC, à condition de respecter les normes de l’employeur du NHS. Les médecins employés en qualité d’auxiliaires médicaux peuvent exercer uniquement sous supervision. Les postes sont généralement proposés pour six mois, avec possibilité de prolongation. Ce dispositif a pour but d’aider les médecins formés à l’étranger à reprendre l’exercice de leur profession tout en les accompagnant dans les démarches d’obtention de la reconnaissance de leurs qualifications, lesquelles conduisent à l’enregistrement définitif avec autorisation d’exercer en qualité de médecin au Royaume‑Uni.
Depuis 2022, la fonction d’auxiliaire médical est de plus en plus utilisée pour aider les médecins réfugiés, notamment ceux d’Ukraine, en attendant la reconnaissance de leurs qualifications et leur enregistrement définitif auprès du GMC. Plusieurs organisations facilitent la mise en relation de médecins réfugiés et d’employeurs potentiels, lesquels évaluent ensuite les candidats au cas par cas.
|
Médecins formés à l’étranger |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2021) : 13 963 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2022) : 4 079 |
Principaux pays d’origine : |
|
30.4 % de tous les médecins en exercice |
Pologne, Roumanie, Hongrie (2021) |
3.6 % de tous les infirmiers en exercice |
Finlande, Allemagne, Norvège (2021) |
|
Évolution de l’effectif entre 2010 et 2022 : +264 % |
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2021 : +74 % |
||
En Suède, les médecins et le personnel infirmier formés en dehors de l’UE, de l’EEE et de la Suisse peuvent obtenir une autorisation d’exercice de deux façons : la reconnaissance des qualifications ou la formation compensatoire. Les deux aboutissent à la soumission de certificats au Conseil national de la santé et de l’action sociale (Socialstyrelsen) qui délivre ensuite l’autorisation. Les candidats doivent également prouver leurs compétences linguistiques de niveau C1 en suédois, en norvégien ou en danois, même s’ils sont ressortissants suédois.
Pour les médecins comme pour les infirmiers, la procédure de reconnaissance se fait en quatre temps : une évaluation des études de médecine ou de soins infirmiers, un examen d’aptitude, un cours sur les lois et réglementations suédoises, et une formation clinique. Les demandes d’évaluation des qualifications doivent être envoyées au Conseil national de la santé et de l’action sociale. S’il manque un diplôme de médecine ou de soins infirmiers à un candidat, celui-ci peut demander un document de référence au Conseil suédois de l’enseignement supérieur (UHR – Universitets- och högskolerådet), qui évalue ses qualifications à partir des justificatifs disponibles. La Suède – ainsi que le Canada, le Danemark, l’Estonie, l’Italie, la Norvège et les Pays-Bas – propose une évaluation spécialisée des qualifications des réfugiés, prévue par la Convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications et coordonnée par les réseaux ENIC-NARIC.
À réception du dossier complet, le Conseil national de la santé et de l’action sociale effectue généralement l’évaluation dans les trois mois. Si la demande est refusée, les candidats peuvent encore prétendre à une autorisation d’exercer en Suède en suivant une formation compensatoire ou en obtenant un diplôme de médecine ou de soins infirmiers suédois. Les candidats qui reçoivent une réponse favorable doivent passer l’examen d’aptitude.
Pour les médecins, cet examen géré par l’université d’Umeå comporte une partie théorique et une partie pratique, en suédois dans les deux cas. La partie théorique est un examen écrit de sept heures et demie. Quatre sessions sont proposées chaque année et il doit être réussi avant de tenter la partie pratique. Celle‑ci dure deux jours et huit sessions ont lieu par an. Les candidats peuvent tenter l’examen théorique cinq fois (en cinq ans) et l’examen pratique trois fois. Ceux qui sont admis à l’examen d’aptitude peuvent demander une autorisation spéciale d’exercer temporairement en qualité de médecin.
Pour les infirmiers, l’examen d’aptitude, géré par l’université de Göteborg, comporte également une partie théorique et une partie pratique, en suédois. La partie théorique est une épreuve écrite de quatre heures. Six sessions sont proposées chaque année (avec un maximum de 60 candidats par session), et elle doit être réussie avant de tenter la partie pratique. Celle‑ci dure une demi-journée. Les candidats ont droit à cinq tentatives pour l’examen théorique (en cinq ans) et trois pour l’examen pratique.
Ceux qui sont admis à l’examen d’aptitude doivent suivre un cours sur les lois et réglementations suédoises, à temps partiel ou à temps plein, avant ou pendant leur formation clinique.
La formation clinique, qui dure six mois pour les médecins et trois mois pour les infirmiers, se déroule dans un seul établissement de santé. L’expérience professionnelle antérieure n’est pas prise en compte. Les candidats doivent trouver eux-mêmes un emploi et obtenir une autorisation spéciale pour exercer à titre temporaire.
La formation compensatoire, pour les médecins, consiste en deux à quatre semestres d’études à temps plein auprès de cinq universités, en suédois, suivies d’un stage de 18 mois à temps plein (ou d’un stage de 36 mois à temps partiel, en option). Le programme est partiellement adapté en fonction des acquis du candidat, mais les places sont limitées et les universités fixent leurs propres conditions d’admission. Les candidats doivent trouver eux-mêmes un employeur pour leur stage.
Pour les infirmiers, la formation compensatoire consiste en deux à trois semestres d’études à temps plein auprès de trois universités, également en suédois, mais sans stage. Les universités peuvent demander une évaluation des qualifications auprès du Conseil national de la santé et de l’action sociale avant l’inscription.
Les médecins formés à l’étranger peuvent demander la reconnaissance d’une qualification de spécialiste uniquement après avoir obtenu une autorisation d’exercer en Suède. Ils doivent pour cela justifier d’au moins trois ans d’exercice de la spécialité à l’étranger, d’un total de cinq années de formation et d’expérience professionnelle dans la spécialité en dehors de la Suède, et suivre au moins une année de formation dans la spécialité en Suède après obtention de l’autorisation d’exercer.
|
Médecins formés à l’étranger |
Infirmiers formés à l’étranger |
||
|---|---|---|---|
|
Effectif total (2022) : 3 590 |
Principaux pays d’origine : |
Effectif total (2022) : 1 313 |
Principaux pays d’origine : |
|
7.9 % de tous les médecins en exercice |
République slovaque, Ukraine, Russie (2023) |
1.4 % de tous les infirmiers en exercice |
République slovaque, Ukraine, Russie (2022) |
|
Évolution de l’effectif entre 2000 et 2022 : +50 % |
|||
Les médecins et les infirmiers formés dans des pays tiers (c’est-à-dire hors UE/EEE/Suisse) doivent se soumettre à une procédure de validation et d’approbation pour obtenir l’autorisation d’exercer en Tchéquie. La première étape de la procédure, c’est-à-dire la validation du diplôme médical, est dirigée par les universités médicales mandatées. Celles-ci évaluent le programme d’enseignement médical du pays étranger, sa durée, les résultats de l’enseignement, les droits professionnels conférés et les stages de formation, en les comparant aux leurs. Les candidats sont encouragés à faire leur demande auprès d’une université dont le programme est comparable à celui qu’ils ont suivi. Le diplôme est validé ou rejeté, avec possibilité de faire appel. Aucune mesure compensatoire n’est proposée en cas de refus.
Quelques simplifications sont en place pour les Ukrainiens déplacés. Les candidats qui bénéficient d’une protection temporaire sont exemptés des frais de validation et les exigences en matière de documentation sont allégées, notamment en ce qui concerne les traductions. Les documents manquants peuvent aussi être remplacés par une déclaration écrite sous serment. D’autre part, les diplômes étrangers délivrés dans l’une des républiques de l’ex-Union soviétique entre le 6 juin 1972 et le 27 février 2000 sont automatiquement reconnus en vertu du « Protocole d’égalité des documents scolaires, des titres universitaires et des diplômes délivrés ou décernés en République socialiste tchécoslovaque et dans l’Union des républiques socialistes soviétiques »2. Les titulaires de ces diplômes passent directement au stade de l’approbation.
Une fois les diplômes validés, les candidats doivent se soumettre à la procédure d’agrément. Pour les médecins, les demandes sont déposées auprès du ministère de la Santé. La procédure, menée entièrement en langue tchèque, prend généralement 16 mois sans compter la préparation ou, en cas d’échec, la répétition des examens. Elle se décline en trois temps : des épreuves écrites d’évaluation des connaissances (médicales, système de santé et système juridique tchèques) ; un stage tournant de six mois en médecine interne, chirurgie, soins intensifs, pédiatrie et obstétrique/gynécologie ; et une épreuve orale. Les études de troisième cycle antérieures ou l’expérience acquise à l’étranger en tant que spécialiste n’étant pas reconnues en Tchéquie, les médecins doivent suivre une formation de spécialiste dans le pays. Ils peuvent toutefois demander une réduction du temps de formation, laquelle leur est ou non accordée en fonction des justificatifs fournis. Pour le personnel infirmier, la procédure d’agrément est gérée par le Centre national des professions infirmières et des professions de santé non médicales (NCO NZO – Národní centrum ošetřovatelství a nelékařských zdravotnických oborů) à Brno. Elle comporte des épreuves écrites, un stage de 14 à 60 jours auprès d’un prestataire de soins de santé ou de services sociaux, et une épreuve orale. Les épreuves écrites peuvent être passées en tchèque, allemand, anglais, français ou russe, mais l’épreuve orale, qui évalue les connaissances professionnelles et la maîtrise du tchèque, sont exclusivement en tchèque.
Quelques mesures de facilitation sont en place pour les médecins et infirmiers formés à l’étranger. Ils peuvent, par exemple, exercer sous supervision pendant un maximum de trois mois avant la procédure de validation, dans le cadre d’un stage de courte durée (krátkodobá stáž) effectué à l’invitation d’un établissement de santé agréé. Initialement destiné aux professionnels médicaux invités, ce stage de courte durée a aidé des médecins et infirmiers, en particulier d’Ukraine, à acquérir une expérience pratique et à améliorer leur maîtrise de la langue tchèque en attendant la validation de leurs diplômes. Une fois les diplômes validés, mais avant l’obtention de l’autorisation d’exercer, les candidats peuvent faire une demande de stage de longue durée (dlouhodobá stáž), d’un an au maximum et renouvelable deux fois (maximum de trois ans), ce qui leur permet de continuer d’exercer sous supervision tout en préparant les examens d’autorisation d’exercer.
[16] Bach, S. (2004), Overseas recruitment of health workers sparks controversy, https://www.eurofound.europa.eu/en/resources/article/2004/overseas-recruitment-health-workers-sparks-controversy.
[33] Barber, P. et B. López-Valcárcel (2024), Informe de necesidad de médicos especialistas en España 2023-2035 [Report on the Need for Medical Specialists in Spain 2023-2035], Universidad de Las Palmas de Gran Canaria, Las Palmas.
[13] Belgian Health Care Knowledge Centre (KCE) (2025), Study 2025-01-HSR International recruitment of healthcare, https://kce.fgov.be/en/research-programmes/study-programme/planned-projects/study-2025-01-hsr-international-recruitment-of-healthcare-professionals.
[35] Braun, J. et al. (2024), Brain Waste Methodology, Lighthouse Reports, https://www.lighthousereports.com/methodology/brain_waste/.
[12] Cedefop - European Centre for the Development of Vocational Training (2016), « Belgique », dans Belgium: Mismatch priority occupations CEDEFOP, https://www.cedefop.europa.eu/en/data-insights/belgium-mismatch-priority-occupations.
[32] Commission européenne (2023), Commission Recommendation of 15.11.2023 on the recognition of qualifications of third-country nationals, Commission européenne, https://single-market-economy.ec.europa.eu/document/download/01187cba-6407-4afa-add0-296b29f0dcfa_en?filename=C_2023_7700_1_EN_ACT_part1_v9.pdf.
[11] Directorate-General for Migration and Home Affairs (2023), « Belgique », dans Belgium: Labour shortages and employment of foreign nationals - European Commission, https://home-affairs.ec.europa.eu/news/belgium-labour-shortages-and-employment-foreign-nationals-2023-12-18_en.
[39] ECFMG (2024), Impact of Change to Accreditation Body for Medical Schools in Canada Effective in 2025, https://www.ecfmg.org/news/2024/06/28/update-impact-of-change-to-accreditation-body-for-medical-schools-in-canada-effective-in-2025/.
[38] GMC (s.d.), General Medical Council. Acceptable postgraduate qualifications, https://www.gmc-uk.org/registration-and-licensing/join-our-registers/before-you-apply/acceptable-postgraduate-qualifications.
[9] Gottlieb, J. et al. (2025), The Rise of Healthcare Jobs, National Bureau of Economic Research, Cambridge, https://doi.org/10.3386/w33583.
[37] JRS France (2025), Improving recognition of qualifications of refugee healthcare professionals in the European Union: A comparison of European practices, https://www.jrsfrance.org/wp-content/uploads/2025/02/A-comparison-of-European-practices-JRS-France.pdf.
[28] Ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni (2024), Official statistics: Monthly monitoring of entry clearance visa applications, https://www.gov.uk/government/statistics/monthly-entry-clearance-visa-applications/monthly-monitoring-of-entry-clearance-visa-applications (consulté le 3 Jan 2025).
[22] Ministère de la Santé de Nouvelle-Zélande (2024), Briefing: Nursing Council – Changes to ESCE, distribution of new nurses, and New Zealand as a potential stepping stone to Australia, Manatū Hauora – Ministère de la Santé, Wellington, https://www.health.govt.nz/system/files/2025-01/H2024034754-Briefing-Nursing-Council-Changes-to-ESCE%2C-distribution-of-new-nurses%2C-and-New-Zealand-as-a-potential-stepping-stone-to-Australia_0.pdf.
[17] Ministère de la Santé du Royaume-Uni (2004), Code of Practice for the international recruitment of healthcare professionals, Ministère de la Santé du Royaume-Uni, Londres, https://www.nursingleadership.org.uk/publications/codeofpractice.pdf.
[34] Ministère de la Science, D. (2025), Homologation of foreign higher education degrees to official Spanish university degrees or Master’s degrees that give access to a regulated profession in Spain, https://universidades.sede.gob.es/procedimientos/portada/ida/3513/idp/1029/language/en.
[26] NDTP (2024), Annual Medical Retention Report 2023, Health Service Executive, Irlande, https://www.hse.ie/eng/staff/leadership-education-development/met/plan/annual-medical-retention-report-2023.pdf.
[14] OCDE (2025), Panorama de la santé 2025 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/2f564c6c-fr.
[31] OCDE (2024), Perspectives des migrations internationales 2024, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/4fa9de98-fr.
[27] OCDE (2024), Recruiting Immigrant Workers: Japan 2024, Recruiting Immigrant Workers, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0e5a10e3-en.
[2] OCDE (2023), « Quel pays de l’OCDE offre les conditions les plus avantageuses aux talents internationaux ? », Migration Policy Debates, n° 29, Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/fr/publications/reports/2023/03/what-is-the-best-country-for-global-talents-in-the-oecd_3496c15f/f72b61b0-fr.pdf.
[36] OCDE (2023), « What we know about the skills and early labour market outcomes of refugees from Ukraine », Les réponses de l’OCDE face aux conséquences de la guerre en Ukraine, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c7e694aa-en.
[1] OCDE (2020), « Contribution des médecins et des infirmiers migrants à la lutte contre la crise du COVID-19 dans les pays de l’OCDE », Les réponses de l’OCDE face au coronavirus (COVID-19), Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/63ff0143-fr.
[5] OCDE (2019), Recent Trends in International Migration of Doctors, Nurses and Medical Students, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5571ef48-en.
[8] OCDE (2016), Health Workforce Policies in OECD Countries : Right Jobs, Right Skills, Right Places, Études de l’OCDE sur les politiques de santé, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264239517-en.
[4] OCDE (2015), Perspectives des migrations internationales 2015, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/migr_outlook-2015-fr.
[3] OCDE (2007), Perspectives des migrations internationales 2007, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/migr_outlook-2007-fr.
[10] OCDE/Commission européenne (2024), Health at a Glance: Europe 2024 : State of Health in the EU Cycle, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/b3704e14-en.
[19] Office of the National Director of Human Resources (2009), Implementation of Savings Measures on Public Service Numbers – Moratorium on Recruitment and Promotions in the Public Services, Health Service Executive, Dublin, https://circulars.gov.ie/pdf/circular/hse/2009/10.pdf.
[15] OMS (2025), National Health Workforce Accounts data portal – December 2024 update [base de données], Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://apps.who.int/nhwaportal/.
[25] OMS (2024), Bilateral agreements on health worker migration and mobility: Maximizing health system benefits and safeguarding health workforce rights and welfare through fair and ethical international recruitment, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/376280.
[24] OMS (2023), Manuel sur les comptes nationaux des personnels de santé, 2e éd, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/374320.
[23] OMS (2023), WHO report on global health worker mobility. Genève 2023, Organisation mondiale de la Santé, Genève, https://iris.who.int/handle/10665/370938.
[29] REM/OCDE (2021), The impact of COVID-19 in the migration area in EU and OECD countries – EMN-OECD Umbrella Inform, Bruxelles : Réseau européen des migrations.
[30] REM/OCDE (2020), Maintaining labour migration in essential sectors in times of pandemic– EMN-OECD Inform, Bruxelles : Réseau européen des migrations.
[6] Socha-Dietrich, K. et J. Dumont (2021), « International migration and movement of doctors to and within OECD countries - 2000 to 2018 : Developments in countries of destination and impact on countries of origin », OECD Health Working Papers, n° 126, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/7ca8643e-en.
[7] Socha-Dietrich, K. et J. Dumont (2021), « International migration and movement of nursing personnel to and within OECD countries - 2000 to 2018 : Developments in countries of destination and impact on countries of origin », OECD Health Working Papers, n° 125, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/b286a957-en.
[21] The Health Foundation (2024), Nursing locally, thinking globally: UK-registered nurses and their intentions to leave, https://www.health.org.uk/reports-and-analysis/briefings/nursing-locally-thinking-globally-uk-registered-nurses-and-their.
[18] UK Visas and Immigration et Ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni (2018), Doctors and nurses to be taken out of Tier 2 visa cap, https://www.gov.uk/government/news/doctors-and-nurses-to-be-taken-out-of-tier-2-visa-cap.
[20] US Citizenship and Immigration Services (USCIS) (2025), « Chapter 7 – Schedule A Designation Petitions », dans Policy Manual - Volume 6 - Immigrants, https://www.uscis.gov/policy-manual/volume-6-part-e-chapter-7.
L’effectif de professionnels de santé formés à l’étranger est à l’image de la composition actuelle de la population active et le résultat cumulatif à la fois des entrées et des sorties de travailleurs formés dans le pays et formés à l’étranger. Cependant, un examen plus ciblé des arrivées annuelles de médecins et d’infirmiers permet une analyse plus précise des tendances migratoires récentes. Entre 2010 et 2023, la quasi-totalité des pays a vu grandir ses effectifs de médecins et d’infirmiers en chiffres absolus, mais des différences prononcées sont observées quant à la contribution du personnel formé à l’étranger à cette croissance (Graphique d’annexe 5.A.). De nombreux systèmes de santé se sont surtout appuyés sur les médecins formés à l’étranger pour renforcer leurs capacités médicales : dans cinq pays, ils représentent plus de la moitié de l’augmentation du nombre de médecins, tandis que le même constat se vérifie pour le personnel infirmier dans trois pays seulement.
Note : En Allemagne, les données sont basées sur la nationalité (et non sur le lieu de formation). Les chiffres indiqués à l’extrémité de chaque barre correspondent à la variation globale du nombre de médecins ou d’infirmiers pendant la période considérée. Les données concernant les médecins aux États-Unis vont jusqu’à 2016 seulement.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI).
Pour une décomposition plus détaillée, le Tableau d’annexe 5.A.1 et le Tableau d’annexe 5.A.2 comparent les arrivées de médecins et d’infirmiers formés à l’étranger dans les pays de l’OCDE en 2010 et 2023. En 2023, les 31 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données ont reçu plus de 68 000 médecins formés à l’étranger, soit le double du nombre enregistré en 2010 (données disponibles pour 26 pays). L’Australie, le Canada, l’Espagne, les États-Unis et le Royaume‑Uni en ont attiré la plus grande part, soit plus de 70 % des admissions totales collectivement.
Une mise en contexte des chiffres absolus est néanmoins nécessaire. Plusieurs indicateurs, dont la taille de la population, la taille du marché du travail actuel pour chaque métier, ou l’effectif de professionnels formés à l’étranger déjà présents peuvent aider à contextualiser les arrivées. Une autre méthode utile consiste à comparer ces entrées avec le nombre de professionnels formés dans le pays qui entrent sur le marché du travail, à savoir les personnes nouvellement diplômées. Elle illustre plus clairement la dépendance d’un pays vis-à-vis des professionnels formés à l’étranger à un moment donné et permet d’analyser l’évolution de ce rapport dans le temps.
En 2023, pour 100 médecins nouvellement diplômés, les États-Unis ont admis 33 médecins formés à l’étranger ; le Royaume‑Uni en a accueilli 148. D’autres rapports élevés sont observés en Norvège (265), Israël (252), Suisse (195) et Irlande (170). Entre 2010 et 2023, ce rapport a doublé au Royaume‑Uni et en Irlande, indiquant un recours accru aux médecins formés à l’étranger. À l’inverse, il a diminué en Nouvelle‑Zélande, où un nombre plus modeste d’arrivées a coïncidé avec une forte hausse du nombre de diplômés dans le pays (74 %) (Tableau d’annexe 5.A.1).
|
Pays |
2010 |
2021‑2023 |
||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Année |
Formés à l’étranger |
Diplômés |
Ratio de dépendance aux médecins formés à l’étranger (pour 100 diplômés)1 |
Année |
Formés à l’étranger |
Diplômés |
Ratio de dépendance aux médecins formés à l’étranger (pour 100 diplômés)1 |
|
|
Allemagne |
2010 |
1 426 |
9 894 |
14 |
2023 |
9 456 |
10 186 |
93 |
|
Australie |
2010 |
2 662 |
2023 |
4 446 |
4 068 |
109 |
||
|
Autriche |
2010 |
191 |
1 726 |
11 |
2023 |
280 |
1 530 |
18 |
|
Belgique |
2010 |
504 |
980 |
51 |
2023 |
675 |
1 735 |
39 |
|
Canada |
2010 |
2 437 |
2 447 |
100 |
2022 |
3 528 |
2 835 |
124 |
|
Chili |
2011 |
551 |
1 193 |
46 |
2023 |
944 |
2 313 |
41 |
|
Colombie |
2011 |
154 |
4 088 |
4 |
2023 |
485 |
7 672 |
6 |
|
Corée |
2010 |
1 |
4 027 |
0 |
2023 |
29 |
3 841 |
1 |
|
Danemark |
2010 |
296 |
912 |
32 |
2023 |
424 |
1 250 |
34 |
|
Espagne |
2010 |
6 800 |
4 299 |
158 |
2023 |
9 158 |
6 587 |
139 |
|
Estonie |
2010 |
11 |
149 |
7 |
2023 |
17 |
144 |
12 |
|
États-Unis |
2010 |
7 318 |
20 469 |
36 |
2023 |
9 556 |
28 781 |
33 |
|
Finlande |
2010 |
133 |
656 |
20 |
2023 |
335 |
729 |
46 |
|
France |
2011 |
1 490 |
4 384 |
34 |
2023 |
2 191 |
7 710 |
28 |
|
Grèce |
2010 |
1 038 |
2022 |
675 |
1 421 |
48 |
||
|
Hongrie |
2010 |
35 |
1 040 |
3 |
2023 |
144 |
1 631 |
9 |
|
Irlande |
2010 |
683 |
785 |
87 |
2023 |
2 266 |
1 330 |
170 |
|
Islande |
2010 |
44 |
2023 |
104 |
52 |
200 |
||
|
Israël |
2010 |
377 |
314 |
120 |
2023 |
1 748 |
695 |
252 |
|
Italie |
2010 |
149 |
6 732 |
2 |
2023 |
416 |
9 795 |
4 |
|
Lettonie |
2010 |
39 |
179 |
22 |
2023 |
28 |
508 |
6 |
|
Lituanie |
2010 |
391 |
2023 |
24 |
644 |
4 |
||
|
Norvège |
2010 |
1 309 |
551 |
238 |
2023 |
1 577 |
595 |
265 |
|
Nouvelle-Zélande |
2010 |
1 168 |
317 |
368 |
2023 |
767 |
552 |
139 |
|
Pays-Bas |
2010 |
226 |
2 276 |
10 |
2023 |
257 |
2 497 |
10 |
|
Pologne |
2010 |
60 |
3 081 |
2 |
2022 |
1 892 |
5 809 |
33 |
|
Royaume-Uni |
2010 |
5 945 |
8 490 |
70 |
2022 |
13 504 |
9 140 |
148 |
|
Slovénie |
2010 |
76 |
2023 |
115 |
232 |
50 |
||
|
Suède |
2010 |
810 |
969 |
84 |
2022 |
580 |
1 422 |
41 |
|
Suisse |
2010 |
1 892 |
813 |
233 |
2023 |
2 402 |
1 231 |
195 |
|
Tchéquie |
2010 |
103 |
1 458 |
7 |
2023 |
191 |
1 780 |
11 |
|
Total OCDE |
34 104 |
82 299 |
Non pondérée: 68 |
68 214 |
118 715 |
Non pondérée: 74 |
||
|
Pondérée: 41 |
Pondérée: 57 |
|||||||
|
(26 pays) |
(31 pays) |
|||||||
Note : Données manquantes pour le Costa Rica, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, le Portugal, la République slovaque et la Türkiye.
1. Le taux de dépendance vis-à-vis des professionnels formés à l’étranger exprime le nombre de médecins formés à l’étranger entrant en exercice pour 100 médecins nouvellement diplômés dans le pays.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI et DF_GRAD).
|
Pays |
2010 |
2021‑2023 |
||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Année |
Formés à l’étranger |
Diplômés |
Ratio de dépendance aux infirmiers formés à l’étranger (pour 100 diplômés)1 |
Année |
Formés à l’étranger |
Diplômés |
Ratio de dépendance aux infirmiers formés à l’étranger (pour 100 diplômés)1 |
|
|
Allemagne |
2012 |
663 |
34 854 |
2 |
2023 |
27 282 |
36 391 |
75 |
|
Australie |
2013 |
900 |
17 303 |
5 |
2023 |
10 773 |
29 912 |
36 |
|
Autriche |
2010 |
|
2 914 |
|
2023 |
917 |
3 951 |
23 |
|
Belgique |
2010 |
361 |
4 542 |
8 |
2023 |
687 |
4 955 |
14 |
|
Chili |
2010 |
|
1 977 |
|
2023 |
113 |
7 377 |
2 |
|
Colombie |
2011 |
8 |
3 574 |
0.2 |
2023 |
54 |
4 568 |
1 |
|
Corée |
2010 |
5 |
42 861 |
0.0 |
2023 |
24 |
49 395 |
0.0 |
|
Danemark |
2010 |
162 |
2 229 |
7 |
2023 |
213 |
2 922 |
7 |
|
Espagne |
2010 |
1 088 |
10 098 |
11 |
2023 |
884 |
11 593 |
8 |
|
Estonie |
2010 |
2 |
379 |
1 |
2023 |
2 |
413 |
0.5 |
|
États-Unis |
2010 |
9 535 |
201 611 |
5 |
2022 |
23 522 |
225 098 |
10 |
|
Finlande |
2010 |
123 |
3 139 |
4 |
2023 |
59 |
4 138 |
1 |
|
France |
2010 |
442 |
25 720 |
2 |
2021 |
384 |
28 080 |
1 |
|
Hongrie |
2013 |
48 |
3 364 |
1 |
2023 |
73 |
2 868 |
3 |
|
Irlande |
2010 |
211 |
1 641 |
13 |
2023 |
5 225 |
1 700 |
307 |
|
Islande |
2010 |
|
248 |
|
2023 |
89 |
299 |
30 |
|
Israël |
2010 |
78 |
848 |
9 |
2023 |
792 |
3 365 |
24 |
|
Italie |
2010 |
2 105 |
9 776 |
22 |
2023 |
698 |
10 218 |
7 |
|
Lettonie |
2010 |
14 |
806 |
2 |
2023 |
13 |
379 |
3 |
|
Lituanie |
2010 |
|
581 |
|
2023 |
17 |
815 |
2 |
|
Norvège |
2010 |
2 498 |
3 260 |
77 |
2023 |
1 847 |
4 623 |
40 |
|
Nouvelle‑Zélande |
2010 |
1 295 |
1 454 |
89 |
2023 |
2 834 |
2 772 |
102 |
|
Pays-Bas |
2010 |
91 |
6 519 |
1 |
2023 |
298 |
11 349 |
3 |
|
Pologne |
2010 |
6 |
9 653 |
0.1 |
2022 |
772 |
7 406 |
10 |
|
Royaume‑Uni |
2010 |
3 097 |
17 289 |
18 |
2022 |
23 664 |
29 080 |
81 |
|
Suède |
2010 |
127 |
4 081 |
3 |
2022 |
224 |
4 348 |
5 |
|
Suisse |
2010 |
2 237 |
5 983 |
37 |
2023 |
3 070 |
9 817 |
31 |
|
Tchéquie |
2010 |
|
1 283 |
|
2023 |
194 |
3 900 |
5 |
|
Total OCDE |
25 096 |
410 984 |
Non pondéré : 14 |
104 724 |
501 732 |
Non pondéré : 30 |
||
|
Pondéré : 6 |
Pondéré : 21 |
|||||||
|
(23 pays) |
(28 pays) |
|||||||
Note : Données manquantes pour le Canada, le Costa Rica, la Grèce, le Japon, le Luxembourg, le Mexique, le Portugal, la République slovaque et la Türkiye.
1. Le taux de dépendance vis-à-vis des professionnels formés à l’étranger exprime le nombre d’infirmiers formés à l’étranger entrant en exercice pour 100 infirmiers nouvellement diplômés dans le pays.
Source : Explorateur des données de l’OCDE (DF_HEALTH_WFMI et DF_GRAD).
En 2023, les 28 pays de l’OCDE pour lesquels on dispose de données ont admis plus de 104 000 infirmiers formés à l’étranger, soit beaucoup plus que de médecins et plus du quadruple du nombre enregistré en 2010 (données disponibles pour 23 pays). L’Allemagne, l’Australie, les États-Unis, l’Irlande et le Royaume‑Uni accueillent plus de 85 % de ces infirmiers.
Les pays recrutent moins d’infirmiers que de médecins à l’international. Si l’on considère le taux de dépendance vis-à-vis des professionnels formés à l’étranger, seules l’Autriche et l’Irlande dépassent la parité : en 2023, l’Irlande a enregistré 307 infirmiers formés à l’étranger pour 100 infirmiers irlandais nouvellement diplômés, à comparer avec 13 pour 100 en 2010. Pendant cette période, la production annuelle d’infirmiers irlandais nouvellement diplômés a stagné aux alentours de 1 600 tandis que les admissions d’infirmiers formés à l’étranger ont augmenté de presque 20 fois, passant d’environ 200 à plus de 5 000.
La Nouvelle‑Zélande et le Royaume‑Uni emboîtent le pas à l’Irlande et à l’Autriche, avec environ 100 et 80 infirmiers formés à l’étranger pour 100 diplômés dans le pays, respectivement. Dans le cas du Royaume‑Uni, ce chiffre représente une forte hausse par rapport aux 18 enregistrés en 2010. La Norvège a évolué dans le sens inverse : en doublant presque sa production de diplômés en soins infirmiers pendant la période de 13 ans, elle a réduit de moitié son taux de dépendance pour le ramener à 40 et diminué le nombre d’arrivées de professionnels formés à l’étranger d’environ un quart.
|
Médecins |
Personnes exerçant dans les pays de l’OCDE |
Taux d’expatriation |
Infirmiers |
Personnes exerçant dans les pays de l’OCDE |
Taux d’expatriation |
||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Pays de naissance |
2000 |
2020 |
|
Pays de naissance |
2000 |
2020 |
|
|
Afghanistan |
885 |
5 063 |
33.9 % |
Afghanistan |
1 311 |
6 269 |
32.9 % |
|
Afrique du Sud |
7 405 |
11 953 |
20.20 % |
Afrique du Sud |
5 895 |
10 996 |
15.3 % |
|
Albanie |
542 |
2 876 |
34.8 % |
Albanie |
1 610 |
9 743 |
38.3 % |
|
Algérie |
10 854 |
11 423 |
17.7 % |
Algérie |
8 711 |
8 611 |
18.5 % |
|
Allemagne |
14 958 |
31 024 |
7.70 % |
Allemagne |
30 924 |
49 584 |
4.7 % |
|
Andorre |
13 |
105 |
22.8 % |
Andorre |
16 |
128 |
26.3 % |
|
Angola |
1 519 |
1 311 |
14.6 % |
Angola |
1 737 |
2 093 |
5.0 % |
|
Antigua‑et-Barbuda |
100 |
72 |
21.4 % |
Antigua‑et-Barbuda |
678 |
465 |
43.3 % |
|
Arabie saoudite |
586 |
4 709 |
4.70 % |
Arabie saoudite |
192 |
2 352 |
1.2 % |
|
Argentine |
4 098 |
6 399 |
2.6 % |
Argentine |
1 304 |
2 816 |
1.5 % |
|
Arménie |
408 |
1 299 |
12.4 % |
Arménie |
571 |
2 473 |
16.3 % |
|
Australie |
2 028 |
2 888 |
2.8 % |
Australie |
4 589 |
5 027 |
1.6 % |
|
Autriche |
1 876 |
4 363 |
8.4 % |
Autriche |
2 208 |
3 746 |
3.9 % |
|
Azerbaïdjan |
388 |
1 725 |
5.1 % |
Azerbaïdjan |
215 |
1 477 |
2.6 % |
|
Bahamas |
178 |
155 |
17.3 % |
Bahamas |
560 |
1 308 |
43.0 % |
|
Bahreïn |
87 |
360 |
24.7 % |
Bahreïn |
77 |
191 |
4.6 % |
|
Bangladesh |
2 127 |
4 946 |
4.3 % |
Bangladesh |
688 |
3 129 |
4.5 % |
|
Barbade |
275 |
324 |
30.5 % |
Barbade |
3 496 |
1 359 |
52.2 % |
|
Bélarus |
982 |
3 174 |
6.9 % |
Bélarus |
897 |
3 900 |
3.9 % |
|
Belgique |
1 717 |
5 264 |
11.5 % |
Belgique |
2 885 |
6 102 |
4.4 % |
|
Belize |
71 |
118 |
22.2 % |
Belize |
1 360 |
1 413 |
65.8 % |
|
Bénin |
215 |
373 |
17.5 % |
Bénin |
186 |
624 |
10.1 % |
|
Bhoutan |
4 |
23 |
5.7 % |
Bhoutan |
1 |
755 |
32.0 % |
|
Bolivie |
588 |
1 331 |
10.5 % |
Bolivie |
397 |
1 340 |
7.2 % |
|
Bosnie‑Herzégovine |
956 |
2 986 |
25.7 % |
Bosnie‑Herzégovine |
6 346 |
20 350 |
49.1 % |
|
Botswana |
33 |
178 |
14.8 % |
Botswana |
47 |
247 |
3.1 % |
|
Brésil |
2 358 |
5 803 |
1.2 % |
Brésil |
2 866 |
10 859 |
1.0 % |
|
Brunéi Darussalam |
94 |
252 |
23.4 % |
Brunéi Darussalam |
129 |
182 |
6.6 % |
|
Bulgarie |
1 453 |
5 567 |
15.8 % |
Bulgarie |
1 411 |
5 866 |
16.7 % |
|
Burkina Faso |
66 |
87 |
4.0 % |
Burkina Faso |
27 |
439 |
3.6 % |
|
Burundi |
71 |
189 |
17.8 % |
Burundi |
64 |
905 |
7.2 % |
|
Cabo Verde |
165 |
222 |
37.3 % |
Cabo Verde |
261 |
1 144 |
56.3 % |
|
Cambodge |
671 |
474 |
12.0 % |
Cambodge |
1 038 |
1 920 |
16.8 % |
|
Cameroun |
730 |
3 003 |
54.0 % |
Cameroun |
1 971 |
17 186 |
60.0 % |
|
Canada |
9 967 |
17 587 |
16.0 % |
Canada |
24 509 |
23 630 |
5.8 % |
|
République centrafricaine |
83 |
55 |
22.7 % |
République centrafricaine |
98 |
187 |
20.3 % |
|
Chili |
875 |
1 704 |
3.0 % |
Chili |
2 059 |
3 266 |
4.6 % |
|
Chine |
18 941 |
30 342 |
0.9 % |
Chine |
15 200 |
42 440 |
0.9 % |
|
Chypre |
724 |
1 821 |
30.40 % |
Chypre |
729 |
658 |
12.4 % |
|
Colombie |
3 532 |
9 741 |
7.40 % |
Colombie |
2 880 |
13 290 |
15.7 % |
|
Comores |
20 |
57 |
13.90 % |
Comores |
64 |
182 |
21.1 % |
|
Congo |
539 |
498 |
38.60 % |
Congo |
498 |
1 265 |
19.2 % |
|
Rép. dém. du Congo |
358 |
1 976 |
11.00 % |
Rép. dém. du Congo |
458 |
6 654 |
6.4 % |
|
Îles Cook |
16 |
22 |
45.80 % |
Îles Cook |
80 |
91 |
43.1 % |
|
Corée |
8 574 |
11 790 |
8.30 % |
Corée |
10 220 |
25 686 |
5.6 % |
|
Costa Rica |
303 |
540 |
4.10 % |
Costa Rica |
607 |
1 457 |
8.6 % |
|
Côte d’Ivoire |
267 |
421 |
8.70 % |
Côte d’Ivoire |
409 |
2 997 |
18.7 % |
|
Croatie |
1 109 |
2 066 |
12.70 % |
Croatie |
3 280 |
8 694 |
23.6 % |
|
Cuba |
5 814 |
9 821 |
8.60 % |
Cuba |
4 343 |
18 730 |
18.1 % |
|
Danemark |
924 |
1 342 |
5.00 % |
Danemark |
1 595 |
2 602 |
3.7 % |
|
Djibouti |
25 |
28 |
10.70 % |
Djibouti |
10 |
49 |
17.7 % |
|
République dominicaine |
1 590 |
4 255 |
16.60 % |
République dominicaine |
1 969 |
7 585 |
26.7 % |
|
Dominique |
58 |
82 |
50.90 % |
Dominique |
620 |
1 184 |
72.0 % |
|
Égypte |
7 703 |
14 008 |
16.00 % |
Égypte |
1 196 |
2 346 |
1.2 % |
|
El Salvador |
683 |
1 188 |
6.10 % |
El Salvador |
2 389 |
7 559 |
33.5 % |
|
Émirats arabes unis |
131 |
1 980 |
6.90 % |
Émirats arabes unis |
19 |
1 305 |
2.2 % |
|
Équateur |
957 |
2 833 |
6.50 % |
Équateur |
1 215 |
4 524 |
9.6 % |
|
Érythrée |
124 |
234 |
44.60 % |
Érythrée |
835 |
3 740 |
43.9 % |
|
Espagne |
2 633 |
6 151 |
2.80 % |
Espagne |
3 066 |
9 003 |
3.0 % |
|
Estonie |
249 |
726 |
13.60 % |
Estonie |
184 |
1 291 |
13.2 % |
|
États-Unis |
3 618 |
10 548 |
0.90 % |
États-Unis |
5 271 |
9 876 |
0.2 % |
|
Éthiopie |
668 |
1 997 |
14.10 % |
Éthiopie |
1 632 |
9 645 |
12.1 % |
|
Fidji |
382 |
837 |
52.80 % |
Fidji |
2 032 |
4 943 |
60.3 % |
|
Finlande |
875 |
1 173 |
5.60 % |
Finlande |
5 221 |
3 827 |
5.2 % |
|
France |
3 918 |
8 577 |
3.80 % |
France |
7 892 |
18 746 |
3.0 % |
|
Gabon |
62 |
59 |
4.20 % |
Gabon |
107 |
211 |
3.7 % |
|
Gambie |
49 |
64 |
24.60 % |
Gambie |
123 |
1 448 |
54.1 % |
|
Géorgie |
425 |
2 376 |
10.90 % |
Géorgie |
587 |
2 310 |
9.6 % |
|
Ghana |
1 497 |
2 482 |
32.00 % |
Ghana |
5 452 |
21 377 |
18.2 % |
|
Grèce |
2 887 |
9 964 |
13.10 % |
Grèce |
1 304 |
3 522 |
8.3 % |
|
Grenade |
109 |
350 |
68.60 % |
Grenade |
2 131 |
1 854 |
74.5 % |
|
Guatemala |
444 |
853 |
3.70 % |
Guatemala |
1 212 |
3 582 |
8.2 % |
|
Guinée |
106 |
231 |
7.50 % |
Guinée |
140 |
1 129 |
15.6 % |
|
Guinée équatoriale |
78 |
34 |
8.50 % |
Guinée équatoriale |
98 |
121 |
6.6 % |
|
Guinée‑Bissau |
183 |
208 |
35.10 % |
Guinée‑Bissau |
246 |
268 |
16.3 % |
|
Guyana |
949 |
861 |
43.50 % |
Guyana |
7 450 |
8 869 |
78.4 % |
|
Haïti |
2 161 |
1 997 |
40.10 % |
Haïti |
13 018 |
35 834 |
85.2 % |
|
Honduras |
290 |
718 |
12.70 % |
Honduras |
917 |
2 501 |
25.5 % |
|
Hongrie |
3 139 |
5 293 |
14.70 % |
Hongrie |
2 337 |
6 013 |
10.5 % |
|
Inde |
56 077 |
98 857 |
8.90 % |
Inde |
22 897 |
122 400 |
4.8 % |
|
Indonésie |
2 713 |
1 901 |
1.10 % |
Indonésie |
3 145 |
4 370 |
0.7 % |
|
Iran |
9 640 |
19 313 |
11.90 % |
Iran |
4 990 |
12 897 |
7.8 % |
|
Iraq |
3 567 |
9 767 |
20.10 % |
Iraq |
792 |
3 982 |
4.2 % |
|
Irlande |
4 062 |
5 861 |
25.40 % |
Irlande |
19 905 |
11 989 |
12.9 % |
|
Islande |
340 |
648 |
29.10 % |
Islande |
158 |
830 |
12.7 % |
|
Israël |
2 493 |
4 651 |
12.90 % |
Israël |
1 019 |
1 666 |
3.4 % |
|
Italie |
4 418 |
11 860 |
4.70 % |
Italie |
6 489 |
12 723 |
3.3 % |
|
Jamaïque |
2 113 |
1 981 |
57.70 % |
Jamaïque |
31 217 |
41 098 |
89.9 % |
|
Japon |
2 677 |
3 604 |
1.10 % |
Japon |
4 784 |
8 689 |
0.6 % |
|
Jordanie |
1 229 |
3 410 |
10.60 % |
Jordanie |
421 |
975 |
3.1 % |
|
Kazakhstan |
945 |
3 454 |
4.60 % |
Kazakhstan |
6 573 |
22 070 |
15.2 % |
|
Kenya |
2 411 |
3 338 |
46.20 % |
Kenya |
3 049 |
20 277 |
39.7 % |
|
Kirghizistan |
146 |
547 |
4.60 % |
Kirghizistan |
675 |
2 680 |
9.3 % |
|
Kiribati |
0 |
6 |
21.40 % |
Kiribati |
19 |
64 |
12.6 % |
|
Kosovo1 |
180 |
695 |
|
Kosovo1 |
1 335 |
4 904 |
|
|
Koweït |
505 |
2 134 |
17.60 % |
Koweït |
164 |
812 |
3.9 % |
|
Laos |
331 |
458 |
14.90 % |
Laos |
873 |
2 111 |
23.2 % |
|
Lesotho |
7 |
10 |
1.30 % |
Lesotho |
8 |
6 |
0.1 % |
|
Lettonie |
508 |
1 321 |
17.20 % |
Lettonie |
623 |
2 407 |
23.2 % |
|
Liban |
4 575 |
7 776 |
33.70 % |
Liban |
1 551 |
2 887 |
21.8 % |
|
Libéria |
122 |
97 |
11.10 % |
Libéria |
1 242 |
5 176 |
68.2 % |
|
Libye |
864 |
2 737 |
16.60 % |
Libye |
121 |
334 |
0.8 % |
|
Liechtenstein |
25 |
0 |
|
Liechtenstein |
61 |
68 |
|
|
Lituanie |
1 009 |
2 687 |
17.70 % |
Lituanie |
884 |
4 508 |
17.1 % |
|
Luxembourg |
293 |
916 |
34.00 % |
Luxembourg |
209 |
878 |
9.8 % |
|
Macédoine du Nord |
338 |
1 182 |
15.90 % |
Macédoine du Nord |
822 |
3 472 |
27.2 % |
|
Madagascar |
888 |
1 253 |
20.10 % |
Madagascar |
1 371 |
2 193 |
34.3 % |
|
Malaisie |
4 689 |
10 623 |
12.60 % |
Malaisie |
7 573 |
4 833 |
3.5 % |
|
Malawi |
162 |
229 |
19.30 % |
Malawi |
200 |
516 |
3.7 % |
|
Maldives |
6 |
9 |
0.80 % |
Maldives |
0 |
17 |
0.7 % |
|
Mali |
162 |
678 |
16.50 % |
Mali |
240 |
722 |
11.2 % |
|
Malte |
413 |
404 |
15.80 % |
Malte |
662 |
416 |
9.1 % |
|
Îles Marshall |
4 |
2 |
7.70 % |
Îles Marshall |
0 |
501 |
72.0 % |
|
Maroc |
6 256 |
6 869 |
20.30 % |
Maroc |
5 643 |
12 193 |
25.6 % |
|
Maurice |
769 |
1 452 |
29.60 % |
Maurice |
4 503 |
3 137 |
40.9 % |
|
Mauritanie |
39 |
172 |
15.50 % |
Mauritanie |
103 |
156 |
3.5 % |
|
Mexique |
4 407 |
6 937 |
2.20 % |
Mexique |
12 503 |
39 244 |
9.5 % |
|
Micronésie |
0 |
2 |
1.80 % |
Micronésie |
1 |
362 |
61.1 % |
|
Moldova |
213 |
2 241 |
15.30 % |
Moldova |
673 |
3 963 |
17.8 % |
|
Monaco |
59 |
61 |
15.80 % |
Monaco |
87 |
212 |
22.5 % |
|
Mongolie |
81 |
305 |
2.40 % |
Mongolie |
65 |
525 |
4.1 % |
|
Monténégro |
16 |
82 |
4.50 % |
Monténégro |
124 |
574 |
15.5 % |
|
Mozambique |
936 |
736 |
22.20 % |
Mozambique |
789 |
747 |
7.8 % |
|
Myanmar |
1 725 |
3 267 |
7.60 % |
Myanmar |
429 |
1 273 |
4.7 % |
|
Namibie |
75 |
224 |
17.80 % |
Namibie |
36 |
455 |
6.6 % |
|
Nauru |
0 |
0 |
0.00 % |
Nauru |
5 |
9 |
9.7 % |
|
Népal |
316 |
2 362 |
8.70 % |
Népal |
359 |
15 411 |
19.9 % |
|
Nicaragua |
559 |
858 |
16.40 % |
Nicaragua |
1 170 |
3 630 |
26.8 % |
|
Niger |
26 |
62 |
6.90 % |
Niger |
23 |
128 |
2.9 % |
|
Nigéria |
4 686 |
17 060 |
17.70 % |
Nigéria |
13 795 |
54 480 |
39.3 % |
|
Nioué |
0 |
6 |
66.70 % |
Nioué |
41 |
39 |
66.1 % |
|
Norvège |
663 |
1 013 |
3.90 % |
Norvège |
1 687 |
1 817 |
2.1 % |
|
Nouvelle‑Zélande |
1 860 |
2 895 |
14.20 % |
Nouvelle‑Zélande |
7 524 |
9 102 |
14.4 % |
|
Oman |
23 |
275 |
3.00 % |
Oman |
23 |
114 |
0.6 % |
|
Ouganda |
1 089 |
902 |
11.40 % |
Ouganda |
1 267 |
4 409 |
7.9 % |
|
Ouzbékistan |
368 |
2 075 |
2.60 % |
Ouzbékistan |
656 |
5 189 |
1.4 % |
|
Pakistan |
10 510 |
29 689 |
10.30 % |
Pakistan |
1 887 |
7 870 |
6.9 % |
|
Palaos |
0 |
0 |
0.00 % |
Palaos |
0 |
0 |
0.0 % |
|
Cisjordanie et bande de Gaza |
335 |
980 |
|
Cisjordanie et bande de Gaza |
92 |
307 |
|
|
Panama |
871 |
619 |
8.10 % |
Panama |
1 904 |
3 113 |
18.4 % |
|
Papouasie‑Nouvelle‑Guinée |
136 |
175 |
22.50 % |
Papouasie‑Nouvelle‑Guinée |
455 |
547 |
10.8 % |
|
Paraguay |
288 |
543 |
6.00 % |
Paraguay |
179 |
535 |
1.3 % |
|
Pays-Bas |
1 871 |
3 846 |
5.40 % |
Pays-Bas |
6 191 |
6 774 |
3.4 % |
|
Pérou |
2 468 |
6 321 |
11.80 % |
Pérou |
2 957 |
11 156 |
16.2 % |
|
Philippines |
15 905 |
14 922 |
15.00 % |
Philippines |
112 165 |
277 266 |
37.1 % |
|
Pologne |
7 327 |
16 275 |
11.40 % |
Pologne |
19 348 |
64 268 |
23.4 % |
|
Porto Rico |
3 853 |
6 554 |
|
Porto Rico |
6 714 |
13 012 |
|
|
Portugal |
850 |
2 220 |
3.70 % |
Portugal |
2 310 |
15 418 |
17.1 % |
|
Qatar |
52 |
127 |
1.60 % |
Qatar |
6 |
66 |
0.3 % |
|
République slovaque |
1 076 |
6 797 |
25.30 % |
République slovaque |
1 413 |
8 391 |
21.0 % |
|
Roumanie |
6 861 |
25 499 |
28.50 % |
Roumanie |
7 982 |
46 882 |
24.0 % |
|
Royaume‑Uni |
16 047 |
24 548 |
10.70 % |
Royaume‑Uni |
44 957 |
49 492 |
8.0 % |
|
Russie |
5 109 |
18 826 |
3.30 % |
Russie |
9 673 |
36 706 |
3.0 % |
|
Rwanda |
46 |
203 |
11.80 % |
Rwanda |
100 |
2 387 |
18.6 % |
|
Sainte‑Lucie |
39 |
90 |
10.70 % |
Sainte‑Lucie |
369 |
1 169 |
64.5 % |
|
Saint-Kitts-et-Nevis |
15 |
55 |
27.50 % |
Saint-Kitts-et-Nevis |
711 |
290 |
51.5 % |
|
Saint-Marin |
4 |
319 |
65.30 % |
Saint-Marin |
0 |
0 |
0.0 % |
|
Saint-Vincent-et-les Grenadines |
115 |
131 |
56.20 % |
Saint-Vincent-et-les Grenadines |
1 228 |
1 169 |
64.1 % |
|
Îles Salomon |
11 |
8 |
4.80 % |
Îles Salomon |
38 |
61 |
4.1 % |
|
Samoa |
46 |
103 |
46.40 % |
Samoa |
567 |
794 |
58.2 % |
|
Sao Tomé-et-Principe |
71 |
92 |
46.70 % |
Sao Tomé-et-Principe |
139 |
111 |
20.1 % |
|
Sénégal |
449 |
828 |
37.40 % |
Sénégal |
298 |
1 557 |
29.1 % |
|
Serbie |
646 |
4 160 |
17.30 % |
Serbie |
2 419 |
11 388 |
21.1 % |
|
Seychelles |
36 |
42 |
11.20 % |
Seychelles |
152 |
176 |
21.9 % |
|
Sierra Leone |
237 |
219 |
27.50 % |
Sierra Leone |
2 141 |
6 820 |
86.8 % |
|
Singapour |
1 363 |
2 927 |
16.50 % |
Singapour |
1 923 |
2 262 |
6.1 % |
|
Slovénie |
195 |
498 |
6.70 % |
Slovénie |
591 |
1 878 |
7.9 % |
|
Somalie |
155 |
663 |
51.00 % |
Somalie |
354 |
5 428 |
66.5 % |
|
Soudan |
797 |
2 950 |
21.60 % |
Soudan |
190 |
887 |
1.8 % |
|
Soudan du Sud |
0 |
20 |
4.30 % |
Soudan du Sud |
0 |
293 |
6.1 % |
|
Sri Lanka |
4 696 |
9 440 |
26.40 % |
Sri Lanka |
2 183 |
5 443 |
10.9 % |
|
Suède |
1 016 |
2 595 |
5.50 % |
Suède |
1 995 |
4 882 |
4.2 % |
|
Suisse |
1 214 |
3 312 |
8.00 % |
Suisse |
1 539 |
6 786 |
4.1 % |
|
Suriname |
39 |
649 |
46.00 % |
Suriname |
18 |
1 883 |
49.1 % |
|
Swaziland |
9 |
4 |
2.40 % |
Swaziland |
37 |
24 |
0.8 % |
|
Syrie |
6 521 |
14 864 |
32.00 % |
Syrie |
1 688 |
5 497 |
14.6 % |
|
Tadjikistan |
77 |
302 |
1.50 % |
Tadjikistan |
248 |
1 192 |
2.0 % |
|
Taïpei chinois |
14 |
8 151 |
|
Taïpei chinois |
14 |
5 205 |
|
|
Tanzanie |
1 025 |
957 |
14.20 % |
Tanzanie |
1 002 |
1 675 |
5.0 % |
|
Tchad |
69 |
122 |
10.8 % |
Tchad |
140 |
112 |
4.1 % |
|
Tchéquie |
1 703 |
4 481 |
9.30 % |
Tchéquie |
2 135 |
6 226 |
6.3 % |
|
Thaïlande |
1 405 |
1 740 |
4.60 % |
Thaïlande |
3 259 |
7 070 |
3.0 % |
|
Timor-Leste |
35 |
38 |
3.70 % |
Timor-Leste |
61 |
96 |
5.6 % |
|
Togo |
159 |
351 |
33.90 % |
Togo |
262 |
1 657 |
40.3 % |
|
Tonga |
23 |
108 |
51.90 % |
Tonga |
449 |
631 |
57.8 % |
|
Trinité-et-Tobago |
1 205 |
1 716 |
21.20 % |
Trinité-et-Tobago |
9 815 |
9 237 |
61.6 % |
|
Tunisie |
2 680 |
4 876 |
23.60 % |
Tunisie |
795 |
3 477 |
12.3 % |
|
Türkiye |
2 691 |
6 649 |
3.70 % |
Türkiye |
3 534 |
12 338 |
5.1 % |
|
Turkménistan |
11 |
42 |
0.30 % |
Turkménistan |
51 |
231 |
1.0 % |
|
Tuvalu |
0 |
0 |
0.00 % |
Tuvalu |
10 |
10 |
19.6 % |
|
Ukraine |
3 893 |
12 979 |
8.80 % |
Ukraine |
4 342 |
23 884 |
8.8 % |
|
Uruguay |
476 |
742 |
4.50 % |
Uruguay |
529 |
896 |
3.5 % |
|
Vanuatu |
5 |
35 |
41.90 % |
Vanuatu |
20 |
29 |
7.6 % |
|
Venezuela |
1 711 |
9 689 |
16.00 % |
Venezuela |
1 358 |
5 436 |
8.3 % |
|
Viet Nam |
7 392 |
9 922 |
10.6 % |
Viet Nam |
6 643 |
21 517 |
16.8 % |
|
Yémen |
351 |
804 |
11.2 % |
Yémen |
269 |
487 |
3.6 % |
|
Zambie |
567 |
993 |
17.1 % |
Zambie |
847 |
3 285 |
10.6 % |
|
Zimbabwe |
849 |
1 917 |
49.2 % |
Zimbabwe |
3 755 |
20 194 |
35.2 % |
1. Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut et est conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu'à l'avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la déclaration d'indépendance du Kosovo.
← 1. Les moyennes de l’OCDE concernant les médecins et les infirmiers nés à l’étranger présentées dans ce chapitre sont calculées à partir du Total OCDE* dans chaque tableau, en s’appuyant sur les pays pour lesquels on dispose de données homogènes pour 2000/01, 2010/11 et 2020/21.
← 2. Protokol o rovnocennosti dokumentů o vzdělání, vědeckých hodnostech a titulech, které jsou vydávány nebo udělovány v Československé socialistické republice a ve Svazu sovětských socialistických republik.