Population née à l’étranger – 2024 | 32.2 % de la population | Principaux pays de naissance : |
2.9 millions, 51 % de femmes | Évolution depuis 2014: +25 % | Allemagne (13 %), Italie (10 %), Portugal (7 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Suisse
Copier le lien de SuisseEn 2024, la Suisse a accueilli 136 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut), soit une baisse de 6.2 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 74 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 2 % de migrants de travail, 15 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 10 % de migrants humanitaires. Environ 6 300 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 3 300 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers. L’Allemagne, la France et l’Italie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Portugal a enregistré la plus forte augmentation (3 100) et la Croatie la plus forte diminution (‑600) des flux vers la Suisse par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 15 %, pour atteindre environ 23 000. La majorité des demandeurs étaient originaires d’Afghanistan (5 000), de Türkiye (3 800) et d’Algérie (2 000). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants algériens (300) et la plus forte diminution les ressortissants turcs (‑2 900). Sur les 25 000 décisions prises en 2024, 66 % étaient positives.
L’émigration des citoyens suisses vers les pays de l’OCDE a diminué de 5 % en 2023, pour atteindre 9 700 personnes. Environ 22 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 20 % vers l’Allemagne et 7 % vers les Pays-Bas.
La Suisse a maintenu son quota d’immigration pour les ressortissants de pays tiers au même niveau entre 2024 et 2025, soit 8 500 personnes, auquel s’ajoute un contingent distinct de 3 500 ressortissants britanniques. Ces deux quotas n’ont pas été dépassés au cours des années précédentes. Depuis le 1er janvier 2025, les ressortissants croates ont pleinement accès au marché du travail suisse. Une clause de sauvegarde peut toutefois être appliquée en cas de dépassement d’un certain seuil (en 2026 uniquement).
Dans le cadre d’une initiative visant à soutenir à la fois l’offre de main-d’œuvre qualifiée au niveau national et l’intégration des réfugiés, le Secrétariat d’État aux migrations a lancé, en collaboration avec les universités suisses, un projet pilote en mars 2025 afin d’aider les réfugiés dotés d’un fort potentiel académique à accéder à l’enseignement universitaire. Les projets soutenus offriront aux participants un programme ciblé de préparation à l’entrée dans un cursus d’enseignement supérieur.
Les réfugiés ukrainiens se voient accorder le statut de protection « S » au terme d’une procédure accélérée. Cette protection temporaire (statut S) a été prolongée jusqu’en mars 2026 pour garantir une certaine sécurité juridique à ses bénéficiaires. Dans le cas des réfugiés ukrainiens, la Suisse adopte une approche visant un double objectif, dans la mesure où l’intégration sociale et l’insertion professionnelle sont encouragées dès le départ. Les qualifications obtenues en Suisse n’ont pas uniquement pour but d’intégrer les réfugiés au marché du travail intérieur, elles leur seront également utiles une fois rentrés dans leur pays d’origine. Parallèlement à cela, certains obstacles juridiques à l’accès au marché du travail ont été réduits. Dans le secteur de l’éducation, une exemption des frais de scolarité a été accordée aux étudiants ukrainiens pour l’année universitaire 2024/25.
De son côté, le Secrétariat d’État aux migrations a modifié son évaluation des demandes d’asile émanant de ressortissants afghans en avril 2025, estimant le retour en Afghanistan raisonnablement exigible pour certaines catégories de demandeurs, comme les hommes adultes célibataires et en bonne santé, si les circonstances sont favorables.
Le gouvernement suisse a également renforcé l’application de la législation en matière d’immigration. La nouvelle Division Identification et Vérification de sécurité a été créée en janvier 2025 dans le but de soutenir différentes divisions du Secrétariat d’État aux migrations, d’autres offices fédéraux et cantonaux, ainsi que les autorités étrangères lors de la vérification de l’identité des ressortissants étrangers. Elle constitue par ailleurs un point d’accès à la banque de données européenne d’empreintes digitales Eurodac et au système d’information Schengen.
Face aux évolutions plus générales observées en Europe, le Conseil fédéral a adopté en mars 2025 les parties du Pacte sur la migration et l’asile de l’UE juridiquement contraignantes pour la Suisse en raison de son association à Schengen et Dublin/Eurodac. Bien que la Suisse ne soit pas soumise à l’obligation de quotas ou aux contributions financières prévues dans le Règlement relatif à la gestion de l’asile et de la migration, le Conseil fédéral a fait part de son soutien à la mise en place de mesures de solidarité volontaires.
La Suisse a par ailleurs poursuivi ses efforts de coopération internationale en matière de migrations. La Direction du développement et de la coopération (DDC) a approfondi ses partenariats pour la migration avec certains pays, dont la Bosnie‑Herzégovine, le Kosovo1, le Nigéria, la Serbie, le Sri Lanka et la Tunisie, en mettant l’accent sur la formation professionnelle et la gouvernance des migrations.
Par ailleurs, au titre de sa deuxième contribution en faveur de certains États membres de l’UE, la Suisse assure une assistance aux migrants, aux réfugiés et aux demandeurs d’asile. Différents projets axés sur l’asile et les infrastructures, ainsi que sur le retour volontaire et la réintégration, sont également mis en œuvre en vertu du crédit-cadre migration.
Pour plus d’informations : www.sem.admin.ch | www.eda.admin.ch.
Cette désignation est sans préjudice des positions sur le statut et est conforme à la résolution 1244/1999 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu'à l'avis consultatif de la Cour internationale de justice sur la déclaration d'indépendance du Kosovo.