En 2024, 180 000 nouveaux immigrés ont obtenu un permis de séjour de plus de 12 mois en Pologne (hors citoyens de l’UE), soit une baisse de 1.8 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 73 % de migrants de travail, 11.1 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 15.8 % d’autres migrants. Environ 24 000 permis de courte durée ont été délivrés à des étudiants internationaux et 206 000 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (hors migration intra-UE). En outre, 105 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés sont généralement employés sous contrat de courte durée.
L’Ukraine, le Bélarus et l’Allemagne étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2021.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 87 %, pour atteindre environ 14 000. La majorité des demandeurs étaient originaires d’Ukraine (6 100), du Bélarus (3 600) et d’Éthiopie (500). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants ukrainiens (4 500) et la plus forte diminution les ressortissants russes (‑500). Sur les 8 580 décisions prises en 2024, 82 % étaient positives.
L’émigration des citoyens polonais vers les pays de l’OCDE a diminué de 1 % en 2023, pour atteindre 136 000 personnes. Environ 40 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 19 % vers les Pays-Bas et 6 % vers la Suisse.
En octobre 2024, le Conseil des ministres polonais a adopté la stratégie « Reprendre le contrôle. Assurer la sécurité. » (Odzyskać kontrolę. Zapewnić bezpieczeństwo) pour 2025‑2030, axée sur la sécurité nationale, le contrôle des migrations et une approche sélective de l’immigration de travail. Cette stratégie définit plusieurs domaines principaux d’intervention, dont la régulation des règles d’entrée et de séjour des étrangers, l’accès à la protection internationale, les conditions d’accès au marché du travail pour répondre à la demande de métiers en tension, l’intégration, l’immigration étudiante, la citoyenneté et le rapatriement, et la politique à l’égard de la diaspora.
Conformément à sa stratégie migratoire, la Pologne a adopté en avril 2025 une réforme de simplification des procédures d’embauche pour les ressortissants étrangers afin de faciliter les recrutements et de renforcer la sécurité sur le marché du travail. Les principales modifications consistent en la suppression de l’examen du marché de l’emploi au profit d’une liste de « professions protégées » (laquelle peut être mise en œuvre en cas de durcissement des conditions du marché du travail local), la dématérialisation complète des procédures de délivrance des permis de travail et des exigences de conformité plus strictes pour les employeurs. Les contrats de travail doivent systématiquement être soumis aux autorités avant toute prise de poste et un seuil minimum d’emploi a été introduit pour pouvoir prétendre à un permis de travail. Une procédure accélérée sera par ailleurs proposée aux employeurs qui revêtent une importance cruciale pour l’économie polonaise ou qui recrutent dans des professions en pénurie de main-d’œuvre. Les ressortissants étrangers titulaires d’un visa d’études (non diplômantes) ou pour visite familiale, ou bénéficiant d’une dispense de visa ne seront désormais plus autorisés à travailler. Ces évolutions entreront en vigueur le 1er juin 2025.
La stratégie migratoire de la Pologne prévoit également des réglementations plus strictes pour la délivrance des visas étudiants, passant notamment par une vérification renforcée du parcours de formation et des compétences linguistiques, et ce, afin d’empêcher le recours aux visas étudiants comme moyen détourné pour séjourner légalement dans l’UE. Depuis juillet 2025, une nouvelle loi dispose que les étudiants en mobilité internationale doivent apporter la preuve d’une maîtrise du polonais au niveau B2. Les responsables des universités seront par ailleurs tenus de signaler aux autorités tout cas d’absentéisme d’un étudiant étranger. La part d’étudiants en mobilité internationale sera également plafonnée à 50 % du nombre total d’étudiants dans l’ensemble des universités.
En mars 2025, le parlement polonais a adopté une loi autorisant la suspension temporaire du droit de déposer une demande d’asile pour les personnes entrées illégalement dans le pays, notamment par la frontière avec le Bélarus. Cette mesure, jugée nécessaire par le gouvernement pour contrer l’instrumentalisation des migrations par des pays voisins, permet de restreindre ce droit pendant une durée de 60 jours renouvelables en cas de « menace grave et réelle à la sécurité ». Certaines catégories de personnes restent protégées, dont les mineurs et leurs familles, les femmes enceintes, les personnes nécessitant des soins particuliers, les personnes considérées comme exposées à un « risque réel de préjudice » en cas de reconduite à la frontière et les ressortissants de pays à l’origine de cette instrumentalisation.
Pour plus d’informations : migrant.info.pl | www.emn.gov.pl | www.mos.cudzoziemcy.gov.pl/en.