Population née à l’étranger – 2024 | 18.2 % de la population | Principaux pays de naissance : |
1 million, 49 % de femmes | Évolution depuis 2014: +44 % | Pologne (11 %), Ukraine (7 %), Suède (5 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Norvège
Copier le lien de NorvègeEn 2024, la Norvège a accueilli 36 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut), soit une baisse de 14 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 49 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 11 % de migrants de travail, 33 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 8 % de migrants humanitaires. Environ 3 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 6 500 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers.
L’Ukraine, la Pologne et la Syrie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Syrie a enregistré la plus forte augmentation (800) et l’Inde la plus forte diminution (‑500) des flux vers la Norvège par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 6.5 %, pour atteindre environ 4 800. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (2 100), d’Ukraine (800) et d’Érythrée (300). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants syriens (600) et la plus forte diminution les ressortissants ukrainiens (‑300). Sur les 2 660 décisions prises en 2024, 57 % étaient positives.
L’émigration des citoyens norvégiens vers les pays de l’OCDE a augmenté de 1 % en 2023, pour atteindre 8 800 personnes. Environ 20 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 20 % vers le Danemark et 16 % vers la Suède.
En 2025, la Norvège a adopté une politique migratoire plus restrictive, reflétant les préoccupations croissantes au sein du pays en termes de capacité et de viabilité. Les principales modifications concernent notamment la mise en œuvre d’une stratégie de retour pour la période 2025‑2030, destinée à faciliter les retours aussi bien volontaires que forcés. Axée sur des procédures respectueuses de la dignité humaine, cette stratégie vise à renforcer l’aide à la réintégration dans les pays d’origine et à coopérer avec ces derniers.
Des conditions de ressources plus strictes ont été introduites en janvier 2025 en matière d’immigration familiale, avec une augmentation du seuil de revenu pour les parrains. La Norvège a également continué d’ajuster son dispositif de protection collective temporaire à destination des Ukrainiens en restreignant les conditions d’admissibilité. Sont ainsi désormais exclus les binationaux ressortissants de l’Ukraine et d’un autre pays sûr, ainsi que les personnes originaires de régions ukrainiennes jugées sûres. Des restrictions de déplacement ont par ailleurs été mises en place, avec révocation possible des autorisations de retour en Norvège si les bénéficiaires repartent en Ukraine sans raison valable.
L’immigration étudiante a chuté en 2024, suite à l’application de frais de scolarité pour les étudiants non ressortissants de l’UE/AELE à l’automne 2023, laquelle a entraîné une baisse sensible du nombre d’inscriptions d’étudiants en mobilité internationale. En contrepartie, la Norvège a élargi son programme de bourses pour les étudiants de pays en développement. En 2024, le programme « Au pair » a été suspendu en raison des critiques suscitées par son utilisation abusive pour le recrutement d’une main-d’œuvre faiblement rémunérée. En matière d’asile, depuis juillet 2024, l’ensemble des demandes doivent être enregistrées au Centre national des arrivées de Råde et seules les personnes vulnérables bénéficient d’une prise en charge de leur transport. En vertu d’une modification temporaire de la loi sur la location immobilière, les baux de maisons de vacances ne peuvent désormais plus être utilisés dans le cadre de l’hébergement de réfugiés.
La loi sur l’immigration reste l’élément central des politiques du pays en la matière, puisqu’elle réglemente les cours de langue norvégienne et d’études sociales, le programme d’introduction et les responsabilités des communes. Le programme d’introduction a en outre été davantage axé sur le travail et l’autonomie, et il prévoit depuis juillet 2024 une obligation de 15 heures hebdomadaires d’activités axées sur l’emploi après les trois premiers mois. Un amendement adopté en juillet 2024 a également réduit les prestations pour certaines catégories de personnes (ex. : ménages sans enfants dont les deux membres travaillent).
Une refonte du système de reconnaissance des qualifications a été opérée sous l’égide de la Direction norvégienne de l’enseignement supérieur et des compétences (Direktoratet for høyere utdanning og kompetanse, HK-dir). Les formations étrangères sont désormais évaluées plus rapidement et les employeurs peuvent bénéficier d’une procédure accélérée sur cinq jours. Un nouveau système automatique de reconnaissance permet de faciliter l’accès au marché du travail, en particulier pour les ressortissants ukrainiens et des pays de l’EEE.
Le soutien à l’intégration a été renforcé dans l’enseignement préscolaire et scolaire grâce à une nouvelle législation facilitant la création de structures d’accueil temporaires pour les jeunes enfants réfugiés ukrainiens. L’enseignement primaire est garanti pour l’ensemble des enfants censés séjourner plus de trois mois en Norvège, et ce, quel que soit leur statut. Des subventions nationales et communales sont prévues pour soutenir les structures accueillant des effectifs nombreux d’enfants parlant une langue minoritaire.
Pour lutter contre les discriminations et promouvoir l’égalité, le gouvernement a adopté un plan d’action contre le racisme anti-musulman pour la période 2025‑2030. Ce plan compte 30 mesures visant à soutenir la société civile, à améliorer la collecte de données et à promouvoir l’éducation à la diversité.
Pour plus d’informations : www.udi.no | www.imdi.no | www.regjeringen.no.