Population née à l’étranger – 2020 | 1 % de la population | Principaux pays de naissance : |
1.2 million, 49 % de femmes | Évolution depuis 2014: +29 % | États-Unis (66 %), Guatemala (5 %), Espagne (2 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Mexique
Copier le lien de MexiqueEn 2024, le Mexique a accueilli 72 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut), soit 3.7 % de plus qu’en 2023. Ce chiffre comprend 6 % de migrants de travail, 46 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 36 % de migrants humanitaires. Environ 5 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 28 400 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers.
Le Honduras, le Guatemala et les États-Unis étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Guatemala a enregistré la plus forte augmentation (2 400) et le Venezuela la plus forte diminution (‑3 500) des flux vers le Mexique par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 44 %, pour atteindre environ 79 000. La majorité des demandeurs étaient originaires du Honduras (28 000), de Cuba (18 000) et d’Haïti (11 000). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants péruviens (200) et la plus forte diminution les ressortissants haïtiens (‑33 000). Sur les 70 000 décisions prises en 2024, 39 % étaient positives.
L’émigration des citoyens mexicains vers les pays de l’OCDE a augmenté de 32 % en 2023, pour atteindre 217 000 personnes. Environ 88 % de ce groupe a émigré vers les États-Unis, 4 % vers l’Espagne et 3 % vers le Canada.
En février 2024, le Mexique a présenté sa stratégie globale de mobilité humaine (Estrategia Integral de Movilidad Humana), élaborée à partir du modèle mexicain de mobilité humaine (Modelo Mexicano de Movilidad Humana) afin de répondre aux besoins humanitaires immédiats et de s’attaquer aux causes structurelles des migrations, et ce, en mettant l’accent sur la coopération pour le développement régional. Ce modèle comprend des mesures destinées à fournir une assistance humanitaire aux nouveaux arrivants, à renforcer la sécurité aux frontières, à développer les voies légales d’immigration, à soutenir la diaspora mexicaine et à améliorer les conditions de vie dans les pays et localités d’origine des migrants. La coordination de ces mesures est assurée par l’intermédiaire de la Commission interministérielle chargée du suivi global des questions migratoires (Comisión Intersecretarial para la Atención Integral en Materia Migratoria, CIAIMM). En octobre 2024, le nouveau gouvernement a ratifié la stratégie globale de mobilité humaine, assurant par là même la continuité de la politique migratoire du pays.
Dans le cadre de cette stratégie globale de mobilité humaine, le Mexique a élargi aux pays de la région (dont le Belize, la Colombie, Cuba, l’Équateur, El Salvador, Haïti, le Honduras et le Panama) ses programmes sociaux phares, Jóvenes Construyendo el Futuro (Bâtir l’avenir avec la jeunesse) et Sembrando Vida (Semer la vie). Le gouvernement s’est engagé à développer les filières d’immigration régulière de travail, à encourager la création d’emplois et à accroître les possibilités d’emploi légales. Pour soutenir cette initiative, le Mexique a créé une plateforme numérique appelée « México te emplea » (Le Mexique vous emploie) pour favoriser l’insertion professionnelle des migrants et des réfugiés. La plateforme réunit des offres d’emploi, des outils et des ressources en matière de droit des travailleurs, de formation et de développement professionnel. En septembre 2024, plus de 6 000 offres d’emploi avaient déjà été ouvertes aux migrants, en coopération avec plus de 380 entreprises.
La stratégie mexicaine de mobilité humaine porte également sur les flux d’immigration irrégulière. En septembre 2024, la CIAIMM faisait état d’une baisse de 66 % de l’immigration irrégulière par rapport à 2023. Ce résultat est attribué à un renforcement de la sécurité le long des routes migratoires, à la mise en œuvre d’initiatives de lutte contre la traite des êtres humains et à la création de centres d’intégration pour les migrants. Par ailleurs, en prévision d’éventuelles expulsions massives depuis les États‑Unis, le gouvernement a établi des centres d’hébergement temporaires dans les villes frontalières du Nord. Il a également mis en place le programme México Te Abraza (Le Mexique vous accueille), une stratégie de rapatriement visant à assurer l’accueil des Mexicains de retour des États‑Unis, à protéger leurs droits et à faciliter leur réintégration dans leur localité d’origine. Les autorités ont collaboré avec les organisations locales afin de fournir un hébergement aux Mexicains de retour dans leur pays et ont adopté des mesures pour garantir le transfert en toute sécurité des demandeurs d’asile.
Fin 2024, le président a demandé aux États‑Unis de renvoyer directement les migrants non ressortissants du Mexique dans leurs pays d’origine respectifs. En février 2025, dans le cadre d’un accord visant à suspendre les droits de douane américains sur les importations en provenance du Mexique, des troupes mexicaines ont été mobilisées aux postes frontières enregistrant des flux importants de franchissements illégaux.
En janvier 2025, pour aider les ressortissants mexicains menacés d’expulsion, le gouvernement a mis en place une application mobile (ConsulApp Contigo), dotée d’un « bouton de panique » qui permet aux Mexicains détenus par les autorités aux États‑Unis de prévenir les consulats et les membres de leur famille. Le Mexique a également élargi l’offre de services de ses consulats aux États‑Unis de manière à répondre aux besoins croissants de la diaspora mexicaine et a notamment mis en place une ligne d’assistance consulaire ouverte 24 heures sur 24.
En janvier 2025, le Mexique a organisé le Forum pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (Foro de Consulta para una Migración Ordenada, Segura y Regular), lors duquel le gouvernement a souligné la nécessité d’engager des réformes au niveau national, dont l’élaboration d’une nouvelle loi sur l’immigration, la restructuration de l’Institut national des migrations (Instituto Nacional de Migración) et le renforcement des services d’aide aux migrants. La ville de Mexico a par ailleurs annoncé l’adoption d’un plan visant à garantir l’accès de l’ensemble des migrants de la ville au logement, à l’emploi, à la santé et à l’éducation à l’horizon de mars 2025.
Pour plus d’informations : www.politicamigratoria.gob.mx | www.comar.gob.mx.