Population née à l’étranger – 2024 | 9.4 % de la population | Principaux pays de naissance : |
0.3 million, 46 % de femmes | Évolution depuis 2014: +95 % | Bélarus (25 %), Russie (24 %), Ukraine (23 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Lituanie
Copier le lien de LituanieEn 2024, la Lituanie a accueilli 5 700 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit une baisse de 18 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 11 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 32 % de migrants de travail, 51 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 3 % de migrants humanitaires. Environ 5 900 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 50 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (hors migration intra-UE). En outre, 9 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés sont généralement employés sous contrat de courte durée.
Le Bélarus, l’Ukraine et l’Ouzbékistan étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Bélarus a enregistré la plus forte augmentation (5 900) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑50 000) des flux vers la Lituanie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 42 %, pour atteindre environ 300. La majorité des demandeurs étaient originaires du Bélarus (100), de Russie (40) et d’Ukraine (25). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants ukrainiens (20) et la plus forte diminution les ressortissants bélarussiens (‑200). Sur les 400 décisions prises en 2024, 48 % étaient positives.
L’émigration des citoyens lituaniens vers les pays de l’OCDE a diminué de 8 % en 2023, pour atteindre 17 000 personnes. Environ 17 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 14 % vers la Norvège et 13 % vers l’Espagne.
La Lituanie a mis en place différentes mesures visant à affiner sa politique d’immigration de travail et à améliorer le respect de la réglementation. Les modifications adoptées en 2024 avaient pour objectif d’assurer une meilleure adéquation des migrations avec les priorités nationales en maîtrisant les entrées de travailleurs peu qualifiés et en augmentant les admissions de travailleurs hautement qualifiés.
Un nouveau quota maximum d’immigration, fixé à 1.4 % de la population résidente, a également été instauré. Le quota d’emplois applicable aux ressortissants de pays tiers s’élève à 24 830 pour l’année 2025, et ce, sans ventilation par activité économique. Une fois ce seuil atteint, tout recrutement à l’étranger doit être proposé à un salaire supérieur à la moyenne nationale. Ce quota ne concerne pas les spécialistes hautement qualifiés.
En 2024, la Lituanie a aussi mis en place des mesures complémentaires favorisant le respect de la réglementation. Depuis le mois de décembre, seuls les ressortissants de pays comptant un prestataire de services externe approuvé par la Lituanie ont la possibilité de demander un permis de résidence temporaire par l’intermédiaire de ce type de prestataire. Les ressortissants hautement qualifiés de pays tiers, les étudiants, les chercheurs et chargés de cours, les professionnels des TIC et les membres de leur famille peuvent demander un permis de résidence temporaire dans tout pays où un prestataire de services externe approuvé par la Lituanie mène des activités. Les ressortissants de pays tiers peuvent quant à eux déposer une demande de permis de résidence temporaire en Lituanie.
La sécurité aux frontières a également été renforcée grâce au plan de gestion intégré des frontières pour 2024‑2028, dont l’objectif est d’améliorer la coordination interinstitutionnelle, les infrastructures et la surveillance, en mettant l’accent sur la coopération régionale et au sein de l’UE. En avril 2025, le parlement a durci les sanctions à l’encontre des ressortissants russes et autorisé l’annulation de leurs permis de séjour dès lors qu’ils se rendent en Russie ou au Bélarus plus d’une fois sur une période de trois mois, et ce, sans motif valable. En parallèle, un nouveau plan d’action de lutte contre la traite des êtres humains a été adopté en juillet 2024 pour la période 2024‑2026. Il prévoit notamment une formation spécialisée pour les fonctionnaires afin de mieux identifier les victimes.
Sous l’égide du ministère de la Sécurité sociale et du Travail, une nouvelle agence d’accueil et d’intégration a débuté ses activités en janvier 2025 afin de garantir aux demandeurs d’asile des conditions d’accueil adaptées. Ses missions incluent la fourniture de logements provisoires, de solutions de transport et de services juridiques, mais aussi l’évaluation de l’âge et un examen médical. Les bénéficiaires d’une protection temporaire ou internationale peuvent être hébergés gratuitement dans un logement de l’agence d’accueil et d’intégration pour une durée maximale de six mois. Cette durée peut être prolongée d’un mois supplémentaire (ou de trois mois supplémentaires dans le cas des personnes vulnérables). Au terme de cette période, les bénéficiaires d’une protection temporaire ou internationale, et autres groupes vulnérables, peuvent conserver leur logement d’accueil, à leurs frais, pour une durée maximale de trois mois.
En janvier 2025, la Lituanie a adopté un nouveau plan stratégique d’amélioration de l’intégration des immigrés. Des coordinateurs de la politique d’intégration des résidents étrangers ont été recrutés dans 16 des 60 municipalités (couvrant ainsi 65 % des résidents étrangers dans le pays), où ils œuvrent à l’élaboration de mesures d’intégration propres au contexte local qui sont axées notamment sur l’adaptation socioculturelle, la santé mentale, l’accès à l’information et la formation linguistique.
Les efforts de mobilisation de la diaspora lituanienne se sont également accentués. En octobre 2024, le gouvernement a approuvé le plan d’action « Globali Lietuva » (La Lituanie dans le monde) pour 2025‑2027, rassemblant près d’une centaine d’institutions. Ce plan d’action vise à favoriser l’identité culturelle, le dialogue avec les jeunes et les migrations de retour par l’intermédiaire de programmes éducatifs ciblés et de programmes exécutés à l’échelon local.
Pour plus d’informations : www.migracija.lt | www.stat.gov.lt | www.emn.lt.