Population née à l’étranger – 2024 | 11.2 % de la population | Principaux pays de naissance : |
6.7 millions, 53 % de femmes | Évolution depuis 2014: +16 % | Roumanie (13 %), Albanie (8 %), Maroc (7 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Italie
Copier le lien de ItalieEn 2024, l’Italie a accueilli 169 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 16 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 23 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 10 % de migrants de travail, 61 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 5 % de migrants humanitaires. Environ 20 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 17 300 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 169 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 27 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Ukraine, l’Albanie et la Roumanie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, l’Égypte a enregistré la plus forte augmentation (8 300) et la Roumanie la plus forte diminution (‑5 100) des flux vers l’Italie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 16 %, pour atteindre environ 151 000. La majorité des demandeurs étaient originaires du Bangladesh (33 000), du Pérou (16 000) et du Pakistan (12 000). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants bangladais (9 700) et la plus forte diminution les ressortissants égyptiens (‑6 600). Sur les 79 000 décisions prises en 2024, 36 % étaient positives.
L’émigration des citoyens italiens vers les pays de l’OCDE est restée stable en 2023, pour atteindre 152 000 personnes. Environ 32 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 15 % vers l’Allemagne et 13 % vers la Suisse.
Le gouvernement italien a mis en œuvre une série de mesures visant à simplifier les procédures d’admission des travailleurs étrangers. En octobre 2024, le décret-loi n° 145/2024 a introduit plusieurs changements, dont la dématérialisation du contrat de séjour et de l’accord d’intégration, ainsi que des exigences en matière de données biométriques pour la délivrance des visas à partir de janvier 2025. Les délais d’attente pour la réalisation de l’évaluation de la situation de l’emploi ont été ramenés à huit jours. Depuis janvier 2025, les employeurs désireux d’embaucher les demandeurs d’une carte bleue européenne ou d’un permis de travail soumis à quota doivent confirmer leur intérêt dans un délai d’une semaine à compter de la notification de l’approbation afin que le processus de délivrance puisse suivre son cours.
Les quotas de permis de travail alloués par l’Italie pour 2024 portent au total sur 151 000 permis (contre 136 000 en 2023), dont 61 250 pour les travailleurs non saisonniers, 89 050 pour les travailleurs saisonniers et 700 pour les travailleurs indépendants.
À la suite de la révision en novembre 2023 de la législation italienne relative à la carte bleue européenne, une circulaire d’application a été publiée en mars 2024 en vue de clarifier les nouvelles règles. Une voie d’accès à la carte bleue européenne reposant sur l’expérience professionnelle a été ouverte aux candidats ne possédant pas de diplômes universitaires, mais ayant à leur actif cinq années d’expérience professionnelle dans le domaine correspondant, ou trois années dans le secteur des technologies de l’information. La circulaire exige également que les employeurs qui parrainent la demande de carte bleue européenne démontrent qu’aucun travailleur local (quelle que soit sa nationalité) n’était disponible pour le poste en question. Les personnes hautement qualifiées titulaires d’un permis en qualité de chercheur ou d’un permis de l’UE pour le secteur des TIC (qui peuvent désormais obtenir une carte bleue européenne sans avoir à quitter l’Italie pour ce faire) bénéficient d’une exemption de l’évaluation de la situation de l’emploi.
L’Italie a créé en avril 2024 un visa nomade numérique qui permet aux ressortissants de pays tiers de résider en Italie et d’exercer à distance un travail hautement qualifié en qualité de travailleurs indépendants ou pour le compte d’employeurs étrangers pour une durée maximale de 12 mois (renouvelable). Un permis familial leur permet d’être accompagnés de leurs personnes à charge. Les critères pour bénéficier de ce visa incluent une expérience préalable du travail à distance ou en tant que nomade numérique, et des compétences professionnelles équivalentes à celles exigées pour la carte bleue européenne.
En mars 2024, l’Italie et la Tunisie ont signé un protocole d’accord en vue de faciliter l’entrée de 12 000 travailleurs tunisiens sur une période de trois ans pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre en Italie. En avril 2024, un projet pilote d’un an a été mis en œuvre pour faire venir 300 travailleurs du Liban, d’Éthiopie et de Côte d’Ivoire dans le cadre d’un système de « corridors de travailleurs ».
D’autres changements sont également intervenus : depuis le 1er juin 2024, les ressortissants étrangers ayant le statut de personne à charge dont le séjour est d’une durée supérieure à 90 jours et a pour finalité le regroupement familial doivent demander un visa national « pour raisons familiales » (de type D) et non pas un visa de court séjour. En outre, en janvier 2024, le montant des amendes dont sont passibles les citoyens italiens qui omettent de s’enregistrer alors qu’ils résident à l’étranger a été relevé.
En mars 2025, le décret-loi n° 36/2025 a apporté d’importantes modifications à la loi sur la nationalité, notamment en restreignant l’acquisition automatique de la nationalité par filiation aux personnes dont au moins un parent ou un grand-parent est né en Italie. En mai 2025, un autre décret a élargi le recours aux centres de rétention des migrants situés en Albanie de manière à pouvoir y envoyer les migrants visés par un arrêté d’expulsion en Italie.
En décembre 2024, la loi 187/2024 a instauré des règles plus strictes pour le regroupement familial en Italie. La plupart des ressortissants étrangers doivent à présent compter deux années consécutives de résidence légale dans le pays avant de pouvoir demander à y faire venir les membres de leur famille – comme leur conjoint, leurs enfants adultes handicapés, ou leurs parents sous certaines conditions. Cette règle ne s’applique pas aux titulaires d’une protection internationale ni aux enfants mineurs de moins de 18 ans.
Pour plus d’informations : www.lavoro.gov.it/ | www.integrazionemigranti.gov.it/