En 2024, 67 000 nouveaux immigrés ont obtenu un permis de séjour de plus de 12 mois en Hongrie (à l’exclusion des citoyens de l’UE), soit 5.9 % de plus qu’en 2023. Ce chiffre comprend 72.2 % de migrants de travail, 7 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante), 19.7 % venus pour des raisons éducatives et 1.2 % d’autres migrants. Environ 7 400 permis de courte durée ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale et 7 400 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 54 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 28 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
Le Viet Nam, les Philippines et l’Ukraine étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, le Viet Nam a enregistré la plus forte augmentation (7 500) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑10 000) des flux vers la Hongrie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 17 %, pour atteindre environ 25. Sur les 25 décisions prises en 2024, 60 % étaient positives.
L’émigration des citoyens hongrois vers les pays de l’OCDE a augmenté de 13 % en 2023, pour atteindre 50 000 personnes. Environ 35 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 29 % vers l’Autriche et 9 % vers les Pays-Bas.
La nouvelle loi sur l’immigration de la Hongrie est entrée en vigueur le 1er mars 2024. Elle remanie considérablement le système d’immigration, en créant de nouveaux permis de travail et en modifiant les permis existants. L’ancien « permis unique » a été remplacé par une série de nouveaux types de permis de travail, notamment le permis de « travailleur invité » pour les emplois temporaires peu qualifiés, la « carte hongroise » pour les travailleurs hautement qualifiés et le « permis de séjour aux fins de détachement » pour les travailleurs détachés à l’intérieur de l’UE. Le permis de séjour « à d’autres fins » a été supprimé.
Le nouveau permis de « travailleur invité » est assorti d’importantes restrictions. Il ne peut être accordé que pour un éventail réduit de métiers, dont sont exclues environ 300 professions inscrites sur une liste, et uniquement pour des « employeurs préférentiels » ou des « agences de travail temporaire agréées » dûment enregistrés. Les permis de travailleur invité ont une validité de deux ans et peuvent être prorogés de 12 mois. Les travailleurs invités ne peuvent pas se reporter sur d’autres types de permis, ni aspirer à obtenir la résidence permanente, pas plus qu’ils ne sont en droit de demander un regroupement familial. Les employeurs de travailleurs invités sont soumis à des obligations déclaratives plus strictes, et ils doivent veiller à ce que le « travailleur invité » quitte la Hongrie après la cessation de son emploi ; à défaut, ils s’exposent à de lourdes amendes pour non-respect de la réglementation.
En janvier 2025, la possibilité de bénéficier d’un permis de travailleur invité a été limitée aux seuls ressortissants d’une liste restreinte de pays répondant à certains critères. Seules l’Arménie, la Géorgie et les Philippines figuraient sur cette liste, mais à l’avenir celle‑ci pourrait s’allonger. En outre, les quotas cumulés en matière de travailleurs invités ont encore diminué, le nombre maximal d’admissions ayant été ramené de 65 000 en 2024 à 35 000 en 2025. À partir de juillet 2024, un autre type de permis de travail baptisé « carte nationale » – à l’origine exclusivement destinée aux Serbes et aux Ukrainiens dans les métiers en tension – n’est plus réservé à certaines professions et peut désormais être obtenu par les ressortissants de huit pays, dont le Bélarus, la Bosnie‑Herzégovine, la Macédoine du Nord, le Monténégro, la République de Moldova et la Russie.
Parallèlement à la carte bleue européenne, la nouvelle loi sur l’immigration a créé un nouveau permis baptisé « carte hongroise », destiné aux travailleurs hautement qualifiés diplômés de l’enseignement supérieur dans certains domaines – en particulier dans les secteurs de l’ingénierie ou des technologies de l’information – ou qui se consacrent au sport ou aux arts du spectacle. La « carte hongroise » est valable trois ans et peut être indéfiniment renouvelée, et elle permet le changement de statut, l’accès à la résidence permanente et le regroupement familial. À compter du 15 juillet 2025, les nomades numériques qui demandent à bénéficier d’une carte blanche hongroise doivent satisfaire des exigences accrues en matière de revenus. La Hongrie a également relancé son programme de visa investisseur à travers le permis de séjour « investisseur invité ». Ce programme confère le droit de travailler et de séjourner dans le pays pour une durée de dix ans (renouvelable une fois).
Pour plus d’informations : https://oif.gov.hu/