Population née à l’étranger – 2024 | 9.5 % de la population | Principaux pays de naissance : |
0.5 million, 48 % de femmes | Évolution depuis 2014: +76 % | Ex. URSS (14 %), Estonie (9 %), Suède (6 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Finlande
Copier le lien de FinlandeEn 2024, la Finlande a accueilli 35 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 19 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 16 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 22 % de migrants de travail, 55 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 6 % de migrants humanitaires. Environ 12 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 5 300 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 39 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 24 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Ukraine, la Russie et les Philippines étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, l’Ukraine a enregistré la plus forte augmentation (18 000) et la Russie la plus forte diminution (‑1 600) des flux vers la Finlande par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 49 %, pour atteindre environ 2 300. La majorité des demandeurs étaient originaires de Somalie (300), d’Afghanistan (200) et de Türkiye (200). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants nigérians (50) et la plus forte diminution les ressortissants syriens (‑500). Sur les 2 500 décisions prises en 2024, 54 % étaient positives.
L’émigration des citoyens finlandais vers les pays de l’OCDE a diminué de 3 % en 2023, pour atteindre 9 200 personnes. Environ 18 % de ce groupe a émigré vers la Suède, 15 % vers l’Espagne et 11 % vers les Pays-Bas.
Un certain nombre de réformes des politiques ont été mises en œuvre afin de limiter l’afflux de demandeurs d’asile. Depuis juillet 2024, la loi sur la sécurité des frontières permet de restreindre les demandes d’asile dans certaines zones frontalières, avec notamment le maintien de la fermeture des postes-frontières terrestres avec la Russie, effective depuis le 4 avril 2024. Le gouvernement a en outre décidé de plafonner à 500 personnes le quota annuel de réfugiés réinstallés à compter de 2024. Par ailleurs, bien que la Finlande continue de mettre en œuvre la directive de l’UE sur la protection temporaire des Ukrainiens déplacés, qui a été prorogée jusqu’au 4 mars 2026, les conditions pour en bénéficier ont été durcies de manière à en exclure les ressortissants de pays tiers qui détenaient un permis temporaire en Ukraine avant le conflit. Les modifications apportées à la loi sur les étrangers interdisent désormais aux demandeurs d’asile de se rabattre sur les procédures d’obtention d’un permis de séjour au titre du travail ou des études tant qu’ils restent en Finlande.
Toutefois, la Finlande a parallèlement poursuivi les efforts déployés pour attirer des talents afin de soutenir l’offre de main-d’œuvre dans le pays via le programme Talent Boost. Les stratégies mises en œuvre comprennent notamment un modèle de partenariat comportant des mesures ciblées destinées à accroître les recrutements auprès de certains pays d’origine. Sur le plan législatif, le 13 mai 2024, la Finlande a mis en application de nouvelles règles concernant la carte bleue européenne afin d’attirer des professionnels hautement qualifiés. Parallèlement, la Finlande a durci les conditions d’obtention des permis de séjour pour les travailleurs salariés en exigeant, à compter de janvier 2025, que leur salaire mensuel soit au moins égal à 1 600 EUR. En outre, les ressortissants exemptés de visa et les titulaires d’un visa Schengen ne peuvent plus demander la plupart des premiers permis de séjour, notamment au titre du travail ou des études, alors qu’ils sont présents dans le pays, exception faite de certaines catégories de population comme les membres de la famille de citoyens finlandais ou les chercheurs. Cette mesure vise à promouvoir une bonne gestion de l’immigration en imposant que la demande d’un premier permis soit formulée à l’étranger.
Le gouvernement finlandais a également procédé à d’importantes modifications de ses politiques d’intégration, en vue d’encourager l’autosuffisance et de réduire les dépenses publiques. La durée du remboursement aux communes du soutien qu’elles apportent à l’intégration des réfugiés s’en est trouvée raccourcie (de quatre à trois ans pour les réfugiés soumis à des quotas, et de trois à deux ans pour les autres bénéficiaires d’une protection internationale). En outre, certaines autres indemnités versées aux communes et aux comtés de services de bien-être ont également été supprimées ou réduites (comme le montant des transferts prédéfinis, le remboursement de l’aide au revenu, ou encore celui des frais d’interprétation). Par ailleurs, les immigrés qui n’informent pas les autorités des rendez-vous d’intégration manqués peuvent se voir facturer des frais pour les services d’interprétation non utilisés. Qui plus est, depuis juillet 2024, l’âge maximum au-delà duquel les mineurs non accompagnés précédemment pris en charge ne pourront plus bénéficier d’un soutien a été abaissé de 25 à 23 ans.
La stratégie d’intégration de la Finlande est de plus en plus axée sur l’emploi, et de nouvelles mesures ont été prises pour établir un lien plus étroit entre les permis de séjour au titre du travail et l’exercice effectif d’une activité professionnelle. Par exemple, certaines mesures récemment envisagées auraient pour effet de contraindre les titulaires d’un permis au titre du travail à quitter la Finlande s’ils restent au chômage plus de trois mois, sauf dans le cas des spécialistes et des entrepreneurs, qui disposeraient d’un délai de six mois pour trouver un emploi.
En dernier lieu, le gouvernement finlandais a restreint l’accès à la nationalité en réformant la loi sur la nationalité et en portant de cinq à huit ans la durée de résidence requise pour la naturalisation. Seul le temps passé dans le pays avec un permis de séjour valable sera pris en compte à cet effet.
Pour plus d’informations : https://intermin.fi/ | https://tem.fi/ | www.emn.fi.