Population née à l’étranger – 2024 | 17.9 % de la population | Principaux pays de naissance : |
0.2 million, 56 % de femmes | Évolution depuis 2014: +24 % | Russie (44 %), Ukraine (29 %), Bélarus (4 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Estonie
Copier le lien de EstonieEn 2024, l’Estonie a accueilli 8 900 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 29 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 35 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 30 % de migrants de travail, 20 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 15 % de migrants humanitaires. Environ 500 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 4 700 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 15 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Ukraine, la Russie et la Finlande étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, l’Ouzbékistan a enregistré la plus forte augmentation (57) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑20 000) des flux vers l’Estonie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 67 %, pour atteindre environ 1 300. La majorité des demandeurs étaient originaires de l’Ukraine (1 200), de Russie (40) et de Bélarus (15). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants indiens (5) et la plus forte diminution les ressortissants ukrainiens (‑2 600). Sur les 1 410 décisions prises en 2024, 96 % étaient positives.
L’émigration des citoyens estoniens vers les pays de l’OCDE a diminué de 7 % en 2023, pour atteindre 4 300 personnes. Environ 32 % de ce groupe a émigré vers la Finlande, 10 % vers l’Allemagne et 10 % vers la Suède.
En 2025, l’Estonie a poursuivi l’examen des politiques relatives aux migrations de travail, en s’efforçant plus particulièrement d’attirer des travailleurs hautement qualifiés. Malgré l’intérêt exprimé en faveur d’une augmentation du quota d’immigration afin de mieux tenir compte des besoins du marché du travail, le quota annuel est resté inchangé et sous-utilisé en 2024 – en partie en raison d’un ralentissement économique et d’un tassement de la demande des employeurs, mais aussi parce que la plupart des travailleurs migrants sont traditionnellement originaires de Russie et d’Ukraine. Ces flux se sont sensiblement réduits ou se sont reportés sur d’autres catégories d’entrée. Ce contexte changeant a relancé les débats sur la structure et l’objectif du système de quotas, et des propositions d’adoption d’un modèle plus souple – potentiellement lié aux performances économiques – sont à l’étude pour 2025. L’Estonie a parallèlement continué à promouvoir l’attraction des talents en simplifiant les procédures pour les travailleurs hautement qualifiés et en soutenant les secteurs axés sur l’innovation. En mai 2024, l’Estonie a transposé la directive carte bleue européenne révisée, en assouplissant les critères d’obtention, à travers notamment la reconnaissance de l’expérience professionnelle, un raccourcissement de la durée minimale des contrats et une plus grande mobilité sur le marché du travail.
Au 1er janvier 2025, les modifications de la loi sur les frais réglementaires sont entrées en vigueur et ont donné lieu à une majoration des droits à acquitter à l’administration pour les documents d’identité et les services d’immigration. Cette augmentation reflète les coûts de traitement réels et vise à encourager le recours aux plateformes numériques en libre‑service.
Face à l’évolution de la situation géopolitique, l’Estonie a instauré de nouvelles restrictions. Depuis mars 2025, les citoyens russes non munis de passeports biométriques ne sont plus autorisés à entrer sur le territoire estonien ni à obtenir de visa Schengen. Les personnes concernées peuvent faire la demande d’un passeport biométrique jusqu’en septembre 2025. En mai, l’Estonie a également suspendu l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de passeports de service géorgiens à la suite de la suspension partielle de l’accord entre l’UE et la Géorgie destiné à faciliter la délivrance des visas. Des propositions législatives sont par ailleurs en cours d’élaboration en vue de restreindre l’accès à l’e‑résidence pour les ressortissants de pays à haut risque, et leur mise en œuvre est attendue en 2026.
L’Estonie a encore renforcé la gestion de ses frontières grâce à l’approbation en décembre 2024 d’un financement supplémentaire de 19.4 millions EUR fourni par l’UE pour la modernisation des moyens de surveillance et la mise en place d’outils d’identification mobile et de technologies de lutte contre les drones. Le programme relatif à la gestion des frontières et à la politique en matière de visas a également été modifié pour soutenir le déploiement des systèmes de « frontières intelligentes » de l’UE.
L’Estonie continue d’ajuster ses politiques d’intégration en fonction de l’évolution des dynamiques migratoires, dont l’arrivée de réfugiés ukrainiens depuis 2022. Les ressortissants ukrainiens représentent environ trois quarts des nouveaux arrivants accueillis ces dernières années. En janvier 2025, le ministère de la Culture et la Fondation pour l’intégration ont élargi leur soutien à l’apprentissage de la langue et à l’orientation linguistique, notamment en organisant des groupes d’étude gratuits de niveau A2 et B1. Un examen plus large de la stratégie nationale d’intégration a été engagé en mars 2025. Cet examen porte plus particulièrement sur l’efficacité du programme et sur la prestation de services inclusifs, et des consultations avec les parties prenantes sont à présent en cours.
L’Estonie a également prorogé jusqu’au 4 mars 2026 la protection temporaire accordée aux ressortissants ukrainiens. Les intéressés sont tenus de présenter une demande de renouvellement à travers le portail en libre‑service du Bureau de la police et des gardes-frontières dans les délais prévus avant l’expiration de leur permis actuel.
Pour plus d’informations : www.kul.ee | www.siseministeerium.ee | www.politsei.ee | www.emn.ee.