Population née à l’étranger – 2022 | 3.3 % de la population | Principaux pays de naissance : |
0.2 million, 49 % de femmes | Évolution depuis 2014: +104 % | Russie (16 %), Türkiye (9 %), Allemagne (8 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Bulgarie
Copier le lien de BulgarieEn 2024, 13 000 nouveaux immigrés ont obtenu un permis de séjour de plus de 12 mois en Bulgarie (à l’exclusion des citoyens de l’UE), soit 8.1 % de plus qu’en 2023. Ce chiffre comprend 57.3 % de migrants de travail, 18.6 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante), 8.3 % venus pour des raisons éducatives et 15.8 % d’autres migrants. Environ 1 300 permis de courte durée ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale et 1 500 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 15 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 42 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Ukraine, la Türkiye et la Russie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, l’Ukraine a enregistré la plus forte augmentation (7 900) et l’Allemagne la plus forte diminution (‑200) des flux vers la Bulgarie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 11 %, pour atteindre environ 12 100. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (7 600), d’Afghanistan (2 000) et du Maroc (900). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants égyptiens (500) et la plus forte diminution les ressortissants syriens (‑4 800). Sur les 8 220 décisions prises en 2024, 62 % étaient positives.
L’émigration des citoyens bulgares vers les pays de l’OCDE a diminué de 11 % en 2023, pour atteindre 81 000 personnes. Environ 43 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 15 % vers les Pays-Bas et 10 % vers l’Espagne.
L’instabilité politique de la Bulgarie, liée aux fréquents changements de gouvernement au cours de la période 2022‑2024, a freiné la mise en place de politiques migratoires efficaces permettant de relever les défis internes et externes. Un accord politique a néanmoins été trouvé le 1er janvier 2025, lorsque la Bulgarie est devenue membre à part entière de l’espace Schengen. Cet événement majeur a fait suite à la suppression des contrôles aux frontières aériennes et maritimes au 31 mars 2024. L’intégration dans l’espace Schengen facilite les voyages sans passeport, stimule le commerce et le tourisme, et renforce le marché intérieur de l’UE/AELE.
Lors de ses préparatifs en vue de l’adhésion à l’espace Schengen, le gouvernement bulgare s’est essentiellement attaché à améliorer et à moderniser les contrôles aux frontières. En octobre 2024, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie et l’Autriche ont convenu d’une déclaration commune dans laquelle elles s’engageaient à poursuivre leurs efforts conjoints pour lutter contre l’immigration irrégulière et prévenir le transit illicite. En outre, afin d’atténuer les évolutions potentielles des mouvements migratoires, et conformément aux dispositions du Code frontières Schengen, la Bulgarie a temporairement rétabli pour une durée de six mois les contrôles à sa frontière intérieure terrestre avec la Roumanie.
Le statut de protection temporaire dont bénéficient les Ukrainiens a été prorogé jusqu’au 4 mars 2026, conformément à la décision du Conseil européen de juin 2024 de proroger le régime de protection accordé aux Ukrainiens déplacés. En conséquence, le Conseil des ministres a adopté en mai 2025 un nouveau programme d’aide humanitaire et d’intégration en faveur des personnes déplacées d’Ukraine qui bénéficient d’une protection temporaire en République de Bulgarie.
Le gouvernement a approuvé au début de 2025 un projet de modification de la loi sur les étrangers en République de Bulgarie. Il s’agissait notamment de mettre cette loi en conformité avec les directives de l’UE, en particulier avec celles relatives aux conditions d’entrée et de séjour des ressortissants de pays tiers aux fins d’un emploi hautement qualifié ou d’un emploi saisonnier. Les modifications apportées prévoient par exemple que les titulaires d’une carte bleue européenne pourront changer d’employeur au terme des 12 premiers mois, tandis que les travailleurs saisonniers auront la possibilité de prolonger leur séjour pour une durée maximale de 90 jours.
Outre ces ajustements, ces modifications prévoient plusieurs aides et facilités pour les ressortissants de pays tiers qui se rendent en Bulgarie pour y résider et travailler ou étudier. Plus précisément, les titulaires d’une carte bleue européenne et d’un permis unique, tout comme les travailleurs saisonniers, seront obligatoirement couverts par le Fonds national d’assurance maladie. Les étudiants étrangers pourront demander à bénéficier d’un titre de séjour dont la durée initiale pourra atteindre jusqu’à 18 mois, et la loi modificative prévoit deux nouveaux motifs justifiant sur le plan légal le séjour des nomades numériques et des étudiants de troisième cycle.
La Bulgarie a par ailleurs poursuivi ses efforts de dématérialisation des procédures d’immigration. La phase de test de la dématérialisation des services de recrutement de main-d’œuvre étrangère a débuté en mai 2024. Les sociétés intermédiaires devront être enregistrées électroniquement, et tous les documents et processus transiteront par le système d’information du registre en question. Pour l’heure, le système dématérialisé n’est pas encore légalement régi par la loi sur les étrangers en République de Bulgarie.
Pour plus d’informations : www.aref.government.bg | www.mvr.bg.