Population née à l’étranger – 2024 | 19.9 % de la population | Principaux pays de naissance : |
2.3 millions, 51 % de femmes | Évolution depuis 2014: +33 % | Maroc (10 %), France (8 %), Pays-Bas (6 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Belgique
Copier le lien de BelgiqueEn 2024, la Belgique a accueilli 106 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), comme en 2023. Ce chiffre comprend 59 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 7 % de migrants de travail, 20 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 15 % de migrants humanitaires. Environ 9 800 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 1 100 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 231 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 7 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
La Roumanie, l’Ukraine et la France étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Syrie a enregistré la plus forte augmentation (1 900) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑37 000) des flux vers la Belgique par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a augmenté de 13 %, pour atteindre environ 33 000. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (5 300), de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (5 300) et d’Érythrée (2 300). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (2 400) et la plus forte diminution les ressortissants afghans (‑700). Sur les 32 000 décisions prises en 2024, 49 % étaient positives.
L’émigration des citoyens belges vers les pays de l’OCDE a augmenté de 1 % en 2023, pour atteindre 28 000 personnes. Environ 28 % de ce groupe a émigré vers la France, 21 % vers l’Espagne et 12 % vers les Pays-Bas.
En vertu du système fédéral belge, les régions ont compétence pour statuer sur un grand nombre de sujets relatifs à l’immigration de travail et à l’intégration. En 2024, toutes les régions ont présenté de nouveaux projets de loi.
Dans la Région de Bruxelles-Capitale (à compter d’octobre 2024), une nouvelle méthode de calcul des revenus minimums a notamment été instaurée et la liste des professions en tension est désormais exemptée de l’examen du marché de l’emploi.
Dans la Région wallonne (à compter de septembre 2024), les principaux changements portent sur de nouvelles exemptions de permis de travail, une modification des calculs et des seuils de revenu, un renforcement du rôle des services publics de l’emploi (FOREM) dans la gestion de l’examen du marché de l’emploi et une simplification des changements d’employeurs, contrebalancée par des motifs supplémentaires de refus. Le gouvernement wallon a également révisé en profondeur sa stratégie d’intégration.
Dans la Région flamande (à compter de mai 2024), les principaux changements incluent un examen du marché de l’emploi plus approfondi. La région vise notamment à attirer davantage de talents dans des secteurs en tension. Par ailleurs, elle a durci les conditions requises en termes d’apprentissage de la langue, d’éducation civique et d’engagement social à long terme.
À la suite des élections de 2024, les nouveaux partenaires de la coalition fédérale sont parvenus à un accord de coalition le 31 janvier 2025. Le plan fixe les objectifs en matière d’immigration pour la période 2025‑2029. Le nouveau gouvernement veut réduire le nombre de demandes d’asile en Belgique, lutter contre l’immigration illégale et attirer des étrangers en mesure de contribuer économiquement et socialement à la société belge. L’accord vise à réunir l’Office des étrangers, l’Office du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), la Fedasil et le Conseil du contentieux des étrangers sous une seule et même institution : le « Service public fédéral Immigration ».
Le 11 avril 2025, le Conseil des ministres est convenu d’un ensemble de mesures de crise et quatre projets de loi ont été soumis au Conseil d’État pour examen. Ces mesures incluent, entre autres : i) La limitation de l’accueil des immigrés (l’accueil est limité (a) si une protection a été accordée dans un autre État membre de l’UE, (b) pour les mineurs déposant eux-mêmes une demande après rejet de la demande de leurs parents) ; ii) La restriction des demandes de protection ultérieures pour les personnes qui ont déjà reçu la décision d’un autre pays, l’examen se limite alors aux nouveaux éléments ; iii) Le durcissement du regroupement familial, via (a) l’augmentation des exigences financières pour regroupement familial à 110 % du revenu minimum garanti, majoré de 10 % pour chaque personne supplémentaire, (b) la prolongation du délai d’attente pour le regroupement familial jusqu’à un maximum de deux ans, selon le statut du demandeur, et la réduction à six mois du délai d’attente sans condition pour les membres de la famille des réfugiés reconnus, (c) le durcissement des règles relatives au regroupement familial pour les personnes bénéficiant d’une protection subsidiaire ou temporaire ; iv) La suppression du revenu d’intégration pour les demandeurs de protection internationale, les demandeurs ne pourront plus bénéficier de l’aide sociale dispensée par les Centres publics d’action sociale et seule la Fedasil, Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile, sera habilitée à offrir une assistance matérielle. Une nouvelle loi (septembre 2024) prévoit l’instauration d’une procédure administrative permettant d’accorder un titre de séjour aux personnes apatrides. Auparavant, les personnes reconnues apatrides ne pouvaient obtenir un titre de séjour qu’au moyen d’une régularisation pour motif humanitaire.
En mars 2025, la Belgique a prolongé jusqu’au 4 mars 2026 le statut de protection temporaire accordé aux personnes fuyant la guerre en Ukraine.
Pour plus d’informations : www.dofi.ibz.be/fr | www.myria.be/fr | www.statbel.fgov.be/fr.