Ce chapitre s’intéresse aux marchés mondiaux du sucre : il en décrit l’évolution puis présente des projections à moyen terme pour la période 2026-2035. Ces projections portent sur la consommation, la production, les échanges et les prix des cultures sucrières (betterave sucrière et canne à sucre) et de l’ensemble des édulcorants, dont le sucre brut, le sucre blanc, la mélasse et l’isoglucose. Le chapitre s’achève par un examen des principaux risques et incertitudes susceptibles d’avoir une incidence sur les marchés mondiaux du sucre au cours de la prochaine décennie.
Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2026‑2035
4. Sucre
Copier le lien de 4. SucreDescription
4.1. Principaux éléments des projections
Copier le lien de 4.1. Principaux éléments des projectionsLa demande mondiale de sucre devrait principalement se renforcer en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique au cours de la prochaine décennie, sous l’effet de la croissance démographique, d’une urbanisation rapide et de la hausse du revenu disponible. Ensemble, ces régions seront responsables de la quasi-totalité de la hausse de la consommation mondiale au cours de la prochaine décennie. L’augmentation de la demande en Afrique et en Asie devrait être principalement tirée par la croissance démographique, associée à une progression de la consommation de sucre par habitant estimée à 4 % et 13 %, respectivement, malgré des niveaux qui devraient rester bien inférieurs à ceux des pays à revenu élevé.
En Amérique du Nord, en Europe et dans certaines régions d’Amérique latine, la consommation devrait poursuivre sa tendance à la baisse. La conjonction de la contraction démographique et de l’évolution des préférences des consommateurs, encouragée par des mesures axées sur la santé – taxes sur le sucre et lois relatives à l’étiquetage, par exemple – continuera de favoriser une vaste reformulation des produits et de freiner la croissance de la consommation. En Asie de l’Est, la demande restera faible au Japon en raison des préférences culturelles, tandis qu’en République populaire de Chine (ci-après la « Chine »), la croissance devrait être minime, les objectifs fixés par les autorités et les tendances urbaines en matière de santé entraînant une évolution des habitudes de consommation.
Pour ce qui est de l’offre, le Brésil et l’Inde conserveront leur position dominante sur le marché mondial du sucre. Le Brésil devrait conforter encore sa première place grâce à des gains d’efficacité opérationnelle et à des augmentations des capacités, alors que l’Inde accroîtra vraisemblablement sa production grâce à des améliorations agronomiques et à des taux plus élevés d’extraction du saccharose. Ensemble, ces deux pays devraient représenter environ 42 % de la production mondiale de sucre et exercer une grande influence sur la dynamique des prix mondiaux au cours de la prochaine décennie.
La canne à sucre conservera sa prépondérance, puisque plus de 85 % de la production sucrière en sera issue, alors que le secteur de la betterave sucrière devra faire face à des tensions structurelles en raison des pressions réglementaires et environnementales en Europe. Les tendances en matière de production d’éthanol à partir de plantes sucrières chez les deux principaux producteurs, le Brésil et l’Inde, resteront un facteur déterminant pour l’offre mondiale de sucre.
Le marché de l’exportation demeurera concentré, le Brésil conservant une part dominante (55 % en 2035), devant la Thaïlande. Le marché des importations restera en revanche très éclaté, la plus forte croissance de la demande étant observée dans les économies émergentes d’Afrique et d’Asie, dont la production intérieure demeure limitée. Le sucre brut continuera de représenter environ 60 % des échanges sucriers mondiaux.
Les marchés du sucre demeureront exposés à de nombreuses incertitudes, touchant principalement à l’évolution future de la demande en Asie et en Afrique et aux risques pour la production liés aux événements météorologiques extrêmes. Un déplacement de la demande au profit des aliments transformés et des produits de confiserie est attendu, mais une sensibilisation accrue aux enjeux de santé, assortie d’un durcissement des réglementations sanitaires et de la mise en place de taxes sur la consommation de sucre, pourrait freiner cette évolution. Le scénario de référence prévoit un regain de productivité, mais encore faut-il que les grands producteurs soient en mesure de surmonter les récentes baisses de rendement liées à des événements météorologiques extrêmes. En outre, la facilité du passage de la production de sucre à celle d’éthanol, et inversement, constitue une source majeure d’incertitude pour le secteur sucrier, en particulier au Brésil et en Inde.
4.2. Tendances actuelles du marché
Copier le lien de 4.2. Tendances actuelles du marchéLes marchés internationaux du sucre devraient tendre vers un excédent de production au cours de la campagne 2025/26 (d’octobre à septembre), essentiellement en raison d’une augmentation de la production mondiale alors que la croissance de la consommation devrait rester modeste.
En 2025/26, la production mondiale de sucre devrait repartir à la hausse après les volumes médiocres de 2024/25. Cette hausse sera principalement due à un rebond de la production en Inde après la baisse liée aux conditions climatiques enregistrée lors de la campagne précédente. De même, en Thaïlande, l’amélioration des taux d’extraction du sucre devrait favoriser une augmentation de la production. Une hausse de la production est également attendue en Chine, du fait d’une meilleure récolte de canne à sucre et de betterave sucrière. Au Brésil, la production devrait rester globalement identique à celle de la campagne précédente. Le résultat final dépendra toutefois du déroulement de la récolte dans les grandes régions productrices de l’hémisphère austral, qui débute en avril, et du pourcentage de la canne à sucre qui sera consacré à la production sucrière plutôt qu’à celle d’éthanol. Ces hausses de production devraient largement compenser la baisse attendue dans l’Union européenne, imputable à la réduction des superficies consacrées à la betterave sucrière, malgré des rendements généralement bons.
La consommation mondiale de sucre ne devrait connaître qu’une légère progression en 2025/26 par rapport à la campagne précédente, malgré la perspective d’une croissance mondiale relativement soutenue en 2026 et d’une baisse des prix du sucre. L’expansion de la consommation devrait être largement favorisée par une hausse de la demande liée à l’augmentation de la population en Afrique, alors qu’en Asie l’évolution de la demande devrait être entretenue par la poursuite de la croissance démographique et par la vitalité du secteur agroalimentaire.
Le niveau des échanges mondiaux de sucre en 2025/26 devrait être pour une large part conforme à celui de la campagne précédente. Quant aux exportations, les volumes en provenance du Brésil devraient rester d’un niveau proche de celui observé lors de la campagne antérieure, tandis que les disponibilités à l’exportation de la Thaïlande devraient s’accroître. En revanche, les exportations de l’Union européenne devraient accuser une baisse. S’agissant de la demande, les importations de l’Indonésie devraient augmenter, ce qui renforcera la position du pays en tant que premier importateur mondial à égalité avec la Chine, tandis que les achats des États-Unis devraient enregistrer une sensible diminution, compte tenu de la hausse de la production intérieure de sucre.
Les cours internationaux du sucre ont, de manière générale, baissé depuis le début de la campagne 2025/26, en octobre, pour atteindre, en février 2026, leur plus bas niveau depuis octobre 2020. Ce recul est principalement attribuable à l’abondante offre mondiale attendue durant la campagne en cours.
4.3. Projections relatives au marché
Copier le lien de 4.3. Projections relatives au marché4.3.1. Consommation
Au cours de la prochaine décennie, la consommation mondiale de sucre devrait poursuivre sa progression, au rythme d’environ 1 % par an pour atteindre 199 millions de tonnes (Mt) en 2035, pour une large part sous l’effet de la croissance démographique. La consommation moyenne mondiale par habitant ne devrait connaître qu’une légère hausse, d’environ 2 %, par rapport à la période de référence (d’octobre 2023 à septembre 2026). Cette moyenne mondiale masque de considérables écarts selon les régions, la croissance de la consommation se trouvant concentrée en Asie et en Afrique, alors que la demande devrait stagner, voire diminuer, ailleurs.
Glucide sans fibres, le sucre est un ingrédient courant que l’on retrouve dans de nombreux produits alimentaires et boissons, et une source d’énergie essentielle dans l’alimentation humaine. Cependant, consommé en grande quantité, il peut avoir des répercussions sur la santé et l’Organisation mondiale de la santé recommande de limiter l’apport en sucres libres (c’est-à-dire les sucres ajoutés aux aliments pendant la production ou la cuisson, ainsi que les sucres présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits) à moins de 10 % de l’apport énergétique quotidien total. Au cours des dix prochaines années, la consommation par habitant d’édulcorants caloriques devrait principalement augmenter en Asie. La progression la plus marquée sera observée dans les régions très peuplées d’Asie du Sud et du Sud-Est. Dans les Amériques, en Océanie et en Europe, la demande devrait en revanche stagner ou diminuer du fait des préoccupations suscitées par les effets du sucre sur la santé, des nouvelles taxes sur la consommation et de la reformulation des produits. Ces évolutions s’accompagneront d’écarts de consommation au sein de chacune des régions (Graphique 4.1). En Afrique subsaharienne, la consommation de sucre par habitant devrait s’accroître régulièrement tout en demeurant néanmoins sensiblement inférieure à celle des régions plus prospères.
La croissance de la consommation est principalement concentrée en Asie et en Afrique.
Compte tenu des prévisions de croissance rapide de la population et des revenus en Asie et du nombre d’habitants en Afrique, ces deux régions devraient être à l’origine de la quasi-totalité de l’augmentation de la demande mondiale par rapport à la période de référence (d’octobre 2023 à septembre 2025), et contribuer respectivement pour 76 % et 28 % à la croissance mondiale totale, ce qui compensera amplement la stagnation ou la baisse de la demande dans les autres régions. Dans ces deux régions, le niveau de la consommation par habitant devrait rester sensiblement plus bas que dans les pays à revenu élevé à l’horizon 2035.
Dans toute l’Asie, à l’exception de la Chine, la croissance démographique, quoique moins marquée que pendant la décennie précédente, et la progression des revenus, qui tirera la demande de boissons et de produits alimentaires transformés, devraient favoriser cette augmentation pendant les dix années à venir. La plus forte contribution à la hausse globale de la consommation de sucre devrait être apportée par l’Inde, suivie par l’Indonésie et le Pakistan, puis par la Chine et le Viet Nam. Les pays les moins avancés d’Asie accroîtront leur consommation alimentaire par habitant, mais celle-ci ne devrait atteindre que 12 kg à l’horizon 2035, ce qui reste sensiblement en deçà de la moyenne régionale de 16 kg par an. En Chine, un guide pour le développement alimentaire et nutritionnel (Food and Nutrition Development Guideline 2025-2030) limite officiellement les apports en sucres ajoutés à 25 g par jour (9.1 kg par an) en vue d’endiguer la hausse de la consommation. Pour se conformer aux règles imposées par le plan Healthy China 2030, l’industrie alimentaire réduit actuellement les quantités de sucre dans ses recettes, en particulier à l’intention des jeunes citadins, qui en sont les plus gros consommateurs. Bien que les nouveaux supermarchés favorisent une plus grande pénétration des produits sucrés dans les zones rurales, la moyenne nationale devrait rester stable (8.2 kg par habitant) et demeurer plus faible que celle des pays voisins.
En Afrique, les pays subsahariens les moins avancés ne devraient enregistrer qu’une faible croissance de la consommation par habitant, qui atteindra 9 kg en 2035, car la hausse des revenus n’est pas suffisante pour donner lieu à une modification notable de l’alimentation dans le sens d’une plus grande consommation de produits alimentaires haut de gamme. En Afrique du Nord, la croissance de la consommation devrait rester modeste dans l’ensemble, malgré des variations selon les pays. Néanmoins, les niveaux de la consommation par habitant devraient rester relativement élevés, allant d’environ 25 kg par an dans les pays les moins avancés de la région jusqu’aux alentours de 40 kg dans les autres pays. En Afrique du Sud, la tendance à la baisse de la consommation de sucre par habitant observée ces dernières années – sous l’effet des mesures dissuasives prises par les pouvoirs publics, telles que la taxation des boissons sucrées et les campagnes de santé publique – devrait se poursuivre au cours de la prochaine décennie, de nombreux fabricants de produits alimentaires reformulant leurs produits pour en réduire la teneur en sucre.
Comparativement aux autres régions, l’Amérique latine affiche actuellement les plus forts taux de consommation d’édulcorants caloriques. Cette consommation soutenue au cours des 15 dernières années a suscité d’importantes préoccupations de santé publique, concernant en particulier les taux croissants d’obésité et de maladies chroniques. C’est pourquoi de plus en plus de pays – dont le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Mexique et le Pérou – ont instauré des droits d’accise sur les boissons sucrées et exigé l’apposition d’étiquettes de mise en garde sur le devant des emballages, afin d’endiguer la consommation de boissons gazeuses. Le Brésil s’est récemment joint à cette tendance en modifiant son système de crédit d’impôt de manière à entraîner une augmentation effective du prix des produits laitiers transformés à forte teneur en sucre. L’Argentine a dans le même temps particulièrement mis l’accent sur la transparence envers le consommateur et exigé l’apposition d’étiquettes de mise en garde sur l’emballage des produits contenant un important pourcentage d’édulcorants caloriques. La région devrait connaître une baisse nette et régulière de la consommation de sucre par habitant jusqu’en 2035, principalement au Brésil, au Mexique, en Argentine et au Pérou.
L’Europe devrait rester la région affichant la plus forte consommation de sucre par habitant, malgré la baisse qui en est attendue au cours de la période de projection. Pendant plus d’une décennie, les pays européens ont multiplié les mesures visant à endiguer la consommation excessive de sucre, faisant pression sur l’industrie alimentaire pour qu’elle reformule les recettes de ses produits tout en orientant les consommateurs vers des choix alimentaires plus sains. De toutes les régions couvertes par les présentes Perspectives, l’Europe sera celle qui connaîtra la plus forte baisse de la consommation dans les dix prochaines années, à la suite d’une diminution progressive de la demande de produits riches en sucre à mesure que les consommateurs feront plus attention à leur alimentation. La consommation moyenne de sucre n’en devrait pas moins rester plus élevée qu’ailleurs ; la baisse sera probablement plus marquée au sein de l’Union européenne, et une évolution similaire est également attendue au Royaume‑Uni et dans la Fédération de Russie (ci-après la « Russie »). À l’inverse, la consommation de sucre par habitant devrait augmenter modérément en Ukraine et dans certains autres pays européens, à la faveur de la reprise économique.
Des évolutions minimes sont attendues au Japon, abstraction faite de la baisse en volume entraînée par le déclin démographique. Les niveaux de consommation par habitant devraient diminuer dans les pays gros consommateurs de sucre comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada. Aux États-Unis, la baisse sera moins manifeste, car les fabricants continueront d’utiliser de l’isoglucose dans les confiseries et les produits transformés.
Le marché de l’isoglucose se stabilisera
L’isoglucose, l’autre édulcorant calorique, est principalement utilisé dans les boissons à la place du sucre. Contrairement à celui-ci, il se présente sous forme liquide et s’échange donc moins facilement. Il continuera de n’être consommé que dans un petit groupe de pays du monde, sans évolution majeure de la situation. Le principal producteur, à savoir les États‑Unis, restera aussi le premier consommateur, mais la question de savoir si l’isoglucose présente un plus grand risque pour la santé que le sucre n’a pas fini de faire débat, et la tendance à la baisse de la consommation entamée au milieu des années 2000 devrait se poursuivre : en 2035, la part de l’isoglucose dans la consommation totale d’édulcorants caloriques devrait être de 33 %, contre 35 % pendant la période de référence. La production d’isoglucose devrait légèrement diminuer aux États-Unis pour s’établir à 6.4 Mt. Le Mexique est le troisième plus gros consommateur (derrière la Chine) et le gouvernement devrait poursuivre dans les dix prochaines années ses efforts pour réduire la consommation d’édulcorants caloriques, entraînant une baisse de la consommation de boissons sans alcool édulcorées à l’isoglucose.
En Chine, deuxième plus gros consommateur et producteur d’isoglucose, la consommation par habitant demeurera stable et faible au cours de la prochaine décennie, toujours loin de celles du Japon et de la Corée (6 kg par habitant), tout en étant néanmoins supérieure à celle de l’Union européenne, où il reste peu compétitif avec ses 2.5 kg par habitant.
4.3.2. Production
La production sucrière est une activité à forte intensité de capital qui nécessite des dépenses élevées, notamment en énergie, pour la betterave sucrière, et en engrais, pour la betterave sucrière et la canne à sucre, afin d’augmenter les rendements et la teneur en sucre. Les prix intérieurs rémunérateurs observés au début des années 2020 ont encouragé l’investissement dans ce secteur, dont ils devraient continuer de stimuler la croissance et le développement au cours de la prochaine décennie. La production mondiale de sucre devrait croître de 12 % pendant la période couverte par les Perspectives.
L’expansion des capacités de transformation stimule la hausse de la production
La production mondiale de sucre devrait passer de 181 Mt pendant la période de référence à 203 Mt en 2035, cette progression sera pour 60 % imputable à l’Asie et pour 30 % à l’Amérique latine (Graphique 4.2).
L’Asie demeurera la principale région productrice de sucre. L’Inde, la Thaïlande, le Pakistan et la Chine devraient être les plus grands pays fournisseurs au sein de la région, avec une production sucrière qui devrait augmenter de 6.2 Mt, 2.5 Mt, 1.8 Mt et 1.2 Mt respectivement d’ici à 2035, par rapport à la période de référence. En Inde, la production de sucre devrait enregistrer un taux de croissance légèrement plus élevé qu’au cours de la décennie écoulée. En Thaïlande, au Pakistan et en Chine, les autorités s’attachent à mettre en œuvre des initiatives liées au secteur sucrier, notamment le modèle « bio-circulaire-vert » (Bio-Circular-Green, BCG) de la Thaïlande, qui s’inscrit dans un cadre de durabilité plus large ; la déréglementation prévue au Pakistan visant à accroître l’efficience et l’utilisation des capacités ; ainsi que les subventions chinoises en faveur de la modernisation industrielle.
L’Amérique latine est la deuxième plus grande région productrice de sucre, le Brésil occupant la place de premier fournisseur mondial. La production de sucre du Brésil devrait atteindre 50.2 Mt d’ici à 2035, soit environ 34 % du marché mondial. Cette croissance est soutenue par de récents investissements dans les capacités de transformation et de cristallisation, ainsi que par l’expansion du secteur de production d’éthanol à partir de maïs. Par sa contribution à la réalisation des objectifs nationaux en matière de carburants, l’éthanol de maïs viendra compléter le biocarburant issu de la canne à sucre et permettra de fait de libérer de la matière première pour produire davantage de sucre.
L’Afrique devrait par ailleurs contribuer à l’offre mondiale de sucre, sa part dans la production prenant d’avantage d’ampleur, grâce principalement aux pays d’Afrique subsaharienne et aux apports croissants de l’Égypte, le plus gros producteur de sucre du continent. Les mesures de soutien public et les investissements étrangers devraient contribuer à accroître la production sucrière. L’Afrique subsaharienne dispose en effet d’espaces offrant des conditions agroécologiques adaptées à la culture de la canne à sucre, et les superficies consacrées à la culture de la betterave sucrière pourraient être accrues en Égypte, sans compter une possible amélioration de l’efficience.
La production des pays de l’OCDE devrait continuer de perdre des parts de marché. En 2035, la région fournira 20 % du marché mondial, contre 22 % pendant la période de référence. Même si elle conservera sa position de principal producteur de la région en 2035 (36 %), l’Union européenne verra sa production de sucre baisser. Une augmentation de l’offre est prévue au Mexique, où des investissements stratégiques dans la mécanisation et l’adoption de variétés de canne à sucre à forte teneur en saccharose devraient entraîner un regain de production (+0.9 Mt). En République de Türkiye, la croissance de la production de betterave sucrière (+0.6 Mt) est favorisée par les mesures prises par les pouvoirs publics.
La hausse de la production sucrière aura pour moteur l’amélioration des rendements
La croissance de la production sucrière mondiale au cours de la période couverte par les Perspectives devrait, de plus en plus, provenir davantage de l’augmentation des rendements que de l’expansion des superficies dans les principaux pays producteurs de canne à sucre. L’Inde, le Brésil et la Thaïlande, notamment, devraient enregistrer des gains de production grâce à l’amélioration des variétés, aux pratiques de gestion agricole et à l’augmentation des taux d’extraction du sucre.
Le Brésil restera le principal producteur mondial de canne à sucre, mais sa stratégie de croissance ne repose plus tant sur une expansion des superficies que sur une optimisation verticale des rendements. Les récentes sécheresses ont incité le secteur à investir massivement dans l’irrigation, la lutte biologique contre les ravageurs et les variétés de « super cannes à sucre » résistantes au manque d’eau. Les terres disponibles étant limitées du fait de la concurrence de cultures plus rentables telles que le soja et le maïs, les augmentations de la production devraient provenir d’une amélioration des rendements.
En Inde, la croissance de la production de canne à sucre devrait être principalement due à celle des rendements, l’expansion des superficies étant négligeable. Les mesures de soutien public jouent un rôle crucial en faveur de la production de canne à sucre. Ces mesures incluent la fixation de prix équitables et rémunérateurs pour garantir aux agriculteurs des revenus satisfaisants, ainsi qu’une aide à la recherche-développement visant la création de variétés améliorées de canne à sucre. En outre, les autorités collaborent étroitement avec les organisations professionnelles, telles que l’Indian Sugar Mills Association, sur les questions touchant le développement du secteur sucrier. En Thaïlande, l’augmentation de la production de canne à sucre au cours de la prochaine décennie devrait principalement reposer sur de meilleurs rendements, soutenus par des initiatives publiques destinées à améliorer les pratiques culturales et à accroître la durabilité s’inscrivant dans des cadres d’action plus larges tels que le modèle « bio-circulaire-vert » (Bio-Circular-Green). La superficie cultivée devrait rester relativement stable, soutenue par des prix départ exploitation attractifs qui incitent les agriculteurs à continuer de cultiver la canne à sucre. En Chine, les pouvoirs publics continuent de promouvoir la production de canne à sucre en subventionnant les variétés « exemptes de virus » et à forte teneur en saccharose pour accroître les rendements, tout en imposant des prix planchers et des droits à l’importation élevés – dont ceux sur les sirops de sucre et les prémélanges contenant du sucre, qui ont été rehaussés en 2025 – afin de protéger les agriculteurs. Malgré ces mesures de soutien, la croissance restera modérée jusqu’en 2035, car la hausse des coûts et la concurrence pour les terres que leur livreront les cultures plus rentables, comme les agrumes, limiteront l’expansion future.
Les perspectives sont moins favorables pour la betterave sucrière. La transformation de cette plante exige en effet davantage d’énergie et d’engrais pour optimiser les rendements et la teneur en sucre, ce qui risque de peser sur les marges bénéficiaires du secteur. Des hausses de la production de betteraves sont attendues, principalement en Égypte, en Türkiye, aux États-Unis et en Chine, aboutissant à une augmentation globale de 1.3 Mt.
En Égypte, des prix d’achat rémunérateurs, conjugués aux efforts pour adopter des variétés de semences améliorées et pour développer les capacités de transformation des betteraves sucrières, devraient stimuler la production. Il convient de signaler que la sucrerie Canal Sugar, considérée comme la plus grande usine de production de sucre de betterave au monde, a démarré ses activités en 2021 avec une capacité de production de 900 000 tonnes par an. Ces évolutions devraient accroître la production de betterave sucrière d’environ 4.8 Mt par rapport à la période de référence.
Aux États-Unis et en Chine, l’augmentation des rendements aidera cette culture à conserver des parts de marché là où les deux plantes sucrières sont cultivées. Les betteraves sucrières contribueront respectivement pour 49 % et 11 % à la production sucrière de chacun de ces pays.
En Europe, peu d’évolutions sont attendues en Ukraine et en Russie au cours de la prochaine décennie. Dans l’Union européenne, le coût élevé des intrants par rapport aux autres cultures et le durcissement de la législation environnementale régissant les produits phytopharmaceutiques encourageront les producteurs à se tourner vers des cultures plus rentables, et les plus vulnérables d’entre eux sur le plan financier seront probablement les premiers touchés. En Türkiye, quatrième producteur mondial de betteraves sucrières derrière l’Union européenne, la Russie et les États-Unis, les augmentations soutenues des rendements au cours de la dernière décennie grâce à l’amélioration de la qualité des semences et à la modernisation des pratiques de production devraient favoriser une poursuite de la croissance de la production sucrière au cours de la prochaine décennie.
L’expansion des biocarburants intensifie la concurrence pour la canne à sucre
Au cours de la dernière décennie, 81 % des cultures sucrières mondiales étaient utilisées pour produire du sucre, mais cette part devrait légèrement baisser pendant la période de projection, pour s’établir à 80 % en 2035. Dans les principaux pays fournisseurs de canne à sucre, les mesures de soutien à la production de biocarburants influeront sur l’équilibre entre les principales utilisations de la plante (sucre ou éthanol), d’autant plus que les sucreries sont souvent construites de manière à pouvoir basculer d’une production à l’autre (Graphique 4.3). Au Brésil, la culture continuera d’être utilisée pour produire du sucre et de l’éthanol, mais la part du sucre augmentera légèrement dans les dix prochaines années, soutenue par l’arrivée à maturité des biocarburants de deuxième génération issus de matières non alimentaires comme la bagasse et la paille. En Inde une part croissante devrait être affectée à la production d’éthanol au cours de la période couverte par les Perspectives. En 2035, le Brésil et l’Inde devraient rester les chefs de file du secteur, avec respectivement 34 % et 27 % de la production mondiale de canne à sucre, 25 % et 18 % de la production mondiale de sucre et 72 % et 23 % de la production mondiale d’éthanol de canne à sucre. La Thaïlande produit très peu d’éthanol directement issu de la canne à sucre, car elle privilégie plutôt la mélasse ou le manioc. En Argentine, par contre, les producteurs se sont lancés dans une ambitieuse expansion de l’utilisation directe de jus de canne à sucre pour produire de l’éthanol afin de tirer parti de la réglementation nationale qui impose l’incorporation d’une part croissante de biocarburants dans les carburants classiques.
4.3.3. Échanges
Les échanges de sucre demeureront importants pendant la période de projection
Le sucre continuera d’être un produit très échangé. Le sucre brut continuera de constituer la majeure partie des échanges, et sa part devrait légèrement augmenter pour passer de 62 % au cours de la période de référence à 63 % à l’horizon 2035. Le sucre brut est généralement expédié en vrac, comme les autres produits agricoles de base, tels que les céréales ou le soja, et la plupart des livraisons continueront d’être destinées aux raffineries, qui en assureront la transformation (Graphique 4.4). Les échanges de sucre raffiné, destiné à la consommation humaine, sont plus coûteux, car ils exigent une meilleure protection contre l’humidité et contre la contamination lors de la manutention et du transport. Aussi les échanges de sucre raffiné tendent-ils bien souvent à être d’une nature plus régionale que ceux de sucre brut, bien qu’il n’en subsiste pas moins d’importants flux à longue distance.
Au cours de la dernière décennie, les importations ont représenté 36 % de la consommation mondiale de sucre. Cette part ne devrait que légèrement diminuer pour s’établir à 34 % à l’horizon 2035, en raison d’une forte demande et d’une modeste amélioration de l’offre intérieure dans certaines régions.
L’Asie et l’Afrique resteront les principales régions importatrices, comptant respectivement pour 58 % et 28 % des importations mondiales. En Afrique, l’augmentation de la production intérieure de sucre devrait réduire la dépendance de la région à l’égard des importations, qui ne devraient représenter, d’après les prévisions, que 69 % de la consommation en 2035, contre 72 % au cours de la période de référence. Dans le même temps, la croissance modérée de la consommation dans les pays les moins avancés d’Afrique subsaharienne devrait tirer vers le haut la part du sucre blanc importé pour la consommation directe. Aucune évolution notable n’est attendue en Asie sous l’angle des échanges. En effet, la croissance des importations de sucre brut se poursuivra, principalement tirée par les principaux acheteurs, l’Indonésie et la Chine, même si cette dernière (qui est incluse dans le groupe des pays développés d’Asie de l’Est) réduira ses importations de 2 Mt. En Indonésie, une hausse soutenue de la consommation devrait principalement être satisfaite par les importations, qui croîtront, d’après les projections, de 2.6 % par an au cours de la période de couverte par les Perspectives.
En Amérique latine, les importations de sucre devraient diminuer, pour une large part du fait que le Mexique a instauré en novembre 2025 des droits de douane sur le sucre d’un niveau exceptionnellement élevé, ce qui devrait limiter les importations et réduire le volume global d’importations nécessaire à la région. Ailleurs, aucune grande évolution n’est prévue. Aux États-Unis, pays traditionnellement déficitaire en sucre, les importations devraient demeurer restreintes.
S’agissant des exportations, les marchés du sucre devraient rester très concentrés, et donc dépendants des évolutions dans un petit nombre de pays. En 2035, les deux grands pays traditionnellement exportateurs devraient se partager les deux tiers du marché : le Brésil (72 % du sucre brut et 28 % du sucre blanc) et la Thaïlande (10 % du brut et 20 % du blanc). Le Brésil restera de loin le premier exportateur mondial de sucre brut et, avec la Thaïlande, l’un des principaux fournisseurs de sucre blanc. L’Australie devrait se classer en troisième position et fournir environ 4.5 % du marché mondial à l’horizon 2035, principalement en sucre brut. Les exportations de sucre blanc sont géographiquement plus diversifiées que celles de sucre brut, car la surcote du sucre blanc procure des profits plus élevés, ce qui incite certains pays – en particulier au Moyen-Orient – à tirer parti de leurs capacités de raffinage pour réexporter du sucre blanc.
Le Brésil dessert des marchés d’exportation lointains et reste confronté à des goulets d’étranglement logistiques au sein de ses ports au début de la période couverte par les Perspectives. Compte tenu de la forte rentabilité du pays sur les marchés internationaux et de l’actuelle tension des approvisionnements mondiaux en sucre, les investissements dans les infrastructures de stockage, portuaires et maritimes resteront à l’ordre du jour. Le déficit structurel des approvisionnements en sucre blanc en provenance du Brésil, – où les exportateurs privilégient les expéditions de sucre brut depuis des terminaux vraquiers en raison d’exigences sanitaires moins rigoureuses – devrait persister jusqu’en 2035. Dans la période de projection, les exportations brésiliennes de sucre devraient augmenter de 4.6 Mt pour atteindre 40 Mt en 2035, dont 19 % seront constituées de sucre blanc, contre 14 % au cours de la période de référence
La part des exportations de sucre de la Thaïlande devrait passer de 11 %, avec un volume de 7 Mt, au cours de la période de référence, à 13 %, avec un volume de 9.6 Mt, d’ici à 2035. Les exportations de sucre de l’Inde devraient diminuer de près de moitié, les autorités ayant adopté une stratégie consistant à satisfaire les besoins intérieurs tout en orientant davantage de canne à sucre vers le programme d’incorporation d’éthanol dans les carburants.
4.3.4. Prix
Les prix devraient repartir à la hausse dans les prochaines années avant d’enregistrer une nouvelle baisse en termes réels.
Au début de la période de projection, les prix sont peu élevés, ce qui incite les agriculteurs à commencer à se tourner vers des cultures plus rentables. Le marché devrait certes se tendre sensiblement en 2026, mais les cours internationaux du sucre continueront vraisemblablement à subir des pressions à la baisse, la mise en circulation des stocks en Inde et en Thaïlande compensant la contraction de la production. Sur le reste de la période de projection, les prix réels devraient se détendre légèrement, grâce à des gains constants de productivité qui doperont les volumes disponibles pour l’exportation. Cependant, cette pression à la baisse devrait être en partie contrebalancée par l’hypothèse de stabilité des prix réels du pétrole brut après les actuelles augmentations, laquelle, conjuguée aux améliorations de l’efficience du raffinage, devrait encourager l’utilisation des cultures sucrières pour la production d’éthanol et contribuer ainsi à soutenir dans une certaine mesure les prix du sucre (Graphique 4.5).
La surcote du sucre blanc (l’écart de prix entre le sucre blanc et le sucre brut) devrait rester stable pendant quelques années avant d’augmenter légèrement en valeur réelle au cours de la période couverte par les Perspectives, en raison de la part décroissante du sucre blanc dans le volume total de sucre disponible à l’exportation.
4.4. Risques et incertitudes
Copier le lien de 4.4. Risques et incertitudesLes projections de rendement des présentes Perspectives reposent sur des conditions météorologiques normales, sans aucun choc climatique, tout en tenant compte de la tendance à une sécheresse ou à une humidité plus marquées, en fonction de la région. Une hausse des rendements en sucre est attendue, à la faveur de l’amélioration des variétés de canne et de betterave, d’une lutte plus efficace contre les ravageurs et les maladies, de systèmes d’irrigation ou de drainage plus performants, de bonnes pratiques de récolte et d’une augmentation des taux d’extraction du sucre. Des conditions météorologiques défavorables ou une croissance plus lente des rendements pourraient avoir une incidence considérable sur la production et sur les prix, notamment du fait de la forte concentration des exportateurs de sucre et de leur localisation géographique circonscrite à deux grandes régions : le Brésil et l’Asie des moussons. De même, toute variation de la surcote du sucre blanc par rapport à l’hypothèse d’augmentation retenue dans ces Perspectives pourrait également avoir un impact sur les décisions des pays concernant leurs capacités de raffinage et leurs stratégies de livraison. En outre, l’évolution des politiques nationales, les coûts des intrants et la rentabilité relative des autres cultures restent des facteurs essentiels qui influencent les décisions des producteurs en matière de plantation. De plus, la pression exercée par les ravageurs pourrait s’aggraver si les phénomènes météorologiques extrêmes s’intensifient ou si une modification des pratiques de protection des végétaux réduit l’efficacité de la lutte contre les ennemis des cultures.
La croissance de la consommation de sucre en Asie et en Afrique devrait favoriser une hausse ininterrompue de la demande mondiale. Cependant, le secteur s’adapte de plus en plus aux préoccupations sanitaires et à un environnement réglementaire davantage axé sur la santé, qui incitent les entreprises à innover et à reformuler leurs gammes de produits. Les niveaux de consommation pourraient s’écarter des projections actuelles, eu égard aux incertitudes qui entourent la forte croissance de la demande dans les économies émergentes alors qu’une tendance persistante à la baisse de la consommation de sucre est observée dans de nombreux pays développés.
Les marchés du sucre continueront d’être potentiellement vulnérables à toute perturbation au Brésil, en raison de la forte concentration de l’offre de sucre brut, ce pays représentant 46 % des exportations mondiales. Cette concentration est particulièrement problématique pour les grandes raffineries du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, qui sont très dépendantes du sucre brut importé, ainsi que pour les grands marchés importateurs, tels que la Chine et l’Indonésie. Cela rend les échanges internationaux très sensibles aux goulets d’étranglement logistiques dans les ports brésiliens, aux perturbations des routes commerciales, à la hausse des coûts du fret, aux chocs de rendement ou aux variations de la part relative de la production d’éthanol et de celle de sucre au Brésil. En outre, l’exacerbation des tensions géopolitiques, notamment celles qui affectent les voies de transport maritime, les marchés de l’énergie ou les flux commerciaux, pourrait amplifier ces vulnérabilités et entraîner de nouvelles perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Si la Commission européenne devait inclure le sucre dans le règlement de l’UE sur la déforestation, les grands producteurs pourraient être contraints d’assurer la traçabilité de leurs systèmes de production pour conserver l’accès au marché européen. Certains acteurs se préparent déjà à cette possibilité et plusieurs grandes entreprises ont commencé à adopter des plateformes numériques et des outils de surveillance par satellite, tels que le ClimateCane Tracker mis au point par Bonsucro. Les petits exportateurs des régions classées « à faible risque », en particulier les producteurs émergents d’Afrique et d’Amérique centrale, pourraient gagner en compétitivité et remodeler la structure des échanges dans les dix prochaines années. Il pourrait s’ensuivre une pression à la hausse des prix du sucre par rapport aux actuelles projections de référence si les exigences de conformité alourdissent les coûts ou limitent l’offre des grands exportateurs.
Dans la mesure où 24 % des cultures sucrières mondiales devraient servir à la production d’éthanol en 2035, contre 18 % au cours de la période de référence, dont 52 % de la récolte nationale du Brésil, les fluctuations des prix relatifs du pétrole brut et du sucre demeurent une source d’incertitude majeure, car elles affectent la compétitivité et la rentabilité de la production de sucre par rapport à celles de la production d’éthanol à partir de cultures sucrières. Au Brésil, lorsque son prix tombe à un niveau inférieur à 70 % de celui de l’essence, l’éthanol devient le carburant le plus économique pour les consommateurs. En Inde, l’objectif de parvenir à l’incorporation de 20 % d’éthanol dans le carburant (E20) a été atteint durant la campagne d’approvisionnement en éthanol en cours, qui s’étend de novembre à octobre, soit cinq ans avant la date initialement fixée, à savoir 2030. Cette réussite a été rendue possible par des réformes importantes et par une rapide expansion des capacités de distillation, qui permettent de répartir avec plus de souplesse les matières premières issues de la canne à sucre entre la production sucrière et celle d’éthanol. L’utilisation accrue des matières premières issues de la canne à sucre pour produire de l’éthanol observée au cours de la dernière décennie met en évidence l’évolution des liens entre la production de sucre et l’offre d’éthanol, même si les récentes évolutions indiquent également un rôle croissant des matières premières alternatives. L’ampleur du détournement des matières premières issues de la canne à sucre vers la production d’éthanol influe sur les quantités de sucre disponibles pour l’exportation et pourrait perturber de ce fait l’équilibre des marchés mondiaux du sucre au cours de la période de projection.