Ce chapitre examine les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle. L’analyse porte en particulier sur les programmes développés par la Ville de Paris, ainsi que sur les actions déployées localement par l’État, la Région Île-de-France et les partenaires sociaux. Dans un premier temps, le chapitre dresse un état des lieux du marché du travail de Paris intramuros. Une attention particulière est portée aux Points Paris Emploi (PPE) et aux dispositifs mis en place pour accompagner les trajectoires professionnelles des Parisiens et Parisiennes. Le chapitre présente ensuite les dispositifs de formation de la Ville de Paris, et souligne leur rôle dans les parcours de reconversion. Enfin, le chapitre analyse les programmes d’insertion et de soutien à la création d’emplois de la Ville, et en particulier dans le champ de l’économie sociale et solidaire (ESS).
5. Les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle de la Ville de Paris
Copier le lien de 5. Les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle de la Ville de ParisDescription
En bref
Copier le lien de En brefPoursuivre et tirer pleinement parti de la politique parisienne en faveur de l’emploi
Pleinement engagée dans l’accompagnement vers l’emploi et la formation professionnelle, Paris se positionne comme un acteur majeur des politiques de l’emploi en Île-de-France. Cette démarche proactive dépasse le cadre d’action habituel des communes et départements. Elle repose sur le développement de dispositifs développés avec des acteurs de terrain (par exemple : France Travail, Mission locale) offrant des solutions adaptées à différents publics cibles.
Les inégalités demeurent cependant constitutives du marché du travail de la Ville de Paris, caractérisé par une part importante de demandeurs d’emploi en chômage de longue durée mais aussi de profils qualifiés. Sur 186 000 demandeurs d’emploi parisiens (2024), près de la moitié sont en situation de chômage de longue durée (48 %), soit six points de pourcentage de plus que la moyenne nationale (42 %). Fait singulier du marché du travail de la Ville de Paris : en 2024, près de 60 % des demandeurs d’emploi disposent d’un niveau Bac+2 ou plus, soit presque deux fois la moyenne nationale (32 %).
Ces constats soulignent la nécessité d’accompagner une diversité de publics : en priorité les personnes peu qualifiées et les plus vulnérables, mais aussi celles disposant de qualifications élevées mais à l’écart de l’emploi et à risque d’exclusion.
Pour les publics éloignés de l’emploi, la Ville a mis en place un large panel de politiques d’emploi, de formation et d’insertion. De manière cohérente avec les enjeux du marché du travail, ces programmes s’adressent aux personnes les plus éloignées de l’emploi : les jeunes, les allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), les migrants, les personnes en chômage de longue durée, les travailleurs 45+ ou encore les résidents de quartiers prioritaires et populaires. De nombreux dispositifs affichent de bons résultats. La Ville articule étroitement ces dispositifs avec l’économie sociale et solidaire, l’innovation sociale et les structures d’insertion.
La reconversion professionnelle est un parcours à amplifier afin d’aider les demandeurs d’emploi qualifiés au sein de la ville à trouver un emploi à leur niveau de qualification. Par exemple, les programmes Dynamiques Emploi 2025 et ParisCode pourraient poursuivre et élargir leur action en matière de reconversion, notamment vers les métiers du numérique. L’IT Academy de la Ville de Barcelone ou la Tech Talent Pipeline de New York – qui propose des formations avancées dans les métiers du numérique – pourraient servir de sources d’inspiration.
Le Grand Paris Express ouvrira de nouvelles possibilités d’emploi : en s’inscrivant davantage dans le marché de l’emploi métropolitain, des dispositifs tels que les Points Paris Emploi (PPE) pourront tirer parti de ces nouvelles opportunités. En Île-de-France (hors Paris), la demande dans certains secteurs tels que la santé et le travail social, la construction ou encore l’enseignement est plus élevé qu’à Paris. Organiser des activités en lien avec l’offre d’emploi de territoires voisins pourrait multiplier les opportunités d’insertion.
L’évaluation plus systématique des dispositifs d’emploi et de formation est un levier qui peut renforcer l’impact des dispositifs proposés par l’ensemble des acteurs. Actuellement, peu de programmes bénéficient d’un suivi approfondi des apprenants et font l’objet d’évaluations. Les exemples de villes comme Boston ou Utrecht, qui réalisent des évaluations d’impact, pourraient nourrir la réflexion de tous les acteurs de l’emploi.
Introduction
Copier le lien de IntroductionL’objectif de ce dernier chapitre est d’analyser les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle de la Ville de Paris. Le chapitre présente également des données plus approfondies sur le marché du travail au sein de la Ville de Paris. La Ville de Paris est dotée d’un statut unique dans le paysage institutionnel français. À la fois commune et département, Paris est également la capitale nationale, et la région francilienne est le centre économique du pays. Depuis plus de dix ans, la Ville de Paris vient renforcer les politiques nationales de l’emploi et les politiques régionales de formation grâce à un ensemble d’actions. Les programmes de la Ville s’articulent étroitement autour de différents publics cibles selon leurs besoins, y compris les résidents de quartiers prioritaires de la Ville (QPV) et les quartiers populaires parisiens, les allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), les jeunes, les migrants, les personnes de plus de 45 ans ou encore des personnes en situation de chômage de longue durée. Ces programmes visent ainsi à répondre aux vulnérabilités sociales et économiques propres à chaque groupe.
Paris a développé des programmes qui recouvrent l’ensemble des catégories des politiques actives de l’emploi de l’OCDE/UE, témoignant de la diversité de son action. La Ville de Paris accompagne les demandeurs d’emploi, met en place des programmes de formation, accompagne l’insertion des personnes dans des emplois adaptés à leurs compétences, soutient directement la création d’es emplois, en tant qu’employeur notamment, et participe à la création d’activités (Tableau 5.1). Grâce à ces programmes, les Parisiens bénéficient d’une offre de service public supplémentaire et sur mesure, en plus des services nationaux (soutien à l’emploi) et régionaux (formation).
Trois grands facteurs ont modifié le cadre dans lequel s’inscrivent les politiques de l’emploi et de formation à Paris. (1) L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) 2024 a étendu le champ d’action de la Ville et de ses partenaires. La Ville a été à l’initiative de nombreuses nouvelles collaborations territoriales afin de favoriser l’impact positif des JOP sur le marché du travail local. Les partenariats (État, employeurs, territoires) conclus dans le cadre des JOP demeurent en place pour l’instant en place et pourraient constituer un soutien à l’action publique de la Ville en tant que département. (2) La mise en œuvre de la Loi pour le plein emploi (2023) renforce les dispositifs d’accompagnement des allocataires du RSA, un public spécifique dont la prise en charge relève de la Ville de Paris. La réforme réorganise également la gouvernance des politiques de l’emploi (chapitre 4) à l’échelle territoriale. (3) Enfin, le déploiement progressif du réseau de transport Grand Paris Express, avec ses 200km de lignes nouvelles et 68 nouvelles gares, est un levier majeur pour mieux faire correspondre l’offre et la demande d’emploi sur le territoire francilien.
Tableau 5.1. Les programmes d’emploi de la Ville de Paris couvrent l’ensemble des catégories de politiques actives du marché du travail
Copier le lien de Tableau 5.1. Les programmes d’emploi de la Ville de Paris couvrent l’ensemble des catégories de politiques actives du marché du travailPolitiques de l’emploi de la Ville de Paris en fonction des catégories de politiques actives du marché du travail
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Catégorie de politique active |
Exemples de dispositifs parisiens |
|---|---|
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Information, orientation ou accompagnement |
Points Paris Emploi (PPE), Dynamiques Emplois 2025 |
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Formation |
ParisCode, Parcours Linguistiques à Visée Professionnelle (PLVP), Paris Fabrik, Paris Hospitalités, Paris Emplois à Domicile |
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Aides à l’emploi |
L’insertion par l’activité économique (IAE) |
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Emploi protégé, emploi aidé, réhabilitation |
Dispositif Premières Heures : de la rue à l'emploi |
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Création directe d’emplois |
Territoires Zéro Chômeurs de Longue Durée (TZCLD) |
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Aides à la création d’entreprise |
Maison des Canaux, et soutien à différentes structures (ex. Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Pousses.Paris) |
Source : Auteur sur la base de la classification des programmes du marché du travail par (Eurostat, 2019[1]), statistiques du marché du travail : rapport qualitatif. https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1143&langId=en.
Ce chapitre est divisé en trois parties. Le chapitre débute par une présentation détaillée des profils des demandeurs d’emploi dans la Ville de Paris ainsi que des offres d’emploi disponibles sur le marché du travail francilien. Cette partie approfondie les statistiques présentées dans le Chapitre 2. Les politiques d’accompagnement des demandeurs d’emploi sont ensuite présentées. Le chapitre analyse les possibilités offertes par une plus forte mobilité des demandeurs d’emploi parisiens vers l’Île-de-France, une perspective d’autant plus réalisable avec le développement du Grand Paris Express. Une deuxième section se concentre sur les initiatives de formation professionnelle de la Ville de Paris. Enfin, le chapitre analyse les initiatives de la Ville pour créer des emplois de proximité et durable grâce à l’économie sociale et solidaire (ESS). Il examine également la mise en œuvre de l’expérimentation Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée (TZCLD) dans la Ville de Paris.
Accompagner les demandeurs d’emploi parisiens dans un marché du travail métropolitain
Copier le lien de Accompagner les demandeurs d’emploi parisiens dans un marché du travail métropolitainParis intramuros : un marché du travail à deux vitesses
Le demandeur d’emploi parisien est plus qualifié que la moyenne nationale. Selon les chiffres de France Travail, en 2024, 49 % et 11 % des demandeurs d’emploi enregistrés dans la Ville de Paris disposaient, respectivement, de plus de trois ou deux ans de d’éducation après l’obtention du baccalauréat (Graphique 5.1). Paris intramuros dispose de près de deux fois plus de demandeurs d’emploi qualifiés que la moyenne française : près de 60 % des demandeurs d’emploi à Paris justifient d’au moins deux ans en études post-secondaire, contre seulement 32 % des demandeurs d’emploi en France. En Île-de-France (hors-Paris), 40 % des demandeurs d’emploi a effectué au moins trois ans d’études post-secondaire, une proportion entre la moyenne parisienne et française. Le grand nombre de demandeurs d’emploi qualifiés à Paris, dont une part importante de cadres (29 %), s’explique par la position unique du bassin d’emploi parisien en tant que premier pôle économique du pays.
Graphique 5.1. À Paris, la proportion de demandeurs d’emploi qualifiés dépasse la moyenne nationale de plus de 25 points de pourcentage
Copier le lien de Graphique 5.1. À Paris, la proportion de demandeurs d’emploi qualifiés dépasse la moyenne nationale de plus de 25 points de pourcentageProfils des demandeurs d'emploi, niveau d’éducation, Paris, Île-de-France et France, 2024
Note : (1) Le calcul prend en compte les demandeurs d’emploi de catégorie A, B, et C au T2 2024. Les catégories des demandeurs d’emploi A, B, et C selon la Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre) : (A) Personne sans emploi, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi ; (B) Personne ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi ; (C) Personne ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi ; (2) Le calcul prend en compte les demandeurs d’emploi catégories A, B et C pour lesquels un niveau d’éducation est enregistré en chiffres bruts dans la base de données Data Emploi de France Travail. (3) BEP - Brevet d'études professionnelles, CAP - Certificat d'aptitude professionnelle.
Source : France Travail, Data Emploi, https://dataemploi.francetravail.fr.
La présence plus importante de personnes en situation de chômage de longue durée distingue également le marché du travail de la ville de la moyenne française et francilienne. À Paris, près de la moitié (48 %) des demandeurs d’emploi parisiens sont au chômage depuis au moins douze mois (T2 2024), une part plus élevée que la moyenne française de 6 points de pourcentage (42 %), ou encore de celle de la Seine-Saint-Denis de 4 points de pourcentage (44 %) (Tableau 5.2). Une étude met en évidence deux facteurs pour comprendre la durée prolongée du chômage à Paris et dans sa région : d’une part, une inadéquation entre offre et de demande de compétences ; et d’autre part, une inadéquation géographique entre les lieux de résidence et les zones de concentration des offres d’emploi à l’échelle régionale (Sari et L’Horty, 2015[2]). Le Grand Paris Express contribuera à lever une partie de ces obstacles en reliant entre elles des zones d’activité et d’emploi aujourd’hui peu connectées par le réseau ferroviaire.
L’inadéquation entre offre et demande de compétences et le manque d’opportunités adaptées pourraient expliquer le taux de chômage de longue durée élevé à Paris. Les statistiques sur les offres d’emploi dont disposent France Travail, bien que limitées, indique que le nombre de demandeurs d’emploi dans la Ville, notamment qualifiés, dépassent le nombre d’offre disponibles sur le marché du travail de la Ville de Paris (Graphique 5.2). Certaines exceptions sectorielles subsistent néanmoins. Dans le domaine du développement informatique, notamment, le volume d’offres excède celui des candidats disposant des qualifications requises. Bien que le taux d’inadéquation ait diminué parmi les personnes en emploi en Île-de-France (voir Chapitre 2), ces données suggèrent qu’une inadéquation persisterait chez les personnes sans emploi, portant davantage sur leurs compétences spécifiques que sur leur niveau de diplôme. Dans ce contexte, les politiques de reconversion professionnelle, tout comme celles visant à aider les employeurs à créer des emplois attractifs et à recruter de nouveaux profils, constituent des réponses complémentaires indispensables.1
Tableau 5.2. Le taux chômage de longue durée des demandeurs d’emploi est élevé à Paris
Copier le lien de Tableau 5.2. Le taux chômage de longue durée des demandeurs d’emploi est élevé à ParisTaux de chômage et caractéristiques des demandeurs d’emploi, départements d’Île-de-France, 2024
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Paris (75) |
Hauts-de-Seine (92) |
Seine-Saint-Denis (93) |
Val-de-Marne (94) |
Essonne (91) |
Val-d’Oise (95) |
Seine-et-Marne (77) |
Yvelines (78) |
France |
|
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Taux de chômage |
5,7 % |
6,0 % |
10,2 % |
7,2 % |
6,4 % |
7,9 % |
6,7 % |
6,5 % |
7,3 % |
|
Nombre de demandeurs d’emploi |
186 050 |
112 910 |
165 700 |
104 760 |
86 790 |
97 470 |
103 250 |
98 190 |
6 010 290 |
|
Part d’allocataires RSA |
11 % |
12 % |
16 % |
13 % |
11 % |
12 % |
13 % |
12 % |
14 % |
|
Part de chômeurs longue durée (+12 mois) |
48 % |
41 % |
44 % |
40 % |
35 % |
38 % |
42 % |
43 % |
42 % |
Note : (1) Les catégories des demandeurs d’emploi selon la Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre): (A) Personne sans emploi, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi ; (B) Personne ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi ; (C) Personne ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures par mois, devant accomplir des actes positifs de recherche d'emploi (2) Le tableau indique la proportion d’allocataires du RSA avant leur intégration dans les données de France Travail (prévu en 2025).
Source : France Travail ; (INSEE, 2024[3]), Taux de chômage localisés au 2ᵉ trimestre 2024 Comparaisons régionales et départementales, https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012804.
Graphique 5.2. Les métiers du numérique offrent une opportunité de réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande d’emploi dans la Ville de Paris
Copier le lien de Graphique 5.2. Les métiers du numérique offrent une opportunité de réduire le déséquilibre entre l’offre et la demande d’emploi dans la Ville de ParisProfils des demandeurs d’emploi et des offres diffusées par les recruteurs, 2024, Ville de Paris
Note : T3 2024.
Source : France Travail.
La part élevée de personnes en situation de précarité économique dans la Ville de Paris peut aussi expliquer la surreprésentation du chômage de longue durée par rapport à la moyenne nationale. Le taux de pauvreté au sein de la ville de Paris est en effet supérieur à la moyenne nationale : 15,6 % à Paris contre 14,9 % en France métropolitaine selon les derniers chiffres disponibles (APUR et INSEE, 2024[4]). Les personnes en situation de pauvreté cumulent souvent plusieurs freins à l’insertion professionnelle, tels que l’instabilité du logement, un faible niveau de compétences ou encore des difficultés psycho-sociales qui entravent leur accès à un emploi de qualité. Bien que ces entraves socio-économiques affectent plus fortement les publics moins qualifiés, elles ne se limitent pas à ce groupe et peuvent également toucher des personnes plus diplômées. C’est notamment le cas des étudiants, qui représentent environ 10 % de la population parisienne (Apur, 2024[5]). En 2024, en France, un tiers des jeunes étudiants interrogés dans le cadre d’un sondage déclaraient sauter un repas faute de moyens (IFOP, 2024[6]). Dans ce contexte, le niveau particulièrement élevé des loyers dans la capitale constitue un facteur aggravant de leur précarité économique.
La mise en œuvre de la Loi Plein Emploi en 2025 va amener un plus grand nombre de Parisiens à s’inscrire chez France Travail. La mise en œuvre de la Loi Plein Emploi de 2023 vise à créer de nouveaux besoins d’accompagnement. À partir de 2025, cette Loi prévoit que les allocataires du Revenu de solidarité active (RSA), ainsi que les jeunes inscrits en Mission locale et les personnes en situation de handicap soient automatiquement inscrits auprès de France Travail (Ministère du Travail et de l'Emploi, 2024[7]). Cette loi introduit de nouvelles modalités d’accompagnement et de contrôle, afin de renforcer le suivi et l’engagement des bénéficiaires dans un parcours d’insertion professionnelle. Par exemple, cette loi rend obligatoire la signature d’un contrat d’engagement au moment de l’inscription des bénéficiaires à France Travail, définissant les actions à mener et les obligations du bénéficiaire. Elle permet également au président du conseil départemental de déléguer à France Travail la responsabilité du contrôle des engagements pris par les allocataires du RSA dans le cadre de ce contrat.
Encourager la mobilité géographique des demandeurs d’emploi parisiens au sein du bassin métropolitain
À l’image d’autres grandes villes de l’OCDE, Paris s’insère dans un bassin d’emploi fonctionnel qui dépasse largement les frontières administratives de la ville. L’Île-de-France concentre environ 23 % de l’emploi en France, 18 % de la population et 31 % du Produit Intérieur Brut (PIB) (CCI de Paris, 2022[8]). Dans ce contexte, l’offre de transport collectif, l’usage de la voiture individuelle et les mobilités douces sont des leviers pour permettre aux demandeurs de la capitale d’étendre leur recherche d’emploi à une aire économique qui dépasse largement les limites de la ville. Ce bassin d’emploi comprend l’ensemble des territoires de la Métropole du Grand Paris, presque l’intégralité des communes de l’Île-de-France (Chapitre 2) et s’étend au-delà des limites administratives de la Région.2 Une zone de navettage autour d’une ville est définie comme l’ensemble des localités qui entourent une ville et dont plus de 15 % de la population de ces localités travaille dans la ville (OCDE, 2021[9]).
Le bassin d’emploi francilien est constitué de plusieurs zones d’emploi spécialisées, reflétant des orientations sectorielles différenciées : la zone de Roissy, spécialisée dans le transport et l’entreposage ; la zone de Marne-la-Vallée tournée vers le tourisme ; et celle de Saclay, dédiée à la recherche et l’innovation (INSEE, 2020[10]). Les flux de travailleurs y sont particulièrement denses, mais avec une forte dominance des flux entrants vers la capitale. Selon les dernières estimations disponibles, plus de 60 % des emplois à Paris sont occupés par des non-résidents dans la ville, tandis que 30 % des actifs parisiens exercent une activité professionnelle en dehors de Paris (Chapitre 1). Cette tendance correspond aux flux observés dans d’autres métropoles de l’OCDE. Certaines régions de l’OCDE, telles que Bruxelles, cherchent à mobiliser plus activement les flux de travailleurs sortants pour tirer profit du potentiel économique de leur couronne métropolitaine (Humphrey et al., 2019[11] ; OCDE, 2023[12]).
L’Île-de-France (hors Paris) offre des opportunités pour les Parisiens et les Parisiennes dans des secteurs qui sont moins implantés à Paris. Selon un calcul réalisé sur près des 706 000 offres d’emploi publiées en ligne en Île-de-France au cours de l’année 2023, 15 % et 10 % des offres d’emploi parisiennes se concentrent dans les activités spécialisées : activités scientifiques et techniques, les télécommunications et l’informatique respectivement, contre seulement 11 % et 8 % des emplois en Île-de-France (hors Paris). En Région Ile-de-France (hors Paris), les secteurs de l’industrie manufacturière, la santé et l’action sociale, l’enseignement ou encore la construction et le transport et l’entreposage représentent des parts plus importantes dans les offres d’emplois publiées en ligne. Ainsi, au-delà de leur niveau de qualifications, le parcours des demandeurs d’emploi parisiens pourrait être orienté selon le poids respectifs des différents secteurs au sein du territoire francilien. Les données sur le nombre total d’offres d’emploi confirment cette tendance (Graphique 5.3).
Le développement du réseau de transports Grand Paris Express ouvre de nouvelles possibilités pour rapprocher les Parisiens de l’offre d’emploi francilienne. Ce projet d’aménagement urbain à grande échelle prévoit notamment l’expansion ou la construction de cinq lignes de métro, de 68 nouvelles gares et de 180 projets urbains (Grand Paris express, 2024[13]). L’un des principaux objectifs du Grand Paris Express est d’améliorer l’accessibilité entre les zones d’habitat (par exemple : Saint-Denis Pleyel, Champigny) et les zones d’emploi en Île-de-France (par exemple : les aéroports, le plateau de Saclay, le Campus Descartes, La Défense, le Stade de France). La réduction des temps de trajets rendue possible par le Grand Paris Express pourrait permettre de gagner en efficacité, avec la création de 168 000 emplois, et une augmentation de la population active estimée à 3,1 % (Chapelle et al., 2017[14]). En améliorant l’accessibilité des zones d’activités, ce projet restructure les possibilités d’emploi pour les demandeurs d’emploi parisiens et franciliens, et au sein des zones d’emploi de Rungis, Orly et divers pôles de la Seine-Saint-Denis deviendront plus accessibles.3
Graphique 5.3. L’Île-de-France offre des opportunités pour les demandeurs d’emploi dans la santé et l’action sociale, la construction ou encore les transports
Copier le lien de Graphique 5.3. L’Île-de-France offre des opportunités pour les demandeurs d’emploi dans la santé et l’action sociale, la construction ou encore les transportsOffres d’emploi publiées en ligne en région francilienne, 2023
Remarque : Calcul sur 705 689 emplois (302 696 pour Paris, 402 993 pour l’Île-de-France hors Paris) publiés en ligne en Île-de-France au cours de 2023.
Source: Calcul OCDE sur données Lightcast.
Favoriser la mobilité grâce aux Points Paris Emploi et poursuivre l’action de Dynamiques Emploi 2025 pour soutenir les reconversions
Les Points Paris Emploi (PPE) constituent un dispositif central d’orientation vers l’emploi de la Ville de Paris. Implantés dans onze arrondissements (Graphique 5.6), les PPE sont des centres ressources dont le rôle est complémentaire à celui des agences parisiennes de France Travail. Ces centres permettent à toute personne d’accéder, sans rendez-vous ni aucune forme d’inscription, à une information qualifiée et une orientation vers un dispositif ou une structure adaptée (Ville de Paris, 2024[15]). Les PPE s’inscrivent dans un modèle de service public qui vise à faciliter l’accès aux démarche en réduisant les barrières d’accès telles que la nécessité de prendre rendez-vous ou les démarches administratives. Alors que les agences de France Travail fonctionnent sur rendez-vous pour assurer un suivi personnalisé aux demandeurs d’emploi sur les questions de retour à l’emploi, et de perception des prestations sociales (ex. allocation chômage), les PPE offrent un accès libre aux services suivants :
Une information et une orientation personnalisé sans rendez-vous, notamment vers des structures spécialisées comme les Missions Locales, France Travail, ou CAP emploi ;
La possibilité de participer à des ateliers (rédaction de CV, préparation aux entretiens, formations) et évènements (job dating) organisés en lien avec des employeurs ou organismes de formation ;
L’accès à des ressources documentaires.
La programmation des PPE contribue également à la mise en œuvre d’une partie des engagements pris dans le cadre des Pactes Parisiens Pour l’Emploi, présentés dans le Chapitre 4. Elle prévoit notamment l’organisation de forums et autres évènements avec les employeurs signataires des Pactes. Les PPE sont gérés par différentes structures associatives soutenues par la Ville de Paris.4
Graphique 5.4. La Ville de Paris gère onze Point Paris Emploi (PPE) avec ses partenaires
Copier le lien de Graphique 5.4. La Ville de Paris gère onze Point Paris Emploi (PPE) avec ses partenairesCarte de la localisation des différents PPE dans Paris
Source : (Ville de Paris, 2024[15]), Les Points Paris Emploi (PPE), https://www.paris.fr/pages/les-points-paris-emploi-ppe-25787.
La fréquentation spontanée des guichets des PPE pourrait être encouragée afin de faciliter l’accès des Parisiens à l’ensemble des dispositifs d’emploi disponibles. Ces centres offrent un accès facilité à l'information, à l'orientation et services d'accompagnement disponibles pour l’ensemble des personnes en recherche d’emploi, reconversion ou évolution professionnelle à Paris. En ce sens, les PPE constituent une fenêtre sur l’ensemble de l’offre d’accompagnement et de formation locale. En 2023, ces centres ont accueilli près de 24 000, dont 6 615 se sont présentées à l’accueil sans participer aux activités proposées (Graphique 5.3). 7 865 personnes ont participé aux ateliers et événements organisés par les PPE, un chiffre supérieur à celui des visites spontanées (service d’accueil, d’information, et d’orientation), qui témoigne de l’attractivité de ces ateliers en 2023. Une meilleure communication sur ces lieux pourrait attirer un plus grand nombre de personnes éloignés de l’emploi vers ces lieux. Par exemple, le nouveau comité départemental pour l’emploi (CDPE), présenté au chapitre 4, pourrait constituer un espace pour définir une stratégie de communication renforcée autour de ces guichets, ainsi que de leur appropriation par les acteurs de l’emploi et de l’insertion.
Tableau 5.3. Les 11 PPE permettent à près de 24 000 personnes de bénéficier d’un service d’information et d’orientation vers l’emploi et la formation
Copier le lien de Tableau 5.3. Les 11 PPE permettent à près de 24 000 personnes de bénéficier d’un service d’information et d’orientation vers l’emploi et la formationFréquentation des Points Paris Emploi, 2023
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Accueil : information et orientation |
Ateliers |
Évènements |
Usage des locaux |
Total |
|
|---|---|---|---|---|---|
|
Fréquentation |
6 615 |
4 117 |
3 748 |
8 542 |
23 645 |
Source : Direction de l’Attractivité et de l’Emploi (DAE), Ville de Paris.
En élargissement leur programmation à un plus grand nombre de secteurs, et notamment ceux plus fortement implantés en banlieue, les PPE constituent un levier stratégique pour renforcer l’accès à l’emploi des personnes résidents à Paris. Actuellement la programmation des PPE prévoit la réalisation d’ateliers thématiques (par exemple, sur la création d’activité), l’organisation de forums sectoriels ou généralistes, et la diffusion d’offres d’emploi sur le site des PPE de la Ville. Cette programmation pourrait être élargie avec par exemple la réalisation de sessions dédiées aux métiers qualifiés ou peu qualifiés dans les secteurs de l’industrie, la santé, l’action sociale, la construction, l’enseignement, pour ouvrir de nouvelles opportunités pour les demandeurs d'emploi parisiens). Des partenariats pourraient également être envisagés avec les collectivités voisines, en s’inspirant par exemple de la Région de Bruxelles-Capitale, qui encourage les demandeurs d’emploi à participer à des salons en Région flamande (Actiris, s.d.[16]).
Compte tenu de la forte tension qui caractérise les métiers du numérique en Île-de-France, une attention particulière pourrait également être portée à ce secteur par les PPE. Les métiers du numérique figurent en effet parmi les professions les plus en tension dans la région en 2024 (T4) (France Travail, 2025[17]). Le chapitre 3 met également en lumière la forte demande de compétences numériques avancées dans l’intégralité de l’offre d’emploi francilienne. Il existe donc une réelle opportunité pour les PPE de s’emparer de ces besoins de recrutement. Ainsi, la Ville de Paris et ses partenaires pourraient encourager les entreprises du numérique à établir des partenariats avec les PPE, afin d’y organiser des ateliers thématiques et des sessions de recrutement. La grande diversité des métiers du numérique se prête également à la mise en place de sessions d’orientation à destination des personnes intéressées par ces professions.
L’initiative Dynamiques Emploi 2025 complète l’activité d’information et d’orientation des PPE, notamment pour encourager les parcours de reconversion auprès tous les publics. Mise en place par la Ville de Paris, l’initiative Dynamiques Emploi 2025 soutient treize structures à Paris qui proposent au total plus de 1000 parcours d’accompagnement gratuits (Ville de Paris, 2024[18]). Les structures partenaires de Dynamiques Emploi 2025 fournissent trois types de services : (1) l’aide à la construction d’un projet professionnel, (2) un soutien à la reconversion professionnelle pour changer de métier ou de secteur ; et (3) une préparation au retour à l’emploi. Ces parcours s’adressent à différents publics : aux allocataires du RSA, aux personnes âgées de plus de 45 ans, et aux demandeurs d’emploi plus généralement. Les parcours de reconversion Dynamiques Emploi 2025 présentent une opportunité pour aider les Parisiens, et notamment les publics qualifiés, à mobiliser leurs compétences existantes et à se réorienter vers des métiers en tension, comme ceux du numérique.
Les dispositifs de formation professionnelle à Paris
Copier le lien de Les dispositifs de formation professionnelle à ParisL’offre de formation disponible à Paris et en région francilienne, dont celle proposée par la Ville, est dense et riche
La densité et la diversité de l’offre de formation à Paris et en région sont le résultat de la mobilisation conjointe de plusieurs acteurs institutionnels, en complément de la Ville de Paris : France Travail, les opérateurs de compétences (OPCO) et la Région d’Île-de-France. L’ensemble de ces offres de formation vise à répondre aux besoins du marché du travail. La Ville de Paris propose des formations qualifiantes et conventionnées, consultables via des plateformes à destination des employeurs (Dokelio, Kairos) et des personnes en recherche d’emploi (emplois.paris.fr, paris.fr, Oriane, ouiform). Le conventionnement des formations permet une prise en charge financière des frais pédagogiques et de l’indemnisation des stagiaires, le cas échéant. La Région Île-de-France, en tant que responsable de la politique de formation professionnelle, finance de nombreuses filières, notamment à destination des jeunes (Code du travail, 2025[19]). Au niveau national, le Compte Personnel de Formation (CPF) est un dispositif qui permet aux actifs d’accumuler des droits à la formation mobilisables tout au long de leur vie, y compris pendant des périodes de chômage (Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles, 2024[20]). Les opérateurs de compétences (OPCO) interviennent quant à eux au niveau des branches professionnelles pour financer les contrats d’apprentissage et de professionnalisation, et assurer des services de formation auprès des entreprises (Ministère du Travail, 2023[21]).5 Le rôle de ces acteurs est approfondi dans le Chapitre 4.
Les données disponibles sur la formation des demandeurs d’emploi sur le territoire de la Ville de Paris permettent d’évaluer la contribution de ces différents acteurs publics à la formation continue. Ces chiffres ne capturent qu’une partie du financement de la formation à Paris, puisqu’ils couvrent uniquement la population des demandeurs d’emploi entrés en formation en 2023 (un peu moins de 36 000), et non l’intégralité de la population formée (notamment : personnes salariées, jeunes en formation initiale). Les formations financées, ou co-financées, par France Travail et le Conseil Régional, représentent respectivement 23 % et 22 % des entrées en formation dans la Ville de Paris en 2023, contre 34 % et 26 % en France respectivement (Graphique 5.5). Les formations de la Ville de Paris conventionnées par France Travail sont comprises dans l’offre de France Travail. Le CPF, lui, a financé 43 % des entrées en formation en 2023, contre 33 % en France. En considérant la part de demandeurs d’emploi entrés en formation en 2023, les programmes de formation de la Ville de Paris représenteraient un peu plus de 8 % du nombre de demandeurs d’emploi formés6. Enfin, les OPCO forment aussi des personnes en emploi, qui ne sont pas représentés dans les chiffres ci-dessous.
Graphique 5.5. Les formations de France Travail, dont les programmes qualifiants de la Ville de Paris, atteignent 23 % des demandeurs d’emploi en formation à Paris
Copier le lien de Graphique 5.5. Les formations de France Travail, dont les programmes qualifiants de la Ville de Paris, atteignent 23 % des demandeurs d’emploi en formation à ParisEntrées en formation par type de formation, demandeurs d’emploi en formation, Paris vs. France, cumul 2023
Note : Les données pour l’offre de formation de France Travail comprend les formations suivantes : l'Aide individuelle à la formation (AIF), l'Action de Formation Conventionnée par France Travail (AFC), la Préparation Opérationnelle à l'Emploi individuelle (POE I), la Préparation Opérationnelle à l'Emploi Collective (POEC) et l’Action de formation préalable au recrutement (AFPR). La Ville de Paris cofinance des actions via les dispositifs suivants : AIF, POE I.
Le conventionnement des formations avec France Travail permet de lever une partie des freins économiques. Le manque de temps et de ressources financières sont parmi les principaux obstacles à la formation cités par les adultes moins qualifiés des pays de l’OCDE (OCDE, 2019[24]). En apportant un soutien financier, le conventionnement de l’offre de formation par France Travail permet de remédier à une partie de ces barrières. Toutes les formations ne peuvent cependant bénéficier de cette solution. C’est le cas des filières pré-qualifiantes telles que les Parcours Linguistiques à Visée Professionnelle (PLVP) de la Ville de Paris, pour lesquelles l’absence de conventionnement freine l’accès ou le maintien en formation des publics bénéficiaires. Les critères établis par France Travail pour le conventionnement des formations sont précisés dans son instrument financier, l’Action de Formation Conventionnée (AFC).
Une réflexion pourrait être engagée sur la coordination de l’offre de formation prescrite par les acteurs et dispensée par les organismes de formation, à l’échelle francilienne. La pluralité de l’offre de formation à Paris et en région engendre une complexité qui peut entraver l’accès aux formations. À l’échelle des pouvoirs publics et des partenaires sociaux, le grand nombre d’acteurs (par exemple : France Travail, Région, CPF, OPCO) impliqués dans le financement et la prescription de la formation (Amiel, 2023[25]) nécessite une coordination étroite pour la mise en œuvre d’une politique de formation harmonisée (voir le Chapitre 4). À l’échelle opérationnelle, la multiplicité des acteurs impliqués dans le financement de la formation démultiplie les organismes de formation : selon la DRIEETS, la région francilienne compterait 25 000 prestataires de formation, dont 10 000 à Paris (DRIEETS, 2020[26]).7 Les acteurs financent un écosystème dense d’organismes privés, associatifs et parapublics, qui forment parfois sur les mêmes filières. Le grand nombre d’organismes et de voies d’entrées dans le système de formation démultiplie les choix de parcours pour les apprenants et complique l’accès à l’offre de formation (OCDE, 2017[27]).
Les bons résultats des programmes de formation de la Ville ouvrent la voie au développement de passerelles de reconversion, notamment vers le numérique
La Ville de Paris gère six programmes de formation professionnelle via des appels à projets annuels. À destination des publics éloignés de l’emploi majoritairement, ces programmes (présentés ci-après), peuvent bénéficier du soutien financier de France Travail et d’autres partenaires8. Ils sont opérés par des organismes (associations, structures de l’ESS et des entreprises agréées entreprise solidaire d'utilité sociale - ESUS) sélectionnés par la Ville au travers des appels à projets. Ces programmes sont conçus pour répondre aux besoins spécifiques du marché du travail et ciblent des groupes de métiers spécifiques, et notamment les métiers qui exigent des compétences numériques plus avancées (Ville de Paris, 2025[28]). La Ville anime également directement les Cours d’Adultes de la Ville de Paris
Ces programmes de formation de la Ville de Paris bénéficient de taux d’insertion élevés. ParisFabrik, un programme axé sur les métiers de la transition écologique (fabrication, économie circulaire, mobilités douces, rénovation énergétique, écoconstruction) affiche un taux de 83 % de sorties positives (vers un emploi, une création d’activité ou une nouvelle formation), semblable à Paris Fertile, porté sur l’agriculture durable. ParisCode, programme dédié aux métiers du numérique, atteint un taux de sorties positives de 73 %, avec 6 927 entrées en formation cumulées (Tableau 5.4). Sur cinq ans (2019-2023), le programme Paris Tous En Jeux, qui a formé aux métiers mobilisés dans le cadre de l’organisation des JOP, a permis à 85 % des apprenants de retrouver un emploi ou d’entrer dans une autre formation professionnelle.
Tableau 5.4. 3 000 personnes se forment en moyenne chaque année grâce aux programmes de formation de la Direction de l’Attractivité et de l’Emploi de la Ville de Paris
Copier le lien de Tableau 5.4. 3 000 personnes se forment en moyenne chaque année grâce aux programmes de formation de la Direction de l’Attractivité et de l’Emploi de la Ville de ParisFormations offertes par la Ville de Paris, nombre d’apprenants (moyenne annuelle) et taux d’insertion (1er semestre 2024)
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Secteur |
Date de lancement |
Apprenants (Moyenne annuelle) |
Entrées en formation (cumul depuis création) |
Sorties positives à 6 mois |
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|---|---|---|---|---|---|
|
Parcours Linguistiques à visée professionnelle (PLVP) |
Parcours pré-qualifiant français à visée d’insertion professionnelle |
2012 |
1 300 |
15 594 |
58 % |
|
ParisCode |
Numérique |
2016 |
866 |
6 927 |
73 % |
|
ParisFabrik |
Transition écologique |
2017 |
170 |
1 022 |
83 % |
|
Paris Tous en Jeux |
JOP 2024 |
2019 |
358 |
1 792 |
85 % |
|
Paris Fertile |
Agriculture durable |
2021 |
150 |
301 |
83 % |
|
Paris Emplois à Domicile |
Services à la personne |
2021 |
101 |
303 |
58 % |
Source : Auteur sur la base de données fournies par la Ville de Paris, Direction de l'Attractivité et de l'Emploi (DAE).
En s’appuyant sur des partenariats avec des acteurs locaux, ParisCode forme aux métiers du numérique. Ce programme propose des formations pré-qualifiantes et qualifiantes gratuites, couvrant un large spectre de compétences métiers comme le développement web et mobile, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le marketing digital ou encore l’e-commerce. Deux types de formation sont proposés : des bootcamps/sessions courtes, d’une durée de trois à quatre mois, offrant d’accéder directement à l’emploi ou de poursuivre sesétudes, et des sessions longues, s’étalant sur six à douze mois.9 En 10 ans, ParisCode a permis à plus de 10 000 Parisiens, dont 47 % de femmes, de se former gratuitement.
Le programme s’appuie sur un réseau de partenaires tels que France Travail, la Grande École du Numérique, et l’Opco Atlas et Afdas, qui financent des formations. Grâce aux « Pactes pour l’Emploi & la Formation » (Chapitre 4), des entreprises comme Orange, Cisco, Google, Accenture et Microsoft soutiennent le programme par le biais de mécénat financier et des initiatives de Responsabilité Sociale (RSE), telles que des ateliers sur les soft skills des candidats, des journées découverte des métiers ou encore du mentorat. Les formations ParisCode sont déployées par des écoles aux pédagogies innovantes (école 42, Simplon, Social Builder, Ada Tech School, Descodeuses, Konexio, Rocket School, Oreegami, Winside, le Wagon, Ironhack) et implantées au plus près de leurs publics cibles. (Ville de Paris, 2025[29]).
En capitalisant sur ces bons taux d’insertion, ParisCode pourrait intégrer à ses parcours existants des nouvelles passerelles vers des métiers plus qualifiés. Les métiers liés aux études et développement informatique, à la direction des services informatiques, ainsi qu’à l’expertise et au support en systèmes d’information figurent respectivement aux 2e, 5e et 7e rangs des métiers les plus recherchés par les recruteurs parisiens (France Travail, 2024[30]). Or au premier trimestre 2024, 33 560 offres d’emploi ont été publiées pour des postes de développeurs informatiques, contre seulement 3 840 demandeurs d’emploi (France Travail, 2024[30]).10 Ces difficultés de recrutement, caractérisées comme « très élevées », sont notamment attribuées au lien formation-métier, et concernent des métiers du numérique qualifiés (Bac+3 ou Bac+5) (France Travail, 2024[30]).11
Un parcours ciblant les profils plus qualifiés dans le domaine du numérique pourrait compléter les dispositifs ParisCode existants. La portée du programme ParisCode pourrait être étendue avec la mise en place de passerelles vers des programmes Bac+ 4 ou Bac+ 5 en informatique. Cette démarche permettrait d’encourager la reconversion de certains profils d’apprenants (notamment les jeunes diplômés) vers des métiers du numériques plus qualifiés tout en préservant les parcours ParisCode existants, qui s’adressent à un public divers et dont les résultats sont déjà positifs.
Les programmes de formation d’autres villes de l’OCDE, qui vise également à développer les qualifications numériques les plus avancées, peuvent inspirer la Ville de Paris. Des villes comme Barcelone (IT Academy comprise dans la stratégie Barcelone : ville de talents) ou encore New York, via son programme Tech Talent Pipeline12, peuvent servir d’inspiration à ce titre (Encadré 5.1). À Barcelone, la IT Academy, soutenue par le service d’emploi de la Ville, BarcelonaActiva, est entièrement dédiée au développement de compétences numériques avancées à travers différentes filières de formation intensives. À ce titre, l’académie a noué un partenariat avec l’école 42 de Barcelone, un centre de formation privé dans le numérique, qui prépare en partie à des métiers très qualifiés du secteur. À New York, le programme Tech Talent Pipeline repose en partie sur des partenariats avec des universités new-yorkaises, afin de créer des passerelles pour les publics sous-représentés dans les métiers les plus avancés du numérique. Le programme Dynamique Emploi 2025 de la Ville de Paris est aussi un outil complémentaire pour amplifier les parcours de reconversion vers les métiers du numérique, dans la mesure où il permet de renforcer l’orientation en amont, avant qu’une personne ne s’engage dans une formation ou un parcours, en lui faisant mieux connaître la diversité des métiers du numérique.
Encadré 5.1. La stratégie « Barcelone, ville de talent » 2019-2023 vise à la fois des objectifs d’inclusion numérique, de développement de talents et d’innovation
Copier le lien de Encadré 5.1. La stratégie « Barcelone, ville de talent » 2019-2023 vise à la fois des objectifs d’inclusion numérique, de développement de talents et d’innovationLa Ville de Barcelone a mis en place une stratégie qui vise à attirer, développer et fidéliser les talents
La Ville de Barcelone a établi comme objectifs stratégiques de développer et d’attirer les talents, de contribuer à la compétitivité et à la transformation digitale du tissu économique local, réduire la fracture digitale, de promouvoir les parcours scientifiques et technologiques et de positionner la ville comme « hub » digital en Europe du sud. La Ville a souhaité former 3 0000 personnes dans les métiers du numérique entre 2020 et 2024 dans le cadre de l’IT Academy, décrite ci-dessous. Afin d’atteindre ces objectifs, la Ville de Barcelone a mis en place les dispositifs suivants :
La promotion des vocations scientifiques et technologiques, qui comprend la mise en œuvre d’un « plan STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques) », le développement de points STIM dans la ville, le lancement d’un programme numérique au sein des écoles de Barcelone, la création d’une alliance STIM pour accroitre la présence des femmes dans ces secteurs ainsi que le déploiement de « Code.org » pour l’apprentissage du coding dans les écoles.
La formation technologique, qui comprend trois piliers :
La formation technologique élémentaire, qui vise à réduire la fracture numérique en déployant différents programmes à la destination des barcelonais ;
La formation technologique spécialisée, qui a comme objectif le développement de compétences digitales pour les publics à la recherche d’un emploi ou de formation continue. Ce pilier comprend l’ouverture du centre de formation Cibernàrium, qui permet aux barcelonais de renforcer leurs compétences technologiques. La Ville organise également le Congrès « Competències Digitals » en partenariat avec des universités locales et la Generalitat de Catalogne (gouvernement de la Région). La Ville a également ouvert un parc technologique « Parc Tecnològic Fab Lab », organisé un cycle de « masterclass » et de « meet-ups » sur l’innovation et la technologie et créé un outil d’autoévaluation des compétences digitales ;
La formation technologique avancée, dont le but est d’aider les barcelonais à se reconvertir et à monter en compétences. Pour ce faire, ce pilier de la stratégie augmente les capacités du centre de formation de la Ville « IT Academy » de plus de 264 %. Ce pilier crée également des partenariats avec le campus de formation numérique 42Barcelona de la Fondation Telefònica.
En 2022, 1 855 personnes ont terminé la formation de reconversion de la ITAcademy de la Ville, avec un taux d’insertion de 82 %. Plus de 5 200 personnes ont été formées à la fois dans les filières reconversion et de montée en compétences. Les dispositifs mis en œuvre dans le cadre de la stratégie « Ville de talents », tels que le Cibernàrium et la IT Academy, poursuivent leurs activités en 2025.
Source : (Ville de Barcelone, 2022[31]), Medida de gobierno “Barcelona, ciudad de talento”, https://ajuntament.barcelona.cat/digital/es/impulsamos-emprendimiento-y-talento-digital/medida-gobierno-barcelona-ciudad-de-talento.
Les secteurs d’activité émergents et fortement implantés en région francilienne sont au cœur du dispositif ParisFabrik
Le programme ParisFabrik de la Ville de Paris forme aux métiers liés à la transition écologique et couvre divers secteurs d’activité d’une manière plus générale. Le programme couvre notamment: la fabrication artisanale, l’économie circulaire, la gestion des ressources naturelles, l’écoconstruction, la rénovation énergétique ou encore les mobilités douces. Les formations proposées (pré-qualifiantes, qualifiantes ou certifiantes) permettent aux participants d’acquérir des compétences techniques a certains métiers comme technicien en rénovation énergétique, installateur thermique, menuisier, mécanicien cycle, agent valoriste de biens de consommation, ou encore réparateur en économie circulaire. Le programme est un levier pour orienter les demandeurs d’emploi parisiens vers secteurs de l’économie francilienne : il s’appuie d’ailleurs sur un réseau de partenaires (associations, des organismes de formation, et autres structures) implantées dans les quartiers populaires de Paris et de ses territoires limitrophes. Le programme bénéficie du soutien de partenaires institutionnels (France Travail, l’OPCO 2i, l’Opcommerce notamment) et des employeurs (par exemple : Enedis, Suez, Lime, Vinci, et Smovengo), et s’appuie sur des organisations professionnelles (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment - CAPEB), écoles et instituts de formation pour la mise en œuvre du parcours (Ville de Paris, 2025[32]).
Paris Tous en Jeux a offert des formations multi-sectorielles liées aux à l’organisation des JOP 2024
Le programme Paris Tous en Jeux, initié dans la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, a formé et a accompagné vers des métiers en tension liés à cet événement. Il couvre des secteurs variés tels que la propreté, l’hôtellerie, la restauration, le sport, l’audiovisuel et la logistique. Les formations proposées ciblent des publics divers, y compris les personnes en reconversion professionnelle ou peu qualifiées. Parmi les parcours proposés figurent des formations au CAP cuisine, d’aide-boulanger, aux métiers du BTP, à l’organisation logistique et à la sécurité, ainsi que des formations spécialisées dans l’audiovisuel et le sport telles que le secourisme et l’e-sport. Paris Tous en Jeux repose sur des partenariats avec des acteurs institutionnels et professionnels (par exemple : France Travail, l’Opco AKTO, et l’Opco Afdas), des entreprises (notamment Sodexo) et des partenaires régionaux (la Région Île-de-France), qui contribuent à la réussite du programme et aux bons résultats d’insertion professionnelle des apprenants (Ville de Paris, 2024[33]). Le programme ParisHospitalités a pris la suite de ce dispositif, en formant aux métiers liés à l’événementiel sportif et culturel (Ville de Paris, 2024[34]).
Dans le sillon des JOP 2024, Paris Hospitalités opère pour la revalorisation les métiers de l’accueil et de l’événementiel
Lancé en 2024, le programme Paris Hospitalités a succédé au programme Paris Tous En Jeux et forme aux métiers en forte demande à l’occasion de grands événements sportifs et culturels, tels que dans les secteurs de l’hôtellerie-restauration, le commerce, la logistique, les arts et spectacles, la propreté et les métiers du sport. En s’appuyant sur l’élan des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et la création d’emplois qu’ils ont généré, le programme propose des formations pré-qualifiantes, qualifiantes et certifiantes vers des métiers variés comme notamment : employé d’étage, commis de cuisine, réceptionniste en hôtellerie ou encore assistant fleuriste). Ces parcours sont mis en œuvre avec l’appui de France Travail et de la région par des structures implantées à Paris et en banlieue, et sélectionnées via un nouvel appel à projets annuel (Ville de Paris, 2024[35]).
Paris Fertile forme aux métiers de l’agriculture en lien avec la politique d’alimentation durable de la Ville
Paris Fertile est le programme de la Ville de Paris destiné à la formation vers les métiers de l’agriculture et l’alimentation durables. Les formations proposées s’adressent à tous les publics, indépendamment de l’âge ou du niveau de qualification, et s’articulent autour de trois volets : découverte des métiers sur des sessions courtes (de 1 à 10 jours), formations pré-qualifiantes ou certifiantes (de 3 à 9 mois), et parcours d’accompagnement à la création d’activité. Le programme repose sur des partenariats avec notamment France Travail, l’Opco Ocapiat, l’École du Breuil, l’Afaup et l’Agence de l’eau Seine Normandie. L’offre de parcours de Paris Fertile est variée, et inclut par exemple : un parcours d’immersion pour découvrir le métier de paysan, la création de micro-fermes agroécologiques, et une formation diplômante avec le Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole en fermes agroécologiques urbaines et périurbaines (Ville de Paris, 2024[36]).
Paris Emplois à Domicile répond à un fort besoin dans les métiers du soin et de l’aide à la personne
Le programme Paris Emplois à Domicile (PEAD) forme aux métiers des services à la personne, de l’accompagnement et du soin. Le dispositif PEAD propose des parcours de formation pré-qualifiants et des certifications de niveau 3 qui s’adressent en priorité aux publics éloignés de l’emploi (bénéficiaires du RSA, stagiaires, migrants inscrits à France Travail).13 Ces formations ciblent des métiers des services à la personne, de l’accompagnement et du soin comme par exemple : aide à domicile, agent de service médico-social, garde d’enfants, animateur et accompagnant éducatif petite enfance. Les formations sont mises en œuvre par des associations et des structures d’économie sociale et solidaire souvent implantées dans les quartiers populaires de Paris. Elles visent à améliorer les compétences professionnelles, la maîtrise du français et l’employabilité des apprenants. En s’appuyant sur un réseau de partenaires (France Travail, l’Opco EP, les Fédérations professionnelles du secteur), PEAD entend répondre aux tensions de recrutement du secteur. (Ville de Paris, 2024[37]). En effet, les responsabilités familiales (garde d’enfant et aide aux personnes âgées principalement) sont l’une des causes principales d’inactivité. Ce dispositif offre la possibilité de renforcer l’accès à l’emploi des personnes, au-delà du public directement accompagné par PEAD.
Parcours linguistiques à visée professionnelle (PLVP) est un programme pré-qualifiant pour les publics avec une maitrise partielle de la langue française
PLVP cible des publics limités par la langue française dans leur recherche d’emploi, leur insertion ou leur évolution professionnelle. Ces formations sont souvent cofinancées par des partenaires institutionnels comme la DRIEETS, la Préfecture, et le Fonds Social Européen (FSE+). Ce programme pré-qualifiant est mis en œuvre chaque année par un réseau d’une trentaine de structures, principalement des associations implantées dans ou proches des quartiers populaires de Paris. PLVP combine apprentissage du français, découverte et meilleure compréhension du monde du travail et accompagnement vers un projet professionnel durable. Ces parcours, ouverts en priorité aux habitants des quartiers populaires, proposent des formations variées allant de l’acquisition des bases du français à des modules contextualisés à des secteurs spécifiques tels que l’hôtellerie-restauration, le bâtiment, ou encore la médiation-interprétariat (Ville de Paris, 2023[38]).
Renforcer l’évaluation de l’offre de formation francilienne
Les programmes de formation de Paris visent l’insertion vers l’emploi, mais aussi la poursuite d’une formation ou la création d’activité. Les différentes sorties possibles des programmes de formation de la Ville depuis leurs années de lancement varient selon chaque programme (Graphique 5.6). Paris Tous en Jeux, le programme de formation lié aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, affiche le meilleur taux d’insertion professionnelle avec 60 % des bénéficiaires qui accèdent directement à un emploi, reflet de son objectif de réponse aux besoins immédiats liés aux JOP. Paris Fertile se distingue par une répartition plus équilibrée des débouchés : 38 % des participants trouvent un emploi, 30 % poursuivent une formation, et 15 % créent leur activité. ParisCode, centré sur les métiers numériques, combine une forte insertion professionnelle (52 %), un taux relativement élevé de poursuite en formation (13 %) et une contribution à l’entrepreneuriat (8 %). ParisFabrik affiche également une dynamique diversifiée : 36 % des participants accédant à un emploi et 18 % d’entre eux lancent une activite. Enfin, Paris Emploi à Domicile, orienté vers les métiers des services à la personne, affiche un bon taux d’accès à l’emploi (46 %).
Cependant une collecte de données plus approfondie permettrait de produire une évaluation plus fine des programmes, qui affichent déjà des bons résultats d’insertion. À titre d’exemple, il existe souvent des opportunités pour favoriser l’insertion d’une partie de la population davantage orientée vers l’entrepreneuriat, notamment par le biais du financement et de la formation à l’entrepreneuriat, qui sont des éléments clés des programmes Paris Fertile et ParisCode. Toutefois, au niveau international, on observe d’importantes variations dans l’efficacité des programmes d’insertion par l’entrepreneuriat, liées à leur conception et au public ciblé. On note en particulier de fortes différences dans l’impact des programmes dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes (OCDE/Commission européenne, 2023[39]). Le suivi et l’évaluation de l’impact de ces programmes sur le parcours des bénéficiaires est donc essentielle. La Ville pourrait s’informer, par exemple, en collectant des données six et douze mois après la fin de la formation. Ces données permettraient de mieux comprendre leurs parcours (par exemple : type et durée de la formation), la qualité de leur emploi (par exemple : type d’emploi occupé, type de contrat) ou le type d’activité créée.
Graphique 5.6. Les débouchés des programmes de formation parisiens sont variés
Copier le lien de Graphique 5.6. Les débouchés des programmes de formation parisiens sont variésType de débouchées, programmes de formation de la Ville de Paris, depuis date de lancement
Note : Date de lancement de chaque programme : Paris Tous en Jeux (Métiers des Jeux) : 2019, Paris Fertile (Agriculture durable) : 2021, ParisFabrik (Transition écologique) : 2017 ; ParisCode (Numérique) : 2016, Paris Emploi à Domicile (Services à la personne) : 2021.
Source : Auteur sur la base de données fournies par la Ville de Paris, Direction de l'Attractivité et de l'Emploi (DAE).
Tous les acteurs de l’emploi et de la formation franciliens – opérateurs, France Travail, Région et Ville – pourraient étudier l’impact d’un plus grand nombre de formations. Différentes évaluations ont été déployées en France à l’échelon infranational afin de mieux comprendre l’impact de la formation (DARES, 2024[40]). La mise en place de plus d’évaluation d’impact permettrait aux acteurs de la formation à Paris de confirmer la validité externe des programmes, et d’évaluer l’insertion professionnelle en fonction d’un plus grand nombre de critères.14 Les acteurs parisiens et franciliens de la formation pourraient s’inspirer de la ville de Boston, qui a réalisé une évaluation de son programme futurBOS avec un groupe de contrôle en fonction de plusieurs critères d’impact, ou encore la Ville d’Utrecht, qui a analysé l’impact de ses programmes de réinsertion pour les personnes percevant une aide sociale (Université d'Utrecht, 2020[41] ; OCDE, 2024[42]). En 2024, l’analyse de l’impact des formations professionnelles est l’une des recommandations formulées par les Inspections générale des affaires sociales (IGAS) et de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) lors de leur enquête sur la qualité de la formation en France (IGAS et IGESR, 2024[43]). À la suite notamment d’analyses réalisées par la Cour des Comptes sur l’offre de formation (Cour des comptes, 2023[44]), un effort réglementaire est en cours en France afin de renforcer le système de contrôle de qualité des prestataires (Légifrance, 2023[45] ; Khair, 2024[46]).
Création d’emploi local et Économie Sociale et Solidaire
Copier le lien de Création d’emploi local et Économie Sociale et SolidaireLa Ville de Paris mène une politique de création d’emplois de proximité et d’entreprenariat social adaptée aux publics éloignés de l’emploi
L’économie sociale et solidaire (ESS) joue un rôle majeur dans l’économie française — représentant plus de 10 % de l’emploi — et bénéficie d’un cadre juridique développé. L’ESS est définie par le droit français comme un mode d’entreprendre et de développement économique qui remplit les conditions suivantes : un but autre que le seul partage des bénéfices, une gouvernance démocratique et une gestion conforme au réinvestissement des bénéfices dans le maintien ou le développement de l’activité de l’entreprise ou le non-partage des réserves (Legifrance, 2014[47]). En France, la loi du 31 juillet 2014 définit un cadre légal de l’ESS, qui introduit notamment la notion d’entreprises sociales (entreprises agréées entreprises solidaires d’utilité sociale par l’État), en plus des structures qui composent l’ESS historiquement : coopératives, mutuelles, fondations ou associations (OCDE, 2022[48]). Ce cadre légal est un outil utile pour structurer la gouvernance et pérenniser l’activité de ces structures, qui représentent 2,6 millions de postes en France soit 10,4 % de l’emploi national (OCDE, 2023[49]).
La Ville de Paris tire profit de l’ESS pour promouvoir à la fois l’économie circulaire et l’inclusion des publics éloignés de l’emploi. Depuis plus d’une dizaine d’années, l’action de la Ville de Paris s’articule étroitement avec l’ESS, qui représente entre 7 % et 9 % de l’emploi régional (OCDE, 2023[49]). Dans son Plan Parisien pour l’Insertion par l’Emploi (PPIE), la Ville de Paris définit son soutien pour l’économie sociale et solidaire à la fois comme un outil de développement territorial, de transition écologique et d’inclusion pour les personnes éloignées de l’emploi (Ville de Paris, 2021[50]). Ainsi, la Ville complète sa politique de « l’offre » de compétences sur le marché du travail (par exemple : Points Paris Emploi, Dynamiques Emploi 2025, formations), avec des initiatives qui stimulent la « demande » de profils. L’action diverse et variée de la Ville en faveur de l’ESS – comprenant des appuis techniques, des mécanismes de financement ainsi que des activités de mise en réseau – fait écho aux pratiques recommandées par l’OCDE dans le cadre de sa recommandation sur l’ESS (Encadré 5.2). La Ville décline son action autour de différents domaines d’activités (solidarité, transition écologique) ainsi que selon le type d’organisation de l’ESS qui est soutenue.15
Avec des bons résultats d’insertion, les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) constituent une réponse adaptée au chômage de longue durée à Paris. L’insertion par l’activité économique est une modalité d’embauche reconnue par le code du travail pour accompagner l’insertion professionnelle progressive des personnes éloignées de l’emploi (Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), 2024[51]), et en particulier les personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles : bénéficiaires du RSA, séniors, femmes, personnes reconnues travailleurs handicapés, personnes ayant le statut de réfugié. Le dispositif s’appuie sur trois leviers pour accompagner le retour à l’emploi : la mise en activité progressive, un accompagnement social et professionnel renforcé et des actions de formation adaptées. L’IAE a été reconnue à de multiples reprises, notamment par la Cour des Comptes, comme l’un des dispositifs les plus efficaces pour le retour à l’emploi (Cour des comptes, 2019[52]). En 2023 à Paris, 64 % des personnes qui sont sorties d’un parcours en IAE ont eu une sortie dite dynamique, principalement une sortie en emploi ou en formation.
Le soutien de la Ville de Paris permet d’approfondir l’action des SIAE. En 2023, les SIAE parisiennes ont employé 7 034 salariés en insertion, soit environ 2 728 équivalents temps plein (ETP). En complément des aides aux postes accordées par l’État, les subventions de la Ville de Paris aux SIAE apportent un soutien pour accompagner et à encadrer les salariés en insertion. La Ville de Paris intervient également dans le cadre d’appels à projets thématiques, notamment pour soutenir la transition écologique de ces structures. Au total, en 2024, le budget consacré par la collectivité parisienne à l’IAE s’élève à EUR 8,7 millions. Certains dispositifs pour les SIAE visent également des publics éloignés de l’emploi plus spécifiques. Par exemple, le Dispositif Premières Heures : de la rue à l’emploi (DPH) soutient seize Associations Intermédiaires (AI) qui permettent à des personnes sans-domicile, ou qui ont connu une période à la rue, de reprendre une activité à temps partiel adaptée (ex. réparation de vélos, jardinage) (Ville de Paris, 2024[53]).
Paris soutient également l’alimentation, l’agriculture durable et l’économie circulaire, pour répondre de manière conjointe aux enjeux de transition écologique (circuits cours) et de création d’emploi adaptés aux personnes éloignées de l’emploi. L’entrepreneuriat social repose sur le développement de solutions innovantes et la mobilisation des publics plus vulnérables. La mise en œuvre de cette démarche dans des filières durables, et en particulier dans l’économie circulaire, est un levier intéressant à la fois pour apporter une réponse aux enjeux d’inclusion et accompagner la transition écologique de l’économie (OCDE, 2022[54]). À Paris, la Ville s’appuie sur différents appels à projets pour soutenir les filières durables : celles de l’économie circulaire, de l’agriculture biologique ou locale, et y compris certaines filières d’alimentation et de production agricole durable implantés en-dehors de Paris (par exemple : bassin de la Seine). Son soutien passe aussi par la mise à disposition de locaux pour les organisations impliquées dans la transformation de l’alimentation sur le territoire parisien (par exemple : l’hôtel d’activité Serpollet) et dans l’économie circulaire (par exemple : manufacture circulaire Berlier), en s’appuyant sur des accords avec des bailleurs sociaux.
En soutenant l’entrepreneuriat social, la Ville encourage le développement d’initiatives qui emploient ou apportent des services à des publics éloignés de l’emploi. Plus récemment, le champ de l’ESS s’est élargi en y intégrant des structures commerciales poursuivant une utilité sociale. Ces ‘‘entreprises sociales’’ offrent des solutions innovantes pour répondre à plusieurs enjeux sociétaux, et notamment en lien avec : la forte demande pour les activités d’aide à la personne, le renforcement de la cohésion sociale, les enjeux climatiques et énergétiques, l’accès au logement, l’intégration des personnes migrantes, par exemple (OCDE, 2022[48]). La Ville de Paris soutient l’entreprenariat social par différents moyens : via des appels à projets qui financent directement des initiatives d’entreprenariat social, ou en soutenant directement des associations par exemple. Certaines structures financées par la Ville prennent la forme d’incubateurs, à l’image de l’association Les Canaux, une organisation qui accompagne la création de structures ESS (Les Canaux, 2025[55]). La Ville soutient également la plateforme Pousses.Paris, un réseau d’entraide et de conseil pour les entrepreneurs sociaux (Ville de Paris, 2025[56]). Les entreprises sociales ne recrutent pas toujours directement des publics éloignés de l’emploi, mais elles peuvent porter un projet d’utilité sociale ou écologique qui peut se traduire par la création d’emplois ou une offre de services à destination des publics éloignés de l’emploi, notamment dans les quartiers populaires parisiens.
Encadré 5.2. Recommandation de l’OCDE relative à l’ESS
Copier le lien de Encadré 5.2. Recommandation de l’OCDE relative à l’ESSL’approche de la Ville de Paris, qui articule étroitement l’ESS et l’insertion, s’inscrit dans les recommandations de l’OCDE en matière d’ESS
Reconnaissant le rôle croissant de l’ESS pour répondre aux grands défis contemporains, l’OCDE a formulé une recommandation, organisée en neuf axes, pour favoriser le développement de l’ESS à tous les niveaux de gouvernement :
Promouvoir une culture de l’économie sociale et solidaire : en s’appuyant notamment sur une mobilisation renforcée de la société civile pour répondre aux défis économiques et sociaux, la sensibilisation des publics à tout âge, et le développement de réseaux et partenariats intersectoriels.
Développer des cadres institutionnels favorables : et notamment structurer un environnement institutionnel s’appuyant sur la mise en place d’un guichet unique pour faciliter l’accès à l’information et aux dispositifs de soutien, et en clarifiant les rôles de chacune des parties prenantes.
Créer des cadres légaux et réglementaires propices : en consultant l’ensemble des parties prenantes de l’ESS pour adapter les cadres légaux existants aux spécificités de l’économie sociale. Le soutien à l’internationalisation des structures de l’ESS et la mise en place d’une démarche d’évaluation régulière des politiques en vigueur sont aussi des priorités.
Faciliter l’accès au financement : en développant une stratégie globale de financement public, tenant compte des difficultés d’accès aux dispositifs de financements existants auxquels font face les acteurs de l’ESS. Le renforcement de la formation en ce sens est aussi préconisé, ainsi que la mise en avant de solutions de financements alternatives comme : la finance éthique, les coopératives de crédits, les banques sociales et d’épargne, le financement participatif.
Améliorer l’accès aux marchés publics et privés : notamment en facilitant la participation aux marches publics, en intégrant des critères sociaux/environnementaux dans les appels d’offres, en s’appuyant sur la mise en œuvre de partenariats avec le secteur privé.
Renforcer les compétences et l’accompagnement : en facilitant l’accès à des formations dédiées à l’économie sociale, des mentorats et accompagnements individualises, et aux services classiques de développement économique
Promouvoir la mesure de l’impact : en développant des indicateurs d’impact social, des outils et de mesure adaptés au secteur, en appuyant l’allocation de ressources publiques à cette fin, et en encourageant la montée en compétences à ce sujet. La prise en compte des valeurs dans la démarche d’évaluation de performance est également préconisée.
Appuyer la production de données : avec des méthodes communes pour la collecte de données, s’appuyant sur des statistiques officielles et des sources de données complémentaires, et co-produites entre états, chercheurs et acteurs de terrain.
Stimuler l’innovation sociale : l’émergence d’écosystèmes d’innovation sociale pourrait s’appuyer sur une combinaison de politiques d’offre et de demande et le développement d’incubateurs, centres de compétences, formations et coopérations en lien avec les pouvoirs publics. La mobilisation des réseaux locaux, et le développement de l’innovation sociale dans les territoires, notamment en déclin, pourrait être aussi encouragé.
Source : (OCDE, 2022[57]), Recommandation du Conseil sur l’économie sociale et solidaire et l’innovation (OECD/LEGAL/0472), https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/OECD-LEGAL-0472.
La Ville soutient de nombreuses structures de l’ESS, mais un appui renforcé aux coopératives pourrait ouvrir une nouvelle voie pour la création d’emplois de proximité
L’activité en coopérative peut renforcer l’autonomie économique, y compris celles des publics vulnérables et contribuer à réduire les écarts de salaires qui peuvent exister au sein d’une entreprise privée. Les coopératives sont des associations autonomes de personnes physiques et/ou morales volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d'une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement (OCDE, 2023[58]). Le droit français définit des catégories de coopératives de travailleurs (Société coopérative de production ou société coopérative et participative - SCOP, Société coopérative d'intérêt collectif - SCIC)16 et dont font partie également les Coopératives d’Activités et d’Emploi (CAE), qui s’adressent plus spécifiquement aux travailleurs indépendants. Les coopératives offrent des avantages pour les publics vulnérables par rapport à des entreprises privées : elles donnent accès à des ressources financières collectives, permettent de mutualiser les démarches administratives, accordent une voix égale à chaque travailleur au sein de la gouvernance d’entreprise et, dans certains cas, fournissent une meilleure protection sociale (par exemple, dans le cas du travail indépendant). Les écarts de salaires sont également en moyenne plus resserrés au sein des coopératives par rapport aux entreprises privées (INSEE, 2012[59]).
Le recours aux coopératives – deuxième forme organisationnelle la plus répandue dans l’ESS après les associations en France – pourrait être renforcé en région francilienne et à Paris. En 2021, les coopératives comptaient environ 0,6 % des salariés en Île-de-France, 1,9 % d’entre eux en Nouvelle Aquitaine et 1,4 % en moyenne au niveau national (Graphique 5.7). Les coopératives sont également moins représentées au sein de l’ESS en région francilienne : en 2021, elles accueillaient 9 % des effectifs salariés dans tous secteurs de l’ESS en région francilienne, contre près de 12 % en France et environ 14 % dans les Pays de la Loire ou encore 16 % en Nouvelle Aquitaine. Les SCIC pourraient constituer des leviers intéressants pour l’insertion, notamment parce que les collectivités territoriales peuvent s’y associer et contribuer à la mission d’intérêt général qu’elles portent. Cette implication rend les SCIC adaptées aux politiques d’insertion, en permettant aux collectivités de participer directement à leur activité. Elles pourraient ainsi se développer davantage à Paris et en Île-de-France comme des outils d’inclusion.
Graphique 5.7. Les coopératives sont relativement moins présentes dans l’économie francilienne par rapport à la moyenne française
Copier le lien de Graphique 5.7. Les coopératives sont relativement moins présentes dans l’économie francilienne par rapport à la moyenne françaisePart d’effectif salarié coopératif, tous secteurs, 2021
Note : Les régions sélectionnées sont les six régions les plus peuplées de France en 2024. L’Île-de-France comptait 37 327 coopératives tous secteurs confondus.
Source : (INSEE, 2024[60]), L'économie sociale, Effectif salarié de l'économie sociale par famille de l'économie sociale et par secteur d'activité, https://www.insee.fr/fr/statistiques/8259652?sommaire=7636553.
Les CAE offrent des avantages pour les travailleurs moins qualifiés qui souhaitant exercer une activité indépendante. Les CAE confèrent un statut « d’entrepreneur salarié », permettant de percevoir une rémunération ainsi que de bénéficier d’un contrat de travail à durée indéterminé et de la couverture sociale d’un salarié classique. Les CAE prennent en charge la gestion administrative des activités, et proposent un accompagnement personnalisé pour structurer et développer les projets (Bpifrance, s.d.[61]) (Entreprendre Service Public, 2024[62]) (France Travail, s.d.[63]). Dans différents pays de l’OCDE, les coopératives aident les chauffeurs, les aides à domicile et d’autres indépendants moins qualifiés à bénéficier de conditions salariales et professionnelles (ex. horaires, formation) plus intéressantes que celles qui sont offertes par les plateformes numériques traditionnelles (OCDE, 2023[64]).
Cependant, dans les secteurs du commerce, de la restauration et des transports — où les travailleurs indépendants sont très présents, notamment sous la forme d’artisans ou de travailleurs de plateformes (Urssaf, 2024[65]) — l’emploi coopératif est nettement plus faible en Île-de-France que la moyenne nationale. En 2021, les coopératives comptaient uniquement 0,3 % des salariés dans le commerce, les transports, l’hébergement et la restauration en Île-de-France, contre 3,0 % dans les Pays de la Loire et 1,0 % en moyenne au niveau national dans ces mêmes secteurs (Graphique 5.8). Les coopératives sont également moins représentées au sein de l’ESS dans ces secteurs en région francilienne : en 2021, elles accueillaient 50 % des effectifs salariés dans ces secteurs en région francilienne, contre 64 % en France, 77 % dans les Pays de la Loire ou encore 78 % en Nouvelle Aquitaine. Dans la Ville de Paris, la CAE Coopaname réunit des travailleurs avec des profils plus qualifiés, par exemple des consultants et psychologues. Dans la même approche, la Ville pourrait favoriser le développement de coopératives de plateforme de livreurs, chauffeurs ou traiteurs sous la forme de CAE.
Graphique 5.8. Les coopératives sont sous-représentées dans les secteurs du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration en Île-de-France par rapport à d’autres régions françaises
Copier le lien de Graphique 5.8. Les coopératives sont sous-représentées dans les secteurs du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration en Île-de-France par rapport à d’autres régions françaisesPart d’effectif salarié coopératif, commerce, transports, hébergement et restauration, régions françaises, 2021
Note : Les régions sélectionnées sont les six régions les plus peuplées de France pour lesquels les données sont disponibles en 2024. L’Île-de-France comptait 37 327 coopératives tous secteurs confondus, et 5 066 dans le commerce, transports, hébergement et restauration.
Source : (INSEE, 2024[60]), L'économie sociale, Effectif salarié de l'économie sociale par famille de l'économie sociale et par secteur d'activité, https://www.insee.fr/fr/statistiques/8259652?sommaire=7636553.
La Ville de Paris pourrait adapter ses dispositifs existants en matière d’économie sociale et solidaire (ESS) afin de soutenir le développement de coopératives sous différentes formes. Bien que la Ville soutienne déjà des coopératives dans le cadre de sa programmation, une attention plus spécifique portée au rôle de ces structures dans l’insertion pourrait ouvrir de nouveaux parcours vers l’emploi pour les publics vulnérables. Par exemple, la Ville pourrait adapter ses programmes existants afin de mieux accompagner les demandeurs d’emploi souhaitant rejoindre une SCIC ou développer leur activité en tant qu’indépendants en intégrant une CAE. Un programme pourrait être développé au sein de la Maison des Canaux, située dans le 19e arrondissement, ou du nouvelle espace Laprade (Paris 14e) pour l’incubation ou l’accélération de coopératives, en s’inspirant de villes telles que Barcelone qui a mis en place des centres d’incubation et de soutien pour les coopératives (Encadré 5.3). Étant donné les difficultés et les risques à soutenir des publics éloignés de l’emploi à créer leur propre activité, la Ville pourrait tester un projet pilote avec un groupe restreint des travailleurs avant d’introduire une initiative plus structurante.
Encadré 5.3. Soutenir l’incubation de coopératives : Barcelone (Espagne)
Copier le lien de Encadré 5.3. Soutenir l’incubation de coopératives : Barcelone (Espagne)Bloc4BCN, Barcelone
Bloc4BCN est un projet public-coopératif de la ville de Barcelone, visant à promouvoir et renforcer l’économie sociale et solidaire (ESS) à travers un centre dédié au développement de coopératives sur des secteurs prioritaires de l’ESS. Financé par la Ville de Barcelone et la Generalitat de Catalogne, le centre offre une plateforme pour l’incubation et l’accélération de plus de 60 coopératives et autres projets liés à l’ESS. Celui-ci met à disposition des espaces de travail, des ateliers, des programmes d’accompagnement personnalisés et des services de conseil. Une attention particulière est placée sur l'intercoopération, l'innovation, et le soutien à des secteurs prioritaires tels que l'agroécologie, le commerce local, l'énergie durable, la culture, et le numérique.
Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée : proposer un parcours de formation dédié pour soutenir l’évolution professionnelle
Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée (TZCLD) est une expérimentation territorialisée, permise successivement par deux lois expérimentales, qui vise à résorber le chômage de longue durée. TZCLD apporte une solution adaptée aux personnes privées durablement d’emploi, notamment des emplois de proximité en contrat à durée indéterminée (CDI) au sein d’entreprises à but d’emploi (EBE) (DARES, 2024[69]). Les EBE sont des structures de l’ESS habilitées17, qui ont vocation à porter des activités nouvelles répondant à des besoins non pourvus du territoire, créant ainsi des emplois supplémentaires pour les demandeurs d’emploi de longue durée volontaires.
TZCLD est un programme pertinent au regard des enjeux du chômage à Paris. Paris est marqué par une forte proportion de demandeurs d’emploi de longue durée ainsi qu’une pénurie d’emplois pour les personnes moins qualifiées. L’expérimentation répond aux besoins des personnes qui ne disposent ni des compétences, ni de la capacité de s’insérer sur le marché du travail, y compris dans le cadre des parcours d’insertion par l’activité économique existants. Les programmes de garantie d’emploi ont été identifiés par le rapporteur spécial des Nations Unis comme un outil efficace de la lutte contre la pauvreté, notamment pour les publics en situation de chômage de longue durée (Schutter, 2023[70]).
Quatre quartiers parisiens participent à l’expérimentation TZCLD : Bédier-Boutroux / Oudiné-Chevaleret (13eme), Chapelle Nord (18eme), Rosa Parks (19eme) et Fougères Le Vau (20eme). L’insertion des personnes privées d’emploi est pilotée par un comité local pour l’emploi (CLE) implanté au sein de chaque collectivité. Les CLE sont composés d’acteurs locaux (mairies d’arrondissement, associations, entreprises, personnes privées durablement d’emploi, etc.) ainsi qu’un représentant de France Travail.
La démarche TZCLD est parvenue à toucher une part importante de personnes en situation de chômage de longue durée dans les quartiers participant à l’expérimentation. En 2024, la Ville de Paris comptait 48 % de demandeurs d’emploi de longue durée, six points de pourcentage en plus que la moyenne française de 42 %. Plus de 830 personnes ont été informées de l’expérimentation TZCLD dans les quatre quartiers depuis le lancement de l’initiative en 2017. Selon une estimation de l’Accélérateur Parisien d’Innovation Locale pour l’Emploi (La Pile), qui anime le dispositif aux côtés des mairies d’arrondissements et de la Ville de Paris, cela représente plus de 40 % des personnes concernées.18 L’âge moyen des profils TZCLD à Paris est de 45 ans. Parmi les personnes informées, 450 se sont portées volontaires pour rejoindre le projet. 315 personnes ont trouvé un emploi, sont entrées en formation ou ont créé leur propre entreprise grâce à TZCLD (Tableau 5.5).
Bien que la majeure partie des volontaires soient embauchées en EBE, d’autres parcours d’insertion sont en progression et peuvent être soutenus. Parmi les personnes accompagnées par TZCLD à Paris, 71 % ont été embauchées par une EBE, 20 % ont trouvé un emploi sur le marché du travail traditionnelle et 3 % des personnes accompagnées sont entrées en formation (Tableau 5.5) On voit ainsi que l’entrée dans des parcours de formation pour les volontaires est une piste supplémentaire vers l’exhaustivité sur les territoires, ainsi que l’amélioration des passerelles entre les groupes des volontaires et les emplois proposés par les entreprises hors EBE. Des actions en ce sens sont en cours de développement par la Ville de Paris, en lien avec la Pile et les grands opérateurs des politiques de l’emploi. Les parcours de formation au sein des EBE sont également l’objet de plusieurs travaux en cours sur TZCLD (France Stratégie et Dares, 2024[71]). Définir et ouvrir des possibilités de formation pour les volontaires avant, ou pendant, leur parcours en EBE pourrait aider leur développement professionnel au sein des EBE. Accroitre l’offre de préformation pour les volontaires aiderait également les EBE à développer et à diversifier leurs modèles économiques.
Tableau 5.5. À Paris, l’expérimentation TZCLD a inséré 315 personnes
Copier le lien de Tableau 5.5. À Paris, l’expérimentation TZCLD a inséré 315 personnes|
Type de sortie |
Nombre de volontaires |
% |
|---|---|---|
|
EBE |
225 |
71 % |
|
Emploi non-EBE |
63 |
20 % |
|
Formation |
8 |
3 % |
|
Création d’activité |
19 |
6 % |
|
Total |
315 |
100 % |
Source : Données fournies par l’Accélérateur Parisien d’Innovation Locale pour l’Emploi (La Pile) en janvier 2025.
Références
[16] Actiris (s.d.), Travailler dans une autre région, https://www.actiris.brussels/fr/citoyens/travailler-dans-une-autre-region/.
[67] Ajuntament de Barcelona (2022), BLOC4BCN: strengthening the foundations of the SSE in Barcelona, https://ajuntament.barcelona.cat/economia-social-solidaria/en/actualitat/noticies/1206899.
[25] Amiel, A. (2023), France Travail : une occasion de réparer l’arrosoir percé de la formation professionnelle ?, Fondation Jean Jaurès, https://www.jean-jaures.org/publication/reparer-larrosoir-perce-de-la-formation-professionnelle/.
[5] Apur (2024), Enseignement supérieur et recherche dans le Grand Paris, https://www.apur.org/fr/nos-travaux/enseignement-superieur-recherche-grand-paris.
[4] APUR et INSEE (2024), « Quelles évolutions de la pauvreté dans la métropole du Grand Paris en dix ans », Note n258, https://www.apur.org/sites/default/files/8p258_evolutions_pauvrete_mgp.pdf?token=hMbKzlaT.
[66] Bloc4BCN (s.d.), Bloc4BCN - Espai Cooperatiu, https://bloc4.coop/.
[68] Bloc4BCN (s.d.), Qui Som, https://bloc4.coop/qui-som/.
[61] Bpifrance (s.d.), Coopératives d’activités et d’emploi, https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/differentes-facons-dentreprendre/entreprendre-autrement/cooperatives-dactivites.
[73] Bpifrance (s.d.), Scic - Société coopérative d’intérêt collectif, https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/structures-juridiques/entreprendre-less/scic-societe-cooperative-dinteret-collectif.
[72] Bpifrance (s.d.), SCOP - Société coopérative et participative, https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/structures-juridiques/entreprendre-less/scop-societe-cooperative-participative.
[8] CCI de Paris (2022), L’ÎLE-DE-FRANCE, https://www.cci-paris-idf.fr/sites/default/files/2022-06/CC2022-Ile-de-France_0.pdf.
[14] Chapelle, G. et al. (2017), Impact du Grand Paris Express sur le marché du travail et le marché du logement, [Rapport de recherche] Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques, https://www.sciencespo.fr/liepp/fr/recherche/projet/grand-paris-express-impact-sur-le-marche-du-travail-et-le-marche-du-logement/.
[19] Code du travail (2025), « Section 1 : Compétences des régions (Articles L6121-1 à L6121-2-1) », Sixième partie : La formation professionnelle tout au long de la vie (Articles L6111-1 à L6523-7), https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000028688073/.
[79] Code du travail (2022), Titre II : Rôle des régions, de l’Etat et des institutions de la formation professionnelle (Articles L6121-1 à L6123-14), https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006160817/.
[77] Combes, P., L. Gobillon et M. Lafourcade (2016), Gains de productivite statiques et d’apprentissage induits par les phenomènes d’agglomération au sein du Grand Paris, Document de travail n 1602, https://www.cepremap.fr/depot/docweb/docweb1602.pdf.
[44] Cour des comptes (2023), Recentrer le soutien public à la formation professionnelle et à l’apprentissage, https://www.ccomptes.fr/fr/publications/recentrer-le-soutien-public-la-formation-professionnelle-et-lapprentissage.
[52] Cour des comptes (2019), L’insertion des chômeurs par l’activité économique, https://www.ccomptes.fr/fr/publications/linsertion-des-chomeurs-par-lactivite-economique.
[40] DARES (2024), Évaluation du déploiement du Plan d’investissement dans les compétences à l’échelle régionale - Lot n° 1 : Auvergne-Rhône-Alpes, Rapport d’études septembre 2024 N55, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/058777775bac40d23c9e25d150a582e3/Dares_Rapport_d%27%C3%A9tudes_55_PIC_Auvergne-Rh%C3%B4ne_Alpes.pdf.
[69] DARES (2024), Expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée : note d’étape du comité scientifique, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/experimentation-territoires-zero-chomeur-de-longue-duree-note-detape-du-comite.
[51] Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre) (2024), En quoi consiste l’insertion par l’activité économique (IAE) ?, https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F2284.
[26] DRIEETS (2020), La formation professionnelle en Ile-de-France : tous les chiffres, https://idf.drieets.gouv.fr/La-formation-professionnelle-en-Ile-de-France-tous-les-chiffres.
[76] Élysée (2025), Faire de la France une puissance de l’IA., Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, https://www.elysee.fr/admin/upload/default/0001/17/23058aa82354edfd8a30ff11b57b36f2801504f3.pdf.
[62] Entreprendre Service Public (2024), Comment tester son activité dans une coopérative d’activités et d’emploi (CAE) ?, https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F37875.
[1] Eurostat (2019), Labour market policy statistics Qualitative report, Belgium 2019, https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1143&langId=en&internal_pagesId=3227&moreDocuments=yes&tableName=INTERNAL_PAGES.
[71] France Stratégie et Dares (2024), Note d’étape : Deuxième évaluation de l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/experimentation-territoires-zero-chomeur-de-longue-duree-note-detape-du-comite.
[17] France Travail (2025), Data Emploi, https://dataemploi.francetravail.fr/emploi/metier/REG/11.
[23] France Travail (2025), Les demandeurs d’emploi pour le territoire Paris (75), https://dataemploi.francetravail.fr/emploi/offre-et-demande/demandeurs/DEP/75.
[30] France Travail (2024), Data Emploi - Paris, https://dataemploi.francetravail.fr/emploi/metier/DEP/75.
[22] France Travail (2024), ntrées en formation des demandeurs d’emploi, https://statistiques.pole-emploi.org/formation/form?pp=202301-202312&ss=1.
[63] France Travail (s.d.), Sociétés coopératives : les différents types de structures, https://www.francetravail.fr/actualites/le-dossier/pratique/creation-ou-reprise-dentreprise/creer-son-entreprise/le-reseau--cooperer-pour-entrepr.html.
[13] Grand Paris express (2024), L’essentiel du Grand Paris Express, https://www.grandparisexpress.fr/gpe-essentiel.
[11] Humphrey, T. et al. (2019), Reverse Commute Areas Analysis, Boston Region Metropolitan Planning Organization, https://www.bostonmpo.org/data/pdf/studies/transit/Reverse-Commute-Areas-Analysis.pdf.
[6] IFOP (2024), La précarité étudiante en France : quelle réalité en 2024 ?, https://www.ifop.com/publication/la-precarite-etudiante-en-france-quelle-realite-en-2024/.
[43] IGAS et IGESR (2024), La qualité de la formation professionnelle, https://www.igas.gouv.fr/La-qualite-de-la-formation-professionnelle.
[60] INSEE (2024), L’économie sociale, https://www.insee.fr/fr/statistiques/8259652?sommaire=7636553.
[3] INSEE (2024), Taux de chômage localisés au 2ᵉ trimestre 2024 Comparaisons régionales et départementales, https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012804.
[10] INSEE (2020), Les nouvelles zones d’emploi franciliennes : principalement métropolitaines ou résidentielles, https://www.insee.fr/fr/statistiques/4650678.
[59] INSEE (2012), L’échelle des salaires est plus resserrée dans le secteur de l’économie sociale, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281124.
[46] Khair, C. (2024), Les failles du contrôle de la qualité des formations professionnelles auscultées dans un rapport d’inspections, https://www.banquedesterritoires.fr/les-failles-du-controle-de-la-qualite-des-formations-professionnelles-auscultees-dans-un-rapport.
[47] Legifrance (2014), LOI n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l’économie sociale et solidaire (1), https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000029313296.
[45] Légifrance (2023), Décret n° 2023-1396 du 28 décembre 2023 relatif à l’activité des organismes certificateurs et au contrôle exercé par les organismes financeurs en matière de formation professionnelle, https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000048736042.
[55] Les Canaux (2025), L’association, https://lescanaux.com/lassociation/.
[21] Ministère du Travail (2023), Les opérateurs de compétences (OPCO), https://travail-emploi.gouv.fr/les-operateurs-de-competences-opco#anchor-navigation-205.
[7] Ministère du Travail et de l’Emploi (2024), La loi pour le plein emploi, https://travail-emploi.gouv.fr/la-reforme-plein-emploi#anchor-navigation-164.
[20] Ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles (2024), Le compte personnel de formation (CPF), https://www.francetravail.fr/candidat/en-formation/mes-aides-financieres/le-compte-personnel-de-formation.html.
[42] OCDE (2024), Boston’s landmark programme for disadvantaged youth: futureBOS, https://www.oecd.org/en/publications/providing-local-actors-with-case-studies-evidence-and-solutions-places_eb108047-en/boston-s-landmark-programme-for-disadvantaged-youth-futurebos_1dda53da-en.html.
[64] OCDE (2023), “Platform cooperatives and employment: An alternative for platform work”, OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, No. 2023/16, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/3eab339f-en.
[49] OCDE (2023), France country factsheet, https://www.oecd.org/en/topics/social-economy-and-social-innovation.html.
[12] OCDE (2023), Promouvoir les talents à Bruxelles, Belgique, Revues de l’OCDE sur la création locale d’emplois, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c1f728f8-fr.
[58] OCDE (2023), « What is the social and solidarity economy? A review of concepts », OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, n° 2023/13, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/dbc7878d-en.
[48] OCDE (2022), “Legal frameworks for the social and solidarity economy: OECD Global Action “Promoting Social and Solidarity Economy Ecosystems””, OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, No. 2022/04, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/480a47fd-en.
[54] OCDE (2022), Policy brief on making the most of the social economy’s contribution to the circular economy (LEED Papers No. 2022/01). OECD Publishing, https://doi.org/10.1787/e9eea313-en.
[57] OCDE (2022), Recommandation du Conseil sur l’économie sociale et solidaire et l’innovation (OECD/LEGAL/0472).
[9] OCDE (2021), Définition de l’OCDE des villes et des zones urbaines fonctionnelles, https://www.oecd.org/fr/data/datasets/oecd-definition-of-cities-and-functional-urban-areas.html.
[24] OCDE (2019), Getting Skills Right: Engaging low-skilled, https://www.oecd.org/content/dam/oecd/en/topics/policy-sub-issues/adult-learning/engaging-low-skilled-adults-2019.pdf.
[27] OCDE (2017), Études économiques de l’OCDE : France 2017, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/eco_surveys-fra-2017-fr.
[39] OCDE/Commission européenne (2023), The Missing Entrepreneurs 2023: Policies for Inclusive Entrepreneurship and Self-Employment, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/230efc78-en.
[2] Sari, F. et Y. L’Horty (2015), « Why are there so many long-term unemployed in Paris? », TEPP Working Paper, vol. N° 2015/1, https://shs.hal.science/halshs-01102753/document.
[70] Schutter, O. (2023), The employment guarantee as a tool in the fight against poverty, Report of the Special Rapporteur on extreme poverty and human, https://digitallibrary.un.org/record/4011274?ln=fr.
[74] Service STES de la Ville de Paris (2023), Bilan 2023 du Service de la transition écologique et solidaire (STES), Direction de l’attractivité et de l’emploi (DAE).
[75] TZCLD (s.d.), Qu’est-ce qu’une entreprise à but d’emploi (EBE) ?, https://www.tzcld.fr/faq/question/entreprise-a-but-demploi-ebe/.
[41] Université d’Utrecht (2020), Final report What works (Weten wat werkt), https://www.uu.nl/en/publication/final-report-what-works-weten-wat-werkt.
[65] Urssaf (2024), En 2023, la croissance des effectifs de travailleurs indépendants, https://www.urssaf.org/files/Statistiques/Nos%20%C3%A9tudes%20et%20analyses/Travailleurs%20ind%C3%A9pendants/Nationale/2024/Stat_Ur_392.pdf.
[31] Ville de Barcelone (2022), Medida de gobierno “Barcelona, ciudad de talento”, https://ajuntament.barcelona.cat/digital/es/impulsamos-emprendimiento-y-talento-digital/medida-gobierno-barcelona-ciudad-de-talento.
[32] Ville de Paris (2025), Formez-vous aux métiers de la transition écologique avec « ParisFabrik », https://www.paris.fr/pages/parisfabrik-se-former-aux-metiers-de-la-fabrication-de-l-economie-22350.
[56] Ville de Paris (2025), La plateforme pousses.paris aide les entrepreneurs solidaires, https://www.paris.fr/pages/la-plateforme-pousse-paris-aide-les-entrepreneurs-solidaires-6998.
[78] Ville de Paris (2025), Paris s’engage pour les habitants des quartiers populaires, https://www.paris.fr/pages/les-quartiers-populaires-2505#les-quartiers-populaires-parisiens.
[28] Ville de Paris (2025), Se former aux métiers du numérique avec ParisCode, https://www.paris.fr/pages/se-former-aux-metiers-du-numerique-avec-pariscode-5831.
[29] Ville de Paris (2025), Se former aux métiers du numérique avec ParisCode, https://www.paris.fr/pages/se-former-aux-metiers-du-numerique-avec-pariscode-5831.
[53] Ville de Paris (2024), Dispositif Premières Heures : de la rue à l’emploi, https://www.paris.fr/pages/dispositif-premieres-heures-de-la-rue-a-l-emploi-5556.
[18] Ville de Paris (2024), Dynamiques Emploi 2025 : 13 structures proposent plus de 1000 parcours d’accompagnement gratuits, https://www.paris.fr/pages/dynamiques-emploi-19-structures-accompagnent-les-publics-eloignes-de-l-emploi-26136.
[37] Ville de Paris (2024), Les offres de formation « Paris Emplois à Domicile », https://www.paris.fr/pages/paris-emplois-a-domicile-des-offres-de-formations-dans-le-domaine-des-services-a-la-personne-20094.
[15] Ville de Paris (2024), Les Points Paris Emploi (PPE), https://www.paris.fr/pages/les-points-paris-emploi-ppe-25787.
[36] Ville de Paris (2024), Paris Fertile : se former à l’agriculture et l’alimentation durables, https://www.paris.fr/pages/paris-fertile-connaitre-se-former-se-faire-accompagner-vers-les-metiers-de-l-agriculture-durable-19772.
[35] Ville de Paris (2024), Paris Hospitalités : des offres de formation dans des métiers mobilisés par les évènements parisiens, https://www.paris.fr/pages/paris-hospitalites-se-former-aux-metiers-dynamises-par-les-evenements-sportifs-et-culturels-28355.
[34] Ville de Paris (2024), Paris Hospitalités : des offres de formation dans des métiers mobilisés par les évènements parisiens, https://www.paris.fr/pages/paris-hospitalites-se-former-aux-metiers-dynamises-par-les-evenements-sportifs-et-culturels-28355.
[33] Ville de Paris (2024), Paris Tous en Jeux : se former aux métiers des Jeux olympiques et paralympiques, https://www.paris.fr/pages/paris-tous-en-jeux-se-former-aux-metiers-des-jeux-olympiques-et-paralympiques-6750.
[38] Ville de Paris (2023), Accéder à une formation linguistique à visée professionnelle, https://www.paris.fr/pages/acceder-a-une-formation-professionnelle-2723.
[50] Ville de Paris (2021), Paris renouvelle sa stratégie d’insertion par l’emploi pour 2021-2025, https://www.paris.fr/pages/paris-refonde-sa-strategie-d-insertion-par-l-emploi-4548.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. La mobilisation des dispositifs existants, tels que les soutiens à l’économie sociale et solidaire (ESS) et à l’insertion par l’activité économique (IAE), mis en œuvre par la Ville de Paris, apparaît ainsi comme un levier pertinent pour favoriser la création d’emplois durablement ancrés dans les territoires.
← 2. Zone urbaine fonctionnelle (ZUF).
← 3. Les gains d’efficacité générés par le Grand Paris Express seront importants, mais risquent d’être inégalement répartis. En effet, une autre étude montre que les effets d’agglomération induits par le Grand Paris génèreront des gains de productivité significatifs en faveur des secteurs de l’industrie manufacturière et des services, mais aussi en faveur des cadres et les professions intellectuelles supérieures (Combes, Gobillon et Lafourcade, 2016[77]).
← 4. La Mission Locale de Paris, qui est responsable de l’orientation des jeunes, gère les PPE dans le 1er, le 20e et dans 13e arrondissement. Le Quartier Jeune (QJ) dans le 1er arrondissement est un centre dédié à l’accompagnement des jeunes sur toutes les problématiques qui les concernent (emploi, logement, santé, accès aux droits) au-delà de l’accompagnement l’information vers l’emploi. Le QJ intègre également des services dédiés au logement, à la culture ou encore à l’aide juridique. Le QJ s'adresse à la fois un public de moins de 30 ans en situation de vulnérabilité sociale, ainsi qu’aux jeunes plus généralement. Le PPE du 19e est géré par l’École de la Deuxième Chance (E2C), tandis que les PPE du 3e et du 6e sont pilotés par La Maison Étudiante. L’association Ensemble Paris Emploi Compétences (EPEC) gère les PPE du 10e et du 18e arrondissement. L’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) gère le PPE du 11e et l’Espace parisien pour l’insertion (EPI) Moisant, le PPE du 15e.
← 5. Bien qu’ils soutiennent également la formation des demandeurs d’emploi, les OPCO ont principalement vocation à former la main d’œuvre des entreprises représentées au sein des branches professionnelles.
← 6. Ce chiffre constitue une estimation visant à donner un ordre de grandeur de la portée des programmes de formation mis en œuvre par la Ville de Paris. Il ne s’agit pas d’un indicateur précis de la proportion de personnes formées par la Ville sur le territoire de la Ville de Paris. Cette estimation repose sur une moyenne annuelle de 3 000 personnes formées dans le cadre des dispositifs qualifiants et pré-qualifiants de la Ville, principalement à destination des publics éloignés de l’emploi. Ce nombre est rapporté au total des demandeurs d’emploi en formation dans le département de Paris (75), tel qu’enregistré par France Travail en 2023 (36 000). À noter que certains dispositifs de la Ville de Paris peuvent également bénéficier à des personnes n’étant pas inscrites auprès de France Travail. À noter également que ce chiffre ne prend pas en compte les adultes inscrits aux cours municipaux proposés par la Ville.
← 7. Ce chiffre inclut également les organismes dont le siège est situé en Île-de-France ou à Paris, mais dont les activités se déploient dans d’autres régions françaises.
← 8. Les programmes de formation complètent l’offre existante de la Ville de cours pour adultes qui cible un public plus large.
← 9. Les formations de ParisCode combinent souvent des enseignements en présentiel et à distance, et intègrent des stages ou immersions professionnelles d’une durée d’un à trois mois, favorisant ainsi l’insertion des apprenants et leur mise en relation avec les recruteurs.
← 10. Pour les directeurs des services informatiques, on compte 12 170 offres pour 1 230 demandeurs, et pour les experts systèmes et réseaux informatiques, 10 400 offres pour 550 candidats.
← 11. Ces besoins pourraient prendre encore plus d’ampleur à la suite des annonces du Président de la République d’un investissement de 109 milliards d’euros dans l’Intelligence Artificielle (IA), notamment pour la création de centres de données (Élysée, 2025[76]).
← 12. Ce programme relève des Industry Partnerships newyorkais décrits ci-dessous.
← 13. Paris Emplois à Domicile forment pour de prises en charge diverses : celle du quotidien des foyers parisiens, celle inhérente à l’accompagnement des enfants et des adolescents pour un grand nombre de familles, et, enfin, celle des séniors et des personnes handicapées.
← 14. La Ville vérifie la légalité et l’exécution des contrats et organise des jurys d’une année sur l’autre.
← 15. Informations du (Service STES de la Ville de Paris, 2023[74]), Bilan 2023 du Service de la transition écologique et solidaire (STES), Direction de l’attractivité et de l’emploi (DAE).
← 16. Les Sociétés coopératives de production ou sociétés coopératives et participative (SCOP) sont des entreprises coopératives où les salariés constituent la majorité des associés. Ces sociétés coopératives, qui peuvent prendre la forme d’une SARL, d’une SAS ou d’une SA, reposent sur un modèle de gouvernance démocratique où chaque associé dispose d’une voix égale dans les prises mais doivent rester minoritaires (Bpifrance, s.d.[72]) (France Travail, s.d.[63]). Les Sociétés coopératives d'intérêt collectif (SCIC) sont une forme d’entreprise coopérative créée sous la forme juridique d’une SARL, SAS ou SA (France Travail, s.d.[63]). La SCIC a pour objet « la production ou la fourniture de biens et de services d’intérêt collectif qui présentent un caractère d’utilité sociale » (Bpifrance, s.d.[73])..
← 17. « Une entreprise à but d’emploi (EBE) est une entreprise de l’économie sociale et solidaire, conventionnée par le territoire sur lequel elle est implantée et le Fonds d’expérimentation. Cette entreprise a pour fonction première de produire des emplois supplémentaires manquants sur le territoire et adaptés aux personnes privées durablement d’emploi habitantes du territoire, qu’elle embauche sur proposition du comité local pour l’emploi (CLE) » (TZCLD, s.d.[75]).
← 18. Chiffres fournis par l’Association La Pile.