Ce Chapitre analyse la gouvernance des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris, en tenant compte des acteurs de sa zone métropolitaine, et en particulier dans le contexte de la mise en œuvre de la Loi pour le plein emploi (2023). Il dresse le panorama des principaux acteurs des politiques de l’emploi et des nombreuses institutions engagées dans la formation professionnelle. La possibilité d’articuler les politiques de l’emploi et de formation avec les programmes de développement économique, notamment ceux de la Métropole du Grand Paris, y est examinée. Des pistes pour renforcer la collaboration entre la Ville de Paris et les employeurs autour des enjeux en compétences sont également proposées.
4. Gouverner les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et dans sa zone métropolitaine
Copier le lien de 4. Gouverner les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et dans sa zone métropolitaineDescription
En bref
Copier le lien de En brefMener une politique d’emploi et de formation professionnelle concertée à Paris et dans sa zone métropolitaine et mobiliser les employeurs autour des compétences
Les actions de formation professionnelle et d’accompagnement vers l’emploi menées par la Ville de Paris reposent sur des partenariats avec l’État, ses opérateurs, les employeurs et les acteurs de l’insertion. Cette approche constitue une base pour structurer une réponse collective aux enjeux de compétences et de formation professionnelle.
La multitude d’acteurs qui interviennent dans la formation professionnelle à Paris et en Île-de-France complexifie la gouvernance de ces politiques. Neufs acteurs principaux structurent et financent l’offre de formation via différents dispositifs, dont l’État et ses opérateurs, la Région, la Ville et les représentants des employeurs (ex. Opérateurs de Compétences - OPCO, chambres consulaires). Le grand nombre d’acteurs impliqués résulte en une offre de formation riche mais fragmentée : en Île-de-France, plus de 25 000 organismes de formation sont référencés, et dont 10 000 à Paris.
Le comité régional pour l’emploi (CRP) ouvre des possibilités pour renforcer la collaboration stratégique entre la Région et la Ville autour de la formation professionnelle. Le CRPE réunit l’ensemble des parties prenantes de la formation professionnelle en Région Île-de-France. Ce comité offre un espace propice pour consolider l’action concertée de la Région et la Ville, en s’appuyant par exemple sur la co-construction de plans d’actions pour répondre aux besoins en compétences dans les secteurs stratégiques
Les Pactes Parisiens pour l’Emploi posent les bases d’un dialogue avec les employeurs qui pourrait intégrer les enjeux des compétences. Les Pactes sont des engagements réciproques entre la Ville de Paris et une vingtaine d’employeurs en faveur du recrutement de publics vulnérables. Ces engagements ont permis d’initier un dialogue Ville-employeurs régulier qui pourrait être approfondi davantage pour intégrer aussi les enjeux liés aux besoins en compétences. L’étude des cas de Londres (Royaume-Uni) et Montréal (Canada) offrent des idées pour développer une structure de concertation avec les employeurs.
Une collaboration approfondie avec les PME pourrait renforcer l’impact des politiques d’emploi et de formation de la Ville de Paris. Les partenariats entre la Ville et les employeurs mobilisent pour l’instant des grandes entreprises principalement. Des activités conjointes (ex. forums emploi) avec les PME et les TPE, représentant plus de 40 % de l’emploi en Île-de-France et fortement présentes dans les secteurs en tension, permettrait de faire évoluer les politiques de manière adaptée aux enjeux qui leurs sont spécifiques.
Une coopération renforcée avec les acteurs de développement économique – telle que la Métropole du Grand Paris et la Région – permettrait d’orienter la main-d’œuvre vers les emplois liés aux projets urbains. La construction du Grand Paris Express en particulier ouvre des possibilités : le projet devrait générer 18 000 emplois dans le secteur du bâtiment. Cette démarche pourrait s’inscrire dans la continuité de celle des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (JOP), durant lesquels la Ville et ses partenaires ont relié des personnes éloignées de l’emploi aux postes créés grâce à des programmes innovants. Paris pourrait aussi s’inspirer de l’initiative du métro de Sydney, où plusieurs stratégies de compétences visent à former et insérer des publics prioritaires dans ces emplois.
Introduction
Copier le lien de IntroductionCe Chapitre présente et analyse le rôle des acteurs chargés des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et dans sa zone métropolitaine Par rapport à d’autres métropoles de l’OCDE, la politique de l’emploi et de la formation à Paris mobilise un grand nombre d’acteurs publics, (Tableau 4.1), et nécessite donc une coopération étroite et structurée entre l’ensemble des instances impliquées. France Travail, le service public de l’emploi (SPE), est un interlocuteur central et le guichet principal pour les demandeurs d’emploi et les employeurs. Le ministère du Travail1 et d’autres services déconcentrés de l’État s’appuient sur la Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) pour mettre en œuvre les politiques d’inspection du travail ainsi que certaines politiques sociales, de soutien aux entreprises et de formation professionnelle. La Région Île-de-France définit la politique de formation professionnelle francilienne. L’action de la Ville de Paris complète celle de l’État et de la Région, et notamment vis-à-vis des publics éloignés de l’emploi pour lesquels elle a développé des programmes de formation et d’insertion spécifiques. Enfin, la Métropole du Grand Paris contribue activement au développement territorial via la gestion d’un portefeuille d’investissements publics.
Les acteurs de l’emploi et de la formation professionnelle disposent de nouveaux outils pour faire évoluer le cadre de gouvernance de ces politiques. La Loi pour le plein emploi (2023), mise en œuvre en 2024 et 2025, prévoit la création de comités territoriaux pour l’emploi (CTPE), dont l’objectif est de renforcer la concertation entre les différentes parties prenantes de l’emploi et de la formation professionnelle. Toutefois, l’efficacité des comités dépend en partie de l’implication de ses acteurs et de leur capacité à s’approprier ces instances pour y formuler des politiques coordonnées. L’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP) de 2024 a renforcé la collaboration entre la Ville de Paris et les employeurs, notamment à avec la signature de nouveaux Pactes Parisiens pour l’Emploi. La concertation engagée à l’aide de ces Pactes est une première étape vers un dialogue régulier et structuré avec les employeurs. À cette fin, Paris pourrait s’appuyer sur la mise en œuvre de structures partenariales plus larges, à l’image de celles mises en place par d’autres métropoles de l’OCDE (ex. Londres) qui recueillent des informations régulières de la part des employeurs sur leurs besoins en matière de compétences.
Le Chapitre est divisé en trois sections. La première section présente le rôle des quatre échelons de l’action publique et des partenaires sociaux dans la conception et la mise en œuvre de la politique de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris. La deuxième aborde le rôle que pourraient assumer les nouveaux comités territoriaux pour l’emploi (CTPE), mis en place par la Loi pour le plein emploi (2023). Enfin, le Chapitre analyse la collaboration entre la Ville de Paris et les employeurs (Pactes Parisiens pour l’Emploi), et présente des études de cas internationales qui pourraient inspirer la mise en œuvre de partenariats Ville-employeur élargis aux enjeux de l’emploi, des compétences et de la formation.
Tableau 4.1. À Paris, une concertation doit avoir lieu à quatre niveaux de l’action publique pour mener une politique de l’emploi, de formation et de développement économique coordonnée
Copier le lien de Tableau 4.1. À Paris, une concertation doit avoir lieu à quatre niveaux de l’action publique pour mener une politique de l’emploi, de formation et de développement économique coordonnéeRépartition des compétences principales : emploi, formation professionnelle et développement économique
|
Échelle d’action publique |
National / État (ex. DRIEETS, France Travail) |
Région Île-de-France |
Métropole du Grand Paris |
Ville/Département de Paris |
|---|---|---|---|---|
|
Politiques de l’emploi |
x |
x |
||
|
Formation professionnelle |
x |
x |
x |
|
|
Insertion des publics vulnérables |
x |
x |
||
|
Développement économique |
x |
x |
x |
x |
|
Économie sociale et solidaire (ESS) |
x |
x |
x |
x |
Source : Auteur.
Les acteurs des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et en Île-de-France
Copier le lien de Les acteurs des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et en Île-de-FranceCette section dresse un panorama des principaux acteurs des politiques de l’emploi et des nombreuses institutions impliquées dans la formation professionnelle. Elle montre que les actions de formation et d’accompagnement vers l’emploi menées par la Ville de Paris reposent sur des partenariats solides avec l’État, ses opérateurs, les employeurs et les acteurs associatifs. Si la collaboration avec la Région – acteur clé en matière de formation professionnelle – existe, elle pourrait toutefois être renforcée. La section commence par une présentation des acteurs des politiques de l’emploi, avant d’examiner l’écosystème de la formation professionnelle. Elle s’intéresse ensuite aux acteurs du développement économique – en particulier la Métropole du Grand Paris – et aux leviers permettant de mieux mobiliser la demande de main-d’œuvre générée par les investissements publics.
France Travail et la Ville de Paris collaborent étroitement pour mettre en œuvre les politiques de l’emploi sur le territoire parisien
Le service public de l’emploi (SPE), France Travail, est l’un des principaux acteurs des politiques du marché du travail en France. France Travail opère sur l’ensemble du territoire français pour accompagner les demandeurs d’emploi, les personnes en reconversion ou faisant face à plusieurs barrières socio-économiques à l’emploi, et les entreprises. Les services proposés par France Travail incluent : l’orientation professionnelle, le soutien à la rédaction de CV et à la préparation d’entretiens, le financement de formations ou encore l’aide à la création d’activité ; ainsi qu’un suivi individualisé et adapté au projet de chaque allocataire assuré par un conseiller référent (France Travail, 2024[1]) (France Travail, n.d.[2]) (France Travail, n.d.[3]). France Travail est également responsable de l’indemnisation (par exemple l’assurance chômage) des demandeurs d’emploi, et assure le contrôle des critères définis par la loi pour le maintien du versement des allocations de chômage.
La Direction régionale et interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS) joue également un rôle central dans le marché du travail francilien. Regroupant plusieurs services déconcentrés de l’État, la DRIEETS pilote et coordonne les politiques publiques du travail mais intervient également dans le domaine des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle (DREETS, 2021[4]), et notamment concernant : la mise en œuvre de la politique d’inspection du travail, le financement de certaines filières de formation et la régulation du système de formation et d’apprentissage.
La Ville de Paris joue un rôle spécifique pour orienter les politiques de l’emploi vers des publics spécifiques, et en particulier les personnes éloignées de l’emploi. En vertu de la loi du 28 février 2017 sur le statut de Paris et l’aménagement métropolitain, la Ville de Paris est une collectivité territoriale à statut unique, exerçant les compétences de la commune et du département de Paris (Ville de Paris, 2019[5]) (Vie publique, 2024[6]). À cet égard, la Ville dispose de compétences en matière d’insertion socioprofessionnelle, ce qui lui permet de mettre en œuvre des politiques de l’emploi et de formation. La Ville a ainsi développé des politiques d’accompagnement des demandeurs d’emploi et des entreprises et des programmes de formation professionnelle pour cibler en particulier l’emploi des personnes vulnérables et éloignées de l’emploi, et notamment les allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), les habitants des quartiers populaires, les personnes peu qualifiées, les jeunes, les migrants, et d’autres publics en difficulté2. La Ville organise, en partenariat avec des acteurs tels que France Travail, des jurys de sélection chargés de retenir les organismes chargés de mettre en œuvre ses différents dispositifs.
Depuis les années 2010, l’action publique de la Ville a pleinement investi les domaines de l’accompagnement vers l’emploi et de la formation professionnelle. Cette démarche proactive dépasse le cadre d’action habituel des communes et départements français : en 2025, l’intégralité des dimensions de politiques actives de l’emploi était couverte par les programmes de la Ville de Paris (voir Chapitre 5 pour une analyse approfondie des politiques parisiennes en matière d’accompagnement et de formation). Sa politique est axée sur le développement de dispositifs d’accompagnement et de formation sur mesure, conçus avec les acteurs de terrain, tels que la Mission locale ou des acteurs de l’associatif. Cette approche s’inspire largement de l’innovation sociale, qui consiste à élaborer de nouvelles solutions visant à améliorer la qualité de vie des individus et des populations, en renforçant leur bien-être ainsi que leur inclusion sociale et économique (OCDE, 2022[7]). Étant donné que les politiques de l’emploi et de la formation sont partagées avec d’autres échelons de l’action publique, l’action de la Ville repose en grande partie sur des partenariats avec d’autres acteurs, en particulier des entités ou des opérateurs de l’État (France Travail, DRIEETS).
La Ville de Paris déploie également une politique d’insertion des publics les plus éloignés de l’emploi, étroitement articulée avec l’économie sociale et solidaire (ESS), l’entrepreneuriat social et l’économie circulaire. En plus des dispositifs d’orientation et de formation, le Plan parisien d’insertion par l’emploi (PPIE), renouvelé pour 2021-2025, définit les actions d’insertion et d’accès à l’emploi de la Ville (Ville de Paris, 2023[8]) (Ville de Paris, 2021[9]). Dans le cadre de ce plan, la Ville de Paris soutient de nombreux parcours d’accompagnement portés par des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) ou de l’insertion, en cohérence étroite avec sa stratégie d’économie circulaire. À titre d’exemple, la Ville de Paris met en œuvre des dispositifs d’insertion par l’activité économique (IAE) complémentaire du soutien de l’État. L’IAE est une modalité d’embauche qui repose sur une mise en activité progressive, un accompagnement socio-professionnel et des actions de formation. Le parcours d’emploi en IAE permet à des entreprises agréées de bénéficier du soutien de la Ville pour recruter et accompagner des personnes éloignées de l’emploi (Code du travail, 2021[10]).3 La Ville encourage également la création d’activités économiques via le développement de l’entrepreneuriat social.
La Ville et France Travail collaborent étroitement au sein de l’association Ensemble Paris Emploi Compétences (EPEC). L’EPEC met en œuvre les politiques de l’emploi à l’échelle locale et agit en cohérence avec les principaux acteurs de l’emploi, tout en s’alignant sur les priorités de la Ville de Paris, de l’État et de France Travail (EPEC, n.d.[11]). L’EPEC met en place trois projets :
1. Les clauses sociales d’insertion, un dispositif qui sensibilise les pouvoirs publics et les entreprises aux pratiques d’achats socialement responsables, et favorise ainsi l’insertion professionnelle des publics défavorisés. Les clauses sociales s’inscrivent dans le code de la commande publique français ;
2. Le Plan Local pour l’Insertion par l’Emploi (PLIE) de Paris, organisme intermédiaire du FSE+, qui met en œuvre des projets d’insertion sur le territoire parisien ;
3. Deux Points Paris Emploi, des centres de ressources pour la recherche d’emploi et la formation destines aux résidents parisiens.
L’EPEC est gouverné par un conseil d’administration composé de 20 membres répartis en trois collèges. Cette instance regroupe des représentants de la Ville de Paris, de l’État (DRIEETS), de France Travail, du Conseil régional, ainsi que des représentants d’entreprises et d’organisations d’insertion.
La gouvernance des politiques de formation professionnelle à Paris et Île-de-France mobilise un grand nombre d’acteurs et appelle une coordination renforcée
Un grand nombre d’acteurs contribuent aux politiques de formation professionnelle en Île-de-France…
La Région joue un rôle majeur dans la définition de la politique de formation professionnelle en Île-de-France. Elle dispose de compétences en matière d’accès à la formation professionnelle et d’accompagnement vers l’emploi (Code du travail, 2022[12]). La Région et l’État définissent ensemble le Contrat de plan régional de développement de la formation et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP), qui régit la politique publique de la formation professionnelle de la région francilienne, y compris les formations initiales pour les jeunes (Conseil régional d’Île-de-France, 2023[13]). En Île-de-France, la Région dispose de plusieurs dispositifs pour faciliter l’orientation et l’accès à la formation : des services d’information sur les parcours et métiers, un programme régional de formation transversale (PRFT), et Programme Régional de Formations pour l’Emploi (PRFE) (Région Île de France, n.d.[14]) par exemple. Le Conseil régional finance aussi le Programme Régional de Formation (PRF), qui prévoit la mise en œuvre d’actions de formation collectives adaptées aux enjeux socio-économiques et aux besoins en compétences du territoire (France Travail, n.d.[15]).
France compétences et la DRIEETS régulent, contrôlent et financent la formation professionnelle. France compétences distribue les fonds collectés pour la formation professionnelle et l’apprentissage (France compétences, n.d.[16]), régule la qualité des formations et fixe les règles de prise en charge. France compétences est désignée par le Ministère du Travail pour délivrer, selon plusieurs critères, les certifications professionnelles qui figurent au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) (Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, 2019[17]) (ONISEP, 2024[18]). La DRIEETS agrée et réalise un contrôle administratif et financier des organismes de formation en région parisienne (DRIEETS, 2022[19]). La DRIEETS finance également certaines filières de formation professionnelle.
France Travail accompagne financièrement les demandeurs d’emploi souhaitant entrer en formation. France Travail oriente les demandeurs d’emplois vers différentes offres de formation et permet à certains d’entre eux – selon leur situation – de percevoir une aide économique pendant leur période d’apprentissage. L’opérateur finance également la formation professionnelle grâce à ses Actions de Formation Conventionnées (AFC) (France Travail, n.d.[20]).
Les Opérateurs de Compétences (OPCO), les chambres consulaires et les employeurs participent aussi au financement de la formation des adultes. Les onze OPCO reconnus par L’État sont chargés d’accompagner la formation professionnelle et d’apprentissage en lien avec les entreprises, et notamment petites et moyennes entreprises (PME) (Ministère du Travail, 2023[21]). Financés par les entreprises par obligations légales, les OPCO représentent différents secteurs de l’économie : l’OPCO Atlas pour les services financiers et le conseil et l’OPCO Akto pour les entreprises à forte intensité de main d’œuvre, par exemple. Les chambres consulaires se financent elles grâce aux taxes perçues auprès de leurs membres. À Paris, les OPCO et chambres consulaires co-financent certaines filières de formation selon les besoins de leurs secteurs. La CCI, par exemple, forme plus de 500 000 jeunes et adultes par an en France (CCI, n.d.[22]). Les employeurs, à titre individuel, financent également des formations.
D’autres acteurs publics nationaux participent à la formation professionnelle en région francilienne. L’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) conçoit les titres de formation professionnelle pour différents ministères, assure des missions de développement de nouvelles formations et assure elle-même des formations à travers plus de 150 centres de formation (AFPA, 2021[23]). Les Académies représentent le ministère de l’Éducation Nationale au niveau régional. Au sein des Académies, la Délégation régionale académique à la formation professionnelle initiale et continue (DRAFPIC) contribue à définir la politique académique en matière de formation professionnelle, ainsi qu’à la gestion des centres de formation pour adultes (les groupements d'établissements publics locaux d'enseignements – GRETA) (Ministère de l'Éducation Nationale, n.d.[24]) (Académie de Paris, n.d.[25]).
Paris et sa zone métropolitaine ne sont pas des cas isolés parmi les villes et les régions de l’OCDE confrontées à un système de formation professionnelle complexe. La Région de Bruxelles-Capitale (Belgique) en est un autre exemple (OCDE, 2023[26]). Cependant, le très grand nombre d’acteurs et la coexistence de systèmes distincts (dialogue social, bailleurs publics nationaux et territoriaux, compte individuel de formation, initiatives privées, organismes parapublics) rendent particulièrement difficile la coordination des politiques de formation autour d’objectifs communs.
… et aux politiques de formation professionnelle à Paris
La Ville est un financeur important de la formation professionnelle à Paris. La Ville de Paris développe une offre de formation spécifique, à destination des publics les plus éloignés de l’emploi, qui est détaillée de manière plus approfondie au Chapitre 5 (Ville de Paris, n.d.[27]). Elle se compose de formations qualifiantes, qui préparent à des certifications professionnelles, et pré-qualifiantes, qui ciblent plutôt le développement de compétences fondamentales (par exemple : apprentissage de la langue française) pour les publics éloignés de l’emploi. Les formations qualifiantes de la Ville de Paris sont souvent conventionnées par France Travail et dispensées par des organismes subventionnés. La Ville travaille étroitement avec d’autres acteurs de la formation – la Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS), certains Opérateurs de Compétences (OPCO) et branches professionnelles, la Région ou encore certains employeurs – pour co-financer et organiser son offre de formation. La Ville est aussi responsable d’un curriculum de cours municipaux pour adultes au sein de la Direction des Affaires scolaires (DASCO). Les différents rôles qu’assurent les principaux acteurs de la formation professionnelle à Paris sont illustrés dans le Tableau 4.2.
L’État, la Région, les partenaires sociaux et des employeurs ou des fondations contribuent aussi au financement des programmes de formation professionnelle de la Ville de Paris. France Travail conventionne l’offre qualifiante de formation professionnelle de la Ville de Paris.4 DRIEETS de l’État finance également certains programmes. Les OPCO soutiennent des programmes de formations dans leurs domaines économiques respectifs. Certains parcours de formation bénéficient aussi du soutien financier de partenaires privés (entreprises et fondations), cependant ces financements se font dans le cadre de partenariats bilatéraux.
Ce paysage institutionnel engendre une offre de formation dense et complexe
La multitude d’acteurs compétents pour la formation des adultes en Île-de-France et à Paris se traduit par un nombre élevé d’organismes de formation. Le système de formation professionnelle français s’appuie sur un vaste réseau de partenaires, majoritairement constitué d’organismes de formation privés à but lucratif (DARES, 2024[28]). L’Île-de-France accueille plus 25 000 organismes de formation, dont plus de 10 000 sont situés à Paris (DRIEETS, 2020[29]), et une partie d’entre eux opèrent sur l’ensemble du territoire français. Quelques acteurs publics ou parapublics contribuent également à l’offre de formation : les GRETA de l’Éducation Nationale proposent par exemple des formations continues pour adultes et des parcours en apprentissage (EDUCSOL, 2023[30]). L’Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) gère également un réseau de centres de formation, dont seize en région parisienne (AFPA, n.d.[31]). Enfin, les structures à but non lucratif jouent un rôle important dans le paysage de la formation, notamment à Paris, où la Ville s’appuie largement sur ces acteurs pour la mise en œuvre de ses programmes.
Tableau 4.2. Neuf acteurs principaux définissent l’offre de formation pour adultes à Paris
Copier le lien de Tableau 4.2. Neuf acteurs principaux définissent l’offre de formation pour adultes à ParisListe d’acteurs en fonction de l’échelon territorial, description du rôle principal, exemples d’organismes de formation
|
Échelon territorial |
Acteur |
Rôle principal dans la formation professionnelle des adultes |
|---|---|---|
|
National |
L'Agence nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) |
|
|
Caisse de dépôts – CPF |
|
|
|
Ministère de l'Éducation Nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche – DRAFPIC |
|
|
|
France Travail |
|
|
|
Services déconcentrés de l’État en région parisienne – DRIEETS |
|
|
|
Infranational |
Conseil régional |
|
|
Ville de Paris |
|
|
|
Partenaires sociaux |
Chambres consulaires |
|
|
OPCO |
|
|
|
Exemples d’organismes de formation et de leur statut juridique (exemple métier : cuisine) |
||
|
Public
Privé
Associatif
Consulaire
|
||
Source : Auteur sur la base d’informations recueillies dans : (AFPA, 2021[32]), L'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), https://travail-emploi.gouv.fr/lagence-nationale-pour-la-formation-professionnelle-des-adultes-afpa ; (DREETS, 2021[4]), Les champs de compétences et de missions des DREETS, de la DRIEETS et des DEETS, https://dreets.gouv.fr/Les-champs-de-competences-et-de-missions-des-DREETS-de-la-DRIEETS-et-des-DEETS ; (Ministère du Travail, 2023[21]), Les opérateurs de compétences (OPCO), https://travail-emploi.gouv.fr/les-operateurs-de-competences-opco#anchor-navigation-205 ; (Académie de Paris, n.d.[25]), Délégation Régionale Académique à la Formation Professionnelle Initiale et Continue (DRAFPIC).
Penser la formation professionnelle en cohérence avec les investissements publics réalisés dans les projets d’aménagement urbain
La Métropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016, est compétente pour l’aménagement urbain, la politique de l’habitat, le développement économique et la politique de l’environnement. La MPG est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à statut particulier et à fiscalité propre (Vie publique, 2024[33]). La MGP regroupe 131 communes de Paris, de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne) ainsi que de la grande couronne. La MGP est organisé en onze territoires qui prennent la forme d’établissements publics territoriaux (EPT), en plus de la Ville de Paris. Le Conseil métropolitain gouverne la MGP. Le Conseil est composé de 208 représentants élus au suffrage universel direct.
La MGP coordonne plusieurs projets de développement urbain et de construction de logements de grande envergure. Elle le fait souvent en apportant un appui aux collectivités concernées. En 2010, la Loi relative au Grand Paris fixait comme objectif de construire 70 000 logements par an sur une période de 25 ans, dont 30% de logements sociaux et une part importante de logements abordables (Préfecture de Paris, 2022[34]; Vie publique, 2024[33]). La MGP investit dans la requalification de sites urbains pour favoriser le rééquilibrage territorial. Le projet Inventons la métropole du Grand Paris s’appuie sur un concours d’urbanisme pour réaménager 104 sites de la MGP (Vie publique, 2024[33]). Les projets Zones d’Aménagement Concerté (ZAC) et Opérations d'Aménagement d'Intérêt métropolitain (OIM) investissent des nouveaux quartiers de gare ou des zones à haut potentiel (MGP, n.d.[35]). La MGP a également participé au développement d’infrastructures sportives pour les Jeux Olympiques 2024.
Les projets de la MGP vont de pair avec le développement des nouveaux transports du Grand Paris Express. La Société des grands projets (SGP) pilote le développement du projet Grand Paris Express, qui prévoit la construction de 68 gares et 200 km de nouvelles lignes de métro (Vie publique, 2024[33]). Les travaux liés au développement du Grand Paris Express devraient créer environ 18 000 emplois dans le bâtiment, et l’ouverture des nouvelles lignes devrait faire croitre la population de l’agglomération d’environ 3,1%, créant environ 168 000 emplois (Chapelle et al., 2017[36]; Préfecture d'Île-de-France, 2022[37]). En 2021, la MGP et la SGP ont signé une convention de collaboration pour permettre aux deux entités d’articuler plus fortement leurs investissements respectifs. Ainsi, la MGP vient apporter son soutien financier au redéveloppement des quartiers gares, y compris par des investissements dans le bâti urbain et dans l’animation culturelle et artistique des lieux (MGP, 2021[38]). Ces investissements génèrent une demande de main d’œuvre conséquente, initialement sous-estimée par la SGP (Cour des comptes, 2017[39]). Dans ce contexte, la Cour de comptes a recommandé en 2024 une évolution de politique de ressources humaines de la SGP visant mieux anticiper les besoins en recrutements liés à ces chantiers (Cour des comptes, 2024[40]).
Une coopération renforcée entre la Métropole du Grand Paris, la Région, France Travail et la Ville permettrait de mieux anticiper les besoins, former et accompagner la main-d’œuvre vers les emplois liés aux projets urbains. Cette démarche pourrait s’inscrire dans la continuité de celle développée pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 (JOP). À l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 (JOP), des initiatives innovantes comme Du stade vers l’emploi et Toutes Championnes ! Tous Champions ! ont été déployées par la Ville et ses partenaires pour orienter les demandeurs d’emploi vers des postes liés à l’organisation des Jeux. Ces actions viennent compléter un grand nombre d’initiatives déjà engagées, tant au niveau national que local, en faveur de l’héritage et de l’impact social des Jeux Olympiques et Paralympiques de 20245. Dans la même logique, la SGP a dressé une cartographie des métiers les plus demandés par la construction du Grand Paris Express (Grand Paris express, 2021[41]). Ces pratiques pourraient être mises en œuvre sur l’ensemble des projets urbains de la MGP, et s’articuler également avec les services de formation de la Région ou de la Ville. À Sydney, en Australie, un plan d’action a été développé pour anticiper les besoins de main d’œuvre liés à la construction du métro (Encadré 4.1). Ce plan prévoit des actions de formation ciblées vers des publics spécifiques, et en particulier les personnes issues de groupes sous-représentés ou en situation de chômage de longue durée, pour faciliter leur accès aux emplois générés par le développement des infrastructures. Un comité de pilotage dédié aux compétences et à l’emploi, et chargé de superviser la mise en œuvre et la coordination des actions, a également été mis en place dans le cadre de cette stratégie.
Encadré 4.1. À Sydney (Australie), la formation professionnelle est pensée de manière cohérente avec les investissements publics réalisés dans les projets d’aménagement urbain
Copier le lien de Encadré 4.1. À Sydney (Australie), la formation professionnelle est pensée de manière cohérente avec les investissements publics réalisés dans les projets d’aménagement urbainLe métro de Sydney a élaboré une stratégie de formation adaptée aux besoins en compétences du projet
Sydney Metro est le plus grand projet d’infrastructure de transport public en Australie. Il prévoit la construction de 4 lignes de métro, couvrant 46 stations et 113 kilomètres de nouvelles voies ferrées. Dans le cadre de ce projet, les priorités stratégiques suivantes ont été identifiées :
Favoriser la participation de PME et d’entreprises aborigènes dans les marchés publics, ainsi que l’emploi de travailleurs locaux dans les projets d’infrastructures ;
Encourager le développement de compétences spécifiques aux métiers en tension, mais aussi de compétences transversales ;
Promouvoir la diversité dans les recrutements ;
Cibler les jeunes à travers des programmes d’apprentissage et de stage ;
Inscrire les initiatives de formation dans une démarche partenariale.
Ces priorités se déclinent dans plusieurs plans d’action qui fédèrent les pouvoirs publics à différents échelons territoriaux. Deux plans d’action ciblent la participation des entreprises et des personnes aborigènes dans les projets associés au nouveau métro. Deux autres plans visent plus largement à développer la formation dans des zones géographiques définies.
Par exemple, le Workforce Development and Industry Participation Plan for – Sydney Metro – Western Sydney Airport vise à évaluer à la fois la disponibilité des talents et la demande sur le marché du travail générée par le projet Sydney Metro. Le plan prévoit de faire évoluer certains programmes de formation professionnelle et définit des actions visant à favoriser l’emploi des groupes sous-représentés, tels que les Australiens Aborigènes, les réfugiés et les anciens combattants. Ce plan a été élaboré par Sydney Metro avec le soutien du gouvernement australien et celui de la Région New South Wales. Il inclut des objectifs adaptés et structurés autour de domaines prioritaires clés
Le Workforce Development and Industry Participation Plan for the Sydney Metro – West project, défini des actions complémentaires, en lien avec les projets en cours dans la zone géographique occidentale du projet. Par exemple, ce plan met en lumière les manques de main d’œuvre aiguës à tout niveau de qualification dans le milieu du chemin de fer.
Source : (NSW Government, Sydney Metro, 2021[42]), Workforce development and industry participation, https://www.sydneymetro.info/workforce-development-and-industry-participation.
La gouvernance efficace des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et en Île-de-France repose sur une concertation étroite
Copier le lien de La gouvernance efficace des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et en Île-de-France repose sur une concertation étroiteCette section analyse les défis et propose des solutions pour mener une politique de l’emploi et de formation professionnelle plus coordonnée en région francilienne. La mise en œuvre de la Loi pour le plein emploi (2023) ouvre des possibilités aux acteurs de l’emploi et de la formation pour se concerter plus systématiquement et définir des politiques de formation coordonnées. La Loi prévoit notamment la mise en place de comités territoriaux pour l’emploi (CTPE) à l’échelle régionale, départementale notamment (France Travail, 2024[43]). Les comités pourraient devenir des lieux de concertation privilégiés pour les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle en Île-de-France. Cette section présente les enjeux pour l’action publique à l’échelle régionale et départementale, et explore comment les acteurs peuvent tirer parti des nouveaux comités pour renforcer la gouvernance territoriale.
Le nouveau comité régional pour l’emploi offre une opportunité pour mener une politique de formation professionnelle plus concertée
La Ville collabore étroitement avec les pouvoirs publics nationaux et les partenaires sociaux autour de la formation. La Ville de Paris travaille avec France Travail pour co-financer, conventionner et sélectionner les organismes qui dispensent les programmes de formation. France Travail participe à l’élaboration des appels à projets qui sélectionnent les actions soutenues par la Ville. De même, la Ville collabore avec les Opérateurs de Compétences (OPCO), la Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS). La Ville associe les services de la Région compétents sur certaines filières du Programme Régional de Formation pour l'Emploi (PRFE) à ses jurys. La coopération avec la Région aborde toutefois de façon relativement plus limitée les questions d’ordre stratégiques, telles que l’approche à adopter vis-à-vis de différents secteurs, ou encore les évolutions en cours sur le marché du travail (par exemple relatives à l’intelligence artificielle).
Une coopération plus étroite entre la Ville et la Région, à ce jour relativement moins développée, représente une opportunité pour renforcer la formation professionnelle à Paris et en Île-de-France. La Région travaille avec les partenaires sociaux et l’État au sein du Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (CREFOP), une instance chargée de la coordination et de la cohérence des politiques de formation professionnelle à l’échelle régionale.6 Les CREFOP sont dotés d’un bureau composé de représentants de l’État, du Conseil régional, des organisations professionnelles d’employeurs et des syndicats de salariés (Code du Travial, 2023[44])7, mais n’incluent pas systématiquement les départements, limitant les opportunités de coopération entre la Région et la Ville dans ce domaine.
La création du nouveau comité régional pour l’emploi peut renforcer la concertation stratégique entre la Ville et la Région autour de la formation professionnelle et de l’emploi. La Loi Plein Emploi (2023) instaure un nouveau système de gouvernance territoriale de l’emploi à travers la mise en place de nouveaux comités. Ces instances, déployées aux échelles régionale, départementale et locale8, coordonnent l’action publique en matière d’emploi, de formation, d’insertion et d’accompagnement des entreprises sur leurs territoires respectifs. À l’échelon régional, la loi prévoit la création de comités régionaux pour l’emploi (CRPE) qui diffèrent des CREFOP préexistants, présidés par le préfet et le président du Conseil régional, et chargés de définir les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle. Les CRPE intègrent notamment des représentants des départements et de France Travail :
Des représentants de l'État, nommés par le préfet de région ;
Des représentants de la région ;
Des représentants de l'ensemble des départements de la région ;
Des représentants de l'ensemble des organisations syndicales de salariés et organisations professionnelles d'employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel ;
Des représentants de l'ensemble des organisations professionnelles d'employeurs représentatives au niveau national et multi-professionnel ;
Le directeur régional de l'opérateur France Travail ou son représentant ;
Le président de l'association régionale des missions locales ou son représentant ;
Le président du réseau régional des organismes de placement spécialisés dans l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap ou son représentant ;
D’autres représentants peuvent participer aux travaux du CRPE sur invitation des présidents du comité (Code du Travail, 2024[45]).
Le nouveau CRPE francilien pourrait être un lieu pour définir des stratégies de formation concertées et intégrant l’expertise et la vision de chaque financeur. La Région, France Travail, les OPCO, la Ville de Paris et les employeurs investissent, en partie, dans des formations qui concernent les mêmes secteurs de l’économie francilienne (ex. numérique, l’hôtellerie/restauration). La mise en œuvre de groupes de travail au sein du CRPE permettrait par exemple d’envisager une approche sectorielle dans l’élaboration des politiques de formation. Par exemple, un travail sur les possibles impacts du numérique et de l’intelligence artificielle sur le marché du travail, et les besoins en formation associés pourrait être envisagé de manière conjointe par l’État, France Travail, la Région, les partenaires sociaux et la Ville de Paris au sein de cette instance. Si mobilisé efficacement, ce comité offre la possibilité de rendre le rôle de chaque acteur plus lisible, ouvrant la voie à une capacité commune renforcée.
Dans la Ville de Paris, le nouveau comité départemental de l’emploi ouvre la possibilité de développer des liens plus étroits avec les petites et moyennes entreprises
Le nouveau comité départemental pour l’emploi (CDPE) formalise les acteurs impliqués dans les politiques d’insertion à Paris. La Loi pour le plein emploi (2023) et le décret relatif aux comités territoriaux pour l’emploi (2024) définissent la composition et le fonctionnement du nouveau CDPE. Le CDPE a comme objectif la définition de politiques publiques pour l’insertion des publics vulnérables. Le CDPE est également doté d’une commission spécialisée pour fixer la politique de la Ville en matière d’insertion par l’activité économique. Les comité locaux, CLPE, ne sont pas mis en place à Paris. En plus de ses présidents (Préfet et président du conseil départemental), le CDPE est composé des membres suivants :
Un représentant de l’État ;
Des représentants de la région ;
Des représentants du département ;
Des représentants des communes du département et de leurs groupements ;
Des représentants de l'ensemble des organisations syndicales de salariés et professionnelles d'employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel ;
Des représentants de l'ensemble des organisations professionnelles d'employeurs représentatives au niveau national et multi professionnel ;
Le directeur départemental de l'opérateur France Travail ;
Un représentant de l'une des missions locales du département ;
Un représentant de l'un des organismes de placement spécialisés dans l'insertion professionnelle des personnes en situation de handicap du département ;
D’autres représentants peuvent participer aux travaux du CRPE sur invitation des présidents du comité (Code du Travail, 2024[45]).
Le CDPE ouvre de nouvelles possibilités de collaboration avec les partenaires sociaux. Actuellement, la Ville travaille avec des chambres consulaires comme la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Paris et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de façon bilatéral. Ce comité permettrait de poursuivre dialogue engagé par la Ville de Paris avec les employeurs, par l’intermédiaire de leurs représentants, ainsi de mieux répondre à la forte demande en compétences dans des secteurs clés. Ce comité pourrait aussi permettre d’approfondir la collaboration avec les organisations syndicales de salariés. Le CDPE – auquel la CAF sera aussi associée - offre un cadre propice à l’émergence de nouveaux partenariats.
Le CDPE est un outil intéressant pour développer des liens réguliers avec les représentants des petites et moyennes entreprises (PME). La mobilisation des PME et les TPE dans les politiques d’emploi est stratégique compte tenu de leur poids sur le marché du travail local : elles représentent 40% de l’emploi salarié en Île-de-France, et sont fortement représentées dans des secteurs en tension à Paris et en Île-de-France (par exemple, la restauration). Aujourd’hui, la collaboration de la Ville avec les entreprises concerne surtout les grandes entreprises, notamment dans le cadre des Pactes Parisiens pour l’Emploi qui sont étudiés dans la dernière partie de ce Chapitre. Ce dispositif a été pensé pour les grandes entreprises, qui disposent de services ressources humaines à forte capacité. La possibilité d’explorer des approches plus adaptées aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux très petites entreprises (TPE) existe donc, en tenant compte de leurs spécificités (faible capacité en ressources humaines) et de leurs besoins (identification de candidats, fidélisation des talents).
Le CDPE est un lieu adapté pour renforcer la collaboration avec des organisations représentatives de PME. En effet, les représentants des organisations professionnelles d'employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel participent au CDPE, et notamment la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) (Code du Travail, 2024[45]). Les membres du comité pourraient commencer un travail de réflexion avec les PME autour des freins à l’embauche pour les publics vulnérables. De nouveaux dispositifs pourraient être développé ensemble pour créer des parcours d’insertion pour les publics éloignés de l’emploi vers des emplois dans le milieu des PME/TPE. Les partenariats pourraient également se développer autour de la formation. À Turin (Italie), par exemple, l’initiative « Cluster des Usines Intelligentes » a permis l’implication des PME, aux côtés des institutions de formation, dans la conception des cursus dans des secteurs clés de l’économie régionale (OCDE, 2021[46]).
Renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marché
Copier le lien de Renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marchéCette section analyse les liens entre la Ville de Paris et les employeurs en matière d’emploi et de compétences. Actuellement, la Ville s’appuie sur plusieurs outils et partenariats pour mobiliser les employeurs, illustrés par exemple par les Pactes Parisiens pour l’Emploi, et le programme ParisCode. Les Pactes posent des bases prometteuses, pour la constitution d’une collaboration approfondie sur les enjeux d’accès à l’emploi et des compétences. Une structuration plus systématique de la concertation avec les employeurs, ainsi qu’un élargissement des échanges autour des enjeux de compétences, seraient des pistes à explorer. Cette section commence par présenter et décrire le fonctionnement des Pactes Parisiens pour l’Emploi, avant d’analyser les moyens par lesquels la Ville pourrait mieux structurer cette collaboration, l’élargir et renforcer l’engagement des employeurs.
Les Pactes Parisiens pour l’Emploi ont instauré un cadre de concertation durable avec un réseau d’employeurs engagés
Les Pactes Parisiens pour l’Emploi sont des engagements réciproques entre la Ville de Paris et certains employeurs pour le recrutement de personnes éloignées de l’emploi.9 Les Pactes sont signés entre la Ville de Paris (Bureau des partenariats entreprises, Direction de l’attractivité et de l’emploi) et une entreprise donnée (Ville de Paris, 2024[47]). Les employeurs sont incités à s’engager dans les Pactes, non seulement pour recruter des profils recherchés, mais aussi dans une démarche de responsabilité sociale d’entreprise. France Travail et d’autres partenaires, tels que la Mission locale de Paris, l’association Ensemble Paris Emploi Compétences (EPEC) ou encore CAP Emploi, sont associés aux Pactes en tant que signataires. Les signataires des Pactes s’engagent à prendre des actions en faveur de l’emploi des personnes vulnérables autour d’objectifs partagés. Les Pactes sont établis sur une durée de trois ans, peuvent être renouvelés et sont non-contraignant juridiquement. La Ville a signé plus de vingt Pactes, avec majoritairement des grandes entreprises, comme par exemple EDF, Leroy Merlin, Sodexo ou Westfield. Les Pactes concernent des actions menées par la Ville, et donc généralement dans son périmètre territorial.
Les Pactes engagent les signataires à mettre en œuvre des actions concrètes de recrutement ou de pré-recrutement. L’objectif principal des Pactes est le recrutement de publics cibles, y compris les allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), les résidents des quartiers prioritaires, les jeunes de 18-25 ans ou peu qualifiés, les personnes âgées de plus de 45 ans, les personnes reconnues en tant que travailleur handicapé, les personnes en parcours d’insertion et les jeunes diplômés d’université. Les engagements établis dans chaque Pacte varient en fonction des secteurs et des priorités de l’entreprise. Les orientations définies dans les Pactes sont déclinées à l’échelle opérationnelle dans une programmation annuelle. Les actions menées par la Ville dans le cadre des Pactes comprennent :
L’organisation de forums emploi généralistes et thématiques (par exemple : Paris, métropole pour l’Emploi des jeunes ; forum pour l’insertion des réfugiés)
La pré-sélection de candidats et l’insertion direct auprès des entreprises (alternance, embauche) ;
La mise en relation entre l’entreprise et des acteurs de terrain (ex. associations, structures d’insertion) ;
La coordination de visites de sites d’entreprises pour un public cible et de rencontres avec des professionnels ;
L’accompagnement dans la démarche de Responsabilité sociale d’entreprise (RSE) de l’entreprise.
Réciproquement, les entreprises s’engagent à soutenir les actions de la Ville de Paris et de ses partenaires. Le Pacte pour l’emploi parisien signé avec l’entreprise ACCOR (hospitalité) prévoit par exemple des actions pour encourager l’embauche de candidats issus du partenariat avec la Ville (Ville de Paris/ACCOR, 2024[48]). Le groupe participe aux forums et aux différentes sessions de recrutement organisées par la Ville, et s’engage à accorder une attention particulière aux candidatures issues du partenariat. La Ville s’appuie sur ses partenaires (Mission locale, EPEC, et autres) afin de mettre en œuvre les différentes actions de pré-recrutement, notamment dans la programmation des Points Parisiens pour l’Emploi (PPE). France Travail est associé à la démarche à la fois pour soutenir l’entreprise dans le recrutement et accompagner les candidats intéressés. Certains Pactes sont dirigés par des comités techniques (CoTech), au sein desquels siègent des représentants des signataires. Pour mesurer l’impact des Pactes sur le recrutement des publics cibles, un compte rendu « retour à l’emploi » identifiant les embauches ayant eu lieu grâce à une session de recrutement peut être communiqué.
Les Pactes Parisiens pour l’Emploi sont principalement conçus pour les grandes entreprises, qui disposent de services ressources humaines à forte capacité. Cela ouvre la possibilité d’explorer des approches mieux adaptées aux petites et moyennes entreprises (PME), en tenant compte de leurs spécificités et de leurs besoins. Les Pactes pourraient se développer avec les branches professionnelles dans lesquels les PME sont fortement représentées, tel que la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). Des Pactes avec les groupements de PME permettraient ainsi d’organiser des activités adaptées à la petite et moyenne entreprise (par exemple : forums dédiés). Ces partenariats pourraient se développer au sein du CDPE, qui réunit les organisations représentatives des PME, analysé ci-dessus.
Le dialogue entre la Ville de Paris et les employeurs pourrait évoluer pour suivre les besoins en compétences et ajuster les besoins en formations
La mise en place d’une structure de concertation avec les employeurs permettrait à la Ville d’orienter ces programmes de formation au plus près des besoins du marché. La collaboration avec les employeurs aborde de manière limitée la question de la demande de compétences et la formation. Les Pactes offrent la possibilité d’un dialogue renforcé et plus régulier avec les employeurs à ce sujet. En s’appuyant sur une structure de concertation dédiée, les échanges avec les employeurs permettraient de prévoir l’évolution de la demande sur une période annuelle, et ainsi d’anticiper les besoins de recrutement. Ils offrent aussi la possibilité d’orienter les programmes de formation en fonction des compétences recherchées et de l’adéquation des programmes existants pour y répondre. Les jurys de sélection des organismes de formation intègrent déjà un dialogue autour des besoins en compétences, mais la mise en place d’une instance de concertation formalisée permettrait d’approfondir et de structurer davantage cette démarche.
Plusieurs villes de l’OCDE offrent des exemples intéressants de structures de concertation mises en place avec les employeurs. Dans les métropoles de Londres (Royaume Uni) ou Montréal (Canada), des structures de concertation des employeurs, syndicats de salariés et acteurs de la formation ont été mises en place pour mieux aligner la demande et l’offre d’emploi (Encadré 4.2). Par rapport aux Pactes, qui se concentrent sur le recrutement, la Jobs and Skills Business Partnership de Londres vise à recueillir des informations actualisées sur les offres d’emploi afin de faire évoluer le système de formation londonien. À Montréal, le Conseil emploi métropole (CEM) aborde un ensemble encore plus large de sujets : son plan stratégique 2021-2024 mentionne, par exemple, le développement de secteurs stratégiques ainsi que le renforcement de la dimension métropolitaine des politiques de l’emploi. Paris pourrait s’inspirer de ces exemples pour développer son propre système de consultation vis-à-vis des employeurs, en y intégrant par exemple les signataires des Pactes.
Le dialogue pourrait également être élargit afin de développer une politique vis-à-vis des profils qualifiés et de l’innovation. La région francilienne dispose d’une agence, ChooseParisRegion, pour l’attraction de talents et d’investissements étrangers, mais la Ville et sa région n’ont pas mis en place de politique publique ou de programmes pour le développement de talents hautement qualifiés locaux (ChooseParisRégion, 2025[49]). Certaines métropoles de l’OCDE ont développé ce type de politique (ex. Barcelone) afin à la fois afin d’attirer des talents internationaux, mais aussi de développer, d’insérer et de fidéliser des talents locaux (Barcelona, 2019[50]). Le dialogue avec les employeurs permettrait de recueillir les besoins des employeurs pour des personnes qualifiées. Le dialogue pourrait également impliquer des syndicats dans lesquels les cadres sont fortement représentés, comme la Confédération française de l’encadrement (CFE-CGC) ou la Confédération française démocratique du travail des cadres (CFDT cadres).
Une concertation approfondie avec les employeurs permettrait également à la Ville de communiquer des informations aux employeurs sur les profils disponibles. La Ville et ses partenaires échangent régulièrement avec les demandeurs d’emploi parisiens dans le cadre des politiques de l’emploi et de la formation professionnelle. En respectant l’anonymat des demandeurs d’emploi et les réglementations sur les données privées, la Ville pourrait réaliser une cartographie annuelle des profils professionnels demandeurs d’emploi parisiens recenses dans ses programmes, et s’appuyant un échantillon représentatif. La Ville pourrait par exemple observer la récurrence de certains profils dans le cadre de ces programmes de formation, ou des activités des PPE. Dans le cadre d’un dialogue avec les employeurs, ces informations permettraient aux recruteurs de réfléchir à des moyens d’adapter ou de mieux tirer profit l’offre de profils existante.
Ce dialogue entre la Ville et les employeurs engagés peut compléter les échanges menés par les Comités territoriaux pour l’emploi (CTPE). Les CTPE, instaurés par la loi pour le plein emploi de 2023, prévoient une concertation entre les pouvoirs publics et les organisations représentatives des employeurs, et non avec des employeurs pris individuellement.
À terme, la démarche engagée par les Pactes pourrait aboutir à la mise en œuvre de partenariats sectorialisés pour structurer la collaboration avec plusieurs employeurs d’un même secteur. Différentes villes de l’OCDE ont développé des stratégies qui mobilisent les employeurs sur un ensemble de sujets. La Ville de New York a par exemple développé des stratégies sectorielles (Industry Partnerships) qui abordent non seulement les enjeux de recrutement mais aussi la formation, l’inclusion et l’innovation (Encadré 4.3). Le partenariat newyorkais Tech Talent Pipeline crée par exemple des partenariats avec le milieu universitaire et les employeurs du secteur technologique. À Manchester, le Employer Integration Board (EIB) organise un dialogue sectorialisé avec les employeurs. Lorsqu’un certain nombre d’employeurs signataires est réuni au sein des Pactes, la Ville pourrait profiter de cet espace pour organiser des groupes de travail qui portent sur des secteurs en tension, comme le numérique ou encore l’hôtellerie et la restauration. Ces groupes pourraient impliquer aussi les partenaires de l’emploi de la Ville de Paris (ex. France Travail, Mission locale), des institutions de formation professionnelle ou d’enseignement supérieur, voir des syndicats de salariés, comme c’est le cas à New York.
Encadré 4.2. Londres et Montréal ont développé des structures de concertation dédiées entre les pouvoirs publics, des employeurs et des syndicats de salariés autour de la formation
Copier le lien de Encadré 4.2. Londres et Montréal ont développé des structures de concertation dédiées entre les pouvoirs publics, des employeurs et des syndicats de salariés autour de la formationLondres et la Jobs and Skills Business Partnership
Londres a mis en place un partenariat avec un groupe d’emploi pour travailler autour des questions de compétences et de formation. Le groupe est constitué d’employeurs, de la chambre de commerce et d’industrie de Londres et d’un représentant d’un syndicat de salariés. Ses membres se réunissent environ quatre fois par an avec le maire adjoint. L’objectif principal du partenariat est de mieux aligner la formation professionnelle avec les besoins du marché du travail, et notamment en renforçant l’accès à l’enseignement supérieur à la suite d’une formation professionnelle. Ce groupe accompagne aussi le maire de Londres pour mieux articuler les besoins de formation en lien avec le budget de la Ville, développer des données sur les besoins de main d’œuvre, améliorer le système de formation de la Ville, augmenter les investissements privés dans la formation et faire le lien avec les autres instances compétentes en matière de formation professionnelle à Londres.
Montréal et le Conseil Emploi Métropole (CEM)
Le CEM regroupe des représentants de différents secteurs économiques, de l’enseignement supérieur, de syndicats de salariés, du milieu associatif ainsi que de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Le CEM définit les grands enjeux du marché du travail de Montréal et conseille le ministère de l’Emploi et de la Solidarité du Québec sur la stratégie de formation et d’emploi à adopter, notamment pour améliorer l’adéquation entre offre et demande d’emploi, ou encore attirer des talents, par exemple. Le Conseil assure également un lien avec différentes instances métropolitaines et ministérielles. Le plan stratégie 2021-2024 du CEM établit trois priorités : favoriser l’adéquation entre l’offre et la demande de compétences pour améliorer la productivité métropolitaine, rehausser les compétences des cadres et accentuer la dimension métropolitaine des politiques publiques.
Source : (City of London, 2022[51]), Jobs and Skills Business Partnership¸ https://www.london.gov.uk/programmes-strategies/jobs-and-skills/governance-and-partners/jobs-and-skills-business-partnership. (Conseil emploi métropole, 2021[52]), Plan stratégique 2021-2024,. https://www.emploi-metropole.org/plan-strategique/.
Encadré 4.3. La Ville de New York (États-Unis) et Manchester (Royaume Uni) adoptent une approche sectorielle vis-à-vis des employeurs
Copier le lien de Encadré 4.3. La Ville de New York (États-Unis) et Manchester (Royaume Uni) adoptent une approche sectorielle vis-à-vis des employeursLes Industry Partnerships de New York City
À travers un dispositif de partenariats sectoriels, la Ville de New York vise à anticiper les besoins en main-d’œuvre, améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande d’emploi, renforcer les opportunités de formation pour les habitants et faciliter l’accès des entreprises aux talents locaux. La NYC Tech Talent Pipeline (TTP) est dédié au développement d’une main-d’œuvre technologique dynamique et inclusive à New York. Lancé en 2014 et coordonné par la Ville, ce programme réunit acteurs publics, entreprises et établissements de formation pour stimuler la croissance économique en élargissant l’accès aux carrières technologiques. TTP intègre désormais une réflexion stratégique sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les parcours professionnels techniques. L’attention est portée notamment sur les premiers emplois, les plus exposés aux mutations induites par l’IA. L’objectif est d’accompagner les jeunes actifs dans un environnement technologique en mutation, en identifiant les opportunités dans des secteurs variés au-delà des seules entreprises du secteur technologique.
La New York Alliance for Careers in Healthcare (NYACH) constitue un partenariat structurant qui associe employeurs, organismes de formation et institutions publiques pour répondre aux principaux défis liés aux ressources humaines en santé. NYACH s’appuie sur une expertise sectorielle couvrant les hôpitaux, les soins de longue durée et la santé mentale, afin de catalyser des investissements et des stratégies visant à élargir l’accès à des carrières de qualité dans la santé, avec une attention particulière portée aux communautés sous-représentées. Parmi ses actions phares, NYACH pilote un programme de résidence pour jeunes infirmiers qui combine formation spécialisée, accompagnement et mentorat. En 2024, le Bureau du développement de la main-d’œuvre du Maire de New York a lancé un nouveau partenariat sectoriel dédié aux industries manufacturières durables et à la construction, dans le but de réaligner les initiatives existantes avec les exigences de la transition écologique. Ce rapport trace une trajectoire de croissance à la fois inclusive et durable dans les secteurs émergents. Il identifie notamment les métiers appelés à connaître une forte croissance d’ici 2040. Le nouveau partenariat sectoriel s’appuiera sur ces données pour structurer ses coopérations avec les entreprises industrielles, les syndicats de salariés et les prestataires du bâtiment et les acteurs associatifs.
Le Employer Boards à Manchester (Royaume Uni)
La Greater Manchester Combined Authority (GMGCA), en partenariat avec la Chambre de commerce du Grand Manchester, a mis en place un Employer Integration Board (EIB), rassemblant des dirigeants d’entreprises issus de sept secteurs stratégiques : créativité, culture et sport ; numérique et technologies ; construction et économie verte ; finance et services professionnels ; santé et services sociaux ; industrie manufacturière et ingénierie ; éducation et petite enfance. L’initiative Employer Boards vise à renforcer l’adéquation entre l’offre de formation et les besoins du marché du travail local en mobilisant les entreprises pour partager leurs connaissances sectorielles et améliorer le système local de formation. Ses membres apportent leur expertise, notamment en facilitant les connexions avec les acteurs des réseaux professionnels. L’EIB s’inscrit dans une approche plus large visant à structurer le plan local d’amélioration des compétences du Grand Manchester, en plaçant les entreprises comme acteurs clés dans la formation de la main d’œuvre.
Sources : (New York City Office of Talent and Workforce Development, n.d.[53]), Industry Partnerships, https://www.nyc.gov/site/wkdev/industry-partnerships/industry-partnerships.page (Greater Manchester Combined Authority, 2023[54]) (Greater Manchester Combined Authority, n.d.[55]), Embedding Employer Voice, https://greatermanchester-ca.gov.uk/what-we-do/work-and-skills/technical-education-city-region/employer-boards.
Références
[25] Académie de Paris (n.d.), Délégation Régionale Académique à la Formation Professionnelle Initiale et Continue (DRAFPIC), https://www.ac-paris.fr/delegation-regionale-academique-a-la-formation-professionnelle-initiale-et-continue-drafpic-121462#:~:text=La%20d%C3%A9l%C3%A9gation%20r%C3%A9gionale%20acad%C3%A9mique%20%C3%A0%20la%20formation%20professionnelle,vie%20en%20liaison%.
[23] AFPA (2021), L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), https://travail-emploi.gouv.fr/lagence-nationale-pour-la-formation-professionnelle-des-adultes-afpa#anchor-navigation-296.
[32] AFPA (2021), L’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), https://travail-emploi.gouv.fr/lagence-nationale-pour-la-formation-professionnelle-des-adultes-afpa.
[31] AFPA (n.d.), Trouvez un établissement, https://www.afpa.fr/recherche-centre.
[50] Barcelona (2019), Medida de gobierno “Barcelona, ciudad de talento”, https://www.barcelonactiva.cat/documents/20124/49139/MG_BCN_TalentBalan%C3%A7_CAT.pdf/ad17fe6f-4a40-861a-e376-93f2062cb945?t=1665741522553.
[22] CCI (n.d.), Formation, https://www.cci.fr/ressources/formation.
[36] Chapelle, G. et al. (2017), Impact du Grand Paris Express sur le marché du travail et le marché du logement, [Rapport de recherche] Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques, https://www.sciencespo.fr/liepp/fr/recherche/projet/grand-paris-express-impact-sur-le-marche-du-travail-et-le-marche-du-logement/.
[49] ChooseParisRégion (2025), Nous connaître, https://www.chooseparisregion.org/fr.
[51] City of London (2022), Jobs and Skills Business Partnership, https://www.london.gov.uk/programmes-strategies/jobs-and-skills/governance-and-partners/jobs-and-skills-business-partnership.
[45] Code du Travail (2024), Décret n° 2024-560 du 18 juin 2024 relatif aux comités territoriaux pour l’emploi, https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049746070.
[12] Code du travail (2022), Titre II : Rôle des régions, de l’Etat et des institutions de la formation professionnelle (Articles L6121-1 à L6123-14), https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000006160817/.
[10] Code du travail (2021), Chapitre II : Insertion par l’activité économique (Articles R5132-1 à R5132-47), https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000018494516/.
[44] Code du Travial (2023), « Section 2 : Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Article L6123-3) », https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006072050/LEGISCTA000021340260/.
[52] Conseil emploi métropole (2021), Plan stratégique 2021-2024, https://www.emploi-metropole.org/plan-strategique/.
[13] Conseil régional d’Île-de-France (2023), Contrat de plan régional de développement de la formation et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP), https://data.iledefrance.fr/pages/publication-des-actes-fiche-detail/?q=%27CR2023-004%27.
[40] Cour des comptes (2024), La Société du Grand Paris, https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-societe-du-grand-paris-0.
[39] Cour des comptes (2017), La société du Grand Paris, https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2018-01/20170117-rapport-societe-grand-Paris_1.pdf.
[28] DARES (2024), Sous-traitance, CPF, Qualiopi : quels enjeux pour les organismes de formation depuis la réforme de 2018 ?, https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/sous-traitance-cpf-qualiopi-enjeux-organismes-ormation-depuis-reforme-2018.
[4] DREETS (2021), Les champs de compétences et de missions des DREETS, de la DRIEETS et des DEETS, https://dreets.gouv.fr/Les-champs-de-competences-et-de-missions-des-DREETS-de-la-DRIEETS-et-des-DEETS.
[19] DRIEETS (2022), Guide à l’usage des organismes de formation professionnelle franciliens: DRIEETS d’Ile-de-France, https://idf.drieets.gouv.fr/sites/idf.drieets.gouv.fr/IMG/pdf/guideof2022_v2.pdf.
[29] DRIEETS (2020), La formation professionnelle en Ile-de-France : tous les chiffres, https://idf.drieets.gouv.fr/La-formation-professionnelle-en-Ile-de-France-tous-les-chiffres.
[30] EDUCSOL (2023), L’essentiel sur le réseau des GRETA, https://eduscol.education.fr/1480/l-essentiel-sur-le-reseau-des-greta.
[11] EPEC (n.d.), Qui sommes-nous ?, https://www.epec.paris/qui-sommes-nous.
[16] France compétences (n.d.), Le rôle de France compétences, https://www.francecompetences.fr/comprendre-lecosysteme/le-role-de-france-competences/.
[43] France Travail (2024), Les évolutions de la loi pour le plein emploi qui entrent en vigueur en janvier 2025, https://www.francetravail.org/accueil/communiques/2024/les-evolutions-de-la-loi-pour-le-plein-emploi-qui-entrent-en-vigueur-en-janvier-2025.html?type=article.
[1] France Travail (2024), Nos missions, https://www.francetravail.org/francetravail/mission/nos-missions.html?type=article.
[20] France Travail (n.d.), L’Action de Formation Conventionnée par France Travail (AFC) facilite le retour rapide à l’emploi, https://www.francetravail.fr/candidat/en-formation/mes-aides-financieres/laction-de-formation-conventionn.html.
[15] France Travail (n.d.), Le Programme Régional de Formation (PRF), https://www.francetravail.fr/candidat/en-formation/mes-aides-financieres/le-programme-regional-de-formati.html.
[3] France Travail (n.d.), Le rôle du conseiller, https://www.francetravail.fr/candidat/pole-emploi-et-vous/le-role-du-conseiller.html.
[2] France Travail (n.d.), Quels services pour vous ?, https://messervices.francetravail.fr/catalogue-services.
[41] Grand Paris express (2021), Les métiers du Grand Pari Express, https://media-mediatheque.sgp.fr/pm_12814_159_159044-plhjbnbxav.pdf.
[54] Greater Manchester Combined Authority (2023), Business leaders across key sectors in Greater Manchester have been appointed to join a new board, https://greatermanchester-ca.gov.uk/news/new-employer-board-appointed-to-drive-forward-technical-education-ambitions/.
[55] Greater Manchester Combined Authority (n.d.), Embedding Employer Voice, https://greatermanchester-ca.gov.uk/what-we-do/work-and-skills/technical-education-city-region/employer-boards.
[38] MGP (2021), La Société du Grand Paris et la Métropole du Grand Paris signent une convention pour l’aménagement du territoire métropolitain, https://www.metropolegrandparis.fr/fr/actualites/la-societe-du-grand-paris-et-la-metropole-du-grand-paris-signent-une-convention-pour.
[35] MGP (n.d.), Opérations d’Intérêt Métropolitain (OIM) et ZAC, https://www.metropolegrandparis.fr/fr/operations-dinteret-metropolitain-oim-et-zac.
[24] Ministère de l’Éducation Nationale (n.d.), Les régions académiques, académies et services départementaux de l’Éducation nationale, https://www.education.gouv.fr/les-regions-academiques-academies-et-services-departementaux-de-l-education-nationale-6557.
[21] Ministère du Travail (2023), Les opérateurs de compétences (OPCO), https://travail-emploi.gouv.fr/les-operateurs-de-competences-opco#anchor-navigation-205.
[17] Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles (2019), France compétences, https://travail-emploi.gouv.fr/france-competences.
[56] Mon Parcours Handicap - Gouvernement (n.d.), SIAE : Structure d’insertion pour l’activité économique, https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/glossaire/siae.
[53] New York City Office of Talent and Workforce Development (n.d.), Industry Partnerships, http://services d'utilité publique,.
[42] NSW Government, Sydney Metro (2021), Workforce development and industry participation, https://www.sydneymetro.info/workforce-development-and-industry-participation.
[26] OCDE (2023), Promouvoir les talents à Bruxelles, Belgique, Revues de l’OCDE sur la création locale d’emplois, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c1f728f8-fr.
[7] OCDE (2022), Recommendation of the Council on the Social and Solidarity Economy and Social Innovation, OECD/LEGAL/0472, https://legalinstruments.oecd.org/en/instruments/OECD-LEGAL-0472%20.
[46] OCDE (2021), “Local entrepreneurship ecosystems and emerging industries: Case study of Cambridgeshire and Peterborough, United Kingdom”, OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, No. 2021/01, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/044ffc1d-en.
[18] ONISEP (2024), Les titres enregistrés au RNCP, https://www.onisep.fr/orientation/l-enseignement-superieur/quelle-reconnaissance-pour-les-diplomes-du-superieur/les-titres-enregistres-au-rncp.
[34] Préfecture de Paris (2022), Le Grand Paris du logement, https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/Portrait-de-la-region/Institutions-regionales/Le-Grand-Paris/Le-Grand-Paris-du-logement/Le-Grand-Paris-du-logement.
[37] Préfecture d’Île-de-France (2022), Le Grand Paris de l’emploi et de l’attractivité économique, https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Region-et-institutions/Portrait-de-la-region/Institutions-regionales/Le-Grand-Paris/Le-Grand-Paris-de-l-emploi-et-de-l-attractivite-economique/Le-Grand-Paris-de-l-emploi-et-de-l-attractivite-economique.
[14] Région Île de France (n.d.), L’action régionale pour la formation professionnelle, https://www.iledefrance.fr/decouvrir-le-fonctionnement-de-la-region/la-region-en-action/laction-regionale-pour-la-formation-professionnelle.
[33] Vie publique (2024), Grand Paris : un projet de développement pour une métropole de rang mondial, https://www.vie-publique.fr/eclairage/19461-grand-paris-projet-de-developpement-dune-metropole-de-rang-mondial.
[6] Vie publique (2024), Paris, collectivité territoriale spécifique, https://www.vie-publique.fr/fiches/20152-paris-collectivite-territoriale-specifique#:~:text=1%20La%20collectivit%C3%A9%20Ville%20de%20Paris&text=Depuis%20le%201er%20janvier%202019%2C%20une%20collectivit%C3%A9%20unique%20%C3%A0,et%20du%20d%C3%A9partement%2.
[47] Ville de Paris (2024), L’engagement de la Ville de Paris pour l’emploi, https://www.paris.fr/pages/le-soutien-de-la-ville-a-l-emploi-6417#les-pactes-pour-l-emploi-parisien-et-les-entreprises-pepe.
[8] Ville de Paris (2023), Paris renouvelle sa stratégie d’insertion par l’emploi pour 2021-2025, https://www.paris.fr/pages/paris-refonde-sa-strategie-d-insertion-par-l-emploi-4548.
[9] Ville de Paris (2021), Plan Parisien de l’Insertion par l’Emploi 2021-2025, https://cdn.paris.fr/paris/2022/05/23/d66fe00e2d231db0c5e795bc6374dad4.pdf.
[5] Ville de Paris (2019), La loi sur le statut de Paris promulguée, https://www.paris.fr/pages/comprendre-le-projet-de-modernisation-du-statut-de-la-ville-de-paris-3224.
[27] Ville de Paris (n.d.), Formations, https://www.paris.fr/formations.
[48] Ville de Paris/ACCOR (2024), Pacte pour l’emploi parisien et les entreprises.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ministère du Travail, de la Santé des Solidarités et des Familles.
← 2. Les dispositifs mis en place par la Ville s’adressent principalement aux personnes résidant à Paris, bien que certains programmes soient également ouverts aux non-Parisiens.
← 3. Les quatre types de structures sont les suivantes : ateliers et chantiers d’insertion (ACI), les associations intermédiaires (AI), les entreprises d’insertion (EI), et les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI) (Mon Parcours Handicap - Gouvernement, n.d.[56]).
← 4. Les conventions permettent aux demandeurs d’emploi de continuer à recevoir leurs prestations sociales pendant la durée de la formation, et de bénéficier d’aides supplémentaires pour la mobilité ou d’autres besoins.
← 5. Par exemple, la Charte sociale et la Charte de la SOLIDEO (Société de Livraison des Ouvrages Olympiques) pour l’emploi et le développement territorial a offert un modèle de coordination entre différentes parties prenantes pour répondre aux besoins du marché de l’emploi. S’appuyant sur des objectifs quantifiables, ces documents ont permis de favoriser l’insertion professionnelle et d’ouvrir aux TPE-PME et structures de l’économie sociale et solidaire les marchés publics liés aux Jeux. Parallèlement, les efforts conjoints du Comité d’Organisation des Jeux, de la Ville de Paris, de France Travail, de la SOLIDEO et des acteurs régionaux ont permis de fluidifier les processus de formation et de recrutement en lien avec les besoins des Jeux, a l’image de la plateforme EMPLOIS 2024.
← 6. La Région et le CREFOP rédigent le Contrat de plan régional de développement de la formation et de l’orientation professionnelles (CPRDFOP), qui régit la politique publique de la formation professionnelle de la région francilienne (Conseil régional d’Île-de-France, 2023[13]).
← 7. Le CREFOP est également composé des chambres consulaires et des opérateurs de l’emploi, de l’orientation et de la formation professionnelle.
← 8. (1) Les comités régionaux pour l’emploi (CRPE), présidés par le préfet et le président du Conseil régional, sont chargés de définir les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle ; (2) Les comités départementaux pour l’emploi (CDPE), présidés par le préfet et le président du Conseil départemental, sont compétents pour les politiques d’insertion des publics les plus éloignés du marché du travail ; (3) Les comités locaux pour l’emploi (CLPE), présidés par le préfet et les représentants des collectivités concernées, fixent des stratégies locales pour l’emploi et sont chargés d’organiser des partenariats pour des projets territoriaux.
← 9. Les informations présentées dans cette section se basent sur les éléments recueillis lors d’un entretien entre les équipes de l’OCDE et la Direction de l’attractivité et de l’emploi (DAE) de la Ville de Paris le 17 décembre 2024.