Paris et sa zone métropolitaine ainsi que sa région se caractérisent par un marché du travail dynamique et qualifié, marqué par une baisse notable du chômage ces dernières années. Néanmoins, des enjeux tels que l’inadéquation des compétences aux besoins des employeurs et l’inclusion de certains groupes éloignés de l’emploi persistent. L’action publique de la Ville répond à ces défis en soutenant une plus grande équité sur le marché du travail. L’action publique de la Ville répond à ces défis en soutenant une plus grande équité sur le marché du travail. Ce premier chapitre propose des recommandations à l’attention de la Ville de Paris et des acteurs de l’emploi et de la formation professionnelle en Île-de-France, structurées en trois axes prioritaires : cibler en priorité les publics éloignés de l’emploi et soutenir les reconversions professionnelles ; réformer la gouvernance des politiques de l’emploi et de formation professionnelle et prendre en compte le marché du travail métropolitain dans les politiques publiques ; et renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marché.
1. Avis et recommandations
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L’influence économique de Paris dépasse largement ses frontières administratives
Copier le lien de L’influence économique de Paris dépasse largement ses frontières administrativesParis n'est pas seulement la capitale et la plus grande ville de France, c'est aussi une ville mondiale. La Ville de Paris accueille plus de 2,1 millions d'habitants, contribue à 10 % du PIB national et attire de nombreux investissements, touristes et talents. La Ville attire chaque jour plus d’un million de personnes résidant hors de Paris, et 300 000 de Parisiens se déplacent quotidiennement en dehors des limites de la Ville. Paris s’intègre donc au sein d'une zone économique plus large et fortement interconnectée : la zone métropolitaine de Paris. En termes de population, la zone métropolitaine de Paris s'aligne étroitement sur la région Île-de-France, qui représente 93 % de sa population.
Graphique 1.1. La Ville de Paris : moteur économique de la région et de la zone métropolitaine
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Source : OCDE.
La zone métropolitaine de Paris est la plus grande d'Europe et l'une des dix plus grandes de l'OCDE. Avec 13 millions d'habitants, elle abrite un cinquième de la population (19%) et un tiers du PIB (31 %), ce qui en fait non seulement la plus grande économie métropolitaine d'Europe, mais aussi la cinquième de l'OCDE, derrière New York, Tokyo, Séoul et Los Angeles. Paris concentre plus d'activités économiques nationales que la plupart des autres grandes zones métropolitaines de l'OCDE, comme Londres (28%), Madrid (20%), Milan (14%) ou Berlin (6%).
En tant que pôle d'innovation mondial, Paris et sa zone métropolitaine sont des territoires moteurs de la productivité. La productivité du travail figure parmi les 10 plus élevées de toutes les zones métropolitaines de l'OCDE et 31 % au-dessus de la moyenne nationale. Cette performance s’explique par une forte spécialisation du territoire dans les secteurs à haute valeur ajoutée et une main-d'œuvre très qualifiée, qui sont le reflet d’une certaine attractivité vis-à-vis des investissements et des entreprises, d’un écosystème d'innovation et d'entrepreneuriat dynamique, et de la présence des universités de rayonnement international, et plus généralement de sa capacité à tirer profit des économies d'agglomération,
Dans ce contexte de forte intégration du marché du travail, une analyse régionale et métropolitaine de la dynamique de l'emploi permet de mieux cerner l'ampleur du marché du travail parisien et les opportunités qu'il offre. La prise en compte de la géographie fonctionnelle du marché du travail dans développement de politiques de l’emploi permet de mieux appréhender l’intégralité du potentiel offert par un territoire. Cela implique de considérer les lieux de résidence des actifs par rapport aux bassins d’emploi et aux zones de création de nouveaux postes dans la décision politique en matière d’emploi. L’offre de transport et de logement à Paris ainsi en Île-de-France est donc essentielle au bon fonctionnement du marché du travail parisien.
Paris et l’Île-de-France : des territoires moteurs de l’économie française
Copier le lien de Paris et l’Île-de-France : des territoires moteurs de l’économie françaiseL’attractivité économique du territoire repose sur un marché du travail francilien qualifié, avec un taux d’emploi croissant et des secteurs à haute valeur ajoutée. Le taux d’emploi en Île-de-France, en hausse depuis plusieurs années, a atteint près de 70 % en 2023, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne nationale française (68,5%) ainsi qu’à celle de l’OCDE. Bien que ce taux d'emploi se situe en dessous de 5 à 7 points de pourcentage par rapport aux régions métropolitaines d'Europe du Nord (par exemple Copenhague, Stockholm ou Oslo), l’Île-de-France (+ 2.4 points de pourcentage) a connu une augmentation du taux d’emploi plus importante que de nombreuses autres régions de l’OCDE et la moyenne de l’OCDE (1,7 points) entre 2018 et 2023.
Paris et la Région Île-de-France disposent d’une population active fortement qualifiée. Plus de la moitié de la population active (15-64 ans) en Île-de-France bénéficie d’une éducation supérieure (un diplôme ou plus après l’examen du Baccalauréat) contre 45% et 40% respectivement dans les régions dans lesquelles se situent Madrid et Berlin. Dans Paris intra-muros, les actifs occupés sont particulièrement qualifiés : 52 % d’entre eux disposent d’un diplôme de niveau Bac+5 ou plus. Près de 60% demandeurs d’emploi à Paris justifient d’un niveau Bac+2 ou plus (32% en moyenne en France) et 29% sont cadres. Ces chiffres sont à l’image du bassin d’emploi parisien comme premier pôle économique du pays.
Le niveau de qualification élevé de la main-d’œuvre va de pair avec une concentration importante de secteurs à haute valeur ajoutée. La Région regroupe près de la moitié des emplois français dans les services de l'information et de la communication et près de 40% des emploi dans les activités financières et d'assurance. Ces deux secteurs, ainsi que les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de services administratifs et de soutien sont porteurs de l’économie francilienne. Les secteurs de l’industrie manufacturière et de la construction ne représentent que 5% chacun de l’emploi francilien. Cependant des différences existent au sein de la région. Par exemple, en 2023, l’industrie manufacturière représentait plus de 8 % des nouvelles offres d’emploi publiées en ligne en Île-de-France (hors Paris) contre un peu plus de 6 % à Paris.
Le marché du travail francilien est dynamique et qualifié, mais des défis persistent
Copier le lien de Le marché du travail francilien est dynamique et qualifié, mais des défis persistentCertains publics demeurent plus éloignés de l’emploi …
Malgré un niveau de qualification élevé et un taux de chômage en baisse à Paris, le taux de chômage en Île-de-France demeure important. Dans les limites administratives de la Ville de Paris, le taux de chômage a reculé de près de 3 points de pourcentage ces entre 2014 et 2024 pour atteindre 5,7% en 2024, un taux bien inférieur à celui des départements limitrophes tels que la Seine-Saint-Denis (10,2%), le Val-de-Marne (7,2 %) ou encore les Hauts-de-Seine (6,1 %). À l’inverse, le taux de chômage en Île-de-France (7,0%) dépasse la moyenne nationale (7,1%) et celui des régions dans lesquelles se situent Londres ou Milan par exemple. Cependant, le taux de chômage dans Paris intramuros se caractérise par une durée prolongée : 48% des demandeurs d’emploi parisiens sont au chômage depuis au moins douze mois (2024), un taux qui est 6 points de pourcentage au-dessus de la moyenne française (42%, 2024).
L’accès au marché du travail francilien est plus difficile pour les jeunes, les personnes peu qualifiées et les migrants non-européens. En 2023, 16 % des jeunes et 11% des personnes avec un niveau d’éducation inférieur au deuxième cycle de l’enseignement secondaire étaient au chômage en Île-de-France (14,5 % et 12 % respectivement au niveau européen). Pour les personnes moins qualifiées et les migrants, les barrières linguistiques, le manque de compétences numériques fondamentales ou des parcours professionnels atypiques peuvent limiter leur accès à l’emploi. En 2023, 11 % des résidents nés en dehors de l’UE étaient au chômage en l’Île-de-France, et seulement 7,4 % et 6,4 % dans les régions dans lesquelles se situent Berlin et de Milan respectivement.
Comme dans d’autres villes de l’OCDE, le coût de la vie élevé et les difficultés pour se loger risquent aussi de creuser les inégalités et de compromettre la performance du marché du travail. À Paris, l’accès au logement abordable est un défi majeur : au premier trimestre de 2025, le prix moyen du mètre carré est EUR 9 530 (Chambre des notaires de Paris, 2025[1]). Dans la zone métropolitaine, le prix moyen du mètre carré est plus faible (EUR 6 120), mais demeure nettement plus élevé que dans des autres zones métropolitaines dans l’UE et l’OCDE, ce qui limite fortement l’attractivité de la région (OCDE, 2025[2]). Par exemple, le prix moyen au mètre carré est 34 % plus élevé qu'à Berlin et Stockholm et 56 % plus élevé qu'à Madrid. Cette hausse du coût du logement est un frein à la mobilité résidentielle et professionnelle, en particulier pour les ménages les plus modestes, mais aussi pour les classes moyennes qui peinent à se loger à proximité des zones d’emploi. De plus, si l’offre de logements sociaux a progressé ces 20 dernières années, atteignant 23,1 % des résidences principales en 2024, elle reste insuffisante face à la demande croissante ; le nombre de ménages demandeurs de logements sociaux a plus que doublé ces 10 dernières années. Ce déséquilibre entre l’offre et la demande de logements entrave l’efficacité du marché du travail, soulignant l’importance d’une offre suffisante de logements abordables et sociaux à proximité des pôles d’emploi, ainsi que d’un réseau de transports en commun reliant zones d’habitat et pôles d’activité, notamment pour les ménages contraints de s’éloigner des zones d’emploi faute de pouvoir s’y loger.
... et le déséquilibre entre offre et demande entrave l’efficacité du marché du travail
L’adéquation entre offre et demande d’emploi est un véritable enjeu, malgré un nombre d’offres d’emploi important. La demande d’emploi est très forte à Paris et en Île-de-France : au deuxième trimestre de 2024, cinq candidats à Paris et plus de six en Île-de-France répondent en moyenne pour chaque offre publiée par France Travail1. La concurrence est particulièrement accrue pour les demandeurs d’emploi qualifiés (Bac +2 et supérieur) à Paris (voir Graphique 1.2), et dans les métiers moins qualifiés dans le reste de l’Île-de-France (niveau inférieur au Bac). En 2023, la France a connu néanmoins un nombre historiquement élevé de postes non pourvus (OCDE, 2024[3]), reflet d’un déséquilibre entre profil des candidats et besoins des employeurs, générant à la fois des difficultés de recrutement et un chômage prolongé. Cela peut refléter le problème général selon lequel de nombreux travailleurs en France souffrent d'un manque de compétences essentielles pour leur activité professionnelle : 32 % d’entre eux estiment avoir besoin de renforcer leurs compétences informatiques ou logicielles, et 23 % identifient des besoins en gestion de projet et en compétences organisationnelles (OCDE, 2024[4]).
Graphique 1.2. Il y a plus de demandeurs d’emploi parisiens qualifiés que d’offres d’emploi qualifiés dans la Ville de Paris
Copier le lien de Graphique 1.2. Il y a plus de demandeurs d’emploi parisiens qualifiés que d’offres d’emploi qualifiés dans la Ville de ParisCaractéristiques des demandeurs d’emploi et des offres d’emploi publiés par France Travail, Ville de Paris, T2 2024
Source : France Travail (Enquête sur les besoins de main d’œuvre)
Ces difficultés de recrutement touchent particulièrement les métiers du numérique et verts, qui sont pourtant des leviers pour la croissance. L’Île-de-France est l’une des régions de l’OCDE avec la plus forte demande en compétences numériques, requises à un niveau fondamental ou avancé pour respectivement 47% et 32% des offres d’emploi. En Île-de-France,18% des intentions d’embauche concernent des métiers verts, mais deux tiers de ces postes restent difficiles à pourvoir. Une attention portée au développement de compétences spécifiques contribuerait à atténuer les tensions sur le marché du travail tout en favorisant l’innovation et la productivité.
Cibler en priorité les publics éloignés de l’emploi et soutenir les reconversions professionnelles vers les emplois verts et numériques
Copier le lien de Cibler en priorité les publics éloignés de l’emploi et soutenir les reconversions professionnelles vers les emplois verts et numériquesLes dispositifs de la Ville de Paris visent les publics éloignés de l’emploi pour répondre aux défis d’inclusion sur le marché du travail
Pleinement engagée dans l’accompagnement vers l’emploi et la formation professionnelle, la Ville de Paris se positionne comme un acteur majeur des politiques de l’emploi en Île-de-France. Cette démarche proactive dépasse le cadre d’action habituel des communes et départements français. Elle repose sur le développement de dispositifs co-construits avec des acteurs de terrain (ex. France Travail, le Service Public de l’Emploi – SPE – notamment) et offrant des solutions adaptées à ses différents publics cibles. L’innovation sociale est au cœur de nombreux dispositifs, qui mobilisent en priorité des outils pilotés par des partenaires associatifs ou territoriaux, sélectionnés via des jurys organisés par la Ville.
En 2025, l’intégralité des dimensions de politiques actives de l’emploi (Tableau 1.2) était couverte par les programmes de la Ville de Paris. En vertu de la loi du 28 février 2017, la Ville de Paris, collectivité à statut unique, exerce les compétences communales et départementales, notamment en matière d’insertion socioprofessionnelle. Ce statut lui permet de développer ses politiques d’emploi et de formation, de manière complémentaire aux actions de l’État en matière d’accompagnement à l’emploi et à celles de la Région Île-de-France en ce qui concerne la formation professionnelle. De manière cohérente avec les enjeux du marché du travail à Paris et en Île-de-France, ces programmes s’adressent aux personnes les plus éloignées de l’emploi : les jeunes, les allocataires du Revenu de Solidarité Active (RSA), les personnes maîtrisant peu le français, les travailleurs âgés ou encore les résidents de quartiers populaires.
Tableau 1.1. Les dispositifs d’accompagnement à l’emploi et de formation professionnelle de la Ville de Paris couvrent l’ensemble des catégories de politiques de l’emploi
Copier le lien de Tableau 1.1. Les dispositifs d’accompagnement à l’emploi et de formation professionnelle de la Ville de Paris couvrent l’ensemble des catégories de politiques de l’emploi|
Catégorie de politique active de l’emploi |
Exemples de dispositifs de la Ville de Paris |
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Information, orientation ou accompagnement |
Points Paris Emploi (PPE), Dynamiques Emplois 2025 |
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Formation |
ParisCode, Parcours Linguistiques à Visée Professionnelle (PLVP), Paris Fabrik, Paris Hospitalités, Paris Emplois à Domicile |
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Aides à l’emploi |
L’insertion par l’activité économique (IAE) |
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Emploi protégé, emploi aidé, réhabilitation |
Dispositif Premières Heures : de la rue à l'emploi |
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Création directe d’emploi |
Territoires Zéro Chômeurs de Longue Durée (TZCLD) |
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Aides à la création d’entreprise |
Maison des Canaux, et soutien à différentes structures (ex. Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Pousses.Paris) |
Note : Ces programmes s’adressent principalement aux résidents de la Ville de Paris, mais les personnes résidant en-dehors de la Ville peuvent également bénéficier d’une grande partie de l’offre.
Source : Auteur sur la base de la classification des programmes du marché du travail par (Eurostat, 2019[5]), statistiques du marché du travail : rapport qualitatif. https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1143&langId=en.
Des dispositifs pour informer, orienter, accompagner les Parisiens et les Parisiennes dans la recherche d’un emploi ont été mis en place. Les Points Paris Emploi (PPE) sont des centres de ressources qui permettent à toute personne d’accéder, sans rendez-vous ni inscription, à une information qualifiée et une orientation vers un dispositif ou une structure adaptée. Ces centres organisent également des ateliers et sessions d’information adaptés à des métiers ou publics spécifiques. En 2023, onze PPE ont accompagné près de 24 000 personnes à Paris. Dans une approche complémentaire, l’initiative Dynamiques Emploi 2025 soutient treize structures parisiennes dans la mise en place de 1 000 parcours d’accompagnement. A l’approche des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 (JOP), des initiatives innovantes comme Du stade vers l’emploi et Toutes Championnes ! Tous Champions ! ont été déployées par la Ville et ses partenaires pour orienter les demandeurs d’emploi vers des postes liés à l’organisation des Jeux.
Les programmes de formation de la Ville de Paris présentent de bons résultats en matière d’insertion, et notamment dans des secteurs stratégiques. Chaque année, le programme ParisCode forme en moyenne près de 900 résidents parisiens aux métiers du numérique. Soixante-treize pourcent (73%) d’entre eux justifient ensuite d’une sortie de formation positive : vers un emploi, une création d’activité ou une nouvelle formation. De la même manière, le taux de sortie du dispositif ParisFabrik, centré sur les métiers de la transition écologique (fabrication, économie circulaire, mobilités douces, rénovation énergétique, écoconstruction) est de 83%, et permet à une moyenne de plus de 150 personnes de se former annuellement.
La Ville s’engage activement en faveur de l’insertion des publics les plus éloignés de l’emploi, en mobilisant un ensemble d’outils tels que les aides à l’emploi, les programmes de réhabilitation et de création d’emploi et l’entrepreneuriat social. Parmi tous ces dispositifs, l’insertion par l’activité économique (IAE) a été reconnu comme l’un des plus efficace pour le retour à l’emploi. L’IAE est une modalité d’embauche qui repose sur une mise en activité progressive, un accompagnement socio-professionnel et des actions de formation. En 2023, près de deux tiers des 7 000 personnes accompagnées en 2023 qui achèvent leur parcours d’IAE à Paris sont soit en emploi soit en formation. Certains dispositifs IAE visent également des publics plus spécifiques. Par exemple, le Dispositif Premières Heures : de la rue à l’emploi soutient seize associations qui accompagnent des personnes sans-domicile2 dans la reprise d’une activité à temps partiel adaptée. Ces programmes impliquent souvent des structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) ou de l’insertion, et articulent ainsi insertion et développement durable en privilégiant des structures de l’économie circulaire (ex. recycleries, mobilités douces).
À ce titre, la Ville pourrait favoriser l’essor de nouvelles formes d’entrepreneuriat social collectif, en s’appuyant notamment sur les coopératives de travailleurs. En Île-de-France, les coopératives dans le secteur du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration représentent uniquement environ 50% de l’emploi de l’ESS, contre 64% en moyenne en France et plus de 75% en Bretagne. Face aux tensions observées dans ces secteurs, le modèle coopératif, sous ses diverses formes, offre une alternative prometteuse pour de nouveaux parcours d’insertion. Les Coopératives d'Activité et d'Emploi (CAE) sont par exemple une forme de coopérative pour les travailleurs indépendants qui offrent des avantages pour les publics vulnérables.3 Une CAE (Coopaname) est actuellement en place à Paris pour les travailleurs avec des profils plus qualifiés (par exemple : consultants). Cette forme d’entreprenariat pourrait se développer pour les métiers moins qualifiés fortement représentés à Paris, notamment les travailleurs de plateforme (OCDE, 2023[6] ; OCDE, 2023[7]). Les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif (SCIC), qui ont pour objet la production ou la fourniture de biens et de services d’intérêt collectif, en s’appuient notamment sur la mobilisation des collectivités territoriales dans des initiatives d’intérêt général (Confédération générale des SCOP et des SCIC, 2025[8]), sont un autre levier pour l’insertion,
De même, la Ville pourrait introduire un parcours de formation pour les personnes embauchées dans le cadre de l’expérimentation innovante Territoires Zéro Chômeurs de Longue Durée (TZCLD). Ce dispositif, élaboré par l’État et actuellement déployé dans quatre territoires au sein de la Ville de Paris, vise à garantir un emploi adapté aux personnes qui se portent volontaire, et apporte ainsi une réponse innovante au chômage de longue durée. Depuis 2017, TZCLD a permis à 315 personnes en situation de chômage de longue durée (3,3 ans en moyenne) à Paris d’accéder à un emploi, une formation ou de créer leur propre activité. Parmi eux, 20% ont trouvé un emploi et plus de 70% ont intégré une entreprise à but d’emploi (EBE), une entreprise subventionnée et habilitée pour TZCLD. Néanmoins, seulement 3% des personnes accompagnées sont entrées en formation, un outil pourtant essentiel pour faciliter leur insertion sur le marché de l’emploi, mais aussi pour renforcer les modèles économiques des entreprises. Différentes évaluations confirment que le renforcement de la formation des participants est une dimension de l’expérimentation à développer, notamment en vue de son éventuelle pérennisation à l’échelle nationale (2026).
Accompagner les reconversions professionnelles des demandeurs d’emploi, notamment vers les métiers du numérique
Les dispositifs de reconversion professionnelle pourraient s’étendre aux publics qualifiés, tout en ciblant en priorité ceux qui le sont moins, et pour qui l’accès à l’emploi est plus difficile. Le marché de l’emploi en Île-de-France, et en particulier à Paris, se caractérise par une forte proportion de demandeurs d’emploi avec un niveau d’éducation élevé ou très élevé (près de 60% à Paris). Une partie d’entre eux rencontrent néanmoins des difficultés à s’insérer sur le marché de l’emploi, avec des effets durables (par exemple sur la santé mentale) auxquels certains publics sont particulièrement exposés : les personnes en situation de chômage de longue durée et les jeunes diplômés par exemple. La reconversion professionnelle est un outil adapté pour orienter ces demandeurs d’emplois plus qualifiés vers des métiers qualifiés qui recrutent. Ce type de passerelle constitue une opportunité pour réduire la forte inadéquation de compétences qui caractérise le marché du travail parisien et francilien. Le programme Dynamique Emploi 2025, qui propose déjà des parcours d’accompagnement à la reconversion pour certains groupes cibles, représente à ce titre un levier pertinent pour renforcer l’accompagnement à la reconversion, notamment en s’ouvrant davantage aux profils qualifiés.
Une prise en charge renforcée des profils qualifiés offre aussi une opportunité pour s’adapter au développement technologique et aux transformations importantes que celui-ci entraine sur le marché du travail parisien. Avec l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA), la Ville de Paris et l’ensemble des acteurs du marché du travail francilien vont devoir faire face à de fortes évolutions dans la demande de main d’œuvre numérique, qui sera directement impactée par le développement rapide de cette technologie. La demande croissante de compétences digitales s’observe déjà actuellement : à Paris, en 2024 (T3), il y avait en moyenne neuf postes de développeur informatique pour chaque candidat, un métier accessible avec un niveau Bac+2 à Bac+5. Dans ce contexte, à la fois : un accompagnement renforcé des personnes avec un niveau de qualification élevé ; et l’importance accordée au parcours de reconversion vers le numérique ; sont des leviers pour permettre au marché du travail de s’adapter aux évolutions à venir.
Ainsi, le dispositif ParisCode, déjà porteur, gagnerait à être approfondi en s’appuyant sur le développement de partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur. ParisCode prévoit déjà des parcours de reconversion vers des métiers plus qualifiés, comme par exemple celui d’ingénieur logiciel ou de développeur IA, ainsi que des formations plus longues (6 à 12 mois). Le programme pourrait être approfondi avec la mise en place de passerelles vers des programmes Bac+ 4 ou Bac+ 5 en informatique. Cette démarche permettrait d’orienter certains profils d’apprenants (notamment les jeunes diplômés) vers des métiers du numériques plus qualifiés tout en préservant les parcours ParisCode existants, qui s’adressent à un public divers et dont les résultats sont déjà positifs. Des villes comme New York ou Barcelone peuvent, à ce titre, servir de sources d’inspiration. Le programme new-yorkais Tech Talent Pipeline4 s’appuie sur des partenariats avec des universités locales pour former aux métiers qualifiés et hautement qualifiés du numérique. De son côté, la IT Academy de Barcelone est entièrement dédiée aux métiers qualifiés du numérique (analyste de données, développeur).
Renforcer l’évaluation des programmes et la collecte régulière de données granulaires sur le marché du travail
La collecte régulière de données territorialisées sur les caractéristiques des personnes en emploi et la diversification des sources d’information sur les offres d’emploi permettrait une analyse plus fine de la réalité du marché du travail de Paris et sa région. France Travail, à travers son portail de données Panorama de l’Emploi, collecte et publie des indicateurs sur les caractéristiques des demandeurs d’emploi et sur les besoins des entreprises. Cependant les offres d’emploi collectées directement ou transmises à France Travail ne représentent qu’une partie des offres existantes. Dans les pays de l’OCDE, les offres d’emploi adressées aux services publics de l’emploi (SPE) sont généralement moins qualifiées que l’ensemble des postes réellement disponibles, car les employeurs recourent souvent à d’autres canaux (ex. LinkedIn) pour le recrutement de profils plus qualifiés. Par ailleurs, l’Atelier parisien d'urbanisme (Apur), et son Observatoire de l’économie parisienne, rédigent des notes trimestrielles qui analysent l’économie parisienne sur la base de plus de trente indicateurs et publient des études approfondies. Cependant, ces notes ne fournissent pas de données territorialisées exhaustives et régulières sur les caractéristiques de la population active et de l’économie locale.
La mise en place d’une démarche plus systématique d’évaluation des programmes portés par la Ville de Paris et ses partenaires permettrait de mieux orienter leur évolution. La Ville dispose actuellement de données sur les taux de placement à la sortie de chaque programme, un indicateur important mais limité pour évaluer les résultats. Pour aller plus loin dans l’analyse de la performance, des données pourraient être collectées auprès des participants, six à douze mois après la fin des parcours, sur la base du volontariat et en lien avec France Travail. Le suivi des résultats à moyen terme, bien que complexe, offre une meilleure compréhension des succès et des limites des dispositifs. Les démarches d’évaluation d’impact approfondies mises en œuvre par les villes de Boston (États-Unis) et d’Utrecht (Pays-Bas) offrent des exemples inspirants. Dans les deux cas, les municipalités ont collaboré avec des chercheurs pour la réalisation d’évaluations d’impact rigoureuses sur certains programmes d’accompagnement, et en s’appuyant aussi sur des groupes de contrôle. Ces travaux ont permis de tirer des enseignements utiles pour faire évoluer et améliorer les dispositifs concernés.
Recommandations pour cibler en priorité les publics éloignés de l’emploi et soutenir les reconversions professionnelles
Copier le lien de Recommandations pour cibler en priorité les publics éloignés de l’emploi et soutenir les reconversions professionnellesAccompagner les reconversions professionnelles pour les demandeurs d’emploi qualifiés, notamment vers les métiers du numérique
Continuer et amplifier les parcours de reconversion professionnelle au sein des dispositifs d’accompagnement : Le dispositif d’accompagnement Dynamiques Emploi 2025 pourrait être approfondi pour y intégrer aussi les personnes qualifiées mais exclues du marché de l’emploi, en plus des publics actuellement visés. Cette démarche permettrait d’orienter la demande d’emploi qualifiés vers des métiers qui recrutent, et notamment les métiers numériques.
Ouvrir des parcours de formation vers les métiers les plus qualifiés du numérique, notamment en s’appuyant sur des partenariats avec les universités et les organismes spécialisés : compte tenu des bons taux d’insertion de ParisCode, de nouvelles places pourrait être ouvertes pour accompagner davantage de reconversion professionnelle vers les métiers les plus qualifiés du numérique. Par exemple, des nouveaux parcours pourraient également être envisagés avec la mise en œuvre de passerelle avec des établissements d’enseignement supérieur. Barcelone, avec son IT Academy, et New York, à travers le programme Tech Talent Pipeline, offrent des exemples de stratégies de formation numérique sur lesquelles Paris pourrait utilement s’appuyer.
Poursuivre les politiques vis-à-vis des publics éloignés de l’emploi et peu qualifiés, notamment via l’insertion par l’activité économique et l’économie sociale et solidaire
Poursuivre les dispositifs d’insertion par l’activité économique (IAE) et développer un programme pour l’entreprenariat coopératif : la Ville pourrait poursuivre son soutien aux structures de l’IAE, qui affichent de bons résultats d’insertion. La Ville pourrait aussi étudier la possibilité d’ouvrir un parcours à destination des demandeurs d’emploi souhaitant créer ou rejoindre une Coopérative d'activités et d'emploi (CAE) ou une Société coopéerative d’intérêt collectif (SCIC). Le développement de coopératives de plateforme de livreurs ou de chauffeurs pourrait être encouragé par la Ville. En ce sens, le système d’incubation de coopératives mis en place à Barcelone est une source d’inspiration, dans la mesure où il propose des parcours spécifiquement dédiés à la création de coopératives, distincts des programmes plus généraux d’entrepreneuriat social.
Mettre en place un parcours de formation pour les personnes qui rejoignent des entreprises de TZCLD : les participants de TZCLD pourraient être encouragés à suivre une formation pré-qualifiante ou qualifiante de la Ville de Paris, dans le but d’acquérir des compétences métiers utiles pour une future recherche d’emploi ; ou liées à l’entreprise à but d’emploi qui s’apprête à les embaucher.
Renforcer l’évaluation des programmes et la collecte régulière de données granulaires sur le marché du travail
Améliorer la collecte des données territoriale afin de mieux informer l’action publique de la Ville : des données territorialisées sur le marché du travail local pourraient compléter les données conjoncturelles que publie l’Apur, en s’inspirant par exemple de la Ville de Rome qui partage chaque année un état de lieu du marché du travail de sa zone métropolitaine. En ce qui concerne les besoins en main d’œuvre, les offres d’emploi publiées par France pourraient être complétées par d’autres sources d’information pour bénéficier d’une vision plus globale des offres disponibles, et répondre de manière plus efficace aux enjeux d’inadéquation entre offre et demande.
Mettre en place un système de suivi ou d’évaluation d’impact pour la formation professionnelle à Paris de manière plus systématique. À la fin des parcours de formation, la collecte de données anonymisées auprès des apprenants qui le souhaitent (demandeurs d’emploi et actifs), et notamment sur le type d’emploi trouvé (ex. durée du contrat, secteur) pourrait être organisée par la Ville. L’évaluation d’impact d’un ou plusieurs de ses programmes pourrait également être envisagée par la Ville, en s’appuyant sur l’exemple des collaborations mises en œuvre par la Ville de Boston (USA) ou Utrecht (Pays Bas) avec le milieu universitaire pour la réalisation d’évaluations multi-annuelles avec des groupes de contrôle.
Réformer la gouvernance des politiques de l’emploi et prendre en compte le marché du travail régional dans les politiques publiques
Copier le lien de Réformer la gouvernance des politiques de l’emploi et prendre en compte le marché du travail régional dans les politiques publiquesLes nouveaux comités territoriaux pour l’emploi offrent une opportunité pour mener une politique de l’emploi et de formation plus concertée
Les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle à Paris et dans sa zone métropolitaine dépendent d’un maillage d’acteurs territoriaux complexe. L’État et ses opérateurs sont compétents en matière de politique de l’emploi : France Travail met en œuvre cette politique, avec l’appui de services déconcentrés de l’État tels que la Direction régionale interdépartementale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DRIETTS), ainsi que l’aide de partenaires comme la Mission locale, qui accompagne les jeunes (Tableau 1.1). La Région définit la stratégie de formation professionnelle et finance de nombreux organismes. Les opérateurs de compétences (OPCO), les chambres consulaires et les entreprises investissent aussi dans le développement des compétences et la formation continue. À cela s’ajoute l’action publique de la Ville qui a pleinement investi les domaines de l’accompagnement vers l’emploi et de la formation professionnelle depuis les années 2010. Au sein de l’architecture institutionnelle francilienne, la Métropole du Grand Paris (MGP) joue un rôle central dans l’aménagement urbain et territorial (ex. rénovation de bâti, infrastructures publiques, gestion de l’environnement), en cofinançant ces investissements avec les communes ou encore les établissements publics territoriaux (EPT).
Tableau 1.2. À Paris, une concertation peut avoir lieu à quatre niveaux pour mener une politique de l’emploi, de la formation et de développement économique concertée
Copier le lien de Tableau 1.2. À Paris, une concertation peut avoir lieu à quatre niveaux pour mener une politique de l’emploi, de la formation et de développement économique concertéeRépartition des compétences, politiques de l’emploi, de la formation professionnelle et du développement économique
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Échelle de l’action publique |
Etat (France Travail, DRIEETS) |
Région Île-de-France |
Métropole du Grand Paris |
Ville/Département de Paris |
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Politiques de l’emploi |
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Formation professionnelle |
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Insertion des publics vulnérables |
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Développement économique locale |
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Économie sociale et solidaire (ESS) |
Note : Direction régionale et interdépartementale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DRIEETS).
Source : Auteur.
L’offre de formation disponible au sein du territoire francilien – vaste mais complexe – nécessite une concertation étroite. Plus de neuf acteurs, situés à différents échelons territoriaux de l’action publique, structurent l’offre de formation continue à Paris, y compris celle destinée aux demandeurs d’emploi. À titre d’exemple, d’après les chiffres disponibles, en 2023 France Travail a financé 23 % des entrées en formation des demandeurs d’emploi, y compris les formations conventionnées de la Ville de Paris. Ainsi, l’offre de France Travail et de la Ville vient compléter celle d’autres acteurs, et notamment de la Région Île-de-France et du Compte Personnel de Formation (CPF), un dispositif national qui propose aux personnes ayant cotisé pendant leur période d’emploi de financer une formation. L’ensemble des acteurs de la formation continue au niveau national, infranational et sectoriel financent un écosystème dense et complexe d’organismes de formation privés, associatifs et publics ou parapublics : 25 000 organismes de formation sont enregistrés en région francilienne, et dont 10 000 à Paris.5 La complexité de ce système multiplie les choix pour les apprenants et réduit la lisibilité de l’offre de formation.
L’action de la Ville repose déjà sur des partenariats solides avec l’État, ses opérateurs, les employeurs et les acteurs territoriaux. Des programmes de la Ville comme les Points Paris Emploi ou encore les Pactes Parisiens pour l’Emploi (voir ci-dessous) sont le résultat de collaborations étroites avec un ensemble d’acteurs, notamment le service public de l’emploi, France Travail, et des acteurs de terrain comme la Mission locale de Paris. Par exemple, la Ville collabore étroitement avec France Travail pour proposer de nombreuses formations qualifiantes. Cette coopération permet de conventionner plusieurs programmes, rendant les formations municipales à la fois plus attractives et plus efficaces. En effet, grâce à ce conventionnement, les apprenants peuvent percevoir un revenu de substitution versé par le service public de l’emploi (SPE) durant leur période de formation.
Bien qu’une concertation systématique soit en place entre la Ville et l’État et ses opérateurs, la collaboration stratégique est moins ample entre Paris et la Région. La Ville associe les services de la Région compétents sur certaines filières du Programme Régional de Formation pour l'Emploi (PRFE) à ses jurys. La coopération avec la Région aborde toutefois de façon relativement plus limitée les questions d’ordre stratégiques, telles que l’approche à adopter vis-à-vis de différents secteurs, ou encore les évolutions en cours sur le marché du travail (par exemple : IA). Une action concertée avec la Région, articulée avec les opérateurs de l’État (France Travail, DRIEETS) et les partenaires sociaux (notamment les OPCO), permettrait aux différents acteurs publics de spécialiser leur offre de formation, tout en réduisant les éventuelles redondances dans l’offre de formation globale.
Les comités territoriaux pour l’emploi pourraient devenir des lieux de concertation privilégiés pour les politiques de l’emploi et de formation professionnelle La Loi pour le plein emploi (2023) a créé des comités territoriaux pour l’emploi à différents échelons de l’action publique, dont les comités régionaux pour l’emploi (CRPE), présidés par le préfet et la présidence du Conseil régional, chargés de définir les politiques de l’emploi et de la formation professionnelle ainsi que les comités départementaux pour l’emploi (CDPE), présidés par le préfet et la présidence du Conseil départemental (Ville de Paris pour le Département 75), compétents pour les politiques d’insertion des publics éloignés du marché du travail. Si les acteurs s’investissent pleinement dans ces comités en tant qu’espaces de concertation, ces structures peuvent clarifier le rôle de chacun et renforcer une capacité d’action commune.
La mise en service du Grand Paris Express offre des leviers majeurs pour améliorer l’adéquation sur le marché du travail parisien et francilien
Le développement du réseau de transport francilien Grand Paris Express renouvelle les possibilités d’adéquation entre offre et demande d’emploi à Paris. Piloté par la Société des Grands Projets (SGP), le Grand Paris Express prévoit la construction de 68 nouvelles gares et le développement de 200 km de nouvelles lignes de métro au sein de la Métropole du Grand Paris (MGP). L’un des principaux objectifs du Grand Paris Express est la réduction du temps de trajet entre les zones d’emploi franciliennes (ex. aéroports, Saclay, Campus Descartes, La Défense, Stade de France). Une étude montre que l’efficacité produite par la réduction des temps de trajets pourrait générer environ 168 000 emplois et une augmentation d’environ 3,1% de la population active (Chapelle et al., 2017[9]). L’un des principaux objectifs de ce projet est de connecter entre eux les différents pôles franciliens, mais ce projet d’envergure offre également des opportunités pour améliorer l’accès des Parisiennes et des Parisiens à des offres d’emploi en Île-de-France, notamment dans des zones jusqu’ici moins bien connectées au centre urbain (ex. Rungis, Orly, Saclay, Saint Denis).
En améliorant la connectivité territoriale, le Grand Paris Express facilite l’accès des demandeurs d’emploi parisiens à de nouveaux secteurs d’activité. En Région Île-de-France (hors Paris), les opportunités d’emploi pour les travailleurs qualifiés et moins qualifiés sont multiples, y compris dans des secteurs qui sont fortement implantés à Paris. En 2023, dans les télécommunications et de l’informatique, 64 000 offres d’emplois ont été publiées en ligne en Île-de-de-France (hors Paris), contre 60 000 à Paris. La Région (hors Paris) concentre aussi un nombre important d’opportunités dans des secteurs où la demande en main-d’œuvre est moins forte qu’à Paris, comme la santé et l’action sociale, l’enseignement ou encore la construction (Graphique 1.3). La parfois faible qualité de certains emplois dans ces secteurs de petite et grande couronne, notamment en matière de conditions de travail (Apur, 2025[10]), appelle également à approfondir la réflexion sur l’attractivité de ces postes, en concertation avec les employeurs.
Ce projet ouvre la possibilité pour l’ensemble des acteurs — Ville, Région, France Travail, collectivités — de mieux faire correspondre l’offre et la demande d’emploi. Compte tenu des perspectives de mobilités ouvertes par le Grand Paris Express, les programmes d’emploi et de formation (forums, « job datings », ateliers), y compris ceux de la Ville et de France Travail, pourraient davantage cibler les secteurs qui recrutent à l’échelle régionale. Les Points Paris Emploi en particulier peuvent jouer un rôle pour faciliter cette mise en adéquation entre offre et demande, en développant des partenariats avec les secteurs en tension dans la région francilienne. Par exemple, certains secteurs d’activité, comme la santé et l’action sociale, les transports et l’entreposage ou encore l’enseignement, qui sont plus fortement implantés dans la zone métropolitaine de Paris mais hors des limites administratives de la Ville, pourraient être davantage représentés dans la programmation des PPE.
Graphique 1.3. Le Grand Paris Express élargit l’accès à l’emploi dans nouveaux secteurs
Copier le lien de Graphique 1.3. Le Grand Paris Express élargit l’accès à l’emploi dans nouveaux secteursOffres d’emploi en ligne par secteur d’activité, Paris vs. Île-de-France (hors Paris), 2023
Remarque : Calcul sur 705 689 offres d’emplois (302 696 pour Paris, 402 993 pour l’Île-de-France hors Paris) publiées en ligne au cours de 2023.
Source : Calcul OCDE sur données Lightcast.
Paris et sa région peuvent tirer profit des nouveaux besoins en compétences générés par les investissements publics dans la transition écologique et la rénovation urbaine
Les collectivités territoriales franciliennes réalisent des investissements de grande envergure dans la transition écologique, le logement et les transports. Les projets de développement urbain et de construction de logements de grande envergure coordonnés par la Métropole du Grand Paris (MGP) génèrent une forte demande de main d’œuvre. En 2010, un des objectifs prévus par la Loi relative au Grand Paris est la construction de 70 000 logements par an sur une période de 25 ans. Il est estimé que les travaux liés à la construction du Grand Paris Express créeront environ 18 000 emplois dans le bâtiment et les travaux publics (Préfecture d'Île-de-France, 2017[11]). La Ville de Paris réalise et encourage divers investissements urbains liés à la transition écologique, notamment dans le cadre de son programme Éco-rénovons Paris+ pour la rénovation thermique de l’habitat privé. La Ville coordonne aussi des chantiers liés à l’aménagement de nouveaux transports ou à la végétalisation de l’espace public.
Ces nombreux investissements génèrent une demande de compétences, notamment « vertes », anticipable et géolocalisable. Les emplois verts, qui représentent près de 30% des emplois francilien, placent la région en tête des comparaisons internationales. Ces emplois sont majoritairement des postes hautement qualifiés (56% sont des emplois de niveau cadre supérieur ou profession intermédiaire), toutefois des opportunités existent également pour les profils moyennement qualifiés, notamment dans les filières de l’isolation thermique et de la rénovation. Face à cette offre d’emploi verts croissante, le développement de compétences vertes sera un vrai enjeu dans les années à venir, auquel des dispositifs de formation adapté pourrait répondre.
La stratégie vis-à-vis de l’emploi adoptée par la Ville en amont des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris (JOP) 2024 est un exemple à suivre pour tirer profit de la demande d’emploi. Pour les JOP 2024, la Ville et ses partenaires ont mis en place plusieurs initiatives innovantes pour tirer parti des opportunités d’emploi générées par l’événement. Les programmes Du stade vers l’emploi ou Paris Tous en Jeux ont mis en place de nombreux outils pour aider des personnes éloignées de l’emploi à retrouver un emploi dans le cadre de l’organisation des Jeux. Les acteurs de l’emploi peuvent également s’inspirer de l’exemple de Sydney, en Australie. Dans le cadre du développement du réseau de métro de Sydney, les autorités australiennes, à différents niveaux territoriaux, ont mis en place des actions conjointes visant à d’une part identifier les besoins en main-d’œuvre, d’autre part à former et à insérer des publics éloignés de l’emploi. Cet exemple peut servir comme source d’inspiration pour Paris et ses partenaires, au regard des importants investissements publics actuellement engagés dans les domaines de la mobilité, du logement et de la rénovation urbaine.
L’approche adoptée dans le cadre des JOP 2024, tout comme celle mise en œuvre à Sydney, pourrait être systématisée et pérennisée sur l’ensemble des projets urbains. La coopération entre l’ensemble d’acteurs impliqués dans les politiques d’investissements publics, et notamment la Métropole du Grand Paris, la Région, France Travail et la Ville, pourraient être renforcée afin d’anticiper les besoins, former et accompagner la main-d’œuvre vers les emplois liés aux projets urbains. Le programme de formation ParisFabrik de la Ville, axé sur les métiers de la transition écologique, constitue déjà un exemple intéressant en ce sens. En effet, ce dispositif participer à la formation aux métiers directement liés aux investissements publics en cours et à venir dans les domaines de la construction écologique, de la rénovation thermique, des nouvelles mobilités et de l’économie circulaire.
Recommandations pour mobiliser des nouveaux outils de coordination et prendre en compte le marché du travail régional dans les politiques publiques
Copier le lien de Recommandations pour mobiliser des nouveaux outils de coordination et prendre en compte le marché du travail régional dans les politiques publiquesRenforcer la concertation entre la Ville, la Région et l’État et ses opérateurs, grâce au Comité régional pour l’emploi
Définir des investissements coordonnés ou des feuilles de routes communes pour la formation professionnelle par secteur au sein du nouveau Comité régional pour l’emploi (CRPE) : Le comité régional pour l’emploi (CRPE), institué par la loi pour le plein emploi (2023) représente une opportunité pour systématiser la concertation entre les pouvoirs publics pertinents – État, France Travail, Ville, Région, partenaires sociaux – et engager un travail de simplification et de clarification de l’offre de formation disponible aux parisiens. Les membres du comité pourraient définir des investissements concertés ou des feuilles de routes communes pour la formation professionnelle par secteur économique (ex. BTP, hôtellerie-restauration).
Activer le levier des nouvelles mobilités du Grand Paris Express
Développer des partenariats sectoriels autour des nouvelles opportunités de mobilité liées au Grand Paris Express : La mise en service du nouveau réseau de transports (200 km, 68 nouvelles gares) offrira des leviers majeurs pour améliorer l’adéquation sur le marché du travail. Tous les acteurs — Ville, Région, France Travail, collectivités — pourront ainsi mieux faire correspondre l’offre et la demande. Les programmes d’emploi et de formation de tous les acteurs de l’emploi, tels que la programmation des Points Paris Emploi (PPE) de la Ville de Paris, pourraient cibler davantage les secteurs clés à l’échelle régionale et rendus désormais plus accessibles grâce aux nouvelles mobilités (ex. pôle Orly-Rungis, Saclay).
Saisir les opportunités liées aux nouveaux besoins en compétences générés par les investissements publics
Cartographier les besoins en main d’œuvre générés par les investissements publics dans la transition écologique, le logement et les transports : la Ville de Paris, France Travail et leurs partenaires pourraient collaborer avec les acteurs de l’investissement public (ex. MGP, SGP) afin de cartographier et géolocaliser les besoins en profils liés aux chantiers de rénovation urbaine, aux investissements énergétiques (ex. électrification) et environnementaux. La Ville pourrait s’inspirer des travaux réalisés pour les chantiers des Jeux JOP 2024 ainsi que de ceux déployés à Sydney (Australie).
Faire évoluer les formations en fonction de l’évolution de la demande de compétences vertes, générée par les investissements publics : en s’inspirant des réussites du programme ParisFabrik, qui forme les Parisiens aux métiers de la transition écologique, la Ville et ses partenaires pourraient faire évoluer le type de formation en fonction des besoins générés par les investissements publics dans les infrastructures vertes, le logement et les nouveaux transports.
Renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marché
Copier le lien de Renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marchéLes Pactes Parisiens pour l’Emploi ont instauré un cadre de concertation durable avec un réseau d’employeurs engagés
La Ville a signé vingt Pactes Parisiens pour l’Emploi avec de grands employeurs qui favorisent le recrutement des publics vulnérables. Les Pactes permettent à la Ville de Paris, l’entreprise signataire et les partenaires de la Ville (France Travail, Mission Locale, EPEC, École de la Deuxième Chance6 et Cap Emploi) de mener des actions conjointes telles que : le recrutement de candidats présélectionnés, l’organisation de forums pour l’emploi, des actions de recrutement innovantes ou encore des découvertes métiers et la coordination de visites de sites d’entreprises. Ils sont aujourd’hui un pilier important du dialogue entre la Ville de Paris et les employeurs et permettent d’engager ces entreprises sur le recrutement de publics cibles.
Les Pactes et l’action de l’association Ensemble Paris Emploi Compétences (EPEC) posent les bases d’une collaboration approfondie avec les entreprises pour répondre aux défis d’insertion professionnelle. Au-delà des initiatives de recrutement et d’adéquation, pleinement développées par les Pactes, un travail de sensibilisation auprès des entreprises pourrait lever certaines barrières à l’emploi rencontrées par les publics éloignés de l’emploi (ex. jeunes, migrants non-UE, travailleurs âgés, familles monoparentales). Par exemple, des engagements sur l’aménagement du temps travail pour les mères monoparentales pourrait être envisagés avec certains employeurs. Le travail mené par l’EPEC sur la commande publique et privée à travers les clauses sociales - qui intègre les enjeux d’insertion directement dans les pratiques de recrutement - pourrait être poursuivi et amplifié.
La collaboration étroite avec les employeurs permet de suivre les besoins en compétences et d’ajuster les formations
Les Pactes ont rendu possible de nombreuses collaborations pour renforcer l’emploi des publics éloignés. Le développement des compétences pourrait en constituer la prochaine étape. Malgré une offre de formation abondante, les Parisiens et les Parisiennes se forment moins que les résidents des capitales du nord de l’Europe. En Île-de-France, en 2023, le taux de participation à la formation continue parmi la population adulte, qui comprend les personnes en emploi,7 s’élevait à 16%, une proportion qui est en deçà des taux de formation de capitales d’Europe du Nord (Graphique 1.4). Dans les régions dans lesquelles se situent Oslo (Norvège) et Vienne (Autriche), le taux de participation s’élevé à plus de 22%, dans la région de Copenhague (Danemark) il atteint 35% et dans la région de Stockholm (Suède) il dépasse 40%.
Graphique 1.4. Les franciliens se forment moins que les résidents de régions d’aires métropolitaines de l’Europe du Nord
Copier le lien de Graphique 1.4. Les franciliens se forment moins que les résidents de régions d’aires métropolitaines de l’Europe du NordParticipation à la formation pendant les 4 dernières semaines (%), 2023, 25 - 64 ans, échelle régionale
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2.
Source : Eurostat pour les pays européens et Nomis pour le Royaume Uni.
La mise en place d’un groupe de travail8 qui réunit la Ville et les employeurs signataires des Pactes serait utile pour anticiper la demande d’emploi et ajuster les programmes de formation. Avec plus d’une vingtaine de Pactes signés, la Ville dispose d’une « masse critique » d’employeurs engagés pour construire une stratégie collective ou initier une coalition employeurs plus large. Ce groupe permettrait de faire remonter en temps réel les besoins en compétences et les postes vacants, et d’ajuster l’offre de formation en conséquence. Cette instance pourrait également venir en appui à la Ville pour valoriser les compétences des actifs parisiens auprès des entreprises.
La Ville de Paris pourrait s’inspirer de nombreuses villes de l’OCDE ayant mis en place des structures de concertation systématique avec les employeurs. Le Jobs and Skills Business Partnership, mis en place à Londres (Royaume-Uni) par exemple, permet aux représentants du Maire de consulter régulièrement un groupe d’employeurs engagés sur les questions d’emploi et de formation (City of London, 2022[12]). Contrairement à l’objectif des Pactes Parisiens pour l’Emploi, ce groupe vise à recueillir des informations actualisées directement auprès des entreprises sur leurs besoins de recrutement et les profils recherchés, afin d’orienter les programmes de formation continue. Le Conseil emploi métropole (CEP) de Montréal (Canada), qui rassemble aussi des acteurs de la formation et de l’insertion, constitue un autre exemple pertinent. Ce type de structure permettrait à Paris de collaborer plus systématiquement avec les employeurs pour adapter les cursus de formation et renforcer leur implication dans le recrutement.
Accroître la collaboration avec les PME, notamment dans les secteurs en tension
Les Pactes Parisiens pour l’Emploi ont été principalement conçus pour les grandes entreprises, qui disposent de services ressources humaines à forte capacité. La possibilité d’explorer des approches plus adaptées aux petites et moyennes entreprises (PME) et aux très petites entreprises (TPE) existe donc, en tenant compte de leurs spécificités (faible capacité en ressources humaines) et de leurs besoins (identification de candidats, fidélisation des talents). Les PME et les TPE représentent 40% de l’emploi salarié en Île-de-France, et sont fortement représentées dans des secteurs en tension à Paris et en Île-de-France (par exemple, la restauration). La Ville pourrait développer des Pactes avec les branches professionnelles dans lesquelles les PME sont fortement représentées, tel que la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA). L’implication de groupements de PME dans un modèle de Pactes ajusté à leurs caractéristiques permettrait d’organiser des activités adaptées, tels que des forums dédiés ou des séances de visite.
La Ville pourrait mobiliser les représentants des TPE/PME pour développer des actions conjointes, notamment dans le cadre du nouveau comité départemental pour l’emploi à Paris. Les nouveaux comités départementaux pour l’emploi (CDPE) mobilisent les employeurs, qui y sont représentés par des branches professionnelles et des corps interprofessionnels, et non en tant qu’employeurs individuels. Le comité départemental offre ainsi un espace adapté pour engager un dialogue avec les organisations représentatives des PME ou celles avec une forte proportion de PME parmi leurs membres, comme par exemple la CPME ou encore le Medef Paris. Une fois ce dialogue établi au sein du nouveau comité, la Ville pourrait envisager le développement d’un pacte avec une organisation représentative des PME, ou plus globalement, mettre en place des programmes conjoints, tels que des forums pour l’emploi, des visites de sites ou d’autres dispositifs de recrutement.
Recommandations pour mobiliser systématiquement les employeurs et renforcer le système de compétences
Copier le lien de Recommandations pour mobiliser systématiquement les employeurs et renforcer le système de compétencesRenforcer la coopération avec les employeurs pour encourager le recrutement de personnes éloignées de l’emploi, suivre les besoins en compétences et ajuster les formations
Renforcer la coopération avec les employeurs pour suivre les besoins en compétences et ajuster les formations : La Ville pourrait créer un groupe de travail "Compétences et emploi" réunissant les signataires des Pactes parisiens pour l’emploi9. Ce groupe permettrait de faire remonter en temps réel les besoins en compétences et les postes vacants, et d’ajuster l’offre de formation en conséquence. Des exemples de structures de dialogue à suivre incluent Londres (Jobs and Skills Business Partnership) et Montréal (Conseil Emploi Métropole). Des partenariats sectoriels pourraient être développés si un plus grand nombre d’entreprises venait à s’engager dans ce groupe.
Collaborer avec les employeurs pour répondre aux défis d’insertion des publics vulnérables, notamment en améliorant l’attractivité des postes : La Ville et France Travail pourraient promouvoir des pratiques innovantes de recrutement, comme l’embauche basée sur les compétences pour les personnes migrantes aux diplômes non reconnus ou les horaires aménagés pour les parents. L’association Paris Ensemble pour l’Emploi et les Compétences (EPEC) pourrait continuer et amplifier son appui aux employeurs qui mettent en œuvre des marchés publics ou privés afin d’élargir le travail sur les clauses sociales à un plus grand nombre d’employeurs, voire d’aborder les conditions de travail dans la sous-traitance dans des secteurs à risque (ex. transports et logistique).
Accroître la collaboration avec les PME, notamment dans les secteurs en tension :
Adapter les Pactes à des branches professionnelles dans lesquelles les PME et TPE sont fortement représentées : La Ville pourrait ajuster les Pactes parisiens pour l’emploi existants en adaptant le type d’engagement visé et en s’adressant aux branches professionnelles dans lesquelles les PME sont plus représentées. La Ville pourrait ainsi accompagner les PME dans la mise en œuvre de pratiques de recrutement adaptées aux publics éloignés de l’emploi (par exemple : travailleurs âgés, habitants des quartiers populaires) et dans la mobilisation plus systématique des dispositifs de formation à leur disposition (par exemple : CPF). L’expertise de la Ville de Paris en matière de formation numérique pourrait aussi permettre aux PME – tous secteur confondus – de mieux définir leurs besoins en compétences numériques. Le CDPE est un espace privilégié pour initier ce dialogue.
Références
[10] Apur (2025), Observatoire des conditions de travail à Paris, https://www.apur.org/sites/default/files/observatoire_conditions_travail_paris.pdf?token=dPS0LFIB.
[1] Chambre des notaires de Paris (2025), Carte des prix de l’immobilier du Grand Paris | Prix 1er trimestre 2025, https://paris.notaires.fr/fr/carte-des-prix.
[9] Chapelle, G. et al. (2017), Impact du Grand Paris Express sur le marché du travail et le marché du logement, [Rapport de recherche] Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques, https://www.sciencespo.fr/liepp/fr/recherche/projet/grand-paris-express-impact-sur-le-marche-du-travail-et-le-marche-du-logement/.
[12] City of London (2022), Jobs and Skills Business Partnership, https://www.london.gov.uk/programmes-strategies/jobs-and-skills/governance-and-partners/jobs-and-skills-business-partnership.
[8] Confédération générale des SCOP et des SCIC (2025), Présentation, https://www.les-scic.coop/presentation.
[13] DRIEETS (2020), La formation professionnelle en Ile-de-France : tous les chiffres, https://idf.drieets.gouv.fr/La-formation-professionnelle-en-Ile-de-France-tous-les-chiffres.
[5] Eurostat (2019), Labour market policy statistics Qualitative report, Belgium 2019, https://ec.europa.eu/social/main.jsp?catId=1143&langId=en&internal_pagesId=3227&moreDocuments=yes&tableName=INTERNAL_PAGES.
[2] OCDE (2025), OECD Local Data Portal, https://localdataportal.oecd.org/.
[3] OCDE (2024), Perspectives économiques de l’OCDE, Volume 2024 Numéro 2, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/0481cf21-fr.
[4] OCDE (2024), Survey of Adults Skills 2023: France, https://www.oecd.org/en/publications/survey-of-adults-skills-2023-country-notes_ab4f6b8c-en/france_09034ae3-en.html.
[7] OCDE (2023), “Empowering communities with platform cooperatives: A catalyst for local development”, OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, No. 2023/14, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/c2ddfc9f-en.
[6] OCDE (2023), “Platform cooperatives and employment: An alternative for platform work”, OECD Local Economic and Employment Development (LEED) Papers, No. 2023/16, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/3eab339f-en.
[11] Préfecture d’Île-de-France (2017), Grand Paris : le futur supermétro, catalyseur d’emplois et de croissance, https://www.prefectures-regions.gouv.fr/ile-de-france/Actualites/Grand-Paris-le-futur-supermetro-catalyseur-d-emplois-et-de-croissance.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ces chiffres se réfèrent aux rapport entre le nombre de demandeurs d’emploi enregistrés chez France Travail (catégories A , B, C) aux nombre d’offres disponibles auprès de France Travail à Paris et en Île-de-France (hors Paris) respectivement.
← 2. Ou qui ont connu une période à la rue.
← 3. Les CAE offrent une meilleure protection sociale, donnent accès à des ressources financières collectives, permettent de mutualiser les démarches administratives et accordent une voix égale à chaque travailleur au sein de la gouvernance d’entreprise.
← 4. Ce programme relève des Industry Partnerships newyorkais décrits ci-dessous.
← 5. Ces chiffres incluent également les sièges d’organismes de formation, dont l’activité peut s’exercer en dehors de l’Île-de-France. Source : (DRIEETS, 2020[13]), La formation professionnelle en Île-de-France : tous les chiffres, https://idf.drieets.gouv.fr/La-formation-professionnelle-en-Ile-de-France-tous-les-chiffres.
← 6. L’École de la Deuxième Chance (E2C) est un dispositif national, décliné dans différents territoires sous la forme de sites d’accompagnement et de formation, qui permet aux jeunes de 16 à 25 ans sans diplôme ou qualification de suivre une formation rémunérée.
← 7. Part de répondants de 25 à 64 ans qui ont suivi une activité d'éducation et de formation au cours des quatre dernières semaines
← 8. Le Comité départemental pour l’emploi (CDPE) prévu par la Loi pour le plein emploi (2023) et ses décrets d’application ne comprendra pas automatiquement les employeurs signataires des Pactes Parisiens pour l’Emploi, ce qui peut limiter l’implication d’un groupe d’employeurs activement impliqués dans le recrutement et le financement d’initiatives. C’est pour cette raison qu’un groupe de travail distincte est proposé.
← 9. L’objectif du groupe est distinct de celui du CRPE, car il se concentrerait sur des employeurs avec lesquels la Ville a développé des liens grâce aux Pactes, plutôt que sur les partenaires sociaux officiels, qui sont les représentants légalement mandatés au sein du CRPE.