Si la Ville de Paris compte un peu plus de 2,1 millions d’habitants, sa zone d’influence s’étend bien au-delà, avec une zone urbaine fonctionnelle (ZUF) de plus de 13 millions de personnes. Chaque jour, plusieurs millions de personnes se déplacent au sein de cette zone urbaine fonctionnelle (appelé zone métropolitaine) pour exercer leur activité professionnelle. Parmi elles, plus d’un million vont travailler à Paris, le cœur de ce marché du travail intégré qui s'étend au-delà des frontières administratives de la Ville. Paris est aussi un territoire moteur de l'économie française, grâce a sa contribution proche d'un tiers au PIB national. . Le bon fonctionnement du marché du travail parisien dépend fortement de l’offre de logement et de transport public de la Région Île-de-France dans son ensemble, qui jouent un rôle essentiel pour loger, transporter et soutenir les travailleurs et leurs familles.
Résumé
Copier le lien de RésuméL’empreinte économique de Paris dépasse largement ses frontières administratives…
Copier le lien de L’empreinte économique de Paris dépasse largement ses frontières administratives…… faisant de Paris et sa zone métropolitaine les moteurs de l’économie française
Copier le lien de … faisant de Paris et sa zone métropolitaine les moteurs de l’économie françaiseGrâce aux effets d’agglomération et à son attractivité, Paris et sa zone métropolitaine sont des pôles d’innovation et de talents. La productivité est entre parmi les plus élevées de toutes les zones métropolitaines de l'OCDE et 31 % supérieure à la moyenne nationale. La région Île-de-France, qui correspond étroitement à l'étendue du marché du travail parisien, emploie près de la moitié des actifs français dans les services de l’information et de la communication, et un tiers dans les activités scientifiques, techniques, administratives et de soutien. Ces secteurs sont alimentés par une main-d’œuvre qualifiée et dynamique. Dans Paris intra-muros, 52 % des actifs occupés sont titulaires d’un diplôme de niveau Bac+5 ou plus — soit 1,7 fois plus qu’en Île-de-France (30 %) et trois fois plus qu’au niveau national (17 %).
Mais le potentiel d’inclusion sur le marché du travail reste à renforcer...
Copier le lien de Mais le potentiel d’inclusion sur le marché du travail reste à renforcer...Malgré des performances économiques solides, certains publics restent en difficulté sur le marché de l’emploi. Ainsi, 16 % des jeunes de 15 à 24 ans et 11 % des migrants originaires de pays hors UE en Île-de-France sont au chômage, des taux proches de la moyenne européenne mais bien supérieurs au taux régional (7,0 %). Le manque d’informations sur le marché du travail, une maîtrise insuffisante du français et les discriminations à l’embauche sont des freins récurrents pour les migrants, qui représentent un quart de la population régionale. Par ailleurs, près d’un demandeur d’emploi sur cinq (17 %) est âgé de 55 ans ou plus.
Les chômeurs de longue durée et les inactifs représentent une ressource encore peu mobilisée. En Île-de-France, 43 % des demandeurs d’emploi sont inscrits depuis plus de 12 mois, un niveau proche de la moyenne nationale (42 %). Le taux d’inactivité (24 %) y est également comparable au reste du pays. Parmi les inactifs souhaitant travailler, les responsabilités familiales et l’absence perçue d’opportunités adaptées freinent la recherche d’emploi.
…. ainsi que la performance du marché du travail
Copier le lien de …. ainsi que la performance du marché du travailLes compétences vertes et numériques sont particulièrement recherchées. La Ville de Paris et la région sont bien positionnées pour accompagner la transition écologique : 30 % des emplois y intègrent des tâches « vertes », un taux supérieur à ceux de Londres (27 %) et Berlin (23 %), avec en outre une meilleure parité femmes-hommes. Par ailleurs, près de la moitié des offres d’emploi en Île-de-France exigent des compétences numériques de base, et un tiers nécessitent des compétences avancées. Toutefois, des tensions apparaissent sur ces segments, freinant l’innovation et la croissance : au troisième trimestre 2024, près de 49 000 postes de développeurs informatiques étaient à pourvoir, pour seulement 5 000 demandeurs d’emploi qualifiés.
À Paris intra-muros, les demandeurs d’emploi sont plus diplômés que dans le reste de la région et du pays. En 2024, près de 60 % d’entre eux avaient au moins deux années d’études post-bac — soit 16 points de plus que la moyenne régionale, et près du double de la moyenne nationale. De plus, seuls 25 % sont faiblement qualifiés, contre 37 % en Île-de-France.
La Ville de Paris développe ses propres programmes afin d’insérer et de former les publics éloignés de l’emploi, en lien avec les employeurs…
Copier le lien de La Ville de Paris développe ses propres programmes afin d’insérer et de former les publics éloignés de l’emploi, en lien avec les employeurs…La Ville met en œuvre des programmes ciblant les personnes les plus éloignées de l’emploi : six parcours de formation de la Ville permettent chaque année à plus de 3 000 Parisiens d’acquérir de nouvelles compétences. Le soutient de la Ville à des structures d’insertion par l’activité économique (IAE) aident 7 000 personnes vulnérables à se réinsérer professionnellement. À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, la Ville a cartographié les besoins en compétences pour orienter et former les demandeurs d’emploi vers les métiers créés. Le dispositif « Dynamiques Emploi 2025 » propose des accompagnements à la reconversion professionnelle. Ces actions, couplées à un dialogue renforcé avec les employeurs, permettent de réduire l’écart entre les compétences disponibles et celles recherchées dans les secteurs en croissance (ex. numérique, santé, BTP).
La Ville a signé vingt Pactes Parisiens pour l’Emploi avec de grands employeurs pour favoriser l’insertion des publics vulnérables. Ces pactes, centrés sur les pratiques de recrutement, posent les bases d’une collaboration plus poussée avec les entreprises, y compris les PME, autour des enjeux de formation. En effet, seulement 16 % des adultes en âge de travailler en Île-de-France participent à des formations, un taux inférieur à celui observé dans les régions de Vienne (22 %), Copenhague (35 %) ou Stockholm (41 %). Outre le CPF, la Ville pourrait renforcer le lien avec les entreprises pour anticiper les besoins, stimuler la formation continue et sensibiliser les entreprises aux compétences dont disposent les Parisiens.
… en coordination avec de nombreux autres acteurs au service du marché du travail francilien
Copier le lien de … en coordination avec de nombreux autres acteurs au service du marché du travail francilienLa gouvernance du marché du travail à Paris et en Île-de-France nécessite une coordination étroite pour plus de cohérence et d’efficacité. L’État est compétent en matière de politique de l’emploi. France Travail met en œuvre la politique de l’emploi, avec l’appui de services déconcentrés tels que la DRIETTS, qui financent et régulent la formation. La Région définit la stratégie de formation professionnelle, finance les organismes et travaille avec les opérateurs de compétences (OPCO) et les entreprises, qui investissent aussi dans le développement des compétences. Mais le grand nombre d’acteurs crée un écosystème complexe : on compte 10 000 organismes de formation à Paris, et 25 000 en Île-de-France. Les Comités Territoriaux pour l’Emploi (CTPE), issus de la réforme pour le plein emploi, constituent une opportunité pour structurer la coordination entre la Ville, la Région, l’État et les partenaires sociaux.
La Ville de Paris, aux côtés de la Région Île-de-France, des opérateurs de l’État et des partenaires sociaux, pourrait envisager les recommandations suivantes :
Copier le lien de La Ville de Paris, aux côtés de la Région Île-de-France, des opérateurs de l’État et des partenaires sociaux, pourrait envisager les recommandations suivantes :Cibler les publics exclus et soutenir les reconversions professionnelles :
Accompagner les reconversions professionnelles pour les demandeurs d’emploi qualifiés, notamment vers les métiers du numérique : Les dispositifs d’accompagnement, tels que Dynamiques Emploi 2025, pourraient élargir leurs dispositifs de reconversion professionnelle. En plus des publics actuellement visés, ce type de programme pourrait s’ouvrir aux personnes qualifiées mais exclues du marché de l’emploi, afin de faciliter leur insertion dans les nombreux emplois disponibles dans le numérique. ParisCode pourrait être étendu pour intégrer davantage de parcours de formation vers les métiers plus qualifiés du numérique, notamment en partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur. Les politiques numériques de Barcelone (Espagne) pourraient servir d’inspiration.
Poursuivre les politiques vis-à-vis des publics vulnérables et peu qualifiés, notamment via l’insertion par l’activité économique et l’économie sociale et solidaire : L’action de la Ville en faveur des groupes vulnérables est cohérente avec son mandat et répond directement aux besoins des personnes les plus exclues du marché du travail. Paris pourrait renforcer son soutien aux coopératives d’activités et d’emploi (CAE) dans le cadre de sa stratégie d’entrepreneuriat social. Une filière de formation dédiée pourrait également être développée pour les personnes qui intègrent l’expérimentation Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD). Par ailleurs, les dispositifs d’insertion par l’activité économique (IAE), en raison de leurs bons taux de retour à l’emploi, pourraient être renforcés.
Renforcer l’évaluation des programmes et la collecte régulière de données granulaires sur le marché du travail : L’ensemble des acteurs de la formation, au-delà de la Ville, pourraient s’engager dans une évaluation plus systématique des dispositifs et dans la collecte de données afin de faire évoluer leurs programmes en fonction d’analyses empiriques. Boston (États-Unis) et Utrecht (Pays-Bas) offrent des exemples. Les données publiées par l’Apur pourraient être enrichies par une collecte plus fréquente de données granulaires, complétée par des données sur les offres d’emploi de France Travail.
Réformer la gouvernance et prendre en compte le marché du travail régional dans les politiques publiques :
Simplifier l’écosystème de formation via une coordination renforcée au niveau régional par le nouveau Comité régional pour l’emploi (CRPE) : La Ville de Paris, la Région Île-de-France et les partenaires sociaux pourraient coconstruire, avec l’État, des feuilles de route sectorielles. Le CRPE pourrait devenir un lieu de répartition claire des rôles entre acteurs, limitant les doublons de formation et comblant les besoins non couverts. Par exemple, les acteurs de la formation, dont France Travail et la Ville, pourraient élaborer une stratégie commune pour la formation numérique.
Développer des partenariats sectoriels autour des nouvelles opportunités de mobilité liées au Grand Paris Express : La mise en service du nouveau réseau de transports (200 km, 68 nouvelles gares) offrira des leviers majeurs pour améliorer l’adéquation sur le marché du travail. Tous les acteurs — Ville, Région, France Travail, collectivités — pourront ainsi mieux faire correspondre l’offre et la demande. Les programmes d’emploi et de formation (forums, « job datings », ateliers), y compris ceux de la Ville et de France Travail, pourront davantage cibler les secteurs clés à l’échelle régionale.
Anticiper les besoins en compétences générés par les investissements publics dans la transition écologique et la rénovation urbaine : La construction du Grand Paris Express devrait créer à lui seul environ 18 000 emplois. Paris pourrait s’associer à ses collectivités voisines pour cartographier les besoins en main-d’œuvre liés aux grands chantiers (rénovation énergétique, aménagement des quartiers de gare, gestion l’environnement) et proposer des formations ciblées, à l’image des initiatives menées à Sydney ou à Paris à l’occasion des Jeux olympiques de 2024.
Renforcer l’implication des employeurs pour aligner compétences et besoins du marché :
Renforcer la coopération avec les employeurs pour suivre les besoins en compétences et ajuster les formations : La Ville pourrait créer un groupe de travail "Compétences et emploi" réunissant les signataires des Pactes parisiens pour l’emploi. Ce groupe permettrait de faire remonter en temps réel les besoins en compétences et les postes vacants, et d’ajuster l’offre de formation en conséquence. Des exemples à suivre incluent Londres et Montréal.
Collaborer avec les employeurs pour lever les freins à l’emploi des publics vulnérables, notamment en améliorant l’attractivité des postes : La Ville et France Travail pourraient promouvoir des pratiques innovantes de recrutement, comme l’embauche basée sur les compétences pour les personnes migrantes aux diplômes non reconnus ou les horaires aménagés pour les parents. Le réseau Paris Ensemble pour l’Emploi et les Compétences (EPEC) pourrait continuer et amplifier son appui aux employeurs qui mettent en œuvre des marchés publics ou privés afin d’améliorer les conditions de travail, notamment dans la sous-traitance.
Accroître la collaboration avec les PME, notamment dans les secteurs en tension : Actuellement centrés sur les grandes entreprises, les Pactes parisiens pour l’emploi pourraient être étendus à des partenaires représentant les PME, nombreuses dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre (construction, commerce). La Ville pourrait les accompagner dans des démarches de recrutement innovantes (jeunes, seniors) et dans la formation de leurs salariés, et faciliter leur accès à ses dispositifs (forums, formations, accompagnement).