Ce chapitre présente une analyse des défis, opportunités et évolutions récentes qui caractérisent l’économie et le marché du travail de Paris, sa zone métropolitaine et de la Région Île-de-France. L’analyse s’appuie sur des comparaisons avec d’autres régions et zones métropolitaines de l'OCDE pour mettre en évidence les atouts spécifiques du marché du travail parisien, ainsi que plusieurs leviers politiques qui peuvent être envisagés pour répondre aux défis, présentés de manière plus détaillées dans les chapitres suivant.
2. Attractivité et défis du marché du travail à Paris et dans sa zone métropolitaine
Copier le lien de 2. Attractivité et défis du marché du travail à Paris et dans sa zone métropolitaineDescription
En bref
Copier le lien de En brefLa résilience de l'économie parisienne dépend de sa capacité à anticiper les évolutions futures sur son marché du travail et à renforcer la coordination entre les différentes municipalités.
Paris n'est pas seulement la capitale et la plus grande ville de France, c'est aussi une ville au rayonnement international. La Ville de Paris accueille plus de 2 millions d'habitants, contribue à 10 % du PIB national et attire de nombreux investissements, touristes et talents. La Ville attire chaque jour plus d’un million de travailleurs résidant hors de Paris, et 300 000 Parisiens se déplacent en dehors des limites de la Ville. Paris s’intègre donc au sein d'une zone économique plus large et fortement interconnectée : la zone métropolitaine de Paris.
La zone métropolitaine de Paris est la plus grande d'Europe et l'une des dix plus grandes de l'OCDE. Avec 13 millions d'habitants, elle abrite un cinquième de la population et un tiers du PIB de la France, ce qui en fait non seulement la plus grande économie métropolitaine d'Europe, mais aussi la cinquième de l'OCDE, derrière New York, Tokyo, Séoul et Los Angeles.
En tant que pôle d'innovation mondial, Paris et sa zone métropolitaine sont des territoires moteurs de la productivité. La productivité du travail figure parmi les 10 plus élevées de toutes les zones métropolitaines de l'OCDE et 31 % au-dessus de la moyenne nationale. Cette performance s’explique par une forte spécialisation du territoire dans les secteurs à haute valeur ajoutée et une main-d'œuvre très qualifiée, qui sont le reflet d’une certaine attractivité vis-à-vis des investissements et des entreprises, d’un écosystème d'innovation et d'entrepreneuriat dynamique, et de la présence des universités de rayonnement international, et plus généralement de sa capacité à tirer profit des économies d'agglomération.
La résilience et la performance de l'économie parisienne repose sur le niveau de qualification élevé de sa population, et sur sa capacité à connecter offre et demande d’emploi sur l'ensemble du territoire régional. Avec l’un des taux d’utilisation des transports publics les plus élevés parmi les régions métropolitaines de l’OCDE — plus de 40 % des actifs y ont recours pour se rendre au travail — la Région Île-de-France se distingue par une faible inadéquation sur son marché du travail, qui contribue à stimuler la croissance de l’emploi et de la productivité. Par ailleurs, la Région dispose d’une population active avec un niveau de qualification élevé : deux tiers des postes occupés sont qualifiés, et la moitié d’entre eux sont exercés par des individus titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.
Au cours de la dernière décennie, le marché du travail à Paris a enregistré un taux de création d'emplois important, porté principalement par les secteurs à forte valeur ajoutée. L'emploi dans la Région a augmenté de 10,6 % au cours de la dernière décennie, avec un taux de chômage historiquement bas (5,7 %) depuis 2022, et un niveau de qualification élevé de sa force de travail et ses demandeurs d'emploi. L'Île-de-France concentre 49% de l'emploi national dans le secteur de l'information et de la communication, et 31% de l'emploi dans les activités scientifiques et techniques, et les services administratifs. Ces secteurs connaissent par ailleurs une croissance importante, avec une augmentation de l’emploi de plus de 20 % au cours de la dernière décennie.
La Ville de Paris et ses partenaires régionaux pourraient cependant approfondir leurs actions pour anticiper et accompagner les transformations du marché du travail liées aux emplois de demain. L’évolution rapide des besoins en compétences, accélérée par des mégatendances telles que les transitions verte et numérique, nécessite la mise en place de politiques en matière de développement des compétences, de formation, de reconversion et d’emploi tournées vers l’avenir. En effet, une inadéquation entre offre et demande de compétences émerge sur le marché du travail francilien et pourrait freiner la croissance et compromettre la compétitivité relative des secteurs stratégiques, notamment dans le secteur des technologies de l’information et de la communication. Avec la pénurie croissante de main-d'œuvre dans le secteur des TIC, celui-ci connaît déjà une croissance inférieure à celle des autres économies métropolitaines. Par ailleurs, les mutations sectorielles en cours contribuent à une polarisation croissante du marché du travail, accentuant les écarts entre emplois très qualifiés et peu qualifiés.
Une gouvernance territoriale renforcée et une coordination accrue entre municipalités et niveaux de gouvernement sont essentielles pour permettre à Paris et sa région de poursuivre la croissance et nourrir le développement de nouvelles opportunités économiques. Avec un système de formation qui comprend un grand nombre d'acteurs et 25 000 prestataires dans la région, dont 10 000 à Paris, une coopération étroite est nécessaire pour répondre efficacement aux nouveaux défis. Le bon fonctionnement du marché du travail de Paris et sa Région repose sur une intégration efficace des différentes politiques de l’emploi et des compétences à l’échelle régionale. En parallèle, la performance de ce marché dépend également de sa capacité à connecter efficacement les individus aux opportunités professionnelles, ce qui implique un système de transport performant ainsi qu’un accès élargi à des logements abordables, en particulier pour les travailleurs clés.
Introduction
Copier le lien de IntroductionParis est une ville mondiale qui n'est pas seulement la capitale de la France, mais aussi sa plus grande ville et le moteur de son économie. Elle figure comme l'une des principales destinations touristiques du monde, attirant chaque année des visiteurs du monde entier grâce à ses équipements culturel et à l’organisation d’événements de portée internationale. Avec plus de 2 millions d'habitants, la Ville s’inscrit au centre de la Région la plus peuplée de France, l'Île-de-France, qui concentre également une part significative de l'activité économique nationale. Chaque jour, des millions de déplacements sont effectués entre lieux de résidence et d’emploi au sein de la Région et au-delà. Ces flux sont le reflet d’un bassin d’emploi régional intégré et étroitement lié à son économie, dont Paris est la partie la plus prospère, mais qui s’étend au-delà des limites administratives de la Ville.
La zone métropolitaine de Paris offre un potentiel de développement économique considérable. Avec plus de 13 millions d’habitants, elle constitue la plus grande zone métropolitaine d’Europe et figure parmi les dix plus vastes des pays de l’OCDE. C’est la cinquième métropole de l’OCDE en ce qui concerne la taille de son économie, qui joue un rôle central dans l’économie nationale, puisqu’elle contribue à près d’un tiers du PIB de la France et concentre 19 % de sa population. Son positionnement en tant que pôle mondial d’innovation avec une forte de spécialisations dans des secteurs à forte valeur ajoutée et un accès privilégié à une main-d’œuvre hautement qualifiée, contribue activement au dynamisme de son économie et marché du travail.
Le marché du travail affiche des évolutions positives ces dernières années, mais les évolutions rapides dans le monde du travail invitent à adopter de nouvelles pratiques pour mieux anticiper les emplois de demain. Le développement des compétences, la capacité des entreprises à attirer, former et fidéliser les talents, ainsi que des politiques publiques favorisant un marché du travail inclusif et efficace — c’est-à-dire capable de connecter les individus aux opportunités professionnelles — seront des conditions essentielles pour stimuler la croissance de la productivité et renforcer la résilience de l’économie parisienne, tout en garantissant l’inclusion et la cohésion sociale sur le marché de l’emploi.
Paris est une métropole mondiale dotée d’un poids économique important et d’un fort potentiel de développement
Copier le lien de Paris est une métropole mondiale dotée d’un poids économique important et d’un fort potentiel de développementL'influence économique de Paris dépasse largement son périmètre géographique et démographique
Paris est la huitième plus grande zone métropolitaine au sein de l'OCDE en termes de population. Avec plus de 13 millions d’habitants, elle se situe devant Londres, et sa population est deux fois plus importante que celle de Madrid, qui arrive en deuxième position. La zone métropolitaine de Paris constitue également l'une des plus grandes économies de l'OCDE, avec produit intérieur brut de plus de 1,1 billion de dollars par an, ce qui en fait la plus grande économie métropolitaine d'Europe et la cinquième de l'OCDE, juste derrière New York, Tokyo, Séoul et Los Angeles.
Encadré 2.1. Échelle territoriale pour l’analyse dans ce rapport
Copier le lien de Encadré 2.1. Échelle territoriale pour l’analyse dans ce rapportDans ce rapport, différentes échelles territoriales sont mobilisées pour l’analyse : celle de la Ville de Paris, qui est aussi un département français ; celle de la zone urbaine fonctionnelle de Paris, qui comprend la Ville et sa zone de navettage, et celle de la Région Île-de-France, qui entoure la Ville de Paris et concentre la majorité de la population de sa zone urbaine fonctionnelle.
La mobilisation de ces différentes échelles territoriales rend possible des comparaisons internationales plus cohérentes, et permet de passer outre l’absence des données disponibles pour certains indicateurs importants pour l'analyse du marché du travail. Elles fournissent également des informations empiriques qui donnent à voir les liens économiques et géographiques forts entre Paris et ses territoires limitrophes.
Définition d’une zone urbaine fonctionnelle
Une zone urbaine fonctionnelle (ZUF)1 se compose d'une ville et de sa zone de navettage. Les zones urbaines fonctionnelles permettent d'évaluer l'étendue économique et fonctionnelle des villes en se basant sur les déplacements quotidiens des personnes. La méthode utilisée pour définir ces zones repose sur les critères établis par Eurostat et l'OCDE, ainsi que sur la réalisation d'une grille de population qui permet de définir des centres urbains indépendamment des frontières administratives ou statistiques. Cette grille permet la définition des éléments suivants :
1. Un centre urbain : un ensemble de cellules contiguës à forte densité (1 500 habitants par kilomètre carré) avec une population de 50 000 habitants dans les mailles contiguës.
2. Une ville : une ou plusieurs unités locales dont au moins 50 % des habitants se trouvent à l'intérieur d'un centre urbain.
3. Une zone de navettage : un ensemble d'unités locales contiguës dont au moins 15 % des résidents employés travaillant dans la ville ;
Graphique 2.1. Paris figure parmi les plus grandes agglomérations urbaines de l'OCDE et est la plus grande agglomération d'Europe
Copier le lien de Graphique 2.1. Paris figure parmi les plus grandes agglomérations urbaines de l'OCDE et est la plus grande agglomération d'EuropeZones urbaines fonctionnelles les plus peuplées de l'OCDE (2023 ou dernière année disponible)
Note : Sélection des 20 ZUF les plus peuplées de l’OCDE. Année de référence 2021 pour Paris.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Économie – FUA.
Encadré 2.2. La zone urbaine fonctionnelle de Paris
Copier le lien de Encadré 2.2. La zone urbaine fonctionnelle de ParisLa Ville de Paris est au centre de la zone urbaine fonctionnelle (ZUF) de Paris. Paris représente seulement 0,55% de la superficie de sa zone urbaine fonctionnelle et concentre 16,2% de sa population, qui comptait au total 13 171 056 d’habitants en 2021, et s’étend au-delà de la Région Île-de-France. Avec une superficie de plus de 12 milles km2, la Région Île-de-France représente 63% de la superficie de la ZUF de Paris. Le niveau régional permet néanmoins de faire une bonne approximation du marché du travail parisien, puisque la Région concentre 12 388 000 habitants soit 93% de la population de la ZUF de Paris. Dans ce rapport, la Région Île-de-France est utilisée comme échelle de référence lorsque les données pour la Ville de Paris ne sont pas disponibles.
Graphique 2.2. Densité de population dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris et dans les communes limitrophes
Copier le lien de Graphique 2.2. Densité de population dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris et dans les communes limitrophesAvec la plus forte concentration d’entreprises de rang mondial en Europe, la contribution de Paris à l’économie française est considérable. Au sein de l’OCDE, seules dix grandes régions métropolitaines, telles que celles de Séoul (Corée), Copenhague (Danemark) ou Bruxelles (Belgique), concentrent une part plus importante du PIB national. Ce poids économique exceptionnel se reflète également dans la présence d’entreprises de premier plan : Paris abrite les sièges sociaux de l’ensemble des entreprises françaises classées au Fortune 500 et détient la plus forte concentration de ces sièges en Europe, avec 28 quartiers généraux. La Défense, située aux portes de la capitale, constitue le quatrième quartier d’affaires mondial en termes de superficie et d’activité économique, après la City de Londres, Midtown Manhattan à New York et Marunouchi à Tokyo (CCI Paris Île-de-France, Choose Paris Region, Instutut Paris Region, 2025[2])
L’Île-de-France est un territoire moteur pour la création d’entreprise et l’innovation. La Région dispose d’un écosystème entrepreneurial très dynamique, avec plus d’un quart (28,3%) de créations d’entreprise françaises, et une forte croissance des nouvelles entreprises et de l’auto-entrepreneuriat (CCI Paris Île-de-France, Choose Paris Region, Instutut Paris Region, 2025[2] ; OCDE, 2024[3]). En 2025, l’Île-de-France accueille plus de 12 000 startups, ainsi que près de 230 incubateurs et accélérateurs pour accompagner les entrepreneurs2 (CCI Paris Île-de-France, Choose Paris Region, Instutut Paris Region, 2025[2]), soit plus de 50% de l’écosystème français (France Digitale, Bpifrance Le Hub, le Mouvement Impact France, 2025[4]). Cet écosystème repose sur des secteurs porteurs, notamment l’e-commerce et les technologies financières (FinTech).
Graphique 2.3. Concentration du PIB et de la population dans les zones urbaines fonctionnelles (2023 ou dernière année disponible)
Copier le lien de Graphique 2.3. Concentration du PIB et de la population dans les zones urbaines fonctionnelles (2023 ou dernière année disponible)
Note : Cette analyse porte sur une sélection des zones urbaines fonctionnelles de plus de 1,5 million d’habitants. Les données de population sont relatives à l’année 2023, et celles du PIB à l’année 2022 (ou à la dernière année disponible). La moyenne OCDE est calculée sur un ensemble de 92.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Économie – FUA.
Un pôle d'innovation de portée mondiale et qui contribue directement à la croissance économique locale
La concentration d’activité économique, les efforts réalisés pour soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat, et le positionnement géographique de la région francilienne, en font un centre économique de rayonnement international. À l’échelle de l’UE et de l’OCDE, les indicateurs de la performance économique et de l’innovation positionnent la Région Île-de-France de manière compétitive par rapport aux autres régions (OCDE, 2022[5]). Paris et sa région figurent ainsi parmi les dix meilleurs pôles pour l’innovation et l’entrepreneuriat au monde et comme deuxième pôle européen.
En tant que pôle mondial pour la recherche et le développement, Paris bénéficie d’un écosystème d’innovation reconnu à l’échelle internationale. Depuis le milieu des années 2000, la zone métropolitaine de Paris figure parmi les cinq premières villes au monde en matière de dépôts de brevets (Paunov, Borowiecki et El-Mallakh, 2019[6]) et occupe actuellement la quatrième place mondiale, derrière San Francisco, San Diego et Boston — toutes situées aux États-Unis (Graphique 2.4). Entre 2005 et 2014, Paris représentait plus de 3 % de l’ensemble des brevets déposés dans le monde et 46 % de ceux déposés en France. Cette part nationale a encore progressé ces dernières années, avec 49,6% des dépôts de brevets français en 2023 (Graphique 2.5).
Graphique 2.4. .Paris se classe au 4ᵉ rang parmi les zones fonctionnelles urbaines de l’OCDE en matière de demande de brevets
Copier le lien de Graphique 2.4. .Paris se classe au 4ᵉ rang parmi les zones fonctionnelles urbaines de l’OCDE en matière de demande de brevetsDemandes de brevets au niveau international auprès de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) selon le Traité de coopération en matière de brevets (PCT)
Note : Les données sur les brevets se réfèrent aux demandes de brevets déposées lors de la phase d’internationalisation dans le cadre du Traité de coopération en matière de brevets (PCT) auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Le comptage des brevets est basé sur la région de résidence de l’inventeur.>
Source : Élaboration des auteurs à partir des données de l’OCDE, STI Micro-data Lab : Base de données sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats.
Graphique 2.5. Près de 50 % des dépôts de brevets en France sont produits dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris.
Copier le lien de Graphique 2.5. Près de 50 % des dépôts de brevets en France sont produits dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris.Part des brevets déposés dans la ZUF par rapport au total des dépôts de brevets du pays
Note : Le graphique inclut uniquement les 20 ZUF qui produisent le plus de brevets en France.
Source : Élaboration des auteurs à partir des données de l’OCDE, STI Micro-data Lab : Base de données sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats.
Paris se distingue par son dynamisme en matière d’innovation numérique, mais pourrait mieux tirer parti des opportunités offertes par la transition écologique. Pour soutenir une croissance durable, le potentiel de la double transition — numérique et verte — doit être pleinement exploitée. Paris s’est imposée comme un centre de recherche et d’application de l’intelligence artificielle (IA), abritant certaines des entreprises les plus en pointe en Europe dans ce domaine. La Ville a également accueilli en février 2025 le Sommet sur l’action en matière d’IA, rassemblant plus d’un millier de participants issus de la société civile, du monde universitaire, de l’industrie et d’organisations internationales. En revanche, en matière d’innovation verte, la région accuse un certain retard (Peñalosa et Kleine-Rueschkamp, 2024[7]) : seulement 3 % des brevets déposés à Paris concernent des technologies vertes, un niveau nettement inférieur à celui observé dans d’autres pôles d’innovation verte majeurs, tant en termes relatifs qu’absolus (Graphique 2.6).
Graphique 2.6. Environ 3 % des dépôts de brevets dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris sont considérés comme des brevets verts.
Copier le lien de Graphique 2.6. Environ 3 % des dépôts de brevets dans la zone urbaine fonctionnelle de Paris sont considérés comme des brevets verts.Part des brevets verts dans les principales ZUF de l’OCDE
Note : Le graphique présente les 20 ZUF de l’OCDE qui déposent le plus de demande de brevets.
Source : Élaboration des auteurs à partir des données de l’OCDE, STI Micro-data Lab : Base de données sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats.
Paris bénéficie d’un environnement académique et scientifique de premier plan, fondé sur la présence d’universités de recherche de renommée mondiale, d’écoles d’ingénieurs reconnues à l’international et sur une forte attractivité vis-à-vis des étudiants hautement qualifiés. La Région Île-de-France accueille plus de 1 200 laboratoires de recherche, consacre plus de 20 milliards d’euros par an à la R&D, et emploie environ 760 000 chercheurs et ingénieurs (Choose Paris Region, 2023[8]). Elle affiche également la plus forte concentration d’étudiants universitaires en Europe, avec près de 704 500 étudiants, soit 26,3 % de l’ensemble national (CCI Paris Île-de-France, 2025[9]). Les quatre universités françaises classées parmi les 100 meilleures au monde — Université PSL, Institut Polytechnique de Paris, Sorbonne Université et Université Paris-Saclay — sont situées dans la zone métropolitaine parisienne (Times Higher Education, 2025[10]). L’environnement académique francilien bénéficie aussi d’un dense réseau de grandes écoles d’ingénieurs, en plus de l’Institut Polytechnique de Paris, telle que CentraleSupélec, l’École des Mines ou encore les écoles de ParisTech, qui forment des talents d’excellence, notamment dans les domaines des mathématiques et des sciences informatiques.
Paris et l’Île-de-France soutiennent activement l’innovation et l’entrepreneuriat, avec une attention particulière pour les petites et moyennes entreprises (PME) à fort potentiel de développement. Près de 40% des dépenses en recherche et développement réalisées en France sont effectuées dans la Région, qui s’appuie sur la présence de plusieurs organismes de recherches nationaux (par exemple : CNRS, INRIA), pôles de compétitivité (Paris-Saclay) et partenariats public-privés avec des entreprises implantées sur le territoire (Région Île-de-France, 2025[11]).
À Paris, la Ville accueille l’un des plus grands incubateurs au monde, Station F, qui a accueilli plus de 7 000 startups depuis sa création et développé plus de 30 programmes d’accompagnement. Ce campus de startup est devenu une référence internationale pour le développement de programmes d’incubation (OCDE, 2024[12]). Paris a également mis en place plusieurs dispositifs d’accompagnement des startups : le programme Paris Entreprendre offre des prêts d’honneur pour encourager la création de PME à fort potentiel de développement. Le Fonds Parisien pour l’Innovation accompagne financièrement environ 250 projets de création d’entreprises par an, dont près de 2 000 start-up, jeunes entreprises et associations à vocation économique depuis sa création en 2009 (Ville de Paris, 2024[13]).
Une ville qui attire les talents et les investissements
Paris attire les talents et encourage des entreprises du monde entier à s'y installer. C’est la quatrième métropole la plus attractive au monde pour les projets d’investissements après Dubaï, Londres et Singapour (Choose Paris Region, 2023[8]). En 2024, la Région concentre 67% des investissements réalisés en France, soit 370 transactions pour un montant total de 5,2 milliards d’euros (EY, 2025[14]). L’attractivité économique du territoire s’observe aussi vis-à-vis des talents et des visiteurs : chaque année, la Région accueille plus d’un millier d’étudiants et de chercheurs étrangers et la Ville de Paris est souvent classée comme la première destination touristique au monde, avec 50 millions de visiteurs par an, générant 22 milliards d’euros de recettes publiques annuelles selon des données de 2023 (Euromonitor, 2024[15] ; CCI Paris Île-de-France, 2024[16]).
L’attractivité de Paris vis-à-vis des talents internationaux offre un potentiel pour la Ville de Paris. En 2023, la part des résidents étrangers en âge de travailler (15-64 ans) et titulaires d’un diplôme de niveau licence ou supérieur s’élevait à 36,6 % (Graphique 2.7). Ce taux dépasse de près de six points la moyenne nationale française et d’un point la moyenne des pays de l’OCDE. Ce chiffre demeure néanmoins relativement faible comparé à d’autres grandes zones métropolitaines, telles que Londres (59,1 %), Stockholm (51,4 %) ou la Région capitale du Danemark, où se situe Copenhague (50 %). La force économique de Paris repose également sur une concentration importante de diplômés nationaux, puisqu’elle accueille environ 51 % des natifs possédant un diplôme tertiaire, un niveau nettement supérieur à la moyenne française de 31 %.
Graphique 2.7. L’Île-de-France présente une part élevée de personnes très diplômées, tant parmi les natifs que les immigrés, mais elle affiche également l’un des écarts de niveau d’éducation les plus importants entre les deux groupes
Copier le lien de Graphique 2.7. L’Île-de-France présente une part élevée de personnes très diplômées, tant parmi les natifs que les immigrés, mais elle affiche également l’un des écarts de niveau d’éducation les plus importants entre les deux groupesPart de la population en âge de travailler titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur (CITE 5-8), 2023
Note: La figure montre la part de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) titulaire d’un diplôme de l’enseignement supérieur (CITE 5-8) pour la population née dans le pays, la population née à l’étranger dans l’UE-28, et la population née à l’étranger hors UE-28. Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2.
Source: Calculs de l’OCDE basés sur Enquête sur les forces de travail de l’Union européenne.
Paris et sa région métropolitaine attirent étudiants et jeunes diplômés, mais continuent de perdre une partie de leur population au profit d’autres Régions françaises. La Région Île-de-France connaît une croissance démographique malgré des flux migratoires internes négatifs : davantage de personnes quittent la Région pour d’autres parties du territoire. Cette tendance s’observe également dans d’autres grandes régions métropolitaines européennes comme celles de Londres ou de Madrid. Pour ces grandes métropoles, des défis structurels et notamment le coût de la vie élevé affecte leur attractivité et limite ainsi la pleine réalisation de leur potentiel économique. Paris conserve néanmoins un pouvoir d’attraction marqué auprès des jeunes. En 2020, environ 83 000 jeunes âgés de 15 à 29 ans venant d’autres régions françaises ont emménagé en Île-de-France, tandis qu’environ 75 000 jeunes ont quitté la Région, pour un solde migratoire net de +0,3 % sur cette tranche d’âge (Graphique 2.8). À titre de comparaison, les Régions métropolitaines de Séoul (Corée du Sud) ou du Grand Londres (Royaume-Uni) ont enregistré une croissance supérieure à 1 % de leur population 15-29 ans, qui s’appuie sur des flux entrants en provenance du reste de leur territoire. Si la surconcentration de la population et des activités dans une seule région peut avoir des effets négatifs sur l’équilibre national, il est essentiel de trouver un juste équilibre entre le soutien aux territoires moteurs économiques majeurs et le développement du potentiel de croissance sur l’ensemble du territoire (OCDE, 2015[17]).
Graphique 2.8. La Région Île-de-France attire une population jeune
Copier le lien de Graphique 2.8. La Région Île-de-France attire une population jeuneSolde migratoire en provenance d'autres régions du pays pour la population totale et la population âgées de 15 à 29 ans, en % de chaque groupe de population, 2023 or dernière année disponible
Note: L’année d’analyse est 2023 pour la majorité des régions. Elle est 2024 pour le Latium (Rome), la Lombardie (Milan) et la Région-Capitale (Copenhague) ; 2022 pour la Région de Vienne ainsi que les Régions du Royaume-Uni et de l’Irlande ; 2020 pour l’Île-de-France (Paris) ; et 2019 pour l’État de New York et le Massachusetts (Boston).
Source: OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Mobilité de la population à l'intérieur du pays - Régions
Les étudiants internationaux diplômés représentent un vivier de compétences stratégique pour la France. En 2019, 52 % des titres de séjour accordés pour motif professionnel en France ont été attribués à des personnes qui étaient titulaires d’un visa étudiant. Au sein de l’OCDE, la France figure parmi les principales destinations étudiantes, avec l’Australie, du Canada, de l’Allemagne, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis, qui accueillent au total près des deux tiers des 4,6 millions d’étudiants internationaux recensés. Cette tendance s’est maintenue au cours des dernières années, portée par la qualité des établissements d’enseignement supérieur, les perspectives d’insertion professionnelle post-diplôme et une bonne intégration dans les réseaux internationaux (OCDE, 2025[18]). En France, les diplômés internationaux peuvent solliciter un titre de séjour pour rechercher un emploi pendant une durée maximale de 12 mois, mais l’autorisation de travailler sur cette période est soumise à condition de pouvoir justifier d’une offre d’emploi avec un salaire brut minimum de 2 702 EUR par mois (Campus France, 2025[19]).
Avec plus de 263 000 étudiants internationaux accueillis en 2022, la France est la 7e destination mondiale pour les étudiants, néanmoins les conditions de séjour et d’accès au marché du travail sont perçues comme moins flexibles (Campus France, 2025[19]). La politique d’accueil des étudiants et diplômés en France est plus contraignante que dans d’autres pays, comme par exemple en Allemagne, qui accorde jusqu’à 18 mois de séjour post-diplôme sans exigence salariale minimale, ou dans des autres pays comme le Canada qui applique une politique de rétention des talents qui leur est plus favorable. Ce contexte influence la décision des étudiants de rester ou non sur le territoire après leurs études. En conséquence, bien que la France bénéficie d’une communauté étudiante internationale dynamique, son taux de rétention cinq ans après l’obtention du diplôme reste inférieur à celui d’autres grands pays d’accueil. Seuls 43 % des diplômés internationaux de la promotion 2015 résidaient encore en France cinq ans plus tard — un taux inférieur à ceux observés au Canada, en Allemagne, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Ce résultat s’explique en partie par la durée relativement courte du séjour autorisé après les études, ce qui limite la capacité de la France à fidéliser les talents internationaux formés sur son territoire (OCDE, 2023[20]).
Paris, un territoire moteur de la productivité régionale et nationale
La force et la compétitivité internationale de l'économie parisienne se reflètent dans l'un des niveaux de productivité du travail les plus élevés de l'OCDE. En 2023, la productivité du travail dans la zone métropolitaine de Paris atteignait 159 700 USD par travailleur, la situant au huitième rang parmi celles de l'OCDE. Ce niveau est supérieur de 25 % à la moyenne des grandes zones urbaines fonctionnelles de l'OCDE et de 31 % à celui observé pour l'économie française dans son ensemble (Graphique 2.9). La productivité du travail mesure la contribution moyenne d'un travailleur à l'économie régionale ou nationale. C’est un facteur déterminant important des conditions de vie matérielles et donc du bien-être au niveau régional (OCDE, 2016[21]), mais aussi à l’échelle individuelle, puisque les salaires sont liés à la productivité des travailleurs dans leur entreprise (Criscuolo et al., 2020[22]).
Graphique 2.9. .Productivité du travail dans les zones urbaines fonctionnelles, 2023 ou dernière année disponible
Copier le lien de Graphique 2.9. .Productivité du travail dans les zones urbaines fonctionnelles, 2023 ou dernière année disponibleNiveaux de productivité du travail dans les zones urbaines fonctionnelles (ZUF) et différence relative par rapport à la moyenne nationale (%)
Note: Sélection de ZUF permettant une comparaison pertinente de Paris avec des territoires comparables. Sans cette sélection, Paris se classe au 8ᵉ rang en termes de productivité du travail parmi les ZUF de plus de 1,5 million d’habitants.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Économie – FUA.
Au sein de sa zone métropolitaine, la Ville de Paris constitue le principal moteur de l’activité économique. L’économie parisienne soutient la productivité tant à l’échelle de sa zone métropolitaine que qu’au niveau national. En excluant Paris des calculs, la productivité du travail en Île-de-France serait inférieure de près de 2,7 %, soit environ 4 400 USD par travailleur. Au niveau national, la contribution économique de Paris est encore plus marquée : sans en tenir compte, la productivité du travail en France serait inférieure d’environ 3,2 %, soit près de 4 000 USD par travailleur.
Tableau 2.1. Productivité de la France et l’Île-de-France en excluant Paris du calcul, 2021
Copier le lien de Tableau 2.1. Productivité de la France et l’Île-de-France en excluant Paris du calcul, 2021|
Paris (TL3) |
Île-de-France (TL2) |
Île-de-France hors Paris |
France |
France hors Paris |
France hors Île-de-France |
|
|
Productivité du travail (USD PPP) |
171 233 |
161 811 |
157 485 |
121 519 |
117 688 |
109 660 |
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Économie – Régions.
L’économie de Paris repose sur un bassin d’emploi qui s’étend au-delà de sa zone métropolitaine
Le bon fonctionnement du marché du travail constitue un fondement essentiel pour la croissance et la prospérité économiques. Il repose non seulement sur des politiques efficaces en matière d’éducation, de compétences et d’emploi, mais également sur la capacité à loger les individus et à les connecter aux opportunités d’emploi de manière efficiente. Il nécessite par ailleurs un secteur privé dynamique pour la création d’emplois, et une offre de formation adaptée pour permettre aux travailleurs d’ajuster et de valoriser pleinement leurs compétences.
La prise en compte de la géographie fonctionnelle du marché du travail dans le développement des politiques de l’emploi permet de mieux appréhender l’intégralité du potentiel offert par un territoire. Cela implique de considérer les lieux de résidence des actifs par rapport aux bassins d’emploi et aux zones de création de nouveaux postes dans la décision politique en matière d’emploi. En effet, les déplacements domicile-travail dépassent largement les frontières administratives, et relient ensemble des municipalités voisines qui forment ainsi des marchés du travail interconnectés. Ces zones urbaines fonctionnelles (ZUF) structurent les opportunités d’emploi, la disponibilité des compétences et l’accès aux services pour les populations locales. Des politiques alignées sur ces réalités territoriales — telles que l’intégration des réseaux de transport, des dispositifs de formation ciblés spatialement ou la coordination intercommunale — ouvrent la possibilité d’améliorer l’adéquation entre l’offre et la demande de travail. Ce type d’approche territorialisée est également essentiel pour favoriser l’inclusion, en connectant les populations défavorisées aux pôles d’emploi, et pour renforcer la compétitivité à long terme des économies métropolitaines comme celle de Paris, où la productivité dépend de plus en plus du bon fonctionnement de systèmes urbains denses et polycentriques.
En France, les déplacements domicile-travail – ou ‘navettage’ – entre Paris et la Région Île-de-France caractérisent un marché du travail intégré. En 2021, parmi les 1,9 million d’actifs occupant un emploi à Paris, seulement 750 000 d’entre eux résidaient à Paris (39%). Ainsi, 61% des emplois parisiens sont occupés par des actifs qui habitent en dehors de la capitale (les actifs entrants), et principalement dans d’autres communes de l’Île-de-France (Graphique 2.10). Certains secteurs, tels que le transport et la construction, dépendent fortement de ces actifs entrants, puisque que respectivement 80% et 75% de leurs employés résident hors de Paris. Les actifs parisiens travaillent très majoritairement à Paris (69%) ; un quart d’entre eux travaillent dans les autres communes limitrophes, dont principalement celles situées dans la petite couronne de Paris. Parmi les 330 000 actifs sortants, 47% occupent un emploi à Paris Ouest La Défense. Les communes de Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis, Saint-Ouen et Montreuil figurent également parmi les principaux pôles accueillant les actifs sortants (INSEE, 2021[23]).
Graphique 2.10. À Paris, six emplois sur dix sont occupés par des non Parisiens
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Source : Insee, Recensement 2021
Les liens économiques entre Paris et sa région sont étroits. La zone urbaine fonctionnelle de Paris délimite les zones connectées économiquement par les déplacements domicile-travail de ses résidents.3 Cette échelle géographique permet de mieux appréhender l’étendue du bassin d’emploi de Paris. Le niveau régional permet de faire une bonne approximation du marché du travail parisien, puisque la Région Île-de-France concentre 93% de la population de la ZUF de Paris. Les comparaisons internationales suivantes dans ce rapport s’appuieront en majorité sur le niveau régional car il facilite les comparaisons internationales, permet une bonne approximation du marché du travail parisien, et bénéficie d’une couverture statistique plus étendue. Lorsque les données sont disponibles, l’analyse sera toutefois complétée par des données spécifiques à la Ville de Paris, afin de mettre en évidence les dynamiques qui lui sont propres.4
Garantir un marché du travail parisien performant et attractif pour toutes et tous
Copier le lien de Garantir un marché du travail parisien performant et attractif pour toutes et tousPour se préparer aux emplois de demain, Paris doit renforcer ses politiques de l’emploi et des compétences en tenant compte de la localisation des lieux de résidence et de travail
Si le marché du travail de Paris et de sa région métropolitaine est solide, l’évolution rapide du monde du travail impose un nouvel élan en matière de politiques de l’emploi et des compétences. Des mégatendances telles que l’intelligence artificielle (générative), la transition écologique, la numérisation des pratiques professionnelles, et les évolutions démographiques redéfinissent les compétences et les profils de travailleurs que recherchent les employeurs (OCDE, 2023[24]). Le chapitre 3 de ce rapport montre que Paris bénéficie d’une position favorable pour tirer profit de ces transformations. Toutefois, l’ampleur des défis appelle à dépasser le statu quo : les employeurs dans des secteurs stratégiques, comme les technologies de l’information et de la communication (TIC), rencontrent déjà des difficultés à recruter des travailleurs suffisamment qualifiés (OCDE, 2024[25]). Par ailleurs, des enjeux tels que l’inclusion sur le marché du travail ou l’inactivité économique par exemple persistent, et ce malgré un environnement relativement favorable à l’emploi. Ces défis exigent des efforts coordonnés pour renforcer l’accès à des emplois de qualité et à de réelles perspectives de carrière pour le plus grand nombre de personnes au sein de la zone métropolitaine de Paris.
Le marché du travail parisien offre de nombreuses opportunités, notamment pour les personnes diplômées de l’enseignement supérieur ou exerçant dans des secteurs très qualifiés, mais qui ne bénéficient pas à tous. En France, certaines rigidités structurelles limitent la mobilité professionnelle et la progression salariale des travailleurs faiblement rémunérés. Les travailleurs à bas salaires changent d’emploi relativement moins souvent que leurs homologues mieux rémunérés, avec un écart de l’ordre de 4 à 5 points de pourcentage. Cette moindre mobilité professionnelle est moins prononcée dans d’autres pays de l’OCDE, comme l’Allemagne ou le Danemark par exemple (Barreto et al., 2025[26]). En outre, les travailleurs à bas salaires sont davantage exposés au risque de chômage ou de sortie du marché du travail. Dans le contexte français, les bas salaires résultent davantage d’un faible niveau de compétences que des caractéristiques propres aux secteurs ou aux entreprises. Cette situation souligne l’importance d’investissements soutenus dans l’éducation et la formation tout au long de la vie afin de renforcer la mobilité professionnelle, améliorer l’adéquation entre les compétences et les besoins du marché du travail, et réduire les inégalités.
Le reste du chapitre donne un aperçu des tendances récentes du marché du travail et de l’économie francilienne à travers une analyse comparative internationale. Il examine la position de Paris sur la scène internationale, en la comparant notamment à d'autres grandes zones métropolitaines des pays de l’OCDE. Il s’intéresse aux tendances récentes en matière de création d’emplois et d’inclusion sur le marché du travail. Il identifie également les moteurs sectoriels de la croissance de l’emploi, ainsi que l’impact potentiel des pénuries de compétences et des inadéquations entre l’offre et la demande de travail sur le développement des entreprises locales. Enfin, il explore plusieurs leviers — tels que le logement et les transports — susceptibles de renforcer l’efficacité et la résilience du marché du travail parisien au service de la performance économique de la métropole.
Portée par l’essor des secteurs des technologies de l’information et de la communication et des services professionnels, l’économie parisienne a généré plus de 650 000 emplois au cours des dix dernières années
L’économie parisienne traverse une transformation structurelle qui génère une croissance de l’emploi dans certains secteurs, tout en réduisant le poids économique d’autres. Cette dynamique se traduit par une concentration de la création d’emplois dans un nombre limité de secteurs, reflétant à la fois la solidité de l’économie parisienne dans les services aux entreprises à forte valeur ajoutée, son attractivité touristique, le poids de son secteur public, ainsi que son positionnement en tant que pôle émergent de l’économie numérique. La Région concentre ainsi près de la moitié des emplois du secteur des technologies de l’information et de la communication en France. De même, environ un tiers des emplois nationaux dans les services professionnels, scientifiques et techniques y sont localisés. En outre, près de 4 emplois sur 10 dans le secteur des finances et des assurances en France se trouvent en Île-de-France (Graphique 2.11).
Graphique 2.11. L’emploi dans les secteurs de l’information et de la communication, des activités scientifiques et techniques et des services administratifs a augmenté de plus de 20% en dix ans en Île-de-France
Copier le lien de Graphique 2.11. L’emploi dans les secteurs de l’information et de la communication, des activités scientifiques et techniques et des services administratifs a augmenté de plus de 20% en dix ans en Île-de-FranceÉvolution de la croissance de l'emploi par secteur en Île-de-France, indexée sur l'année 2012, entre 2012 et 2022
Note : La taille des bulles représente la part de l’emploi en Île-de-France en 2022.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Emploi selon l'activité économique - Régions
Entre 2012 et 2022, l’économie de la Région Île-de-France a participé à la création environ 700 000 emplois, dont 500 000 entre 2017 et 2022. La création d’emplois a été portée par quelques secteurs, qui concentrent la majorité des nouveaux postes. Le nombre d’emplois en termes absolus a augmenté principalement dans les secteurs des services professionnels (265 000), du commerce (147 000) et des technologies de l’information et de la communication (95 000), qui totalisent plus de 75 % de l’ensemble des nouveaux emplois dans la Région (Tableau 2.2). En revanche, les secteurs de l’industrie manufacturière et des activités minières ont enregistré des baisses significatives de leurs effectifs, respectivement de 5,6 % et 8,2 %.
Tableau 2.2. Nouveaux emplois crées en Île-de-France entre 2012 et 2022 et taux de croissance par secteurs d’activité
Copier le lien de Tableau 2.2. Nouveaux emplois crées en Île-de-France entre 2012 et 2022 et taux de croissance par secteurs d’activité|
Secteur |
Nouveaux emplois (Nombre d’effectifs) |
Croissance (%) |
Croissance (%) Moyenne OCDE |
Croissance (%) Moyenne francaise |
Croissance (%) Moyenne des régions comparables |
|---|---|---|---|---|---|
|
Agriculture, sylviculture et pêche |
550 |
4.9 |
-1.0 |
3.9 |
66.3 |
|
Industries extractives, activités des ménages, production et distribution d'eau ; assainissement, gestion des déchets |
-23 350 |
-5.6 |
10.5 |
2.6 |
6.8 |
|
Industrie manufacturière |
-29 040 |
-8.2 |
7.7 |
1.9 |
2.9 |
|
Construction |
58 610 |
18.4 |
14.0 |
4.8 |
19.2 |
|
Commerce, réparation, transport, hébergement |
147 070 |
9.8 |
9.5 |
11.5 |
6.4 |
|
Information et communication |
94 710 |
23.0 |
24.8 |
28.8 |
37.8 |
|
Activités financières et d'assurance |
17 250 |
5.8 |
5.6 |
7.4 |
1.8 |
|
Activités immobilières |
5 240 |
4.5 |
31.0 |
18.8 |
18.5 |
|
Activités spécialisées, scientifiques et techniques ; activités de services administratifs et de soutien |
265 130 |
22.0 |
26.1 |
29.2 |
29.0 |
|
Administration publique, défense, éducation, santé, social |
101 280 |
6.8 |
16.7 |
6.6 |
19.9 |
|
Arts, spectacles, activités récréatives |
50 410 |
12.8 |
12.0 |
6.7 |
8. |
|
Total |
687 860 |
10.6 |
10.9 |
9.5 |
14.0 |
Note : Le tableau présente l’évolution en valeurs absolues et en pourcentage (« croissance ») du nombre d’employés dans chaque secteur, pour l’Île-de-France entre 2012 et 2022. Il indique également la croissance moyenne en pourcentage du nombre d’employés dans chaque secteur pour l’OCDE, la France et des régions comparables, sur la période 2012 à 2022 (ou les dix dernières années disponibles). Les régions comparables sont : Vienne (Autriche), Hambourg (Allemagne), Berlin (Allemagne), région de Copenhague (Danemark), Madrid (Espagne), Catalogne (Espagne), New York (États-Unis) et Boston (États-Unis), Sud (Irlande), Est et Centre-Est (Irlande), Lombardie (Italie), Oslo et Viken (Norvège), Écosse (Royaume-Uni), Nord-Ouest de l’Angleterre (Royaume-Uni), Grand Londres (Royaume-Uni), Stockholm (Suède). Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Emploi selon l'activité économique - Régions
La croissance de l’emploi est à l’image du dynamisme de l’économie parisienne, mais ces tendances apportent également nouveaux défis et priorités pour l’économie locale. Pour maintenir ou augmenter la productivité, Paris doit veiller à ce que les activités à forte valeur ajoutée continuent de se développer. Cela nécessite non seulement un soutien aux entreprises, mais aussi l'accès à une main-d'œuvre qualifiée. En effet, les employeurs dans des secteurs clés pour le développement économique des années à venir, comme les technologies de l’information et de la communication, peinent dès à présent à recruter des travailleurs qualifiés pour pourvoir les postes vacants (voir Chapitre 3). Bien que ce secteur soit porteur pour la création d’emplois à Paris, d’autres métropoles telles que Berlin, Dublin ou Barcelone enregistrent une croissance encore plus rapide de ce secteur (Graphique 2.12). La progression de l’emploi dans les TIC, de 23 % entre 2012 et 2022, reste en deçà de la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 44 %. Par ailleurs, ces dynamiques sectorielles ont également entraîné une perte d’emplois intermédiaires (notamment dans l’industrie manufacturière) et une polarisation du marché du travail, avec une hausse simultanée des emplois bien rémunérés et des emplois à faibles revenus, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme.
Graphique 2.12. En Île-de-France, la croissance de l’emploi dans les TIC est modérée, mais la progression reste plus marquée que dans d’autres secteurs
Copier le lien de Graphique 2.12. En Île-de-France, la croissance de l’emploi dans les TIC est modérée, mais la progression reste plus marquée que dans d’autres secteursTaux de croissance de l'emploi dans le secteur « Information et communication », 2012 et 2022
Note : La figure représente l’évolution en pourcentage de l’emploi dans le secteur « Information et communication » entre 2012 et 2022 sur l’axe des abscisses, et la part de l’emploi national dans le secteur « Information et communication » en 2022 sur l’axe des ordonnées. La taille des bulles représente le part de l'emploi régional dans le secteur « Information et communication » en 2022. La moyenne de l’OCDE est représentée en bleu foncé, l’Île-de-France en orange, et les autres régions comparables Vienne (Autriche), Hambourg (Allemagne), Berlin (Allemagne), région de Copenhague (Danemark), Madrid (Espagne), Catalogne (Espagne), New York (États-Unis) et Boston (États-Unis), Île-de-France (France), Sud (Irlande), Est et Centre-Est (Irlande), Lombardie (Italie), Oslo et Viken (Norvège), Écosse (Royaume-Uni), Nord-Ouest de l’Angleterre (Royaume-Uni), Grand Londres (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) sont indiquées en bleu. Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2.
Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Emploi selon l'activité économique - Régions
Le chômage est à un niveau historiquement bas, et des tensions commencent à apparaître dans certains secteurs
Depuis 2022, Paris affiche un taux de chômage historiquement bas. Au dernier trimestre de 2024, il s’élevait à environ 5,7 %, positionnant la capitale nettement en dessous des autres départements limitrophes, notamment la Seine-Saint-Denis (10,2 %) et le Val-d’Oise (7,9 %) ainsi que de la moyenne nationale (7,0%). La baisse du taux de chômage parisien s’opère depuis 10 ans, avec une réduction de près de 3 points de pourcentage sur la dernière décennie, témoignant d’une amélioration continue et stable au sein de la ville (Graphique 2.13).
En 2023, le taux de chômage en Île-de-France avait atteint son niveau le plus bas depuis 2008. Une tendance similaire est observée au niveau national et européen (OCDE, 2024[27]). Dans ce contexte, les possibilités pour une évolution rapide et positive en matière d’emploi pourraient avoir été depuis plus limitées en Île-de-France que dans d’autres régions affichant un taux chômage plus élevé au départ, puisqu’une grande partie des personnes les plus facile à intégrer sur le marché du travail était probablement déjà en emploi. Par ailleurs, une partie du potentiel de la force de travail demeure en dehors du marché du travail, et la persistance de barrières spécifiques à l’entrée – comme par exemple le manque de qualifications adaptées, des freins à la mobilité ou des obstacles sociaux – freine leur possible intégration professionnelle. Ces dynamiques soulignent la nécessité de politiques ciblées pour mobiliser pleinement les ressources humaines disponibles, en particulier auprès des groupes les plus éloignés de l’emploi.
Graphique 2.13. Le taux de chômage de Paris a connu une baisse importante ce dernières années
Copier le lien de Graphique 2.13. Le taux de chômage de Paris a connu une baisse importante ce dernières annéesTaux de chômage, (%), Départements en Île-de-France et moyenne française, 2004-2024
Note : Le graphique montre les taux de chômage trimestriels entre le quatrième trimestre de 2004 et le quatrième trimestre de 2024.
Source : Insee, Taux de chômage localisé par région et département.
Grâce à l'augmentation du taux d'emploi, qui dépasse la moyenne française et celle de l'OCDE, le chômage a nettement diminué. Le taux d’emploi demeure néanmoins inférieur aux niveaux observés dans plusieurs régions métropolitaines comparables, malgré une création d’emplois plus importante que dans de nombreuses autres régions de l'OCDE. En 2023, le taux d’emploi en Île-de-France atteint près de 70 %, un niveau qui reste supérieur à la moyenne française ainsi qu’à celle de l’OCDE. Néanmoins, la Région Île-de-France se situe en dessous de dix points de pourcentage par rapport aux régions de l’Europe du Nord et du Royaume Uni (Graphique 2.14).
L’Île-de-France a connu une augmentation du taux d’emploi plus importante que de nombreuses autres régions de l’OCDE entre 2018 et 2023. Sur cette période, le taux d’emploi a progressé de 2.4 points de pourcentage, une augmentation supérieure à la moyenne de l’OCDE (1,7 points) mais légèrement inférieure à la moyenne nationale française (2,9 points) (Graphique 2.15).
Graphique 2.14. Le taux d’emploi en Île-de-France se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE mais en-dessous des régions du Nord de l’Europe et du Royaume Uni
Copier le lien de Graphique 2.14. Le taux d’emploi en Île-de-France se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE mais en-dessous des régions du Nord de l’Europe et du Royaume UniTaux d’emploi pour la population 15-64 ans (%), 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2. Pour plus d'informations, veuillez-vous référer à la note de fin en conclusion de ce chapitre.
Source : Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Taux d'emploi - Régions
Graphique 2.15. L’Île-de-France a connu une augmentation du taux d’emploi plus importante que de nombreuses autres régions de l’OCDE entre 2018 et 2023
Copier le lien de Graphique 2.15. L’Île-de-France a connu une augmentation du taux d’emploi plus importante que de nombreuses autres régions de l’OCDE entre 2018 et 2023Évolution du taux d’emploi (différence en points de pourcentage)
Note : La figure présente l’évolution du taux d’emploi (en points de pourcentage) entre 2018 et 2023 pour l’Île-de-France, des régions sélectionnées, et la moyenne de l’OCDE. La figure est classée par ordre croissant de la croissance de l’emploi sur cinq ans. Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2.
Source : Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Taux d'emploi - Régions
Les demandeurs d’emploi à Paris disposent d’un bon niveau de qualification. Les caractéristiques de genre et âge des demandeurs d’emploi à Paris sont proches des moyennes régionales et nationales, néanmoins elles diffèrent en ce qui concerne leur niveau d’éducation et leur profil professionnel. À Paris, six demandeurs d’emploi sur dix, soit plus de 100 000 personnes, ont un niveau Bac+2 ou plus, et trois demandeurs sur dix, soit environ 55 000 personnes, cherchent un emploi de cadre. Ces valeurs dépassent largement la moyenne nationale : en France, seulement quatre demandeurs d’emploi sur dix ont un niveau supérieur à Bac+2 ou plus, et un demandeur d’emploi sur dix cherche un emploi de cadre (Graphique 2.16). Dans un contexte où le marché du travail s’étend au-delà des limites administratives, l’adoption d’une approche métropolitaine intégrée dans les politiques d’activation et de développement des compétences contribue à une meilleure adéquation entre les besoins en main-d’œuvre des entreprises et les compétences disponibles à l’échelle de l’ensemble du territoire fonctionnel.
Graphique 2.16. Les demandeurs d’emploi parisiens sont très qualifiés
Copier le lien de Graphique 2.16. Les demandeurs d’emploi parisiens sont très qualifiésProfils des demandeurs d’emploi à Paris, en Île-de-France et en France, T2 2024
Les opportunités économiques offertes par Paris ne bénéficient pas à tous et toutes de la même manière
Copier le lien de Les opportunités économiques offertes par Paris ne bénéficient pas à tous et toutes de la même manièreParis dispose d’une population jeune et d’origines diverses mais souffre d’inégalités importantes. Un quart de Parisiens est né à l’étranger, dont 26% est né dans un autre pays européen et 28% en Afrique du Nord (Insee, 2025[28]). En 2024, l’âge médiane de sa population est de 38,1 ans, bien en dessous de la moyenne française (42,5) et d’autres régions métropolitaines, telles que la Communauté de Madrid (44,1), la Région de Berlin (41,3) et celle de Milan (48,2) (Eurostat, 2024[29]). Par ailleurs, si Paris est le département affichant le niveau de vie médian le plus élevé — la moitié des ménages y disposent de ressources supérieures à 29 730 euros en 2021, contre 25 210 euros en Île-de-France et 23 100 euros en France métropolitaine. La capitale n’en demeure pas moins marquée par de fortes inégalités. En effet, 15,6 % des Parisiens vivent sous le seuil de pauvreté.5. Malgré un revenu moyen nettement plus élevé à Paris que dans le reste de la France, le taux de pauvreté, mesuré par rapport à la médiane nationale, est supérieur à celui de la France métropolitaine (14,9%) (Insee, 2024[30]).
Des difficultés d’insertion sur le marché du travail francilien persistent pour certains publics
Malgré une amélioration des taux d'emploi des jeunes, l’accès à l’emploi demeure relativement plus compliqué en Île-de-France pour ce groupe. L’écart des taux d'emploi entre les personnes en âge de travailler (15-64 ans) et celui des jeunes âgés de 15 à 25 ans s’est réduit en Île-de-France entre 2013 et 2023 Graphique 2.17. Cependant, avec un taux d’emploi de 31,9% pour les jeunes travailleurs, l’Île de France reste en deçà de nombreuses régions métropolitaines comparables ainsi que de la moyenne de l’OCDE (Graphique 2.18). Cette situation souligne la nécessité de renforcer les politiques d’insertion professionnelles des jeunes, en particulier pour les moins qualifiés et les habitants des quartiers prioritaires de la Ville (QPV).
Graphique 2.17. L’écart entre le taux d’emploi des jeunes et de la population en âge de travailler a diminué sur la dernière décennie
Copier le lien de Graphique 2.17. L’écart entre le taux d’emploi des jeunes et de la population en âge de travailler a diminué sur la dernière décennieÉvolution des taux d’emploi pour la population en âge de travailler et les jeunes en points de pourcentage, entre 2013 et 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2. Le graphique montre l’évolution des taux d’emploi pour la population en âge de travailler 15-64 ans et pour les s jeunes (15-24 ans) entre 2013 et 2023. Une valeur négative signifie que le taux d’emploi a diminué entre 2013 et 2023.
Source : Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Emploi par groupe d'âge et sexe - Régions
Graphique 2.18. Le taux d’emploi des jeunes demeure bas en Île-de-France
Copier le lien de Graphique 2.18. Le taux d’emploi des jeunes demeure bas en Île-de-FranceTaux d’emploi par âge pour la population en âge de travailler et les jeunes âgés de 15 à 24 ans, %, 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2
Source : Source : OCDE Régions, Villes et Localités - base de données, Emploi par groupe d'âge et sexe - Régions
Des obstacles spécifiques contribuent à l’allongement des périodes de chômage, en particulier pour les publics vulnérables
Malgré une baisse du taux de chômage historique, le chômage de longue durée touche un demandeur d’emploi sur quatre en Île-de-France, une valeur proche de la moyenne de l’OCDE. En Île-de-France, d’un quart des demandeurs d’emploi (25,2%) est au chômage depuis au moins douze mois, une valeur plus élevée que la moyenne nationale de 24,4%. Dans les Régions de Milan et Madrid, le chômage de longue durée est plus élevé et touche plus d’un chômeur sur trois. À l’inverse, la part de personnes en situation de chômage de longue durée est sensiblement plus faible dans les Régions de Stockholm (20%), Oslo et Copenhague (environ 10%). Dans l’ensemble, les tendances régionales sont conformes aux tendances nationales : les régions avec les niveaux les plus élevés de chômage de longue durée se trouvent dans des pays qui présentent également des taux de chômage de longue durée importants (Graphique 2.19).
En raison de ses effets prolongés sur l’employabilité, les inégalités et la performance économique, le chômage de longue durée soulève des enjeux importants en Île-de-France. Bien que le taux de chômage de longue durée en Île-de-France ne soit pas particulièrement élevé par rapport à d’autres régions métropolitaines, le défi du marché du travail tient au volume relativement important de personnes en situation de chômage, combiné à un taux moyen de chômage de longue durée. Le chômage prolongé peut entrainer une perte de capital humain, compliquant le retour à l’emploi en raison d’un écart croissant entre les compétences du demandeur d’emploi et les besoins du marché du travail (Dromundo, Lüske et Tuccio, 2023[31]). Le chômage de longue durée affecte souvent la santé mentale des personnes concernées, ce qui complique ultérieurement la réintégration sur le marché du travail. En outre, il agit comme vecteur d’isolement social, pouvant conduire à un retrait progressif du marché du travail (inactivité). Il constitue également un enjeu pour la collectivité, pouvant affecter les finances publiques et la croissance économique et ralentir l’innovation et la productivité. Ces multiples effets justifient une priorité stratégique accordée à la prévention du chômage de longue durée à travers l’accompagnement individualisé des demandeurs d’emploi et des dispositifs intégrés qui relèvent simultanément plusieurs défis (OCDE, 2023[32]).
Graphique 2.19. En Île-de-France, comme dans la zone OCDE, environ un quart de demandeurs d’emploi est au chômage depuis plus d’an un
Copier le lien de Graphique 2.19. En Île-de-France, comme dans la zone OCDE, environ un quart de demandeurs d’emploi est au chômage depuis plus d’an unPart de personnes au chômage pendant plus de 12 mois (%), 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2. Pour plus d'informations, veuillez-vous référer à la note de fin en conclusion de ce chapitre.
Source : Eurostat, Enquête sur les forces de travail de l'Union européenne.
Encadré 2.3. Certains freins à l’emploi sont plus marqués à Paris et sa région que dans d’autres villes françaises
Copier le lien de Encadré 2.3. Certains freins à l’emploi sont plus marqués à Paris et sa région que dans d’autres villes françaisesEn lien étroit avec un grand nombre d’organisations, la Ville de Paris accompagne ses résidents dans le développement de compétences et la recherche de nouvelles opportunités professionnelles. Les entretiens réalisés avec plusieurs acteurs locaux rencontrés dans le cadre du projet ont permis de mettre en évidence des défis d’insertions particulièrement important à Paris et sa région par rapport à d’autres communes :
Les responsabilités familiales et le manque de solutions de garde. Pour les parents avec des enfants en bas âge et les familles monoparentales, la gestion des responsabilités familiales et maintien de la vie professionnelle peut être difficile à concilier. En plus des contraintes horaires ou d’une charge accrue des tâches domestiques, à Paris les parents sont confrontés à des coûts élevés et à une disponibilité limitée des services de garde. Les départements de 1ère couronne parisienne et les quartiers de Paris sont particulièrement exposés à la pénurie de personnels de garde d’enfants. En Région Île-de-France, qui dispose un plus grand nombre de places, enregistre néanmoins 41% de postes d’employés chargés de la garde d’enfants vacants.
Les difficultés dans la recherche d’emploi et les récentes évolutions des préférences chez les jeunes. À Paris, les jeunes avec ou sans qualifications font face à des difficultés d’insertion sur le marché du travail, liées notamment à un manque d’expérience, ou à une inadéquation entre leurs compétences et les attentes des employeurs. Les récentes évolutions dans les aspirations professionnelles des jeunes, qui valorisent de plus en plus le sens du travail, la qualité de l’environnement de travail et les engagements de responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises, créent parfois un décalage avec l’offre du marché.
L’obsolescence ou les compétences limitées des travailleurs âgés de plus de 45 ans. Avec l’évolution des technologies et des méthodes de travail, les compétences requises sur le marché du travail se renouvellent plus rapidement, et rendent certains savoir-faire obsolètes. La capacité des travailleurs à occuper certaines tâches physiques ou nécessitant une endurance élevée est également réduite avec l’âge. Les travailleurs seniors tendent à être moins exposés aux opportunités de formation professionnelle en cours de carrière, les privant de la possibilité d’actualiser leurs compétences et s’adapter aux nouvelles attentes du marché. Dans certains métiers, une discrimination à l’embauche s’observe pour les travailleurs plus âgés.
La reconnaissance des diplômes obtenus en dehors de l’Union Européenne. Pour les personnes issues de l’immigration, les diplômes obtenus à l’étranger ne sont pas toujours reconnus ou valorisés en France, compliquant leur accès à des emplois qualifiés. Par conséquence, ces personnes acceptent souvent des emplois peu qualifiés pour obtenir un salaire et entrer en emploi. En Île de France par exemple, près de 40 000 actifs issus de l’immigration et détenteurs d’un diplôme équivalent à cinq années d’études supérieures occupent un emploi d’ouvrier ou d’employé, tandis que seuls 56% des immigrés disposant d’une licence occupent un emploi de professions intermédiaires ou supérieures, contre 80% des personnes non-immigrées avec le même niveau de qualification. Les réticences des employeurs, la barrière de la langue, les discriminations à l’embauche, ou l’obligation de disposer d’un diplôme européen ou reconnu par l’État pour certaines professions sont autant de facteurs contribuant à expliquer ce phénomène.
Le navettage et l’éloignement entre le lieu de résidence et le lieu de travail peut compliquer l’accès à l’emploi pour certains travailleurs. Bien que le réseau des transports soit performant en Île-de-France, l’accès limité aux transports en commun dans certains territoires, ainsi que les problèmes de sécurité dans les transports, surtout pour les personnes qui travaillent le soir ou tôt le matin peuvent représenter un frein supplémentaire. Par ailleurs, certains travailleurs peuvent rencontrer des problèmes d’accessibilité des emplois, limitant ainsi leur insertion professionnelle.
La manque d’information et de clarté sur les dispositifs existants. Un défaut d’information et un manque de compréhension des offres d’emploi et dispositifs d’accompagnements existants freinent l’accès à l’emploi, surtout parmi les publics vulnérables.
D’autres facteurs, qui ne sont pas spécifiques à Paris, ont souvent été évoqués comme une barrière supplémentaire pour les publics les plus défavorisés :
Le manque des compétences fondamentales. La maitrise insuffisante de la langue française le manque de compétences numériques fondamentales constituent un frein à l’intégration sur le marché de travail. Ces enjeux touchent particulièrement les populations avec un faible niveau d’éducation ou issues de l’immigration.
L’absence de réseau professionnel et la complexité administrative. Les personnes les plus vulnérables souffrent parfois d’un manque de confiance en soi qui, ajouté à l’absence de réseau professionnel et une défiance envers les institutions publiques, peut limiter les perspectives d’insertion sur le marché du travail. De plus, les démarches administratives complexes et le manque de coordination entre les dispositifs constituent des barrières supplémentaires qui limitent l’accès à l’emploi.
En Île-de-France, environ une personne sur quatre en âge de travailler est inactive, mais une part importante d’entre elles souhaiterait travailler si les conditions adéquates étaient réunies. Des conditions plus favorables à l’emploi pourrait permettre à certaines personnes inactives d’intégrer le marché du travail. Environ 240 000 personnes soit 13% des inactifs, souhaiteraient travailler. Une motivation amoindrie, la perte de confiance en ses compétences, ou encore de la difficulté à percevoir des opportunités d'emploi adaptées à son profil peuvent conduire les personnes en situation de chômage de longue durée à renoncer à leurs recherches, ce qui complique leur réintégration sur le marché du travail et aggrave leur situation économique et sociale.
Encadré 2.4. Mieux comprendre les raisons de l’inactivité pour développer des réponses ciblées
Copier le lien de Encadré 2.4. Mieux comprendre les raisons de l’inactivité pour développer des réponses cibléesEn Île-de-France, environ 240 000 personnes soit 13% des inactifs, souhaiteraient travailler. Parmi les inactifs qui souhaiteraient travailler, en Île-de-France comme en France, une personne sur cinq est freinée dans sa recherche d’emploi par des responsabilités familiales ou personnelles. Cependant, les autres raisons de l’inactivité diffèrent sensiblement, soulignant une dynamique spécifique au marché du travail francilien : celui-ci est moins marqué par l’incidence des maladies et du handicap (14% dans la région contre 22% au niveau national) que par l’absence d’opportunités professionnelles correspondant aux attentes des personnes inactives (16% en Île-de-France contre 10% en France).
Ces constats montrent qu’une part significative de ces personnes pourrait être activée, sous réserve d’un accompagnement adapté. La Ville de Paris et la Région Île-de-France peuvent contribuer à lever les freins à l’emploi, en renforçant l’offre de formation qualifiante, en développant des dispositifs de reconversion professionnelle ciblés, et en facilitant l’accès à des services d’accompagnement personnalisés. Afin de favoriser l’adéquation entre l’offre des compétences et la demande des entreprises, des politiques de soutien à la création d’emplois, notamment dans les secteurs en tension, pourraient également être élaborées (voir Chapitre 5). Des solutions innovantes en matière de garde d’enfants ou de mobilité pourraient contribuer à lever les obstacles pratiques qui empêchent certains inactifs de s’engager dans un parcours vers l’emploi.
Graphique 2.20. En Île-de-France, environ un inactif sur sept considère qu’il n’y a pas d’emploi disponible
Copier le lien de Graphique 2.20. En Île-de-France, environ un inactif sur sept considère qu’il n’y a pas d’emploi disponibleRaisons de l’inactivité parmi les inactifs qui souhaiteraient travailler, (%), 2023
Note : Les étudiants ne sont pas inclus dans le graphique.
Source : Eurostat, Enquête de l'Union européenne sur les forces de travail
L’accès à des emplois de qualité pour tous et toutes est un enjeu pour Paris
A l’instar d’autres grandes zones métropolitaines et régions de l’OCDE, Paris fait face à un déclin des emplois de qualification intermédiaire et de niveau salarial moyen. Depuis le début des années 2010, l’emploi dans l’industrie manufacturière et dans les métiers exigeant un niveau de formation similaire a fortement diminué sur le marché du travail parisien. En effet, la dynamique d’emploi récente a bénéficié principalement aux postes qualifiés, ainsi que dans les emplois peu rémunérés et à faible productivité, notamment dans l’hôtellerie-restauration. Cette évolution participe à la polarisation du marché du travail, renforcée par un déficit de compétences qui limite la capacité des travailleurs à accéder à des emplois de meilleure qualité et mieux rémunérés. En France, les adultes accusent un retard en compétences fondamentales (par exemple : le calcul et la lecture) par rapport à leurs pairs internationaux (OCDE, 2024[38]). L’écart de compétences lié au niveau d’éducation figure parmi l’un des plus élevés de l’OCDE, ce qui contribue à freiner la mobilité économique des travailleurs peu qualifiés (Encadré 2.5).
Encadré 2.5. Résultats du Programme de l'OCDE pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) pour la France
Copier le lien de Encadré 2.5. Résultats du Programme de l'OCDE pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) pour la FranceLa France présente un gradient de compétences marqué selon le niveau d’éducation : les adultes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur obtiennent de meilleurs résultats que ceux ayant un niveau secondaire ou inférieur dans l’ensemble des domaines de compétences. Toutefois, même parmi les adultes les plus instruits, le niveau de compétences en France reste inférieur aux références internationales. En moyenne, les adultes diplômés du supérieur en France obtiennent un score de 255 en lecture et de 260 en numératie, contre des moyennes de 273 et 275 respectivement dans l’ensemble des pays de l’OCDE. Les adultes diplômés du supérieur dans des pays comme les Pays-Bas, la Finlande ou le Japon enregistrent des scores nettement plus élevés, généralement supérieurs à 280 points.
Le paysage des compétences en France se caractérise aussi par un écart important entre les différents groupes éducatifs. L’écart de compétences entre les adultes peu diplômés (niveau inférieur au second cycle du secondaire) et ceux ayant un diplôme de l’enseignement supérieur est de plus de 94 points en lecture et de 102 points en numératie. Cette tendance situe la France parmi les cinq pays avec les écarts de performance les plus élevés, aux côtés de l’Allemagne, de la Suisse, de Singapour et des États-Unis. La proportion d’adultes avec un faible niveau de compétence est importante en France : 28 % des adultes obtiennent un score au niveau 1 ou inférieur en lecture comme en numératie, contre 26 % et 25 % en moyenne dans l’OCDE, et 30 % obtiennent un score similaire en résolution de problèmes adaptative. À l’inverse, seuls 9 % des adultes atteignent les niveaux les plus élevés (niveaux 4 ou 5) en lecture, contre 12 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. Ces résultats révèlent des défis persistants pour le système d’éducation et de formation français, avec des implications importantes pour l’équité sociale et la performance économique. Les données suggèrent que si l’enseignement supérieur améliore les résultats, il ne garantit pas pour autant des compétences fondamentales solides, ce qui souligne la nécessité de renforcer la qualité de l’éducation et de promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie pour l’ensemble des adultes
De nombreux actifs en France souffrent de lacunes en compétences essentielles pour leur activité professionnelle : 32 % d’entre eux estiment avoir besoin de renforcer leurs compétences informatiques ou logicielles, et 23 % identifient des besoins en gestion de projet et en compétences organisationnelles. Ces compétences, tout comme la lecture, la calcule et la capacité à résoudre des problèmes, sont essentielles pour rester actif sur le marché du travail. Les adultes plus instruits et ceux qui sont en emploi tendent à mieux performer dans l’ensemble des domaines de compétences, ce qui met en évidence la nécessité croissante d’une offre de formation alignée sur les besoins du marché du travail, mais aussi accessible aux personnes sans emploi, notamment celles ayant de faibles niveaux de qualification.
Source : (OCDE, 2024[38]). (OCDE, 2024[39])
L’inadéquation entre le niveau de qualification et le poste occupé contribue souvent à une utilisation inefficace des compétences des travailleurs. Toutefois, comparée à d'autres régions métropolitaines de l’OCDE, ces inadéquations demeurent relativement faibles dans la Région Île-de-France. En 2023, 31,7 % des travailleurs occupaient un emploi qui ne correspondait pas avec leur niveau d’études, une proportion inférieure à la moyenne de l’OCDE (33 %), à la moyenne nationale (36,7 %) et à celle observée dans la plupart des régions comparables à l’international (Graphique 2.21). Entre 2013 et 2023, le taux d'inadéquation de niveau de qualification a diminué de plus de 7 points de pourcentage. Il s'agit de la deuxième baisse la plus importante parmi ses pairs internationaux, une évolution nettement plus importante que dans le reste de l'OCDE (-0,7 p.p.) et de la France (-4,2 p.p). En Île-de-France, cette amélioration s’explique presque exclusivement par une réduction significative de la part des travailleurs occupant des postes pour lesquels ils sont surqualifiés (–7,2 p.p.) (Graphique 2.22).
Graphique 2.21. L'inadéquation des compétences en Île-de-France est l'une des plus faibles parmi ses pairs et dans l'ensemble de l'OCDE
Copier le lien de Graphique 2.21. L'inadéquation des compétences en Île-de-France est l'une des plus faibles parmi ses pairs et dans l'ensemble de l'OCDEPart de l’inadéquation des compétences (%), 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2. Le graphique montre la part des personnes en emploi occupant un poste inadéquat (%) en 2023 pour l’Île-de-France, la moyenne de l’OCDE et certaines régions sélectionnées. Le classement est établi selon le niveau global d’inadéquation. L’inadéquation des compétences est mesurée selon la méthodologie des indicateurs « Skills for Jobs » de la Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE. Un travailleur est considéré comme en situation de d’inadéquation lorsque son niveau de qualification éducative ne correspond pas au niveau de compétence le plus courant parmi les travailleurs du même groupe professionnel dans le pays.
Source : Calculs de l’OCDE basés sur les enquêtes nationales sur la population active pour l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni.
Graphique 2.22. L’inadéquation de compétences en Île-de-France a connu une baisse significative ces des dix dernières années, bien plus prononcée que dans d’autres régions comparables.
Copier le lien de Graphique 2.22. L’inadéquation de compétences en Île-de-France a connu une baisse significative ces des dix dernières années, bien plus prononcée que dans d’autres régions comparables.Évolution de la part d’inadéquation des compétences en points de pourcentage, entre 2013 et 2023
Note : Les données utilisées sont au niveau régional TL2/NUTS2. Le graphique montre l’évolution de la part des personnes en emploi occupant un poste marqué par une inadéquation des compétences (en points de pourcentage) entre 2013 et 2023 pour l’Île-de-France, la moyenne de l’OCDE et certaines régions sélectionnées. Le classement est établi par ordre décroissant de la progression de l’inadéquation des compétences. L’inadéquation des compétences est mesurée selon la méthodologie des indicateurs « Skills for Jobs » de la Direction de l’emploi, du travail et des affaires sociales de l’OCDE. Un travailleur est considéré comme en situation d’inadéquation lorsque son niveau de qualification éducative ne correspond pas au niveau de compétence le plus courant parmi les travailleurs du même groupe professionnel dans le pays.
Source : Calculs de l’OCDE basés sur les enquêtes nationales sur la population active pour l’Union européenne, les États-Unis et le Royaume-Uni.
La réduction de l’adéquation entre le niveau d’éducation des travailleurs et leur emploi constitue un signal encourageant pour l’économie francilienne, mais des défis persistent. En effet, cette amélioration reflète principalement la situation des personnes déjà en emploi et ne capture pas les difficultés rencontrées par les demandeurs d’emploi ou les personnes inactives. Elle ne tient pas compte non plus de l’évolution rapide des besoins en compétences, sous l’effet des transformations technologiques, économiques et démographiques. Enfin, les compétences constituent souvent un meilleur indicateur des écarts sur le marché du travail que les seuls niveaux de diplôme. Ainsi, cette tendance ne permet pas d’appréhender l’inadéquation entre les compétences des personnes en recherche d’emploi et les besoins des employeurs à l’échelle locale. Les personnes au chômage ou inactives performent souvent moins bien dans les compétences nécessaires pour entrer et rester sur le marché du travail, telles que la lecture, l'écriture, le calcul et la résolution de problèmes d'adaptation. Par exemple, une augmentation d’un écart-type en calcul est associée à une probabilité plus élevée de quatre points d’être actif sur le marché du travail, et son impact sur les salaires dépasse celui d’une année supplémentaire d’éducation (OCDE, 2024[38]).
Encadré 2.6. La mobilité des travailleurs en France contribue-t-elle à réduire les inadéquations entre emploi et niveau d’éducation à Paris ?
Copier le lien de Encadré 2.6. La mobilité des travailleurs en France contribue-t-elle à réduire les inadéquations entre emploi et niveau d’éducation à Paris ?Les données disponibles suggèrent que les jeunes diplômés qui quittent d’autres villes françaises pour s’installer à Paris entre l’obtention de leur diplôme et leur emploi actuel (environ trois ans plus tard) sont moins susceptibles d’occuper un poste pour lequel ils sont surqualifiés, sur la base d’indicateurs objectifs et auto-évalués de l'inadéquation. Toutefois, les avantages de ces migrations ne sont pas uniformément répartis. Les effets positifs sont particulièrement marqués pour les titulaires d’un diplôme de niveau licence ou master (trois à quatre ans d’études supérieures), qui sont moins exposés à la surqualification lorsqu’ils résident à Paris. En revanche, ce constat ne se vérifie pas pour les diplômés de formations courtes (deux ans). Plusieurs facteurs peuvent expliquer que l’adéquation entre compétences et emplois soit plus efficace dans la région capitale. En tant que principal pôle économique du pays, Paris concentre un grand nombre d’emplois qualifiés et offre un marché du travail plus fluide, ce qui accroît les chances d’accéder à un emploi en adéquation avec les qualifications acquises. Les salaires y sont en moyenne 24 % plus élevés que dans le reste du pays, en grande partie en raison d’un niveau de compétences plus élevé de la main-d’œuvre et de processus de mise en relation plus efficaces. La forte concentration de travailleurs hautement qualifiés, conjuguée à une demande soutenue de la part des employeurs pour des compétences avancées, favorise une allocation plus efficiente des talents. Les effets positifs de la migration vers Paris sont sensiblement plus prononcés que ceux observés pour les mobilités vers d’autres régions françaises. Cette tendance met en évidence la forte capacité de la capitale à attirer et tirer profit d’une la main-d’œuvre hautement qualifiée.
Source: (Fouquet et Sari, 2023[40]).
De nouvelles inadéquations et pénuries de compétences émergent en Île-de-France, affectant un grand nombre d’employeurs et freinant le développement de leurs activités. Les tensions sur le marché du travail sont particulièrement marquées dans le secteur des technologies de l'information et de la communication, qui constitue à la fois un moteur important de la croissance économique régionale et une source d’emplois de qualité et bien rémunérés (voir Chapitre 3). Cette situation est d’autant plus préoccupante que les taux de chômage historiquement bas compliquent la recherche de talents, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME). En France, les PME sont plus nombreuses qu’ailleurs en Europe à signaler des difficultés de recrutement liées à un déficit de compétences : 62 % d’entre elles considèrent cela comme un problème sérieux, contre 54 % en moyenne dans l’Union européenne (European Commission, 2023[41]). Ces pénuries de main-d’œuvre qualifiée entraînent non seulement des retards de recrutement, mais aussi une surcharge pour les équipes en place, voire une limitation du développement de nouvelles activités.
Dans ce contexte de transformation rapide du marché du travail et d’émergence de nouvelles pénuries, l’accès à la formation continue et le développement des compétences jouent un rôle croissant. Cependant, la formation continue, relativement peu rependue à Paris par rapport aux villes du nord de l’Europe, pourrait contribuer à réduire l’inadéquation des compétences. L’apprentissage tout au long de la vie permet de réduire l’inadéquation des compétences, d’accélérer l’innovation et de stimuler la productivité, et contribue également à améliorer les niveaux de santé, de bien-être et de qualité de vie (OCDE, 2019[42] ; Brun-Schammé et Rey, 2021[43]). De même, le développement de compétences permettant aux travailleurs de s’adapter aux transformations numériques et environnementales accroit leur résilience face aux évolutions du marché du travail (OCDE, 2024[44]), et renforce leur capacité à préserver leur emploi. En Île-de-France, le taux de participation à la formation continue, qui englobe la formation formelle et non formelle, y compris sur le lieu de travail, s’élevait à 16% en 2023. Cette proportion est proche de la Région de Madrid (17%) et en deçà des taux de formation des plusieurs régions métropolitaines d’Europe du Nord. Dans les régions d’Oslo (Norvège) et Vienne (Autriche), le taux de participation s’élève à plus de 22%. Il atteint plus de 35% dans la région de Copenhague (Danemark), et dans la région de Stockholm (Suède) il dépasse 41% (Graphique 2.23). Plus d’1,6 million de franciliens supplémentaires devraient se former pour atteindre le même taux de participation que la région de Stockholm, et environ 410 000 pour avoir le niveau des régions d’Oslo et Vienne.
Graphique 2.23. Les franciliens se forment moins que les résidents des régions des capitales de l’Europe du Nord, ainsi que dans les Régions de Vienne et Madrid
Copier le lien de Graphique 2.23. Les franciliens se forment moins que les résidents des régions des capitales de l’Europe du Nord, ainsi que dans les Régions de Vienne et MadridParticipation à la formation pendant les 4 dernières semaines (%), 2023, population âgée de 25 à 64 ans
Note : Les données utilisées sont au niveau régionale TL2/NUTS2. Pour plus d'informations, veuillez-vous référer à la note de fin en conclusion de ce chapitre
Source : Eurostat pour les pays européens et Nomis pour le Royaume Uni.
La double transition verte et digitale ouvre des opportunités majeures pour Paris, à condition que les travailleurs et les entreprises soient prêts à en tirer parti
Les transitions numérique et écologique transforment les marchés du travail dans l’ensemble des villes de l’OCDE – et Paris ne fait pas exception. Le marché de l’emploi en Île-de-France fait face à des transformations structurelles, avec notamment la mise en œuvre croissante de politiques nationales et locales visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à accélérer l’adoption des technologies numériques. Les secteurs à fortes émissions pourraient connaître des baisses d’emploi, tandis que de nouvelles opportunités émergeront dans les secteurs contribuant à la durabilité environnementale (OCDE, 2023[45] ; OCDE, 2024[27]). Les technologies numériques – telles que les espaces de stockage dématérialisés, la robotique avancée et l’intelligence artificielle générative – modifient profondément l’organisation du travail (OCDE, 2023[46]). À ce jour, un quart des travailleurs des pays de l’OCDE sont déjà exposés à l’IA générative, une proportion qui pourrait dépasser 70 % dans un avenir proche. Les emplois liés à ces deux transitions – verte et numérique – sont davantage concentrés dans les marchés du travail urbains, en particulier dans les grandes zones métropolitaines où se trouvent les services à haute valeur ajoutée.
La double transition modifie la nature des emplois en tension et des compétences requises sur les au niveau local sur le marché du travail. À Paris comme dans de nombreuses autres régions et villes de l’OCDE, les tensions sur le marché du travail sont déjà visibles dans les professions liées aux transitions numérique et écologique. Dans près de 95 % des régions de l’OCDE, les métiers des technologies de l'information et de la communication (TIC) connaissent des pénuries de main-d’œuvre plus marquées que les autres professions, avec une tension en moyenne deux fois plus élevée. Les difficultés de recrutement sont également plus prononcées pour les métiers « verts » dans neuf régions de l’OCDE sur dix (OCDE, 2024[47]). Ces pénuries pourraient freiner la mise en œuvre de projets liés à la transition écologique, ralentir l’adoption des technologies numériques et, in fine, limiter la productivité, la croissance économique et l’innovation. À Paris, où l’activité économique et la densité de population sont élevées, la concurrence pour les talents qualifiés pourrait s’intensifier, compliquant l’adaptation de certaines entreprises – en particulier les PME – face à ces transformations.
L’évolution rapide des besoins en compétences, sous l’effet des transitions numérique et écologique, renforce l’importance de l’apprentissage tout au long de la vie et de la mobilité professionnelle. Une maîtrise de base des outils numériques est désormais indispensable pour exercer la plupart des métiers, mais d’importants écarts régionaux subsistent en matière d’accès à la formation et de niveaux de compétence (OCDE, 2022[48]). Dans les secteurs particulièrement exposés au risque de déclin lié à la double transition, et notamment dans les industries à fortes émissions, un approfondissement d l’accompagnement proposé aux travailleurs serait utile pour leur permettre de se repositionner sur de nouvelles opportunités professionnelles. Malgré une forte croissance des besoins, la participation des adultes à la formation est restée stable dans l’Union européenne entre 2016 et 2022 (OCDE, 2024[49]). Par ailleurs, la mobilité professionnelle demeure limitée, en particulier chez les travailleurs faiblement qualifiés, qui pourraient rencontrer davantage d’obstacles à la progression dans l’emploi dans ce contexte. Dans la région parisienne, combler ces lacunes sera essentiel pour éviter des tensions durables sur le marché du travail et prévenir un risque d’exclusion de certaines catégories de travailleurs. Cela permettra également de maximiser les gains de productivité et les opportunités économiques offertes par la double transition.
Pour Paris, la double transition ouvre une opportunité stratégique pour renforcer son positionnement en tant que pôle d’innovation et consolider la résilience de son économie régionale. En accélérant les transformations écologique et numérique, la ville peut attirer de nouveaux investissements, favoriser l’émergence de secteurs à forte valeur ajoutée, et créer des emplois de qualité dans un large éventail d’activités économiques. Le développement des chaînes de valeur vertes et numériques offre un levier pour renforcer les écosystèmes économiques locaux, accroître les capacités d’exportation et améliorer la compétitivité sur les marchés internationaux. L’adoption de technologies numériques avancées, telles que l’intelligence artificielle, peut contribuer à accroître la productivité, atténuer les tensions sur le marché du travail en automatisant certaines tâches répétitives, et recentrer les travailleurs sur des activités plus complexes et créatrices de valeur (OCDE, 2024[47]). Par ailleurs, le développement des emplois verts soutient les efforts de Paris en matière de transition climatique, en réduisant les émissions via des technologies plus propres, une meilleure efficacité énergétique et des infrastructures urbaines durables. Si elle est menée efficacement, cette transition peut favoriser à la fois l’inclusion sociale et la vitalité du marché du travail local, tout en soutenant les ambitions économiques et environnementales de la métropole.
Le chapitre 3 examine les effets de ces transitions sur le marché du travail à Paris et en Île-de-France, notamment en termes de création et de destruction d’emploi, d’évolution des besoins en compétences et d’apparition de nouvelles pénuries de main-d’œuvre. Le chapitre présente des données inédites sur l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur le marché du travail local, en identifiant les secteurs et les professions les plus exposés. Il s’appuie également sur des exemples internationaux pour éclairer les politiques susceptibles d’accompagner les publics vulnérables vers les métiers verts et numériques, ainsi que les usages potentiels de l’IA pour corriger les inadéquations de compétences et stimuler la productivité. Dans l’ensemble, ce chapitre explore les moyens par lesquels la Ville de Paris et les pouvoirs publics métropolitains peuvent mieux positionner les entreprises et la main-d’œuvre pour tirer pleinement parti du potentiel économique et en matière d’emploi de la double transition.
Une bonne coordination des politiques publiques pourra renforcer le potentiel économique de Paris.
Copier le lien de Une bonne coordination des politiques publiques pourra renforcer le potentiel économique de Paris.La gouvernance d’une métropole mondiale comme Paris soulève des défis importants. Une question centrale consiste à déterminer comment répartir les responsabilités et les ressources de manière à garantir les meilleurs résultats pour l’ensemble des personnes concernées. En effet, les décisions prises par la municipalité de Paris ont un impact bien au-delà des plus de 2 millions d’habitants de la capitale : elles affectent aussi les résidents de la zone métropolitaine qui y travaillent, consomment ou s’y rendent pour leurs loisirs. Assurer le bon fonctionnement de cet espace requiert donc une coordination renforcée : entre les 3 858 communes qui composent la zone métropolitaine (Tableau 2.3), entre les différents niveaux de gouvernement (local, régional, national), ainsi qu’entre les divers champs de politiques publiques. Ce besoin de coordination efficace devient d’autant plus crucial face à l’évolution démographique rapide et hétérogène que connaît la métropole parisienne.
L’accroissement de la population francilienne compense une baisse démographique de la Ville de Paris
Malgré l’arrivée de jeunes actifs et des étudiants, la population de la Ville de Paris connaît cependant une baisse démographique constante depuis 2015 (Insee, 2024[50]). Le coût de la vie élevé, les difficultés à se loger – liées aux prix élevés et amplifiées par la forte croissance des locations meublées touristiques6 – et une concurrence accrue sur le marché du travail figurent parmi les principaux facteurs qui motivent les départs de la capitale. La Région semble profiter de ces départs, puisque la population dans l’ensemble de ses départements – hors Paris – augmente. Ce phénomène, également connu sous le nom d’« effet donut », est courant depuis la pandémie de COVID-19 dans de nombreuses régions métropolitaines, où la demande de logement a augmenté plus rapidement autours des villes, dans les zones de navettage et au-delà, que dans les centres-villes (Ahrend et al., 2023[51]).
Tableau 2.3. Paris est en baisse démographique alors que la population croit en Île-de-France
Copier le lien de Tableau 2.3. Paris est en baisse démographique alors que la population croit en Île-de-France|
Population |
Part de la population française |
Nombre de communes |
||
|---|---|---|---|---|
|
Dernière année disponible |
Taux de croissance sur les dix dernières années |
|||
|
Ville de Paris |
2 087 600 |
-6% |
3% |
- |
|
Région Île-de-France |
12 419 900 |
3% |
18% |
1 266 |
|
Zone urbaine fonctionnelle de Paris |
13 171 056 |
4% |
20% |
3 858 |
Note : Pour Paris et l’Île-de-France, les données se réfèrent à la période 2014-2024. Pour la zone urbaine fonctionnelle, la période de référence est 2011-2021
Source : (Eurostat, 2025[52] ; Insee, 2025[53])
Une approche coordonnée permet de répondre au coût élevé du logement à Paris
Comme dans d’autres villes de l’OCDE, le coût de la vie élevé et les difficultés pour se loger risquent aussi de creuser les inégalités et de compromettre la performance du marché du travail. À Paris, l’accès au logement est un vrai enjeu : c’est la troisième zone métropolitaine (parmi celles disposant de données comparables) avec un prix au mètre carré pour l’achat d’un logement le plus élevé (Graphique 2.24). Ce défi lié au coût du logement ne se limite pas à Paris. Dans de nombreuses capitales, comme Séoul (Corée), la forte concentration de l’activité économique a entraîné une hausse marquée des prix immobiliers, compromettant l’accessibilité au logement et pouvant freiner l’attractivité de la ville pour de nouveaux travailleurs (OCDE, 2024[54]).
Graphique 2.24. Paris est l’une des régions métropolitaines de l’OCDE avec un cout du logement le plus élevé
Copier le lien de Graphique 2.24. Paris est l’une des régions métropolitaines de l’OCDE avec un cout du logement le plus élevéPrix au mètre carre (ZUF sélectionnées) – 2023 ou dernière année disponible
Le cout du logement est nettement plus faible dans le reste de la zone métropolitaine. En 2023, le prix médian au mètre carré à Paris dépassait 10 000 EUR (environ 15 500 USD PPA), contre un niveau inférieur de moitié dans 95 % des 3 858 communes de la zone métropolitaine, et inférieur d’un tiers dans près de 65 % d’entre elles (Graphique 2.25). Mais le logement demeure un facteur d’attractivité très limitant pour la Région en comparaison avec les autres régions en France, au sein de l’UE et de l’OCDE. En limitant la mobilité des travailleurs, ces difficultés entravent l’efficacité du marché du travail. Elles soulignent l’importance d’une offre de logements abordables et sociaux, ainsi que d’un réseau de transports en commun reliant pôles d’activité et zones d’habitat (OCDE, 2022[55]). Le coût très élevé du logement met également en évidence l’ampleur du phénomène de spéculation immobilière à Paris. Ce phénomène exerce une pression sur les prix, notamment en raison du développement des logements vacants (Apur, 2023[56]).
La Ville de Paris ne peut, à elle seule, répondre au besoin de logements abordables. Compte tenu des écarts de prix élevés entre la capitale et les communes de la couronne, toute stratégie visant à améliorer l’accessibilité au logement pourrait s’appuyer sur un développement de l’offre dans les zones périurbaines et la grande couronne. Une part importante des emplois parisiens peut être exercée de manière hybride, et la hausse relative des prix dans les zones de navettage observée depuis la pandémie de COVID-19 reflète une demande croissante pour des modes de vie plus résidentiels, à proximité des aménités urbaines (Ahrend et al., 2023[51] ; Özgüzel, Luca et Wei, 2023[57]).
Graphique 2.25. À Paris, le coût des habitations dépasse largement celui des banlieues
Copier le lien de Graphique 2.25. À Paris, le coût des habitations dépasse largement celui des banlieuesPrix des logements en coût de transaction par m2 en USD (PPA), 2023
L’efficacité des réseaux de transport contribue à une meilleure adéquation entre offre et la demande d’emploi
L’un des principaux facteurs de la hausse des prix immobiliers en Île-de-France est l’accessibilité aux opportunités économiques offertes par Paris (OCDE, 2020[58]). Il est donc essentiel d’envisager simultanément le développement de l’offre de logement et l’expansion du réseau de transport public métropolitain, afin de garantir l’accès à un logement abordable dans les zones disposant de réserves foncières. Cela suppose une coordination étroite entre les investissements dans les transports et la planification de l’usage des sols, en s’appuyant sur une logique de développement orienté autour des pôles de transport et la création d’emplois le long des principaux axes de mobilité (OCDE, 2020[59]).
Le renforcement des infrastructures de transport est un levier clé pour améliorer l’attractivité et la qualité de vie dans la métropole parisienne. Les grandes régions urbaines reposent en effet sur des réseaux de mobilité performants pour connecter efficacement les personnes à travers leur territoire. À Paris, plus de 90 % de la population vit à moins de 10 minutes à pied d’un point d’accès aux transports publics, un taux supérieur à la moyenne des grandes agglomérations de l’OCDE (84 %) (OCDE, 2024[60]). Grâce à cette proximité des transports en commun, dans la région métropolitaine parisienne, plus de 40 % des actifs utilisent les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail (Graphique 2.26).Pour renforcer l’accessibilité sur son territoire et réduire la dépendance à la voiture individuelle, en s’appuyant sur la construction de nouvelles gares pour encourager le développement de logements, la création d’emplois et la transition écologique. La stratégie régionale vise à densifier l’habitat et encourager la mixité fonctionnelle autour des futures stations. Le projet emblématique du Grand Paris Express prévoit la mise en service de 68 nouvelles stations d’ici 2030 dans des zones actuellement sous-desservies. Piloté par la Société du Grand Paris (SGP), ce programme inclut des appels à projets annuels pour encourager l’innovation dans l’aménagement des services et des espaces publics à proximité des gares. Par ailleurs, des observatoires territoriaux ont été mis en place pour suivre les dynamiques urbaines et garantir la cohérence entre les investissements en transport et les objectifs de développement urbain durable (OCDE, 2020[59]).
Graphique 2.26. Environ 43% of travailleurs de la zone métropolitaine de Paris se rendent sur leur lieu de travail en transports publics
Copier le lien de Graphique 2.26. Environ 43% of travailleurs de la zone métropolitaine de Paris se rendent sur leur lieu de travail en transports publicsPart des navetteurs par mode de transport (%), 2022 ou dernière année disponible
Tirer profit d’une meilleure coordination territoriale
La fragmentation administrative dans la métropole parisienne peut accentuer les inégalités socio-économiques et compliquer la mise en œuvre de politiques publiques inclusives. Paris fait partie d’une mosaïque de 3 858 communes, et elle-même est divisée en 20 arrondissements aux profils socio-économiques très contrastés : les plus aisés (7e, 8e, 16e, 6e) coexistent avec des territoires marqués par la pauvreté et le chômage, comme le 18e, le 19e ou la Seine-Saint-Denis (Murtin et Fadic, 2024[61]). Cette organisation morcelée, reposant sur une multitude d’administrations locales, peut entraîner une inégalité d’accès aux services, aux infrastructures et aux opportunités d’emploi, en particulier lorsque le financement dépend des ressources fiscales locales (OCDE, 2015[62]). La fragmentation favorise aussi des pratiques comme le zonage restrictif, freine la construction de logements abordables et limite l’intégration territoriale. Dans les transports publics, malgré le rôle central d’Île-de-France Mobilités, la diversité des opérateurs (RATP, SNCF, entreprises locales) et la séparation des compétences compliquent la coordination entre Paris et sa périphérie : celles-ci peuvent générer des ruptures de service aux frontières administratives, une couverture inégale, et un accès restreint au marché du travail pour les zones défavorisées (OCDE, 2019[63]) (ITF, 2022[64]). Ces effets sont particulièrement marqués dans les zones urbaines où les déplacements domicile-travail traversent fréquemment les limites communales (OCDE, 2019[63]). Ainsi, la fragmentation territoriale ne fait pas que nuire à l’efficacité de l’action publique : elle peut aussi entretenir une exclusion spatiale persistante dans l’ensemble de la région métropolitaine.
Les services publics de l’emploi (SPE) jouent un rôle central dans le système de compétences et d’emploi en France, mais leur efficacité dépend d’une coordination renforcée entre les différentes échelles administratives. La fragmentation institutionnelle des SPE peut limiter leur accessibilité et nuire à la mise en œuvre cohérente des politiques de l’emploi. À l’échelle de l’OCDE, l’accès aux services publics de l’emploi reste inégalement réparti sur le territoire, avec une proximité souvent corrélée au niveau de revenu des habitants (Almeida et al., 2024[65]). À Paris, 11 Points Paris Emploi sont répartis dans les 1er, 3e, 6e, 10e, 11e, 13e, 14e, 15e, 18e, 19e et 20e arrondissements. Ces structures proposent des services d’accueil, d’aide à la recherche d’emploi et d’orientation professionnelle. En parallèle de France Travail, plusieurs opérateurs tiers interviennent à l’échelle locale : la Mission locale de Paris (accompagnement des jeunes), l’EPEC (gestionnaire du Plan local pour l’insertion et l’emploi – PLIE) et l’École de la 2e Chance (E2C) de Paris (Ville de Paris, 2025[66]).
Comparée à des modèles plus intégrés comme ceux du Danemark, de la Suède ou de la Catalogne (Espagne), la structure française de l’accompagnement vers l’emploi apparaît plus fragmentée, avec une multiplicité d’acteurs fonctionnant sans cadre unifié de responsabilité. Ce morcellement institutionnel, conjugué à des pratiques limitées de partage de données et à une coordination opérationnelle insuffisante, freine l’efficience, complique le parcours des usagers et entrave le suivi de la performance (Ministry of Economy Finance and Industrial and Digital Sovereignty, 2023[67]). Face à ces enjeux, les autorités françaises développent actuellement un « réseau de l’emploi » plus intégré autour de France Travail, en réunissant acteurs de l’emploi et de l’insertion (OCDE, 2024[68]). Renforcer l’articulation entre les services publics de l’emploi locaux et les autres instances de gouvernance dans les domaines de l’emploi et des compétences sera essentiel pour améliorer la coordination et favoriser l’inclusion sur les marchés du travail locaux.
La gouvernance des politiques de formation professionnelle à Paris et en Île-de-France est d’autant plus complexe que de nombreux acteurs interviennent dans l’offre et le financement de la formation. Neuf parties prenantes principales — dont l’État et ses opérateurs, le Conseil régional, la Ville de Paris, ainsi que les Opérateurs de compétences (OPCO) et les chambres consulaires — sont chargées de structurer et de financer le système via des dispositifs variés. Cette gouvernance multi-niveau participe au développement d’une politique de formation riche et diversifiée, mais elle engendre également une fragmentation de l’offre qui complique la coordination et la planification stratégique. En Île-de-France, plus de 25 000 organismes de formation sont répertoriés, dont environ 10 000 à Paris, soulignant l’ampleur et la complexité du paysage régional de la formation (Chapitre 4).
La mise en place d’une gouvernance coordonnée au sein d’une zone métropolitaine comme celle de Paris offre la possibilité de limiter la fragmentation institutionnelle et ainsi de renforcer significativement la productivité. Les zones métropolitaines caractérisées par une gouvernance locale morcelée tendent à afficher une productivité du travail plus faible. Par exemple, doubler le nombre de municipalités dans une métropole est associé à une baisse de la productivité d’environ 6 %. Ce chiffre résiste au contrôle avec d’autres facteurs liés à la productivité du travail : la taille de la ville, le niveau d’éducation moyen, ou le statut de capitale, par exemple. Ce constat suggère que les effets négatifs de la fragmentation peuvent contrebalancer les externalités positives offertes généralement par les villes (OCDE, 2019[63]). Cet effet est néanmoins réduit presque de moitié lorsqu’une structure de gouvernance métropolitaine est en place. Ces instances favorisent une bonne coordination entre les politiques publiques, notamment en matière d’aménagement du territoire, d’infrastructures et de services. Dans les villes très denses comme Paris, où les externalités liées aux décisions locales sont particulièrement fortes, une gouvernance métropolitaine efficace est essentielle pour relever les défis partagés, éviter les redondances administratives et garantir une cohérence des actions publiques (OCDE, 2015[62]). Réduire la fragmentation à Paris implique donc une action concertée entre institutions, politiques d’infrastructure et instances de planification territoriale (Encadré 2.7).
Encadré 2.7. Leviers politiques pour répondre aux enjeux de fragmentation administratives
Copier le lien de Encadré 2.7. Leviers politiques pour répondre aux enjeux de fragmentation administrativesLa fragmentation administrative est fréquente dans les grandes zones métropolitaines, où de nombreuses communes coexistent au sein d’un même espace urbain fonctionnel. Si la décentralisation permet une meilleure réactivité locale, une fragmentation excessive peut entraîner des inégalités d’accès aux services de l’emploi, la duplication ou la mauvaise coordination des dispositifs de formation, ainsi qu’une déconnexion entre les lieux de résidence, d’emploi et de formation. Pour remédier à ces limites, des mécanismes de gouvernance coordonnée et des cadres de planification coordonnés sont nécessaires pour permettre aux métropoles de fonctionner comme des systèmes cohérents et efficaces.
Plusieurs leviers politiques sont disponibles pour réduire la fragmentation et à renforcer la coordination :
La mise en place d’instances de gouvernance métropolitaine et l’adoption d’outils de coordination : la création d’organismes de gouvernance à l’échelle métropolitaine peut faciliter l’alignement des politiques entre les différentes institutions locales. Ces instances, souvent dotées de compétences limitées, jouent un rôle clé comme espaces de dialogue institutionnalisé. Dans le domaine de l’emploi et des compétences, cela inclut la coordination des services publics de l’emploi, le partage de données entre opérateurs et l’alignement des investissements en formation avec les besoins du marché du travail métropolitain.
Le développement d’une offre de transport public à l’échelle métropolitaine : des réseaux de transport coordonnés améliorent la mobilité entre communes, facilitent l’accès à l’emploi et renforcent l’efficacité du système de transport. Les villes peuvent mettre en place des autorités régionales de transport ou conclure des accords intercommunaux pour assurer la continuité des services au-delà des limites administratives, éviter les doublons ou les zones non desservies, et simplifier la tarification et les horaires pour les usagers.
La mise en œuvre d’une planification sectorielle coordonnée : le développement de politiques d’aménagement, de transport et d’urbanisme coordonnées permet de réduire les déséquilibres spatiaux entre l’habitat, les emplois et les services. Des cadres de planification conjoints et des réglementations harmonisées entre juridictions contribuent à optimiser l’efficacité des infrastructures, à résoudre les conflits d’usage et à garantir un accès plus équitable au logement et aux services à l’échelle régionale.
Source : OCDE (2015[62]).
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Notes
Copier le lien de Notes← 1. En anglais Functional Urban Area (FUA)
← 2. Le terme startup désigne une entreprise nouvelle et innovante à fort potentiel de croissance et de spéculation sur sa valeur future. Ce modèle d'entreprise récent doit tout d'abord passer par une phase d'expérimentation de son modèle économique sur son marché (Bpifrance, 2024[70]).
← 3. Ou la zone de navettage.
← 4. Ce rapport porte sur une analyse régionale (TL2/ NUTS2) car ce niveau territorial permet de mieux appréhender l’étendue du bassin d’emploi parisien, ainsi que d’autres villes de l’OCDE. Les suivantes régions sont incluses dans cette revue : Berlin (Berlin), Catalogne (Barcelone), Communauté de Madrid (Madrid), Écosse (Glasgow), État de New York (New York), Greater London (Londres), Hambourg (Hambourg), Île-de-France (Paris), Lombardie (Milan), Massachusetts (Boston), Nord-Ouest de l’Angleterre (Manchester), Oslo and Akershus (Oslo), Région-Capitale (Copenhague), Région de l’Est et du centre de l’Irlande (Dublin), Région du Sud de l’Irlande (Cork), Stockholm (Stockholm), Vienne (Vienne).
← 5. Le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du niveau de vie médian de France métropolitaine .
← 6. Plus de 90 000 annonces sur Airbnb à Paris en décembre 2024. Plus d’informations sur l’évolution de la location meublée sont disponibles dans (Apur, 2025[69]).