La Norvège figure toujours parmi les économies les plus prospères et les plus égalitaires au monde, grâce à une gestion macroéconomique rigoureuse et à une main-d’œuvre hautement qualifiée. Pourtant, la croissance demeure modérée, l’inflation reste systématiquement supérieure à l’objectif de 2 % et le fonds souverain finance une part croissante des déficits budgétaires. Bien que la dynamique économique se redresse, les défis à relever restent exceptionnellement importants. Compléter le cadre budgétaire par un plan de dépenses à moyen terme pourrait contribuer à réduire les pressions en matière de dépenses et à préserver la viabilité à long terme des finances publiques. La politique monétaire devrait rester restrictive jusqu’à ce que l’inflation soit durablement ramenée à l’objectif. Le cadre de politique monétaire, en particulier le ciblage de l’inflation et l’indépendance de la banque centrale, fonctionne bien et devrait rester globalement inchangé. L’amélioration de la qualité de l’enseignement et la rationalisation des programmes scolaires contribueraient à améliorer les résultats dans l’enseignement primaire et le premier cycle du secondaire. L’approfondissement des relations commerciales, l’amélioration de la gestion des risques et le maintien de stocks suffisants de biens essentiels contribueraient à atténuer les risques de perturbation des chaînes de valeur mondiales. Les réformes réglementaires, notamment l’allègement des charges administratives et réglementaires pesant sur les start-ups, le renforcement des évaluations réglementaires et l’amélioration de l’efficacité des régimes d’insolvabilité, stimuleraient l’innovation et la productivité.
Études économiques de l’OCDE : Norvège 2026 (version abrégée)
Description
Synthèse
Messages clés
Copier le lien de Messages clésLa Norvège compte toujours parmi les économies les plus prospères et les plus égalitaires au monde, grâce à une gestion macroéconomique rigoureuse et à une main-d’œuvre hautement qualifiée. Pourtant, le ralentissement de la croissance de la productivité et l’augmentation des dépenses publiques mettent l’économie à l’épreuve et menacent la viabilité des finances publiques à long terme. Le conflit au Moyen-Orient fera grimper les recettes pétrolières, mais alimentera l’inflation et pèsera sur les actifs du fonds pétrolier. Les pouvoirs publics devront redoubler d’efforts pour réformer le cadre budgétaire et réglementaire afin de préserver les niveaux de vie dans le futur.
Le déficit structurel hors pétrole continue de se creuser, et l’inflation est persistante. Adjoindre à la règle budgétaire un plan de dépenses à moyen terme permettrait de préserver la viabilité à long terme des finances publiques. Continuer de mener une politique monétaire restrictive jusqu’à ce que l’inflation soit durablement ancrée à l’objectif. Le cadre de politique monétaire, actuellement en cours d’évaluation, fonctionne bien et devrait être maintenu globalement inchangé.
Les résultats de l’enseignement primaire et du premier cycle de l’enseignement secondaire se sont dégradés dans des proportions inquiétantes. Augmenter la qualité de l’enseignement et l’adapter aux besoins de chaque élève, continuer d’améliorer l’environnement scolaire et renforcer les évaluations contribuera à améliorer les résultats.
Les risques de perturbations des chaînes de valeur mondiales se sont accrus. Approfondir les relations commerciales, améliorer la gestion des risques et conserver des stocks suffisants de biens essentiels sont autant de mesures qui permettront de renforcer la résilience économique du pays.
Malgré des barrières à l’entrée d’un niveau globalement faible, les contraintes réglementaires systématiques sont lourdes. Les coûts induits par le respect de la réglementation et les obligations déclaratives font obstacle à la création et à l’expansion des entreprises. Les réformes de la réglementation, outre celles visant à renforcer les examens réglementaires, à alléger les charges administratives et réglementaires pour les start-ups et à accroître l’efficacité des régimes d’insolvabilité, permettraient de stimuler l’innovation et la croissance.
L’économie s’est redressée mais les risques s’accumulent
Copier le lien de L’économie s’est redressée mais les risques s’accumulentAvant le conflit au Moyen-Orient, l’économie de la Norvège continentale avait pour l’essentiel surmonté les conséquences de la pandémie et la crise du coût de la vie, et fonctionnait un peu au-dessus de ses capacités, alors que l’élan imprimé par l’activité pétrolière offshore s’estompait. Les tensions inflationnistes sous-jacentes se sont avérées plus fortes que prévu. Le conflit au Moyen-Orient redynamisera les recettes pétrolières. L’inflation devrait repartir à la hausse et rester supérieure à l’objectif. La politique budgétaire est modérément expansionniste. L’économie devrait bien résister, mais l’incertitude et les risques demeurent élevés.
L’économie s’est redressée, portée par l’augmentation rapide du revenu des ménages (Graphique 1). L’investissement des entreprises regagne une certaine vigueur, tandis que l’investissement en logements a cessé de se contracter. L’essor des exportations de pétrole et de gaz qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’estompe. La hausse des droits de douane imposés par les États-Unis a eu peu d’effets sur les exportations à ce jour
Le marché du travail se détend, mais des déséquilibres persistent. Le chômage se rapproche de 5 %, principalement du fait de l’augmentation du chômage des jeunes. Toutefois, l’emploi continue de se renforcer. Les pénuries de main-d’œuvre dans le secteur de la santé et les professions techniques restent importantes. Les salaires réels continuent d’augmenter sur fond de tensions sur le marché du travail.
L’inflation reste supérieure à l’objectif. Après un recul rapide consécutif à la pandémie, l’inflation globale a fluctué autour de 3 % pendant l’année 2025, principalement sous l’effet des tensions sur les coûts intérieurs. En mai 2026, le taux directeur a été relevé à 4.25 % pour faire face aux tensions inflationnistes. La couronne s’est appréciée depuis la fin de 2025, contribuant à atténuer l’inflation importée.
L’endettement des ménages s’accroît. Les règles macroprudentielles ont été légèrement assouplies, avec notamment un relèvement du ratio prêt/valeur du bien. Le marché du logement reste tendu, principalement à cause de l’insuffisance de l’offre de logements. La dette des ménages se creuse, et bien qu’elle soit portée par l’augmentation des revenus, elle mérite d’être étroitement surveillée.
Les projections restent entourées d’une incertitude considérable. La croissance du PIB continental devrait s’établir à 1.7 % en 2026 et à 1.5 % en 2027, soutenue par la consommation (Tableau 1). L’inflation globale devrait fléchir vers la fin de l’année 2026, tout en restant supérieure à l’objectif de 2 %. Les risques sont importants, surtout en ce qui concerne l’impact des évolutions au Moyen-Orient sur l’inflation et sur les recettes tirées des exportations de pétrole.
Graphique 1. L’économie s’est rééquilibrée, mais l’inflation demeure persistante.
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Note : Partie B, indices nationaux des prix à la consommation.
Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE ; et base de données de l’OCDE sur les prix.
Tableau 1. La croissance devrait rester soutenue
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(Croissance annuelle, sauf indication contraire) |
2024 |
2025 |
2026 |
2027 |
|---|---|---|---|---|
|
PIB continental réel¹ |
0.6 |
1.8 |
1.7 |
1.5 |
|
PIB réel |
1.4 |
1.1 |
1.3 |
1.2 |
|
Consommation privée |
1.3 |
2.7 |
2.4 |
1.5 |
|
Formation brute de capital fixe |
-1.4 |
1.3 |
1.1 |
2.0 |
|
Exportations |
5.8 |
2.4 |
1.7 |
1.1 |
|
Importations |
5.0 |
2.6 |
1.3 |
2.8 |
|
Taux de chômage (% de la population active) |
4.0 |
4.5 |
4.5 |
4.5 |
|
Indice des prix à la consommation |
3.2 |
3.0 |
3.1 |
2.3 |
|
Balance courante (% du PIB) |
15.0 |
13.8 |
17.1 |
12.3 |
|
Solde budgétaire (% du PIB) |
12.7 |
10.4 |
11.1 |
9.6 |
Note : 1. PIB hors pétrole et transport maritime.
Source : Base de données des Perspectives économiques de l’OCDE, n° 119.
Il faut renforcer le cadre budgétaire
Copier le lien de Il faut renforcer le cadre budgétaireLa Norvège mise massivement sur les sommes retirées du fonds pétrolier pour couvrir des déficits budgétaires hors pétrole conséquents et en hausse. Les dépenses publiques ne cessent d’augmenter depuis deux décennies et représentent désormais la part la plus élevée du PIB de la zone OCDE, mesurée par rapport au PIB continental. Compléter le cadre budgétaire avec un plan de dépenses à moyen terme renforcerait la discipline budgétaire. La réforme fiscale doit s’employer à réduire les prélèvements sur le capital et sur le travail.
Le déficit structurel hors pétrole continue de s’aggraver. L’excédent budgétaire global est passé de 25 % du PIB en 2022 à environ 10 % en 2025, tandis que le déficit structurel hors pétrole a atteint le niveau record de 11.6 % du PIB continental (Graphique 2). La règle budgétaire, qui plafonne les retraits moyens du Fonds à 3 %, est toujours respectée, puisque le taux de retrait s’établissait à 2.7 % en 2025. La valeur du Fonds dépasse 400 % du PIB.
La règle budgétaire devrait être complétée par un plan de dépenses. Les dépenses publiques en pourcentage du PIB continental ont augmenté de façon pratiquement continue au cours des deux dernières décennies et sont désormais les plus élevées de tous les pays de l’OCDE. Les sommes retirées du fonds couvrent plus d’un quart de ces dépenses, contre 3 % en 2001. Une baisse durable de la valeur du Fonds pourrait poser des problèmes considérables aux responsables de la politique budgétaire. La mise en place d’un plan relatif aux dépenses structurelles permettrait de freiner la croissance des dépenses et de limiter les dépenses excessives.
Graphique 2. Les dépenses publiques devraient être contenues
Copier le lien de Graphique 2. Les dépenses publiques devraient être contenues
Note : Partie B : PIB continental pour la Norvège.
Source : ministère des Finances, Budget national de 2026 ; OCDE, base de données des comptes nationaux.
Un cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) contribuerait à la discipline budgétaire. La Norvège est pratiquement le seul pays de l’OCDE dépourvu de CDMT. La mise en place d’un CDMT découragerait l’approche court-termiste de la politique budgétaire et garantirait une cohérence entre les décisions prises et leurs conséquences budgétaires futures. Dans le budget national pour 2026, des estimations de la marge budgétaire à moyen terme ont été présentées au Parlement.
Les prestations de maladie et d’invalidité sont généreuses. Les prestations de maladie et d’invalidité en Norvège sont parmi les plus généreuses de l’OCDE. Les dépenses de maladie et d’invalidité représentent environ 22 % des dépenses publiques totales, et plus de 8 % du PIB continental. L’absentéisme prolongé pèse également sur l’emploi, augmente le risque d’éloignement du marché du travail et sert de voie vers la retraite anticipée.
Les subventions, déjà élevées, sont en hausse. La part des subventions dans le PIB est élevée et ne cesse d’augmenter, surtout celles liées au climat. Les subventions agricoles sont les plus élevées de la zone OCDE, et ont souvent pour effet de fausser le marché et de nuire à l’environnement. La subvention à l’électricité « Norgespris » affaiblit les incitations à économiser l’énergie. Le gouvernement a l’intention de raboter les subventions en faveur de l’innovation, qui sont souvent mal ciblées et gérées par un ensemble disparate d’agences.
Il faudrait alléger les prélèvements fiscaux sur les entreprises. Le système fiscal de la Norvège est axé sur les recettes issues de la taxation des ressources naturelles. Le gouvernement compte lancer une réforme fiscale complète en vue de réduire les prélèvements sur le travail et sur le capital, ce qui est une initiative bienvenue. L’impôt sur le patrimoine net devrait être réduit en faveur d’un relèvement de l’impôt sur la propriété immobilière et sur les successions. La très faible imposition du logement doit également être réformée.
Le cadre de la politique monétaire devrait rester globalement inchangé. Le mandat de la banque de Norvège (Norges Bank) est actuellement réexaminé. L’expérience du ciblage flexible de l’inflation en Norvège est globalement positive, et a contribué à un niveau élevé et stable de la production. Aussi, le mandat révisé devrait réaffirmer et si possible renforcer le ciblage de l’inflation en tant qu’objectif principal de la politique monétaire. Il est également indispensable de préserver l’indépendance opérationnelle de la banque.
Améliorer les compétences fondamentales suppose de mener une réforme ambitieuse de l’éducation
Copier le lien de Améliorer les compétences fondamentales suppose de mener une réforme ambitieuse de l’éducationLes résultats de l’enseignement, tels que mesurée par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), sont tombés en dessous de la moyenne de l’OCDE et la proportion d’élèves en difficulté augmente. Le système éducatif peine à répondre aux besoins individuels des élèves et à garantir une qualité uniforme au sein des établissements scolaires. Une réforme globale du système éducatif devrait viser à améliorer la qualité de l’enseignement, simplifier le programme d’études et renforcer le contrôle de la qualité. Les services d’éducation et d’accueil des jeunes enfants devraient adopter des normes plus ambitieuses.
Les résultats du PISA se sont fortement dégradés au cours de la dernière décennie et sont désormais proches ou inférieurs à la moyenne de l’OCDE, malgré le niveau élevé des dépenses d’éducation (Graphique 3). La proportion d’élèves aux résultats médiocres a augmenté. La baisse des scores au PISA pourrait réduire la productivité à long terme d’environ 3 %. Les résultats aux tests nationaux affichent une évolution similaire, et la perte de motivation des élèves est probablement à l’origine de la dégradation des résultats. Pourtant, les compétences des adultes comptent toujours parmi les plus élevées de l’OCDE.
En dépit du caractère universel et complet du système éducatif norvégien, il peine à répondre aux besoins des élèves, qu'ils soient brillants ou en difficulté. Des mesures plus ciblées, telles que l’enseignement en petits groupes, l’évaluation différenciée au sein de la classe ou les classes à deux enseignants – permettraient de mieux répondre aux besoins individuels en matière d’apprentissage. Les compétences linguistiques des élèves issus de l’immigration devraient être évaluées plus systématiquement. L’exigence stricte concernant la taille des classes devrait être supprimée car elle n’améliore pas les résultats des élèves.
Graphique 3. Les scores au PISA ont fortement baissé
Copier le lien de Graphique 3. Les scores au PISA ont fortement baisséAméliorer la qualité de l’enseignement et de l’environnement scolaire pourrait contribuer à rehausser les résultats scolaires. L’évaluation des enseignants devrait être plus régulière et plus contraignante. Le programme d’études devrait être allégé et axé sur la pratique afin de favoriser l’acquisition des compétences fondamentales. Des évaluations plus standardisées permettront de mieux apprécier les compétences des élèves et d’augmenter l’égalité des chances. Renforcer le climat de discipline et appliquer l’interdiction de l’usage d’appareils numériques contribuera à améliorer l’apprentissage.
Les objectifs de l’éducation et de l’accueil des jeunes enfants (EAJE) devraient être plus ambitieux. Les dépenses publiques qui y sont consacrées avoisinent 1 % du PIB, et les frais d’inscription aux crèches - déjà faibles - ont été de nouveau abaissés en 2025. Bien que l’EAJE ne soit pas obligatoire, son usage est l’un des plus élevés de la zone OCDE. À l’avenir, il faudrait mettre l’accent sur l’apprentissage ludique et sur des initiatives systématiques visant à développer les compétences sociales et émotionnelles. Les incitations financières telles que les prestations en espèces, qui découragent l’EAJE pour les enfants qui commencent à marcher, devraient être supprimées.
Gérer les risques de perturbations des chaînes de valeur mondiales
Copier le lien de Gérer les risques de perturbations des chaînes de valeur mondialesEn tant qu’exportateur de produits de base essentiels, la Norvège est relativement peu exposée aux perturbations des chaînes de valeur mondiales (CVM). Son cadre de gestion des risques correspondant est décentralisé et flexible, de nombreuses responsabilités étant attribuées aux autorités locales, aux entreprises et aux ménages. La sécurité économique a gagné en importance compte tenu des tensions géopolitiques et économiques récentes. Pour renforcer la résilience, la Norvège devrait uniformiser la gestion des risques liés aux CVM, constituer des stocks de biens essentiels et accroître son ouverture aux échanges internationaux.
La Norvège est relativement peu exposée aux risques liés aux CVM. En tant qu’exportateur de produits de base en amont, la Norvège contrôle plusieurs CVM essentielles, y compris le pétrole, le gaz et l’électricité. Les risques du côté des importations sont bien diversifiés, et la part des combinaisons pays-produit vulnérables —telles que les terres rares et les semi-conducteurs — est l’une des plus faibles de la zone OCDE. Toutefois, l’exposition aux partenaires non européens a augmenté, tant pour les importations que pour les exportations.
Le système de gestion des risques est décentralisé et flexible. Les entreprises et les ménages assument pour l’essentiel la gestion des risques liés aux CVM. Le système de stocks mise avant tout sur les biens essentiels. Renforcer la coordination entre les organismes chargés de la gestion des stocks et pratiquer des évaluations plus normalisées des risques améliorerait la mesure des coûts et des avantages de l’action publique. Le concept d’autosuffisance devrait être remplacé par celui de sécurité d’approvisionnement.
Diversifier l’économie et abaisser les obstacles aux échanges permettrait de renforcer la résilience des chaînes de valeur mondiales. Les coûts des échanges restent sensiblement plus élevés en Norvège que la moyenne de l’OCDE, et l’exposition aux pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange a augmenté, tant pour les importations que pour les exportations. Conclure des accords de libre-échange supplémentaires et faciliter davantage les échanges contribuerait à mieux protéger les CVM.
Les dépenses de recherche-développement pourraient réduire la dépendance à l’égard des CVM critiques. Les dépenses de recherche-développement (R-D) sont relativement faibles. De nombreuses universités sont de petite taille, ce qui limite les économies d’échelle et de gamme en matière d’enseignement, de recherche et d’innovation. Une coordination plus étroite des programmes d’enseignement et de recherche entre universités favoriserait l’excellence dans les domaines des sciences et des technologies. Les programmes d’appui à la recherche et au développement de pointe devraient être développés et coordonnés à l’échelle internationale.
Redéfinir les cadres réglementaires permettrait de stimuler la dynamique des entreprises
Copier le lien de Redéfinir les cadres réglementaires permettrait de stimuler la dynamique des entreprisesIl faudrait redynamiser les entreprises pour libérer le potentiel des entreprises existantes et en devenir. Le taux d’entrée est en baisse et le développement des entreprises demeure limité. La réglementation existante devrait être réexaminée afin d’alléger les coûts de mise en conformité croissants et les obligations déclaratives tout en rationalisant le corpus réglementaire. Cela permettrait non seulement de faire baisser les coûts de la réglementation, mais aussi de lever des obstacles à l’entrée. Ces efforts devraient s’accompagner d’initiatives pour réduire les importants obstacles réglementaires dans certains secteurs clés et pour assouplir la restrictivité des régimes d’insolvabilité afin d’encourager l’entrepreneuriat.
Le nombre de réglementations auxquelles les entreprises doivent se conformer a sensiblement augmenté. Cette augmentation est allée de pair avec une hausse des coûts de mise en conformité et des obligations déclaratives. Les entreprises norvégiennes estiment que les contraintes réglementaires comptent parmi les principaux obstacles à leur activité. Si les réglementations environnementales et sociales norvégiennes visent à atteindre l’excellence, les coûts liés à leur respect sont encore plus élevés. Les obligations déclaratives sont fastidieuses et le manque de coordination entre autorités impose de soumettre plusieurs fois les mêmes documents. Selon les estimations de l’OCDE, ces coûts réglementaires sont plus élevés en Norvège que dans d’autres pays européens.
Bien que solide, le système d’élaboration des politiques présente quelques faiblesses (Graphique 4). Les réglementations contraignantes se sont accumulées au fil du temps. Les réglementations existantes sont parfois évaluées, mais leurs principaux éléments ne font pas l’objet d’un examen systématique. Les réglementations doivent rester adaptées à leur finalité lorsque les circonstances évoluent et atteindre leurs objectifs de manière rentable. Un vaste réexamen des réglementations devrait être engagé, en associant les parties prenantes et dans la perspective d’engager des réformes. Bien que les parties prenantes soient généralement actives, un contrôle plus efficace des contacts avec les groupes d’intérêt et des conflits d’intérêts permettrait d’atténuer le risque d’influence indue par l’exercice du lobbying.
Les charges administratives et réglementaires pesant sur l’entrée des entreprises sur le marché demeurent élevées, surtout dans certains secteurs et pour les filiales étrangères. Le nombre de procédures et d’organismes publics qui doivent être contactés pour créer une entreprise est élevé, malgré l’existence de la plateforme numérique commune « Altinn ». Il convient d’alléger les obligations déclaratives excessives en les regroupant, car beaucoup comportent des éléments qui font double emploi. Les procédures d’octroi de licences deviennent particulièrement complexes lorsqu'il y a plusieurs objectifs à atteindre et qu’une coordination entre plusieurs organismes publics s’impose. Dans le secteur de l’énergie, les procédures d’obtention de licences pour l’installation de nouvelles centrales, y compris les autorisations des autorités locales, devraient être rationalisées tout en limitant les ingérences politiques.
Les régimes d’insolvabilité devraient être davantage axés sur les entreprises. En Norvège, les régimes d’insolvabilité ont tendance à entraîner trop souvent la liquidation des entreprises. Les autorités devraient s’employer à restructurer les entreprises viables et à encourager les parties prenantes à recourir plus fréquemment aux procédures de restructuration. Le régime de faillite personnelle est particulièrement pénalisant, et devrait être allégé en raccourcissant le délai de libération. Enfin, au vu du nombre de petites entreprises qui sont placées en liquidation judiciaire par manque de ressources et de comptabilité en bonne et due forme, un régime spécial pour les PME devrait être rétabli, prévoyant des contraintes administratives réduites et une assistance technique.
Graphique 4. Le cadre réglementaire doit être amélioré dans certains domaines
Copier le lien de Graphique 4. Le cadre réglementaire doit être amélioré dans certains domainesL’indicateur global de RMP et ses composantes, 2023
Note : Le score varie sur une échelle de 0 à 6 (du degré de restriction le plus faible au plus élevé). L’indicateur de base et les six composantes intermédiaires sont présentés.
Source : Base de données de l’OCDE des indicateurs de réglementation des marchés de produits.
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PRINCIPALES CONCLUSIONS |
PRINCIPALES RECOMMANDATIONS |
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Politiques macroéconomiques |
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L’inflation reste supérieure à l’objectif. |
Continuer à mener une politique monétaire restrictive jusqu’à ce que l’inflation soit durablement ancrée à l’objectif. Relever les taux d’intérêt en cas de risque de désancrage de l’inflation. |
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Le mandat de la banque de Norvège sera renouvelé en 2026. La banque a publié une évaluation du cadre de la politique monétaire actuelle, qui conclut que l’expérience du ciblage flexible de l’inflation est globalement positive. |
Réaffirmer et éventuellement renforcer le ciblage de l’inflation en tant qu’objectif principal de la politique monétaire, tout en préservant l’indépendance opérationnelle de la banque de Norvège. |
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Le marché du logement s’est détendu. Toutefois, les prix des logements restent élevés et l’investissement dans la construction de logements neufs est atone, ce qui laisse penser que l’offre de logements neufs se heurte à des contraintes structurelles. |
Réformer la politique d’aménagement du territoire afin d’augmenter les surfaces constructibles et de favoriser la densification. |
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Les dépenses en pourcentage du PIB ont augmenté au cours de la dernière décennie, contrairement à d’autres pays nordiques. Les sommes retirées du fonds souverain financent désormais 27 % des dépenses publiques (contre 3 % en 2001), ce qui aggrave la dépendance de la politique monétaire à l’égard de la valeur du Fonds et expose le budget à un risque important lié au marché financier. |
Adjoindre à la règle budgétaire un plan de dépenses structurelles pour freiner la croissance des dépenses, limiter les dépenses excessives et lisser les dépenses dans la durée. Prévoir des clauses dérogatoires permettant d’ajuster les dépenses en cas de fluctuations importantes de la valeur du fonds souverain. |
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Les examens des dépenses sont de portée étroite et non systématiques. |
Réaliser des examens plus exhaustifs des dépenses, élargir leur périmètre et appliquer leurs conclusions. |
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Le régime de prestations de maladie et d’invalidité est généreux, ce qui décourage l’emploi et génère des coûts budgétaires élevés. Les taux effectifs d’imposition pénalisent surtout les jeunes. Un essai contrôlé randomisé à grande échelle est actuellement mené pour tester les effets d’un abattement d’impôt lié aux revenus du travail. |
Accroître le taux d’activité et réduire le coût budgétaire du régime de maladie et d’invalidité en ajustant les taux des prestations, augmentant la participation des employeurs et encourageant les interventions précoces et les évaluations médicales indépendantes. |
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Les subventions sont élevées par rapport au PIB. Le soutien des revenus agricoles est le plus élevé de la zone OCDE. Le système Norgespris, la compensation carbone pour les entreprises grandes consommatrices d’énergie et plusieurs aides financières temporaires en matière d’énergie sont coûteuses et réduisent les incitations à réaliser des économies d’énergie. |
Réduire les subventions génératrices de distorsions économiques et dommageables pour l’environnement et s’employer à les supprimer, surtout dans l’agriculture et la compensation carbone. Supprimer les aides financières temporaires à l’énergie. |
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Le système fiscal fait peser une charge relativement lourde sur le travail et sur le capital, tandis que la consommation et les logements occupés par leur propriété sont peu taxés par comparaison. Le système de TVA comporte de nombreux taux réduits. |
Engager une réforme fiscale complète en vue de réduire les prélèvements sur le travail et sur le capital, et augmenter les impôts sur les successions et la propriété immobilière. Supprimer les taux réduits de TVA. |
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Réformer l’éducation pour renforcer les compétences de base |
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Les scores au PISA sont en baisse. Ils varient beaucoup d’un établissement à l’autre, du fait que le système éducatif norvégien, universel et global, est conçu pour répondre aux besoins de l’élève moyen. |
Adapter l’enseignement aux besoins de chaque élève pour que chacun puisse concrétiser son potentiel. |
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L’exigence d’un ratio enseignant-élèves élevé fait grimper les coûts et ne semble pas avoir de lien avec la qualité. |
Supprimer le ratio enseignant-élèves en faveur de mesures plus ciblées, comme l’enseignement en petits groupes, l’évaluation différenciée au sein de la classe et les classes à deux enseignants. |
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Malgré les réformes menées ces dernières années, le programme d’études est parfois vague, et des frictions se produisent entre l’amélioration des compétences de base et le renforcement des compétences sociales et émotionnelles. |
Rationaliser le programme d’études, renforcer les compétences de base, clarifier les attentes en matière de compétences sociales et émotionnelles et les rendre plus opérationnelles. |
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La participation d’enfants issus de ménages défavorisés, et notamment des enfants d’immigrés, reste relativement faible. Certaines prestations sociales incitent à scolariser les jeunes enfants à domicile. |
Supprimer toutes les incitations financières qui dissuadent les familles d’envoyer leurs enfants dans des structures d’éducation et d’accueil des jeunes enfants. |
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Gérer les risques de perturbations des chaînes de valeur mondiales |
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En tant qu’exportateur de produits de base essentiels, la Norvège est relativement moins exposée aux risques liés aux CVM. Son système de gestion des risques correspondant est décentralisé et flexible, de nombreuses responsabilités étant déléguées aux autorités locales et aux entreprises. |
Améliorer la coordination entre les différentes instances, notamment entre la protection civile et le ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Pêche. Évaluer les vulnérabilités et les risques liés aux CVM à la fois pour les importations et les exportations, y compris le coût de l’action publique. |
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L’exposition aux pays n’ayant pas conclu d’accord de libre-échange a augmenté, tant pour les importations que pour les exportations, tandis que les échanges avec l’Europe sont en recul. La Norvège ne fait toujours pas partie de l’union douanière de l’UE. |
Généraliser et approfondir les accords de libre-échange, notamment avec les pays avec lesquels les échanges commerciaux sont en expansion. Approfondir l’accord sur l’EEE pour faire en sorte que la Norvège conserve un accès total aux marchés européens. |
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Redéfinir les cadres réglementaires pour stimuler la dynamique des entreprises |
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Les entreprises s’inquiètent des coûts de mise en conformité avec la réglementation et des charges administratives résultant du nombre croissant de réglementations. |
Procéder à un réexamen général des réglementations axé sur la réduction des coûts de conformité et des charges administratives pour les entreprises, en associant un large éventail de parties prenantes. |
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Malgré l’existence d’une plateforme numérique sophistiquée (« Altinn »), le nombre d’organismes publics auxquels les entreprises doivent communiquer des informations reste élevé en pratique, ce qui est particulièrement contraignant pour les entreprises nouvelles et de petite taille. Cela s’explique par la complexité des obligations déclaratives individuelles et le manque de coordination entre les instances publiques. |
Mettre en place un dispositif par lequel les petites entreprises communiquent une seule fois les informations relatives aux déclarations comptables et fiscales annuelles. |
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Rien n’oblige à ce que les licences d’exploitation soient proportionnées au risque. Dans certains cas, les critères à remplir pour obtenir et renouveler une licence sont excessivement stricts. |
Évaluer le bien-fondé des obligations de licence en vigueur à tous les niveaux de l’administration et appliquer systématiquement un critère de proportionnalité par rapport au risque. |
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Les procédures d’obtention de licences pour la production d’électricité restent contraignantes et très longues. Très souvent, l’installation de nouvelles centrales électriques est bloquée par les communes, reflétant des préoccupations allant bien au-delà des questions d’urbanisme. |
Rationaliser et raccourcir les procédures d’octroi de licences pour l’ouverture de nouvelles centrales en réduisant le nombre d’organismes publics qui évaluent et autorisent l’installation de centrales. Envisager de publier des lignes directrices ou des critères pour encadrer les décisions des communes concernant l’installation de nouvelles centrales électriques. |
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Les individus en faillite doivent passer par plusieurs étapes pour obtenir la remise de leurs dettes antérieures à la faillite, et ce processus prend beaucoup de temps. |
Simplifier le processus de remise des dettes antérieures à la faillite et réduire le délai correspondant. |
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Un régime d’insolvabilité simplifié pour les PME a été mis en place en 2020 mais a été résilié en 2025, faute d’être largement employé. |
Rétablir un régime d’insolvabilité simplifié pour les PME comportant des obligations administratives allégées et un soutien technique. |
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