Pour les administrations et institutions les plus avancées, les cadres de résultats globaux sont devenus un instrument permettant non seulement de suivre les résultats généraux, mais aussi de consolider un processus de transformation organisationnelle qui influe sur des éléments matériels et immatériels. Plus précisément, l’instauration de ces cadres est utilisée pour favoriser six types de transformations :
Promouvoir une culture de l’apprentissage : Le cadre général, lorsqu’il est appuyé et utilisé par les dirigeants pour examiner les progrès accomplis, encourage un état d’esprit selon lequel les échecs et les lacunes représentent non pas des pièges, mais des possibilités d’apprentissage et d’amélioration. Par exemple, le Rapport 2021 d’évaluation du MOPAN (Multilateral Organisation Performance Assessment Network (MOPAN), 2021[2]) a félicité l’UNICEF pour sa démarche d’« apprentissage permanent » en matière de développement organisationnel, soutenue par une culture de résultats bien ancrée et la mise en place d’un système robuste de gestion axée sur les résultats.
Promouvoir la coordination intersectorielle et entre organismes : Les cadres globaux incitent à dépasser les obstacles internes et externes et à veiller à ce que l’ensemble des efforts soit coordonné afin d’éviter les doubles emplois, de favoriser les synergies et de renforcer l’impact. Ils peuvent servir de point d’ancrage cohérent pour améliorer la division du travail au sein d’une organisation ou à l’échelle d’un pays. Le programme Vision 2020 Umurenge du Rwanda, par exemple, a été salué pour son efficacité en termes de coordination entre les différents services de l’administration centrale, les partenaires internationaux du développement et les ONG, qui s’est traduite par une efficience et un impact accrus.
S’appuyer sur les technologies pour la gestion et la visualisation des données : Dans le prolongement de ces cadres, certaines institutions utilisent des outils numériques pour améliorer l’efficacité de la collecte, de l’analyse et de la visualisation des données, afin de faciliter la prise de décision et la communication. Le groupe d’évaluation d’impact sur le développement (DIME) de la Banque mondiale s’appuie massivement sur les technologies pour gérer et visualiser les données issues de ses évaluations d’impact complexes, améliorant ainsi l’accessibilité et la compréhension des résultats.
Intégrer les questions relatives au genre et à l’inclusion sociale : Le cadre de résultats global peut être utilisé pour refléter les besoins et les perspectives de tous les segments de la population, notamment les femmes, les jeunes et les groupes marginalisés, dans l’ensemble des actions menées par l’administration ou l’organisme de développement. Non seulement cela ajoute une dimension quantitative et contrôlable au thème, mais cela accroît aussi son importance sur le plan politique en interne. La politique d’aide internationale féministe du Canada en est un bon exemple, avec son cadre de résultats explicitement axé sur l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes et des filles (voir chapitre 7).
Les administrations et les organismes de développement les plus avancés exploitent de façon plus poussée encore leurs cadres de résultats globaux afin de renforcer leur agilité, leur utilité et leur capacité à faire face à l’incertitude en adoptant des méthodes de gestion adaptative et en faisant preuve de flexibilité, en utilisant l’analyse prédictive et la planification de scénarios, en intégrant des mécanismes de gestion des risques, en investissant dans le renforcement des capacités associées dans l’ensemble de l’organisation, en favorisant une culture de l’innovation et de la mise à l’échelle, en adoptant une perspective systémique lors de l’élaboration de ce type de cadre, et en adoptant un état d’esprit novateur quant à la façon d’utiliser ces cadres dans le but de renforcer la redevabilité (par exemple vis-à-vis du parlement) et la communication (par exemple à destination de la population) (voir chapitre 6).