L’Inde présente l’une des ESP les plus négatives de tous les pays couverts par le présent rapport, avec une moyenne de -9.2 % des recettes agricoles brutes (RAB) en 2023-2025. Le soutien net aux producteurs en Inde est resté négatif au cours des deux dernières décennies, mais son niveau fluctue d’une année à l’autre. Les chiffres négatifs du soutien aux producteurs laissent penser qu’en moyenne, les producteurs nationaux ont été implicitement taxés, car les paiements budgétaires dont ils bénéficiaient ne compensaient pas l’abaissement des prix lié à l’ensemble complexe de règles de commercialisation et de mesures commerciales nationales. Presque tous les transferts bruts aux producteurs (qu’ils soient positifs ou négatifs) sont mis en œuvre sous les formes susceptibles de générer le plus de distorsions de la production et des échanges.
Le soutien aux producteurs en 2023-2025 comprend un soutien des prix du marché (SPM) positif de +3.5 % des recettes agricoles brutes pour les produits qui bénéficient d’un soutien et un SPM négatif pouvant atteindre -23.4 % pour ceux qui sont taxés. Des restrictions à l’exportation se sont appliquées, en 2023-2025, à diverses variétés de riz, de blé, de sucre, d’oignons et de produits dérivés (par exemple, la farine de blé). Les produits faisant l’objet de transferts au titre d’un seul produit (TSP) positifs, pouvant aller de 5.9 % à 25.8 % des recettes par produit en 2023‑2025, sont notamment le blé, le maïs, le sucre, la viande de volaille et les œufs.
Les subventions à l’utilisation d’intrants variables, en particulier les engrais, l’électricité et l’eau d’irrigation, occupent une place prédominante dans les transferts budgétaires aux producteurs, qui se sont élevés en moyenne à 10.7 % des RAB en 2023-2025. Toutefois, les dotations budgétaires au programme de transferts directs de revenu, PM-KISAN, augmentent depuis la mise en œuvre de celui-ci en 2018 et représentaient 7.5 % des dépenses budgétaires en 2023-2025.
Les dépenses publiques finançant les services d’intérêt général destinés au secteur (estimation du soutien aux services d’intérêt général, ESSG) représentent environ la moitié du niveau des subventions aux intrants variables et se sont élevées en moyenne à 4.3 % de la valeur de la production agricole en 2023-2025, contre 3.2 % en 2000-2002. Les mesures relatives aux services d’intérêt général portent principalement sur le développement et l’entretien des infrastructures (85 % du soutien aux services d’intérêt général en 2023-2025), notamment celles liées à l’irrigation.
Certaines mesures ont une incidence sur les prix agricoles et apportent un soutien implicite aux consommateurs. Les subventions alimentaires découlant du système de distribution publique ciblée ont également réduit le coût des produits pour les consommateurs. Au cours de la période 2023-2025, l’estimation du soutien aux consommateurs représentait en moyenne 26.5 % des dépenses brutes mesurées aux prix au départ de l’exploitation.
L’estimation du soutien total au secteur était d’environ -0.02 % du PIB en 2023-2025, contre +1 % en 2000-2002. Néanmoins, les dépenses budgétaires pour le secteur ont représenté jusqu’à 2.6 % du PIB au cours des dernières années, ce qui signifie que les politiques agricoles ont un coût significatif pour l’économie indienne.