Population née à l’étranger – 2024 | 20.5 % de la population | Principaux pays de naissance : |
2.2 millions, 50 % de femmes | Évolution depuis 2014: +42 % | Syrie (9 %), Iraq (7 %), Finlande (6 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Suède
Copier le lien de SuèdeEn 2024, la Suède a accueilli 76 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit une baisse de 13 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 35 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 16 % de migrants de travail, 44 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 5 % de migrants humanitaires. Environ 12 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 2 800 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (hors migration intra-UE). En outre, 78 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés sont généralement employés sous contrat de courte durée.
L’Inde, la Pologne et l’Allemagne étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Chine a enregistré la plus forte augmentation (700) et la Syrie la plus forte diminution (‑1 400) des flux vers la Suède par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 24 %, pour atteindre environ 6 800. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (900), d’Ouzbékistan (400) et d’Afghanistan (400). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants nigérians (25) et la plus forte diminution les ressortissants ouzbeks (‑300). Sur les 9 690 décisions prises en 2024, 34 % étaient positives.
L’émigration des citoyens suédois vers les pays de l’OCDE a augmenté de 5 % en 2023, pour atteindre 22 000 personnes. Environ 18 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 15 % vers l’Allemagne et 10 % vers la Norvège.
Au cours des dernières années, la Suède a mis en œuvre une série de réformes visant à établir un cadre d’immigration et d’asile plus restrictif et plus pérenne, tout en mettant davantage l’accent sur le retour volontaire et la réintégration, ainsi que sur des mesures destinées à attirer des chercheurs et des travailleurs hautement qualifiés.
Différentes propositions sont en cours d’élaboration par le gouvernement pour renforcer le statut de la citoyenneté suédoise. Celles-ci portent notamment sur un allongement de la durée de séjour requise (huit ans dans un premier temps) et sur un conditionnement de l’accès à la citoyenneté à une obligation d’autonomie financière, à un mode de vie honnête et à un niveau défini de maîtrise du suédois et de connaissances civiques. Ces modifications législatives devraient entrer en vigueur au milieu de l’année 2026. Une commission constitutionnelle examine actuellement différentes questions concernant le respect des libertés et droits fondamentaux. Le gouvernement préparera les modifications proposées afin qu’il soit possible de révoquer la citoyenneté suédoise lorsque des personnes disposant d’une double nationalité ont commis des crimes particulièrement graves. L’Agence suédoise des migrations (Migrationsverket) est également chargée de mettre en œuvre des mesures supplémentaires efficaces pour empêcher, autant que possible, que n’accèdent à la nationalité suédoise des personnes représentant une menace pour la sécurité ou qui résident en Suède sous une fausse identité.
Depuis le 1er avril 2025, la possibilité pour les demandeurs d’asile déboutés d’obtenir un permis de travail sans quitter le territoire a été supprimée, mettant ainsi fin à l’option de « changement de voie » (spårbyte). Les conditions de vie des Ukrainiens bénéficiant d’une protection temporaire se sont améliorées grâce à une modification législative permettant de déclarer plus rapidement son lieu de résidence, et par là même d’accéder de façon accélérée aux aides à l’intégration, aux prestations sociales, aux soins de santé et au marché du travail.
Dans sa loi de finances pour 2025, le gouvernement a présenté des mesures visant à encourager le rapatriement volontaire. Le système actuel a été modifié afin de permettre une augmentation de l’aide au rapatriement en 2026, la portant à 350 000 SEK maximum pour une personne seule ou 600 000 SEK pour une famille, soit une augmentation sensible par rapport aux 10 000 SEK maximum par adulte et 40 000 SEK par famille prévus jusque‑là. Le gouvernement présentera des propositions en ce sens à une date ultérieure.
En janvier 2025, le gouvernement a adopté un projet de loi visant à garantir que davantage de personnes frappées d’une mesure d’expulsion retournent réellement dans leur pays d’origine. Ce projet de loi prévoit également de porter de quatre à cinq ans la période de validité des décisions de refus d’entrée ou d’expulsion. L’Agence suédoise des migrations a en outre été autorisée à prononcer des interdictions d’entrée plus longues à l’encontre des personnes qui n’ont pas quitté la Suède à la suite d’une décision d’expulsion.
Pour attirer les travailleurs hautement qualifiés et faciliter leur recrutement, la Suède a mis en œuvre la nouvelle Directive relative à la carte bleue européenne. Les principales modifications incluent un abaissement des seuils salariaux minimums et une diminution de la durée requise des offres d’emploi. Ces modifications législatives sont entrées en vigueur le 1er janvier 2025. Le gouvernement suédois a par ailleurs reçu des propositions issues d’une enquête sur l’amélioration des conditions d’accueil des doctorants et des chercheurs internationaux. L’une de ces propositions vise par exemple à faciliter et à accélérer l’accès à la résidence permanente et à assouplir les conditions de changement du motif de séjour à partir du territoire national. Afin de lutter contre l’utilisation abusive des permis d’études, il est également proposé de mettre en place des restrictions plus sévères en matière de travail et des exigences plus strictes en matière de progression dans les études pour les étudiants en mobilité internationale. Ces mesures devraient entrer en vigueur le 1er mars 2026.
Pour plus d’informations : www.migrationsverket.se | www.regeringen.se.