Population née à l’étranger – 2024 | 16 % de la population | Principaux pays de naissance : |
2.9 millions, 52 % de femmes | Évolution depuis 2014: +49 % | Türkiye (8 %), Pologne (6 %), Suriname (6 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Pays-Bas
Copier le lien de Pays-BasEn 2024, les Pays-Bas ont accueilli 183 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit une baisse de 6.4 % par rapport à 2023. Ce chiffre comprend 47 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 13 % de migrants de travail, 23 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 17 % de migrants humanitaires. Environ 22 000 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 2 500 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (hors migration intra-UE). En outre, 193 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 11 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés sont généralement employés sous contrat de courte durée.
L’Ukraine, la Pologne et la Syrie étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Syrie a enregistré la plus forte augmentation (2 500) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑66 000) des flux vers les Pays-Bas par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 17 %, pour atteindre environ 32 000. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (12 000), d’Irak (2 200) et de Türkiye (1 900). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants irakiens (700) et la plus forte diminution les ressortissants syriens (‑1 500). Sur les 21 000 décisions prises en 2024, 75 % étaient positives.
L’émigration des citoyens néerlandais vers les pays de l’OCDE a diminué de 2 % en 2023, pour atteindre 42 000 personnes. Environ 21 % de ce groupe a émigré vers l’Espagne, 18 % vers la Belgique et 13 % vers l’Allemagne.
En décembre 2024, le gouvernement néerlandais a approuvé un programme d’action complet en matière d’asile, sur proposition du ministère des Migrations et de l’Asile, avec pour objectif de réduire la pression sur le système national d’asile. Ce programme prévoit notamment de limiter le droit au regroupement familial, de durcir les conditions d’accès à un hébergement et aux aides financières pour les demandeurs d’asile ayant peu de chances d’obtenir une protection, et d’accélérer les procédures concernant les ressortissants des pays d’origine sûrs. Ces mesures devraient permettre la mise en place de procédures d’asile plus rapides et plus efficaces, et d’augmenter par là même le nombre de retours de demandeurs d’asile déboutés. En vertu de la proposition de loi d’urgence sur l’asile, le gouvernement néerlandais souhaite remplacer le permis de séjour permanent au titre du droit d’asile par un permis à durée déterminée de trois ans, dont le renouvellement devra faire l’objet d’un nouvel examen.
Parallèlement à cela, et face aux tensions qui s’exercent actuellement sur le système d’accueil des demandeurs d’asile, l’Agence centrale d’accueil des demandeurs d’asile (Centraal Orgaan opvang asielzoekers, COA) a augmenté sa capacité d’hébergement provisoire par le biais d’accords avec des communes et des partenaires du secteur privé. Le manque de moyens restait toutefois un problème important au début de l’année 2025, mais des projets sont en cours pour pérenniser un cadre d’accueil viable à long terme.
En septembre 2024, le gouvernement néerlandais a publiquement fait part de son intention de demander une dérogation à certaines dispositions du Pacte sur la migration et l’asile de l’UE, invoquant des préoccupations en matière de souveraineté nationale et de capacité. En tant que signataires de ce pacte, les Pays-Bas ont poursuivi la préparation de la mise en œuvre des règles correspondantes, ce qui inclut la création des infrastructures nécessaires aux nouvelles procédures aux frontières et aux nouveaux mécanismes de filtrage.
En avril 2024, les Pays-Bas ont supprimé le dispositif destiné aux investisseurs étrangers, lequel permettait jusque‑là aux ressortissants de pays tiers d’obtenir un permis de séjour en échange d’investissements importants dans le pays. Ce dispositif n’avait eu qu’un succès très limité depuis sa mise en place et était considéré comme n’offrant qu’une faible valeur ajoutée.
Depuis le 18 novembre 2023, des nouvelles dispositions sont appliquées par le service de l’immigration et de la naturalisation (Immigratie‑en Naturalisatiedienst, IND) suite à la refonte de la Directive de l’UE relative à la carte bleue européenne. En mai 2025, la Chambre des représentants a adopté un projet de loi visant à modifier les délais de décision prévus dans la loi de 2000 sur les étrangers. En vertu de son droit d’amendement, la Chambre a ajouté trois nouvelles dispositions relatives à la carte bleue européenne : évaluation du dispositif, conditions de salaire minimum et examen du marché de l’emploi. Le Sénat devrait entamer les travaux en ce sens avant la fin de l’année 2025.
Les autorités néerlandaises ont proposé de nouvelles règles pour l’embauche de travailleurs hautement qualifiés dans le cadre du mécanisme d’« employeur de référence ». Les principales modifications consistent notamment en une obligation pour l’entreprise pour laquelle l’employé travaille de procéder à une déclaration de parrainage. La durée des permis de travail octroyés au titre de ce dispositif ne peut en outre être supérieure à deux ans, sans renouvellement possible. Enfin, les employeurs de référence doivent motiver le recours aux services de ces travailleurs et satisfaire à des exigences plus strictes en matière de notification et d’information.
Les Pays-Bas ont également pris des mesures pour endiguer l’immigration irrégulière et le trafic de migrants, notamment par un renforcement de la surveillance et de la coopération avec les pays voisins, et par des investissements dans les systèmes numériques afin de mieux détecter la fraude et d’améliorer les contrôles aux frontières.
Le gouvernement a par ailleurs maintenu ses investissements dans des programmes d’intégration civique. En 2024, dans le cadre de la loi de 2021 relative à l’intégration civique (Wet inburgering 2021) qui prévoit notamment la mise en place de parcours d’intégration personnalisés par les communes, des initiatives ont été menées pour renforcer la formation linguistique, l’insertion sur le marché du travail et l’éducation civique des ressortissants de pays tiers récemment arrivés. Les rapports d’évaluation publiés en 2025 devraient servir de base à de nouvelles modifications.
Pour plus d’informations : www.government.nl.