Population née à l’étranger – 2024 | 13.4 % de la population | |
0.5 million, 51 % de femmes | Évolution depuis 2014: ‑7 % |
Perspectives des migrations internationales 2025
Croatie
Copier le lien de CroatieEn 2024, 3 000 nouveaux immigrés ont obtenu un permis de séjour de plus de 12 mois en Croatie (à l’exclusion des citoyens de l’UE), soit 66.4 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend environ 44 % de migrants de travail, 44 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante), 3 % venus pour des raisons éducatives et 10 % d’autres migrants. Environ 400 permis de courte durée ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale et 84 000 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE).
L’Ukraine, la Bosnie‑Herzégovine et le Népal étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, l’Ukraine a enregistré la plus forte augmentation (1 000) et l’Allemagne la plus forte diminution (‑200) des flux vers la Croatie par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 39 %, pour atteindre environ 1 600. La majorité des demandeurs étaient originaires de Russie (300), de Syrie (200) et de Türkiye (100). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants égyptiens (25) et la plus forte diminution les ressortissants russes (‑400). Sur les 310 décisions prises en 2024, 21 % étaient positives.
L’émigration des citoyens croates vers les pays de l’OCDE a diminué de 15 % en 2023, pour atteindre 30 000 personnes. Environ 43 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 27 % vers l’Autriche et 9 % vers la Suisse.
En 2025, le gouvernement croate a adopté des amendements à la loi sur les étrangers concernant le séjour et l’emploi de ressortissants de pays tiers. Ces amendements mettent la législation nationale en conformité avec celle de l’UE et répondent aux besoins du marché du travail croate en facilitant l’accès des travailleurs hautement qualifiés, en particulier dans le secteur des technologies de l’information, tout en imposant des obligations accrues aux employeurs et en renforçant la protection juridique des travailleurs.
Cette loi précise quels sont les cas d’exemption de l’obligation d’obtenir un permis de séjour et de travail approprié ou de procéder à un enregistrement particulier. Sauf dérogation, les permis de travail sont en règle générale subordonnés à une appréciation de la situation de l’emploi par le Service croate de l’emploi afin de garantir que la priorité soit donnée aux travailleurs locaux. Les titulaires de permis de travail peuvent désormais rester jusqu’à trois ans, changer de travail et prendre un emploi supplémentaire. La durée maximale des permis de travail saisonniers a été relevée à 9 mois, tandis que celle du séjour des nomades numériques est passée de 12 à 18 mois.
La validité de la carte bleue européenne a été portée de deux à quatre ans. Afin d’attirer davantage de professionnels des technologies de l’information hautement qualifiés, les candidats qui ne disposent pas des diplômes exigés, mais possèdent au moins trois ans d’expérience pertinente dans ce secteur pourraient également prétendre à la carte. Les titulaires d’une carte bleue européenne peuvent désormais changer d’employeur sans avoir à obtenir un nouveau permis, et ils sont également autorisés à exercer une profession libérale ou une activité indépendante. Les détenteurs d’une carte bleue européenne et les titulaires d’un permis de travail peuvent être au chômage pour une durée limitée sans perdre pour autant leur statut.
Les employeurs qui recrutent des travailleurs étrangers font face à des obligations et des responsabilités accrues. Pour pouvoir embaucher des travailleurs étrangers, ils doivent satisfaire une série d’exigences, dont celles d’avoir employé au moins un ressortissant croate ou un ressortissant de l’UE, de l’EEE ou de la Confédération suisse au cours des 12 derniers mois et d’exercer effectivement une activité économique. Par ailleurs, ceux ayant précédemment eu recours au travail non déclaré ont l’interdiction d’embaucher des travailleurs étrangers. Vu que des visas ont déjà été délivrés par le passé à des étrangers qui ne sont jamais arrivés en Croatie ou qui ont utilisé leur visa pour entrer dans d’autres pays Schengen, les agences de recrutement font l’objet d’un contrôle accru, et les employeurs sont passibles d’une amende si le ressortissant d’un pays tiers ne prend pas son poste dans les conditions indiquées dans son contrat de travail ou si ce contrat est résilié dans un délai inférieur à trois mois. La réglementation s’attache par ailleurs à dissuader par une augmentation des sanctions financières l’emploi illégal de ressortissants de pays tiers. En outre, lorsque les employeurs sont des intermédiaires, ils doivent assurer un hébergement convenable aux travailleurs.
Les réformes comprennent également un ensemble de mesures encourageant l’immigration, mais aussi le retour des émigrés croates. Les étrangers d’ascendance croate et les membres de leur famille peuvent bénéficier d’une carte de séjour temporaire de deux ans qui leur permet de travailler ou d’exercer une activité indépendante sans besoin de permis, d’avoir accès à des programmes de formation et de demander la citoyenneté croate dès obtention de leur titre de séjour.
La Croatie a par ailleurs progressé dans la dématérialisation de ses procédures d’immigration en 2024.
Pour plus d’informations : https://emn.gov.hr | https://mup.gov.hr/