Population née à l’étranger – 2024 | 22.3 % de la population | Principaux pays de naissance : |
2 millions, 51 % de femmes | Évolution depuis 2014: +44 % | Allemagne (13 %), Bosnie Herzégovine (9 %), Türkiye (8 %) |
Perspectives des migrations internationales 2025
Autriche
Copier le lien de AutricheEn 2024, l’Autriche a accueilli 103 000 nouveaux immigrés à long terme ou permanents (y compris les changements de statut et la libre circulation), soit 2.7 % de moins qu’en 2023. Ce chiffre comprend 57 % d’immigrés admis au titre de la libre circulation, 6 % de migrants de travail, 15 % de membres de la famille (y compris la famille accompagnante) et 22 % de migrants humanitaires. Environ 5 900 permis ont été délivrés à des étudiants en mobilité internationale dans l’enseignement supérieur et 17 300 à des travailleurs migrants temporaires et saisonniers (à l’exclusion de la migration intra-UE). Par ailleurs, 333 000 détachements intra-UE ont été enregistrés en 2023, soit une augmentation de 9 % par rapport à 2022. Ces travailleurs détachés ont généralement des contrats de courte durée.
L’Allemagne, la Roumanie et l’Ukraine étaient les trois principales nationalités des nouveaux arrivants en 2023. Parmi les 15 premiers pays d’origine, la Türkiye a enregistré la plus forte augmentation (2 700) et l’Ukraine la plus forte diminution (‑62 000) des flux vers l’Autriche par rapport à l’année précédente.
En 2024, le nombre de primo-demandeurs d’asile a diminué de 61 %, pour atteindre environ 22 000. La majorité des demandeurs étaient originaires de Syrie (13 000), d’Afghanistan (2 200) et de Türkiye (1 000). La plus forte augmentation depuis 2023 concerne les ressortissants chinois (5) et la plus forte diminution les ressortissants syriens (‑7 900). Sur les 32 000 décisions prises en 2024, 71 % étaient positives.
L’émigration des citoyens autrichiens vers les pays de l’OCDE a augmenté de 4 % en 2023, pour atteindre 15 000 personnes. Environ 38 % de ce groupe a émigré vers l’Allemagne, 22 % vers la Suisse et 9 % vers la Türkiye.
En 2024 et 2025, l’Autriche a poursuivi ses efforts pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre. Le gouvernement a mis à jour sa liste des métiers en tension à l’échelle fédérale, au nombre de 81 pour l’année 2025, et des listes régionales complémentaires visent à répondre aux besoins propres au marché du travail local de chacune des provinces. Il s’agit notamment d’un large éventail de métiers des secteurs de la santé, de la construction, des transports, des technologies de l’information, ainsi que de métiers qualifiés. Les travailleurs qualifiés de pays tiers qui exercent des métiers en tension peuvent demander une carte rouge‑blanc-rouge pour travailler en Autriche. Les quotas de travailleurs saisonniers, qui avaient déjà été augmentés l’année précédente, ont de nouveau été relevés en 2025, ce qui n’a pas été sans effet sur l’emploi dans les secteurs de l’agriculture, de la sylviculture et du tourisme. L’Autriche a également poursuivi ses efforts bilatéraux pour recruter des travailleurs étrangers, avec la signature d’un protocole d’accord avec l’Indonésie en mai 2024. Toujours en septembre 2024, à la suite du protocole d’accord sur le recrutement de travailleurs qualifiés conclu avec les Philippines en 2023, le Bureau des travailleurs migrants des Philippines a ouvert ses portes à Vienne et un registre de contrôle préalable des qualifications a été mis en place pour faciliter la reconnaissance des qualifications acquises à l’étranger.
Les personnes déplacées d’Ukraine ont bénéficié d’un accès élargi à l’éducation, au séjour et au marché du travail en vertu de la décision de l’UE de prolonger le statut spécial qui leur est accordé. Les étudiants ont été exemptés de frais de scolarité pour le semestre d’hiver 2024/25, et cette mesure a été prorogée jusqu’à la fin du mois de février 2026. Les modifications de la législation adoptées en juillet 2024 ont étendu la scolarité obligatoire aux mineurs bénéficiant d’un régime de protection temporaire. Depuis octobre 2024, les Ukrainiens titulaires d’un permis de séjour en leur qualité de personnes déplacées ont la possibilité d’opter pour le régime ordinaire applicable en matière d’installation dans le pays. Ils peuvent dès lors obtenir la carte rouge‑blanc-rouge s’ils sont en mesure de démontrer qu’ils ont travaillé à plein temps pendant au moins un an au cours des deux dernières années et s’ils remplissent les conditions générales de délivrance des permis de séjour fixées par la loi sur l’établissement et le séjour des étrangers.
L’Autriche a dans le même temps mis en œuvre des mesures plus restrictives en matière d’asile. Le nouveau gouvernement fédéral a suspendu en mars 2025 le droit au regroupement familial pour les bénéficiaires de la protection, après l’instauration de tests ADN et de contrôles d’identité plus stricts en mai 2024. En décembre 2024, le ministère de l’Intérieur a stoppé toutes les demandes d’asile et de regroupement familial des Syriens et mis en place un programme de retour offrant 1 000 EUR pour tout départ volontaire. Les retours vers la Syrie sont en cours d’examen et une liste des personnes à expulser est en préparation.
À la suite d’une décision prise par la Cour constitutionnelle autrichienne en décembre 2023, le cadre juridique qui régit les procédures d’asile a été modifié en juillet 2024 pour garantir l’indépendance des conseillers juridiques. Parallèlement, un système de cartes de paiement pour les demandeurs d’asile – établi dans le cadre d’un projet pilote en juillet 2024 – est mis en œuvre en vue d’un déploiement potentiel à l’échelle nationale en 2025. Ce système limite les retraits d’espèces et bloque certaines transactions, et il s’inscrit dans un effort plus large pour subordonner le soutien au respect des obligations sociales, telles que les travaux d’intérêt général obligatoires.
L’Autriche a par ailleurs maintenu tout au long de 2024 et début 2025 des contrôles aux frontières intérieures avec les États voisins membres de l’espace Schengen, en invoquant des problèmes d’immigration irrégulière et de sécurité. Un protocole d’accord portant sur le renforcement de la coopération en matière de prévention de l’immigration irrégulière et de résolution des problèmes de retour et de réadmission, ainsi que sur certains aspects de la mobilité légale, a été conclu en 2024 avec le Ghana.
Pour plus d’informations : www.bmi.gv.at | www.migration.gv.at | www.emn.at.