Dans les pays de l’OCDE, 54 % des 18-24 ans sont scolarisés et 19 % conjuguent travail et études. Ce pourcentage est près de deux fois supérieur à celui observé chez les 25-29 ans (10 %), ce qui montre que les jeunes adultes sont plus susceptibles de combiner études et emploi. Les Pays-Bas se distinguent, avec 51 % des 18-24 ans scolarisés et occupant un emploi.
Le pourcentage de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation dans le cadre institutionnel (NEET, de l’anglais neither employed nor in education or training) est aujourd’hui inférieur à son niveau d’avant la pandémie dans environ la moitié des pays de l’OCDE et des pays partenaires pour lesquels des données tendancielles sont disponibles. Dans 8 de ces 16 pays, la baisse est supérieure à 1 point de pourcentage. Parallèlement, les taux de NEET ont augmenté dans presque le même nombre de pays de l’OCDE. Parmi les 17 pays où les taux dépassent désormais leurs niveaux de référence d’avant la pandémie, 6 ont enregistré une hausse de plus de 2 points de pourcentage.
Pour la plupart des jeunes, le chômage ne dure généralement pas longtemps. Dans les pays de l’OCDE, moins de 2 % des 18-24 ans et des 25-29 ans sont au chômage et sont sans emploi depuis 12 mois ou plus, tandis qu’environ 4 % sont à la recherche d’un emploi depuis moins d’un an.
Chapitre A2. Transition entre les études et la vie active : Où sont les jeunes d’aujourd’hui ?
Copier le lien de Chapitre A2. Transition entre les études et la vie active : Où sont les jeunes d’aujourd’hui ?Faits marquants
Copier le lien de Faits marquantsContexte
La transition entre les études et la vie active est un processus complexe qui dépend de facteurs tels que le niveau d’instruction, la situation économique et la demande sur le marché du travail. Bien que l’éducation joue un rôle fondamental dans l’amélioration des perspectives d’emploi des jeunes, il est essentiel que les compétences qu’ils acquièrent par le biais de l’éducation soient en adéquation avec les besoins du marché du travail. De nombreux jeunes poursuivent leurs études pour améliorer leur employabilité, mais si leurs compétences ne sont pas recherchées, ils risquent de continuer à rencontrer des difficultés à trouver un emploi. Les récessions économiques et l’atonie du marché du travail peuvent limiter davantage les opportunités, laissant même les personnes hautement qualifiées peiner à trouver du travail et augmentant le risque de chômage prolongé.
Les périodes prolongées de chômage peuvent avoir de graves conséquences, en particulier pour les jeunes dont la vie active risque d’être ultérieurement affectée par les conséquences du chômage aussi précoce. Leur absence prolongée du marché du travail réduit leurs chances d’acquérir une expérience professionnelle et des compétences non techniques essentielles, ce qui rend de plus en plus difficile l’obtention d’un emploi. Les employeurs peuvent également avoir une perception négative des écarts d’emploi, ce qui ne fait qu’aggraver le problème. Ce cycle d’expérience limitée et de chômage prolongé peut conduire à une exclusion persistante du marché du travail et à une exclusion sociale, en particulier pour les personnes ayant un faible niveau d’études ou de qualifications professionnelles (Pohlan, 2024[1]).
Outre les conséquences économiques, le chômage de longue durée peut avoir des effets psychologiques importants, notamment un découragement accru et des problèmes de santé mentale comme l’anxiété et la dépression, qui peuvent réduire encore la motivation à chercher un emploi (voir le Chapitre A6). Une meilleure coordination entre les systèmes éducatifs et les marchés du travail est nécessaire pour relever ces défis et veiller à ce que les jeunes acquièrent des compétences correspondant aux besoins de la main-d’œuvre. Les pouvoirs publics devraient également prendre des mesures pour améliorer les perspectives d’emploi et proposer des services d’orientation professionnelle ainsi qu’un soutien psychologique. Le renforcement du lien entre l’éducation et l’emploi peut contribuer à atténuer les risques de chômage de longue durée et de désengagement social des jeunes.
Graphique A2.1. Pourcentage de NEET âgés de 18 à 24 ans, selon la situation au regard de l’emploi (2024)
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1. L’année de référence diffère de 2024.
Remarque : Pour les données, voir le Tableau A2.1. Pour un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes.
Autres faits marquants
Bien que les taux de NEET chez les jeunes aient largement retrouvé leurs niveaux d’avant la pandémie, ils restent élevés dans plusieurs pays. En moyenne, 14 % des 18-24 ans sont NEET dans les pays de l’OCDE, mais cette proportion dépasse 25 % en Afrique du Sud, en Colombie et en Türkiye, pays partenaires de l’OCDE.
Bien que les taux moyens d’emploi et de NEET parmi les 18-24 ans soient restés quasiment inchangés entre 2019 et 2024, plusieurs pays ont constaté de grandes différences dans les chiffres globaux. En Estonie, les taux d’emploi ont diminué de près de 12 points de pourcentage pour les hommes et augmenté de près de 11 points de pourcentage pour les femmes au cours de la période. Dans le même temps, la Norvège a enregistré une baisse de 13 points de pourcentage de son taux d’emploi, conjuguée à une hausse de 16 points de pourcentage de son taux d’activité dans le secteur éducatif.
Dans les pays de l’OCDE, l’écart entre les sexes en matière d’éducation chez les 18-24 ans continue de favoriser les femmes de plus de 6 points de pourcentage, avec environ 55 % des femmes et 49 % des hommes scolarisés en 2019 et 2024. En revanche, les hommes étaient environ 8 points de pourcentage plus nombreux que les femmes à occuper un emploi, avec environ 36 % des hommes et 28 % des femmes occupant un emploi au cours des deux années.
Remarque
Ce chapitre analyse la situation des jeunes à l’âge de la transition entre l’école et le monde de travail : ceux qui sont encore scolarisés, ceux qui travaillent et ceux qui sont NEET. L’acronyme NEET désigne à la fois ceux qui ne réussissent pas à trouver un emploi (les chômeurs) et ceux qui n’en recherchent pas activement (NEETS en dehors de la population active, ou inactifs). L’analyse fait la distinction entre les 18-24 ans et les 25‑29 ans, étant donné qu’une proportion importante des 18-24 ans poursuivront leurs études alors qu’ils ont terminé leur scolarité obligatoire, voire au-delà, dans certains pays.
Analyse
Copier le lien de AnalyseTransition de l’école à la vie active pour les 18-24 ans
Les personnes âgées de 18 à 24 ans suivent généralement des études ou travaillent, car cette tranche d’âge coïncide souvent avec la fréquentation du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ou de l’enseignement tertiaire, ainsi qu’avec l’entrée initiale sur le marché du travail. Cette étape est cruciale pour définir les trajectoires professionnelles futures et développer les compétences essentielles à l’insertion professionnelle. Malgré cela, une partie des jeunes de ce groupe d’âge ne sont ni scolarisés ni en emploi et sont classés dans la catégorie des NEET1, ce qui laisse penser qu’ils peuvent se heurter à des obstacles sous-jacents à l’entrée sur le marché du travail ou à la poursuite de leurs études (Tableau A2.1.).
Les taux de NEET peuvent s’expliquer par des possibilités d’emploi limitées dans des conditions économiques difficiles ou par un décalage entre les compétences des jeunes et les exigences du marché du travail. Par exemple, le dualisme du marché du travail – qui offre des emplois stables et bien rémunérés à certains et des emplois précaires et faiblement rémunérés à d’autres – accentue le risque que les jeunes soient privés à la fois d’emploi et d’études (Marques et Salavisa, 2017[2]). Le statut de NEET découle souvent non seulement de ces problèmes structurels sur le marché du travail ou d’inadéquation des compétences, mais aussi de facteurs personnels et sociaux tels que des problèmes de santé physique ou mentale à long terme, une dépendance, une exposition à la violence, et des réseaux de soutien insuffisants (Rahmani et Groot, 2023[3]).
Les taux de NEET varient considérablement entre les pays de l’OCDE et les pays partenaires, allant de 48 % des 18-24 ans en Afrique du Sud (environ 22 % de chômeurs et 25 % de personnes en dehors de la population active) à moins de 5 % en Islande (environ 1 % de chômeurs et 3 % de personnes en dehors de la population active). La proportion de personnes qui recherchent activement un emploi et celle de celles qui sont en dehors de la population active varient d’un pays à l’autre. Par exemple, en Türkiye (où 8 % des 18-24 ans sont au chômage et 24 % sont en dehors de la population active) et au Mexique (où 3 % sont au chômage et 16 % en dehors de la population active), des proportions relativement importantes de jeunes qui ne participent pas au marché du travail peuvent refléter des différences entre les pays en matière de scolarisation, de responsabilités familiales ou de facteurs culturels qui peuvent affecter la participation des jeunes. En revanche, dans de nombreux pays, la répartition est plus équilibrée ; en Grèce et en Espagne, par exemple, environ 9 % des jeunes sont au chômage et 8 % sont en dehors de la population active– ce qui indique que les jeunes qui ne sont ni scolarisés ni en formation dans le cadre institutionnel sont plus susceptibles de chercher un emploi, même s’ils n’ont pas encore réussi (Graphique A2.1).
Graphique A2.2. Évolution du pourcentage de NEET âgés de 18 à 24 ans (2019 et 2024)
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1. L’année de référence diffère de 2019.
2. L’année de référence diffère de 2024.
3. Rupture de série.
Remarque : Pour les données, voir le Tableau A2.2. Pour un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes.
En 2024, après plusieurs années de reprise suite à la pandémie de COVID-19, le taux moyen de NEET dans les pays de l’OCDE s’élevait à 14 %, un niveau similaire à celui enregistré en 2019. L’Italie a enregistré la baisse la plus importante, de 8 points de pourcentage, suivie de près par le Brésil et le Chili. Cette baisse des taux de NEET pourrait indiquer que les mécanismes visant à faciliter leur transition vers l’emploi, l’éducation ou la formation, tels que le Plan de travail pour les NEET de l’Italie, adopté en 2022, ont été efficaces pour améliorer les parcours individuels des jeunes vers l’emploi ou l’éducation (Gaspani, Recchi et Rio, 2025[4]). C’est la Lituanie qui a enregistré la plus forte hausse (7 points de pourcentage), suivie de l’Estonie, l’Israël et la Roumanie. Ces hausses peuvent être le signe de nouveaux défis, tels que des changements structurels sur le marché du travail, des transitions économiques, ou des domaines dans lesquels les systèmes d’enseignement et de formation sont à la traîne par rapport aux nouvelles exigences du marché du travail. Les jeunes qui se retrouvent NEET de manière répétée ou pendant de longues périodes sont confrontés à des conséquences à long terme nettement plus importantes que ceux dont les épisodes de NEET sont brefs (Kleif, 2020[5]). Environ un tiers des pays de l’OCDE n’ont enregistré quasiment aucun changement, reflétant un retour à des niveaux de désengagement similaires à ceux observés en 2019 (Graphique A2.2).
Toutefois, la stabilité des moyennes au niveau de l’OCDE peut masquer d’importantes évolutions au niveau national. En Estonie, par exemple, le taux d’emploi des hommes a diminué d’environ 10 points de pourcentage (passant de 41 % en 2019 à 29 % en 2024), tandis que celui des femmes a augmenté d’environ 10 points de pourcentage au cours de la même période (passant de 28 % à 38 %). En Norvège, la part des 18-24 ans dans l’emploi a diminué d’environ 13 points de pourcentage (passant de 40 % en 2019 à 27 % en 2024), tandis que la part scolarisée a augmenté d’environ 15 points de pourcentage (passant de 51 % à 67 %). Ces exemples montrent comment les tendances sous-jacentes par sexe et par pays peuvent diverger sensiblement des chiffres agrégés (Tableau A2.2).
Jeunes et durée du chômage
Le chômage des jeunes, en particulier parmi les 18-24 ans, reste une préoccupation importante car ce groupe d’âge est dans une phase critique de transition. Schmillen et Umkehrer (2017[6]) constatent que chaque jour supplémentaire de chômage au cours des 8 premières années d’activité se traduit par une demi-journée supplémentaire de chômage au cours des 16 années suivantes – preuve évidente de séquelles persistantes, en particulier pour les personnes ayant connu des épisodes répétés ou longs. Le chômage prolongé, en particulier en l’absence de formation continue, peut limiter les perspectives des jeunes d’obtenir un emploi correspondant à leurs compétences et à leurs qualifications, tout en compromettant leur potentiel de rémunération à long terme, leur bien-être et leur motivation (Rahmani et Groot, 2023[3]).
Face aux défis de l’emploi, certains jeunes choisissent de poursuivre leurs études, de se spécialiser ou d’acquérir des compétences plus recherchées. L’orientation professionnelle peut être un moyen efficace d’étayer ces décisions, mais les groupes qui sont déjà exclus du marché du travail sont moins susceptibles de solliciter ou d’utiliser ces services, ce qui souligne la nécessité d’une sensibilisation et d’un soutien plus ciblés (OECD, 2021[7]).
Dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, 1 % des 18-24 ans sont au chômage de longue durée (pendant 12 mois ou plus) et 4 % sont au chômage de courte durée (moins de 12 mois). La majorité des jeunes qui sont au chômage dans les pays de l’OCDE le sont depuis peu, allant de 12 % des 18-24 ans en Grèce et 11 % en Colombie à moins de 2 % en Tchéquie, en Israël, aux Pays-Bas et en Norvège. C’est en Grèce, en Italie et en République slovaque que les épisodes prolongés sont les plus fréquents, avec des taux supérieurs à 3 %. En revanche, moins de 0,5 % des jeunes au Canada, au Costa Rica, au Danemark, en Estonie, en Lituanie, au Mexique, en Norvège et en Pologne sont confrontés au chômage de longue durée (Graphique A2.3).
Graphique A2.3. Pourcentage des 18-24 ans sans emploi et non scolarisés, par durée de chômage (2024)
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1. L’année de référence diffère de 2024.
Remarque : Pour les données, voir le Tableau A2.3. Pour un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes.
Les chômeurs de longue durée sont plus susceptibles d’être perçus comme moins qualifiés ou moins productifs que leurs homologues ayant connu des épisodes de chômage de courte durée, ce qui fait de la durée du chômage un indicateur crucial de l’activité des jeunes. En outre, le chômage prolongé a de lourdes conséquences psychologiques, augmentant le risque de traitement des troubles psychiatriques en milieu hospitalier, de sorte que le chômage de longue durée des jeunes devient un indicateur de détresse à la fois sur le plan économique et sur celui de la santé (Thern et al., 2017[8]). Les employeurs peuvent considérer les jeunes qui ont été brièvement au chômage d’une manière plus favorable – en accordant de la valeur à leur disponibilité immédiate – comme un avantage qui disparaît pour ceux qui connaissent le chômage prolongé, ce qui souligne une fois de plus l’effet puissant des périodes de chômage prolongées (Wachter, 2020[9]).
Les différences entre hommes et femmes sont également marquées dans les schémas d’éducation et d’emploi. Dans les pays de l’OCDE, la probabilité que les femmes âgées de 18 à 24 ans soient scolarisées est supérieure à 6 points de pourcentage (56 % contre 49 %), tandis que la probabilité que les hommes occupent un emploi est supérieure d’environ 8 points de pourcentage (35 % contre 28 %). Ces disparités persistantes entre les sexes laissent entrevoir des trajectoires différentes à travers l’éducation et vers le marché du travail (Tableau A2.2. ).
Niveau d’études et situation au regard de l’emploi des 18-29 ans
La comparaison des taux d’inscription et d’emploi des 25-29 ans et des 18-24 ans fournit des informations supplémentaires vers les transitions sur le marché du travail. Bon nombre des jeunes continueront d’étudier ou entreront pour la première fois sur le marché du travail. Ceux qui poursuivent des études tertiaires peuvent encore être en train de terminer leur licence ou leur maîtrise à l’âge de 24 ans, tandis que d’autres commencent leur carrière professionnelle. Une plus faible proportion peut être engagée dans des études doctorales ou des qualifications équivalentes. En revanche, une grande majorité des 25-29 ans auront achevé leur formation initiale dans la plupart des pays de l’OCDE et beaucoup auront acquis une expérience professionnelle substantielle. Parmi ceux qui suivent des études, certains peuvent être en train de terminer leurs études tertiaires, tandis que d’autres peuvent avoir repris leurs études pour obtenir des qualifications supplémentaires (voir le Chapitre B4).
Graphique A2.4. Pourcentage des 18-29 ans cumulant études et emploi, par groupe d’âge (2024)
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1. L’année de référence diffère de 2024.
Remarque : Pour les données, voir le Tableau A2.1. Pour un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes.
Certains jeunes adultes conjuguent études et emploi, en particulier dans l’enseignement tertiaire, où le travail à temps partiel peut les aider à payer leurs frais de scolarité, leurs frais d’hébergement et de subsistance, ou à faire progresser leur carrière. Dans les pays de l’OCDE, près d’un cinquième des 18-24 ans (19 %) combinent études et emploi, contre 10 % des 25-29 ans. L’écart est le plus marqué aux Pays-Bas, où le système éducatif comprend de nombreux apprentissages et où un grand nombre d’étudiants occupent des petits emplois secondaires sans rapport avec leurs études ; ici, plus de la moitié des 18-24 ans (51 %) travaillent et étudient, contre moins d’un cinquième de leurs pairs plus âgés (18 %). Le Costa Rica, l’Israël, l’Italie et le Portugal font exception à cette tendance, la cohorte plus âgée étant légèrement plus susceptible de travailler et de se former, ce qui reflète la diffusion des cursus de master et de perfectionnement à temps partiel. Dans le même temps, en Afrique du Sud, en Colombie, en Grèce, en Hongrie, en Italie, au Portugal, en République slovaque, en Roumanie et en Tchéquie, moins de 10 % de l’une ou l’autre cohorte conjuguent études et emploi (Graphique A2.4). Ces différences soulignent les différences institutionnelles et culturelles dans les régimes de droits d’inscription, la réglementation du travail, les possibilités d’emploi sur les campus et même les points de vue des employeurs sur l’embauche d’étudiants. Les différences entre les cohortes plus jeunes et plus âgées peuvent également refléter des besoins financiers, voire la structure des cursus d’enseignement tertiaire. Par exemple, les taux élevés d’études et d’emploi chez les 25-29 ans en Finlande peuvent s’expliquer par l’expansion des modèles d’apprentissage et de formation et par un soutien accru aux apprenants qui travaillent (Eurydice, 2025[10]).
Une forte proportion de jeunes combinant travail et études peut être bénéfique pour le marché du travail, car ils peuvent augmenter ou réduire leur temps de travail à la demande pour faire face aux périodes de pointe ou aux situations d’urgence dans divers secteurs. Les recherches montrent que l’exploitation des populations étudiantes pour le travail crée à terme une main-d’œuvre complémentaire qui stimule le développement des économies locales (Whittard, Drew et Ritchie, 2022[11]). Pour les apprenants eux-mêmes, combiner travail et études offre une expérience pratique précieuse qui peut faciliter leur transition vers un emploi à temps plein, ainsi que leur permettre de constituer des réseaux professionnels, ce qui se traduit par des résultats positifs sur le marché du travail, en particulier lorsqu’ils exercent un emploi en lien avec leur domaine d’études (Geel et Backes‐Gellner, 2012[12]). Dans certains pays comme l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, où les systèmes de formation en alternance associant formation théorique et apprentissage sont très répandus, le fait de combiner formation et emploi peut même faire partie du processus de qualification normal. Malgré ces avantages, les modalités d’alternance peuvent limiter le temps dont disposent les élèves pour effectuer des travaux universitaires, ce qui peut avoir une incidence sur leurs résultats scolaires ou leur bien-être.
Variation infranationale des taux de NEET
Au sein des pays de l’OCDE, la part des 18-24 ans qui sont NEET peut varier considérablement d’une région à l’autre. Les variations infranationales du pourcentage de NEET posent des défis majeurs aux responsables de l’action publique qui cherchent à promouvoir des marchés du travail inclusifs et un accès équitable aux opportunités. L’analyse qui suit porte sur les régions TL2, qui sont de grandes régions infranationales telles que définies par la grille officielle de classification régionale de l’OCDE (OECD, 2024[13]).
Les disparités régionales les plus marquées en termes de taux de NEET sont observées au Canada, en Italie, au Mexique et en Türkiye, où l’écart entre les régions les plus performantes et les moins performantes dépasse 20 points de pourcentage. Au Canada, la Colombie-Britannique affiche un taux de 9 % de NEET, tandis que le Nunavut enregistre un taux de 41 % (soit une différence de 32 points de pourcentage), ce qui souligne la nécessité de stratégies du marché du travail et d’aides sociales propres à chaque région dans les communautés isolées. L’écart de la Türkiye (19 % à Istanbul contre 48 % en Anatolie orientale) met en évidence des disparités régionales qui peuvent être influencées par des différences de densité de population, d’infrastructures, d’accès à l’emploi et à l’éducation et à la formation (Tableau A2.4, disponible en ligne).
À l’inverse, le Costa Rica, l’Irlande et le Japon affichent une variation régionale limitée, avec des écarts inférieurs à 5 points de pourcentage entre les régions les plus performantes et les moins performantes. En Irlande, le taux de NEET varie de 8 % (Nord et Ouest) à environ 10 % (East et Midland), ce qui suggère que les résultats sur le marché du travail sont à peu près uniformes. Au Japon, il varie de 2 % (Hokuriku) à environ 5 % (Chugoku), ce qui met en évidence le fait que le taux de NEET est généralement faible. Au Costa Rica, l’écart entre les Caraïbes centrales (24 %) et les Caraïbes de Huetar (28 %) témoigne également de disparités modestes. Bien que les pays dotés de terres ou de populations plus vastes présentent souvent des différences infranationales plus marquées – comme au Canada et en Türkiye – la taille à elle seule ne tient pas compte de toutes les variations. Le Japon est un grand pays, tant sur le plan géographique que démographique, mais il affiche l’un des écarts régionaux les plus faibles, tandis que la Grèce – nettement plus petite selon les deux indicateurs – affiche un écart de 19 points de pourcentage. Ce contraste suggère que les structures économiques, les systèmes éducatifs et les politiques sociales ont plus d’influence que la taille des pays sur les différences entre les NEET. Des politiques ciblées sur des régions spécifiques sont donc essentielles pour réduire ces écarts et faire en sorte que tous les jeunes aient accès à l’éducation et à l’emploi (Tableau A2.4, disponible en ligne).
Définitions
Copier le lien de DéfinitionsLe niveau de formation correspond au plus haut niveau d’enseignement atteint avec succès par un individu.
Actifs occupés, chômeurs et inactifs : voir la section Définitions au Chapitre A3.
Par individus scolarisés on entend ceux qui sont scolarisé ou en formation dans le cadre institutionnel.
Niveaux d’enseignement : les niveaux de la CITE 2011 sont tous décrits dans le Guide du lecteur qui se trouve au début du présent rapport.
Par NEET (de l’anglais « neither employed nor in education or training »), on entend les jeunes sans emploi qui ne sont ni scolarisés, ni en formation dans le cadre institutionnel.
Méthodologie
Copier le lien de MéthodologieLes données des enquêtes nationales sur la population active se rapportent généralement au deuxième trimestre de l’année scolaire car c’est la période la plus pertinente pour déterminer si les jeunes sont encore scolarisés ou s’ils ont arrêté leurs études pour entrer dans la vie active. Le deuxième trimestre de l’année scolaire correspond aux trois premiers mois de l’année civile (janvier, février et mars) dans la plupart des pays, mais au deuxième trimestre de l’année civile (avril, mai et juin) dans quelques pays.
Comme le fait d’être scolarisé ou en formation implique ici de l’être dans le cadre institutionnel, les sans-emploi en formation en dehors du cadre institutionnel sont classés dans la catégorie des NEET. Toutefois, la définition de NEET est différente pour la collecte de données infranationales pour les pays participant à l’EFT-UE, où les jeunes adultes qui suivent une éducation ou une formation non formelle ne sont pas considérés comme des NEET. Pour les pays de l’OCDE membres de l’Union européenne, les taux de NEET par région infranationale ne sont donc pas comparables aux taux nationaux présentés dans ce chapitre.
Pour de plus amples informations, consulter le Guide de l’OCDE pour les statistiques internationalement comparables dans le domaine de l’éducation (OECD, 2018[14]) et Regards sur l’éducation 2025 : Sources, méthodologies et notes techniques (https://doi.org/10.1787/fcfaf2d1-en).
Source
Copier le lien de SourcePour plus d’informations sur les sources, voir le Chapitre A1.
Les données sur les taux infranationaux de NEET proviennent des bases de données de l’OCDE sur les régions et les villes : http://oe.cd/geostats. Les données sur les taux infranationaux de NEET pour l’Australie proviennent du Bureau australien des statistiques.
Références
[10] Eurydice (2025), Finland - National reforms in vocational education and training, Eurydice, https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/finland/national-reforms-vocational-education-and-training.
[4] Gaspani, F., S. Recchi et A. Rio (2025), « Young people NEET in Italy: Exploring the phenomenon and evolving policies », dans Diversity and Inclusion Research, Diversity and Inclusion in Italy, Springer Nature Switzerland, Cham, https://doi.org/10.1007/978-3-031-81938-4_29.
[12] Geel, R. et U. Backes‐Gellner (2012), « Earning while learning: When and how student employment is beneficial », LABOUR, vol. 26/3, pp. 313-340, https://doi.org/10.1111/j.1467-9914.2012.00548.x.
[5] Kleif, H. (2020), « The temporality of being NEET: A longitudinal study of NEET occurrences among young adults in Denmark », YOUNG, vol. 29/3, pp. 217-235, https://doi.org/10.1177/1103308820945098.
[2] Marques, P. et I. Salavisa (2017), « Young people and dualization in Europe: A fuzzy set analysis », Socio-Economic Review, vol. 15/1, pp. 135-160, https://doi.org/10.1093/ser/mww038.
[13] OECD (2024), OECD Territorial grids, https://www.oecd.org/en/data/datasets/oecd-geographical-definitions.html.
[7] OECD (2021), Career Guidance for Adults in a Changing World of Work, Getting Skills Right, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/9a94bfad-en.
[14] OECD (2018), OECD Handbook for Internationally Comparative Education Statistics: Concepts, Standards, Definitions and Classifications, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264304444-en.
[1] Pohlan, L. (2024), « Unemployment’s long shadow: The persistent impact on social exclusion », Journal for Labour Market Research, vol. 58/1, https://doi.org/10.1186/s12651-024-00369-8.
[3] Rahmani, H. et W. Groot (2023), « Risk factors of being a youth not in education, employment or training (NEET): A scoping review », International Journal of Educational Research, vol. 120, https://doi.org/10.1016/j.ijer.2023.102198.
[6] Schmillen, A. et M. Umkehrer (2017), « The scars of youth: Effects of early‐career unemployment on future unemployment experience », International Labour Review, vol. 156/3-4, pp. 465-494, https://doi.org/10.1111/ilr.12079.
[8] Thern, E. et al. (2017), « Long-term effects of youth unemployment on mental health: Does an economic crisis make a difference? », Journal of Epidemiology and Community Health, vol. 71/4, https://doi.org/10.1136/jech-2016-208012.
[9] Wachter, T. (2020), « The persistent effects of initial labor market conditions for young adults and their sources », Journal of Economic Perspectives, vol. 34/4, pp. 168-194, https://doi.org/10.1257/jep.34.4.168.
[11] Whittard, D., H. Drew et F. Ritchie (2022), « Not just arms and legs: Employer perspectives on student workers », Journal of Education and Work, vol. 35/6-7, pp. 751-765, https://doi.org/10.1080/13639080.2022.2126972.
Tableaux et notes
Copier le lien de Tableaux et notesTableaux du chapitre
Copier le lien de Tableaux du chapitre|
Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge et selon la situation au regard de l’emploi (2024) |
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Évolution du pourcentage des 18-24 ans scolarisés et non scolarisés, par statut professionnel et sexe (2019 et 2024) |
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Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge, selon la situation au regard de l’emploi et durée du chômage (2024) |
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Tableau A2.4. (web uniquement) |
Jeunes non scolarisés et sans emploi ou en dehors de la population active (NEET), par région infranationale (2024) |
Téléchargement de données
Copier le lien de Téléchargement de donnéesPour télécharger les données relatives aux graphiques et aux tableaux de ce chapitre, cliquez sur le StatLink ci‑dessus.
Pour accéder à d’autres données et/ou indicateurs sur l’éducation, veuillez consulter l’Explorateur de données de l’OCDE : https://data-explorer.oecd.org.
Date butoir de la transmission des données pour la publication imprimée : 13 juin 2025. Les données mises à jour peuvent être consultées sur l’Explorateur des données.
Notes pour les tableaux
Copier le lien de Notes pour les tableauxTableau A2.1. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge et selon la situation au regard de l’emploi (2024)
Remarque : Par NEET on entend les jeunes sans emploi qui ne sont ni scolarisés ni en formation dans le cadre institutionnel (de l’anglais « neither employed nor in education or training »). Les données se rapportent généralement au deuxième trimestre de l’année scolaire, qui correspond aux trois premiers mois de l’année civile dans la plupart des pays, mais au deuxième trimestre de l’année civile dans quelques pays. Les colonnes contenant des données sur les 25-29 ans peuvent être consultées en ligne.
1. L’année de référence diffère de 2024 : 2022 pour le Chili ; 2023 pour le Brésil, les États-Unis et l’Islande.
Tableau A2.2. Évolution du pourcentage des 18-24 ans scolarisés et non scolarisés, par statut professionnel et sexe (2019 et 2024)
Remarque : Par NEET on entend les jeunes sans emploi qui ne sont ni scolarisés ni en formation dans le cadre institutionnel (de l’anglais « neither employed nor in education or training »). Les données se rapportent généralement au deuxième trimestre de l’année scolaire, qui correspond aux trois premiers mois de l’année civile dans la plupart des pays, mais au deuxième trimestre de l’année civile dans quelques pays. Les colonnes contenant des données pour les catégories Total peuvent être consultées en ligne.
1. L’année de référence diffère de 2019 : 2018 pour l’Argentine ; 2020 pour le Chili ; 2022 pour la Bulgarie et le Pérou.
2. L’année de référence diffère de 2024 : 2022 pour le Chili ; 2023 pour le Brésil, les États-Unis et l’Islande.
Tableau A2.3. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge, selon la situation au regard de l’emploi et durée du chômage (2024)
Remarque : Les chiffres sur la durée du chômage peuvent ne pas correspondre au total pour tous les chômeurs en raison de données manquantes. Les colonnes contenant des données sur les 18-24 ans et sur les chômeurs de moins de 12 mois peuvent être consultées en ligne.
1. L’année de référence pour la durée du chômage diffère de 2024 : 2021 pour le Brésil, le Chili, la Colombie, les États-Unis et l’Islande.
2. L’année de référence pour toutes les autres données diffère de 2024 : 2022 pour le Chili ; 2023 pour le Brésil, les États-Unis et l’Islande.
Codes de contrôle
Copier le lien de Codes de contrôlea - catégorie sans objet ; b - rupture de série ; c – nombre insuffisant d’observations pour garantir la fiabilité des estimations ; d - les données d’une autre catégorie sont incluses ; m – les données ne sont pas disponibles ; r – les valeurs se situent sous un certain seuil de fiabilité et doivent être interprétées avec prudence ; x – les données sont incluses sous une autre catégorie ou colonne (indiquées entre parenthèses). Pour plus de détails sur les codes de contrôle, voir le Guide du lecteur.
Pour de plus amples informations méthodologiques, voir Regards sur l’éducation 2025 : Sources, méthodologies et notes techniques (https://doi.org/10.1787/fcfaf2d1-en).
Tableau A2.1. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge et selon la situation au regard de l’emploi (2024)
Copier le lien de Tableau A2.1. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge et selon la situation au regard de l’emploi (2024)En pourcentage ; 18-24 ans
Remarque : Pour les notes de ce tableau et un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes ci-dessus.
Tableau A2.2. Évolution du pourcentage des 18-24 ans scolarisés et non scolarisés, par statut professionnel et sexe (2019 et 2024)
Copier le lien de Tableau A2.2. Évolution du pourcentage des 18-24 ans scolarisés et non scolarisés, par statut professionnel et sexe (2019 et 2024)En pourcentage ; 18-24 ans
Remarque : Pour les notes de ce tableau et un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes ci-dessus.
Tableau A2.3. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge, selon la situation au regard de l’emploi et durée du chômage (2024)
Copier le lien de Tableau A2.3. Pourcentage de jeunes adultes scolarisés et non scolarisés, par groupe d’âge, selon la situation au regard de l’emploi et durée du chômage (2024)En pourcentage ; 25-29 ans
Remarque : Pour les notes de ce tableau et un lien permettant de télécharger les données, voir la section Tableaux et notes ci-dessus.
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