Les emplois liés au commerce international sont mieux rémunérés, plus productifs et plus susceptibles d’être exercés dans le secteur formel que les emplois liés à la production de biens et de services destinés au marché intérieur. Néanmoins, les femmes sont moins susceptibles d’occuper ce type d’emplois, qu’il s’agisse des emplois liés à la production de biens et de services exportés ou des emplois impliqués dans la production de biens et de services entrant dans les processus d’exportation. Les femmes très qualifiées sont particulièrement peu nombreuses à occuper des emplois tournés vers l’exportation. Ces disparités entre hommes et femmes sont relativement stables.
Examen du commerce international et du genre en Amérique latine
2. L’emploi des femmes
Copier le lien de 2. L’emploi des femmesDescription
Les emplois liés au commerce international sont mieux rémunérés, plus productifs et plus susceptibles d’être exercés dans le secteur formel que les emplois liés à la production de biens et de services destinés au marché intérieur. Diverses études montrent que le commerce international renforce la place des femmes sur le marché du travail, réduit la ségrégation professionnelle, favorise une évolution vers des emplois plus formels, et résorbe les écarts de rémunération entre hommes et femmes dans les pays d’Amérique latine (Banque mondiale et, 2020[1] ; Ernesto Aguayo-Tellez, 2010[2] ; Connolly, 2022[3] ; Gaddis, 2017[4] ; Ederington, 2024[5] ; Heckl, 2024[6]). Néanmoins, certaines analyses indiquent que ses effets dépendent du pays d’origine des importations et du niveau de formation de la population active (Paz, 2021[7]), tandis que d’autres aboutissent à des conclusions différentes quant aux conséquences du commerce international sur les taux d’emploi des hommes et des femmes et leur évolution dans le temps (Hani Mansour, 2022[8])1. Si l’on veille à ce que les femmes puissent accéder à des emplois qui leur permettent de participer aux marchés internationaux, elles peuvent tirer avantage des retombées positives du commerce international et saisir de nouvelles opportunités professionnelles.
En s’appuyant sur la base de données sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre de l’OCDE, le présent chapitre analyse dans quelle mesure les femmes prennent part au commerce international par le biais de leur emploi et quels sont les facteurs qui influent sur leur participation au commerce international dans les sept pays d’Amérique latine considérés dans ce rapport. La méthodologie et les informations relatives à la base de données sont présentées dans l’Encadré 2.1
Encadré 2.1. Méthodologie et données
Copier le lien de Encadré 2.1. Méthodologie et donnéesCette analyse repose sur des données provenant de la base de données sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre pour la période 2010-2020. Elle doit être interprétée comme une analyse structurelle plutôt que comme un instantané de la situation actuelle.
La base de données TiM est issue des indicateurs sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA), qui rendent compte de la valeur ajoutée créée par chaque pays dans la production de biens et de services. Elle apporte un éclairage sur les chaînes de valeur mondiales qui ne peut être obtenu au moyen des statistiques commerciales brutes traditionnelles. Les données TiVA sont estimées à l’aide de tableaux internationaux d’entrées-sorties (TIES) qui illustrent les flux de biens et services finals et intermédiaires par secteur.
Les données sur le contenu en emploi des échanges associent les données TiVA et les données sur l’emploi par branche d’activité. Elles estiment la part de l’emploi qui dépend des activités d’exportation et montrent dans quelle mesure la population active d’un pays est dépendante de son intégration internationale. Par ailleurs, la base de données TiM selon les caractéristiques de la main-d’œuvre ajoute une dimension liée aux caractéristiques des travailleurs. Il s’agit notamment des caractéristiques suivantes : genre, âge (divisé en trois catégories : 15-29 ans, 30-49 ans, et plus de 50 ans), niveau de compétences selon la profession (trois catégories : élevé, moyen et faible), et niveau de compétences selon le niveau d’études (trois catégories : supérieur, moyen et faible).
Cette analyse est fondée sur l’indicateur « emploi national intégré dans les exportations brutes », car il fournit un aperçu complet de l’emploi par secteur et par caractéristique, ainsi que de la participation correspondante dans les échanges directs et indirects.
Source : Horvat, Webb et Yamano (2020[9]).
2.1. Emplois tournés vers l’exportation, selon le genre
Copier le lien de 2.1. Emplois tournés vers l’exportation, selon le genreDans les sept pays d’Amérique latine considérés, les femmes sont moins susceptibles que les hommes d’occuper des emplois dépendants des exportations, qu’elles soient directes ou indirectes (Graphique 2.1)2. Cela vaut également pour l’ensemble des pays membres de l’OCDE : les femmes sont moins nombreuses que les hommes à occuper des emplois dépendants des exportations. Ainsi, en Argentine et au Brésil, les femmes ont environ 40 % moins de chances que les hommes d’occuper un emploi dépendant des exportations3. En Colombie et au Chili, elles sont entre un quart et un tiers moins nombreuses à occuper de tels emplois. Au Costa Rica, au Mexique4 et au Pérou, l’écart entre les hommes et les femmes quant à la probabilité d’occuper un emploi dépendant des exportations est plus restreint, à 20 % environ en défaveur des femmes. En termes de participation globale aux échanges, c’est au Costa Rica que la part des emplois dépendants des exportations est la plus élevée, suivi par le Mexique et le Chili. Caractérisé par une économie de plus petite taille tournée vers l’extérieur, le Costa Rica compte un plus grand nombre de personnes (hommes et femmes) occupant des emplois liés aux exportations directes et indirectes que tout autre pays de l’échantillon. Les Costaricains sont plus susceptibles d’occuper des emplois tournés vers les exportations que la moyenne des travailleurs de l’OCDE.
Graphique 2.1. Les emplois intégrés dans les exportations sont majoritairement occupés par des hommes
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Note : emploi national intégré dans les exportations brutes (2019).
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
À l’autre extrémité, la Colombie affiche la plus faible proportion d’emplois tournés vers les exportations, ce qui peut s’expliquer par sa présence relativement plus limitée dans le commerce international et sa moindre ouverture aux échanges. Les exportations de la Colombie sont en effet inférieures à la moyenne des pays d’Amérique latine, tandis que les obstacles aux échanges restent élevés. Par ailleurs, le recours aux obstacles non tarifaires est en hausse (OCDE, 2022[10]). Plus récemment, la situation au Venezuela, l’un des principaux partenaires commerciaux du pays, a eu des répercussions négatives importantes sur les exportations colombiennes.
Au Chili, l’emploi des femmes dans les exportations directes est relativement inférieur à celui observé dans certains pays voisins, et en deçà de la moyenne de l’OCDE. Cela s’explique en partie par le fait que les ressources minérales représentent une part importante de ses exportations ; or ce secteur se caractérise par une main-d’œuvre essentiellement masculine (même si l’exploitation minière est un secteur à très forte intensité capitalistique, qui emploie moins de main-d’œuvre que de nombreux autres secteurs exportateurs). Comme au Chili, les entreprises exportatrices du Brésil dans les secteurs de l’agriculture, de l’exploitation minière et des ressources emploient moins de femmes (Ministério da Indústria Comércio Exterior e Serviços, 2023[11]).
En moyenne en Amérique latine comme dans les pays de l’OCDE, les services de distribution emploient un grand nombre de travailleurs dont les emplois sont liés aux exportations (Graphique 2.2)5. La plupart des autres secteurs de services emploient beaucoup moins de travailleurs participant aux exportations. Au Chili, les principaux secteurs exportateurs — distribution, matériaux et autres activités manufacturières — emploient davantage d’hommes que de femmes. En Colombie, la situation est comparable à celle du Chili, mais la proportion de travailleurs occupant des emplois liés aux exportations y est relativement plus faible. Le Costa Rica, où la part de l’emploi incorporée dans les exportations brutes est importante, se distingue par des disparités notables entre hommes et femmes dans les secteurs fortement exportateurs comme l’agriculture ou d’autres activités manufacturières. Dans le même ordre d’idées, l’Argentine et le Brésil se caractérisent par des écarts importants entre hommes et femmes au regard de l’emploi dépendant des exportations, essentiellement dans les secteurs de l’agriculture, des autres activités manufacturières et de la distribution.
Graphique 2.2. De nombreux secteurs fortement exportateurs emploient majoritairement des hommes
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Note : emploi national intégré dans les exportations brutes par secteur, moyenne des sept pays d’Amérique latine considérés (2019). Les moyennes OCDE sont représentées par les chiffres orange. F désigne les femmes et H les hommes. Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de distribution, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau d’annexe 2.A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
Au Mexique et au Pérou, les écarts relativement faibles entre hommes et femmes en termes d’emploi tourné vers les exportations illustrés dans le Graphique 2.2 sont liés à la composition sectorielle des exportations qui emploient le plus de main-d’œuvre, ce qui signifie que les secteurs manufacturiers et la distribution (annexe 2.A) se distinguent par une représentation équilibrée des hommes et des femmes (Graphique 2.2).
D’une manière générale toutefois, l’écart entre les genres en matière d’exportations est important dans les principaux secteurs exportateurs de biens, surtout dans l’agriculture et le secteur manufacturier. C’est le cas en grande partie dans les sept pays d’Amérique latine considérés, de même que dans de nombreux pays membres de l’OCDE (voir par exemple Korinek, Moïsé et Tange (2021[12]), OCDE (2022[13]).
L’étude des liens entre l’emploi des femmes et l’intensité des exportations dans les secteurs donne à penser que la ségrégation sectorielle, à savoir l’emploi des femmes et des hommes dans des secteurs différents, explique dans une large mesure l’écart entre les genres au regard de l’emploi tourné vers les exportations (Graphique 2.3). En général, les secteurs qui emploient une forte proportion de femmes affichent des exportations brutes moins élevées. Au Brésil, au Chili et au Mexique, les emplois tournés vers les exportations sont moins nombreux que ceux qui produisent des biens et des services destinés au marché intérieur, indépendamment de la proportion de femmes dans le secteur. Cela tient en partie à la taille de ces économies, les entreprises de ces pays pouvant peut-être générer des économies d’échelle suffisantes sans entrer sur les marchés d’exportation.
Graphique 2.3. Les secteurs qui emploient une forte proportion de femmes ne sont pas très exportateurs
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Note : part des femmes dans l’emploi et intensité des exportations, 2019. Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de distribution, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau A A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
2.2. Les disparités femmes-hommes au regard de l’emploi tourné vers les exportations ont-elles évolué au fil du temps ?
Copier le lien de 2.2. Les disparités femmes-hommes au regard de l’emploi tourné vers les exportations ont-elles évolué au fil du temps ?Au Brésil et au Mexique, l’emploi incorporé dans les exportations a progressé lentement entre 2010 et 2019, pour les hommes comme pour les femmes (Graphique 2.4). Au Costa Rica et au Pérou, seul l’emploi directement intégré dans les exportations brutes a progressé au fil des années. Au Costa Rica, la hausse de l’emploi tourné vers les exportations est principalement imputable à l’évolution du secteur des machines. Le cadre plus général de l’action publique entre également en ligne de compte : la croissance du Costa Rica est fondée dans une large mesure sur l’ouverture commerciale et l’investissement direct étranger (OCDE, 2023[14]). Dans les années 80, le pays a engagé une transformation structurelle : d’une économie fondée sur l’agriculture, il s’est diversifié dans d’autres secteurs et a renforcé son intégration dans les chaînes de valeur mondiales (OCDE, 2018[15]). Au Chili, la part de l’emploi intégré dans les exportations a diminué au cours de la même période. En Argentine, elle a évolué selon une courbe en U : après avoir diminué jusqu’en 2015, la part de l’emploi intégré dans les exportations s’est redressée jusqu’à rejoindre quasiment son niveau de 2010.
Graphique 2.4. Évolution de l’emploi national intégré dans les exportations brutes
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Note : évolution de l’emploi national intégré dans les exportations brutes.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
Au Chili, l’emploi incorporé dans les exportations brutes a diminué, principalement en raison d’un net recul dans les secteurs des machines et des matériaux. L’effondrement du commerce international au lendemain de la crise financière mondiale de 2008 et la chute des prix des produits de base au cours de la période examinée ont grevé les exportations de produits miniers et de biens manufacturés. Par ailleurs, la productivité du secteur minier a pâti de la hausse des coûts d’extraction due à l’appauvrissement de la teneur en minerai. De nombreux secteurs ont été touchés par le ralentissement de la croissance de la productivité multifactorielle et la baisse de la demande extérieure (OCDE, 2018[16]). La hausse récente des prix des produits de base pourrait inverser quelque peu cette tendance.
Les écarts entre hommes et femmes sont restés remarquablement stables au cours de la décennie examinée et dans tous les pays, dans l’emploi directement et indirectement lié aux exportations. Au Brésil, au Chili et au Costa Rica, les écarts entre les genres en matière d’emplois directement liés aux exportations sont plus marqués que ceux observés en matière d’emplois indirects. Cela peut aussi s’expliquer en grande partie par la ségrégation professionnelle, c’est-à-dire que les femmes travaillent davantage dans les secteurs de services qui sont beaucoup plus susceptibles d’être des intrants dans les exportations directes et qu’elles sont moins nombreuses à travailler dans des secteurs fortement exportateurs, comme l’agriculture et le secteur manufacturier.
C’est au Chili et au Costa Rica que les disparités entre les genres au regard de l’emploi dans les secteurs exportateurs sont les plus marquées, avec des pourcentages supérieurs à la moyenne de l’OCDE, tandis que le Brésil et l’Argentine affichent aussi des pourcentages élevés depuis ces dernières années (Graphique 2.5). C’est au Mexique et au Pérou que ces écarts sont les plus faibles, suivis de la Colombie, pour l’emploi direct et indirect. Même si les écarts entre les genres concernant l’emploi soutenu par les exportations se sont résorbés en Argentine et au Costa Rica, ils se sont de nouveau creusés à la fin de la décennie. Dans la même période, ces écarts ne se sont pas réduits dans les autres pays examinés.
Graphique 2.5. Évolution de l’écart entre hommes et femmes au regard de l’emploi intégré dans les exportations brutes
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Note : l’écart entre hommes et femmes englobe l’emploi direct et indirect. Il est calculé à partir de la différence entre : la somme de l’emploi direct et indirect des hommes divisée par l’emploi total des hommes, et la somme de l’emploi direct et indirect des femmes divisée par l’emploi total des femmes pour chaque année entre 2010 et 2020.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
L’évolution de la part de l’emploi des femmes dans les exportations peut être décomposée en deux catégories : l’intensité de l’emploi dans les exportations (variation de la part de salariés occupant des emplois liés aux exportations dans un secteur donné), et l’intensité de l’emploi des femmes (variation du nombre de salariées dont les emplois ont été redistribués des secteurs axés sur le marché intérieur vers les secteurs tournés vers l’exportation). L’évolution du nombre de femmes occupant des emplois axés sur l’exportation est principalement due à un accroissement de l’intensité de l’emploi dans les exportations, c’est-à-dire à une hausse du nombre de travailleurs occupant des emplois liés aux exportations, plutôt qu’à un redéploiement des femmes vers les secteurs exportateurs (Graphique 2.6). Il existe toutefois un certain nombre d’exceptions où l’on observe un redéploiement évident des femmes vers les secteurs exportateurs, comme l’agriculture, les autres activités manufacturières et les matériaux au Chili ou les machines et la communication au Costa Rica.
Graphique 2.6. L’évolution de l’emploi des femmes dans les exportations est due aux variations de l’intensité des exportations
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Note : variation de l’emploi direct des femmes intégré dans les exportations brutes, moyenne des sept pays d’Amérique latine considérés (2010-2019). « Variation réelle » correspond à la variation en pourcentage de l’emploi des femmes intégré dans les exportations brutes entre 2010 et 2019. Cette variation se décompose comme suit : « variation de l’intensité de l’emploi des femmes », qui correspond à la variation en pourcentage de la proportion de salariées dans chaque secteur, et « variation de l’intensité de l’emploi dans les exportations », qui désigne la variation en pourcentage de l’emploi intégré dans les exportations brutes dans chaque secteur. Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de distribution, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau d’annexe 2.A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre et base de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA).
2.3. Compétences, emploi et commerce international
Copier le lien de 2.3. Compétences, emploi et commerce internationalLes niveaux de compétences influent considérablement sur les perspectives d’emploi, les salaires et la qualité des emplois. Dans la mesure où les emplois liés aux échanges sont généralement mieux rémunérés et impliquent une plus grande productivité, les compétences — mesurées ici au moyen du niveau d’études — revêtent un caractère crucial6. Dans l’ensemble, les sept pays considérés présentent les caractéristiques suivantes : forte proportion de travailleurs peu qualifiés dans le secteur primaire (agriculture), forte proportion de travailleurs moyennement qualifiés dans le secteur secondaire (industries manufacturières), et forte proportion de travailleurs hautement qualifiés dans le secteur tertiaire (services), à l’exception des services de distribution qui emploient une forte proportion de travailleurs moyennement qualifiés (graphique d’annexe 2.A.1).
En majorité, les femmes travaillent dans des secteurs liés aux services, qui emploient principalement des travailleurs hautement qualifiés. C’est pourquoi on observe une corrélation positive entre la part de la main-d’œuvre féminine et la part de l’emploi hautement qualifié (Graphique 2.7). Toutefois, cette relation se vérifie principalement dans les services publics, qui comptent une forte proportion de travailleurs hautement qualifiés et de femmes. Les secteurs qui emploient de la main-d’œuvre hautement qualifiée et dans lesquels travaillent les femmes, comme les services publics, la santé et l’éducation, sont généralement moins tournés vers les échanges.
Graphique 2.7. Part des femmes dans l’emploi total et part des travailleurs hautement qualifiés
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Note : part des femmes dans l’emploi et emplois hautement qualifiés, 2019. Les couleurs représentent les secteurs et les formes les pays. Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de gros et de détail, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau A A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
En général, on constate une corrélation négative entre la proportion de travailleurs hautement qualifiés dans un secteur donné et la part des emplois liés aux exportations brutes dans ce secteur (Graphique 2.8). Cela montre que les secteurs qui comptent la plus forte proportion de travailleurs hautement qualifiés, c’est-à-dire principalement les secteurs de services comme indiqué plus haut, comptent moins de travailleurs occupant des emplois tournés vers l’exportation. Il est important de noter la présence d’une exception dans le Graphique 2.7 : la catégorie « Autres services ». Elle se caractérise en effet par une faible proportion de travailleurs hautement qualifiés, mais aussi par une proportion importante de femmes. Il s’agit notamment des soins aux personnes, des soins aux animaux, des services de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées, des arts, spectacles et loisirs, des activités des ménages en tant qu’employeurs et des activités des ménages pour leur usage propre. Outre qu’ils font rarement l’objet d’échanges commerciaux, ces services sont souvent dispensés en personne, d’où un impact plus important de la pandémie de COVID-19 sur les femmes.
Certaines données tirées de l’accord de libre-échange entre le Chili et le Mexique laissent à penser que sa mise en œuvre a accru la part des femmes dans les emplois hautement qualifiés de 8.8 % et a eu un effet positif sur la productivité de la main-d’œuvre et la productivité globale (de 2.6 % et 5.7 % respectivement) (Banerjee, Castro Penarrieta et Chakraborty, 2022[17]). Il semble donc que l’intensification du commerce international a entraîné une hausse de la demande de main-d’œuvre qualifiée, qui a été satisfaite par l’emploi de travailleuses qualifiées.
Graphique 2.8. Proportion de travailleurs très qualifiés et intensité de l’emploi dans les exportations
Copier le lien de Graphique 2.8. Proportion de travailleurs très qualifiés et intensité de l’emploi dans les exportations
Note : intensité de l’emploi dans les exportations et emplois hautement qualifiés, 2019. Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de gros et de détail, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau A A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre et base de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA).
2.4. Emploi des femmes : cadre réglementaire et normes sociétales
Copier le lien de 2.4. Emploi des femmes : cadre réglementaire et normes sociétalesLe cadre réglementaire du travail des femmes, ainsi que les normes sociétales, influent sur leur capacité à participer pleinement au marché du travail et à occuper des emplois mieux rémunérés, notamment des emplois liés aux échanges. Diverses réglementations influent plus fortement sur l’aptitude des femmes à être compétitives sur les marchés du travail, notamment : l’obligation explicite d’offrir une rémunération égale à travail égal, l’application de la loi contre le harcèlement sexuel ou encore la suppression des obstacles à la participation des femmes à certaines professions ou à certaines entreprises. En Colombie et au Mexique, aucune loi n’impose explicitement aux entreprises de respecter le principe de rémunération égale à travail égal (Banque mondiale, 2023[18]). Du fait des inégalités de rémunération entre les genres, les femmes ont moins accès aux ressources et, partant, ont moins de possibilités de créer leur propre entreprise (section 2.4). Elles sont aussi souvent plus proches du seuil de pauvreté que les hommes (section 2.3).
En Argentine et en Colombie, aucune sanction civile ou pénale ne s’applique au harcèlement sexuel sur le lieu de travail (Banque mondiale, 2023[18]). Les femmes pourraient donc être plus vulnérables face à de tels comportements dans ces pays, et avoir moins de possibilités de recours en cas de harcèlement sexuel.
En Argentine, les femmes ne sont pas autorisées à exercer certaines professions, notamment : chargement et déchargement de navires, travail dans des carrières ou travail souterrain, chargement et déchargement au moyen de grues ou de treuils, et conduite de machines7. C’est d’autant plus important que l’Argentine a signé l’Initiative conjointe de l’OMC sur la réglementation intérieure dans le domaine des services, qui prévoit une clause relative à la non-discrimination entre les prestataires de services selon leur genre, et que certaines de ces professions pourraient être considérées comme des services.
Il convient de noter que des mesures ont été prises récemment dans certains pays d’Amérique latine qui marquent un pas en avant dans la protection des femmes au travail et le soutien qui leur est apporté. Par exemple, le 3 juillet 2023, le Brésil a adopté la loi n°14 611, qui prévoit l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale ou pour une même fonction. Cette loi définit de nouveaux mécanismes de transparence salariale et de supervision, et elle augmente les sanctions appliquées aux entreprises qui ne les respectent pas. Au Chili, la loi Ley Karin, entrée en vigueur le 1er août 2024, interdit le harcèlement sexuel sur le lieu de travail.
La législation de l’emploi au Pérou est l’une de celles qui garantissent le mieux l’égalité entre les genres parmi les sept pays d’Amérique latine considérés. Ainsi, au Pérou, la discrimination fondée sur le genre dans le domaine de l’emploi est illégale, de même que le licenciement des salariées enceintes. La législation péruvienne impose une rémunération égale pour un travail de valeur égale et interdit le harcèlement sexuel au travail, et elle prévoit des sanctions en cas de non-respect. Elle interdit toute discrimination fondée sur le genre en matière d’accès au crédit, et donne aux femmes et aux hommes des droits équivalents en ce qui concerne la création d’entreprise, la signature de contrats ou l’ouverture d’un compte bancaire. Les femmes et les hommes ont les mêmes droits de propriété sur les biens immobiliers et les mêmes droits en matière de succession (Banque mondiale, 2023[18]). Par ailleurs, un congé de paternité rémunéré obligatoire de dix jours a été instauré, qui peut être allongé à 30 jours en cas de problème de santé particulier.
La capacité des femmes à occuper des fonctions de direction et à s’épanouir au travail se heurte en outre aux obstacles liés aux valeurs, perceptions et normes de la société, y compris celles des femmes elles-mêmes. Selon la dernière enquête World Values Survey (Haerpfer et al., 2022[19])8, deux personnes sur dix au Mexique déclarent que les hommes sont de meilleurs dirigeants uniquement en raison de leur genre. Vingt-huit pour cent (28 %) des Chiliens estiment qu’en cas de pénurie de main-d’œuvre, les hommes devraient avoir priorité sur les femmes en matière d’emploi, contre 5 % des Américains, 12 % des Argentins, 19 % des Brésiliens, 25 % des Mexicains et 26 % des Péruviens. Plus de la moitié des Mexicains et des Brésiliens considèrent que lorsqu’une mère exerce un emploi rémunéré, ses enfants en pâtissent, contre 48 % des Chiliens, 44 % des Péruviens et 20 % des Américains. Plus de la moitié des Mexicains pensent que cela cause forcément des problèmes si une femme gagne plus d’argent que son mari, contre 36 % des Brésiliens, 35 % des Chiliens, 26 % des Péruviens, 18 % des Argentins et 9 % des Américains. Un Mexicain sur cinq considère qu’il est plus important pour un homme d’avoir un diplôme universitaire que pour une femme, soit deux fois plus qu’aux États-Unis et au Brésil. Pour beaucoup, ces points de vue n’ont pas diminué depuis une enquête similaire menée en 2012, et ils ont même parfois augmenté.
L’une des normes sociales qui empêchent les femmes d’occuper un emploi rémunéré tient au volume de travail non rémunéré qu’elles accomplissent, notamment le travail domestique et le fait de s’occuper de leurs enfants et de leurs proches âgés. Dans nombre de pays d’Amérique latine, le travail non rémunéré des femmes est au moins deux fois plus élevé que celui des hommes (Graphique 2.9). Lorsque les femmes s’acquittent d’une part importante du travail non rémunéré, elles ont moins de temps pour exercer un travail rémunéré, rechercher un emploi et développer leurs réseaux afin d’améliorer leurs perspectives d’emploi.
Graphique 2.9. Travail rémunéré et non rémunéré, femmes et hommes
Copier le lien de Graphique 2.9. Travail rémunéré et non rémunéré, femmes et hommes15 ans et plus, nombre d’heures hebdomadaires
Source : CEPALC, Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (https://oig.cepal.org/es).
2.5. Activité informelle
Copier le lien de 2.5. Activité informelleIl convient de noter que l’analyse qui précède porte spécifiquement sur les emplois du secteur formel, alors que de nombreux emplois en Amérique latine se situent dans l’économie informelle9. Selon les estimations de l’OIT, depuis 2020, quatre emplois sur cinq créés pour les femmes et deux emplois sur trois créés pour les hommes sont des emplois informels10. Une enquête menée en 2022 au Mexique montrait que sur 57 millions d’actifs, 44 % travaillent dans le secteur formel, les 56 % restants travaillant dans l’économie informelle. L’emploi informel semble réparti de manière similaire entre les femmes et les hommes, 56 % des femmes (soit 13 millions environ) travaillant dans l’économie informelle contre 44 % (10 millions environ) dans l’économie formelle11. Au Pérou, on estime que près de 75 % des femmes et 65 % des hommes travaillent dans l’économie informelle (PromPerú, 2023[20]). En Colombie, une enquête a révélé que 49 % des travailleurs informels sont des femmes12. Les chiffres sont les mêmes, voire supérieurs, dans de nombreux autres pays d’Amérique latine. Compte tenu de l’ampleur de l’économie informelle et de son rôle central dans le fonctionnement de ces économies, il est probable qu’elle contribue considérablement aux effets cumulés et redistributifs des échanges.
Les femmes qui travaillent dans l’économie informelle sont moins bien rémunérées, travaillent dans des conditions moins favorables sans filet de sécurité, et peuvent être exposées à des niveaux plus élevés de violence, de harcèlement et de discrimination. Au Pérou par exemple, où 95 % des travailleurs domestiques sont des femmes, moins de 5 % bénéficient de l’assurance-chômage et plus de 85 % ne sont pas affiliés à un régime de retraite. Les immigrées, y compris de nombreuses réfugiées vénézuéliennes, sont exposées à des risques plus importants du fait de leur marginalisation et de leur accès limité à la protection sociale, ce qui les rend plus vulnérables face à l’exploitation et aux violences13. La situation est tout aussi difficile pour les femmes autochtones dans les zones rurales, en particulier en Amazonie, où elles sont encore plus vulnérables du fait des obstacles qu’elles rencontrent pour accéder aux soins de santé, des difficultés liées à la langue et d’infrastructures inadaptées14.
Les études théoriques et empiriques sur le commerce international accordent peu d’attention à l’économie informelle ; toutefois, les recherches soulignent l’influence du droit du travail et d’autres réglementations sur l’évolution de la taille de l’économie informelle dans les pays d’Amérique latine (Heckmann et Pagés, 2000[21]). Par ailleurs, à mesure qu’elles se développent, les entreprises tendent à régulariser leurs activités, car elles deviennent plus visibles pour les autorités locales, d’où une augmentation des amendes et des menaces de fermeture. Étant donné que les échanges nécessitent des financements supplémentaires (souvent externes) et imposent aux entreprises de respecter les processus administratifs officiels, que ce soit aux frontières ou avec leurs clients, par exemple en émettant des reçus fiscaux, celles qui souhaitent être présentes sur le marché des échanges ont tendance à passer à l’économie formelle. Cela peut avoir des retombées positives sur les femmes qui y travaillent. Les liens entre les échanges et la réduction de l’économie informelle seront analysés en détail dans le chapitre consacré aux femmes cheffes d’entreprise.
Références
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[19] Haerpfer, C. et al. (2022), World Values Survey Wave 7 (2017-2022), Cross-National Data Set, Version 4.0.0, World Values Association, https://doi.org/10.14281/18241.18.
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[6] Heckl, P. (2024), « Import Shocks and Gendered Labor Market Responses: Evidence from Mexico », Labour Economics, vol. 88, https://doi.org/10.1016/j.labeco.2024.102536.
[21] Heckmann, J. et C. Pagés (2000), The Cost of Job Security Regulation: Evidence from Latin American Labor Markets, https://doi.org/10.3386/w7773.
[9] Horvát, P., C. Webb et N. Yamano (2020), « Measuring employment in global value chains », Documents de travail de l’OCDE sur la science, la technologie et l’industrie, n° 2020/01, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/00f7d7db-en.
[12] Korinek, J., E. Moïsé et J. Tange (2021), « Trade and gender : A Framework of analysis », Documents de travail de l’OCDE sur la politique commerciale, n° 246, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6db59d80-en.
[11] Ministério da Indústria Comércio Exterior e Serviços (2023), Mulheres no Comércio Exterior: Uma Análise para o Brasil, https://www.gov.br/mdic/pt-br/assuntos/comercio-exterior/estatisticas/outras-estatisticas-de-comercio-exterior-1/mulheres_comercio_exterior_uma_analise_para_o_brasil.pdf.
[14] OCDE (2023), OECD Economic Surveys : Costa Rica 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/8e8171b0-en.
[10] OCDE (2022), OECD Economic Surveys: Colombia 2022, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/04bf9377-en.
[13] OCDE (2022), Trade and Gender Review of New Zealand, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/923576ea-en.
[16] OCDE (2018), OECD Economic Surveys: Chile 2018, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/eco_surveys-chl-2018-en.
[15] OCDE (2018), OECD Economic Surveys: Costa Rica 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/eco_surveys-cri-2018-en.
[7] Paz, L. (2021), « The effects of Chinese imports on female workers in the Brazilian manufacturing sector », Journal of Development Studies, vol. 57/5, pp. 807-823.
[20] PromPerú (2023), Evaluación de Género en el sector exportador, https://hdl.handle.net/20.500.14152/5865.
Annexe 2.A. Les échanges de services et l’emploi : contexte dans certains pays d’Amérique latine
Copier le lien de Annexe 2.A. Les échanges de services et l’emploi : contexte dans certains pays d’Amérique latineGraphique d’annexe 2.A.1. Exportations brutes des pays d’Amérique latine, 2018
Copier le lien de Graphique d’annexe 2.A.1. Exportations brutes des pays d’Amérique latine, 2018Pays membres de l’OCDE et pays en voie d’adhésion
Note : exportations brutes (2019). Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de distribution, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau d’annexe 2.A.1.
Source : OCDE, base de données des échanges en valeur ajoutée (TiVA).
Graphique d’annexe 2.A.2. Les secteurs de la distribution et des services sont les employeurs les plus importants
Copier le lien de Graphique d’annexe 2.A.2. Les secteurs de la distribution et des services sont les employeurs les plus importants
Note : emploi total par secteur (2019). Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de gros et de détail, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau d’annexe 2.A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre et base de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA).
Tableau d’annexe 2.A.1. Description des secteurs
Copier le lien de Tableau d’annexe 2.A.1. Description des secteurs|
Code CITI |
Secteur |
Description |
|---|---|---|
|
D01T03 |
Agriculture |
Agriculture, chasse, sylviculture et pêche |
|
D10T33X |
Autres activités manufacturières |
Alimentation, textile et produits du bois |
|
D19T25 |
Matériaux |
Fabrication de matériaux |
|
D26T30 |
Machines |
Machines et matériel |
|
D45T56 |
Distribution |
Commerce de distribution, transport, hébergement et restauration |
|
D58T63 |
Communication |
Information et communication |
|
D64T66 |
Finance |
Activités financières et d’assurances |
|
D68T82 |
Immobilier |
Activités immobilières, de location et commerciales |
|
D84T88 |
Services publics |
Administration publique, défense, éducation et santé |
|
D90T98 |
Autres services |
Arts, spectacles et loisirs, services à la personne, activités des ménages en tant qu’employeurs et activités des ménages pour leur usage propre |
Note : classification des secteurs utilisée dans la base de données TiM selon les caractéristiques de la main-d’œuvre.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre et base de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA).
Graphique d’annexe 2.A.3. Niveaux de formation des salariés par secteur
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Note : niveaux de formation par secteur (2019). Les autres activités manufacturières englobent l’alimentation, le textile et les produits du bois ; la distribution inclut le commerce de gros et de détail, le transport, l’hébergement et la restauration ; les services publics correspondent à l’administration publique, la défense, l’éducation et la santé ; les autres services incluent les arts, spectacles et loisirs, les services à la personne, les activités des ménages en tant qu’employeurs et les activités des ménages pour leur usage propre. Une description plus détaillée de chaque secteur est présentée dans le tableau d’annexe 2.A.1.
Source : base de données de l’OCDE sur le contenu en emploi des échanges (TiM) selon les caractéristiques de la main-d’œuvre et base de données sur les échanges en valeur ajoutée (TiVA).
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Plusieurs raisons donnent à penser que le commerce international a des conséquences différentes sur les hommes et les femmes : i) en accentuant la concurrence entre les entreprises nationales, le commerce international les empêche en théorie d’avoir des pratiques de recrutement discriminatoires (Becker, 1957[23]) (Black, 2004[22]) ; ii) le commerce international peut favoriser des changements techniques et les mises à niveau technologiques peuvent accroître la substituabilité des travailleurs et des travailleuses, en particulier si les tâches à accomplir nécessitent moins de force physique ; iii) la mondialisation entraîne une réallocation des facteurs de production et si hommes et femmes ne sont pas parfaitement substituables, ou s’ils travaillent dans des secteurs et des emplois différents, ils seront touchés de manière différente.
← 2. L’emploi direct intégré dans les exportations brutes désigne l’emploi dans un secteur d’activité spécifique dédié à la production de biens et de services exportés par ce même secteur. L’emploi indirect intégré dans les exportations brutes désigne les salariés qui travaillent dans des secteurs d’amont contribuant à d’autres secteurs qui exportent ensuite le produit final. Par exemple, si une entreprise exportatrice du secteur des machines a recours aux services d’une entreprise informatique, un salarié de cette entreprise informatique entre dans l’emploi indirect intégré dans les exportations du secteur des machines.
← 3. Ces chiffres sont comparables à ceux relevés pour le Brésil dans une étude fondée sur une autre méthode, selon laquelle la proportion de femmes occupant des emplois liés aux échanges est inférieure à leur taux d’activité global : dans les entreprises brésiliennes exportatrices, 29 % des emplois sont occupés par des femmes, alors que le taux d’activité des femmes s’élève à 40 % (Ministério da Indústria Comércio Exterior e Serviços, 2023[11]).
← 4. Selon une étude menée sur l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain), l’accord profite aux femmes qui occupent des emplois axés sur les exportations. Les secteurs dans lesquels les femmes travaillent généralement se sont développés à la faveur de la hausse des exportations et de la demande accrue de travailleurs qualifiés, en particulier de femmes. Par ailleurs, la mise en œuvre de l’accord commercial a contribué à résorber les écarts de rémunération entre hommes et femmes (Ernesto Aguayo-Tellez, 2010[2])
← 5. Les services de distribution comprennent le commerce de gros et de détail, les transports, et les services d’hébergement et de restauration.
← 6. Dans la base de données TiM selon les caractéristiques de la main-d’œuvre, les compétences fondées sur le niveau d’études des travailleurs sont classées en trois catégories : les travailleurs peu qualifiés correspondent aux travailleurs ayant un niveau d’études inférieur au primaire, égal au primaire et inférieur au deuxième cycle du secondaire ; les travailleurs moyennement qualifiés désignent ceux qui sont diplômés du deuxième cycle du secondaire et du postsecondaire non supérieur ; et les travailleurs hautement qualifiés sont ceux qui sont diplômés de l’enseignement supérieur (CITE 2011).
← 7. Capitulo II of Ley no. 11.317 trabajo de las mujeres y los niños, http://servicios.infoleg.gob.ar/infolegInternet/anexos/190000-194999/194070/norma.htm.
← 8. Pour la plupart des pays d’Amérique latine, les données se rapportent à 2018.
← 9. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’économie informelle est définie comme « l’activité économique des travailleurs ou des unités économiques qui ne sont pas couverts ou sont insuffisamment couverts – de droit ou de fait – par les dispositifs formels » (Forum économique mondial, Global Gender Gap Report, 2023).
← 10. Forum économique mondial, Global Gender Gap Report 2023 (20 juin 2023), https://www.weforum.org/publications/global-gender-gap-report-2023/in-full/gender-gaps-in-the-workforce/, consulté le 11 février 2024.
← 11. Liliana Ruiz et Paola Pereznieto, « Women in formal and informal labour markets in Mexico » (2022), Work and Opportunities for Women (WOW), https://assets.publishing.service.gov.uk/media/63da97548fa8f5188353833d/Query-70-Women-Informal-mexico.pdf, consulté le 9 février 2024.
← 12. Angélica María Cossio Téllez, « Women have more disadvantages than men in informal work scenarios » (2021) Periódico Universidad Nacional de Colombia (UNAL), https://periodico.unal.edu.co/articulos/women-have-more-disadvantages-than-men-in-informal-work-scenarios/.
← 13. Enrique Gómez Ramírez et Cecilia Handeland, Members' Research Service, « The informal economy and coronavirus in Latin America » (2021), Service de recherche du Parlement européen, https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2021/690587/EPRS_BRI(2021)690587_EN.pdf, consulté le 13 février 2024.
← 14. Enrique Gómez Ramírez et Cecilia Handeland, Members' Research Service, « The informal economy and coronavirus in Latin America » (2021), Service de recherche du Parlement européen https://www.europarl.europa.eu/RegData/etudes/BRIE/2021/690587/EPRS_BRI(2021)690587_EN.pdf, consulté le 13 février 2024.