Ce chapitre traite de la manière dont les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement appliquent une approche à l’échelle de l’ensemble de la société dans leur planification et leur suivi des progrès accomplis au regard des priorités de développement, et notamment de la mesure dans laquelle ils associent diverses parties prenantes et favorisent l’instauration d’un environnement favorable pour les organisations de la société civile (OSC). Les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’engagement de ne laisser personne de côté sont également évalués en analysant comment les pouvoirs publics et les partenaires au développement consultent les groupes de population vulnérables et marginalisés et leur accordent une attention prioritaire, et si les pays disposent des données et des capacités statistiques nécessaires pour assurer le suivi de ces efforts dans la pratique.
Vers une coopération pour le développement plus efficace – Rapport d'étape 2026
2. Adopter une approche à l’échelle de l’ensemble de la société, en ne laissant personne de côté
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Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsDans l’ensemble, les pays partenaires comme les partenaires au développement associent un large éventail de parties prenantes nationales à l’élaboration de leurs politiques de développement. Ainsi, en moyenne, 90 % des administrations des pays partenaires ont associé des acteurs du secteur privé, des OSC, des administrations infranationales, des parlements et des partenaires au développement à l’élaboration de leurs plans nationaux de développement. Pour leur part, les partenaires au développement ont associé les administrations des pays partenaires à l’élaboration de plus de 90 % de leurs stratégies. Toutefois, selon les OSC, ces efforts ne se traduisent pas toujours par des processus inclusifs ou portant sur le fond, et la qualité des consultations ainsi que l’exploitation de leurs résultats peuvent être encore renforcées. Les contextes des pays influent également sur la possibilité effective d’appliquer une approche à l’échelle de l’ensemble de la société. Ainsi, dans les contextes caractérisés par une fragilité extrême, des contraintes de capacités peuvent faire obstacle à une participation efficace et à grande échelle de la société.
La façon dont les OSC, les partenaires au développement et les administrations des pays partenaires perçoivent l’environnement favorable aux OSC dans leurs pays respectifs varie considérablement, en particulier en ce qui concerne les possibilités de dialogue offertes aux OSC et le cadre juridique et réglementaire. Dans près de 75 % des pays partenaires, les OSC indiquent que les consultations organisées par les partenaires au développement ne sont pas de bonne qualité. Les OSC soulignent que les financements apportés au titre de la coopération pour le développement reflètent en grande partie les priorités des partenaires au développement ; or, celles-ci ne sont pas toujours en phase avec celles des OSC. Les OSC font valoir que les partenaires au développement devraient plaider plus systématiquement en faveur d’une amélioration des conditions propices à leur activité auprès des pouvoirs publics. De leur côté, les partenaires au développement insistent sur la nécessité, pour les OSC, de renforcer l’efficacité et l’inclusivité de leurs mécanismes de coordination.
Pour promouvoir un développement inclusif et tenir leur engagement de ne laisser personne de côté, les pays partenaires et les partenaires au développement déclarent accorder la priorité à certains groupes de population, comme les femmes et les filles, les jeunes et les enfants, les personnes les plus pauvres et les personnes en situation de handicap. Toutefois, la collaboration avec les groupes les plus vulnérables, marginalisés et difficiles à atteindre, tels que les personnes âgées, les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays et les personnes LGBTIQ+, est plus limitée, ce qui signifie que leurs besoins sont davantage susceptibles d’être négligés. Pour faire en sorte que personne ne soit réellement laissé de côté, les pays partenaires et leurs partenaires au développement pourraient favoriser le renforcement des capacités des organisations représentant les droits de ces groupes, et nouer des partenariats d’égal à égal avec elles.
La disponibilité limitée des données dans la plupart des contextes constitue le principal obstacle à la pleine mise en œuvre de l’engagement de ne laisser personne de côté. La plupart des administrations des pays partenaires et de leurs partenaires au développement s’appuient sur des évaluations fondées sur des données pour orienter leurs décisions et atteindre les groupes de population subissant des discriminations. Or, seuls 12 % des pays partenaires font état d’une disponibilité élevée ou très élevée des données ; quant aux données ventilées par statut migratoire, appartenance ethnique et appartenance à une population autochtone, elles sont le plus souvent indisponibles. Pour mettre pleinement en œuvre l’engagement de ne laisser personne de côté, il faudra améliorer la qualité et la ventilation des données, d’où la nécessité de renforcer les systèmes statistiques (voir le Chapitre 3).
Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 engage les administrations des pays partenaires à associer toute une diversité de parties prenantes dans le cadre de leurs processus et dialogues portant sur l’action publique (Nations Unies, 2015[1]). Par ailleurs, la participation à grande échelle et inclusive des parties prenantes est essentielle pour garantir que les activités de coopération pour le développement bénéficient à tous, comme le réaffirme l’engagement de ne laisser personne de côté énoncé dans le Programme 2030 (Nations Unies, 2017[2]). Pour déterminer si une telle approche à l’échelle de l’ensemble de la société existe bien et si elle contribue à un développement efficace, il faut examiner à la fois l’éventail des acteurs associés aux processus, dont les OSC1, et la qualité de leur participation. Bien qu’une telle approche suppose la participation de nombreuses parties prenantes – parlements, secteur privé, administrations infranationales, etc. –, l’analyse présentée dans ce chapitre se concentre sur les impressions détaillées des OSC, recueillies dans le cadre de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC du cadre de suivi du Partenariat mondial. Ces impressions apportent des éclairages contextuels sur la qualité de la mise en œuvre des principes relatifs à une approche à l’échelle de l’ensemble de la société par les pays partenaires et les partenaires au développement. La qualité de la collaboration avec les OSC et l’environnement dans lequel elles mènent leurs activités sont également évalués, de même que la manière dont les pays partenaires et les partenaires au développement contribuent à ne laisser personne de côté en établissant des priorités et en utilisant des données ventilées pour identifier, définir et suivre les groupes les plus susceptibles d’être laissés de côté. Les questions suivantes sont posées : les résultats des consultations menées par les pays partenaires intègrent-ils les contributions des OSC lors de l’élaboration des politiques publiques ? Les partenaires au développement consultent-ils les administrations des pays partenaires pour élaborer leurs stratégies par pays et, dans la négative, pour quelles raisons ? Enfin, quels groupes de population les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement ont-ils tendance à associer le plus ?
Le chapitre commence par un examen de la mesure dans laquelle les parties prenantes participent à l’élaboration des plans nationaux de développement et des stratégies par pays des partenaires au développement, ainsi qu’aux processus de suivi (section 2.1). La section 2.2 traite de l’environnement favorable à la société civile, tandis que la section 2.3 contient une évaluation des performances des pays partenaires et des partenaires au développement au regard de l’objectif de ne laisser personne de côté. Enfin, la section 2.4 porte sur l’utilisation et la qualité des évaluations fondées sur des données permettant aux pays partenaires et aux partenaires au développement de déterminer quels groupes sont les plus vulnérables.
2.1. Des niveaux encourageants de participation des parties prenantes ne signifient pas nécessairement que les processus de consultation sont de qualité
Copier le lien de 2.1. Des niveaux encourageants de participation des parties prenantes ne signifient pas nécessairement que les processus de consultation sont de qualitéLes administrations des pays partenaires associent de nombreux groupes de parties prenantes à l’élaboration de leurs plans nationaux de développement2. Si ces administrations sont responsables au premier chef de la définition des priorités de leur pays en matière de développement, il est essentiel de mener des consultations inclusives avec les parties prenantes nationales pour éclairer ces priorités, de façon à garantir l’appropriation par les pays (Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement, 2016[3]). Comme le montre le Graphique 2.1, plus de 90 % des administrations des pays partenaires ont associé des acteurs du secteur privé, des OSC, des administrations infranationales, des parlements ainsi que des partenaires au développement à l’élaboration de leurs plans nationaux de développement. Les syndicats et les organisations philanthropiques nationales ont été associés dans une moindre mesure.
L’association des parties prenantes nationales est moindre dans le cadre des dialogues de suivi mis en place par les administrations des pays partenaires pour examiner les priorités et les résultats en matière de développement. Les résultats montrent que 91 % des administrations des pays partenaires ont organisé des dialogues pour examiner les priorités et les résultats définis dans leurs plans nationaux de développement. Dans la plupart des pays, les parties prenantes n’ayant pas participé à l’élaboration du plan national de développement n’ont pas non plus été associées à ces dialogues (Graphique 2.1). Les administrations infranationales et les organisations syndicales, quoique largement associées à l’élaboration des plans nationaux de développement, ont participé à des dialogues de suivi sur les priorités dans environ la moitié seulement des pays partenaires.
Trois pays partenaires déclarent avoir mis en place des évaluations conjointes de redevabilité afin de suivre les progrès accomplis au regard des objectifs relatifs à l’efficacité de la coopération pour le développement (voir le Chapitre 5). Dans ces pays, les OSC, les acteurs du secteur privé et les administrations infranationales ont été systématiquement associés à la préparation des évaluations, ainsi qu’aux dialogues conjoints menés pour examiner les progrès accomplis au regard des objectifs fixés.
Graphique 2.1. Les administrations des pays partenaires associent plus systématiquement les parties prenantes lors de l’élaboration des plans nationaux que lors des dialogues de suivi
Copier le lien de Graphique 2.1. Les administrations des pays partenaires associent plus systématiquement les parties prenantes lors de l’élaboration des plans nationaux que lors des dialogues de suiviProportion de pays partenaires dotés d’un plan national de développement élaboré en association avec chaque groupe de parties prenantes
La rigueur des approches adoptées pour associer les parties prenantes varie, allant de consultations à l’effet limité sur l’action publique à des approches participatives plus robustes. Contrairement aux consultations, qui ont une incidence variable sur l’action publique, les processus participatifs associent les parties prenantes à la définition conjointe de priorités et d’accords grâce à une prise de décision partagée (voir ci-après)3. Il ressort que 46 % des administrations des pays partenaires ont associé des acteurs du secteur privé, des administrations infranationales, des partenaires au développement et des OSC à la faveur de processus participatifs (les autres parties prenantes citées dans l’évaluation ont été associées dans une moindre mesure), tandis que l’autre moitié a uniquement eu recours à des consultations.
La plupart des administrations de pays en situation de fragilité ont associé des OSC à l’élaboration des évaluations de la fragilité afin d’éclairer les priorités nationales. Quatre des cinq administrations de pays partenaires ayant répondu au questionnaire adapté aux contextes de fragilité4 (voir le Guide de lecture) ont apporté des éclairages sur la mesure dans laquelle elles ont associé des parties prenantes à la réalisation d’évaluations de la fragilité afin d’éclairer les priorités nationales en matière de développement (voir l’Encadré 2.1 sur l’approche à l’échelle de la société adoptée pour les évaluations des risques et de la fragilité). Les quatre pays partenaires ont indiqué avoir associé des OSC à l’élaboration de leurs évaluations de la fragilité, tandis que dans trois pays, la participation des partenaires au développement et des administrations infranationales au processus a également été facilitée. Dans deux des quatre pays partenaires, d’autres parties prenantes ont été associées, telles que des acteurs du secteur privé à l’échelle nationale, des coordonnateurs de l’action humanitaire des Nations Unies, des organisations syndicales, des personnes en situation de handicap et des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.
Les consultations menées par les gouvernements des pays partenaires avec les OSC pourraient être plus constructives
Si les administrations des pays partenaires déclarent consulter largement les OSC dans le cadre de l’élaboration de leurs plans nationaux de développement, les OSC estiment que la qualité de ces consultations est généralement insuffisante. Comme évoqué plus haut, lorsque les consultations sont de qualité, les OSC sont reconnues comme des partenaires à part entière dans la conception des stratégies, et ce dès le début, au lieu d’être associées de manière ponctuelle et occasionnelle une fois les plans nationaux de développement élaborés. Pour mener de véritables consultations, la collaboration avec les OSC doit être soutenue, structurée et cohérente, de sorte que les stratégies témoignent d’un réel partenariat (OCDE, 2025[4]). Comme souligné au Chapitre 7, certains pays commencent à répondre à cette nécessité en mettant en place des plateformes de coordination visant à favoriser un dialogue et un partage d’informations systématiques. Dans plus de 70 % des pays partenaires, les OSC indiquent n’avoir pas été consultées du tout ou avoir participé à des consultations occasionnelles de qualité limitée, c’est-à-dire sans grande diversité de participants, avec un contenu pas toujours convenu d’un commun accord et un format laissant peu de place à un véritable dialogue.
Les OSC jettent un regard plus positif sur la prise en compte de leurs contributions à l’issue de ces processus de consultation. Dans 54 % des pays partenaires, les OSC ont le sentiment que leurs contributions ont occasionnellement ou systématiquement éclairé la conception, la mise en œuvre et le suivi des politiques nationales de développement. Ainsi, en Moldavie, les autorités ont fait état d’un niveau élevé de participation des OSC à l’élaboration de leur plan national de développement, et les OSC ont confirmé que leurs contributions avaient été prises en compte de manière satisfaisante. Dans son plan national de développement, le gouvernement moldave met en évidence la nécessité d’améliorer les mécanismes de coopération entre l’État et la société civile, notamment par la mise en place de plateformes de communication et de coordination, le financement direct des organisations de la société civile et l’établissement de contrats sociaux (Gouvernement de la République de Moldavie, 2020[5]).
Malgré un nombre globalement élevé de consultations menées par les partenaires au développement, il existe des lacunes dans certains contextes et en termes de qualité
Les partenaires au développement consultent dans une large mesure les administrations des pays partenaires au sujet de leurs stratégies par pays. Pour favoriser l’appropriation par les pays et le développement durable, les partenaires au développement devraient associer les administrations des pays partenaires à l’élaboration de leurs stratégies par pays, soit dans le cadre de consultations, soit en facilitant leur approbation par ces administrations. Les conclusions de l’évaluation montrent que dans l’ensemble, les partenaires au développement ont associé les administrations des pays partenaires à l’élaboration de plus de 90 % de leurs stratégies. Lorsqu’on compare les partenaires au développement multilatéraux et bilatéraux, les premiers tendent à associer les administrations des pays partenaires à l’élaboration de leurs stratégies plus systématiquement que les seconds (96 % contre 82 % des cas).
Les partenaires au développement ont tendance à moins collaborer avec les administrations des pays partenaires dans les pays en situation de fragilité, ou lorsque ces dernières ne reconnaissent pas certains groupes. Trente pour cent des stratégies pour lesquelles les administrations des pays partenaires n’ont pas été consultées (soit 2.6 % de l’ensemble des stratégies) ont été adoptées dans des pays caractérisés par une fragilité extrême. Des structures publiques fragmentées ou confrontées à d’autres contraintes peuvent expliquer ce faible niveau de consultation. Dans d’autres contextes, c’est-à-dire dans les pays partenaires qui ne se caractérisent pas par une fragilité extrême, les partenaires au développement peuvent décider d’axer leur coopération pour le développement sur des groupes de population non reconnus par l’administration du pays partenaire, par exemple en promouvant les droits de groupes victimes de discriminations (populations autochtones, réfugiés, personnes LGBTIQ+5, etc.). Lorsqu’ils interviennent dans des contextes où certains groupes de population ne sont pas reconnus ou considérés comme prioritaires par les administrations des pays partenaires, les partenaires au développement qui souhaitent promouvoir une gouvernance inclusive au moyen de consultations ou en définissant des priorités pour certains groupes de population peuvent avoir besoin d’évaluations des risques sur lesquelles s’appuyer pour financer leur soutien visant à ne laisser personne de côté (OCDE, 2024[6]).
Le renforcement des mécanismes de coordination des OSC pourrait contribuer à améliorer la qualité et l’inclusivité des consultations menées par les partenaires au développement avec les OSC. Les partenaires au développement collaborent fréquemment avec les OSC lorsqu’ils élaborent leurs stratégies relatives aux pays partenaires (72 % des stratégies). Néanmoins, les OSC indiquent que des efforts supplémentaires de la part des partenaires au développement sont nécessaires pour améliorer la qualité de ces consultations. Dans près de 75 % des pays partenaires, les OSC indiquent que les consultations organisées par les partenaires au développement lors de la conception, de la mise en œuvre et du suivi de leurs politiques de coopération pour le développement ont été soit inexistantes, soit occasionnelles et sélectives, c’est-à-dire qu’elles n’associaient qu’un nombre limité d’OSC choisies par les partenaires au développement. De leur côté, dans 29 % des pays partenaires, les partenaires au développement considèrent que les mécanismes de coordination des OSC sont faibles et limités à quelques secteurs seulement. Dans 55 % des pays partenaires, ils estiment que les mécanismes de coordination sont morcelés et qu’il n’existe pas de plateforme unique permettant de les regrouper. Les partenaires au développement consultent plus facilement les OSC lorsque la coordination entre elles est plus étroite ou qu’elles sont regroupées au sein d’une plateforme unique.
Encadré 2.1. Adopter une approche à l’échelle de l’ensemble de la société dans les évaluations des risques et de la fragilité
Copier le lien de Encadré 2.1. Adopter une approche à l’échelle de l’ensemble de la société dans les évaluations des risques et de la fragilitéLes partenaires au développement qui contribuent à des analyses de la fragilité établissent davantage une coordination avec les autres partenaires au développement qu’avec les administrations des pays partenaires ou les acteurs locaux. Une évaluation de la fragilité est un exercice inclusif et participatif, mené pour évaluer les causes, les caractéristiques et les déterminants de la fragilité d’un pays, ainsi que les sources de résilience au sein d’un pays. Dans les pays qui ont choisi de remplir le questionnaire adapté aux contextes de fragilité (République démocratique du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud et Yémen), environ 60 % des partenaires au développement présents sur place ont déclaré avoir mené une analyse des risques, des besoins, des vulnérabilités et des facteurs de fragilité du pays, ou y avoir contribué. Pour mener leurs analyses, les partenaires au développement ont plus fréquemment collaboré avec les autres partenaires au développement (85 % des analyses des risques et de la fragilité) qu’avec les administrations des pays partenaires (67 %) et les parties prenantes locales (62 %). Or, associer les parties prenantes nationales aux évaluations des risques et de la fragilité permet de s’assurer que les besoins spécifiques de ces parties prenantes sont pris en compte, et donc que des priorités ciblées sont définies les concernant dans les stratégies ultérieures des partenaires au développement. Les partenaires au développement qui interviennent dans des contextes de fragilité pourraient offrir un soutien aux acteurs étatiques et non étatiques locaux et nationaux, le cas échéant, afin de renforcer leur capacité d’agir et de promouvoir une action humanitaire et à l’appui du développement et de la paix plus inclusive et plus cohérente, conformément à la Recommandation du CAD sur l’articulation entre action humanitaire, développement et recherche de la paix (OCDE, 2019[7]) et aux lignes directrices pratiques sur le développement piloté à l’échelon local (OCDE, 2025[4]).
La plupart des stratégies par pays accordent la priorité à la prévention des conflits, ainsi qu’à la médiation et à la consolidation de la paix. De nombreux partenaires au développement font suite à l’appel contenu dans la Recommandation sur l’articulation entre action humanitaire, développement et recherche de la paix visant à privilégier la prévention, la médiation et la consolidation de la paix dans leurs programmes. La quasi-totalité des stratégies par pays (93 %) des 26 partenaires au développement ayant mené une analyse des risques, ou y ayant contribué, comportent des priorités axées sur la prévention des conflits, tandis que la médiation et la consolidation de la paix constituent moins souvent des priorités (76 % des stratégies).
Le contexte des pays et les mandats déterminent la manière dont certains partenaires au développement mobilisent les parties prenantes. Ainsi, l’Organisation internationale du travail (OIT) consulte largement les organisations syndicales lors de l’élaboration de ses stratégies par pays. Sa Stratégie en matière de coopération pour le développement et son Manuel de gouvernance interne de la coopération pour le développement en témoignent : l’inclusion des organisations syndicales y est mise en avant, de même que, plus généralement, la promotion de politiques inclusives de coopération pour le développement (OIT, 2020[8]) ; (OIT, 2021[9]). De son côté, l’Espagne indique associer les populations autochtones à l’élaboration de 62 % de ses stratégies par pays (contre 9 % en moyenne pour l’ensemble des stratégies des autres partenaires au développement), signe de son engagement à accorder une attention particulière aux organisations autochtones (Ministry of Foreign Affairs, European Union and Cooperation, 2024[10]). Le contexte des pays peut également expliquer les modalités adoptées par les partenaires au développement pour associer les parties prenantes. Ainsi, les administrations infranationales participent davantage aux processus dans les pays plus décentralisés, ou lorsque les priorités des partenaires au développement sont axées sur des initiatives de décentralisation. C’est le cas du Pakistan, ainsi que du Mozambique, où 78 % des stratégies par pays des partenaires au développement ont été élaborées en collaboration avec des administrations infranationales, contre 60 % en moyenne pour l’ensemble des pays.
2.2. Les conditions propices à l’action des OSC pourraient être améliorées par des financements plus prévisibles, des cadres juridiques de protection et une plus grande sensibilisation
Copier le lien de 2.2. Les conditions propices à l’action des OSC pourraient être améliorées par des financements plus prévisibles, des cadres juridiques de protection et une plus grande sensibilisationL’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC apporte des éclairages sur la participation des OSC à la coopération pour le développement, aux côtés d’autres sources de données sur les conditions dans lesquelles la société civile mène son action. Dans le cadre de l’exercice de suivi du Partenariat mondial et au moyen de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC, les administrations des pays partenaires6, les OSC et les partenaires au développement évaluent les principales conditions qui permettent aux OSC de contribuer efficacement aux efforts de développement (voir le Graphique 2.2)7. Cette évaluation se concentre sur la manière dont les administrations et les partenaires au développement collaborent avec les OSC via des mécanismes de dialogue et un soutien financier, ainsi que sur les efforts déployés par les OSC elles-mêmes pour accroître l’efficacité du développement, conformément à leurs engagements (par exemple, les Principes d’Istanbul pour l’efficacité de la contribution des organisations de la société civile au développement (Open Forum for CSO Development Effectiveness, 2010[11]). Elle recueille également des informations sur la question de savoir si le cadre réglementaire favorise la participation des OSC aux processus de développement. L’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC n’a pas pour objet de fournir une évaluation complète du paysage plus large des droits politiques, des libertés civiles ou des libertés fondamentales. Elle apporte plutôt des éclairages sur les aspects de l’environnement favorable les plus pertinents pour la coopération pour le développement. À ce titre, les constats dressés devraient être interprétés parallèlement à des sources de données complémentaires, telles que CIVICUS Monitor (CIVICUS, 2025[12]) ou l’indice de Freedom House (Freedom House, 2025[13]), afin d’obtenir une vision plus large des conditions dans lesquelles les OSC mènent leurs activités dans les pays partenaires.
Les partenaires au développement, les administrations des pays partenaires et les OSC ont des perceptions différentes de l’environnement favorable aux OSC, en particulier des possibilités de dialogue offertes aux OSC et du cadre juridique et réglementaire8. En moyenne, les représentants des administrations des pays partenaires ont tendance à avoir une perception plus positive que les OSC et les partenaires au développement des possibilités de dialogue offertes aux OSC, de l’efficacité des OSC elles-mêmes et du cadre juridique et réglementaire (Graphique 2.2).
Graphique 2.2. Les perceptions de l’environnement favorable aux OSC varient selon les parties prenantes et les domaines d’efficacité
Copier le lien de Graphique 2.2. Les perceptions de l’environnement favorable aux OSC varient selon les parties prenantes et les domaines d’efficacitéScore moyen par groupe de parties prenantes (administrations des pays partenaires, partenaires au développement, OSC) pour chacun des quatre modules de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC
Note : Le graphique a été établi sur la base des données issues des 34 pays dans lesquels les trois groupes de parties prenantes ont communiqué des informations complètes (dans chacun des dix autres pays, au moins un groupe de parties prenantes n’a pas communiqué de données). Chaque symbole de couleur représente l’appréciation des différentes parties prenantes déclarantes. Le score moyen pour évaluer chaque module est compris entre 0 (« non favorable ») et 1 (« très favorable »). À des fins de représentation, la valeur minimale dans le graphique est 0.4 (« peu favorable »).
Dans l’ensemble, les OSC estiment que la qualité de leurs partenariats avec les partenaires au développement est limitée, ce que contestent parfois les partenaires au développement. La qualité de ces partenariats est évaluée dans le module « coopération avec les OSC à l’appui du développement » (voir le Graphique 2.2). Les principaux éléments qui garantissent l’efficacité des partenariats entre les OSC et les partenaires au développement sont les suivants : un financement prévisible et des informations à cet égard accessibles au public ; des partenaires au développement qui s’efforcent de mener des consultations inclusives et coordonnées avec les OSC au sujet de leurs politiques ; et des partenaires au développement qui plaident en faveur des aspects relatifs à l’environnement favorable aux OSC dans leurs échanges avec les administrations des pays partenaires (OCDE, 2025[4]). Les OSC considèrent que ces éléments sont dans l’ensemble mis en place (c’est-à-dire qu’elles évaluent le niveau de coopération entre les partenaires au développement et les OSC à « moyen » ou « élevé ») dans 26 % seulement des pays partenaires. Les partenaires au développement, pour leur part, estiment que c’est le cas dans 62 % des pays partenaires.
Les OSC considèrent que les partenaires au développement pourraient davantage intégrer leurs priorités lors de l’octroi des financements. Accroître la qualité des financements destinés aux OSC, dans le respect des engagements visant à promouvoir, dans la pratique, un développement piloté au niveau local, suppose d’octroyer des financements à long terme (pluriannuels), prévisibles et flexibles qui s’étendent au-delà des cycles de projet, inscrits sur le court terme (OCDE, 2025[4]). Cela signifie également qu’il convient de veiller à ce que les financements soient accessibles à un large éventail d’OSC locales, reconnues comme des acteurs indépendants et à part entière du développement et de l’action humanitaire, ainsi qu’aux partenaires d’exécution (OCDE, 2021[14]) ; (OCDE, 2023[15]). Or, il reste encore à combler des lacunes si les partenaires au développement doivent tenir pleinement ces engagements. Dans plus de 80 % des pays partenaires, les OSC considèrent que les financements octroyés par les partenaires au développement sont soit restreints (promotion des priorités propres aux partenaires au développement au moyen d’appels à propositions et de possibilités de financement non prévisibles), soit limités, c’est-à-dire qu’en dépit de leur caractère prévisible et transparent, ils ne soutiennent pas les priorités ou initiatives des OSC (Graphique 2.3).
Graphique 2.3. Les financements octroyés par les partenaires au développement devraient mieux refléter les priorités des OSC et être plus prévisibles, selon les OSC
Copier le lien de Graphique 2.3. Les financements octroyés par les partenaires au développement devraient mieux refléter les priorités des OSC et être plus prévisibles, selon les OSCRéponses des OSC sur la mesure dans laquelle le soutien financier apporté par les partenaires au développement maximise leur engagement à long terme (proportion de pays)
Note : Le graphique présente les réponses des OSC sur la qualité des financements apportés par les partenaires au développement, allant d’une qualité médiocre (gauche) à une qualité élevée (droite).
Les OSC attendent des partenaires au développement qu’ils plaident plus systématiquement en faveur d’une amélioration de l’environnement favorable à la société civile auprès des administrations des pays partenaires. Aborder systématiquement la question de l’environnement propice à l’action des OSC contribue à renforcer les cadres juridiques et réglementaires, permettant ainsi à la société civile de promouvoir les droits humains, de favoriser le dialogue et de bâtir des démocraties pluralistes (Conseil des droits de l’homme des Nations unies, 2018[16]). Selon les OSC, les partenaires au développement mettent activement en avant l’importance d’une société civile inclusive et indépendante dans leur dialogue avec les pouvoirs publics dans un tiers des pays partenaires seulement. Dans la plupart des autres pays partenaires, les OSC reconnaissent que certains partenaires au développement abordent occasionnellement des aspects de la question de l’environnement favorable dans le cadre de leur dialogue stratégique avec les administrations des pays partenaires.
Même si, dans la plupart des pays partenaires, les administrations des pays partenaires considèrent que les mécanismes de coordination et de redevabilité des OSC sont efficaces, les partenaires au développement mettent en évidence des lacunes persistantes. L’efficacité de ces mécanismes est évaluée dans le module « Efficacité des OSC » (voir le Graphique 2.2). Au sein d’enceintes et en vertu de normes internationales, les OSC sont convenues d’adopter et de maintenir de bonnes pratiques organisationnelles, c’est-à-dire de mener leurs activités en toute transparence et de favoriser la redevabilité mutuelle et l’intégrité dans leur fonctionnement interne (Open Forum for CSO Development Effectiveness, 2010[11]) ; (Norme humanitaire fondamentale (CHS), 2024[17]). Au regard de ces principes, les administrations des pays partenaires évaluent positivement l’efficacité des OSC dans près de 80 % des pays partenaires9, relevant que les OSC ont tendance à mettre en œuvre l’essentiel de leurs activités de développement conformément aux normes et principes relatifs aux droits humains et qu’elles sont à même d’établir et de gérer des mécanismes de redevabilité dans le cadre de plateformes représentatives. Comme indiqué précédemment, les partenaires au développement ont un regard plus critique. Ils font observer que les plateformes de coordination pilotées par les OSC présentent toujours des lacunes, notamment lorsqu’elles représentent un petit nombre seulement de secteurs et d’organisations. Toutefois, les OSC ont un point de vue différent et soulignent l’insuffisance des financements que les partenaires au développement consacrent au renforcement de leurs plateformes de redevabilité (OCDE, à paraître[18]).
Selon les OSC, les protections juridiques accordées à celles qui accompagnent des groupes vulnérables et marginalisés sont insuffisantes dans de nombreux pays. Un cadre juridique et réglementaire porteur et protecteur permet aux OSC de contribuer pleinement aux processus de développement. Cet aspect est particulièrement important pour leur action auprès des groupes vulnérables et marginalisés, car la protection accordée permet aux OSC de s’employer activement à réduire les discriminations et la marginalisation et de concrétiser l’engagement de ne laisser personne de côté. Or, les OSC indiquent que ces protections juridiques et réglementaires sont efficaces dans un quart seulement des pays partenaires, et insuffisantes dans près de la moitié d’entre eux. Dans ces pays, la protection juridique accordée aux OSC qui accompagnent des populations vulnérables et marginalisées est considérée comme inexistante ou appliquée de manière incohérente, ce qui réduit leur capacité à protéger ces groupes. Les OSC indiquent également que dans ces pays, les mécanismes de recours judiciaire ou administratif destinés aux populations visées par des formes graves de harcèlement de la part des autorités publiques sont inexistants ou ne sont pas mis en œuvre.
2.3. Tous les partenaires ont défini des priorités visant à répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables et les plus marginalisés, mais certains groupes sont encore relégués au second plan
Copier le lien de 2.3. Tous les partenaires ont défini des priorités visant à répondre aux besoins des groupes les plus vulnérables et les plus marginalisés, mais certains groupes sont encore relégués au second planTous les partenaires soulignent que l’objectif de ne laisser personne de côté est un principe fondamental d’une coopération efficace pour le développement et appellent à améliorer les données et à accorder une plus grande attention aux groupes qui sont les plus à risque. Alors que les signalements d’actes de discrimination et de répression des droits humains se multiplient dans le monde (DAES de l’ONU, 2025[19]) (CIVICUS, 2025[20]), les États membres des Nations Unies ont réaffirmé leur engagement à ne laisser personne de côté dans la Déclaration politique de Doha (2025) issue du deuxième Sommet mondial pour le développement social (« Sommet social mondial ») (Assemblée générale des Nations Unies, 2025[21]). Dans le Document final de Nairobi issu de la deuxième Réunion de haut niveau du Partenariat mondial (Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement, 2016[3]), les gouvernements des pays partenaires et les partenaires au développement ont souligné la nécessité d’étoffer le corpus de données et d’en améliorer la qualité afin d’identifier les personnes laissées de côté et d’approfondir les connaissances à leur sujet. Ils ont également reconnu qu’il fallait continuer à promouvoir l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes, et qu’il importait d’accorder une attention particulière aux enfants et aux jeunes afin de parvenir à un développement inclusif, équitable et durable au bénéfice des générations actuelles et futures. Les Adhérents à la Recommandation du CAD sur l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles dans le contexte de la coopération pour le développement et de l’aide humanitaire (répertoriés comme « membres du CAD » dans l’exercice de suivi du Partenariat mondial ) s’engagent à mettre en œuvre des actions ciblées pour faire progresser l’égalité des genres, tout en intégrant une perspective de genre dans l’ensemble de leurs activités de coopération pour le développement (OCDE, 2024[22]).
Les pays partenaires et les partenaires au développement n’associent pas tous les groupes marginalisés et vulnérables de manière égale
Les administrations des pays partenaires collaborent étroitement avec les organisations de défense des droits des femmes, des filles et des jeunes dans le cadre de la définition et de l’examen des priorités de développement, mais cette collaboration est un peu moins systématique avec certains groupes de population vulnérables et marginalisés10. Pour veiller à ne laisser personne de côté, les administrations des pays partenaires doivent s’attacher à consulter les populations vulnérables et les groupes marginalisés et, lorsque cela est possible, à concevoir les stratégies conjointement avec eux. Associer ces populations dès les premiers stades de l’élaboration des stratégies et des politiques renforce la légitimité des stratégies en garantissant la prise en compte de toute une diversité de vécus et de réalités locales (OCDE, 2025[4]). Environ 84 % des administrations déclarent collaborer avec des OSC représentant les droits des femmes et des filles, ainsi que des jeunes et des enfants (Encadré 2.2), dans le cadre de l’élaboration de leurs plans nationaux de développement ou de l’organisation de dialogues sur les priorités en matière de développement (Graphique 2.4). Les administrations des pays partenaires se conforment ainsi à leur engagement de contribuer à mettre fin aux discriminations et à l’exclusion, et de réduire les inégalités et les facteurs de vulnérabilité qui font que certaines personnes sont laissées de côté (Groupe des Nations Unies pour le développement durable, 2022[23]). Toutefois, le niveau de collaboration avec les groupes de population vulnérables et marginalisés est globalement moins élevé (79 %), et les administrations des pays partenaires déclarent associer certains groupes (les personnes en situation de handicap, par exemple) plus systématiquement que d’autres. Une collaboration accrue avec tous ces groupes accélérera les progrès en direction de cet objectif.
Graphique 2.4. La collaboration entre les administrations des pays partenaires et les groupes les plus vulnérables et marginalisés pourrait être renforcée
Copier le lien de Graphique 2.4. La collaboration entre les administrations des pays partenaires et les groupes les plus vulnérables et marginalisés pourrait être renforcéeProportion de pays partenaires dotés d’une stratégie nationale de développement élaborée en association avec des organisations représentant chaque groupe de population
Note : Les administrations des pays partenaires déclarent avoir associé des groupes de population vulnérables et marginalisés lorsqu’au moins un groupe de la liste suivante était concerné : groupes ethniques particuliers ; organisations de défense des droits humains ; organisations de défense des droits des femmes ; organisations de peuples autochtones, de minorités religieuses, de défense de l’environnement ; organisations LGBTIQ+ ; ou organisations de personnes en situation de handicap.
Encadré 2.2. Comment les pays partenaires collaborent avec les organisations de défense des droits des jeunes et des enfants
Copier le lien de Encadré 2.2. Comment les pays partenaires collaborent avec les organisations de défense des droits des jeunes et des enfantsLa majeure partie des pays partenaires collaborent avec des organisations de défense des droits des jeunes et des enfants dans le cadre de l’élaboration de leur stratégie nationale de développement. Quatre-vingt-quatre pour cent des administrations des pays partenaires dotées d’une stratégie nationale de développement indiquent avoir consulté des OSC représentant les jeunes et les enfants (Graphique 2.4), ce qui leur permet de jeter les bases nécessaires à l’élaboration de politiques publiques qui offrent des possibilités aux jeunes et répondent à leurs besoins. Les approches participatives sont plus courantes dans les pays africains, où 55 % des administrations des pays partenaires associent les jeunes et les enfants dans le cadre de ce type d’approche, contre 18 % dans les autres régions. Ce résultat s’explique peut-être par le profil démographique du continent, qui compte 60 % de jeunes de moins de 25 ans (Berlin Institute for Population and Development, 2024[24]).
Les pays partenaires font également état d’un niveau élevé de collaboration avec les OSC représentant les jeunes et les enfants lors de l’examen des priorités nationales de développement (81 %) (Graphique 2.4). Qui plus est, 97 % des administrations des pays partenaires indiquent fixer des priorités de développement spécifiques pour les jeunes et les enfants, et 90 % pour les jeunes femmes en particulier. Parmi les priorités de développement les plus courantes en lien avec la jeunesse figurent la promotion de l’emploi des jeunes, le soutien aux espaces communautaires et de loisirs, et le développement des compétences. Certains pays ont mis en place des politiques nationales spécialement consacrées à la jeunesse qui établissent une vision commune et des priorités claires pour favoriser son développement. C’est notamment le cas du Malawi avec sa politique nationale de la jeunesse (2023-2028) (Malawi, Ministry of Youth and Sports, 2023[25]), du Zimbabwe avec sa politique nationale de la jeunesse (2020-2025) (Ministry of Youth, Sport, Arts and Recreation, 2020[26]) et du Kenya avec sa politique de développement de la jeunesse (2019) (Ministry of Public Service, Youth and Gender, 2019[27]). Par ailleurs, les pays élaborent également des stratégies spécifiques visant à renforcer la participation des jeunes dans les domaines de la paix et de la sécurité. Ainsi, la Gambie s’est dotée d’un plan d’action national pour les jeunes, la paix et la sécurité (PNUD, 2025[28]), qui reconnaît le rôle des jeunes dans la consolidation de la paix, la prévention des conflits et le développement dans le pays.
Si la plupart des pays suivent les dotations budgétaires ciblant les jeunes et les enfants, il y a matière à développer plus avant les indicateurs de résultats ventilés par âge. Quatre-vingt-six pour cent des pays partenaires déclarent avoir mis en place un système de suivi des dotations budgétaires en faveur des jeunes et des enfants, ce qui est important pour traduire les priorités en financements efficaces à l’appui de programmes ciblés sur ce groupe. Toutefois, 44 % des pays partenaires indiquent ne pas avoir défini d’indicateurs de résultats ventilés par âge, même si 81 % d’entre eux déclarent disposer de données permettant de suivre certains, voire l’ensemble de leurs indicateurs de résultats à ce niveau de ventilation.1
1. Le Chapitre 3 apporte des éclairages sur la qualité et les possibilités de renforcement des systèmes statistiques des pays partenaires.
Les partenaires au développement associent divers groupes de population à l’élaboration de leurs stratégies par pays dans plus de la moitié des cas. Sur l’ensemble des stratégies par pays mentionnées par les partenaires au développement, 60 % ont été élaborées en association avec des organisations représentant les droits des femmes et des filles. La proportion est légèrement inférieure pour les jeunes (54 % des stratégies par pays) et pour les groupes de population vulnérables et marginalisés (52 %). Les partenaires au développement multilatéraux sont nettement plus susceptibles que les partenaires bilatéraux d’associer des organisations représentant les droits de ces groupes à la définition de leurs stratégies11.
La plupart des stratégies des partenaires au développement incluent la nécessité de soutenir les organisations de défense des droits des femmes, des filles et des jeunes de sorte que ces groupes s’organisent et représentent leurs intérêts, mais c’est moins souvent le cas pour les groupes vulnérables et marginalisés. Même s’ils ne collaborent pas systématiquement avec les organisations de défense des droits des femmes, des filles, des jeunes et des enfants dans le cadre de l’élaboration de leurs stratégies au niveau des pays, les partenaires au développement soulignent dans leur grande majorité que ces stratégies incluent un soutien visant à renforcer la capacité d’organisation et de représentation des femmes et des filles, et des jeunes et des enfants (respectivement 92 % et 81 % des stratégies par pays). Toutefois, ces déclarations ne s’accompagnent pas nécessairement de financements suffisants. Les organisations de défense des droits des femmes estiment qu’un montant minimum de 1.5 milliard USD serait nécessaire pour soutenir les mouvements féministes (Shake the Table/The Bridgespan Group, 2022[29]). Cette estimation tient compte de l’ensemble du soutien apporté, toutes catégories de bailleurs de fonds et modalités de financement confondues. Les données de l’OCDE montrent que l’APD bilatérale fournie par les membres du CAD à l’appui du renforcement de l’efficacité et de la viabilité des organisations de défense des droits des femmes oscille autour de 500 millions USD depuis quelques années (OCDE, 2025[30]). Sans être directement comparables, ces chiffres tendent à indiquer que les niveaux actuels de soutien sont inférieurs aux besoins estimés. Par ailleurs, moins de la moitié (44 %) des stratégies des partenaires au développement tous confondus prévoient un soutien au renforcement des capacités des groupes vulnérables et marginalisés, alors que ces groupes font l’objet d’une attention prioritaire dans ces stratégies (voir ci-après).
Les besoins des groupes difficiles à atteindre sont moins systématiquement pris en compte par les partenaires au développement et les administrations des pays partenaires
Les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement accordent plus systématiquement la priorité à certains groupes de population qu’aux groupes plus difficiles à atteindre lorsqu’ils définissent leurs priorités en matière de développement. Conformément à leur engagement de ne laisser personne de côté, la quasi-totalité des administrations des pays partenaires et de leurs partenaires au développement définissent des priorités pour certains groupes de population, à savoir : les personnes les plus pauvres, les femmes et les filles, les enfants et les jeunes, et les personnes en situation de handicap (Graphique 2.5). Toutefois, dans le cadre de la définition de leurs priorités en matière de développement, ils accordent une place nettement moins importante aux groupes de population qui sont souvent plus marginalisés, moins visibles et plus difficiles à atteindre, tels que les minorités ethniques et les populations autochtones, les communautés LGBTIQ+, ainsi que les réfugiés, les apatrides et les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Cette situation peut s’expliquer en partie par le fait que certains pays partenaires ne reconnaissent pas la présence ou l’importance de certains groupes et accordent donc moins d’attention à la reconnaissance de leurs droits. Pour les partenaires au développement, le fait de reconnaître ces groupes et de leur accorder la priorité peut être considéré comme politiquement sensible et influer sur leurs relations avec les administrations de certains pays partenaires, ce qui peut expliquer leur décision de ne pas inclure explicitement de priorités en rapport avec ces groupes dans leurs stratégies par pays.
Graphique 2.5. Certains groupes de population font l’objet d’une attention plus soutenue que d’autres
Copier le lien de Graphique 2.5. Certains groupes de population font l’objet d’une attention plus soutenue que d’autresProportion de plans nationaux de développement (pays partenaires) et de stratégies par pays (partenaires au développement) incluant des priorités ciblant différents groupes de population
Note : Conformément à la cible 1.2 des Objectifs de développement durable (ODD), la catégorie des « personnes les plus pauvres » désigne les hommes, les femmes et les enfants de tous âges souffrant d’une forme ou l’autre de pauvreté, telle que définie par chaque pays partenaire (Nations Unies, 2015[1]).
Les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement reconnaissent de plus en plus les besoins spécifiques des populations vulnérables au changement climatique, comme en témoigne l’accroissement des financements en faveur de la biodiversité et de l’action climatique alloués au titre de la coopération pour le développement. Les besoins spécifiques des populations vulnérables exposées au changement climatique sont largement reconnus dans les plans et les stratégies des pays partenaires et des partenaires au développement (Graphique 2.5). Ce constat semble confirmé par la progression de la part des versements d’APD bilatérale des membres du CAD ciblant des objectifs environnementaux de portée mondiale, qui est passée de 26 % en 2015 à 34 % en 2024 (OCDE, 2026[31]). L’APD qui intègre des objectifs axés à la fois sur l’action climatique et sur l’égalité des genres est également en hausse (OCDE, 2025[30]), signe d’une prise de conscience que les femmes et les filles sont touchées de manière disproportionnée par le changement climatique et la perte de biodiversité, et que leur rôle moteur et leurs connaissances sont essentiels pour élaborer des solutions efficaces. Au Bhoutan, une analyse de la vulnérabilité au changement climatique complète les évaluations des aléas climatiques afin de comprendre l’ampleur des effets du changement climatique et d’étayer la planification des mesures d’adaptation (Bhutan’s National Environment Commission/PNUD, 2022[32]). L’intégration d’un indice de sensibilité permet de mettre en évidence l’exposition disproportionnée de certains groupes de population au changement climatique, par exemple les populations exerçant des activités agricoles et les ménages dirigés par une femme.
2.4. Des données de meilleure qualité sont indispensables pour identifier les groupes les plus vulnérables, définir les résultats les concernant et en assurer le suivi
Copier le lien de 2.4. Des données de meilleure qualité sont indispensables pour identifier les groupes les plus vulnérables, définir les résultats les concernant et en assurer le suiviLe recours à des évaluations fondées sur des données pour identifier les groupes les plus vulnérables est une pratique courante parmi les pays partenaires et les partenaires au développement. Les évaluations fondées sur des données permettent de déterminer quels groupes risquent d’être laissés de côté, contribuant à ce que les priorités de développement servent effectivement les groupes les plus vulnérables et les plus marginalisés (Partenariat mondial, 2021[33]). La plupart des pays partenaires (38 sur les 43 ayant communiqué des données au regard de cette mesure) s’appuient sur des évaluations fondées sur des données pour identifier les groupes les plus vulnérables (voir l’Encadré 2.3 pour un exemple de bonne pratique au Népal). La majeure partie d’entre eux s’appuie sur une combinaison de différents types de mesures, notamment des mesures de la pauvreté, de la vulnérabilité et de la marginalisation, traduisant une compréhension de la nature multidimensionnelle de la pauvreté et des inégalités. Ces évaluations reposent largement sur des données nationales associées à d’autres sources (enquêtes internationales, données des OSC, données du secteur privé, etc.). Dans leur quasi-totalité (37 sur 38), les pays partenaires ayant réalisé une évaluation fondée sur des données ont indiqué que celle-ci s’appuyait sur des données ventilées au niveau infranational, ce qui souligne l’importance de disposer de données au niveau local pour déterminer quels groupes sont les plus défavorisés. De même, la plupart des partenaires au développement (91 %) déclarent avoir mené une évaluation fondée sur des données pour identifier les populations les plus vulnérables à cibler dans le cadre de leurs stratégies par pays, et indiquent que ces évaluations reposent principalement sur une association de données nationales et d’autres sources (données internationales ou données de leurs propres organisations, par exemple). Par ailleurs, la plupart des interventions des partenaires au développement (82 %) reconnaissent l’importance de réaliser des analyses distributives. Il s’agit là d’un aspect crucial pour évaluer l’incidence des programmes de développement sur les inégalités en mettant au jour la manière dont différents groupes de population en ressentent les effets. Le recours à ce type d’analyse est généralement moins courant dans les petits projets de petite envergure de passation de marchés, de renforcement des capacités et d’assistance technique.
Encadré 2.3. Comment le cadre national du Népal visant à ne laisser personne de côté identifie les personnes vulnérables et mesure les progrès accomplis pour les aider
Copier le lien de Encadré 2.3. Comment le cadre national du Népal visant à ne laisser personne de côté identifie les personnes vulnérables et mesure les progrès accomplis pour les aiderLe Népal a mis au point un cadre national visant à ne laisser personne de côté, qui utilise des niveaux variables de données ventilées pour suivre les progrès accomplis au regard d’indicateurs portant sur les communautés et les groupes les plus défavorisés dans le pays (National Planning Commission, 2022[34]). L’évaluation fondée sur des données identifie les personnes les plus défavorisées selon cinq dimensions de l’exclusion. Celles-ci comprennent trois dimensions de nature générale (situation socio-économique, gouvernance, et chocs et fragilité), tandis que les dimensions de la discrimination sociale et des désavantages spatiaux sont intégrées de manière transversale en tant qu’identités sociales et spatiales. Chacune de ces dimensions est ensuite évaluée à l’aune d’indicateurs clés en s’appuyant sur les données disponibles (par exemple, la situation socioéconomique est évaluée au regard de 18 indicateurs ventilés par genre, lieu de résidence et caste/appartenance ethnique).
Pour parvenir à une compréhension commune des moyens permettant de garantir que personne n’est laissé de côté, le Népal a mené des consultations ciblées avec des ministères sectoriels, des organismes provinciaux de planification et d’autres parties prenantes nationales, notamment des acteurs de la société civile et des représentants de groupes confrontés à des formes de marginalisation, des partenaires au développement et des groupes thématiques, afin d’harmoniser les priorités de façon à atteindre les personnes les plus défavorisées.
Le cadre comprend également un cadre de résultats au niveau national visant à garantir la mise en œuvre effective de l’engagement de ne laisser personne de côté dans l’ensemble des politiques publiques, des interventions au titre de programmes et des systèmes de suivi et d’évaluation, aux trois niveaux d’administration. Ce cadre est lié à des résultats spécifiques, tels que l’identification des groupes exclus et marginalisés, la suppression des lacunes en matière d’action publique à l’égard des laissés-pour-compte, la mise à disposition de données ventilées grâce à la mise en place de systèmes robustes de suivi et d’évaluation, le renforcement des mécanismes institutionnels et l’alignement des programmes des organismes publics et autres afin de suivre les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’engagement de ne laisser personne de côté.
Source : National Planning Commission (2022[34]), Nepal's National Framework for Leave No One Behind, https://www.dpnet.org.np/resource-detail/1849.
La plupart des pays partenaires définissent des indicateurs de résultats désagrégés, mais le niveau de désagrégation est inégal selon les catégories socioéconomiques et démographiques en raison de la disponibilité limitée des données, ce qui entrave le suivi des progrès accomplis en faveur des groupes les plus vulnérables. La plupart des pays partenaires (86 %) intègrent dans leurs plans nationaux de développement des indicateurs de résultats qui sont le plus souvent ventilés par sexe, zone géographique et âge, mais moins souvent par groupe de revenu, appartenance ethnique, appartenance à une population autochtone ou statut migratoire. Les orientations des Nations Unies relatives au suivi des ODD reconnaissent qu’il est essentiel de disposer de données ventilées pour déterminer si les progrès profitent aux groupes les plus pauvres et les plus vulnérables (Nations Unies, 2015[1]). Plus de la moitié des pays partenaires (58 %) font état d’une faible disponibilité des données et statistiques nécessaires au suivi des progrès accomplis au regard des indicateurs de résultats relatifs aux personnes les plus vulnérables, ou indiquent n’avoir pas été en mesure d’évaluer ces progrès faute de cadre de résultats dans la stratégie nationale de développement. Seuls 12 % des pays partenaires font état d’une disponibilité élevée ou très élevée des données. La plupart des administrations des pays partenaires indiquent que, quel que soit le niveau de désagrégation, les données sont disponibles pour certains indicateurs de résultats seulement ; un nombre beaucoup plus réduit de pays déclarent disposer de données pour tous les indicateurs de résultats (Graphique 2.6). Par ailleurs, une plus forte proportion de pays déclare disposer de données ventilées par sexe, âge et zone géographique pour l’ensemble des indicateurs de résultats que de données ventilées par statut migratoire ou appartenance ethnique/appartenance à une population autochtone (Graphique 2.6). Ces tendances peuvent être influencées par des différences de capacités en matière de données ou de conceptualisation de ces différentes identités, ou par des sensibilités politiques concernant certains types de désagrégation. Les données relatives au sexe, à l’âge et à la zone géographique sont généralement bien intégrées dans les systèmes statistiques nationaux et font l’objet d’une collecte régulière. En revanche, la disponibilité des données relatives à l’appartenance ethnique, à l’appartenance à une population autochtone ou au statut migratoire dépend de la mesure dans laquelle les instruments d’enquête comportent des questions en la matière, couvrent de manière appropriée les populations difficiles à atteindre ou parviennent à tenir compte des sensibilités politiques ou sociales.
Graphique 2.6. L’insuffisance des données limite le suivi des progrès accomplis concernant les groupes les plus vulnérables
Copier le lien de Graphique 2.6. L’insuffisance des données limite le suivi des progrès accomplis concernant les groupes les plus vulnérablesProportion de pays pour lesquels des données ventilées sont disponibles afin de suivre les progrès accomplis au regard des indicateurs de résultats, par niveau de désagrégation
Pour veiller à ce que personne ne soit laissé de côté, il faut des systèmes statistiques nationaux robustes, à même de produire des données ventilées fiables et en quantité suffisante. Combler les lacunes recensées ci-dessus passera par des investissements à long terme dans le renforcement des instituts statistiques et des capacités des pays à identifier les groupes cibles et les besoins, à collecter des données et à les exploiter pour suivre les progrès accomplis et repérer les insuffisances. Il s’agit notamment de répondre à des besoins spécifiques liés à l’engagement de ne laisser personne de côté, notamment en renforçant les capacités d’analyse distributive et intersectionnelle ; en améliorant les méthodes d’identification des populations difficiles à atteindre ; en veillant à ce que les enquêtes et les systèmes de données accordent la priorité aux groupes vulnérables ; et en renforçant la gouvernance, l’éthique, la protection de la vie privée et la confiance du public dans le domaine des données, de sorte que les pays partenaires puissent produire et exploiter des données inclusives et de qualité pour comprendre et réduire les inégalités. Comme indiqué au Chapitre 3, pour y parvenir, les administrations des pays partenaires doivent s’engager résolument à améliorer leurs systèmes statistiques et à adopter de nouveaux outils et technologies (voir l’exemple du Nigéria au Chapitre 7). Il faudra également que les partenaires au développement intensifient leur soutien et coordonnent leurs financements dans le cadre des initiatives existantes, notamment PARIS21, qui assure la planification stratégique et le renforcement des capacités des systèmes statistiques nationaux, ou le Réseau de Berne et son centre d’information sur les données du financement du développement, qui visent à améliorer la coordination et la transparence du financement des données. Par ailleurs, la charte des données inclusives du Partenariat mondial pour les données du développement durable est un autre exemple d’initiative visant à améliorer la disponibilité et l’utilisation de données inclusives et ventilées (Global Partnership for Sustainable Development Data, 2018[35]).
Références
[21] Assemblée générale des Nations Unies (2025), Déclaration politique de Doha issue du « Sommet social mondial » intitulé « Deuxième Sommet mondial pour le développement social », Assemblée générale des Nations Unies, https://docs.un.org/fr/A/RES/80/5.
[24] Berlin Institute for Population and Development (2024), Africa’s Future Is Young! Young People’s Priorities for Their Reproductive and Sexual Self-Determination, https://www.berlin-institut.org/fileadmin/Redaktion/Publikationen/Jugendstudie_e_RZ_online_2.pdf.
[32] Bhutan’s National Environment Commission/PNUD (2022), Climate Change Vulnerability Analyses and Mapping for National Adaptation Plan (NAP) Formulation Process in Bhutan, PNUD Bhoutan, https://www.undp.org/bhutan/publications/climate-change-vulnerability-analyses-and-mapping-national-adaptation-plan-nap-formulation-process-bhutan.
[12] CIVICUS (2025), Pouvoir du peuple sous attaque 2025 : Un rapport fondé sur les données du CIVICUS Monitor, https://civicusmonitor.contentfiles.net/media/documents/GlobalFindings2025.FR.pdf.
[20] CIVICUS (2025), Rapport sur l’état de la société civile 2025, https://publications.civicus.org/fr/publications/rapport-sur-letat-de-la-societe-civile-2025/panorama/.
[16] Conseil des droits de l’homme des Nations unies (2018), Resolution on civil society space: engagement with international and regional organizations. Resolution adopted by the Human Rights Council on 6 July 2018, https://www.right-docs.org/doc/a-hrc-res-38-12/.
[19] DAES de l’ONU (2025), The Sustainable Development Goals Report 2025, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, https://unstats.un.org/sdgs/report/2025/The-Sustainable-Development-Goals-Report-2025.pdf.
[13] Freedom House (2025), Freedom House Index Dashboard, https://freedomhouse.org/country/scores (accessed on 24 February 2026).
[35] Global Partnership for Sustainable Development Data (2018), Inclusive Data Charter, https://www.data4sdgs.org/initiatives/inclusive-data-charter (accessed on 8 March 2026).
[5] Gouvernement de la République de Moldavie (2020), Strategia națională de dezvoltare “Moldova Europeană 2030” [Stratégie nationale de développement « Moldova Europeană 2030 »], Gouvernement de la République de Moldavie, https://old.gov.md/ro/moldova2030.
[23] Groupe des Nations Unies pour le développement durable (2022), Ne pas faire de laissés-pour-compte, https://unsdg.un.org/fr/resources/ne-pas-faire-de-laisses-pour-compte-guide-operationnel-du-groupe-des-nations-unies-pour.
[36] HCR (2021), Tip sheet on applying the UNHCR age, gender and diversity policy to LGBTIQ+ persons, https://www.unhcr.org/media/tip-sheet-applying-unhcr-age-gender-and-diversity-policy-lgbtiq-persons.
[25] Malawi, Ministry of Youth and Sports (2023), Malawi’s Youth Plan, https://pachimalawi.com/wp-content/uploads/2023/11/National-Youth-Policy-2023-2028-Final.pdf.
[10] Ministry of Foreign Affairs, European Union and Cooperation (2024), Spanish Cooperation Master Plan for Sustainable Development and Global Solidarity, https://www.cooperacionespanola.es/wp-content/uploads/2024/10/Spanish-Cooperation-Master-Plan-2024-2027.pdf.
[27] Ministry of Public Service, Youth and Gender (2019), Kenya Youth Development Policy 2019, République du Kenya, https://www.prb.org/wp-content/uploads/2020/06/Kenya-Youth-Development-Policy-2019.pdf.
[26] Ministry of Youth, Sport, Arts and Recreation (2020), Zimbabwe’s National Youth Policy 2020-2025, République du Zimbabwe, https://zgc.co.zw/wp-content/uploads/2022/10/NATIONAL-YOUTH-POLICY-2020-2025.pdf.
[34] National Planning Commission (2022), Nepal’s National Framework for Leave No One Behind, Gouvernement du Népal, https://www.dpnet.org.np/resource-detail/1849.
[2] Nations Unies (2017), Leaving No One Behind: Equality and non-discrimination at the heart of sustainable development : a shared United Nations System framework for action, Nations Unies, https://digitallibrary.un.org/record/1628748?v=pdf.
[1] Nations Unies (2015), Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030, https://docs.un.org/fr/A/RES/70/1.
[17] Norme humanitaire fondamentale (CHS) (2024), La Norme humanitaire fondamentale de qualité et de redevabilité, https://www.corehumanitarianstandard.org/fr.
[31] OCDE (2026), Financement du développement lié au climat, page web, https://www.oecd.org/fr/themes/financement-du-developpement-lie-au-climat.html (accessed on 10 March 2026).
[30] OCDE (2025), Financement du développement pour l’égalité des genres (tableau de bord), https://www.oecd.org/fr/data/dashboards/development-finance-for-gender-equality.html (accessed on 9 March 2026).
[4] OCDE (2025), Guidelines for operationalising locally led development.
[6] OCDE (2024), Orientations pratiques : Favoriser l’instauration d’une gouvernance inclusive, Best Practices in Development Co-operation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/52be692b-fr.
[22] OCDE (2024), Recommandation du CAD sur l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles dans le contexte de la coopération pour le développement et de l’aide humanitaire, https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/OECD-LEGAL-5022.
[15] OCDE (2023), Funding Civil Society in Partner Countries: Toolkit for Implementing the DAC Recommendation on Enabling Civil Society in Development Co-operation and Humanitarian Assistance, Best Practices in Development Co-operation, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9ea40a9c-en.
[14] OCDE (2021), Recommandation du CAD sur le renforcement de la société civile en matière de coopération pour le développement et d’aide humanitaire, https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/OECD-LEGAL-5021.
[7] OCDE (2019), Recommandation du CAD sur l’articulation entre action humanitaire, développement et recherche de la paix, https://legalinstruments.oecd.org/fr/instruments/oecd-legal-5019.
[18] OCDE (à paraître), “Report on the implementation, dissemination and continued relevance of the DAC Recommendation on Enabling Civil Society in Development Co-operation and Humanitarian Assistance”.
[9] OIT (2021), Manuel de gouvernance interne de la coopération pour le développement, https://www.ilo.org/sites/default/files/2025-04/development%20cooperation%20internal%20governance%20manual_fr_complete.pdf.
[8] OIT (2020), Stratégie de l’OIT en matière de coopération pour le développement (2020-2025), https://www.ilo.org/fr/resource/report/gb/340/strategie-de-loit-en-matiere-de-cooperation-pour-le-developpement-2020-2025.
[11] Open Forum for CSO Development Effectiveness (2010), Istanbul CSO Development Effectiveness Principles, https://www.effectivecooperation.org/content/istanbul-principles-development-effectiveness.
[37] Partenariat mondial (2023), 2023-2026 Guide technique, Partenariat mondial pour une coopération efficace au développement, https://www.effectivecooperation.org/fr/book-page/guide-technique-destine-aux-coordinateurs-nationaux-et-autres-participants.
[33] Partenariat mondial (2021), Problèmes d’efficacité de la coopération au développement en matière de données et de statistiques, Partenariat mondial pour une coopération efficace au développement, https://www.effectivecooperation.org/content/effectiveness-issues-development-co-operation-data-and-statistics.
[3] Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (2016), Document final de Nairobi, Partenariat mondial pour une coopération efficace au développement, https://www.effectivecooperation.org/system/files/2020-07/OutcomeDocumentFRfinal.pdf.
[28] PNUD (2025), Gambia’s National Action Plan on Youth, Peace and Security (2025-2030), https://www.undp.org/gambia/publications/national-action-plan-youth-peace-and-security-2025-2030.
[29] Shake the Table/The Bridgespan Group (2022), Lighting the Way: A Report for Philanthropy on the Power and Promise of Feminist Movements, https://www.bridgespan.org/getmedia/ffacac3d-6b29-45ca-b82c-e836af6e1cb4/full-report-philanthropy-and-feminist-movements.pdf.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Les « OSC » désignent toutes les organisations non étatiques et sans but lucratif, en dehors de la famille, dans lesquelles les individus s’organisent pour poursuivre des intérêts communs qui relèvent du domaine public. Cette définition englobe tout un éventail d’organisations regroupant les associations mutuellistes, les organisations fondées pour défendre une cause particulière et les OSC prestataires de services. Tout au long de ce chapitre, le terme « OSC » s’entend comme désignant les « OSC nationales », c’est-à-dire les OSC du pays partenaire dans lequel elles mènent leurs activités.
← 2. Dans l’évaluation de suivi, les administrations des pays partenaires sont invitées à indiquer si les groupes de parties prenantes nationales suivants ont été associés à l’élaboration de leurs plans nationaux de développement et aux dialogues organisés par la suite pour examiner les progrès accomplis au regard des priorités de développement : les OSC, les acteurs du secteur privé, les parlements, les partenaires au développement, les organisations syndicales, les organisations philanthropiques, les administrations infranationales et d’autres parties prenantes nationales (établissements universitaires, etc.).
← 3. Un processus participatif est un processus qui associe d’autres parties prenantes et offre des possibilités et des mécanismes conçus pour favoriser l’obtention d’un consensus sur les priorités et les engagements. Contrairement aux processus consultatifs, qui sont l’occasion d’apporter des contributions, les processus participatifs se caractérisent par la définition en commun de domaines prioritaires et/ou d’objectifs.
← 4. Cinq pays en situation de fragilité ont choisi d’entreprendre l’exercice de suivi selon une version adaptée (prenant la forme d’un questionnaire adapté aux contextes de fragilité) afin de cerner les éléments qui, à leurs yeux, présentent une pertinence au regard de leur contexte. Il s’agit de la République démocratique du Congo, de la Sierra Leone, de la Somalie, du Soudan du Sud et du Yémen. Quatre de ces pays ont indiqué avoir réalisé une évaluation de la fragilité à l’appui de la définition de leurs priorités nationales. Dans le dernier pays, la mesure dans laquelle les parties prenantes ont été associées dans le cadre d’autres processus n’a pas été évaluée. Pour en savoir plus sur le questionnaire adapté aux contextes de fragilité, voir le Guide de lecture en début de rapport.
← 5. Personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, intersexes, queers et autres (HCR, 2021[36]).
← 6. Les pouvoirs publics jouant un rôle central dans la coordination du processus de remontée d’information, certaines OSC ne se sentent pas toujours à l’aise pour exprimer ouvertement leurs préoccupations. Cette dynamique potentielle ne diminue en rien l’utilité des données, mais doit être prise en compte lors de l’interprétation des conclusions de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC.
← 7. L’Annexe B du cadre de suivi ainsi que le guide de suivi contiennent de plus amples informations sur l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC (Partenariat mondial, 2023[37]).
← 8. Des données ont été recueillies auprès de l’ensemble des parties prenantes (OSC, partenaires au développement et administrations) dans le cadre de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC menée dans 34 pays partenaires. Au total, 42 administrations de pays partenaires, 38 partenaires au développement et 37 OSC ont répondu aux questionnaires.
← 9. C’est-à-dire qu’elles qualifient l’environnement de « moyennement favorable » ou de « très favorable » à l’action des OSC.
← 10. Les groupes vulnérables et marginalisés désignent les groupes susceptibles de subir des violations des droits humains, les groupes faisant l’objet de discriminations structurelles et les groupes ayant des difficultés à représenter leurs intérêts et nécessitant de ce fait une attention particulière. Ces groupes peuvent être différents d’un pays à l’autre. Il peut s’agir d’organisations de groupes ethniques particuliers ; d’organisations de défense des droits humains ; d’organisations de défense des droits des femmes ; d’organisations de peuples autochtones, de minorités religieuses, de défense de l’environnement; d’organisations LGBTIQ+ ; ou d’organisations de personnes en situation de handicap.
← 11. Sur l’ensemble des stratégies par pays mentionnées par les partenaires au développement multilatéraux, 66 % ont été élaborées en association avec des organisations représentant les droits des femmes et des filles. Pour les stratégies des partenaires bilatéraux, ce chiffre tombe à 43 %. Cette différence s’observe également pour les organisations de défense des droits des jeunes et des enfants (62 % contre 37 % des stratégies, respectivement) et les organisations représentant des groupes de population vulnérables et marginalisés (60 % contre 36 %, respectivement).