Le présent chapitre examine la qualité et l’utilisation des principaux systèmes du secteur public qui sous-tendent l’appropriation des efforts de développement par les pays partenaires : les plans de développement et les cadres de résultats, les systèmes de gestion des finances publiques et les systèmes de gestion de l’information. Il suit une approche en miroir qui rend compte des engagements respectifs distincts, mais étroitement liés, des gouvernements des pays partenaires et des partenaires au développement. Les pays partenaires sont responsables au premier chef de la mise en place et du maintien de systèmes et de processus de qualité, tandis que les partenaires au développement sont appelés à s’aligner sur ces systèmes et à les renforcer en les utilisant dans le cadre des activités qu’ils mènent dans les pays. Le chapitre recense également les principales difficultés que rencontrent à la fois les pays partenaires et les partenaires au développement lorsqu’il s’agit d’améliorer et d’utiliser ces systèmes.
Vers une coopération pour le développement plus efficace – Rapport d'étape 2026
3. Utilisation et renforcement des systèmes nationaux
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Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsLes administrations des pays partenaires ont presque toutes mis en place un plan national de développement assorti, pour 88 % d’entre eux, de priorités, d’objectifs et d’indicateurs de résultats au regard du développement. Elles font état d’un meilleur alignement entre les plans sectoriels et les plans nationaux, et d’un recours accru aux systèmes statistiques nationaux. Des lacunes subsistent néanmoins dans le suivi des progrès et la transparence budgétaire.
Depuis 2018, le taux d’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement (indicateur 17.15.1 relatif aux Objectifs de développement durable [ODD]) stagne à 64 %. Si, dans l’ensemble, les partenaires au développement alignent leurs objectifs sur ceux des pays partenaires, ils utilisent peu les systèmes statistiques et les indicateurs de résultats de ces pays (à hauteur de respectivement 54 % et 46 %), principalement en raison de réserves quant à la qualité des systèmes statistiques nationaux. Les administrations des pays partenaires peuvent encore renforcer ces systèmes en s’appuyant sur des politiques plus solides et des outils novateurs pour améliorer la qualité et l’efficacité des données. Les partenaires au développement peuvent y contribuer en augmentant les financements destinés aux systèmes statistiques fondamentaux et en coordonnant leurs financements avec ceux des autres partenaires afin d’éviter toute fragmentation.
La qualité des systèmes nationaux de gestion des finances publiques s’est améliorée pour ce qui est de la ponctualité de l’approbation du budget par le pouvoir législatif et du champ couvert par l’audit interne, mais des efforts importants sont nécessaires pour renforcer les systèmes de passation des marchés et la transparence budgétaire. L’utilisation par les partenaires au développement des systèmes de gestion des finances publiques reste modérée : en 2026, ces systèmes ont été utilisés pour 51 % des fonds de développement versés au secteur public. Ce niveau reflète le recours particulièrement faible, et en recul, aux systèmes nationaux de passation des marchés, qui est passé de 50 % en 2018 à 34 % en 2026. L’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques varie aussi selon les conditions propres à chaque pays partenaire, et en fonction des préférences et des contraintes des fournisseurs. Pour que le recours à ces systèmes progresse, les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement devront renforcer leur dialogue et agir de concert, tant au niveau national que mondial, et les fournisseurs devront adapter leurs politiques afin de lever les rigidités institutionnelles qui en limitent l’usage.
Sur les 44 pays partenaires évalués, 34 disposent de systèmes de gestion de l’information, mais les pouvoirs publics peinent à en assurer le plein fonctionnement et à exploiter les informations communiquées pour établir les prévisions budgétaires et les projections de dépenses. Dans 25 % des pays où ils interviennent, les partenaires au développement n’alimentent pas ces systèmes, les taux de communication d’informations étant les plus faibles dans les pays en situation de fragilité extrême et dans les pays à faible revenu. Pour y remédier, il faudra assurer la pérennité de ces systèmes, mieux les articuler avec les autres processus gouvernementaux et veiller à ce que les partenaires au développement transmettent les informations de manière plus systématique.
Il est essentiel de renforcer la gouvernance et d’améliorer le fonctionnement des principales institutions du secteur public pour permettre aux autorités de gérer efficacement les ressources et d’obtenir plus rapidement des résultats en matière de développement. Les administrations des pays partenaires jouent un rôle de premier plan en s’assurant de la qualité de leurs plans de développement et de leurs cadres de résultats nationaux, qui traduisent la vision d’ensemble à l’appui des priorités nationales, et en veillant à ce que leur élaboration suive une approche inclusive mobilisant l’ensemble de la société, comme décrit au Chapitre 2. Le présent chapitre examine dans un premier temps les plans nationaux de développement des pays partenaires et la mesure dans laquelle ils comportent des indicateurs permettant de mesurer les résultats (section 3.1). Les partenaires au développement peuvent renforcer l’appropriation du processus de développement en s’alignant sur les cadres et systèmes pilotés par les pays et en les utilisant, contribuant ainsi à les consolider dans la pratique. Cette attente trouve son expression dans l’indicateur 17.15.1 relatif aux ODD (« ampleur du recours par les prestataires de la coopération pour le développement à des cadres de résultats et à des outils de planification propres aux pays »), dont les résultats du suivi sont présentés à la section 3.2. Parmi les dispositifs dont disposent les pays pour gérer et mettre en œuvre efficacement la coopération pour le développement, deux éléments sont essentiels : des systèmes solides de gestion des finances publiques, appuyés par des systèmes de gestion de l’information opérationnels. Ces derniers donnent aux administrations des pays partenaires une vision complète et actualisée de l’ensemble des financements internationaux en faveur du développement – et pas uniquement de l’aide publique au développement (APD) – dont elles bénéficient, ainsi que des financements acheminés au secteur public. Le présent chapitre analyse également la qualité de ces deux éléments clés et l’usage qui en est fait : la section 3.3 est consacrée à la gestion des finances publiques et la section 3.4 aux systèmes de gestion de l’information. Les progrès réalisés dans l’utilisation des systèmes nationaux tiennent par ailleurs à des pratiques plus larges, notamment au degré de déliement de l’aide (voir l’Encadré 3.2).
3.1. Les administrations des pays partenaires continuent d’améliorer leur planification du développement, mais des lacunes subsistent en matière de transparence budgétaire et de suivi des progrès
Copier le lien de 3.1. Les administrations des pays partenaires continuent d’améliorer leur planification du développement, mais des lacunes subsistent en matière de transparence budgétaire et de suivi des progrèsPresque tous les pays partenaires sont dotés de plans nationaux de développement, complets pour un grand nombre. Les stratégies nationales de développement présentent la manière dont les pouvoirs publics définissent leurs priorités et énoncent les résultats visés, renforçant ainsi l’appropriation par les pays. La quasi-totalité des pays participant à l’exercice de suivi (soit 43 sur 441) déclare disposer de plans nationaux de développement qui sont pour la plupart complets, c’est-à-dire qu’ils comportent des priorités, des cibles et des indicateurs de résultats (Graphique 3.1). Dans 88 % des pays partenaires, les stratégies nationales sont assorties de cibles et d’indicateurs de résultats correspondants, une démarche qui témoigne de la volonté des pouvoirs publics de définir des résultats de développement précis. Ces éléments sont, dans une moindre mesure, intégrés aux stratégies sectorielles (dans 12 % des pays partenaires). Par ailleurs, quatre des cinq pays ayant choisi de remplir le questionnaire adapté aux contextes de fragilité2 ont réalisé des évaluations nationales de leur état de fragilité, qui les ont aidés à élaborer leurs plans nationaux de développement. Dans ces quatre pays, les autorités ont défini les priorités de leurs plans nationaux de développement en coordination avec les acteurs chargés de l’action humanitaire et des questions de paix et de sécurité au sein de l’administration, ce qui témoigne d’une démarche coordonnée d’élaboration de ces plans dans de tels contextes.
Graphique 3.1. Les plans nationaux de développement sont généralement complets, mais pourraient être améliorés grâce à de meilleurs rapports sur les progrès accomplis et à une meilleure budgétisation
Copier le lien de Graphique 3.1. Les plans nationaux de développement sont généralement complets, mais pourraient être améliorés grâce à de meilleurs rapports sur les progrès accomplis et à une meilleure budgétisationProportion de pays dont la stratégie nationale de développement comporte les principaux éléments examinés, par niveau de qualité
Note : Les proportions sont calculées à partir des informations communiquées par les administrations des 44 pays partenaires au sujet de leur stratégie nationale de développement. La catégorie « non évalué » correspond à un pays qui n’a fourni aucune information sur son plan national de développement, comme précisé dans la note 1 en fin de chapitre.
De nombreux pays font état d’un meilleur alignement entre leurs stratégies nationales et sectorielles, ainsi que d’un recours accru aux statistiques nationales pour alimenter leur cadre de résultats, mais un tiers d’entre eux se heurte encore à d’importantes lacunes de données. Sur les 37 pays ayant participé aux Cycles de suivi 2018 et 2023-2026, 25 indiquent que leurs stratégies sectorielles et infranationales sont désormais mieux alignées sur leur plan national de développement, ce qui permet de suivre la contribution de ces stratégies à la réalisation des objectifs énoncés dans le plan. Par ailleurs, un nombre important d’administrations de pays partenaires (26) font état d’un recours accru à leurs systèmes statistiques pour rendre compte des progrès accomplis au regard des indicateurs de résultats. Cette évolution pourrait témoigner d’une amélioration de la qualité des systèmes statistiques dans de nombreux pays, ce que tendent à confirmer les résultats de l’inventaire des données ouvertes (Open Data Inventory – ODIN), selon lesquels cette qualité a globalement progressé dans 162 pays entre 2022 et 2024-2025 (Open Data Watch, 2024[1]). Ces résultats font toutefois apparaître des performances inégales entre les pays : en moyenne, les pays en situation de fragilité extrême ayant participé au Cycle de suivi 2023-2026 présentent des niveaux de couverture et d’ouverture des données inférieurs à ceux des autres pays (Open Data Watch, 2024[2]), en partie du fait des ressources insuffisantes consacrées à leurs systèmes statistiques (OCDE, 2025[3]). Parmi les pays évalués dans le cadre de cet exercice de suivi et dont le plan national comporte un cadre de résultats, un tiers indique ne disposer des données nécessaires que pour rendre compte de moins de la moitié des indicateurs de résultats3, ce qui met en évidence les limites auxquelles se heurtent les administrations des pays partenaires dans leur recours à leurs systèmes statistiques nationaux. Ce constat souligne la nécessité de renforcer davantage ces systèmes afin de permettre un suivi plus systématique des progrès accomplis au regard des cibles et indicateurs définis, notamment le suivi des interventions visant les populations les plus vulnérables, comme expliqué au Chapitre 2.
Malgré les progrès accomplis dans certains aspects essentiels de la planification du développement, des efforts restent à faire pour mieux rendre compte des avancées et mieux articuler les plans et les ressources. Les rapports d’avancement constituent un levier de transparence et de redevabilité permettant aux parties prenantes nationales et internationales d’évaluer l’efficacité des politiques publiques (Ministère de l’Économie et des Finances de Madagascar, 2024[4]). Ils aident à vérifier si l’exécution des plans nationaux progresse comme prévu ou si des ajustements sont nécessaires. La plupart des pays reconnaissent l’importance de suivre les progrès réalisés au regard des priorités définies dans leurs stratégies nationales de développement. Pourtant, les administrations de plus de 25 % des pays partenaires indiquent ne pas rédiger de rapport d’avancement, se privant ainsi des possibilités de redevabilité publique offertes par ces rapports (Graphique 3.1). Par ailleurs, environ un tiers des stratégies nationales de développement ne contiennent aucune information sur les décisions relatives aux dépenses publiques ou ne sont assorties d’aucun budget (Graphique 3.1). Lorsque les politiques sont assorties d’un budget, les objectifs budgétaires sont mieux alignés sur les priorités de l’action publique. Inclure des informations sur les dépenses publiques aide également à planifier l’affectation des ressources et favorise une prestation efficace des services publics (OCDE, 2025[5]). Les plans nationaux de développement qui précisent les ressources nécessaires à leur exécution permettent aussi aux partenaires au développement de prendre des décisions éclairées quant à l’affectation de leurs ressources de coopération pour le développement, conformément à leur engagement en faveur de la redevabilité mutuelle. Cet engagement a été réaffirmé lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement (Assemblée générale des Nations Unies, 2025[6]). Dans cette perspective, les cadres de financement nationaux intégrés peuvent aider les pays à mieux articuler leurs priorités nationales de développement et leurs stratégies de financement, en leur offrant une approche structurée pour aligner les ressources publiques et privées sur les plans nationaux4. Dans le prolongement des constats présentés dans cette section, les éléments recueillis lors des dialogues entre pays (Chapitre 7) font ressortir l’alignement sur les plans et les cadres de résultats nationaux comme l’un des cinq domaines prioritaires.
3.2. L’absence de progrès dans l’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement met en évidence la nécessité de renforcer les systèmes statistiques nationaux et d’adopter des approches novatrices
Copier le lien de 3.2. L’absence de progrès dans l’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement met en évidence la nécessité de renforcer les systèmes statistiques nationaux et d’adopter des approches novatricesLe recours aux cadres de résultats nationaux reste inégal selon les contextes
Depuis 2012, les partenaires au développement se sont engagés à plusieurs reprises à utiliser les cadres de résultats des pays partenaires. Depuis l’adoption de l’Accord de partenariat de Busan (OCDE, 2011[7]), ils se sont notamment engagés à ancrer leur soutien dans les cadres de résultats nationaux et à éviter, dans la mesure du possible, de mettre en place des systèmes parallèles pour suivre les activités de développement et en rendre compte. Ces promesses ont récemment été réaffirmées dans l’Engagement de Séville, qui appelle à consolider les systèmes nationaux existants plutôt qu’à établir des systèmes parallèles afin de renforcer la responsabilité collective et de s’aligner sur les programmes de développement pilotés par les pays (Assemblée générale des Nations Unies, 2025[6]), comme expliqué plus en détail au Chapitre 7. Dans le prolongement de cet engagement, le dispositif de suivi du Partenariat mondial évalue dans quelle mesure les partenaires au développement utilisent les cadres de résultats des pays partenaires. Il constitue également, depuis 2016, le principal indicateur utilisé pour suivre la cible 17.15 des ODD relative au respect de la marge de manœuvre et de l’autorité de chaque pays (Annexe B). On trouvera dans les paragraphes suivants les principaux constats concernant l’utilisation des cadres de résultats nationaux par l’ensemble des fournisseurs. L’Encadré 3.1 compare les niveaux d’utilisation observés chez les partenaires bilatéraux, sur lesquels porte le suivi de l’indicateur 17.15.1 relatif aux ODD (« ampleur du recours par les prestataires de la coopération pour le développement à des cadres de résultats et à des outils de planification propres aux pays »), et chez les partenaires multilatéraux.
Encadré 3.1. Mesure de l’indicateur officiel 17.15.1 relatif aux ODD pour les partenaires bilatéraux au développement
Copier le lien de Encadré 3.1. Mesure de l’indicateur officiel 17.15.1 relatif aux ODD pour les partenaires bilatéraux au développementEn définissant leurs priorités et les résultats qu’ils souhaitent obtenir, les gouvernements des pays partenaires tracent leur propre voie vers le développement durable. Lorsqu’ils inscrivent les projets financés au titre de la coopération pour le développement dans ces cadres nationaux, les partenaires au développement donnent concrètement effet au principe de respect de la marge de manœuvre et d’autorité de chaque pays. L’exercice de suivi du Partenariat mondial constitue la source officielle de données permettant d’évaluer les progrès accomplis au regard de la cible 17.15 des ODD, à savoir « respecter la marge de manœuvre et l’autorité de chaque pays ». Dans le cadre du suivi et de l’examen des ODD, les données fournies par le Partenariat mondial au titre de l’indicateur 17.15.1 portent sur les partenaires bilatéraux au développement, qu’ils soient ou non membres du CAD. Cet indicateur mesure l’ampleur du recours par les fournisseurs de la coopération pour le développement aux cadres de résultats et aux outils de planification propres aux pays, comme l’illustre le Graphique 3.2. À titre de référence, les résultats concernant les partenaires multilatéraux sont également présentés. Les partenaires multilatéraux utilisent en général davantage les cadres de résultats nationaux que les partenaires bilatéraux, même si l’écart entre les deux groupes s’est resserré entre 2018 et 2026.
Graphique 3.2. Bien qu’en recul, l’utilisation des cadres de résultats des pays partenaires est plus élevée chez les partenaires multilatéraux que chez les partenaires bilatéraux
Copier le lien de Graphique 3.2. Bien qu’en recul, l’utilisation des cadres de résultats des pays partenaires est plus élevée chez les partenaires multilatéraux que chez les partenaires bilatérauxIndicateur 17.15.1 relatif aux ODD. Recours aux cadres de résultats et aux outils de planification propres aux pays, par type de partenaire au développement
Note : Moyenne des proportions d’interventions des partenaires au développement dont les objectifs, les résultats, les indicateurs et les données sont tirés des outils de planification, des cadres de résultats et des systèmes statistiques nationaux des administrations des pays partenaires.
Dans leurs interventions, les partenaires au développement continuent de recourir de façon modérée aux cadres propres aux pays. Ils alignent surtout leurs objectifs sur ceux des pays partenaires, mais s’appuient encore peu sur leurs indicateurs de résultats et leurs données. Ils utilisent les cadres de résultats et les outils de planification propres aux pays dans près de deux interventions sur trois (soit 64 %), une proportion qui n’a pas progressé depuis 2018 (Graphique 3.3). Comme lors des cycles précédents, leurs interventions sont largement alignées sur les objectifs des pays : 91 % des interventions nouvellement approuvées reprennent des objectifs issus des plans des gouvernements partenaires. En revanche, cet alignement est moins marqué pour la mesure des résultats : dans environ la moitié seulement des interventions (54 %), les indicateurs de résultats sont tirés des cadres des pays partenaires, contre 59 % en 2018. Les partenaires au développement s’appuient encore très peu sur les données des administrations des pays partenaires et sur les systèmes statistiques nationaux pour suivre les résultats de leurs interventions, et cette utilisation diminue depuis 2018. Tous types de partenaires au développement confondus, la proportion globale d’indicateurs de résultats dont le suivi repose sur les systèmes statistiques nationaux est plus faible (46 %) que celle des indicateurs tirés des cadres de résultats nationaux. Certains partenaires, tels que les banques multilatérales de développement, tendent toutefois à recourir davantage aux systèmes statistiques nationaux que ne le font les membres du CAD et les entités des Nations Unies (Graphique 3.4).
Graphique 3.3. L’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement ne progresse pas, tandis que le recours aux données et aux systèmes nationaux reste particulièrement faible et recule
Copier le lien de Graphique 3.3. L’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement ne progresse pas, tandis que le recours aux données et aux systèmes nationaux reste particulièrement faible et reculeProportion d’interventions dont les objectifs et les indicateurs de résultats sont tirés des cadres de résultats propres aux pays et dont le suivi s’appuie sur des données issues des systèmes statistiques nationaux
Note : L’indicateur 17.15.1 relatif aux ODD – Recours à des cadres de résultats et à des outils de planification propres aux pays (moyenne) (partie de gauche) correspond à la moyenne des trois éléments mesurant l’alignement au niveau des objectifs, des résultats et des données, représentés dans les trois groupes de barres situés à droite.
Graphique 3.4. Si les partenaires au développement, quel que soit leur type, alignent tous leurs objectifs sur ceux des pays partenaires, ils ne recourent pas tous dans la même mesure aux indicateurs de résultats, aux données et aux systèmes statistiques nationaux
Copier le lien de Graphique 3.4. Si les partenaires au développement, quel que soit leur type, alignent tous leurs objectifs sur ceux des pays partenaires, ils ne recourent pas tous dans la même mesure aux indicateurs de résultats, aux données et aux systèmes statistiques nationauxProportion d’interventions dont les objectifs et les indicateurs de résultats sont tirés des cadres de résultats propres aux pays et dont le suivi s’appuie sur des données issues des systèmes statistiques nationaux, par catégorie de partenaire au développement
Copier le lien de Proportion d’interventions dont les objectifs et les indicateurs de résultats sont tirés des cadres de résultats propres aux pays et dont le suivi s’appuie sur des données issues des systèmes statistiques nationaux, par catégorie de partenaire au développement
Note : Ce graphique présente, pour les différentes catégories de partenaires au développement, la proportion d’interventions dont les objectifs et les indicateurs de résultats sont tirés des cadres de résultats propres aux pays et dont le suivi s’appuie sur des données issues des systèmes statistiques nationaux. Les catégories considérées sont les membres du CAD, les banques multilatérales de développement, les entités des Nations Unies et les autres partenaires au développement (partenaires bilatéraux non membres du CAD, fonds verticaux et autres organisations internationales).
Les partenaires au développement choisissent parfois de ne pas s’aligner sur les plans établis par les pouvoirs publics et s’appuient plutôt sur leurs propres cadres ou sur des cadres internationaux. Dans 9 % de l’ensemble de leurs interventions, les objectifs ne sont ainsi pas alignés sur ceux définis dans les plans des pouvoirs publics. Ils sont alors généralement tirés de leurs stratégies institutionnelles ou de plans élaborés par la communauté internationale, ou ils peuvent aussi être définis pour répondre aux besoins de groupes de population qui ne sont pas pris en compte dans les plans nationaux de développement. Les partenaires au développement intervenant dans les pays ayant opté pour le questionnaire adapté aux contextes de fragilité ne s’appuient pas uniquement sur les objectifs fixés par la communauté internationale. Ils définissent aussi parfois les objectifs de leurs interventions à partir d’évaluations humanitaires, d’évaluations de l’état de fragilité menées conjointement avec les pouvoirs publics, de plans stratégiques de résilience ou de fonds d’affectation spéciale multidonneurs coadministrés par les pouvoirs publics. Ce recours à d’autres sources s’explique en partie par des contraintes administratives, comme expliqué ci-après.
Dans les pays en situation de fragilité extrême, les partenaires au développement ont moins recours aux cadres de résultats nationaux que dans les pays non fragiles et ils s’appuient beaucoup moins sur les données publiques, en partie du fait de la plus grande faiblesse des systèmes statistiques nationaux. Bien que les objectifs soient globalement bien alignés, quel que soit le contexte national, le recours aux indicateurs de résultats des pays partenaires et aux données issues des systèmes statistiques nationaux est encore plus limité dans les pays en situation de fragilité extrême. De même, 36 % des indicateurs de résultats sont suivis à l’aide des systèmes statistiques nationaux dans le cadre des interventions menées dans les pays partenaires en situation de fragilité extrême, contre près de 50 % dans les autres pays partenaires. De manière générale, ces systèmes sont de moindre qualité dans les pays en situation de fragilité extrême que dans les autres pays, tant du point de vue de l’ouverture que de la couverture des données (Open Data Watch, 2024[2]).
La qualité et la pertinence insuffisantes des données limiteraient le recours des partenaires au développement aux indicateurs de résultats des pays partenaires et aux données issues des systèmes statistiques nationaux. Tous pays confondus, les partenaires au développement expliquent principalement leur faible recours aux sources statistiques nationales pour suivre l’avancement de leurs interventions par le fait qu’ils estiment les données indisponibles, de qualité insuffisante ou obsolètes. Dans certains cas, la nature ou la portée de l’intervention ne permet pas d’utiliser les sources de données nationales, par exemple lorsqu’il s’agit de projets de petite envergure ou lorsque les données nécessaires sont recueillies directement dans le cadre du projet. Les exigences propres aux partenaires au développement en matière de communication d’informations peuvent également limiter leur recours aux sources statistiques nationales. Certains indiquent en effet utiliser leurs propres systèmes afin d’assurer la comparabilité des données entre les pays. Des raisons similaires sont également invoquées pour expliquer le faible recours aux indicateurs de résultats. Lorsque les partenaires au développement n’utilisent pas les données issues des systèmes statistiques nationaux pour suivre l’avancement de leurs interventions, les données qu’ils emploient proviennent principalement de leurs propres organisations. Toutefois, dans 35 % des projets qui ne font pas appel aux systèmes statistiques nationaux, ils utilisent malgré tout des données produites par des acteurs du pays partenaire (organisations de la société civile, établissements universitaires ou organisations du secteur privé).
Les pays partenaires et les partenaires au développement peuvent agir de concert pour accroître le recours aux systèmes nationaux
Les administrations des pays partenaires peuvent s’appuyer sur leurs cadres d’action en matière de coopération pour le développement afin d’encourager les partenaires au développement à aligner leurs interventions sur les outils nationaux de planification existants. En République dominicaine, par exemple, les partenaires au développement recourent largement aux cadres de résultats du pays : la quasi-totalité de leurs objectifs est alignée sur ceux qui figurent dans les outils de planification gouvernementaux et plus de 60 % de leurs indicateurs de résultats sont issus des cadres de résultats nationaux et peuvent être suivis au moyen du système statistique national. Le cadre d’action mis en place par le pays dans le domaine de la coopération pour le développement encourage les partenaires au développement à aligner les objectifs de leurs interventions sur ceux du plan national (República Dominicana, Ministerio de Economía Planificación y Desarrollo, 2016[8]). Des initiatives conjointes de suivi et d’évaluation ont par ailleurs permis de renforcer les partenariats entre les pouvoirs publics et les partenaires au développement, contribuant ainsi à améliorer cet alignement (voir l’exemple de la République dominicaine au Chapitre 7). Le cadre d’action prévoit en outre un indicateur clé de performance destiné à mesurer le pourcentage d’initiatives de coopération internationale approuvées qui sont en phase avec les priorités thématiques du cadre d’action national.
Dans les pays partenaires où la qualité des systèmes statistiques s’est améliorée, le recours des partenaires au développement aux cadres de résultats nationaux est élevé ou a progressé5. Au Kenya, par exemple, il est à la fois élevé et en nette progression, et est passé de 63 % en 2018 à 75 % en 2026. Le Kenya a récemment publié sa deuxième Stratégie de développement de la statistique (Kenya National Bureau of Statistics, 2023[9]), élaborée selon une démarche inclusive associant les partenaires au développement. Cette stratégie prévoit que tous les producteurs de données et de statistiques alignent leurs plans sur les domaines prioritaires nationaux. Le Kenya fait également partie des pays qui mettent en œuvre l’initiative Data for Now, laquelle aide les offices statistiques nationaux à exploiter des sources, technologies et méthodes novatrices afin de simplifier la production et la diffusion de données de meilleure qualité, plus actuelles et ventilées, au service du développement durable (DAES de l’ONU, n.d.[10]).
Certains pays adoptent des technologies émergentes, telles que l’intelligence artificielle (IA) responsable, afin d’améliorer la qualité des données, de gagner en efficacité et d’accroître la production de statistiques officielles. La Gambie utilise ainsi l’IA générative pour améliorer la qualité de ses données, automatiser leur classification et moderniser ses statistiques officielles (PARIS21, 2026[11]). À l’avenir, les administrations des pays partenaires pourraient explorer les possibilités offertes par l’IA responsable dans le domaine des statistiques officielles, en veillant à l’intégrer de manière fiable, éthique et durable (CEE-ONU, 2025[12]). L’IA peut aider à renforcer les capacités des offices statistiques nationaux dans l’exécution de tâches courantes, qu’il s’agisse d’automatiser certains processus, de simplifier l’intégration des données, d’améliorer l’assurance qualité ou d’alléger la charge qui pèse à la fois sur le personnel et sur les répondants, rendant ainsi les cycles de production plus rapides et plus précis (PARIS21, 2025[13]).
En augmentant leur soutien financier et en coordonnant leurs financements dans le cadre des initiatives existantes, les partenaires au développement peuvent aider à accélérer le renforcement des systèmes nationaux de données des pays partenaires. Ils peuvent accroître le soutien financier de base qu’ils accordent aux offices statistiques nationaux de manière à renforcer les systèmes de données et de statistiques. Si cette forme de soutien est dans bien des cas une priorité pour les pays partenaires, elle ne constitue pas l’approche privilégiée par les partenaires au développement, qui tendent plutôt à apporter un soutien ponctuel axé sur des projets spécifiques, ce qui limite les possibilités d’améliorer la qualité des systèmes de données administratives (OCDE, 2021[14]). Cela étant, les initiatives de plaidoyer menées récemment ont abouti à la hausse des financements alloués aux systèmes statistiques de base, sous l’impulsion des membres du CAD de l’OCDE (PARIS21, 2025[15]). On peut citer à titre d’exemple le partenariat noué entre la Nouvelle-Zélande et la Communauté du Pacifique aux fins de la création de la Plateforme de données océaniennes (OCDE, 2023[16]). Le Réseau de Berne sur les données de financement en vue du développement offre aux offices statistiques des pays partenaires et aux partenaires au développement un espace d’échange sur les moyens de renforcer la qualité et l’utilisation des données et des statistiques, notamment en mettant en commun des ressources pour financer des améliorations à l’échelle des systèmes, en augmentant les financements au niveau des pays et en coordonnant les financements avec les autres partenaires afin d’éviter la fragmentation (Réseau de Berne, 2025[17]). L’initiative menée dans le cadre de la Plateforme d’action de Séville intitulée « FfD4 and the Future of Data: Strengthening Systems for Sustainable Financing » insiste tout particulièrement sur ce dernier point, car un financement efficace suppose d’harmoniser les flux de financement et de renforcer la collaboration afin d’en optimiser les effets (Sevilla Platform for Action initiative, 2025[18]).
3.3. La qualité des systèmes de gestion des finances publiques s’est améliorée dans des domaines clés, mais la passation des marchés et la transparence budgétaire doivent encore être renforcées
Copier le lien de 3.3. La qualité des systèmes de gestion des finances publiques s’est améliorée dans des domaines clés, mais la passation des marchés et la transparence budgétaire doivent encore être renforcéesDes systèmes solides de gestion des finances publiques sont indispensables à la mise en œuvre des politiques nationales de développement et à la gestion efficace des ressources nationales et internationales. Ils permettent notamment de veiller à ce que les financements publics, qu’ils soient d’origine nationale ou internationale, soient utilisés de manière efficace et rationnelle. Dans la pratique en effet, c’est au sein des systèmes nationaux de gestion des finances publiques que ces différentes ressources sont regroupées et placées sous la responsabilité de l’administration du pays partenaire. En acheminant leurs financements au secteur public par le biais des systèmes de gestion des finances publiques, les partenaires au développement contribuent à les renforcer. Cet appui est essentiel pour consolider l’appropriation par les pays et obtenir des résultats durables en matière de développement. Le cadre PEFA donne suite aux engagements pris conjointement par les pays partenaires et les partenaires au développement en vue d’élaborer, d’un commun accord, des outils de diagnostic permettant d’évaluer les performances au regard de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement (OCDE, 2005[19]) et du Partenariat de Busan (OCDE, 2011[7]). Dans le prolongement de ces engagements, l’exercice de suivi du Partenariat mondial mesure les progrès accomplis dans le renforcement des systèmes, à partir d’une sélection de résultats issus des évaluations PEFA dans quatre domaines essentiels à l’efficacité de la coopération pour le développement : la budgétisation, la passation des marchés, la communication d’informations et l’audit. Il évalue également la mesure dans laquelle les partenaires au développement utilisent ces systèmes. Les résultats sont présentés de manière synthétique dans le présent chapitre.
La qualité des systèmes de gestion des finances publiques s’est améliorée dans plusieurs domaines essentiels, mais des efforts importants restent nécessaires pour renforcer les méthodes de passation des marchés et la transparence budgétaire. Parmi les 44 pays ayant participé au Cycle de suivi 2023-2026, 27 ont fait l’objet de deux évaluations PEFA successives récentes6. Dans ces 27 pays, la qualité globale des systèmes de gestion des finances publiques reste contrastée. La majorité d’entre eux (soit 18 pays) disposent de systèmes de qualité moyenne ; seuls quatre pays sont dotés de systèmes de bonne qualité, tandis que cinq présentent des systèmes de faible qualité (Graphique 1.7 du Chapitre 1). Comme on l’observe à l’échelle mondiale, la qualité de ces systèmes est la plus faible dans les pays les moins avancés (PMA) et augmente avec le niveau de revenu, les niveaux les plus élevés étant enregistrés dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure (PRITS). Cette relation tient vraisemblablement aux contraintes structurelles et aux difficultés de mise en œuvre auxquelles les pays à faible revenu se heurtent le plus souvent. Aucune évaluation PEFA récente n’est disponible pour la plupart des pays déclarants en situation de fragilité extrême, ce qui révèle peut-être les faiblesses sous-jacentes de leurs systèmes de gestion des finances publiques et leurs capacités limitées pour les évaluer. Cette situation peut aussi s’expliquer par le fait que ces évaluations passent au second plan dans les situations de crise grave ou de conflit. Les évolutions observées dans le temps sont elles aussi contrastées. Depuis le Cycle 2018, la qualité des systèmes s’est améliorée dans 11 pays et dégradée dans 12, tandis qu’elle est restée globalement stable dans 4 pays, à des niveaux faibles ou moyens. Les données issues des rapports mondiaux sur les dépenses publiques et la responsabilité financière de ces 27 pays font notamment ressortir deux points forts : l’approbation des budgets dans les délais et l’exhaustivité de la documentation budgétaire annuelle (PEFA, 2022[20]) ; (Kirova, Gurazada and Allen, 2023[21]). La passation des marchés publics reste en revanche un défi majeur, plus de la moitié des pays obtenant des scores très faibles dans ce domaine. Selon le programme PEFA, cette situation est souvent due au recours fréquent à des méthodes sans mise en concurrence, ce qui a des répercussions sur la qualité et l’efficience des dépenses publiques. D’importantes difficultés sont également observées dans l’exécution du budget, en particulier pour maintenir les dépenses aux niveaux prévus tout au long de l’exercice, ainsi que dans l’accès des citoyens aux informations budgétaires.
Le recours aux systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires reste modéré, avec des écarts selon les types de fournisseurs et une utilisation généralement limitée des systèmes de passation des marchés
Malgré des engagements de longue date, les fournisseurs n’utilisent guère davantage les systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires. Au cours des vingt dernières années, l’importance d’utiliser les systèmes nationaux pour contribuer à leur renforcement a été régulièrement réaffirmée, notamment dans la Déclaration de Paris, le Programme d’action d’Accra, l’Accord de partenariat de Busan, et plus récemment, l’Engagement de Séville (Assemblée générale des Nations Unies, 2025[6]), ainsi que dans plusieurs analyses (Piatti-Fünfkirchen et al., 2021[22]) ; (Syquia, 2023[23])7. Malgré des engagements anciens et un large consensus sur les avantages qu’il présente, le recours aux systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires n’a globalement que peu progressé, ce qui donne à penser que les obstacles persistants n’ont toujours pas été levés. Pourtant, en s’appuyant sur ces systèmes plutôt qu’en créant des dispositifs parallèles, les partenaires au développement contribuent à renforcer les institutions nationales et, par là même, à favoriser l’appropriation des efforts de développement par les pays ainsi que leur pérennité (OCDE/PNUD, 2016[24]).
Seule la moitié des fonds de développement versés au secteur public est acheminée par les systèmes de gestion des finances publiques et le recours aux systèmes de passation des marchés reste très limité, avec un net recul depuis 2018. En moyenne, les systèmes de gestion des finances publiques (exécution du budget, audit, communication de l’information financière et passation des marchés) sont utilisés pour environ la moitié (51 %) des fonds de développement versés au secteur public. Cette proportion a légèrement diminué depuis 2018 (53 %) (Graphique 3.5) et ne dépasse que de peu le niveau observé en 2011. Les procédures d’exécution du budget et d’information financière sont celles que les partenaires au développement ont tendance à suivre le plus (elles concernent respectivement 63 % et 56 % des fonds versés au secteur public) ; leur utilisation est en hausse depuis le Cycle 2018. Le recours aux procédures d’audit reste quant à lui proche du niveau observé en 2018. Les systèmes de passation des marchés sont en revanche beaucoup moins utilisés et leur utilisation a fortement reculé depuis 2018 (ils n’ont été utilisés que pour 34 % des fonds versés au secteur public en 2026 contre 50 % en 2018), ce qui contraste avec les progrès enregistrés pour les procédures d’exécution du budget et d’information financière. Cette situation peut s’expliquer par le fait que les partenaires au développement estiment que le recours aux systèmes de passation des marchés des pays partenaires les expose à des risques fiduciaires et à des risques d’atteinte à la réputation nettement plus élevés (OCDE, n.d.[25]) ; (OCDE, 2023[26]), d’autant que les procédures non concurrentielles y restent fréquentes, comme le montrent les récentes évaluations PEFA. Comme en 2018, le taux moyen d’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques par les partenaires au développement reste plus élevé dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI) que dans les autres groupes de revenu. Cette différence semble tenir en grande partie au recours plus important aux prêts pour financer le développement dans ces pays (OCDE/PNUD, 2019[27]). C’est dans les PMA que le taux moyen d’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques est le plus faible (42 % contre 57 % dans l’ensemble des autres pays), alors que, d’après les scores PEFA, la qualité moyenne de ces systèmes diffère peu de celle observée dans les autres groupes de pays.
Graphique 3.5. Les fournisseurs utilisent peu les systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires, sous l’effet du faible usage des systèmes de passation des marchés
Copier le lien de Graphique 3.5. Les fournisseurs utilisent peu les systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires, sous l’effet du faible usage des systèmes de passation des marchésRecours des fournisseurs aux systèmes de gestion des finances publiques, en proportion des décaissements en faveur du secteur public, évolution par composante
Note : Le taux d’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques est calculé en tant que proportion moyenne des versements au secteur public pour lesquels les partenaires au développement ont eu recours aux procédures d’audit, d’exécution budgétaire et d’information financière ainsi qu’aux systèmes de passation des marchés.
Encadré 3.2. Suivre les progrès accomplis dans le déliement de l’APD
Copier le lien de Encadré 3.2. Suivre les progrès accomplis dans le déliement de l’APDOn entend par « aide liée » l’aide publique au développement accordée à la condition qu’elle serve à acheter des biens ou des services auprès du partenaire technique et financier qui la fournit ou d’un nombre limité de pays. Le premier engagement international formel en faveur du déliement de l’aide a été pris avec l’adoption de la Recommandation du CAD sur le déliement de l’aide publique au développement (OCDE, 2001[28]). La nécessité de poursuivre les progrès dans ce domaine a été réaffirmée plus récemment dans l’Engagement de Séville, au paragraphe 39 g) (Assemblée générale des Nations Unies, 2025[6]). Délier l’APD consiste à lever les obstacles à la libre concurrence, en donnant aux bénéficiaires la possibilité d’accéder à des biens et services dans pratiquement tous les pays, par l’entremise d’appels d’offres internationaux. Lorsqu’un fournisseur d’APD s’appuie sur les systèmes des pays partenaires, le déliement de l’aide peut favoriser l’appropriation nationale et renforcer les systèmes nationaux. À l’inverse, lorsque l’aide est liée, les partenaires au développement sont souvent tenus d’appliquer leurs propres règles de passation des marchés, ce qui limite le recours aux systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires. L’aide liée peut également nuire à la qualité des projets et en accroître le coût de 15 à 30 % (OCDE, 2022[29]).
D’après l’exercice de suivi du Partenariat mondial, la part de l’APD bilatérale non liée des membres du CAD a légèrement diminué, passant de 82 % en 2017 à 79 % en 2024 (Graphique 3.6). Ces résultats reposent sur les données disponibles dans le Système de notification des pays créanciers de l’OCDE. L’évolution observée entre les deux cycles de suivi fait apparaître de légères fluctuations, mais aucun progrès tangible entre 2017 et 2024. La dynamique positive engagée à la suite de l’engagement pris en 2001 en faveur du déliement de l’APD semble donc avoir marqué le pas, après une progression continue jusqu’en 2020 (OCDE, 2022[29]). Les données de 2024 font apparaître des résultats globalement similaires, quel que soit le niveau de revenu des pays partenaires ou leur état de fragilité. Alors que la plupart des membres du CAD ont réduit la proportion de leur aide non liée, 12 pays – dont plusieurs apporteurs d’APD relativement récents – l’ont au contraire augmentée (Autriche, Belgique, Estonie, États-Unis, Italie, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Portugal, République de Corée, République tchèque et Slovaquie).
Ce constat ne rend toutefois peut-être pas pleinement compte de la situation, « l’aide officieusement liée » restant un élément à prendre en compte. Si la plupart des membres du CAD délient officiellement leur aide, les fournisseurs des pays en développement peuvent encore se heurter, dans les faits, à des obstacles à l’accès aux marchés, notamment à des obstacles informels tenant à l’accès aux informations sur les possibilités de marchés et à la taille et à la complexité de ces derniers. D’après des données de l’OCDE sur l’attribution des marchés, les fournisseurs des pays en développement visés par la Recommandation du CAD sur le déliement de l’APD ont remporté 40 % du nombre des marchés financés par de l’aide non liée entre 2019 et 2023, mais ceux-ci ne représentaient que 10 % de leur valeur totale. Ces chiffres témoignent de la persistance d’obstacles à l’accès aux marchés et des progrès limités accomplis pour réorienter la passation des marchés vers les fournisseurs locaux, en particulier pour les marchés de montant élevé.
Graphique 3.6. L’APD bilatérale non liée des membres du CAD a légèrement diminué depuis 2017
Copier le lien de Graphique 3.6. L’APD bilatérale non liée des membres du CAD a légèrement diminué depuis 2017Proportion moyenne de l’aide non liée, membres du CAD
Source : OCDE (2026), Système de notification des pays créanciers, OECD.Stat (https://data-explorer.oecd.org/?lc=fr)
L’évolution de l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires par les partenaires au développement est hétérogène. Les résultats ventilés entre les trois principaux groupes de fournisseurs8 montrent que le taux global d’utilisation de ces systèmes est plus élevé parmi les banques multilatérales de développement (53 %) que parmi les membres du CAD (48 %) et les entités des Nations Unies (43 %), même si l’utilisation de leurs différentes composantes varie entre ces groupes (Graphique 3.7). Si l’on examine à présent l’évolution depuis le Cycle de suivi 2018, ce taux a toutefois diminué aussi bien parmi les banques multilatérales de développement que parmi les membres du CAD. Pour les premières, ce recul tient à une moindre utilisation des systèmes de passation des marchés ; pour les seconds, il résulte d’une baisse de l’utilisation des systèmes d’audit et de passation des marchés, malgré les progrès enregistrés dans l’exécution du budget. Ces reculs pourraient également s’expliquer par l’adoption de règles de passation des marchés plus strictes par les partenaires au développement, si bien que les systèmes de passation des marchés des pays partenaires sont plus nombreux à ne pas répondre pleinement à leurs exigences9. En revanche, depuis le Cycle de suivi 2018, les entités des Nations Unies ont sensiblement accru leur utilisation globale des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires. Cette progression, observée dans toutes les composantes, tient en grande partie à la forte augmentation du recours à ces systèmes par l’UNICEF, le PNUD et la FAO10. L’UNICEF se distingue par ses efforts visant à renforcer les systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires et à y recourir dans ses interventions (Encadré 3.3). Parmi les autres groupes de partenaires au développement qui ne figurent pas dans le graphique, l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques est élevée pour les fonds verticaux (77 %), ce qui s’explique en grande partie par le niveau élevé déclaré par le Fonds mondial.
Graphique 3.7. Le recours aux systèmes de gestion des finances publiques varie entre les fournisseurs, les banques multilatérales de développement affichant les niveaux les plus élevés
Copier le lien de Graphique 3.7. Le recours aux systèmes de gestion des finances publiques varie entre les fournisseurs, les banques multilatérales de développement affichant les niveaux les plus élevésRecours des fournisseurs aux systèmes de gestion des finances publiques, en proportion des décaissements en faveur du secteur public, par type de fournisseur
Note : Le taux d’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques est calculé en tant que proportion moyenne des versements au secteur public pour lesquels les partenaires au développement ont eu recours aux procédures d’audit, d’exécution budgétaire et d’information financière ainsi qu’aux systèmes de passation des marchés. Analyse fondée sur les groupes de fournisseurs disposant des données les plus complètes. L’Annexe A présente plus en détail la composition des groupes, y compris ceux qui ne sont pas couverts par la présente analyse.
Encadré 3.3. Les politiques institutionnelles et les initiatives de renforcement des capacités de l’UNICEF favorisent un recours accru aux systèmes de gestion des finances publiques
Copier le lien de Encadré 3.3. Les politiques institutionnelles et les initiatives de renforcement des capacités de l’UNICEF favorisent un recours accru aux systèmes de gestion des finances publiquesL’exemple de l’UNICEF montre comment les politiques institutionnelles d’une organisation et les initiatives qu’elle mène à l’appui du renforcement des capacités peuvent favoriser une utilisation plus systématique des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires. Le taux moyen d’utilisation de ces systèmes par l’organisation a nettement progressé entre le Cycle de suivi 2018 et celui de 2023-2026, passant de 29 % à 64 %. En 2017, l’organisation a établi un cadre global relatif à la finance publique en faveur des enfants (PF4C) (UNICEF, 2017[30]), qui définit les modalités d’utilisation des systèmes nationaux de budgétisation, de dépenses et d’information. Son objectif est d’encourager le personnel de l’UNICEF à analyser, soutenir et utiliser les processus nationaux de gestion des finances publiques, afin de renforcer la planification, l’allocation et le suivi des ressources publiques destinées aux enfants. Le cadre s’accompagne d’un programme mondial de formation destiné au personnel d’encadrement et aux administrateurs de programmes des bureaux de pays, des bureaux régionaux et du siège, qui vise à développer les compétences nécessaires pour analyser les budgets et les dépenses, repérer les défis en lien avec la gestion des finances publiques et trouver des solutions pour les relever, et renforcer la collaboration avec les ministères des Finances et les ministères sectoriels (UNICEF, n.d.[31]). Une boîte à outils élaborée en 2021 fournit par ailleurs des orientations détaillées pour réaliser des diagnostics et concevoir des activités d’appui aux programmes utilisant les procédures nationales (UNICEF, 2021[32]). Des données concrètes recueillies en Afrique orientale et australe montrent comment les bureaux de pays de l’UNICEF mettent ces outils à profit pour améliorer les processus budgétaires, assurer un meilleur suivi des dépenses et accroître la transparence des dépenses consacrées aux secteurs sociaux (UNICEF, 2024[33]).
Les conditions propres aux pays partenaires et les choix des fournisseurs influent sur l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques
Le recours des fournisseurs aux systèmes de gestion des finances publiques varie fortement d’un pays partenaire à l’autre et la qualité de ces systèmes ne suffit pas à expliquer ces écarts. Si les données agrégées semblent correspondre aux points forts et aux faiblesses mis en évidence par les évaluations PEFA – une utilisation plus importante des systèmes d’exécution du budget et plus faible des systèmes de passation des marchés –, les données par pays font apparaître une réalité plus complexe. Dans certains pays qui obtiennent des scores PEFA élevés, les partenaires au développement utilisent peu les systèmes de gestion des finances publiques, tandis que dans d’autres pays où ces systèmes sont moins solides, leur utilisation est relativement plus importante11. Les approches diffèrent également d’un partenaire au développement à l’autre au sein d’un même pays : certains s’appuient largement sur les systèmes nationaux, tandis que d’autres les utilisent peu, voire pas du tout. Une partie de ces écarts s’explique par les modalités d’acheminement choisies par les partenaires au développement : certains instruments de financement, tels que le soutien budgétaire et les prêts, supposent généralement, par leur conception même, de s’appuyer davantage sur les systèmes nationaux (Moritz and Gurazada, 2024[34]). Par ailleurs, s’il semble exister un lien entre la qualité des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires et l’utilisation qu’en font les partenaires au développement, la corrélation observée reste très faible, ce qui tend à démontrer que la qualité de ces systèmes ne suffit pas, à elle seule, à en accroître l’utilisation. Des analyses récentes menées par des banques multilatérales de développement viennent étayer ce constat. Selon la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, la décision des partenaires au développement de recourir aux systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires repose non seulement sur les évaluations fiduciaires, mais aussi sur un ensemble plus large de facteurs liés à la gouvernance et au contexte national, notamment l’état de droit, la gouvernance politique, la situation macroéconomique, les droits humains, les risques perçus liés à l’intégrité ou à la réputation et la manière dont les partenaires au développement évaluent les risques et leur degré de tolérance à leur égard (Piatti-Fünfkirchen et al., 2021[22]) ; (Syquia, 2023[23]).
Le recours aux systèmes nationaux de gestion des finances publiques dépend à la fois de facteurs propres aux pays partenaires et de facteurs liés aux fournisseurs. D’après les partenaires au développement, les principales raisons du recours limité à ces systèmes se répartissent presque à parts égales entre ces deux catégories (respectivement 43 % et 40 % des réponses)12. Parmi les autres raisons invoquées, 6 % ont trait à l’utilisation de systèmes infranationaux de gestion des finances publiques, qui ne sont pas couverts par le cadre de suivi, tandis que 11 % relèvent de la catégorie « autres », ce qui pourrait indiquer qu’elles renvoient à des difficultés propres à certains projets. Les facteurs propres aux pays partenaires tiennent principalement à la capacité d’absorption jugée limitée des systèmes et des institutions (20 % des réponses), aux réserves quant à la qualité des systèmes de gestion des finances publiques (13 %) et aux risques politiques ou d’atteinte à la réputation (10 %). Ces risques sont notamment liés à la gouvernance, à l’instabilité et au respect de principes essentiels pour les fournisseurs. Parmi les facteurs propres aux partenaires au développement qui les conduisent à utiliser leurs propres systèmes plutôt que ceux des pays partenaires figurent les contraintes procédurales ou bureaucratiques (17 % des réponses) et une préférence générale pour leurs propres systèmes, sans que les raisons en soient précisées (14 %). À ces deux catégories s’ajoutent 9 % de réponses faisant état de motifs plus spécifiques pour lesquels les partenaires au développement privilégient leurs propres systèmes et procédures. Le plus souvent cité a trait à l’obligation de se conformer aux politiques et règles internes, qui imposent l’utilisation de procédures financières et de passation des marchés propres à chaque organisme. D’autres raisons ont été invoquées, notamment le recours à des partenaires d’exécution tiers qui appliquent leurs propres méthodes, les préoccupations liées à la gestion des risques et à la gouvernance, et les exigences techniques propres à certains projets, en particulier dans les cas où des achats spécialisés ou des projets d’assistance technique nécessitent des procédures adaptées.
Les progrès passeront par des efforts conjoints
Le dialogue et l’action concertée peuvent contribuer à améliorer plus rapidement la qualité des systèmes de gestion des finances publiques et à en accroître l’utilisation. Le Partenariat de Busan stipule que « lorsqu’une pleine utilisation des systèmes nationaux n’est pas possible, le fournisseur de coopération au développement présentera les raisons de cette non-utilisation et discutera avec le gouvernement de ce qui serait indispensable pour évoluer vers une pleine utilisation, y compris grâce à la mobilisation d’une assistance ou à des changements nécessaires en appui aux systèmes nationaux. L’utilisation et le renforcement des systèmes nationaux devraient s’intégrer dans le cadre général du développement de capacités nationales pour des résultats durables » (OCDE, 2011[7]). Parmi les partenaires au développement qui ont fait état de réserves quant à la qualité des systèmes, deux tiers (67 %) indiquent avoir engagé un dialogue sur ces questions. Dans la plupart des cas (64 %), ces échanges ont débouché sur des accords ou des plans d’action. En outre, près de la moitié des stratégies-pays des partenaires au développement prévoient un appui au renforcement des systèmes de gestion des finances publiques, que ce soit sous la forme d’une coopération technique ou d’une participation à des programmes multidonneurs dans ce domaine. Si tous les partenaires au développement ne sont pas à même de contribuer au renforcement des systèmes dans tous les contextes, on observe néanmoins que ceux qui apportent un tel soutien ont davantage recours à ces systèmes. Les données nationales confirment que, lorsque le recours aux systèmes nationaux est prévu dans une stratégie signée par l’administration publique, les partenaires au développement tendent également à s’appuyer davantage sur ces systèmes13. Ces constats sont encourageants. Ils montrent en effet que le dialogue et l’action concertée peuvent aider à améliorer plus rapidement la qualité des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires et à en accroître l’utilisation (voir l’exemple du Viet Nam dans l’Encadré 3.4 et celui de l’Ouganda au Chapitre 7). Dans les pays en situation de fragilité extrême ou caractérisés par un espace civique et politique fortement restreint, un dialogue structuré peut être plus difficile à mettre en place et il peut être nécessaire de recourir à d’autres mécanismes, plus souples et adaptés au contexte, pour soutenir le renforcement des systèmes (OCDE, 2023[35]). Parallèlement, la poursuite des progrès nécessitera des mesures complémentaires à l’échelle mondiale. À ce niveau, les partenaires au développement peuvent remédier aux rigidités institutionnelles, actualiser leurs orientations internes et mettre en place les incitations nécessaires pour favoriser une plus grande utilisation des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires.
Encadré 3.4. Le Viet Nam a amélioré ses systèmes de gestion des finances publiques grâce aux efforts conjoints des pouvoirs publics et des partenaires au développement
Copier le lien de Encadré 3.4. Le Viet Nam a amélioré ses systèmes de gestion des finances publiques grâce aux efforts conjoints des pouvoirs publics et des partenaires au développementLe Viet Nam figure parmi les pays où la qualité des systèmes de gestion des finances publiques s’est améliorée, comme le montre la comparaison des deux évaluations PEFA les plus récentes (2024 et 2013). Si la qualité globale de ces systèmes demeure moyenne et que certains aspects restent à améliorer, l’évaluation de 2024 montre que le pays a bien avancé dans ses réformes de la gestion des finances publiques, notamment en renforçant la discipline budgétaire – comme en témoigne la réduction des arriérés de dépenses –, en améliorant la gestion de la trésorerie grâce à des données plus fiables sur les engagements de dépenses et en favorisant une plus grande transparence budgétaire (PEFA, 2024[36]). Elle fait également ressortir une plus grande efficacité dans la prestation des services publics, favorisée par un système de passation des marchés plus performant, rendu plus concurrentiel et plus transparent par l’adoption d’une nouvelle loi sur les marchés publics et la mise en place d’une nouvelle plateforme de passation des marchés publics. Au cours des dix dernières années, le Viet Nam a modernisé son cadre de gestion des finances publiques en adoptant d’importantes lois dans les domaines de la budgétisation, de la comptabilité, de la dette, de la gestion des actifs, de l’investissement public et du contrôle financier, ainsi qu’une stratégie financière en 2022 visant à promouvoir l’efficience et la transparence. Ces réformes ont permis de mieux aligner le système sur les bonnes pratiques internationales, notamment en matière de planification budgétaire à moyen terme, de modernisation des normes comptables, d’information financière à l’échelle de l’ensemble de l’administration et de publication des informations budgétaires.
Les réformes ont bénéficié de l’appui des partenaires au développement, d’abord dans le cadre d’un fonds d’affectation spéciale multidonneurs (jusqu’en 2016) géré par la Banque mondiale, puis, plus récemment, au titre du programme d’appui analytique et consultatif à la gestion des finances publiques, cofinancé par le Secrétariat d’État suisse à l’économie et Affaires mondiales Canada, et administré par la Banque mondiale. Ce programme fournit un soutien technique aux principales fonctions de la gestion des finances publiques, notamment la gestion de la trésorerie, les normes comptables et l’investissement public. Le Viet Nam continue de bénéficier d’un appui soutenu de plusieurs donneurs dans le domaine de la gestion des finances publiques, notamment l’Union européenne, l’Allemagne ou encore la Suisse. Cet appui porte principalement sur l’administration fiscale, l’information budgétaire, la gestion de la dette et le renforcement des systèmes de gestion des finances publiques au niveau infranational.
Ces efforts conjoints, menés sous la conduite des pouvoirs publics, ont permis d’améliorer la qualité des systèmes nationaux et ont vraisemblablement contribué à créer un environnement favorable à leur utilisation par les partenaires au développement. Si le recours aux systèmes nationaux de gestion des finances publiques par les partenaires au développement a fluctué au fil du temps, le Viet Nam continue de figurer, dans le cadre du Cycle de suivi 2023-2026, parmi les pays où il est le plus élevé (en moyenne, 79 % des fonds versés au secteur public ont transité par les systèmes nationaux d’exécution du budget, d’audit, d’information financière et de passation des marchés).
3.4. Les systèmes de gestion de l’information sont largement en place, mais restent sous-utilisés, tandis que persistent des difficultés de fonctionnement et des lacunes dans la communication des informations
Copier le lien de 3.4. Les systèmes de gestion de l’information sont largement en place, mais restent sous-utilisés, tandis que persistent des difficultés de fonctionnement et des lacunes dans la communication des informationsLe recours à des systèmes renforcés de gestion des finances publiques doit aller de pair avec des systèmes opérationnels de gestion de l’information sur la coopération pour le développement. Ces systèmes fournissent aux administrations des pays partenaires les données nécessaires pour aligner le soutien extérieur sur les priorités nationales. Ils peuvent offrir une vue d’ensemble des financements internationaux en faveur du développement acheminés vers les pays – au-delà de la seule APD –, ainsi que des fonds destinés au secteur public. L’appropriation pleine et entière et la transparence ne peuvent être assurées si ces informations ne sont accessibles qu’après coup sur des plateformes mondiales. Les partenaires au développement sont donc appelés à alimenter les systèmes de gestion de l’information et à contribuer à leur renforcement. Dans le cadre de l’Accord de partenariat de Busan, les gouvernements des pays partenaires et les partenaires au développement sont convenus de mettre en place, au niveau national, des systèmes de gestion de l’information sur l’aide et de rendre publiques les informations relatives aux activités de développement financées sur fonds publics (OCDE, 2011[7]). Pour donner suite à cet engagement, l’exercice de suivi du Partenariat mondial examine si les pays disposent de systèmes de gestion de l’information sur la coopération pour le développement, notamment, mais pas exclusivement, de systèmes de gestion de l’information sur l’aide, et si les partenaires au développement alimentent ces systèmes.
La plupart des pays disposent de systèmes de gestion de l’information, mais leur potentiel reste sous-exploité pour éclairer les projections budgétaires et les prévisions de dépenses. Sur les 44 pays, la majorité (34) ont indiqué disposer d’un système de gestion de l’information opérationnel et fonctionnel permettant de rendre compte des activités de coopération pour le développement. La plupart de ces systèmes (soit 28) couvrent de manière très complète les données relatives à la coopération pour le développement (Graphique 3.8). Ils recensent généralement un large éventail de types d’apports et d’informations sur les projets et programmes, et regroupent les données communiquées par de nombreux partenaires bilatéraux et multilatéraux, y compris des entités des Nations Unies et des banques multilatérales de développement. Les informations provenant de partenaires non traditionnels sont toutefois recueillies dans un nombre plus limité de pays : 15 systèmes intègrent des données communiquées par des ONG internationales et 9 des données provenant de fondations privées. Les informations collectées sont largement utilisées à des fins d’établissement de rapports, mais moins systématiquement pour la budgétisation et la planification à moyen terme. Les 34 pays s’en servent tous pour analyser les financements en faveur du développement et la plupart indique les utiliser pour étayer le dialogue avec les partenaires au développement (30 pays) ou rendre compte aux parlements (28 pays). Les pays se servant systématiquement des données pour établir leur budget national ou leurs projections de dépenses à moyen terme (26 et 23 pays, respectivement) sont toutefois moins nombreux. Conscients de l’importance des systèmes de gestion de l’information pour la planification et la participation citoyenne, tous les pays partenaires ayant organisé des dialogues (voir le Chapitre 7) sont convenus de prendre des mesures visant à améliorer leurs systèmes.
Graphique 3.8. Des systèmes de gestion de l’information sont en place dans la plupart des pays, mais ils ne sont pas toujours pleinement opérationnels et la communication des données reste partielle
Copier le lien de Graphique 3.8. Des systèmes de gestion de l’information sont en place dans la plupart des pays, mais ils ne sont pas toujours pleinement opérationnels et la communication des données reste partielleNombre de pays partenaires dotés d’un système de gestion de l’information opérationnel et complet (graphique de gauche) ; proportion moyenne de pays partenaires dans lesquels les partenaires au développement alimentent le système de gestion de l’information (graphique de droite)
Dans l’ensemble, la plupart des partenaires au développement alimentent les systèmes de gestion de l’information des pays partenaires, mais ne le font pas dans tous les pays où ils interviennent, en particulier dans les contextes difficiles. En moyenne, les partenaires au développement ne communiquent aucune donnée à ces systèmes dans 25 % des pays partenaires où ils interviennent (Graphique 3.8, graphique de droite). Les taux de communication sont plus faibles dans les pays en situation de fragilité extrême et dans les pays à faible revenu, ce qui peut s’expliquer par les capacités plus limitées des autorités nationales à coordonner les activités de communication de l’information ou par le fait que les partenaires au développement privilégient les interventions face aux crises, au détriment de ces activités. Les pratiques de communication varient également selon les catégories de fournisseurs. Les banques multilatérales de développement et les membres du CAD communiquent généralement leurs données dans la plupart des pays, tandis que les entités des Nations Unies accusent un certain retard. Il importe toutefois de noter que, si les partenaires au développement ne communiquent aucune donnée dans 25 % des pays, ils respectent généralement les exigences des administrations publiques lorsqu’ils le font : dans 94 % des pays, ils fournissent les informations demandées et, dans 84 % des pays, ils les transmettent selon la fréquence requise.
Les pays partenaires et les partenaires au développement se heurtent à des difficultés interdépendantes pour maintenir les systèmes de gestion de l’information pleinement opérationnels ; y remédier nécessitera des efforts coordonnés. Lorsqu’ils sont interrogés sur les difficultés qu’ils rencontrent le plus souvent pour maintenir leur système opérationnel, les pays partenaires citent généralement le manque d’interopérabilité entre les systèmes de gestion de l’information et les autres systèmes gouvernementaux. Viennent ensuite les contraintes qui pèsent sur la mise à niveau des systèmes, souvent liées au manque de ressources financières ou à une volonté politique insuffisante. Cette difficulté peut également s’expliquer par le fait que de nombreux systèmes ont été initialement conçus ou adoptés sans accorder suffisamment d’attention au renforcement des capacités locales et à la viabilité à long terme (Park, 2017[37]). Les partenaires au développement désignent comme obstacle majeur à la communication de leurs données le fait que les systèmes ne sont pas pleinement opérationnels, puis les difficultés rencontrées pour se conformer aux formats demandés. Ils font également état du manque de clarté quant à l’utilisation des informations recueillies et du caractère irrégulier des demandes de mise à jour formulées par les pays partenaires. Ces deux facteurs peuvent rendre les partenaires au développement moins enclins à communiquer leurs données et compliquer la répartition des responsabilités en la matière. Malgré ces contraintes, les administrations d’environ trois pays partenaires sur cinq proposent des formations ou des manuels d’utilisation pour accompagner les partenaires au développement dans la communication de leurs données. Toutefois, moins de la moitié ont mis en place des plans de gestion des données, pourtant essentiels pour inscrire cette gestion dans la durée. Pour en améliorer la qualité, ces systèmes doivent faire l’objet d’une appropriation locale et être alignés sur les dispositifs publics existants, et non fonctionner comme des outils autonomes (voir l’exemple du Népal au Chapitre 7). Si le soutien aux utilisateurs est utile, l’élaboration et la mise en œuvre de plans de gestion des systèmes peuvent pour leur part contribuer à lever les obstacles structurels. Les partenaires au développement peuvent jouer un rôle déterminant en coordonnant leur soutien et en l’alignant sur les priorités définies au niveau national. Cette action doit s’accompagner d’un engagement plus ferme de leur part d’alimenter systématiquement les systèmes des pays partenaires, en s’appuyant sur des orientations claires émanant des services centraux.
Références
[6] Assemblée générale des Nations Unies (2025), Engagement de Séville, Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies, https://docs.un.org/fr/A/CONF.227/2025/L.1.
[39] Banque asiatique de développement (2021), Sustainable Public Procurement: Guidance Note on Procurement, https://www.adb.org/documents/sustainable-public-procurement.
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[4] Ministère de l’Économie et des Finances de Madagascar (2024), Rapport de Suivi sur la Mise en œuvre des Programmes du Gouvernement 2023.
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[29] OCDE (2022), Rapport 2022 sur la mise en œuvre de la Recommandation du CAD sur le déliement de l’aide publique au développement.
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[1] Open Data Watch (2024), A Decade of Progress: Advancing Open, Inclusive, Official Statistics, https://odin.opendatawatch.com/biennialReport2024 (accessed on 9 February 2026).
[2] Open Data Watch (2024), Open Data Inventory (ODIN), https://odin.opendatawatch.com/ (accessed on 11 February 2026).
[11] PARIS21 (2026), Catalogue of AI use cases, https://www.paris21.org/artificial-intelligence-official-statistics-task-team (accessed on 11 February 2026).
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[36] PEFA (2024), Viet Nam Public Expenditure and Financial Accountability (PEFA), PEFA, https://www.pefa.org/node/5376.
[20] PEFA (2022), 2022 Global Report on Public Financial Management, https://www.pefa.org/global-report-2022/en/report/global-pfm-performance/ (accessed on 18 February 2026).
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[8] República Dominicana, Ministerio de Economía Planificación y Desarrollo (2016), Política de Cooperación Internacional para el Desarrollo de la República Dominicana [Politique de coopération internationale pour le développement de la République dominicaine], https://mepyd.gob.do/mepyd/wp-content/uploads/archivos/libros/politica-de-ci%20para-el-desarollo-extenso.pdf (accessed on 11 February 2026).
[17] Réseau de Berne (2025), Le Réseau de Berne - à propos, 2025, https://bernnetwork.org/about-us (accessed on 25 February 2026).
[18] Sevilla Platform for Action initiative (2025), FfD4 and the Future of Data: Strengthening Systems for Sustainable Financing, https://unstats.un.org/sdgs/files/meetings/hlg-meeting-40/FfD4%20and%20the%20Future%20of%20Data%20(40th%20meeting%20HLG-PCCB).pdf (accessed on 25 February 2026).
[23] Syquia, J. (2023), What can be done to improve the use of country governance systems? (Governance Brief 51), https://pdfs.semanticscholar.org/424f/1ffc54e7343db020d09a26aa5df3dd76f388.pdf.
[33] UNICEF (2024), Making Government Budgets Deliver Better for Children, https://www.unicef.org/esa/media/13901/file/Making%20Government%20Budgets%20Deliver%20Better%20for%20Children.pdf.
[32] UNICEF (2021), The UNICEF Public Finance Toolkit. A resource guide for selecting, adapting and applying public financial analysis tools, https://www.unicef.org/documents/public-finance-toolkit.
[30] UNICEF (2017), UNICEF’s Engagements in Influencing Domestic Public Finance for Children (PF4C) A Global Programme Framework, http://www.unicef.org/socialpolicy/.
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Notes
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Copier le lien de Notes← 1. Compte tenu de son organisation administrative, la Bosnie-Herzégovine ne dispose pas d’une stratégie nationale globale de développement couvrant l’ensemble du territoire. Au moment de l’établissement du présent rapport, des stratégies de développement étaient néanmoins en place ou en cours d’élaboration à différents niveaux de l’administration, mais le pays a choisi de ne pas les utiliser comme cadre de référence aux fins de l’exercice de suivi.
← 2. Cinq pays en situation de fragilité ont choisi de participer à une version adaptée de l’exercice de suivi (le questionnaire adapté aux contextes de fragilité) afin de rendre compte des éléments qu’ils jugeaient pertinents au regard de leur situation. Il s’agit de la République démocratique du Congo, de la Sierra Leone, de la Somalie, du Soudan du Sud et du Yémen. Quatre de ces pays ont indiqué avoir réalisé une évaluation de leur état de fragilité afin de définir leurs priorités nationales. Dans le cinquième pays, le degré de participation à d’autres processus n’a pas été évalué. On trouvera plus d’informations sur le questionnaire adapté aux contextes de fragilité dans le Guide de lecture au début du présent rapport.
← 3. Les administrations de 16 pays partenaires ayant déclaré disposer d’un plan national de développement comprenant un cadre de résultats ont indiqué que les données nécessaires au suivi des progrès n’étaient disponibles que pour 45 à 55 % des indicateurs de résultats, voire pour moins de 45 % d’entre eux.
← 4. Un cadre de financement national intégré est une approche pilotée par les pays qui regroupe toutes les sources de financement au sein d’une stratégie cohérente, de manière à financer les priorités nationales de développement durable et les objectifs de développement durable. Introduits par les États Membres de l’ONU dans le Programme d’action d’Addis-Abeba de 2015, les cadres de financement nationaux intégrés constituent un instrument essentiel à l’appui de la mise en œuvre de ce cadre mondial de financement au niveau national, en assurant la cohérence des politiques, en mobilisant des ressources et en renforçant la planification et l’utilisation des fonds.
← 5. D’après les données issues de l’inventaire ODIN (Open Data Watch, 2024[2]), les partenaires au développement tendent, en moyenne, à davantage utiliser les cadres de résultats nationaux lorsque les systèmes statistiques nationaux sont de meilleure qualité, même si cette corrélation n’est pas statistiquement significative.
← 6. L’analyse porte sur les 27 pays dont l’évaluation PEFA la plus récente a été réalisée en 2018 ou ultérieurement et n’avait pas été prise en compte dans l’analyse des progrès présentée dans le Rapport d’étape 2019 du Partenariat mondial.
← 7. Dans le cadre de la Déclaration de Paris, les partenaires au développement se sont engagés à utiliser dans toute la mesure du possible les systèmes et procédures des pays partenaires. Lorsque cela n’est pas possible, ils se sont engagés à mettre en place des garde-fous et autres mesures de sauvegarde qui contribuent à consolider, et non à affaiblir, ces systèmes et procédures.
← 8. La comparaison porte sur les catégories de partenaires au développement pour lesquelles les données communiquées sont les plus complètes à l’échelle des groupes de fournisseurs et des pays partenaires : banques multilatérales de développement, entités des Nations Unies et membres du CAD. D’autres partenaires bilatéraux et organisations multilatérales ont également communiqué des données, mais celles-ci ne couvraient pas suffisamment de pays pour permettre une comparaison fiable entre les différentes catégories.
← 9. Plusieurs banques multilatérales de développement, notamment la Banque asiatique de développement (Banque asiatique de développement, 2021[39]) et la Banque islamique de développement (Banque islamique de développement, 2025[41]), ont renforcé ces dernières années leurs cadres régissant la passation des marchés. La Banque mondiale a, quant à elle, progressivement actualisé son cadre en la matière, qui énonce les règles et prescriptions obligatoires applicables (Groupe de la Banque mondiale, n.d.[38]). Le Japon a pour sa part publié un manuel sur la passation des marchés financés par des prêts d’aide publique au développement japonaise, qui contient notamment des dispositions en matière de lutte contre la corruption et des exigences de transparence (JICA, 2021[40]).
← 10. Parmi les entités des Nations Unies, l’UNICEF, le PNUD et la FAO représentent à eux trois 69 % de l’ensemble des financements destinés au secteur public pris en compte dans le calcul de l’indicateur relatif à l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques. L’augmentation de leur recours à ces systèmes depuis le Cycle de suivi 2018 a donc fortement influé sur le score agrégé de l’ensemble du groupe.
← 11. Si les résultats agrégés fondés sur la moyenne pondérée ne font apparaître aucune différence manifeste entre les pays en situation de fragilité extrême et les autres pays quant à l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques, le recours à une moyenne simple conduit à un constat différent. Dans les pays en situation de fragilité extrême, le taux moyen d’utilisation tombe à 0.34, contre 0.43 dans les autres pays. Ce résultat semble indiquer que la moyenne pondérée est tirée vers le haut par quelques partenaires au développement qui décaissent des montants importants et utilisent davantage ces systèmes, ce qui masque le niveau d’utilisation globalement plus faible observé parmi l’ensemble des partenaires intervenant dans ces contextes.
← 12. D’après les réponses fournies par les partenaires au développement à la question sur les principales raisons expliquant le recours limité aux systèmes de gestion des finances publiques.
← 13. L’analyse des données issues du Système de notification des pays créanciers de l’OCDE montre que, dans les 44 pays ayant participé au Cycle 2023-2026, l’APD explicitement consacrée à la gestion des finances publiques représentait environ 4 % du montant total des apports d’APD reçus par ces pays entre 2018 et 2024, avec très peu de variation d’une année à l’autre. De plus, la part de l’APD consacrée à la gestion des finances publiques tend à être plus élevée dans les pays obtenant de meilleurs scores PEFA et plus faible dans ceux dont les scores sont moins bons. Cela pourrait indiquer que les partenaires au développement peuvent certes engager un dialogue sur les questions de qualité lorsque les systèmes sont plus faibles, que mais celui-ci ne débouche pas nécessairement sur une augmentation des volumes d’APD consacrés à la gestion des finances publiques. Dans la pratique, le soutien spécifique à la gestion des finances publiques peut être plus important dans les pays où les systèmes sont plus aboutis et où la perception d’un risque fiduciaire moindre favorise des investissements plus élevés.