Le présent chapitre dresse une vue d’ensemble des résultats du Cycle de suivi 2023-2026 du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (Partenariat mondial) qui sont présentés à la partie I du présent rapport. Il contient une synthèse à haut niveau des principales conclusions relatives aux quatre dimensions du cadre de suivi, à savoir : une approche du développement à l’échelle de l’ensemble de la société, l’état et l’utilisation des systèmes nationaux, la transparence, et l’engagement de ne laisser personne de côté.
Vers une coopération pour le développement plus efficace – Rapport d'étape 2026
1. Cycle de suivi 2023-2026 du Partenariat mondial : vue d’ensemble
Copier le lien de 1. Cycle de suivi 2023-2026 du Partenariat mondial : vue d’ensembleDescription
1.1. Exercice de suivi du Partenariat mondial : la responsabilité collective en action
Copier le lien de 1.1. Exercice de suivi du Partenariat mondial : la responsabilité collective en actionLe Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement (le Partenariat mondial) est la principale plateforme multipartite dédiée à la promotion de l’efficacité du développement. Il vise à « maximiser l’efficacité de toutes les formes de coopération pour le développement dans l’intérêt commun de l’humanité, de la planète, de la prospérité et de la paix ». Les quatre principes de l’efficacité de la coopération pour le développement (appropriation par les pays, orientation vers les résultats, partenariats inclusifs, et transparence et redevabilité mutuelle) ont été approuvés par 161 pays et 56 organisations lors du quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui s’est tenu à Busan en 2011. L’exercice de suivi mené au titre du Partenariat mondial constitue un moyen de traduire en actions les ambitions en matière d’efficacité du développement, tout en promouvant la responsabilité collective à travers le prisme des quatre principes d’efficacité. Dans ce sens, le cadre de suivi représente un outil à l’appui de la responsabilité collective (Tableau 1.1), un concept qui lui est transversal. Les quatre dimensions en forment la base et reflètent la manière dont les principes sont mis en œuvre dans la pratique. Les données probantes produites s’articulent autour de ces quatre dimensions, à savoir : une approche du développement à l’échelle de l’ensemble de la société ; l’état et l’utilisation des systèmes nationaux ; la transparence ; et l’engagement de ne laisser personne de côté. Les composantes sont pour leur part des sous-groupes conceptuels des données probantes recueillies dans chaque dimension et utilisées pour faciliter la communication autour des résultats émergeant de chacune des dimensions. Des informations plus détaillées sur le cadre de suivi sont disponibles à l’Annexe B.
Tableau 1.1. Aperçu du cadre de suivi du Partenariat mondial
Copier le lien de Tableau 1.1. Aperçu du cadre de suivi du Partenariat mondial|
|
Dimension |
Composante |
|
|---|---|---|---|
|
Responsabilité collective Appropriation par les pays, orientation vers les résultats, partenariats inclusifs, transparence et redevabilité mutuelle |
Approche à l’échelle de l’ensemble de la société |
Engagement et dialogue |
Indicateur 17.16.1 des ODD |
|
Contrôle parlementaire |
|||
|
Environnement favorable aux organisations de la société civile |
|||
|
Participation du secteur privé à la coopération pour le développement [Évaluation des Principes de Kampala] |
|||
|
État et utilisation des systèmes nationaux |
Planification |
||
|
Respect de la marge de manœuvre de chaque pays en matière d’action publique Indicateur 17.15.1 des ODD |
|||
|
Gestion des finances publiques |
|||
|
Budget national |
|||
|
Budgétisation sensible au genre Indicateur 5.c.1 des ODD |
|||
|
Mécanismes de redevabilité |
|||
|
Gestion de l’information |
|||
|
Passation des marchés |
|||
|
Transparence |
Action des pays partenaires |
||
|
Action des partenaires au développement |
|||
|
Ne laisser personne de côté |
Consultation |
||
|
Cibles et résultats |
|||
|
Données et statistiques |
|||
Le Partenariat mondial produit également des données officielles sur les avancées en direction de trois cibles des Objectifs de développement durable (ODD) : (1) respect de la marge de manœuvre et de l’autorité de chaque pays (cible 17.15 des ODD) ; (2) partenariats multipartites pour le développement durable (cible 17.16 des ODD ; voir l’Encadré 1.1) ; et (3) adoption de politiques bien conçues et de dispositions législatives applicables en faveur de la promotion de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes (cible 5.c des ODD) et renforcement de celles qui existent. Le présent rapport dresse également la synthèse de ces avancées.
Le Rapport d’étape 2026 se compose de deux parties, la première consacrée aux données probantes et à leur analyse, et la seconde rendant compte de la réflexion, du dialogue et de l’action menés par les pays. La partie I présente les résultats du Cycle de suivi 2023-2026 sur la base des données recueillies. Une vue d’ensemble des principales conclusions tirées des quatre dimensions du cadre de suivi (Chapitre 1) fait place à des analyses thématiques des approches de développement mises en œuvre à l’échelle de l’ensemble de la société, et de l’engagement de ne laisser personne de côté (Chapitre 2), de la qualité et de l’utilisation des systèmes nationaux à l’appui de l’appropriation par les pays (Chapitre 3), de la prévisibilité du financement de la coopération pour le développement (Chapitre 4), de la redevabilité et de la transparence (Chapitre 5), et de la participation du secteur privé à la coopération pour le développement, sur la base de la première Évaluation des Principes de Kampala (Chapitre 6). La partie II (non résumée ici) renseigne sur la façon dont les pays et les acteurs du développement ont mis à profit les résultats de l’exercice de suivi lors de la phase de réflexion, de dialogue et d’action, en partageant les défis communs auxquels ils sont confrontés et les mesures prises par leurs pouvoirs publics (Chapitre 7). Elle présente les comptes rendus des dialogues, des mesures convenues et des mécanismes de suivi, établis par les pays eux-mêmes (Chapitre 8). Les résultats ci-dessous reposent sur les données probantes émanant des 44 pays participant au Cycle de suivi 2023-2026. Ils sont répartis entre les quatre domaines thématiques et, lorsque cela est possible, comparés à ceux des cycles précédents, de manière à mettre en évidence les progrès accomplis et les difficultés qui subsistent. Tous les graphiques reprennent les données issues du Cycle 2023-2026, sauf indication contraire.
1.2. Principales conclusions tirées des données probantes recueillies dans le cadre de l’exercice de suivi 2023-2026
Copier le lien de 1.2. Principales conclusions tirées des données probantes recueillies dans le cadre de l’exercice de suivi 2023-2026Application d’une approche de développement à l’échelle de l’ensemble de la société
Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 réclame la mise en œuvre, dans le cadre d’une action collective à l’échelle de l’ensemble de la société, de solutions pérennes en matière de développement. Si les gouvernements ont une responsabilité unique en matière de pilotage du développement, leurs efforts resteront vains sans la participation de tous, sur une base équitable. La dimension relative à l’application d’une approche de développement à l’échelle de l’ensemble de la société examine la façon dont les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement associent divers acteurs du développement à la planification du développement, aux dialogues de suivi sur les résultats et aux mécanismes de redevabilité (Chapitre 2). Elle couvre également le contrôle de la coopération pour le développement exercé par les parlements (Chapitre 5), l’environnement favorable aux organisations de la société civile (OSC) (Chapitre 2), et l’utilisation des politiques et des mécanismes de dialogue à l’appui d’une participation efficace du secteur privé (Chapitre 6).
En améliorant la qualité de leurs consultations avec les organisations de la société civile, les administrations et les partenaires au développement peuvent favoriser l’inclusivité du processus de développement, et son déploiement à l’échelle de l’ensemble de la société (Chapitre 2). De manière générale, les administrations des pays partenaires, comme les partenaires au développement, associent un large éventail de parties prenantes nationales à l’élaboration de leurs politiques de développement, mais sont moins inclusifs lors des dialogues qui sont par la suite consacrés aux priorités du développement et aux résultats obtenus (Graphique 1.1). Les organisations de la société civile estiment de leur côté que ces efforts n’aboutissent pas toujours à la mise en place de processus de substance et inclusifs, et qu’il est possible d’améliorer encore la qualité des consultations ainsi que l’utilisation de leurs conclusions. Le contexte en vigueur dans chaque pays influe également sur la possibilité réelle d’appliquer une approche à l’échelle de l’ensemble de la société. Ainsi, dans les contextes caractérisés par une fragilité extrême, l’instabilité politique peut faire obstacle à une participation efficace et à grande échelle.
Graphique 1.1. Les administrations des pays partenaires associent plus systématiquement les parties prenantes lors de l’élaboration des plans nationaux que lors des dialogues de suivi
Copier le lien de Graphique 1.1. Les administrations des pays partenaires associent plus systématiquement les parties prenantes lors de l’élaboration des plans nationaux que lors des dialogues de suiviProportion de pays partenaires dotés d’un plan national de développement élaboré en association avec chaque groupe de parties prenantes
Les efforts déployés par les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement constituent les fondements nécessaires à la mise en place d’un environnement plus favorable aux OSC (Chapitre 2). La façon dont les OSC, les partenaires au développement et les administrations des pays partenaires perçoivent l’environnement favorable aux OSC – évaluée au regard de quatre modules thématiques (Graphique 1.2) – varie toutefois fortement dans la plupart des pays partenaires, en particulier en ce qui concerne les possibilités de dialogue avec les OSC et le cadre juridique et réglementaire. Les partenaires au développement sont généralement plus satisfaits que les OSC de la qualité de la coopération pour le développement qu’ils ont instaurée ensemble (module 3 « coopération avec les OSC à l’appui du développement »). Ils ne manquent toutefois pas de souligner qu’il existe une marge d’amélioration pour ce qui est de l’alignement des priorités de financement et des actions qu’ils mènent auprès des administrations des pays partenaires afin de les sensibiliser à la question de l’instauration d’un environnement favorable. Les représentants des partenaires au développement et des OSC s’accordent sur la nécessité, pour les OSC, de renforcer l’efficacité et l’inclusivité de leurs mécanismes de coordination (module 2 « efficacité des OSC »).
Graphique 1.2. Les perceptions de l’environnement favorable aux OSC varient selon les parties prenantes et les domaines d’efficacité
Copier le lien de Graphique 1.2. Les perceptions de l’environnement favorable aux OSC varient selon les parties prenantes et les domaines d’efficacitéScore moyen par groupe de parties prenantes (administrations des pays partenaires, partenaires au développement, OSC) pour chacun des quatre modules de l’Évaluation de l’environnement favorable aux OSC
Note : Le graphique a été établi sur la base des données issues des 34 pays dans lesquels les trois groupes de parties prenantes ont communiqué des informations complètes (dans chacun des dix autres pays, au moins un groupe de parties prenantes n’a pas communiqué de données). Chaque symbole de couleur représente l’appréciation des différentes parties prenantes déclarantes. Le score moyen pour évaluer chaque module est compris entre 0 (« non favorable ») et 1 (« très favorable »). À des fins de représentation, la valeur minimale dans le graphique est 0.4 (« peu favorable »).
Les parlements reçoivent sur demande la majorité des informations sur la coopération pour le développement. Toutefois, la part faible et fortement décroissante des financements de la coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux limite leur capacité à contrôler la planification du développement et à assurer la redevabilité (Chapitres 4 et 5). Plus des deux tiers des administrations des pays partenaires (71 %) indiquent transmettre au parlement des informations sur les ressources de la coopération pour le développement. Ces informations sont cependant pour la plupart communiquées sur demande, et non systématiquement. L’examen par le parlement des ressources de la coopération pour le développement est limité par la faible part – qui plus est en déclin – de ces ressources qui est inscrite aux budgets des pays partenaires (41 % en 2026, contre 61 % en 2018 (Graphique 1.3). Il appartient aux pays partenaires et aux partenaires au développement d’assurer conjointement la transparence et le contrôle des ressources de la coopération pour le développement dans les pays.
Graphique 1.3. La part de coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux décroît
Copier le lien de Graphique 1.3. La part de coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux décroîtProportion du financement de la coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux des pays partenaires, par type de pays partenaire
La participation du secteur privé à la coopération pour le développement est encadrée par les politiques publiques et le dialogue. Les difficultés rencontrées par les parties prenantes, en particulier le secteur privé, dans le cadre de cette participation, pourraient toutefois être abordées plus efficacement (Chapitre 6). L’Évaluation des Principes de Kampala – menée pour la première fois dans le cadre du Cycle de suivi 2023-2026 du Partenariat mondial – livre des enseignements sur la contribution des parties prenantes à l’amélioration de l’environnement favorable à la participation du secteur privé à la coopération pour le développement. Dans un contexte où le rôle du secteur privé dans le développement bénéficie d’une attention croissante, cette évaluation porte sur la qualité des partenariats à l’appui de la participation du secteur privé, et vient compléter d’autres sources de données probantes sur le volume des financements privés mobilisés. Ses conclusions montrent que les administrations des pays partenaires, comme les partenaires au développement, investissent dans le renforcement des cadres d’action visant à guider la participation du secteur privé à la coopération pour le développement (Graphique 1.4). La mesure dans laquelle les politiques et stratégies mises en œuvre définissent des groupes cibles, notamment les populations vulnérables et marginalisées, pourrait toutefois être améliorée. Si les administrations et les fournisseurs s’efforcent d’organiser des dialogues sur la participation du secteur privé au développement, les acteurs du secteur privé indiquent qu’ils rencontrent des difficultés pour nouer des partenariats avec les partenaires au développement, et citent la lourdeur des procédures comme obstacle majeur. D’autres parties prenantes mettent également en lumière l’importance de renforcer la confiance autour de la participation du secteur privé à la coopération pour le développement. Les dialogues qui existent déjà entre les administrations et les fournisseurs pourraient être mis à profit pour mieux prendre en compte les priorités et les sources de préoccupation des parties prenantes.
Graphique 1.4. Les pays partenaires et les partenaires au développement investissent dans le renforcement de la participation du secteur privé en mettant en place des dialogues et des cadres d’action
Copier le lien de Graphique 1.4. Les pays partenaires et les partenaires au développement investissent dans le renforcement de la participation du secteur privé en mettant en place des dialogues et des cadres d’actionNombre d’administrations de pays partenaires dotées d’une politique relative à la participation du secteur privé et ayant mis en place un dialogue sur ce thème (partie gauche) ; proportion de partenaires au développement dotés d’une stratégie relative à la participation du secteur privé et ayant mis en place un dialogue sur ce thème (partie droite)
Note : L’Évaluation des Principes de Kampala, le seul module facultatif du cadre de suivi, a été menée par 25 des 44 pays partenaires participant au Cycle 2023-2026. Sur ces 25 pays, 24 administrations de pays partenaires ont soumis les données qu’ils ont produites à partir de cette évaluation. La partie de gauche rend par conséquent compte d’un échantillon total de 24 pays. La partie de droite montre la proportion de partenaires au développement ayant répondu (parmi ceux qui associent le secteur privé à leur coopération pour le développement) dans ces 25 pays, qui sont dotés d’une politique relative à la participation du secteur privé et/ou ont organisé un dialogue sur ce thème.
Renforcement et utilisation des systèmes nationaux
Le renforcement de la gouvernance et du fonctionnement des institutions et des principaux systèmes du secteur public est au cœur des initiatives visant à veiller à ce que les administrations des pays partenaires soient en mesure de gérer les ressources efficacement et de manière efficiente à l’appui d’une meilleure efficacité du développement. L’utilisation des systèmes nationaux – tels que les plans de développement et les cadres de résultats, les systèmes de gestion des finances publiques et les systèmes de gestion de l’information – garantit une meilleure intégration des programmes de développement aux propres dépenses des pays, de plus faibles chevauchements d’activités et l’augmentation de l’effet de levier des ressources de la coopération pour le développement, de la durabilité des activités et de leurs résultats. La dimension consacrée à l’état et l’utilisation des systèmes nationaux examine la robustesse des principaux systèmes du secteur public et l’ampleur de leur utilisation par les partenaires au développement. Elle a trait à la qualité de la planification nationale du développement et à la mesure dans laquelle les partenaires au développement alignent leur soutien sur les plans nationaux et utilisent les cadres de résultats et les outils de planification propres aux pays (indicateur 17.15.1 relatif aux ODD) ; à la qualité et à l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques et des systèmes de gestion de l’information ; et à l’existence de mécanismes exhaustifs de redevabilité à l’appui de la coopération pour le développement (Chapitre 5). Elle porte sur la prévisibilité des fonds alloués au développement, sur leur inscription aux budgets nationaux, sur les avancées en matière de budgétisation sensible au genre (indicateur 5.c.1 relatif aux ODD) (Chapitre 4), et sur le déliement de l’aide (Chapitre 3).
Malgré les progrès accomplis dans certains aspects essentiels de la planification du développement, des efforts restent à faire pour mieux rendre compte des avancées et mieux articuler les plans et les ressources (Chapitre 3). Les gouvernements des pays partenaires ont presque tous mis en place un plan national de développement assorti, pour 88 % d’entre eux, de priorités, d’objectifs et d’indicateurs de résultats au regard du développement. Les pays partenaires font état d’un meilleur alignement entre les plans sectoriels et les plans nationaux, et d’un recours accru aux systèmes statistiques nationaux. Des lacunes subsistent néanmoins dans le suivi des progrès et la transparence budgétaire (Graphique 1.5). Le renforcement du suivi et l’établissement de liens entre les plans et les ressources permettront d’améliorer la qualité et la mise en œuvre des plans nationaux de développement.
Graphique 1.5. Les plans nationaux de développement sont généralement complets, mais pourraient être améliorés grâce à de meilleurs rapports sur les progrès accomplis et à une meilleure budgétisation
Copier le lien de Graphique 1.5. Les plans nationaux de développement sont généralement complets, mais pourraient être améliorés grâce à de meilleurs rapports sur les progrès accomplis et à une meilleure budgétisationProportion de pays dont les stratégies nationales de développement comportent les éléments clés, par niveau de qualité
Note : Les proportions sont calculées à partir des informations communiquées par les administrations des 44 pays partenaires au sujet de leur stratégie nationale de développement. La catégorie « non évalué » correspond à un pays qui n’a fourni aucune information sur son plan national de développement, comme précisé au Chapitre 3.
L’utilisation par les partenaires au développement des systèmes statistiques des pays partenaires est limitée et diminue depuis 2018 (Chapitre 3). Si les partenaires au développement continuent de faire une utilisation modérée des cadres propres aux pays (indicateur 17.15.1 relatif aux ODD) dans leurs interventions, ils se contentent toujours essentiellement de s’aligner sur les objectifs des pays partenaires, et ne recourent que faiblement aux indicateurs de résultats et aux données de ces derniers pour suivre les avancées accomplies au titre de leurs interventions (Graphique 1.6). L’utilisation des données et des systèmes des administrations des pays partenaires par les partenaires au développement pour suivre les résultats de leurs interventions reste en effet particulièrement faible et a diminué, principalement en raison de réserves quant à la qualité des systèmes statistiques nationaux. Les administrations des pays partenaires disposent d’une marge de manœuvre pour renforcer ces systèmes au moyen de réformes menées par les offices statistiques nationaux dans le but de recueillir des données de meilleure qualité et plus actuelles, et en ayant recours à des outils innovants tels que l’intelligence artificielle responsable, avec le soutien de financements des partenaires au développement et d’une participation accrue aux réseaux existants, tels que le Réseau de Berne sur les données de financement en vue du développement.
Graphique 1.6. L’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement reste modérée
Copier le lien de Graphique 1.6. L’utilisation des cadres de résultats nationaux par les partenaires au développement reste modéréeProportion d’interventions dont les objectifs et les indicateurs de résultats sont tirés des cadres de résultats propres aux pays et dont le suivi s’appuie sur des données issues des systèmes statistiques nationaux
Note : L’« Indicateur 17.15.1 relatif aux ODD – Recours à de cadres de résultats et des outils de planification propres aux pays (moyenne) » (barre de gauche) correspond à la moyenne des trois éléments mesurant l’alignement au niveau des objectifs, des résultats et des données, représentés dans les trois paires de barres situées à droite.
Le renforcement des systèmes de gestion des finances publiques et de leur utilisation nécessitera une action conjointe renouvelée, en particulier afin d’améliorer la qualité et l’utilisation des systèmes de passation des marchés publics (Chapitre 3). Si la plupart des pays partenaires ayant récemment fait l’objet d’une évaluation des dépenses publiques et de la responsabilité financière (PEFA) sont dotés de systèmes de gestion des finances publiques de qualité moyenne (Graphique 1.7, partie de gauche), des difficultés considérables subsistent concernant la qualité des systèmes de passation des marchés et de la transparence budgétaire. De manière générale, les avancées en direction d’une amélioration de la qualité des systèmes de gestion des finances publiques sont mitigées, les pays étant plus nombreux à régresser ou à stagner qu’à progresser. Dans le même temps, l’utilisation des systèmes nationaux de gestion des finances publiques par les partenaires au développement est globalement modérée, seulement 51 % des financements du développement versés au secteur public utilisent ces systèmes – une tendance due essentiellement à l’utilisation particulièrement faible et en recul des systèmes nationaux de passation des marchés, qui est passée de 50 % en 2018 à 34 % en 2026 (Graphique 1.7, partie de droite). L’utilisation des systèmes nationaux de gestion des finances publiques varie grandement selon les fournisseurs, en fonction des divers contextes nationaux, de leurs préférences et des contraintes auxquelles ils sont soumis. Les progrès nécessiteront la mise en place d’un dialogue et d’une action conjointe des administrations des pays partenaires et des partenaires au développement, aussi bien au niveau de chaque pays qu’à l’échelle internationale.
Graphique 1.7. Il existe une marge d’amélioration de la qualité et de l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques
Copier le lien de Graphique 1.7. Il existe une marge d’amélioration de la qualité et de l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiquesNombre de pays par niveau de qualité des systèmes de gestion des finances publiques (partie de gauche) ; et utilisation des systèmes de gestion des finances publiques des pays partenaires par les fournisseurs, par type de système (partie de droite)
Note : Dans le graphique de droite, l’utilisation des systèmes de gestion des finances publiques par les partenaires au développement est calculée en tant que proportion moyenne des versements au secteur public effectués au moyen des procédures d’exécution du budget, d’audit et d’établissement de rapports financiers des pays partenaires, ainsi que de leurs systèmes de passation des marchés.
L’optimisation du potentiel des systèmes de gestion de l’information nécessite une maintenance plus soutenue de ces systèmes, ainsi qu’un renforcement de leur intégration et de la communication d’informations par les partenaires (Chapitre 3). Les résultats montrent que la majorité des 44 pays (34) disposent d’un système de gestion de l’information visant à rendre compte de la coopération pour le développement (Graphique 1.8). Les pays partenaires peinent toutefois à en assurer le plein fonctionnement et à exploiter les informations communiquées pour établir les prévisions budgétaires et les projections de dépenses. La transmission, par les partenaires au développement, de données aux systèmes de gestion de l’information est lacunaire et ne couvre en moyenne que 25 % des pays partenaires dans lesquels ils interviennent, une proportion encore inférieure dans les contextes difficiles. Afin de remédier à ces lacunes, des efforts seront nécessaires pour assurer la pérennité de ces systèmes, les articuler avec les autres processus publics et veiller à ce que les partenaires au développement transmettent les informations de manière plus systématique.
Graphique 1.8. Les systèmes de gestion de l’information sont dans la plupart des cas en place mais pas toujours pleinement opérationnels et la communication d’informations n’est que partielle
Copier le lien de Graphique 1.8. Les systèmes de gestion de l’information sont dans la plupart des cas en place mais pas toujours pleinement opérationnels et la communication d’informations n’est que partielleNombre de pays dotés de systèmes de gestion de l’information opérationnels et exhaustifs (partie de gauche) ; et proportion moyenne de pays dans lesquels les fournisseurs communiquent des informations (partie de droite)
La visibilité des dépenses prévisionnelles de la coopération pour le développement ne s’améliore pas et s’accompagne d’une diminution de la part de la coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux (Graphique 1.9), ce qui affaiblit la capacité des administrations nationales à prévoir et à budgétiser leurs efforts de développement (Chapitre 4). La prévisibilité à moyen terme – la mise à disposition de plans prévisionnels de dépenses portant sur un, deux ou de préférence trois ans, par les partenaires au développement aux pays partenaires – est essentielle au regard de l’efficacité de la planification du développement et de l’affectation des ressources. En dépit des engagements souscrits de longue date et réaffirmés récemment lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement, aucune amélioration notable n’est constatée depuis 2014 dans la mise à disposition de plans prévisionnels de dépenses par les partenaires au développement (en moyenne un, deux et trois ans à l’avance) aux administrations des pays partenaires (Graphique 1.9). La proportion de partenaires au développement qui transmettent ces plans s’est établie à 52 % en moyenne en 2018 et est restée inchangée en 2026. Comme constaté lors des cycles de suivi précédents, on observe auprès de tous les types de partenaires au développement un fort recul de la mise à disposition de plans prévisionnels de dépenses à trois ans (Graphique 1.9). La visibilité des dépenses prévisionnelles à trois ans est plus faible dans les pays en situation de fragilité (34 %) que dans les contextes non fragiles (52 %). Toutefois, la proportion de financements de la coopération pour le développement versée au secteur public pendant le même exercice budgétaire que celui où ils ont été prévus – soit la prévisibilité annuelle – est relativement élevée et affiche une légère hausse globale depuis 2011. Des dépenses de projet effectuées conformément au calendrier peuvent soutenir des versements prévisibles des financements de la coopération pour le développement. Le renforcement des systèmes des pays partenaires qui favorisent le respect du calendrier des dépenses de projet et la diminution des écarts au niveau des versements, et, partant, l’atténuation des perturbations de la fourniture de services et de la mise en œuvre des projets, relèvent de la responsabilité commune des partenaires au développement et des pays partenaires.
Graphique 1.9. La visibilité sur les dépenses à venir des partenaires au développement ne s’améliore pas
Copier le lien de Graphique 1.9. La visibilité sur les dépenses à venir des partenaires au développement ne s’améliore pasProportion de partenaires au développement ayant transmis des plans prévisionnels de dépenses sur un, deux ou trois ans ; dans tous les pays partenaires
Note : Dans le Rapport d’étape 2014, l’évaluation porte sur la période 2014-2016 ; dans le Rapport d’étape 2016, sur la période 2016-2018 ; dans le Rapport d’étape 2019, sur la période 2018-2019 ; et dans le Rapport 2026, sur la période 2023-2026.
Les pays partenaires ont progressé en matière de budgétisation sensible au genre, les engagements relatifs à l’égalité entre les genres étant plus cohérents avec les financements (Chapitre 4). Des financements durables et correctement ciblés sont fondamentaux pour atteindre l’ODD 5 (parvenir à l’égalité des genres et autonomiser toutes les femmes et toutes les filles). Le suivi opéré dans le cadre du Partenariat mondial porte sur le recueil et l’évaluation des données des pays au regard de l’indicateur 5.c.1 relatif aux ODD, qui mesure la proportion de pays dotés de systèmes permettant d’assurer le suivi des allocations en faveur de l’égalité entre les genres et de l’autonomisation des femmes, et de rendre ces informations accessibles aux citoyens. Une comparaison entre les 29 pays pour lesquels on dispose de données sur l’indicateur 5.c.1 relatif aux ODD pour les Cycles 2018 et 2023-2026 révèle une augmentation du nombre de pays (de 9 à 13) qui satisfont à toutes les exigences de suivi et de communication publique de leurs dotations budgétaires à l’appui de l’égalité entre les genres et de l’autonomisation des femmes (Graphique 1.10). Cette évolution témoigne de l’essor de la pratique de la budgétisation sensible au genre, 45 % des administrations des pays partenaires étant conformes aux exigences de suivi et de divulgation publique de leurs dotations budgétaires à l’appui de l’égalité entre les genres et de l’autonomisation des femmes, un pourcentage en hausse par rapport à 31 % en 2018. On enregistre toutefois une diminution du nombre de pays qui rendent publiques leurs dotations budgétaires à l’appui de l’égalité entre les genres et de l’autonomisation des femmes, qui est passé de 23 en 2018 à 18 en 2026.
En dépit des progrès globaux, les engagements relatifs à l’égalité entre les genres ne se traduisent pas toujours en ressources suffisantes (Chapitre 4). Parmi les pays partenaires qui déclarent être dotés de politiques publiques et/ou de programmes conçus à l’appui d’objectifs spécifiques en matière d’égalité entre les genres – y compris lorsque l’égalité entre les genres n’est pas l’objectif principal – à peine plus de la moitié (52 %) indiquent que ces politiques et/ou programmes disposent des ressources appropriées pour atteindre leurs objectifs de manière générale, et ceux relatifs à l’égalité entre les genres en particulier. Les pratiques de budgétisation sensible au genre varient selon les pays, le marquage budgétaire, l’audit et le suivi des affectations affichant des lacunes importantes qui témoignent des faiblesses des systèmes des pays partenaires. En dépit de ces lacunes, les associations de femmes et les parlementaires exercent respectivement un droit de regard et un contrôle efficaces, ce qui souligne l’importance que ces données soient rendues publiques. Or, de nombreux pays peinent toujours à rendre les informations sur les dotations à l’appui de l’égalité entre les genres disponibles aux citoyens, à utiliser des données ventilées par sexe et à avoir recours à des évaluations des disparités entre les genres, ce qui souligne la nécessité de disposer de systèmes de collecte de données et de communication d’informations plus robustes afin de renforcer les pratiques de budgétisation sensible au genre.
Graphique 1.10. Un plus grand nombre de pays partenaires dispose de systèmes de suivi et de publication des dotations en faveur de l’égalité des genres
Copier le lien de Graphique 1.10. Un plus grand nombre de pays partenaires dispose de systèmes de suivi et de publication des dotations en faveur de l’égalité des genresNombre de pays partenaires respectant totalement, respectant partiellement ou ne respectant pas les exigences relatives à la mise en place d’un système de suivi et de publication des dotations en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes – indicateur 5.c.1 relatif aux ODD.
Note : Les données de 2018 et de 2026 concernent 29 pays partenaires comparables. On considère qu’un pays satisfait partiellement aux exigences lorsqu’il se conforme à 1 ou 2 des 3 critères qui composent l’indicateur 5.c.1 relatif aux ODD.
Les mécanismes de redevabilité des pays ne suivent pas toujours l’évolution des ressources, des modalités ou des crises mondiales (Chapitre 5). Or, c’est la redevabilité qui tient les pays partenaires et les partenaires au développement mutuellement responsables des engagements convenus en commun. Ce faisant, elle renforce activement la confiance et garantit que les interventions sont solidement ancrées dans les priorités nationales de développement. Les pays partenaires sont toutefois peu nombreux à être dotés de mécanismes de redevabilité mutuelle de qualité, qui comportent la majorité ou la totalité des composantes nécessaires, à l’appui d’une coopération efficace pour le développement (Graphique 1.11). Ce constat doit être interprété dans le contexte des transformations structurelles à l’œuvre dans l’architecture mondiale du financement du développement, au nombre desquelles figurent la baisse des niveaux d’aide publique au développement (APD), la fragmentation des projets, et une diversité croissante du paysage des acteurs du développement. Ces transformations limitent la marge de manœuvre dont disposent les administrations des pays partenaires pour privilégier les dispositifs de redevabilité mutuelle.
Plus des deux tiers des pays partenaires (68 %) se sont dotés d’un cadre stratégique pour guider la coopération pour le développement ; ils sont toutefois moins nombreux à définir les rôles et les responsabilités des divers acteurs du développement (Graphique 1.11) (Chapitre 5). Si la plupart des pays qui disposent de cadres d’action complets fixent des objectifs conjoints d’efficacité, le manque de cibles spécifiques à chaque partie prenante limite la redevabilité et l’efficacité de leur mise en œuvre. Environ un tiers des pays qui ont fixé des cibles en matière d’efficacité de la coopération pour le développement mènent des évaluations conjointes afin d’assurer un suivi de leurs progrès, et ils sont encore moins nombreux à y procéder régulièrement ou en associant une large palette d’acteurs. Seuls deux pays publient les résultats de ces évaluations inclusives, ce qui met en évidence une lacune majeure en matière de redevabilité. Dans les pays confrontés à la fragilité, la redevabilité mutuelle pourrait en outre nécessiter l’adoption d’approches flexibles et spécifiques à chaque contexte. Ces conclusions, associées aux évolutions plus vastes du paysage du développement, donnent à penser que les pays partenaires sont peut-être en train d’entamer la transition en direction d’une restructuration de leurs dispositifs institutionnels, notamment dans le cadre des dialogues menés au titre du présent exercice de suivi (examinés aux Chapitres 7 et 8).
Graphique 1.11. La plupart des pays partenaires n’ont pas mis en place les éléments constitutifs d’un mécanisme de redevabilité mutuelle de qualité
Copier le lien de Graphique 1.11. La plupart des pays partenaires n’ont pas mis en place les éléments constitutifs d’un mécanisme de redevabilité mutuelle de qualitéNombre de pays ayant mis en place chaque élément séquentiel constitutif d’un mécanisme de redevabilité mutuelle
Note : Voir le Graphique 5.1 au Chapitre 5 pour les détails méthodologiques de ce graphique.
La proportion de l’APD bilatérale non liée des membres du CAD semble globalement stagner depuis 2017 (Chapitre 3). Ce constat est en contradiction avec la dynamique positive observée à la suite de l’engagement souscrit par le CAD en 2001 en faveur du déliement de l’APD. Les données sur le déliement de l’aide communiquées au Système de notification des pays créanciers (SNPC) de l’OCDE et utilisées aux fins de l’exercice de suivi du Partenariat mondial indiquent que la proportion de l’APD bilatérale non liée des membres du CAD était légèrement plus élevée en 2017, à 82 %, qu’en 2024. Dans l’intervalle entre les deux cycles de suivi, les niveaux ont été globalement similaires, avec une pointe à 85 % en 2020, suivie d’un léger recul à 79 % en 2024 (tel que le montre le Graphique 3.6 au Chapitre 3).
Transparence
La transparence est un préalable à l’instauration de la confiance et de la redevabilité, en même temps qu’un élément indispensable à la constitution de partenariats inclusifs. La divulgation publique d’informations est source de pressions intérieures qui poussent à l’amélioration continue. La transparence aide également les partenaires au développement à coordonner leur soutien, en ce qu’elle favorise les synergies tout en permettant d’éviter la fragmentation et la répétition inutile des efforts. La dimension consacrée à la transparence examine la mesure dans laquelle les administrations des pays partenaires et leurs partenaires au développement rendent publiques les informations relatives à leurs activités de coopération pour le développement. Elle englobe la publication des principales informations sur la coopération pour le développement par les pays partenaires, ainsi que la divulgation, par les partenaires au développement, des stratégies au niveau des pays. Elle traite également de la qualité de la communication d’informations des partenaires au développement aux systèmes mondiaux et selon les normes internationales de transparence (Chapitre 5).
Dans les pays partenaires, la transparence reste insuffisante : une part modérée de partenaires au développement publient leurs stratégies par pays, et seulement environ la moitié des administrations rendent publics les rapports d’avancement (Chapitre 5). Sur les 93 partenaires au développement participant au Cycle 2023-2026, 85 % déclarent avoir mis en place une stratégie nationale ou un cadre de partenariat pour orienter leur coopération pour le développement dans les 44 pays partenaires. Moins des deux tiers (63 %) mettent ces stratégies nationales à la disposition des citoyens (Graphique 1.12). La plupart de ces derniers (91 %) publient leurs plans nationaux de développement, tandis que plus de la moitié (65 %) publient les rapports d’avancement y afférents. La mise à disposition publique de ces documents permet à la société civile et à d’autres acteurs d’œuvrer en faveur d’une représentation inclusive des groupes de population vulnérables et marginalisés dans les processus nationaux de planification du développement.
Graphique 1.12. Seuls 63 % des partenaires au développement publient leurs stratégies nationales
Copier le lien de Graphique 1.12. Seuls 63 % des partenaires au développement publient leurs stratégies nationalesProportion de partenaires au développement rendant publiques leurs stratégies nationales, par type de partenaire
Un nombre croissant de partenaires au développement communique des informations sur la coopération pour le développement aux systèmes mondiaux et selon les normes internationales, même si la qualité de cette communication reste inchangée, ce qui fait ressortir l’absence d’amélioration globale (Chapitre 5). Seules 32 % des données communiquées par les partenaires au développement au Système de notification des pays créanciers de l’OCDE et à l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide (IATI) en 2018 et 2025, ainsi que dans le cadre des deux Cycles de suivi 2018 et 2023-2026, ont été considérées comme présentant une qualité excellente ou satisfaisante en 2025, soit un chiffre similaire à 33 % en 2018. Les partenaires au développement évalués n’ont pas accompli de progrès significatifs pour ce qui est de la transmission d’informations prospectives, et obtiennent des résultats non satisfaisants en matière de communication en temps voulu ; toutefois, les informations relatives à leur coopération pour le développement sont plus complètes et exactes. Environ la moitié des partenaires au développement évalués ont progressé au niveau de la qualité des données communiquées au SNPC. Sur les 47 partenaires au développement évalués qui ont communiqué des données au SNPC entre 2018 et 2025 et qui ont également participé aux Cycles de suivi 2018 et 2023-2026, 51 % ont progressé pour ce qui est de la qualité des données communiquées, 34 % ont régressé et 15 % n’ont fait état d’aucun changement. On observe toutefois un léger recul de la proportion de partenaires au développement qui ont reçu une évaluation « excellent », « satisfaisant » et « suffisant » pour leurs données communiquées à l’IATI par rapport à 2018. Sur les 38 partenaires au développement pour lesquels on dispose de données comparables, qui ont communiqué des données à l’IATI entre 2018 et 2015, et qui ont également participé aux Cycles de suivi 2018 et 2023-2026, seuls 21 % ont progressé, alors que 29 % ont régressé. On n’observe aucun changement pour la moitié (50 %) de ces partenaires au développement.
Graphique 1.13. Globalement, la transparence de la coopération pour le développement demeure inchangée, témoignant d’un manque d’amélioration à l’échelle mondiale depuis 2018
Copier le lien de Graphique 1.13. Globalement, la transparence de la coopération pour le développement demeure inchangée, témoignant d’un manque d’amélioration à l’échelle mondiale depuis 2018Scores des partenaires au développement au regard des normes de transparence des deux systèmes : le SNPC et l’IITA
Note : Voir le Graphique 5.3 au Chapitre 5 pour les détails méthodologiques de ce graphique.
Source : Les pourcentages ont été calculés par les auteurs à partir des évaluations fournies par le secrétariat de l’OCDE chargé du SNPC et par celui de l’IITA.
Ne laisser personne de côté
Dans le document final de Nairobi adopté lors de la deuxième Réunion à haut niveau du Partenariat mondial (2016), les partenaires ont réaffirmé l’engagement souscrit au titre du Programme à l’horizon 2030 de ne laisser personne de côté, et ont reconnu que « la coopération pour le développement ne doit laisser personne de côté pour être efficace ». Ils sont également convenus que des données plus nombreuses et de meilleure qualité sont nécessaires pour générer des connaissances sur les populations qui risquent d’être laissées de côté. Ils ont par ailleurs reconnu la nécessité de continuer à soutenir l’égalité entre les genres et l’autonomisation des femmes, qui sont fondamentales au regard de l’efficacité de la coopération pour le développement, ainsi que l’importance de cibler le soutien sur les enfants et les jeunes pour instaurer un développement inclusif, équitable et durable pour les générations actuelles et à venir. La dimension relative à cet engagement porte sur la mesure dans laquelle les femmes et les filles, les jeunes et les enfants, et les groupes de population vulnérables et marginalisés sont consultés dans les processus de planification du développement, de dialogue et de redevabilité ; sur l’inclusion de priorités, d’objectifs et d’indicateurs de résultats en matière de développement dans les stratégies de développement ; et sur la disponibilité et l’utilisation de données et de statistiques ventilées pour étayer la planification et suivre les progrès (Chapitre 2).
Afin de ne laisser personne de côté, les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement doivent cibler celles et ceux qui sont les plus difficiles à atteindre (Chapitre 2). Les administrations des pays partenaires et les partenaires au développement indiquent presque tous qu’ils fixent des priorités spécifiques à certains groupes de population, tandis que les besoins des groupes les plus difficiles à atteindre risquent de ne pas être pris en compte. Ils fixent beaucoup moins de priorités de développement pour les groupes de populations plus difficiles à atteindre, tels que les groupes LGBTIQ+, les apatrides et les réfugiés, les minorités ethniques et les communautés déplacées (Graphique 1.14). Cela peut s’expliquer en partie par le fait que les administrations de certains pays partenaires ne reconnaissent pas la présence de certains groupes. Pour les partenaires au développement, reconnaître officiellement l’existence de ces groupes peut être politiquement sensible dans leurs relations avec les gouvernements de certains pays partenaires, ce qui peut expliquer pourquoi les priorités relatives à ces groupes ne figurent pas systématiquement de manière explicite dans leurs stratégies-pays.
Graphique 1.14. Les groupes de population plus difficiles à atteindre font l’objet d’une attention moins soutenue
Copier le lien de Graphique 1.14. Les groupes de population plus difficiles à atteindre font l’objet d’une attention moins soutenueProportion de plans nationaux de développement (pays partenaires) et de stratégies par pays (partenaires au développement) incluant des priorités ciblant divers groupes de population
Note : Conformément à la cible 1.2 des ODD, la catégorie des « personnes les plus pauvres » désigne les hommes, les femmes et les enfants de tous âges souffrant d’une forme ou l’autre de pauvreté, telle que définie par chaque pays partenaire.
Le suivi des progrès accomplis dans le cadre des efforts visant à ne laisser personne de côté nécessite des systèmes statistiques nationaux robustes, à même de produire des données fiables et suffisamment ventilées (Chapitre 2). Les pays partenaires ventilent de plus en plus les cibles et les indicateurs de résultats, mais cette pratique reste inégale selon les groupes socioéconomiques et démographiques. Dans la plupart des pays partenaires, le manque de données continue de restreindre la capacité à suivre les progrès concernant les plus vulnérables. Seule une faible proportion de pays partenaires indiquent disposer de données ventilées en quantité satisfaisante. La plupart indiquent n’en disposer que pour quelques indicateurs de résultats, tandis qu’un nombre beaucoup moins important (5) déclarent en avoir pour la totalité de ces indicateurs. Les données sont globalement plus disponibles pour les ventilations fondées sur des catégories couramment intégrées aux systèmes statistiques nationaux et recueillies de façon régulière (telles que celles relatives au sexe, à l’âge et à la zone géographique) (Graphique 1.15), tandis que la disponibilité de celles issues de catégories de ventilation plus sensibles ou spécialisées (telles que celles ayant trait au statut migratoire, à l’identité ethnique ou à l’appartenance à une population autochtone) dépend de la présence, dans les instruments d’enquête, de questions spécifiques à ces aspects, de la diffusion des enquêtes auprès des populations plus difficiles à atteindre ou de l’efficacité avec laquelle les enquêtes abordent les questions sensibles sur les plans politique ou social. Des investissements sur le long terme, ainsi qu’un soutien plus coordonné de la part des partenaires au développement, seront nécessaires pour remédier à ce manque de données et renforcer les systèmes statistiques nationaux.
Graphique 1.15. L’insuffisance des données limite le suivi des progrès accomplis concernant les groupes les plus vulnérables
Copier le lien de Graphique 1.15. L’insuffisance des données limite le suivi des progrès accomplis concernant les groupes les plus vulnérablesProportion de pays pour lesquels des données ventilées sont disponibles afin de suivre les progrès accomplis au regard des indicateurs de résultats, par niveau de désagrégation
Encadré 1.1. L’évaluation au regard de l’indicateur 17.16.1 relatif aux ODD révèle que les progrès en direction d’un développement efficace prennent du retard
Copier le lien de Encadré 1.1. L’évaluation au regard de l’indicateur 17.16.1 relatif aux ODD révèle que les progrès en direction d’un développement efficace prennent du retardCinquante-deux pays – 28 pays partenaires et 24 partenaires bilatéraux au développement – ont participé aux deux cycles de suivi successifs les plus récents du Partenariat mondial (2018 et 2023-2026), et ont produit des résultats au regard de l’indicateur 17.16.1 relatif aux ODD : Nombre de pays faisant état de progrès dans la mise en place de cadres multipartites de suivi de l’efficacité́ du développement favorisant la réalisation des Objectifs de développement durable.
Sur ces 52 pays, 62 % d’entre eux (32 pays : 19 pays partenaires et 13 partenaires au développement) affichent un recul du suivi multipartite de l’efficacité du développement, ainsi qu’une détérioration générale de leurs performances, le nombre de domaines enregistrant une dégradation étant supérieur à celui affichant des progrès (Graphique 1.16). Seuls 15 pays – 7 pays partenaires et 8 partenaires au développement – font état de progrès globaux depuis 2018 pour ce qui est des éléments spécifiques qui composent ces cadres de suivi (voir la source au bas du présent encadré pour plus de détails).
Les pays partenaires affichent des progrès contrastés, certains enregistrant des avancées notables. Ils sont plus nombreux à avoir progressé dans le suivi des budgets relatifs à l’égalité entre les genres et à l’autonomisation des femmes, ainsi que dans l’amélioration des stratégies de développement et des cadres de résultats nationaux. L’évolution de la qualité des systèmes de gestion des finances publiques est en demi-teinte, les améliorations enregistrées dans certains pays venant compenser la dégradation subie par d’autres. Des efforts considérables restent nécessaires pour étendre la participation de la société civile et mettre en place des mécanismes efficaces de redevabilité mutuelle à l’appui de la coopération pour le développement.
Les partenaires au développement font état de progrès limités, mais continuent de s’aligner modérément sur les priorités des pays partenaires. La prévisibilité annuelle, dont les niveaux restent élevés de manière générale, enregistre des améliorations marginales, et les partenaires au développement continuent d’aligner les objectifs des nouveaux projets sur les stratégies des pays partenaires. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour renforcer l’utilisation par les partenaires au développement des cadres de résultats et des indicateurs propres aux pays, ainsi que des systèmes de suivi et de statistiques publics lors du suivi de la mise en œuvre des projets de coopération pour le développement. Des efforts concertés doivent être déployés pour améliorer la prévisibilité à moyen terme (plans prévisionnels de dépenses), pour délier l’aide, et pour renforcer la communication relative aux activités de coopération et aux apports financiers auprès des systèmes mondiaux et selon les normes internationales.
Une action urgente est requise de la part de tous les pays – qu’ils soient fournisseurs ou bénéficiaires de coopération pour le développement – afin de renverser la tendance à la baisse de la proportion de coopération pour le développement inscrite aux budgets nationaux et soumise à la surveillance parlementaire.
Graphique 1.16. Le nombre de pays ne progressant pas est supérieur à celui des pays accomplissant des avancées en matière de cadres multipartites de suivi de l’efficacité du développement
Copier le lien de Graphique 1.16. Le nombre de pays ne progressant pas est supérieur à celui des pays accomplissant des avancées en matière de cadres multipartites de suivi de l’efficacité du développementNombre de pays partenaires et de partenaires au développement enregistrant des progrès en matière de cadres multipartites de suivi de l’efficacité du développement – indicateur 17.16.1 relatif aux ODD
Note : Sur la base des résultats de 52 pays, dont 28 bénéficiaires et 24 fournisseurs de coopération pour le développement.
Source : Métadonnées de l’indicateur 17.16.1 relatif aux ODD, https://unstats.un.org/sdgs/metadata/files/Metadata-17-16-01.pdf
1.3. Perspectives pour l’avenir
Copier le lien de 1.3. Perspectives pour l’avenirLes acteurs du développement ont souscrit à des engagements ambitieux en matière d’efficacité de la coopération pour le développement lors de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement à Séville en 2025 – les progrès qu’ils accompliront dépendront en définitive de la mesure dans laquelle les pays partenaires et leurs partenaires au développement traduiront ces engagements en une action pérenne et un suivi durable. Les données issues du suivi effectué par le Partenariat mondial présentent un intérêt au regard de ces engagements, et montrent que des efforts considérables seront nécessaires pour assurer leur respect par les partenaires.
Dans un paysage de la coopération pour le développement de plus en plus complexe et fragmenté, dans lequel intervient une palette croissante d’acteurs et caractérisé par des priorités multiples, il sera primordial de redoubler d’efforts afin de renforcer l’appropriation au niveau des pays, la transparence, l’utilisation des systèmes nationaux et la redevabilité mutuelle, et de veiller à ce que la coopération produise des résultats tangibles. Les conclusions du Cycle de suivi 2023-2026 mettent en lumière à la fois les lacunes qui persistent et les opportunités qui se font jour : si les progrès restent inégaux, l’importance renouvelée attachée à la réflexion, au dialogue et à l’action donne aux acteurs du développement une opportunité concrète et une trajectoire à suivre pour adapter les pratiques de la coopération à l’évolution des réalités – et, ce faisant, soutenir la mise en œuvre de ces engagements. Pris dans leur ensemble, ces résultats mettent en avant l’importance d’adopter des approches plus cohérentes, inclusives, pilotées par les pays et ancrées dans un dialogue reposant sur des données probantes, et de renforcer les partenariats. Dans ce contexte, le Partenariat mondial peut continuer à soutenir ces efforts en facilitant le dialogue, en favorisant l’apprentissage et en contribuant à traduire les données probantes en actions en direction des Objectifs de développement durable, tout en étayant l’évolution de la coopération pour le développement au-delà de 2030.