Regards sur l’éducation est le rapport de référence sur l’état de l’éducation dans le monde. Tous les niveaux d’enseignement y sont analysés et des données y sont fournies sur les effectifs scolarisés et diplômés, les matières financières, et l’organisation des systèmes d’éducation. L’édition 2025 met l’accent sur l’enseignement tertiaire.
Résumé
Copier le lien de RésuméLe niveau de formation reste élevé, mais l’inégalité des chances persiste
Copier le lien de Le niveau de formation reste élevé, mais l’inégalité des chances persisteAvec 48 % de jeunes adultes titulaires d’un diplôme de l’enseignement tertiaire dans les pays de l’OCDE, le niveau de formation n’a jamais été aussi élevé. Toutefois, la croissance du nombre de diplômés de l’enseignement tertiaire ralentit depuis 2021. Entre 2000 et 2021, le taux moyen de diplômés de l’enseignement tertiaire chez les jeunes adultes a augmenté d’environ 1 point de pourcentage par an dans la zone OCDE, tandis que depuis 2021, la hausse annuelle moyenne est tombée à seulement 0.3 point de pourcentage.
L’inégalité des chances freine certains apprenants qui pourraient bénéficier d’un enseignement tertiaire. Dans tous les pays, les enfants issus de milieux défavorisés ont beaucoup moins de chances d’atteindre des niveaux de formation plus élevés que ceux issus de milieux plus favorisés. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, en moyenne seuls 26 % des jeunes adultes dont les parents n’ont pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement tertiaire, contre 70 % des jeunes adultes dont au moins un des parents est diplômé de l’enseignement tertiaire.
Un petit nombre de pays et d’entités ont réussi à réduire les inégalités de chance. Au Danemark, le taux de diplômés de l’enseignement tertiaire parmi les jeunes adultes dont les parents n’ont pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire a augmenté de 20 points de pourcentage depuis 2012, pour atteindre 49 %, soit un niveau supérieur à la moyenne de l’OCDE parmi les jeunes adultes de tous milieux. L’Angleterre (Royaume-Uni) et la Communauté flamande (Belgique) ont également enregistré des progrès importants, le taux de diplômés de l’enseignement tertiaire ayant augmenté de 12 points de pourcentage dans ce groupe.
Accès équitable à l’éducation : Un moteur essentiel de la mobilité sociale
Copier le lien de Accès équitable à l’éducation : Un moteur essentiel de la mobilité socialeIl demeure essentiel de favoriser un accès équitable à l’enseignement tertiaire pour renforcer la mobilité sociale, dans la mesure où le niveau de formation se reflète étroitement dans les résultats sur le marché du travail. Si un diplôme du deuxième cycle de l’enseignement secondaire offre une bonne protection contre le chômage dans la plupart des pays, de nombreux emplois hautement qualifiés et bien rémunérés nécessitent un diplôme de l’enseignement tertiaire. Les adultes diplômés de l’enseignement tertiaire gagnent en moyenne 54 % de plus que ceux uniquement diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Même après avoir pris en compte les coûts de l’enseignement tertiaire, l’avantage financier moyen pendant toute la durée de vie lié à l’obtention d’un diplôme de l’enseignement tertiaire dépasse USD 300 000 dans les pays de l’OCDE. L’avantage salarial est particulièrement important pour les titulaires d’un master ou d’un doctorat, qui gagnent en moyenne 83 % de plus que les diplômés du deuxième cycle du de l’enseignement secondaire.
Afin que chacun ait les mêmes chances d’accéder à ces emplois et pour accroître la mobilité sociale, il est essentiel de rompre le lien entre le milieu socio-économique et les résultats scolaires. À l’heure où les pénuries de main-d’œuvre se font sentir dans de nombreux secteurs, cela aurait aussi des retombées positives plus larges sur le marché du travail en élargissant le réservoir de main-d’œuvre qualifié.
Améliorer les taux de réussite dans l’enseignement tertiaire
Copier le lien de Améliorer les taux de réussite dans l’enseignement tertiaireAssurer l’accès à l’enseignement tertiaire ne suffirait pas si les étudiants ne terminent pas leurs études. Les données récemment recueillies auprès de plus de 30 pays membres et partenaires de l’OCDE montrent que seuls 42 % des nouveaux inscrits en licence obtiennent leur diplôme dans le délai théorique, ce pourcentage passant à 58 % après une année supplémentaire et à 68 % après trois années supplémentaires. Le taux de réussite est particulièrement faible chez les hommes ; seulement 62 % d’entre eux obtient une licence dans les trois ans suivant la durée théorique de fin d’études, contre 74 % pour les femmes.
Le faible taux de réussite a de multiples causes, notamment un décalage entre les attentes des élèves et le contenu des cursus, une préparation insuffisante aux exigences des cursus, un soutien scolaire et social limité, et des obstacles financiers. Les interventions des pouvoirs publics visant à améliorer le taux de réussite peuvent consister à renforcer la préparation scolaire et l’orientation professionnelle dans l’enseignement secondaire, ainsi qu’à concevoir des programmes d’enseignement tertiaire comportant des séquences de cours clairement définies et des mesures de soutien qui guident les élèves progressivement vers l’obtention de leur diplôme. En outre, délivrer un certificat de compétences pour les compétences acquises – même si la personne n’a pas terminé ses études – peut l’aider à montrer aux employeurs ce dont elle est capable. L’achèvement partiel des cursus d’enseignement tertiaire s’en trouverait renforcé.
Au-delà des diplômes officiels : Le défi du déficit de compétences
Copier le lien de Au-delà des diplômes officiels : Le défi du déficit de compétencesBien que les taux de niveau de formation et de réussite fournissent des informations précieuses sur les performances des systèmes d’éducation, il est finalement plus important de doter les apprenants des compétences pertinentes. Malgré l’amélioration du niveau de formation, les compétences des adultes en littératie et en numératie ont stagné ou diminué entre 2012 et 2023 dans la plupart des pays de l’OCDE, une proportion significative de cette population des pays de l’OCDE ayant de faibles compétences. Parmi les adultes n’ayant pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, 61 % se situaient au niveau 1 ou en deçà en littératie dans l’Évaluation des compétences des adultes de l’OCDE (PIAAC), ce qui signifie qu’ils pouvaient comprendre, au mieux, des textes courts sur des sujets familiers. Parmi les diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire, 30 % ne dépassent pas le niveau 1, et même parmi les adultes diplômés de l’enseignement tertiaire, 13 % se situent à ce niveau ou en deçà. Ces résultats soulignent le fait qu’il ne suffit pas d’élargir les possibilités de formation ; les systèmes d’éducation doivent également veiller à ce que les apprenants acquièrent les compétences dont ils ont besoin pour s’épanouir.
Les systèmes d’enseignement tertiaire devraient donc appliquer des normes rigoureuses tout en élargissant l’accès à l’enseignement tertiaire. Toutefois, ils doivent aussi s’adapter à un ensemble plus diversifié d’apprenants ayant des niveaux d’études et des perspectives professionnelles différents. Cela implique de proposer un éventail plus large de compétences, y compris des compétences appliquées avancées. Pour aider les futurs étudiants à repérer les filières qui présentent le plus d’avantages, les systèmes d’enseignement tertiaire doivent aussi trouver de meilleurs moyens de mettre clairement en avant les compétences de leurs diplômés.
Remédier aux pénuries d’enseignants pour renforcer les systèmes d’éducation
Copier le lien de Remédier aux pénuries d’enseignants pour renforcer les systèmes d’éducationDes enseignants hautement qualifiés sont essentiels pour garantir l’efficacité des systèmes d’éducation à tous les niveaux, mais la pénurie d’enseignants rend plus difficile le recrutement et la rétention des enseignants bien formés. Si la plupart des systèmes d’éducation peuvent encore pourvoir la quasi-totalité des postes vacants, ils n’attirent pas toujours les candidats les plus qualifiés. Au début de l’année scolaire 2022/23, seuls l’Autriche, les Pays-Bas, la Suède, et les Communautés flamande et française (Belgique) ont indiqué que plus de 2 % des postes d’enseignant n’étaient pas pourvus. Toutefois, en moyenne, près de 7 % des enseignants de l’enseignement secondaire dans les pays de l’OCDE ne sont pas pleinement qualifiés. Cela signifie qu’ils n’ont pas tous les diplômes requis.
Un taux de rotation élevé chez les enseignants peut compliquer davantage le recrutement. Dans la plupart des pays pour lesquels des données sont disponibles, entre 1 % et 3 % des enseignants prennent leur retraite chaque année. Toutefois, la proportion d’enseignants quittant la profession pour des raisons autres que la retraite varie considérablement, car elle est influencée non seulement par les conditions de travail et les dispositions contractuelles, mais aussi par les contextes nationaux du marché du travail et les cultures de mobilité professionnelle. Au Danemark, en Estonie et en Angleterre (Royaume-Uni), près de 10 % des enseignants démissionnent chaque année, nécessitant un niveau de recrutement élevé et constant. En revanche, moins de 1 % des enseignants en France, en Grèce et en Irlande démissionnent chaque année, ce qui crée une plus grande stabilité des effectifs mais limite le renouvellement du personnel enseignant.
Attirer des enseignants en deuxième carrière peut contribuer à atténuer les pénuries tout en élargissant l’éventail des compétences de la profession. Seize des 28 pays et entités pour lesquels des données sont disponibles proposent d’autres voies d’accès réservées aux personnes qui changent de carrière. Des mesures complémentaires visant à améliorer les conditions de travail et à offrir des possibilités d’évolution de carrière pourraient favoriser davantage le recrutement et le maintien en poste des enseignants.