Les infrastructures peuvent être le moteur de la transformation économique de l’Afrique et peuvent l’aider à concrétiser les ambitions de l’Agenda 2063. En portant les investissements annuels de 83 à 155 milliards USD, l’Afrique pourrait doubler son produit intérieur brut (PIB) total d’ici à 2040. Pour y parvenir alors que les contraintes financières sont omniprésentes, les responsables publics devraient privilégier les projets d’infrastructure qui présentent les retours sur investissement les plus élevés, favoriser la consolidation des partenariats public-privé, recueillir des données sur les investissements et mieux gérer les risques sociaux et écologiques.
Dynamiques du développement en Afrique 2025
Introduction
Chiffres clés
155 mds $
Montant des investissements annuels dans les infrastructures qui pourraient permettre de doubler le PIB de l’Afrique d’ici à 2040
20 %
Rendement potentiel des investissements dans les projets d’infrastructure en Afrique
7x
Ratio des dépenses consacrées au service de la dette par les États africains par rapport aux dépenses en faveur des infrastructures
L’accroissement des investissements dans les infrastructures est un moteur essentiel de la croissance et de la transformation de l’Afrique
L’Afrique pourrait doubler son PIB d’ici à 2040 en portant les investissements annuels dans les infrastructures à 155 milliards USD (5.6 % de son PIB de 2024). Le continent pourrait ainsi accélérer sa croissance de 4.5 points de pourcentage par an, soit suffisamment pour dépasser l’objectif de 7 % fixé par l’Agenda 2063 de l’Union africaine et atteindre le même niveau de transformation que les économies comparables les plus performantes. En proportion de leur richesse, les économies africaines auraient besoin d’investir en moyenne 3 fois plus que l’Amérique latine et les Caraïbes (ALC) et 5 fois plus que les pays en développement d’Asie, mais les retombées économiques sur le continent seraient 3 fois plus élevées que pour la région ALC et 9 fois plus élevées que pour les pays en développement d’Asie.
Les gouvernements africains sont confrontés à des contraintes financières croissantes
Les gouvernements compte pour 41 % des dépenses d’investissement dans les infrastructures de l’Afrique, mais les contraintes budgétaires et l’accroissement de la dette pèsent sur les budgets publics. Entre 2019 et 2023, les gouvernements africains ont dépensé en moyenne sept fois plus pour le service de la dette que pour les infrastructures ; 15 pays ont dépensé plus pour les intérêts de la dette que pour les infrastructures. Néanmoins, les États africains devraient continuer d’être le principal moteur permettant de combler le déficit du continent en matière d’investissement dans les infrastructures, les perspectives restant incertaines pour les autres sources de financement.
Des perspectives incertaines pour le financement public du développement
Les partenaires au développement bilatéraux et multilatéraux financent près de la moitié (48 %) des investissements de l’Afrique en faveur des infrastructures. Le financement public du développement est passé de 10 milliards USD à près de 15 milliards USD entre 2010 et 2023, tandis que les versements des banques de développement ont doublé (de 4.2 milliards USD à 8.2 milliards USD). Toutefois, les perspectives sont incertaines quant au soutien futur : l’aide publique au développement (APD) devrait chuter de près de 17 % en 2025, après un recul de 9 % en 2024. Les pays africains dont le niveau de développement humain est le plus faible risquent d’être les premiers touchés par cette baisse. Même la Chine, dont l’initiative des Nouvelles routes de la soie, lancée en 2013, a contribué au déploiement rapide de grands projets d’infrastructure à grande échelle sur le continent, réduit ses engagements en matière de financement du développement à l’appui des infrastructures en Afrique depuis 2016.
Que peuvent faire les pouvoirs publics ?
Les projets relatifs aux routes, aux chemins de fer, aux câbles à fibre optique et à l’énergie solaire offrent les meilleures retombées économiques. Axer les plans nationaux et régionaux sur les corridors de développement prioritaires et les infrastructures urbaines permettrait ainsi de soutenir les secteurs les plus productifs, de réduire les coûts des échanges, de favoriser l’intégration régionale et de renforcer la participation aux chaînes de valeur mondiales.
Des partenariats public-privé dédiés peuvent contribuer à abaisser les coûts et à renforcer la division du travail. L’amélioration du recouvrement des coûts et de la planification de l’entretien des infrastructures existantes peut favoriser leur viabilité à long terme. Le renforcement de la coordination entre les différents niveaux d’administration ainsi que des capacités et des compétences - techniques et managériales - est essentiel.
Consolider les cadres réglementaires, améliorer la disponibilité de données fiables sur les possibilités d’investissement et les politiques publiques connexes, et donner des indications sur la qualité et la bancabilité des projets, par exemple en utilisant le label de qualité du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA).
La conception et la mise en œuvre des politiques publiques devraient mieux prendre en compte et gérer les vulnérabilités induites par le changement climatique ainsi que les risques sociaux, notamment la pollution, l’appauvrissement de la biodiversité, la croissance démographique et l’exclusion des populations rurales et des femmes.
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