Le présent chapitre s’intéresse à l’évolution des retraites au cours des deux dernières années et offre une vue d’ensemble des réformes adoptées dans les pays de l’OCDE entre septembre 2023 et septembre 2025. Il décrit également les tendances démographiques récentes et les dernières projections en matière de vieillissement des populations. La section consacrée à l’emploi des seniors propose un aperçu des régimes de pension avec décote/surcote, des pratiques liées au cumul emploi-retraite et des dispositifs d’âge de départ obligatoire à la retraite dans les pays de l’OCDE.
Panorama des pensions 2025
1. Réformes récentes des retraites
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Introduction
Copier le lien de IntroductionAu cours des vingt‑cinq prochaines années, le vieillissement démographique dans les pays de l’OCDE sera presque deux fois plus rapide que durant le quart de siècle passé. Les projections antérieures ont systématiquement surestimé les indicateurs conjoncturels de fécondité et même les projections les plus récentes reposent sur l’hypothèse que ces indicateurs se stabiliseront en moyenne à leurs niveaux actuels. Les projections à long terme de l’espérance de vie à un âge avancé n’ont toutefois été que peu affectées par la pandémie de COVID‑19 et les gains d’espérance de vie devraient continuer d’être inférieurs à ce qu’ils ont pu être entre le milieu des années 90 et le début des années 2010, période pendant laquelle ils étaient particulièrement importants.
Dans de nombreux pays de l’OCDE, les retraités souhaitant travailler rencontrent toujours des difficultés à reprendre une activité. La moitié des pays de la zone OCDE restreignent au moins d’une certaine manière la possibilité de travailler tout en bénéficiant d’une pension contributive après l’âge normal de la retraite et les deux tiers prévoient de telles restrictions avant que cet âge ne soit atteint. Par ailleurs, la mise en place de dispositifs de mise à la retraite obligatoire pour les travailleurs du secteur privé est autorisée, voire exigée, dans la moitié des pays de l’OCDE, et il en va de même pour les fonctionnaires et les travailleurs du secteur public dans deux tiers des pays de la zone OCDE.
Le Chili et le Mexique ont depuis deux ans entrepris des réformes systémiques de leurs système de retraite. Le Chili a fait progresser le niveau des retraites liées à la rémunération antérieure par une forte augmentation du taux de cotisation obligatoire. Il a également amélioré la redistribution de son système de retraite grâce à l’intégration de plusieurs composantes, dont une pension de base contributive, un complément de retraite pour les femmes ou encore une augmentation de certaines prestations ciblées. Le Mexique a quant à lui mis en place un complément de retraite substantiel lié à la rémunération pour le régime obligatoire par capitalisation et à cotisations définies, lequel modifie la nature même de son système de retraite liée à la rémunération antérieure. La République slovaque a par ailleurs fortement augmenté les pensions minimales contributives et a, à l’instar de la Suisse, rehaussé le niveau global des retraites par l’introduction d’un 13e mois.
Le relèvement de l’âge de la retraite demeure une stratégie courante pour améliorer la viabilité financière du système de retraite sans diminuer le niveau des pensions. Cette viabilité financière peut également être assurée par une augmentation des cotisations acquittées ou par une réduction du montant des prestations. D’après les législations en vigueur, plus de la moitié des pays de l’OCDE prévoient de relever l’âge normal de la retraite pour les futurs pensionnés. Seules la Slovénie et la Tchéquie ont décidé de rehausser l’âge légal de la retraite depuis septembre 2023, le faisant passer de 65 à 67 ans. La République slovaque a de son côté choisi de durcir les conditions d’accès à une retraite anticipée. La Corée et l’Irlande ont augmenté leurs taux de cotisation et le Japon a relevé le plafond de cotisation de sorte à mobiliser davantage de ressources pour son système de retraite. La Tchéquie a quant à elle amélioré le financement des retraites en réduisant le montant des prestations futures. Sept pays ont par ailleurs facilité le cumul d’une activité rémunérée et d’une pension de retraite, ou ont rendu cette pratique plus intéressante sur le plan financier.
Enfin, différents pays ont élargi la couverture de certains régimes de retraite. L’Irlande a mis en place l’affiliation automatique à un régime par capitalisation à cotisations définies (CCD), alors que la Lituanie y a mis fin. La Corée, le Japon et le Mexique ont élargi la couverture de leurs régimes de manière à inclure une ou plusieurs catégories de travailleurs atypiques. Le développement de crédits de cotisations de retraite pour enfants en Corée a permis de renforcer considérablement l’assurance retraite des parents qui interrompent leur carrière pour avoir des enfants.
Le présent chapitre s’articule comme suit. La première section s’intéresse à la question du vieillissement démographique et dresse un état des lieux des tendances passées et des projections en matière de fécondité, d’espérance de vie et de migrations, et de leurs implications pour l’évolution du taux de dépendance démographique. La deuxième section est consacrée à l’emploi des seniors et propose un aperçu des régimes de pension avec décote/surcote, des pratiques liées au cumul emploi-retraite et de l’âge de départ obligatoire à la retraite dans les pays de l’OCDE. Ce chapitre examine enfin les réformes des régimes de retraite adoptées dans les pays de l’OCDE depuis la précédente édition du Panorama des pensions.
Principaux résultats
Vieillissement démographique
Le vieillissement démographique connaîtra un rythme soutenu au cours des 25 prochaines années. Dans les pays de l’OCDE, pour 100 personnes de 20 à 64 ans, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus devrait en moyenne passer de 33 en 2025 à 52 en 2050, et ce, contre 22 en 2000. L’augmentation sur cette période devrait être particulièrement forte en Corée, et représenter presque 50 points, mais aussi en Espagne, en Grèce, en Italie, en Pologne et en République slovaque où elle devrait atteindre plus de 25 points.
La population d’âge actif (20‑64 ans) devrait diminuer de plus de 30 % au cours des quatre prochaines décennies en Espagne, en Estonie, en Grèce, au Japon et en République slovaque, et de plus de 35 % en Corée, en Italie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne.
Le taux de fécondité continue de baisser dans de nombreux pays, alors que les projections démographiques passées ont systématiquement surestimé l’évolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité. Les pays cherchant à stimuler leur taux de fécondité devraient créer les conditions nécessaires pour aider les adultes à avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent, au moment où ils le souhaitent.
Les baisses du taux de fécondité menacent la viabilité financière des systèmes de retraite par répartition. Dans la mesure où l’efficacité des politiques de maintien ou d’augmentation du taux de fécondité reste aléatoire, il pourrait être prudent de se préparer à ce que l’avenir soit marqué par une faible fécondité. Cela pourrait passer par l’adoption de réformes paramétriques ou par l’introduction de mécanismes d’ajustement automatique visant à adapter les pensions au montant total des cotisations ou à un indicateur de substitution, comme la croissance de la masse salariale, le PIB ou le nombre de cotisants.
Par rapport à la période entre le milieu des années 90 et le début des années 2010, la progression de l’espérance de vie à 65 ans a nettement ralenti, et ce, aussi bien pour les femmes que pour les hommes. La pandémie de COVID‑19 n’a pas eu d’incidence sur les projections à long terme de l’espérance de vie à 65 ans.
Les projections démographiques des Nations Unies portent sur les taux de solde migratoire pour les 30 prochaines années, lesquels correspondent en moyenne aux deux tiers des niveaux enregistrés entre 1990 et 2020 dans l’OCDE.
Allongement de la vie active
En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 65.5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans et 25.7 % des personnes âgées de 65 à 69 ans occupent un emploi, contre 82.5 % des 25‑54 ans. En Corée, au Danemark, en Estonie, en Islande, en Israël, au Japon, en Nouvelle‑Zélande et en Suède, l’écart de taux d’emploi entre les 55‑64 ans et les 25‑54 ans est inférieur ou égal à 10 points de pourcentage. Cet écart est de 25 à 30 points en Autriche, en Pologne et en Türkiye, et il est encore plus important au Luxembourg et en Slovénie.
Les taux annuels de surcote et de décote des régimes de retraite contributifs sont respectivement de 4.8 % et de 4.4 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, soit près du point neutre sur le plan actuariel. La Belgique et le Luxembourg, mais aussi la Hongrie dans le cas des femmes, sont les seuls pays à ne pas appliquer de décote dans le cadre de leurs régimes contributifs de base, à prestations définies ou par points. Les contre‑incitations à travailler au-delà de l’âge normal de la retraite sont particulièrement fortes en Belgique, au Costa Rica, en Grèce, au Luxembourg et en Türkiye, dans la mesure où les surcotes pour retraite différée sont peu élevées, voire inexistantes.
Aucune restriction au cumul emploi-retraite au-delà de l’âge normal de départ n’est prévue dans la moitié des pays de l’OCDE et un tiers des pays n’appliquent aucune restriction de ce type avant l’âge normal de la retraite. Par ailleurs, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, en France, en Grèce, au Luxembourg, au Mexique, en République slovaque, en Slovénie et en Türkiye, les bénéficiaires de pensions de retraite qui travaillent au-delà de l’âge normal de départ continuent généralement de s’acquitter de cotisations bien qu’ils n’acquièrent qu’une part réduite de droits à la retraite, voire aucun droit supplémentaire.
Onze pays de l’OCDE n’ont mis en place aucune forme de retraite obligatoire, que ce soit pour les travailleurs du secteur public ou du secteur privé. À l’inverse, la moitié des pays de l’OCDE ont adopté des pratiques de mise à la retraite obligatoire pour les travailleurs, quel que soit le secteur. Dans les huit pays restants, une mise à la retraite obligatoire est uniquement prévue pour les travailleurs du secteur public et les fonctionnaires de droit public.
Revenus actuels des retraités
Le revenu moyen des personnes de plus de 65 ans représente 87 % de celui de l’ensemble de la population en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les personnes de plus de 65 ans reçoivent actuellement en moyenne 70 % ou moins du revenu disponible moyen de l’ensemble de l’économie en Estonie, en Corée, en Lettonie et en Lituanie, et environ 100 % ou plus en Israël, en Italie, au Luxembourg et au Mexique.
Mesures adoptées récemment en matière de retraites
Âge de départ à la retraite et incitations à travailler plus longtemps
L’âge normal moyen de la retraite dans les pays de l’OCDE passera de 63.9 ans pour les femmes et de 64.7 ans pour les hommes qui prenaient leur retraite en 2024 à 65.9 et 66.4 ans respectivement pour celles et ceux qui ont débuté leur carrière en 2024. Sur la base des législations en vigueur, l’âge normal de la retraite devrait augmenter dans plus de la moitié des pays de l’OCDE et s’établir alors dans une fourchette comprise entre 62 ans en Colombie (pour les hommes, 57 pour les femmes) au Luxembourg et en Slovénie et 70 ans ou plus au Danemark, en Estonie, en Italie, aux Pays‑Bas et en Suède.
La Slovénie et la Tchéquie ont relevé l’âge légal de la retraite de 65 à 67 ans, respectivement à l’horizon de 2035 et 2056. En Slovénie toutefois, l’âge de la retraite à taux plein après 40 ans de cotisation passera de 60 à 62 ans.
La République slovaque a quant à elle lié les conditions de retraite anticipée à l’espérance de vie. L’Italie a encore prolongé plusieurs de ses dispositifs de retraite anticipée, même si les conditions d’accès ont été durcies pour certains d’entre eux. La Tchéquie donne désormais la possibilité aux travailleurs exerçant des métiers dangereux ou pénibles de bénéficier, sans décote, d’une réduction de 15 à 30 mois de l’âge de la retraite, tandis que l’Espagne détermine le niveau de pénibilité ou de dangerosité des professions en fonction des statistiques relatives aux accidents du travail et aux congés de maladie.
L’Espagne, la Grèce, le Japon, la Lituanie, la Suisse et la Tchéquie ont de leur côté simplifié le cumul d’une activité rémunérée et d’une pension de retraite, ou ont rendu cette pratique plus intéressante sur le plan financier. Enfin, le Danemark a renforcé les incitations fiscales pour les bénéficiaires d’une retraite qui travaillent au-delà de l’âge légal de départ.
Prestations et cotisations
Le Chili a entrepris une réforme systémique visant à renforcer son système de retraite et à améliorer non seulement son régime lié à la rémunération antérieure, mais aussi l’assurance retraite pour les personnes à faible revenu. Le Chili a augmenté les prestations de retraite aussi bien pour les retraités actuels que pour les futurs retraités, et rehaussé considérablement le taux de cotisation.
Le Mexique a quant à lui mis en place un complément de retraite substantiel liée à la rémunération pour le régime obligatoire par capitalisation à cotisations définies, modifiant ce faisant la nature même de son système de retraite liée à la rémunération antérieure. Celui-ci garantit que les bénéficiaires d’une pension de vieillesse reçoivent 100 % de leur dernier salaire mensuel, à hauteur maximale du salaire mensuel moyen des cotisants à la sécurité sociale, même après seulement 20 années de cotisation. Dans la mesure où les pensions de base soumises à condition de résidence sont versées en complément, le taux de remplacement des personnes à faible revenu est nettement supérieur à 100 %. On ignore toutefois de quelle manière le financement de cette réforme sera assuré sur la durée.
Plusieurs pays ont adopté des mesures visant à augmenter spécifiquement les retraites des femmes. Parce qu’il utilise des tables de mortalité par sexe, le Chili a mis en place un dispositif destiné à compenser les revenus de retraite généralement plus faibles perçus par les femmes en raison d’une espérance de vie plus longue. Le Mexique a quant à lui adopté un nouveau type de retraite de base soumise à condition de résidence, destiné spécifiquement aux femmes avant l’âge légal de la retraite.
Le Chili en a considérablement augmenté le montant des prestations ciblées et la République slovaque a rehaussé le niveau des pensions minimales contributives.
La Slovénie a adopté une réforme complète des retraites qui permettra d’améliorer à la fois l’équité de son système de retraite et sa viabilité financière. Parallèlement au rehaussement de l’âge de départ à la retraite, la période de référence utilisée pour le calcul des prestations est passée des 24 aux 35 meilleures années d’activité, les taux d’acquisition de droits ont été augmentés et l’indexation des retraites a été réduite.
Pour renforcer la viabilité financière des régimes publics, la Corée et l’Irlande ont relevé les taux de cotisation, le Japon a revu à la hausse son plafond de cotisation et la Tchéquie a abaissé le montant des prestations futures.
À l’instar du Chili et du Mexique, la Corée, la République slovaque et la Suisse ont augmenté le niveau des prestations versées au titre des régimes obligatoires de retraite liée à la rémunération antérieure.
Sur la base de l’ensemble des mesures législatives en vigueur, les travailleurs rémunérés au salaire moyen ayant effectué une carrière complète et commencé à travailler dès l’âge de 22 ans en 2024 percevront en moyenne une pension nette correspondant à 63 % de leur salaire net. Les taux de remplacement nets futurs seront inférieurs à 40 % en Corée, en Estonie, en Irlande et en Lituanie. Le taux de remplacement net futur des travailleurs ayant accompli une carrière complète et percevant la moitié du salaire moyen est plus élevé avec une moyenne de 76 %.
Couverture
L’Irlande a mis en place l’affiliation automatique à un régime de retraite professionnel, alors que la Lituanie y a mis fin.
La Corée, le Japon et le Mexique ont élargi la couverture de leurs régimes de manière à inclure une ou plusieurs catégories de travailleurs atypiques.
La Corée a développé les crédits de cotisations de retraite pour enfants, ce qui permettra d’augmenter fortement les pensions des parents.
Le vieillissement démographique connaîtra un rythme soutenu au cours des 25 prochaines années
Copier le lien de Le vieillissement démographique connaîtra un rythme soutenu au cours des 25 prochaines annéesLe vieillissement démographique est le résultat des évolutions de trois facteurs : la fécondité, l’espérance de vie et les migrations. La présente section dresse un rapide état des lieux des tendances passées et des projections établies pour chacun de ces facteurs, et examine le taux de dépendance démographique qui en découle. Dans la mesure où l’incidence relative de ces trois facteurs sur le vieillissement démographique peut varier d’un pays à l’autre, la dernière partie de cette section propose une décomposition des variations du taux de dépendance démographique au cours des 10 dernières années, par facteur de vieillissement démographique.
Baisse de la fécondité
Depuis les années 60, les indicateurs conjoncturels de fécondité ont en moyenne baissé de moitié dans les pays de l’OCDE. L’accroissement du niveau de formation des femmes, l’amélioration de l’accès à des moyens de contraception efficaces, la prédominance croissante des ménages à double revenu, lesquels éprouvent souvent des difficultés à concilier obligations professionnelles et familiales, et l’augmentation de l’insécurité économique, sur le marché du travail et en matière de logement, en particulier pour les jeunes, sont des facteurs qui ont tous contribué à la baisse des taux de natalité (OCDE, 2024[1]). Cette tendance pourrait également avoir été accentuée par une modification de attitudes à l’égard de la parentalité. Les femmes et les hommes trouvent en effet de plus en plus souvent un sens à leur vie en dehors de la parentalité, alors que les normes en matière de parentalité tendent à se durcir. La progression de l’égalité des genres au sein des ménages a exposé un nombre croissant de pères à la nécessité de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Parallèlement à cela, les politiques familiales et de garde d’enfants, comme les congés rémunérés ou les services d’éducation et d’accueil des jeunes enfants, ont été renforcées de façon à mieux soutenir les familles et à aider les parents qui travaillent à concilier leurs obligations familiales et professionnelles.
La baisse de la fécondité nuit à la viabilité financière des systèmes de retraite par répartition. Lorsque l’indicateur conjoncturel de fécondité est inférieur au seuil de renouvellement des populations (2.1 enfants par femme), chaque nouvelle génération est moins nombreuse que la précédente, entraînant par là même une augmentation du taux de dépendance démographique. Si un faible taux de fécondité implique une pression accrue sur les personnes d’âge actif, il reste possible d’ajuster les paramètres du système de retraite (âge de départ, niveau des pensions et taux de cotisation) de manière à en assurer la viabilité financière. La baisse de la fécondité rend nécessaire une réévaluation régulière de ces paramètres. Garantir la viabilité financière d’un système de retraite dans un contexte de faible fécondité présente d’importantes difficultés sur le plan politique, notamment en l’absence de mécanismes d’ajustement automatique. Ce type d’écueil rend le système de retraite particulièrement sensible aux incertitudes entourant les projections du taux de fécondité.
Les projections antérieures ont systématiquement surestimé les indicateurs conjoncturels de fécondité et par conséquent sous-estimé le rythme du vieillissement démographique. Les projections sont toujours parties du postulat que l’indicateur conjoncturel de fécondité aurait globalement cessé de baisser au moment de la publication des projections, avant de repartir à hausse peu après, alors que cette tendance a chaque fois été démentie par chaque nouvelle édition des projections (à l’exception d’une courte période entre 2005 et 2010 (Graphique 1.1)). Les estimations de l’indicateur conjoncturel de fécondité de 2025 ont été revues à la baisse dans presque toutes les nouvelles éditions : alors que l’édition de 1994 prévoyait encore un indicateur de 2.01 en 2025 en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE, l’estimation a été ramenée à 1.46 dans celle de 2024.
Les projections les plus récentes prévoient toujours un renversement de tendance au moment de leur publication, mais ne présument pas d’un rebond sensible des taux de fécondité. Les projections des années 90 tablaient sur un retour rapide au seuil de renouvellement de 2.1 naissances vivantes par femme à la fin de la période de projection, soit à l’horizon de 2050, même si les projections établies depuis 2012 prévoient une augmentation plus modérée jusqu’à la fin du siècle. Selon les projections de 2024, l’indicateur conjoncturel de fécondité des pays de l’OCDE devrait en moyenne atteindre son point le plus bas en 2025, à 1.46, avant de connaître une légère augmentation.
Graphique 1.1. Les projections ont systématiquement surestimé la fécondité
Copier le lien de Graphique 1.1. Les projections ont systématiquement surestimé la féconditéÉvolution de l’indicateur conjoncturel de fécondité selon différents scénarios de projection (moyenne de l’OCDE), 1980‑2070
Note : Les courbes correspondent aux estimations et aux variantes moyennes des projections issues des éditions 1994, 1996, 2002, 2006, 2012, 2015, 2017, 2019, 2022 et 2024 des Perspectives de la population mondiale. Dans la mesure où les données sont uniquement disponibles pour des périodes de cinq ans avant 2022, elles sont ici lissées sur les cinq années concernées afin d’obtenir des estimations annuelles.
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales ; Perspectives de la population mondiale 1994‑2024 : http://population.un.org/wpp/.
Les systèmes de retraite devraient autant que possible être capables de résister à une baisse du taux de fécondité, ce qui représente un véritable défi pour les responsables de l’action publique. L’incidence d’une baisse de la fécondité sur le nombre de cotisants au système de retraite peut dans une certaine mesure être atténuée par une augmentation du taux d’emploi, en particulier des femmes et des seniors (OCDE, 2025[2]). Toutefois, compte tenu des incertitudes qui entourent l’évolution aussi bien des taux de fécondité que des taux d’emploi, il serait prudent de se préparer à ce que l’avenir soit marqué par une faible fécondité (OCDE, 2024[1]). Sur le plan politique, cela pourrait passer par l’adoption de réformes paramétriques ou de mécanismes d’ajustement automatique des pensions en fonction du montant total des cotisations (Encadré 1.1). Cet ajustement permet non seulement de tenir compte de l’évolution de la taille de la population d’âge actif, mais aussi de l’évolution de la productivité reflétée dans la hausse des salaires. Les pays cherchant à stimuler leur taux de fécondité devraient créer les conditions nécessaires pour aider les adultes à avoir autant d’enfants qu’ils le souhaitent, au moment où ils le souhaitent. La baisse du taux de fécondité des adolescentes, l’accroissement du niveau de formation des femmes et l’augmentation de leur taux d’emploi sont des acquis majeurs qui améliorent le bien-être des femmes et réduisent leur risque de pauvreté à la vieillesse. Dans les sociétés modernes, les pays soucieux de leur taux de fécondité devraient promouvoir l’égalité entre les genres et un partage plus équitable des responsabilités professionnelles et familiales. Cela suppose de mettre en place des politiques familiales qui aident à concilier travail et vie de famille, mais exige aussi de porter plus d’attention aux coûts inhérents aux enfants, et en particulier aux coûts de logement (OCDE, 2024[1]). Il paraît toutefois peu probable que ces mesures permettent aux pays de se rapprocher du seuil de renouvellement des générations.
Encadré 1.1. Ajustement des pensions au montant total des cotisations ou à un indicateur de substitution afin d’assurer la protection du système de retraite face à une baisse de la fécondité
Copier le lien de Encadré 1.1. Ajustement des pensions au montant total des cotisations ou à un indicateur de substitution afin d’assurer la protection du système de retraite face à une baisse de la féconditéFace au recul de la fécondité, il est possible d’améliorer la viabilité financière du système de retraite en ajustant les pensions en fonction de l’évolution du volume total des cotisations. Pour que les régimes de retraite par répartition puissent être financés de manière durable par les cotisations, le taux de rendement effectif généré par les cotisations devrait être égal au taux de rendement interne du système. Lorsque le financement des dispositifs redistributifs repose sur des sources externes (c’est-à-dire autres que les cotisations de retraite), les systèmes de retraite par répartition assurent un taux de rendement interne égal au taux de croissance des recettes tirées des cotisations. Dans un système à taux de cotisation fixe, la croissance totale de la masse salariale constitue un bon indicateur du taux de croissance du total des cotisations de retraite. La croissance totale de la masse salariale correspond quant à elle à la somme des taux de croissance du salaire moyen et de l’emploi total.
C’est la raison pour laquelle, dans le cadre d’un régime notionnel générique à cotisations définies, le taux d’intérêt notionnel est égal au taux de croissance de l’assiette de cotisations : avec un tel taux notionnel, la viabilité financière du régime n’est pas affectée en cas de baisse du taux de fécondité. La Lettonie et la Pologne s’appuient sur le taux de croissance de la masse salariale totale, tandis que l’Italie utilise la croissance du PIB comme taux d’intérêt notionnel appliqué aux comptes notionnels à cotisations définies, lesquels constituent tous des indicateurs de substitution au taux de croissance de l’assiette de cotisations. La Grèce abandonne progressivement le recours au taux de croissance du total des cotisations comme taux d’intérêt notionnel pour son régime notionnel à cotisations définies. De leur côté, la Norvège et la Suède utilisent le taux de croissance moyen des salaires comme taux d’intérêt notionnel et ne tiennent par conséquent pas compte de l’évolution de la taille de la population d’âge actif. Cela ne constitue toutefois pas un problème majeur pour ces deux pays dans la mesure où la population d’âge actif de la Suède devrait rester stable au cours des 40 prochaines années et que celle de la Norvège devrait diminuer dans une proportion bien moindre que dans d’autres pays dotés d’un régime notionnel à cotisations définies (chapitre 6, graphique 6.6).
Dans le cas des régimes à prestations définies ou des systèmes par points, certains pays effectuent des ajustements en fonction de la croissance du total des cotisations ou d’un indicateur de substitution. En Estonie, la valeur du point de retraite est indexée à 80 % sur le total des cotisations et à 20 % sur la hausse des prix, ce qui a une incidence à la fois sur les nouvelles pensions et les pensions servies. La Lituanie indexe quant à elle la valeur du point à 100 % sur la progression de la masse salariale. De son côté, le Japon procède à des ajustements afin de compenser les baisses du nombre de cotisants aux régimes publics de retraite. Enfin, la Grèce et le Portugal indexent en partie les pensions servies sur le PIB en fonction de la situation économique.
Ralentissement de l’allongement de l’espérance de vie
Après une période de croissance de l’espérance de vie beaucoup plus rapide qu’auparavant entre le milieu des années 90 et le début des années 2010, la progression de l’espérance de vie à 65 ans a fortement ralenti, pour les femmes comme pour les hommes. Pendant cette période de croissance rapide de l’allongement de l’espérance de vie, on estime que l’espérance de vie à 65 ans a en moyenne suivi une tendance à la hausse dans l’ensemble des 38 pays actuellement membres de l’OCDE, et ce, à un rythme d’environ 1.6 an par décennie pour les hommes et 1.4 an par décennie pour les femmes (Graphique 1.2). Depuis 2012 environ, cette progression a diminué quasiment de moitié, passant à 0.9 an par décennie pour les hommes et à 0.8 an pour les femmes.
Graphique 1.2. L’allongement de l’espérance de vie a été plus limité au cours des dix dernières années
Copier le lien de Graphique 1.2. L’allongement de l’espérance de vie a été plus limité au cours des dix dernières annéesVariation annuelle de la tendance de l’espérance de vie résiduelle à 65 ans dans l’OCDE, en moyenne, en années
Note : Les ruptures sont statistiquement significatives au niveau de confiance de 99 %. Afin de limiter les interférences liées aux variations à court terme de l’espérance de vie en cours de période, les ruptures sont estimées sur la série tendancielle obtenue au moyen du filtre Hodrick-Prescott (lambda = 100).
Source : Voir le chapitre 6, graphique 6.4, https://stat.link/5hc0pd.
Cet allongement de l’espérance de vie a principalement été obtenu en bonne santé. D’après les données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la part de l’espérance de vie à 60 ans en bonne santé est restée stable depuis 2000 dans les pays de l’OCDE, à environ trois quarts de l’espérance de vie à cet âge (OCDE, 2023[5] ; 2025[2]). Non seulement les populations vivent plus longtemps, elles vivent également majoritairement en bonne santé. Cela montre ainsi que le lien entre l’âge et la santé évolue avec le temps. Par exemple, à tout âge donné, la population américaine a biologiquement « rajeuni » depuis les années 80 (Levine et Crimmins, 2018[6]).
Malgré la pandémie de COVID‑19, les projections à long terme de l’espérance de vie à 65 ans sont restées relativement stables au cours des dix dernières années. Si les éditions de 2002 et de 2006 des Perspectives de la population mondiale des Nations Unies avaient sous-estimé les gains d’espérance de vie dans les années 2000, les éditions ultérieures proposent des projections davantage uniformes (Graphique 1.3). Bien que l’espérance de vie à 65 ans ait fortement chuté à partir de 2020 en raison de la crise du COVID‑19, ses effets ne devraient être que temporaires et les niveaux d’espérance de vie devraient reprendre leur tendance d’avant la pandémie. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, l’espérance de vie à 65 ans devrait augmenter de 1 an sur les 10 prochaines années, avant de ralentir légèrement à 0.9 an par décennie à l’horizon 2050.
Graphique 1.3. La pandémie de COVID‑19 n’a eu qu’une incidence limitée sur les projections de l’espérance de vie à 65 ans
Copier le lien de Graphique 1.3. La pandémie de COVID‑19 n’a eu qu’une incidence limitée sur les projections de l’espérance de vie à 65 ansEspérance de vie résiduelle par période à 65 ans dans les différentes éditions des Perspectives de la population mondiale des Nations Unies, moyenne de l’OCDE en années, 1980‑2070
Note : Les courbes correspondent aux estimations et aux variantes moyennes des projections issues des éditions 2002, 2006, 2012, 2015, 2017, 2019, 2022 et 2024 des Perspectives de la population mondiale. Dans la mesure où les données sont uniquement disponibles pour des périodes de cinq ans avant 2022, elles sont ici lissées sur les cinq années concernées afin d’obtenir des estimations annuelles.
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales ; Perspectives de la population mondiale 1994‑2024 : http://population.un.org/wpp/.
Tendances des migrations
Selon les projections démographiques des Nations Unies, le solde migratoire de l’OCDE au cours des 30 prochaines années devrait en moyenne être bien inférieur au taux observé entre 1990 et 2020 (Graphique 1.4). Le solde migratoire annuel des pays l’OCDE devrait s’élever en moyenne à 1.6 immigré pour 1 000 habitants par an entre 2025 et 2055, contre 2.5 par an entre 1990 et 2020. Sur la période 2000‑2020, le solde migratoire a systématiquement dépassé 1.6 immigré pour 1 000 habitants, sauf en 2010, au lendemain de la crise financière de 2008. Le pic atteint en 2022 est en grande partie dû à l’arrivée de personnes fuyant la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine, laquelle s’est traduite par une augmentation du solde migratoire au-delà des taux observés en 2019 dans la plupart des pays européens1. L’augmentation du solde migratoire a été particulièrement marquée en Estonie, en Lituanie, en Pologne et en Tchéquie, où le taux de 2022 a dépassé celui de 2019 de plus de 20 points.
Graphique 1.4. Les projections des taux de migration sont inférieures au taux moyen sur la période 2000‑2023
Copier le lien de Graphique 1.4. Les projections des taux de migration sont inférieures au taux moyen sur la période 2000‑2023Taux de solde migratoire pour 1 000 habitants, moyenne de l’OCDE
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales ; Perspectives de la population mondiale 1994‑2024 : http://population.un.org/wpp/.
Les taux de dépendance démographique connaîtront une croissance rapide jusqu’en 2050
Les tendances en matière de vieillissement démographique varient en fonction de l’indicateur retenu. Le taux de dépendance démographique constitue l’indicateur démographique le plus couramment utilisé pour l’analyse des systèmes de retraite, dans la mesure où son évolution reflète celle du nombre de bénéficiaires potentiels par rapport au nombre de cotisants potentiels à des âges fixes de départ à la retraite. L’âge médian de la population totale est un paramètre qui permet, par définition, de répartir la population en deux groupes d’égale importance, à savoir les personnes plus jeunes et plus âgées que l’âge médian.
Le taux de dépendance démographique progressera rapidement au cours des 25 prochaines années. Dans les pays de l’OCDE, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus pour 100 personnes de 20 à 64 ans est en moyenne passé de 22 en 2000 à 33 en 2025, et il devrait atteindre 52 en 2050 (Graphique 1.5). L’accélération du vieillissement démographique est en partie due au fait que les personnes de la génération du baby-boom, jusque‑là d’âge actif, entrent dans la catégorie des personnes âgées. Selon les projections, la population d’âge actif devrait en moyenne baisser de 13 % dans l’OCDE au cours des 40 prochaines années, de plus de 30 % en Espagne, en Estonie, en Grèce, au Japon et en République slovaque, et même de plus de 35 % en Corée, en Italie, en Lettonie, en Lituanie et en Pologne (chapitre 6, graphique 6.5). Le vieillissement démographique finira toutefois par ralentir à mesure que les personnes de cette génération disparaîtront. L’augmentation du taux de dépendance démographique sur la période 2025‑2050 devrait être particulièrement forte en Corée (environ 50 points), laquelle détrônera le Japon aux alentours de 2050 comme pays de l’OCDE affichant le taux le plus élevé. En Espagne, en Grèce, en Italie, en Pologne et en République slovaque, le taux de dépendance démographique devrait progresser d’au moins 25 points sur la même période. C’est toutefois en Israël que cette hausse sera la plus limitée (5 points), suivi de la Finlande, des États‑Unis et de la Suède (moins de 10 points).
Lorsque l’âge médian est utilisé comme indicateur d’évaluation, le vieillissement démographique accélère plus rapidement et ralentit également plus tôt. Contrairement au taux de dépendance démographique dont la croissance s’est accentuée vers 2010, l’âge médian augmente plus rapidement depuis les années 80. La hausse de l’âge médian commencera également à ralentir plus tôt, soit vers 2040. Cela s’explique par l’incidence immédiate de la baisse des taux de fécondité sur l’âge médian, dans la mesure où le nombre d’enfants est plus faible. Une génération entière reste toutefois nécessaire pour que le taux de dépendance démographique soit modifié, étant donné que les personnes de moins de 20 ans ne sont pas prizes en compte.
Graphique 1.5. Le taux de dépendance démographique devrait progresser rapidement jusqu’au milieu des années 2050
Copier le lien de Graphique 1.5. Le taux de dépendance démographique devrait progresser rapidement jusqu’au milieu des années 2050Nombre de personnes âgées de plus de 65 ans pour 100 personnes d’âge actif (20‑64 ans), 1950‑2100
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales (2024) ; Perspectives de la population mondiale 2024 : http://population.un.org/wpp/.
Au-delà de la moyenne de l’OCDE, le taux de dépendance démographique de la plupart des pays devrait augmenter plus rapidement au cours des 25 prochaines années que lors du quart de siècle passé. Tous les pays de l’OCDE ont enregistré une hausse de leur taux de dépendance démographique, de moins de 20 points toutefois entre 2000 et 2025, à l’exception de la Corée et du Japon où la hausse a été plus marquée (Graphique 1.6). Sur la période 2025‑2050, ce taux devrait gagner entre 10 et 30 points dans la plupart des pays. Seuls les États‑Unis, la Finlande, Israël et la Suède devraient connaître une hausse plus faible, alors qu’elle pourrait à l’inverse être plus prononcée en Corée, en Espagne et en Italie. Le taux de dépendance démographique connaîtra une accélération particulièrement rapide en Espagne, au Luxembourg, au Mexique et en Türkiye, à un rythme trois fois plus élevé entre 2025 et 2050 que depuis 2000. En Finlande, en revanche, ce taux ne devrait progresser qu’à un rythme nettement plus faible. Dans l’ensemble, le taux de dépendance démographique devrait à nouveau connaître une progression plus lente à partir de la deuxième moitié du siècle, et même baisser dans quelques pays, notamment au Portugal et en Slovénie. Toutefois, au Chili, en Colombie, au Costa Rica, en Islande, en Lituanie, au Mexique et en Türkiye, ce taux devrait enregistrer sa plus forte progression entre 2050 et 2075.
Graphique 1.6. La plupart des pays connaîtront un vieillissement plus rapide ces 25 prochaines années que lors des 25 dernières
Copier le lien de Graphique 1.6. La plupart des pays connaîtront un vieillissement plus rapide ces 25 prochaines années que lors des 25 dernièresVariation du taux de dépendance démographique par période de 25 années, en points
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales (2024) ; Perspectives de la population mondiale 2024 : http://population.un.org/wpp/.
Rôles relatifs de la fécondité, de l’espérance de vie et des migrations dans le vieillissement démographique
Dans certains pays, le vieillissement démographique est en grande partie dû à une baisse de la fécondité ; dans d’autres pays, c’est toutefois l’allongement de l’espérance de vie qui en a été le principal facteur ces dernières années. Si l’on analyse la variation annuelle moyenne du taux de dépendance démographique selon la méthode présentée dans l’Encadré 1.2, la fécondité et l’espérance de vie ont en moyenne eu une incidence comparable sur le taux de dépendance démographique au cours des dix dernières années (Graphique 1.7). Les effets de la baisse de la fécondité ont été bien plus importants que ceux de l’allongement de l’espérance de vie au Canada et en Islande en particulier, mais aussi en Finlande et aux Pays‑Bas. L’inverse peut toutefois être observé en Italie, et dans une certaine mesure au Danemark et en Espagne, puisque l’espérance de vie s’est imposée dans ces pays comme un facteur bien plus important du vieillissement démographique que la baisse de la fécondité au cours des dernières années. Bien que la diminution de l’espérance de vie due à la pandémie de COVID‑19 ait pu limiter l’incidence de cette composante sur le vieillissement démographique, les résultats restent très comparables à ceux observés par Scott et Canudas-Romo (2024[7]) à partir des données démographiques jusqu’en 2019. Enfin, les migrations ont dans une certaine mesure permis d’atténuer les effets de l’évolution de la fécondité et de l’espérance de vie. Au Canada et en Islande en particulier, l’augmentation du taux de dépendance démographique a été considérablement réduite grâce à l’immigration. On estime à l’inverse qu’en France et aux Pays‑Bas les migrations passées n’ont eu qu’une incidence limitée, voire nulle2.
Encadré 1.2. Méthode de décomposition de la variation du taux de dépendance démographique par facteur
Copier le lien de Encadré 1.2. Méthode de décomposition de la variation du taux de dépendance démographique par facteurLa décomposition du taux de dépendance démographique repose sur la méthode proposée par Scott et Canudas-Romo (2024[7]). Les résultats présentés ici s’appuient sur une version modifiée du code partagé par les auteurs. Sur la base de cette méthode, fondée sur la décomposition du taux de croissance par âge, les taux de croissance démographique par âge sont exprimés comme la somme des taux de croissance des naissances, de la survie et du solde migratoire. Elle s’appuie sur des données de cohortes qui rendent compte de la taille et de la mortalité de chacune de ces cohortes depuis la naissance. Les migrations sont considérées comme un facteur résiduel : toute évolution de la taille d’une cohorte qui ne peut être attribuée ni à une modification du taux de natalité, ni à une modification du taux de mortalité, est imputée au facteur migratoire.
Dans la mesure où le suivi des cohortes commence dès la naissance, il est nécessaire de disposer de séries chronologiques ininterrompues et suffisamment longues sur les naissances, la taille de la population par âge et la mortalité. Pour déterminer l’importance relative de ces trois facteurs dans l’évolution du taux de dépendance démographique entre 2013 et 2023, en supposant un âge maximum de 100 ans, les données doivent couvrir toute la durée de la vie des cohortes, en commençant par la cohorte née en 1912. Dans le cas des 10 pays de l’OCDE inclus dans la base de données sur la mortalité Human Mortality Database, cette dernière comprend les données nécessaires à la décomposition du taux de dépendance démographique sur la période 2013‑2023 et table sur un âge maximum de 100 ans. La Belgique et le Canada sont également inclus, avec un âge maximum de 90 ans toutefois, tout comme l’Australie et le Royaume‑Uni avec un âge maximum de 89 ans. Cette différence d’âge maximum fait que l’évolution de la mortalité après 90 ans n’est pas prize en compte et se traduit par une sous-estimation de l’espérance de vie dans la décomposition. Parmi les pays pour lesquels l’ensemble des données nécessaires sont disponibles, le coefficient de l’espérance de vie est 16 % inférieur si l’âge maximum est fixé à 90 ans plutôt qu’à 100 ans. De ce fait, dans le cas des quatre pays pour lesquels les données sont limitées à un âge maximum de 89 ou 90 ans, une importance plus grande est accordée à la composante « espérance de vie » de manière, d’une part, à compenser la sous-estimation découlant de cette différence estimée à 16 % et, d’autre part, à maintenir à un niveau constant la variation du taux de dépendance démographique.
Source : Scott et Canudas-Romo, (2024[7]), « Decomposing the Drivers of Population Aging: A Research Note ».
Graphique 1.7. L’importance de la fécondité et de l’espérance de vie dans le vieillissement démographique varie selon les pays
Copier le lien de Graphique 1.7. L’importance de la fécondité et de l’espérance de vie dans le vieillissement démographique varie selon les paysVariation annuelle moyenne du taux de dépendance démographique sur une période de 10 ans, par facteur, 2013‑2023 ou dernière période disponible
Note : Les données pour le Danemark se rapportent à la période 2014‑2024 ; pour la France, l’Italie, les Pays‑Bas et le Royaume‑Uni à la période 2012‑2022 ; et pour l’Australie à la période 2011‑2021. * Si pour les autres pays, les résultats sont fondés sur des données démographiques jusqu’à l’âge de 100 ans, les données relatives à la Belgique et au Canada sont limitées à 90 ans, et à 89 ans dans le cas de l’Australie et du Royaume‑Uni du fait de la disponibilité limitée des données visées. Dans la mesure où cela signifie que l’allongement de l’espérance de vie après 90 ans n’est pas pris en compte, la composante « espérance de vie » pour ces pays est majorée de l’écart moyen pour cette composante lorsque la limite de 90 ans est appliquée aux pays pour lesquels les données démographiques jusqu’à l’âge de 100 ans sont disponibles (soit −16 %), et ce, afin que la variation totale du taux de dépendance démographique reste à un niveau constant. Data with the 90‑year cutoff are available in the StatLink.
Si les projections actuelles se concrétisent et si l’espérance de vie poursuit sa progression alors que la fécondité reste stable, l’allongement de l’espérance de vie deviendra le principal facteur de vieillissement démographique. Sur la base des projections démographiques des Nations Unies, Lee et Zhou (2017[9]) estiment que le recul de la mortalité sera le premier facteur du vieillissement démographique dans les économies avancées au cours des décennies à venir. Cela constituerait une rupture de tendance avec le passé, dans la mesure où ils estiment que le vieillissement démographique observé au cours du siècle passé a en grande partie été le fait d’une baisse de la fécondité. La situation est toutefois différente dans les économies émergentes, où la fécondité resterait le principal facteur du vieillissement démographique jusqu’à la fin du xxie siècle, en particulier en Afrique subsaharienne (Lee et Zhou, 2017[9]). Néanmoins, compte tenu de l’incidence qu’a eue jusqu’à présent la baisse du taux de fécondité sur le vieillissement démographique, la surestimation systématique des futurs taux de fécondité dans les projections antérieures fait qu’il existe un risque réel que les projections actuelles sous-estiment la vitesse du vieillissement démographique au cours des prochaines décennies.
L’évolution de la dynamique de ces différents facteurs du vieillissement démographique est susceptible d’avoir des répercussions importantes sur la politique des retraites. À mesure que le recul de la mortalité s’imposera comme le principal moteur de l’évolution démographique, il deviendra de plus en plus important de procéder à des ajustements en fonction de l’espérance de vie, et ce, de sorte à assurer la viabilité financière des systèmes de retraite. Même si des ajustements de l’évolution de la taille de la population d’âge actif et de l’espérance de vie continueront d’être nécessaires pour assurer la viabilité des systèmes, l’importance croissante de l’espérance de vie dans le vieillissement démographique fait que les ajustements automatiques de l’espérance de vie deviendront des instruments particulièrement efficaces pour préserver la viabilité financière à long terme. Contrairement au coût du vieillissement démographique lié à la baisse de la fécondité, lequel peut difficilement être imputé à une cohorte spécifique compte tenu de l’absence de bénéficiaire clairement identifié, il convient d’attribuer le coût d’un allongement de l’espérance de vie à la cohorte dont l’espérance de vie est la plus longue (Schokkaert et Van Parijs, 2003[10]). Cela pourrait notamment passer par un ajustement automatique de l’âge de départ à la retraite ou du niveau des pensions en fonction de l’espérance de vie (OCDE, 2021[3]). Enfin, l’immigration peut contribuer à retarder le vieillissement démographique ou à en ralentir le rythme, même si une baisse pérenne du taux de dépendance démographique nécessiterait une augmentation constante du solde migratoire sur l’ensemble des cohortes. L’immigration pourrait ainsi constituer une stratégie efficace pour « gagner du temps » et permettre aux pays de s’adapter à une nouvelle réalité démographique, mais il ne s’agit en aucun cas d’une solution permanente au vieillissement de la population.
Allongement de la vie active : incitations financières et retraite modulée
Copier le lien de Allongement de la vie active : incitations financières et retraite moduléeL’écart de taux d’emploi entre les travailleurs d’âge très actif et les travailleurs seniors reste considérable
Le taux d’emploi des groupes plus âgés reste inférieur à celui des travailleurs appartenant aux classes d’âge de forte activité. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 65.5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans et 25.7 % des personnes âgées de 65 à 69 ans occupent un emploi, contre 82.5 % des 25‑54 ans (Graphique 1.8). Moins de la moitié des 55‑64 ans occupent un emploi au Luxembourg et en Türkiye, contre plus des trois quarts en Estonie, en Islande, au Japon, en Nouvelle‑Zélande et en Suède. Les 65‑69 ans sont quant à eux moins d’un sur dix à travailler en Belgique, au Luxembourg et en Slovénie, contre près de la moitié en Corée, en Islande, au Japon et en Nouvelle‑Zélande. Par ailleurs, en Corée, au Danemark, en Estonie, en Islande, en Israël, au Japon, en Nouvelle‑Zélande et en Suède, l’écart de taux d’emploi entre les 55‑64 ans et les 25‑54 ans est inférieur ou égal à 10 points de pourcentage. Cet écart est de 25 à 30 points en Autriche, en Pologne et en Türkiye, et il est encore plus important au Luxembourg et en Slovénie.
Graphique 1.8. Le taux d’emploi des seniors demeure inférieur à celui des personnes d’âge très actif
Copier le lien de Graphique 1.8. Le taux d’emploi des seniors demeure inférieur à celui des personnes d’âge très actifTaux d’emploi par tranche d’âge, 2023
Source : OCDE, Statistiques de la population active ; tableau LM9 établi par le Bureau australien de statistiques consacré au taux d’emploi des Australiens de 65‑69 ans.
La politique des retraites constitue un instrument efficace pour améliorer l’emploi des seniors, dans la mesure où un relèvement de l’âge normal de départ à la retraite et de l’âge minimum de départ anticipé entraîne d’importantes augmentations des taux d’emploi. Bien que toutes les personnes affectées par un recul de l’âge de la retraite ne continuent pas de travailler pendant cette période supplémentaire, peu d’éléments permettent toutefois de penser que le nombre de demandeurs de prestations d’invalidité ou d’assurance chômage augmente réellement suite à l’adoption d’une réforme des régimes de retraite (OCDE, 2025[2]). Les augmentations du nombre de bénéficiaires de prestations d’invalidité ou d’assurance chômage qui font suite à une réforme des retraites sont en grande partie dues à des effets de substitution mécanique : les personnes qui bénéficiaient déjà de ces prestations continuent simplement d’en bénéficier pour une durée prolongée. Il n’existe en revanche que peu d’éléments témoignant de possibles effets de substitution comportementale, phénomène par lequel des personnes solliciteraient des prestations d’invalidité ou d’assurance chômage en réaction à un relèvement de l’âge de la retraite, et ce, car elles estiment ne pas pouvoir continuer de travailler jusqu’au nouvel âge de départ défini (OCDE, 2025[2]).
Outre l’âge normal de départ à la retraite et l’âge minimum de départ anticipé, différents aspects des politiques en matière de retraite et de pension peuvent avoir une incidence sur l’emploi des personnes âgées. Face à cette situation, trois types de politiques peuvent ainsi être mises en place pour encourager, faciliter ou restreindre l’allongement de la vie active. Premièrement, la mise en place d’un système approprié de décote ou surcote en cas, respectivement, de retraite anticipée ou de report du départ à la retraite peut constituer une incitation financière à travailler plus longtemps. Deuxièmement, en autorisant le cumul emploi-retraite, les pays peuvent éviter que leurs populations quittent le marché du travail dès lors qu’elles commencent à percevoir une pension. Troisièmement, les pratiques de mise à la retraite obligatoire peuvent empêcher les travailleurs seniors de poursuivre leur activité professionnelle après un certain âge, même contre leur volonté. La présente section propose un aperçu de ces trois types de politiques telles qu’elles peuvent être observées dans les pays de l’OCDE.
Encourager un départ tardif à la retraite par l’application de surcotes ou de décotes
Il est possible de décourager la retraite anticipée en définissant un âge minimum de départ suffisamment élevé, associé à l’application de pénalités en cas de départ avant l’âge normal de la retraite, et ce, tout en encourageant le report du départ à la retraite en offrant des surcotes aux personnes qui continuent de travailler au-delà de l’âge normal défini. Ces décotes et surcotes relèvent généralement des régimes de retraite contributifs publics, alors que les prestations ciblées ou de base fondées sur la résidence sont généralement uniquement disponibles à l’âge normal de la retraite (bien que le Canada, le Danemark, la Finlande et l’Islande augmentent également les prestations non contributives en cas de report de l’âge de départ). Plus les surcotes et décotes sont élevées, plus l’incitation à travailler plus longtemps est forte. La neutralité actuarielle définit les niveaux de décote et de surcote qui n’ont pas d’incidence sur le financement des retraites à long terme. L’application de décotes et de surcotes neutres sur le plan actuariel offre une certaine souplesse dans la définition de l’âge de départ, sans pour autant affecter le financement des retraites. En effet, l’application de décotes supérieures ou de surcotes inférieures au niveau de neutralité actuarielle permet de générer des économies pour les finances publiques, et respectivement d’inciter ou de décourager les populations à travailler plus longtemps (Encadré 1.3). Toute décote et surcote inférieure à des taux neutres sur le plan actuariel constitue un impôt implicite sur l’emploi de personnes proches de l’âge de départ à la retraite, dans la mesure où chaque année de travail supplémentaire entraîne une baisse de leur patrimoine retraite (Blöndal et Scarpetta, 1999[11]).
En moyenne, sur l’ensemble des régimes contributifs de base, à prestations définies et par points, le taux de la neutralité actuarielle en cas d’anticipation ou de report d’un an de la prize de pension s’élève à 4.8 % dans les pays de l’OCDE, allant de moins de 4 % au Luxembourg et en Slovénie, à près de 6 % en Estonie et en République slovaque (Graphique 1.9, partie A). Ceci, notamment, reflète les différences d’espérance de vie résiduelle au futur âge normal de la retraite. L’Estonie et la République slovaque affichent actuellement une espérance de vie résiduelle à 65 ans relativement faible et l’âge de la retraite dans ces deux pays augmentera au même rythme que l’espérance de vie. À l’inverse, au Luxembourg et en Slovénie, l’âge normal de la retraite devrait rester inchangé à 62 ans.
Tous les pays, à l’exception de la Colombie, du Costa Rica, de la Grèce3, de l’Irlande, d’Israël, du Royaume‑Uni et de la Türkiye, prévoient une possibilité de départ à la retraite anticipée avant l’âge normal dans leurs régimes contributifs de base, à prestations définies ou par points. Le report du versement des pensions contributives est autorisé dans l’ensemble des pays, hormis la Colombie.
Encadré 1.3. Neutralité actuarielle et fixation de l’âge de la retraite
Copier le lien de Encadré 1.3. Neutralité actuarielle et fixation de l’âge de la retraiteLa neutralité actuarielle constitue un indicateur essentiel dans l’évaluation de l’ampleur des décotes ou surcotes, et par conséquent dans l’évaluation des incitations à travailler à l’approche de l’âge de départ à la retraite. Lorsque des individus reportent leur départ à la retraite et travaillent au-delà de l’âge légal, ils devraient non seulement acquérir de nouveaux droits, mais aussi bénéficier d’une pension supérieure au titre des droits déjà acquis dans la mesure où ces prestations leur seront versées pour une plus courte durée. À l’inverse, en cas de retraite anticipée, le montant des pensions devrait être réduit. Les régimes de retraite neutres sur le plan actuariel permettent de garantir qu’à un âge donné (par exemple, l’âge normal de la retraite), il n’existe globalement aucun avantage ou inconvénient financier pour un travailleur à cotiser et à percevoir une pension, et ce, qu’il parte à la retraite ou continue de travailler une année supplémentaire. Autrement dit, ils garantissent qu’en cas de départ à la retraite une année plus tard, le montant total des droits déjà acquis qu’une personne peut espérer percevoir au cours de sa vie ne sera aucunement modifié. Une surcote sur les droits acquis en cas de report de la prize de pension qui serait supérieure à ce qu’implique la neutralité actuarielle constitue une incitation financière à travailler plus longtemps, bien que cela représente un coût certain pour les prestataires de retraite. Une surcote inférieure au niveau attendu au titre de la neutralité actuarielle constitue de fait une contre‑incitation à continuer de travailler. De la même manière, toute décote supérieure au taux nécessaire pour assurer la neutralité actuarielle limite l’intérêt d’une retraite anticipée, alors qu’une décote inférieure au taux assurant la neutralité actuarielle rend la retraite anticipée plus intéressante sur le plan financier.
Le calcul des taux de la neutralité actuarielle pour les décotes et les surcotes appliquées dans un régime de retraite donné dépend de quatre facteurs principaux : l’âge de départ à la retraite, les taux de mortalité, l’indexation des pensions et les taux d’actualisation. Ce calcul ne repose pas sur les autres paramètres utilisés pour calculer le montant des prestations de retraite. Les taux, spécifiques à chaque pays, baissent en fonction de l’espérance de vie résiduelle à l’âge normal de la retraite et du passage, par exemple, d’une indexation sur les prix à une indexation sur les salaires, dans la mesure où une surcote inférieure est nécessaire pour favoriser l’allongement de la vie active lorsque l’espérance de vie résiduelle est plus longue et que les pensions augmentent à un rythme plus rapide pendant la retraite. Par conséquent, une partie de la variation entre les pays des taux assurant la neutralité actuarielle est directement liée aux différences d’âge de départ à la retraite, étant donné que ces taux sont faibles lorsque la période de versement des pensions est longue, mais élevés lorsque cette période est courte.
Source : OCDE, (2018[12]), Panorama des pensions 2017.
Dans plusieurs pays de l’OCDE, les taux de surcote et de décote prévus pour ces régimes s’écartent sensiblement de la neutralité actuarielle. La surcote effective moyenne s’établit au niveau du taux de la neutralité actuarielle (4.8 %) et la décote effective moyenne est légèrement inférieure, à 4.4 % (partie A). La Belgique et le Luxembourg, tout comme la Hongrie pour les femmes, sont les seuls pays qui n’appliquent pas de décote pour ces régimes en cas de départ une année avant l’âge normal de la retraite, même si la Belgique s’emploie actuellement à légiférer en vue de l’adoption d’un dispositif de décote/surcote (voir : Réformes récentes des pensions). Au Canada, en revanche, la décote est 2 points supérieure au taux de la neutralité actuarielle, ce qui décourage fortement tout départ à la retraite anticipée. Il en va de même pour le régime de retraite professionnel en Suisse, même si cela est en partie compensé par l’application d’une décote inférieure au taux assurant la neutralité actuarielle dans le régime public.
La Belgique, la Grèce, le Luxembourg et la Türkiye ne prévoient actuellement aucune surcote en cas de report de la liquidation des pensions, et la surcote appliquée au Costa Rica dans le cadre de son régime à prestations définies est 3 points inférieure au taux de la neutralité actuarielle, décourageant par là même tout report de la retraite au-delà de l’âge normal. En France, l’absence de surcote dans le régime professionnel obligatoire limite les incitations à travailler plus longtemps induites par le surcote annuelle de 5 % accordée dans le régime général. La Corée, les États‑Unis et la Lituanie prévoient une surcote de 2.5 points supérieure au taux de la neutralité actuarielle. Au Canada et au Japon, cette surcote est entre 3.5 et 4 points supérieure et elle atteint même le double du taux de la neutralité actuarielle au Portugal. Des surcotes fixées à un niveau bien supérieur à ce taux peuvent constituer des incitations importantes à retarder la liquidation de pensions, mais aussi représenter des coûts considérables pour le système de retraite.
Les régimes à cotisations définies n’appliquent pas de surcotes et décotes explicites, mais ils prévoient des ajustements des prestations mensuelles en fonction de la durée de la retraite. Dans les régimes par capitalisation et à cotisations définies, les ajustements garantissent, par construction, l’équité actuarielle sous la forme de sommes en capital ou de rentes. Dans les régimes notionnels à cotisations définies, le coefficient de conversion des annuités utilisé pour transformer le capital notionnel en annuités tient compte de l’espérance de vie résiduelle au moment de la prize de pension.
Le départ à la retraite anticipée n’est généralement pas possible dans les régimes de base et ciblés sous condition de résidence, même si certains pays prévoient bien une surcote en cas de retraite différée pour ces mêmes régimes de retraite (partie B). Bien que le report du versement des prestations non contributives soit possible dans la plupart des pays, seuls certains d’entre eux prévoient une surcote en cas de retraite différée. Dans le cadre de leurs régimes de base fondés sur la résidence, le Canada et le Danemark appliquent tous deux une surcote en cas de retraite différée, respectivement de 2 points et de 1 point au-dessus du taux de la neutralité actuarielle. Les prestations ciblées sont uniquement majorées en cas de report de la retraite au Danemark, en Finlande, en Islande et en Norvège. Seul pays à permettre la liquidation anticipée de prestations ciblées, l’Islande calcule désormais, suite à une récente réforme, les taux de surcote et de décote assurant la neutralité actuarielle pour chaque combination d’âge et de cohorte (voir : Réformes récentes des pensions).
Graphique 1.9. Décotes et surcotes par rapport au taux de la neutralité actuarielle
Copier le lien de Graphique 1.9. Décotes et surcotes par rapport au taux de la neutralité actuarielleTaux assurant la neutralité actuarielle par rapport aux taux de surcote/décote appliqués en cas de départ à la retraite une année avant/après l’âge normal, par type de régime
Note : Les décotes et surcotes s’appliquent ici à une personne entrée sur le marché du travail à 22 ans en 2024 et partant à la retraite une année avant et après l’âge normal. L’absence de symbole de surcote/décote signifie qu’un départ anticipé/reporté n’est généralement pas possible dans le cadre du régime concerné. Le taux de la neutralité actuarielle présenté correspond à la moyenne des taux de surcote et de décote en cas de départ à la retraite une année avant/après l’âge normal, femmes et hommes confondus. Les taux assurant la neutralité actuarielle sont en moyenne environ 0.2 point plus/moins élevés s’ils sont calculés spécifiquement pour une année de report/anticipation. Dans les cas de la France et de la Suisse, le régime professionnel obligatoire (« O ») est inclus séparément du régime public à prestations définies (« P » pour la Suisse et « RG » (régime général) pour la France). 1. La Belgique a prévu une incitation forfaitaire à travailler au-delà de l’âge auquel une personne peut prétendre aux prestations de retraite, même si le gouvernement a pris des dispositions concrètes pour remplacer cette incitation par un dispositif de surcote/décote commençant à 2 % et pouvant aller jusqu’à 5 %. 2. Les données relatives à la Tchéquie correspondent au résultat combiné de la retraite contributive de base (0 % de surcote/décote) et de la retraite liée à la rémunération antérieure (6 % de surcote/décote) pour un salaire moyen. 3. En Hongrie, seules les femmes peuvent prétendre à un départ à la retraite anticipée sans décote ; les hommes n’ont tout simplement pas accès à un dispositif de départ anticipé.
Source : Tableau 3.6 et calculs de l’OCDE.
Pour remplacer le système traditionnel de surcote, qui a pour effet d’augmenter le montant mensuel des pensions jusqu’au décès des bénéficiaires, il peut également s’avérer intéressant de verser une prestation unique en cas de report du départ à la retraite. L’Espagne permet depuis 2021 de recevoir l’équivalent d’une surcote de 4 % en cas de retraite différée sous la forme d’un versement unique, et ce, de manière à encourager encore le report des départs. Cette option pourrait constituer un outil efficace pour inciter certaines personnes à différer leur retraite. Les résultats d’enquêtes montrent en effet que certains préfèrent recevoir une somme globale plutôt que bénéficier d’une surcote de 4 % (Ministerio de Inclusión, Seguridad Social y Migraciones, 2021[13]). On estime toutefois (BBVA, 2022[14]) que le choix entre ces deux options est loin d’être neutre sur plan actuariel, dans la mesure où le montant de ce versement unique serait nettement en deçà des attentes de la plupart des bénéficiaires par rapport à une augmentation de 4 % de leur pension mensuelle. Sur la base du calcul du patrimoine retraite (chapitre 4), une personne rémunérée au salaire moyen, ayant mené une carrière complète et pris sa retraite en 2024, peut espérer recevoir, en termes actuariels, près de la moitié des prestations de retraite différée si elle choisit de les percevoir sous la forme d’un versement unique plutôt que d’une majoration mensuelle4.
En 2024, la Belgique a mis en place une prestation forfaitaire de retraite différée qui augmente en fonction de la période de report et dont le montant maximum est atteint après trois ans de report. Par nature, les prestations forfaitaires sont comparativement davantage intéressantes pour les retraités percevant une pension plus faible. Le niveau des prestations de retraite différée dépend par ailleurs de la durée de cotisation et il est possible de percevoir ces prestations sous la forme d’un versement unique ou sur une base mensuelle. Les conditions de durée de cotisation, ainsi que la réduction de la surcote au prorata en cas d’emploi à temps partiel pendant la période de report, peuvent limiter les incitations à différer le départ à la retraite. Les surcotes et décotes devraient en effet permettre un ajustement des prestations de retraite en fonction de la durée escomptée de versement de la pension, de sorte que la situation d’une personne au regard de l’emploi ne devrait pas avoir d’incidence. Ainsi, pour une personne travaillant à temps plein pendant la période de report, l’option d’un versement unique est financièrement plus avantageuse qu’une prestation mensuelle5. Le nouveau gouvernement a pour objectif de remplacer la prestation forfaitaire de retraite différée par un dispositif de surcote/décote de 5 % par an à partir de 20406.
Autre solution paramétrique de substitution aux surcotes, un taux d’acquisition des droits plus élevé pourrait être appliqué pour chaque année travaillée une fois que la durée de cotisation ou l’âge de départ à la retraite a été atteint. À titre d’exemple, en Hongrie (OCDE, 2024[15]) et en Slovénie (OCDE, 2022[4]), les taux d’acquisition des droits sont majorés après 40 ans de cotisation. Les taux d’acquisition des droits peuvent être définis de manière à reproduire une surcote assurant la neutralité actuarielle pour certains profils de carrière spécifiques, même s’ils sont susceptibles de produire des incitations différentes pour les personnes présentant des profils de carrière distincts. Une surcote peut par ailleurs s’avérer davantage visible qu’un taux accru d’acquisition des droits, et être par conséquent plus efficace pour reporter les départs à la retraite.
Cumul emploi-retraite
En moyenne, dans les pays européens, environ un cinquième des retraités de moins de 70 ans continuent de travailler pendant les six premiers mois après la liquidation de leur pension. C’est notamment le cas de près de 40 % des jeunes retraités des États baltes et de Norvège, et d’environ un tiers des jeunes retraités en Finlande, en Islande et en Suède (Graphique 1.10). Parmi les pays européens de l’OCDE n’appliquant aucune restriction au cumul emploi-retraite avant ou après l’âge normal de la retraite (voir ci-dessous), le Danemark est le seul à afficher un taux inférieur à la moyenne de personnes qui continuent de travailler après leur départ à la retraite. Leurs motivations sont toutefois différentes (Eurostat, 2023[16]) : la majorité des personnes travaillant après leur départ à la retraite dans les États baltes invoquent des raisons financières, alors qu’en Norvège la majorité déclarent continuer de travailler par plaisir. En Finlande et en Suède, les motivations sont plus variées, en particulier en Suède où un quart de ceux qui poursuivent une activité professionnelle déclarent le faire pour rester intégrés socialement, soit un taux bien plus élevé que dans n’importe quel autre pays européen. À l’opposé, environ un dixième des jeunes retraités, tout au plus, cumulent emploi et retraite en Belgique, en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Luxembourg et en Slovénie7.
Graphique 1.10. Travailler après le départ à la retraite est une pratique très courante dans les pays baltes et nordiques
Copier le lien de Graphique 1.10. Travailler après le départ à la retraite est une pratique très courante dans les pays baltes et nordiquesPart des jeunes retraités (50‑69 ans) en Europe ayant continué de travailler pendant les six premiers mois après la liquidation initiale de leur pension, 2023
Les restrictions au cumul emploi-retraite sont susceptibles de nuire aux efforts d’allongement de la vie active au-delà de l’âge normal de la retraite. Les pays de l’OCDE adoptent des approches très variées pour réglementer le cumul d’une activité rémunérée et d’une pension contributive par les salariés du secteur privé, et ils appliquent souvent des règles plus strictes avant l’âge normal de la retraite qu’après cet âge limite (Tableau 1.1).
Tableau 1.1. Les obstacles au cumul emploi-retraite sont moins nombreux après l’âge normal de la retraite
Copier le lien de Tableau 1.1. Les obstacles au cumul emploi-retraite sont moins nombreux après l’âge normal de la retraiteRestrictions à l’emploi liées au cumul emploi-retraite dans les régimes contributifs, secteur privé
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Après l’âge normal de la retraite |
Avant l’âge normal de la retraite |
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Cumul emploi-retraite impossible |
Fin de contrat nécessaire pour liquider une pension |
Pension minorée (au-delà du seuil de revenus (e)) |
Acquisition limitée de droits en fonction des cotisations versées |
Aucune restriction au cumul emploi-retraite |
Cumul emploi-retraite impossible |
Fin de contrat nécessaire pour liquider une pension |
Pension minorée (au-delà du seuil de revenus (e)) |
Acquisition limitée de droits en fonction des cotisations versées |
Aucune restriction au cumul emploi-retraite |
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Allemagne |
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Australiea |
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Autriche |
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Belgique |
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Canadab |
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Chili |
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Colombie |
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Costa Rica |
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Danemark |
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Espagned |
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Estonie |
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États‑Unis |
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Finlandec |
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France |
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Grèce |
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Hongrie* |
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Italie |
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Japon |
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Lettonie |
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Lituanie |
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Luxembourg |
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Mexique |
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Norvège |
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Pologne |
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Portugal |
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République slovaque |
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Royaume‑Uni |
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Slovénie |
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Suède |
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Suisse |
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Tchéquie |
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Türkiye |
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Total |
0 |
8 |
3 |
10 |
16 |
4 |
13 |
9 |
5 |
11 |
Note : Aucune information n’est disponible pour la Corée, l’Islande et Israël. L’Irlande et la Nouvelle‑Zélande ne prévoient pas de possibilité de départ anticipé dans le cadre de leurs régimes (quasi) obligatoires de retraite de base soumise à condition de résidence, et n’imposent aucune restriction au cumul d’une activité professionnelle et d’une retraite de base après l’âge normal de départ. Aux Pays‑Bas, les conditions de départ à la retraite anticipée dans les régimes (quasi) obligatoires de retraite professionnels dépendent des secteurs concernés. * En Hongrie, seules les femmes peuvent prétendre à une retraite anticipée. a. Les données relatives à l’Australie se rapportent aux prestations de retraite liées à la rémunération antérieure. La prime à l’emploi, qui réduit le montant des revenus d’activité pris en compte dans les conditions de ressources pour la pension de vieillesse ciblée, a été fixée de manière pérenne à 300 AUD par quinzaine, soit actuellement 11 % du salaire moyen. b. Au Canada, la pension de base soumise à condition de résidence est réduite de 15 % lorsque les revenus (dont les revenus d’activité) sont supérieurs à 106 % du salaire moyen national. Les prestations ne peuvent être perçues avant l’âge normal de la retraite. c. En Finlande, il n’est pas nécessaire de résilier un contrat de travail pour faire valoir ses droits à pension dès lors que la limite d’âge supérieure de départ à la retraite est atteinte (68 ans, actuellement). d. En Espagne, le paiement de la pension doit être reporté d’au moins un an avant qu’un retraité puisse travailler après l’âge normal de la retraite.
Source : Informations fournies par les pays ; et OCDE, (2022[4]), OECD Reviews of Pension Systems: Slovenia.
Aucune restriction au cumul emploi-retraite au-delà de l’âge normal de départ n’est prévue dans la moitié des pays de l’OCDE et un tiers des pays n’appliquent aucune restriction de ce type avant l’âge normal de la retraite. On ne compte aucun pays de l’OCDE qui n’autorise pas ses ressortissants à cumuler un emploi et une pension à un moment ou à un autre. En revanche, certains pays permettent aux bénéficiaires de pensions de percevoir des revenus d’activité, sous réserve toutefois de différentes conditions ou limitations. Il peut notamment s’agir de l’obligation de résilier son contrat de travail pour faire valoir ses droits à pension, d’un plafond d’heures travaillées ou de revenus au-delà desquels une décote est appliquée, ou encore d’une réduction du taux d’accumulation des droits à pension au titre des cotisations acquittées.
Huit pays exigent la résiliation de tout contrat de travail afin de pouvoir liquider une pension après l’âge normal de la retraite. Le Costa Rica, la Finlande, la France, l’Italie, le Mexique, la Pologne, le Portugal et la Türkiye n’accordent le versement d’une pension qu’une fois le contrat de travail résilié. Cette obligation de résiliation entraîne un risque que les travailleurs seniors se voient proposer des conditions de travail moins favorables en cas de cumul emploi-retraite qu’avant la liquidation de leur pension. La Finlande autorise uniquement les bénéficiaires de pensions à poursuivre une activité rémunérée pour le même employeur immédiatement après la liquidation de leurs droits à la retraite si la nature de l’emploi concerné est différente. La France et le Portugal prévoient quant à eux des délais de carence avant de pouvoir travailler à nouveau pour un ancien employeur. Ces restrictions semblent principalement avoir pour objectif d’éviter que l’on puisse faire valoir ses droits à une pension de vieillesse tout en ayant l’intention de continuer de travailler.
Trois pays réduisent le montant des pensions en cas de cumul emploi-retraite après l’âge normal de départ, et deux d’entre eux ne procèdent à cette réduction que dans certaines conditions, ce qui revient à imposer une taxe sur le travail des retraités. La Slovénie ne verse ainsi que 40 % (puis 20 % après trois ans) du montant de la pension si son bénéficiaire exerce une quelconque activité rémunérée.8 En France, la somme des revenus d’activité et des pensions de retraite ne doit pas dépasser les revenus perçus par une personne avant la liquidation de ses droits, si cette dernière affiche une carrière incomplète et a pris sa retraite avant l’âge normal de départ (autrement dit, si elle ne bénéficie pas d’une pension à taux plein). Au Japon, si la somme des revenus et des retraites liées à la rémunération antérieure est supérieure à 111 % du salaire moyen national, les pensions perçues sont réduites à hauteur de la moitié du revenu excédentaire.
Dans dix pays, des cotisations de retraite continuent généralement d’être prélevées lorsque les bénéficiaires de pensions travaillent au-delà de l’âge normal de la retraite, même si aucun droit supplémentaire n’est acquis ou seulement dans une proportion réduite. Cette pratique constitue de fait un impôt sur l’emploi des bénéficiaires de pensions. Il en est ainsi en Belgique, en Espagne, en France, en Grèce, au Luxembourg, au Mexique, en République slovaque et en Slovénie, mais aussi en Allemagne et en Türkiye mais uniquement pour les cotisations patronales9. En Allemagne, en Belgique, au Luxembourg et en Türkiye, mais aussi en France pour les personnes ne bénéficiant pas d’une pension à taux plein, des cotisations de retraite sont prélevées sur les revenus au-delà de l’âge de départ à la retraite, mais aucun droit supplémentaire n’est acquis10. L’Allemagne et la Belgique ont mis en place des statuts de travail spéciaux soumis à des plafonds de rémunération (appelés respectivement « flexi-jobs » et « mini-jobs »), accessibles aux retraités et sur lesquels les travailleurs peuvent être exemptés du paiement des cotisations de retraite. En République slovaque, les cotisations acquittées par les bénéficiaires de pensions exerçant une activité rémunérée ne donnent droit qu’à la moitié des points de retraite normalement acquis. L’Espagne et la Grèce prélèvent une contribution supplémentaire sur les revenus, respectivement de 10 % et 9 %, qui n’entraîne pas d’augmentation des prestations de retraite. L’Espagne est toutefois le seul pays à exiger que le paiement de la pension soit reporté d’au moins un an avant qu’une personne puisse cumuler un emploi et une pension après l’âge normal de la retraite11.
Les pays ont tendance à appliquer des règles plus strictes en cas de cumul emploi-retraite avant l’âge normal de départ. La Lettonie, la Lituanie, la Slovénie et la Tchéquie interdisent aux bénéficiaires de prestations de retraite anticipée d’exercer une activité professionnelle. Treize pays exigent en outre la résiliation de tout contrat de travail afin de pouvoir liquider une pension avant l’âge normal de la retraite, à savoir l’Australie, l’Autriche, l’Espagne, le Luxembourg et la République slovaque, ainsi que les huit pays imposant cette même condition après l’âge normal de la retraite (voir ci-dessus). Plusieurs pays prévoient des exceptions à cette règle en cas de retraite progressive, de manière à permettre aux personnes concernées de réduire peu à peu le temps de travail dans leur emploi actuel et de compléter leurs revenus grâce aux prestations de retraite.
Neuf pays fixent des plafonds de revenus limitant le volume de travail qu’une personne bénéficiant d’une retraite anticipée peut effectuer. La France et le Japon appliquent les mêmes restrictions avant et après l’âge normal de la retraite. Les plafonds de revenus ont tendance à être sensiblement plus stricts avant, plutôt qu’après, l’âge normal de la retraite. À titre d’exemple, l’Autriche, la Belgique12, le Luxembourg et la République slovaque suspendent les prestations de retraite anticipée à partir d’un seuil de revenu particulièrement bas, inférieur à 20 % du salaire moyen national, ne permettant par là même que l’exercice d’emplois occasionnels ou à temps très partiel. Ces plafonds sont plus élevés aux États‑Unis et en Pologne, respectivement à 33 % et à 70 % du salaire moyen national. L’Italie a défini différents plafonds de revenu en fonction du régime de retraite anticipée : il n’existe aucun plafond dans le cadre du régime standard de retraite anticipée, mais des limitations s’appliquent aux personnes prenant leur retraite dans le cadre de régimes spécifiques de retraite anticipée tel que le système de quota.
Enfin, dans cinq pays, les cotisations de retraite doivent être payées par les bénéficiaires de pensions de retraite exerçant une activité rémunérée avant l’âge normal de la retraite, même si elles ne donnent lieu qu’à une part réduite de droits à la retraite, voire à aucun droit supplémentaire. La Belgique, la France, la Grèce, le Mexique et la Türkiye appliquent les mêmes règles en matière de réduction du taux d’accumulation des droits, ou d’absence de droits supplémentaires à la retraite, au titre des cotisations acquittées, que ce soit avant ou après l’âge normal de la retraite.
Tous les obstacles au cumul emploi-retraite après l’âge normal de la retraite devraient être supprimés. Ces restrictions limitent en effet injustement les possibilités pour les populations et nuisent par là même au bien-être des travailleurs. Elles vont en outre à l’encontre des efforts en faveur de l’allongement de la vie active dans un contexte de vieillissement démographique. Il s’avère également essentiel de supprimer ces obstacles car l’allongement de la vie active augmente les revenus de retraite des personnes et produit des effets positifs globaux au-delà du système de retraite, comme un accroissement de la production ou une augmentation des recettes fiscales. Dans la mesure du possible, les règles de liquidation des pensions ne devraient pas être liées à la situation professionnelle des individus. Les cotisants ayant acquis des droits à pension devraient avoir la possibilité de les liquider dès lors qu’ils remplissent les conditions requises, qu’ils exercent ou non une activité professionnelle, et le cas échéant quels que soient leurs revenus, leur temps de travail et le statut de leur contrat. De la même manière, les travailleurs seniors devraient pouvoir travailler qu’ils bénéficient ou non de prestations de retraite. Par ailleurs, pour promouvoir efficacement des formes plus progressives de départ à la retraite, les conditions de liquidation partielle des pensions ne devraient pas porter sur le volume de travail ou sur les revenus d’activités professionnelles après l’âge normal de la retraite (OCDE, 2018[12]).
Âge de départ obligatoire à la retraite
Les règles fixant un âge de départ obligatoire à la retraite mettent un terme à l’emploi des travailleurs seniors ou permettent aux employeurs de modifier ou de résilier de façon unilatérale les contrats de travail à partir d’un certain âge. Au sens strict, la retraite obligatoire est une disposition légale qui prévoit que la relation de travail d’un employé prend fin lorsque ce dernier atteint un âge défini. La loi peut également permettre aux employeurs de mettre un terme à l’emploi de leurs salariés à partir d’un certain âge, sans toutefois les y contraindre, que ce soit par l’inclusion de limites d’âge dans la législation en matière de protection de l’emploi ou par l’assouplissement des restrictions applicables aux licenciements à partir d’un certain âge. Dans leur forme la plus modérée, les dispositifs de mise à la retraite obligatoire peuvent également inclure des réglementations permettant aux employeurs de modifier unilatéralement les conditions d’emploi à compter d’un âge défini. Bien que ces réglementations n’entraînent pas nécessairement l’extinction de la relation de travail, la baisse des revenus ou de la qualité des emplois qu’elles impliquent font que les seniors ont beaucoup moins intérêt à rester en activité.
Afin de favoriser l’allongement de la vie active et offrir davantage de choix aux personnes âgées, l’OCDE recommande de réduire les obstacles à l’emploi des travailleurs seniors. D’un point de vue strictement technique, la retraite obligatoire relève des réglementations relatives au marché du travail et à la protection de l’emploi, même si ses répercussions dépendent des conditions d’ouverture des droits à pension et du montant des prestations versées. Telle qu’adoptée par le Conseil de l’OCDE sur le vieillissement et les politiques de l’emploi, l’une des recommandations pour atteindre cet objectif consiste à ce que les pays œuvrent à décourager le recours à la retraite obligatoire, et ce, en étroite concertation et collaboration avec les représentants des employeurs et des travailleurs. L’OCDE reconnaît que « dans un nombre limité de cas » les pratiques de mise à la retraite obligatoire peuvent être nécessaires (OCDE, 2018[17]). Les employeurs, en particulier du secteur public, sont susceptibles de rencontrer davantage de difficultés en l’absence de mesures de mise à la retraite obligatoire dans les pays où des règles strictes de protection de l’emploi sont en vigueur (OCDE, 2017[18]).
Onze pays de l’OCDE n’ont mis en place aucune forme de retraite obligatoire, que ce soit pour les travailleurs du secteur public ou du secteur privé (Graphique 1.11). À l’inverse, la moitié des pays de l’OCDE ont adopté des pratiques de mise à la retraite obligatoire pour les travailleurs, quel que soit le secteur. Dans les huit pays restants, une mise à la retraite obligatoire est uniquement prévue pour les travailleurs du secteur public et les fonctionnaires de droit public. La retraite obligatoire constitue par conséquent une pratique plus courante dans le secteur public que dans le secteur privé au sein de l’OCDE.
La Corée et le Japon sont les seuls pays de l’OCDE à autoriser la mise à la retraite obligatoire avant l’âge normal de départ, à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé. L’Irlande n’autorise cette pratique que dans le secteur privé. Le Japon permet aux employeurs du secteur privé de résilier les contrats de travail de leurs salariés à partir de 60 ans, soit 5 ans avant l’âge normal de la retraite. La loi exige toutefois que les entreprises garantissent les emplois jusqu’à l’âge de 65 ans, bien que cela implique généralement des conditions de travail moins avantageuses (partie A). Dans le secteur public, les relations de travail prennent actuellement fin à l’âge de 62 ans (partie B), même si le Japon œuvre à relever cet âge pour atteindre l’âge normal de la retraite (65 ans) en 2031. En Corée, l’âge de départ obligatoire à la retraite est fixé à 60 ans dans le secteur public et le secteur privé, bien que l’âge normal de la retraite soit actuellement de 63 ans. L’âge à partir duquel il est possible de mettre fin à un contrat de travail dans le secteur privé a été relevé à 60 ans en 2017 (contre 55 ans auparavant), mais le salaire des employés peut être réduit à partir de 55 ans. Pour limiter l’incidence de l’ajustement des salaires en fonction de l’ancienneté, le système de « pic des salaires » prévoit une réduction du salaire des travailleurs de 55 ans et plus, compensée en partie par des subventions publiques, en contrepartie d’une garantie de maintien des emplois concernés jusqu’à l’âge de 60 ans (OCDE, 2018[19] ; 2022[20]). À ce jour, l’Irlande autorise toujours les employeurs du secteur privé et leurs salariés à convenir d’un âge de départ à la retraite dans les contrats de travail, le plus souvent fixé à 65 ans, même si une loi est en cours d’élaboration afin d’interdire la retraite obligatoire avant l’âge légal de départ (66 ans).
Graphique 1.11. La fixation d’un âge de départ obligatoire à la retraite reste une pratique courante dans les pays de l’OCDE
Copier le lien de Graphique 1.11. La fixation d’un âge de départ obligatoire à la retraite reste une pratique courante dans les pays de l’OCDEÂge à partir duquel différents dispositifs de retraite obligatoire sont autorisés, et âge normal de la retraite (hommes)
Note : Aucune donnée n’est disponible pour l’Islande. * Pour les salariés, l’Irlande ne définit aucun âge à partir duquel il est possible de mettre fin à un contrat de travail. Une clause de résiliation à 65 ans est toutefois généralement incluse dans ces contrats. Dans le cas des fonctionnaires, l’Irlande ne fixe pas d’âge de départ obligatoire à la retraite pour les personnes ayant rejoint le service public entre 2004 et 2012. Un âge de départ obligatoire à la retraite, fixé à 70 ans, s’applique néanmoins pour les fonctionnaires ayant rejoint le service public avant ou après cette période.
Source : Informations fournies par les pays pour l’âge de départ obligatoire à la retraite ; tableau 3.5 pour l’âge normal de la retraite.
Comme illustré précédemment, la retraite obligatoire revêt des formes variées dans les pays de l’OCDE, assorties de conditions plus ou moins restrictives. D’abord, la retraite obligatoire peut s’appliquer au sens strict du terme et correspondre à une obligation légale de mettre un terme à la relation de travail à partir d’un âge défini. Il s’agit de la forme la plus répandue dans le secteur public13. Dans le cas des travailleurs du secteur privé, l’obligation légale de mettre un terme à la relation de travail à partir d’un âge défini existe uniquement au Luxembourg, où les contrats de travail sont automatiquement résiliés à 65 ans. Ces travailleurs peuvent néanmoins être à nouveau embauchés par la suite.
Une autre forme courante de retraite obligatoire consiste à autoriser les employeurs à mettre fin à la relation de travail lorsque leurs salariés atteignent un âge spécifique, sans pour autant qu’ils y soient contraints. Il s’agit du modèle le plus répandu dans le secteur privé au sein pays de l’OCDE. Il est possible pour cela d’autoriser l’introduction de clauses de licenciement spécifiques à partir d’un certain âge dans les contrats de travail ou les conventions collectives, ou d’assouplir les dispositions de protection de l’emploi à partir d’un âge donné. Des clauses de retraite obligatoire peuvent par exemple être incluses dans les contrats de travail et les conventions collectives en Allemagne, en Espagne, aux Pays‑Bas et en Suisse. Une réduction de la protection de l’emploi se traduit généralement par un raccourcissement des délais de préavis, par une baisse des indemnités de licenciement ou par un assouplissement des règles encadrant les motifs légaux de licenciement. Ces pratiques peuvent notamment être observées en Autriche, en Belgique, en France et en Italie. La Norvège propose actuellement ces deux formes de retraite obligatoire dans le secteur privé : les employeurs sont ainsi autorisés à mettre fin à la relation de travail dès lors qu’un salarié atteint l’âge de 72 ans, et les contrats de travail ou accords sociaux peuvent inclure une clause de résiliation automatique, sous conditions, à 70 ans ou plus. À compter de 2026, il ne sera toutefois plus possible d’inclure une clause de retraite obligatoire à l’âge de 70 ans dans les contrats de travail et les conventions collectives. Un relèvement de l’âge de départ obligatoire à la retraite, de 70 à 72 ans, sera également opéré dans le secteur public. La Suède propose elle aussi ces deux formes de retraite obligatoire, qui peuvent être mises en œuvre à l’expiration du « droit de rester en activité », soit dès 69 ans.
Certaines réglementations peuvent enfin permettre aux employeurs de modifier les conditions d’emploi à partir d’un âge donné, avec comme conséquence possible une baisse des revenus ou de la qualité des emplois. C’est notamment le cas en Corée, dans le cadre du système de « pic des salaires » ou au Japon, lequel autorise les employeurs à résilier un contrat de travail à partir de 60 ans, avant d’en proposer un nouveau (voir ci-dessus). Les conditions de ces nouveaux contrats sont généralement moins avantageuses que celles des contrats résiliés aux 60 ans des employés (OCDE, 2022[20] ; 2024[21]). Au Canada, les conventions collectives peuvent en outre disposer que les travailleurs, du secteur public comme du secteur privé, sont exclus de certains avantages sociaux (assurance maladie, par exemple) dès lors qu’ils ont atteint l’âge normal de la retraite14.
Plusieurs pays ont mis fin aux pratiques de mise à la retraite obligatoire ou relevé l’âge de départ obligatoire au cours des dernières décennies (OCDE, 2022[4]). Les États‑Unis, par exemple, ont supprimé l’âge de départ obligatoire à la retraite en 1986. Le Danemark a fait de même en 2008 pour le secteur public, puis en 2016 pour le secteur privé. Certaines exceptions subsistent dans ces deux pays pour des professions très spécifiques pour lesquelles un maintien dans l’emploi susciterait des préoccupations légitimes en matière de santé et de sécurité, comme dans le cas des contrôleurs aériens, mais aussi d’autres professions comme les juges, les policiers ou le personnel militaire. Les tribunaux jouent en outre un rôle important pour limiter les pratiques de mise à la retraite obligatoire ou empêcher leur introduction. En Estonie, la Cour suprême a déterminé en 2007 que les pratiques de mise à la retraite obligatoire étaient contraires à la Constitution. Lorsque la Slovénie a introduit la retraite obligatoire en 2020, la Cour constitutionnelle a d’abord suspendu, puis annulé, la réglementation concernée. De la même manière, en 2022, la République slovaque a donné aux employeurs la possibilité de licencier leurs employés lorsqu’ils atteignent l’âge de 65 ans. Cette disposition a été suspendue par la Cour constitutionnelle dans l’attente d’une décision finale. Les arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne fournissent en outre un cadre de référence fixant les limites dans desquelles les pratiques de mise à la retraite obligatoire peuvent être considérées non discriminatoires, et par conséquent conformes à la loi (Oliveira, 2016[22] ; Dewhurst, 2016[23]). D’abord, l’adoption d’une telle mesure doit reposer sur des données concrètes démontrant que l’âge a une incidence réelle sur les performances, et non sur de simples suppositions ou généralisations. Ensuite, tout argument en faveur d’un âge de départ obligatoire à la retraite doit être spécifique à une profession ou un secteur d’activité particulier. Les préoccupations en matière de sécurité pourraient constituer un motif valable pour justifier la mise en place d’une mesure de retraite obligatoire s’il existe un consensus international selon lequel l’exercice d’une profession donnée au-delà d’un certain âge pourrait présenter un risque pour la santé ou la sécurité. Enfin, l’accès à une pension reste une condition importante à la mise en place d’une retraite obligatoire.
L’âge de départ obligatoire à la retraite a été préconisé pour des raisons économiques dans des circonstances spécifiques. Un premier argument invoqué en faveur de la retraite obligatoire concerne les situations dans lesquelles les salaires des travailleurs dépassent leur productivité lorsque l’ancienneté représente un facteur important dans la fixation des salaires (Lazear, 1979[24]). Ainsi, quand les travailleurs seniors représentent un coût supérieur à ce qu’ils produisent, la retraite obligatoire permet aux entreprises de réduire leurs coûts salariaux sans affecter leur production (OCDE, 2019[25]). Certains éléments laissent à penser que l’âge peu élevé de départ obligatoire à la retraite en vigueur en France avant 2003 a été plus particulièrement invoqué pour se séparer de travailleurs à haut salaire (Rabaté, 2019[26]). La réduction ou la suppression de l’âge de départ obligatoire dans ce contexte pourrait entraîner une baisse de l’efficacité. Un autre argument invoqué en faveur de la retraite obligatoire est que ce dispositif offre la possibilité de résilier les contrats de travail d’employés moins productifs sans encourir (le risque) de coûts élevés dans les pays ou secteurs où le licenciement de cette catégorie d’employés peut s’avérer particulièrement difficile ou onéreux (OCDE, 2019[25] ; OCDE, 2017[27]). Certains considèrent enfin que la retraite obligatoire conduit à une redistribution des opportunités d’emploi entre les générations, dans la mesure où le départ de travailleurs seniors permet de libérer des postes pour les générations plus jeunes (OCDE, 2022[4]). Même s’il peut exister un rapport de substitution dans l’emploi de jeunes travailleurs et de travailleurs seniors dans certains secteurs très spécifiques et bien protégés, dans l’économie de manière générale toutefois, les possibilités d’emploi pour les jeunes ne diminuent pas lorsque les travailleurs seniors restent en activité plus longtemps (OCDE, 2013[28]), contrairement à une idée fausse largement répandue. Étant donné que la retraite obligatoire dans un pays donné découle des réglementations en matière d’emploi et de rémunération, elle ne constitue qu’une solution de second choix pour surmonter les difficultés engendrées par les politiques menées dans d’autres domaines. La meilleure solution consisterait ainsi à améliorer les réglementations en matière d’emploi et de rémunération que les pratiques de retraite obligatoire visent à contourner. Cette approche pourrait toutefois s’avérer plus difficile à mettre en œuvre dans le secteur public, dans la mesure où les fonctionnaires bénéficient généralement de mesures de protection de l’emploi plus avantageuses et où leur productivité tend à être plus difficile à évaluer, ce qui rend d’autant plus complexe le passage d’un système de rémunération basé sur l’ancienneté à un système fondé sur les performances.
Réformes récentes des pensions
Copier le lien de Réformes récentes des pensionsLa présente section fait la synthèse des réformes adoptées dans les pays de l’OCDE entre septembre 2023 et septembre 2025. On trouvera des informations complémentaires sur les réformes votées pendant cette période dans l’Annexe 1.A.
Évolution des âges de départ à la retraite et des incitations à travailler plus longtemps
Âge normal de départ à la retraite
Dans les pays de l’OCDE en 2024, l’âge normal moyen de la retraite est de 64.7 ans pour les hommes. Il s’agit de l’âge auquel les personnes qui occupent un emploi permanent à temps plein depuis l’âge de 22 ans peuvent percevoir les prestations de l’ensemble des composantes de la retraite, sans décote. Il varie de 62 ans (Colombie, Grèce, Luxembourg et Slovénie) – la Türkiye fait figure d’aberration avec un âge normal de la retraite de 52 ans – à 67 ans (Australie, Danemark, Islande, Israël, Norvège et Pays-Bas) (Graphique 1.12)15.
La Tchéquie et la Slovénie ont adopté une loi qui relève l’âge légal de la retraite de deux ans. L’âge légal de la retraite augmentait déjà de deux mois par an jusqu’à atteindre 65 ans en 2030 et, selon la législation de 2024, devrait continuer d’augmenter, mais moins rapidement après 2030, à savoir d’un mois par an jusqu’à atteindre 67 ans en 2056. Parallèlement, les conditions d’ouverture des droits à la retraite ont été assouplies pour certaines personnes. Celles qui avaient au moins 20 ans, mais moins de 35 ans de couverture devaient attendre cinq ans après l’âge légal de la retraite pour bénéficier de leur pension. Ce délai a été ramené à deux ans. Un régime de retraite anticipée pour les métiers pénibles et dangereux a également été mis en place (voir plus bas).
Dans le cadre d’une grande réforme des retraites dont il est question plus bas, les autorités slovènes ont décidé, en septembre 2025, de relever les seuils d’âge du système de retraite de deux ans entre 2028 et 2035, sans modification de la durée de carrière relativement courte exigée. L’âge légal de départ à la retraite passera de 65 à 67 ans, sous condition de 15 années de cotisations. Avec 40 années de cotisations, le départ à la retraite sera possible sans décote à 62 au lieu de 60 ans. Les conditions de départ à la retraite pour les personnes entrées jeunes dans la vie active augmentent en conséquence : à l’heure actuelle, une personne qui a commencé à travailler avant 18 ans peut partir à la retraite à 58 ans sous condition de 40 années de cotisations ; à l’avenir, le départ à la retraite sera possible à partir de 60 ans pour les personnes entrées dans la vie active avant 20 ans. La réforme ne modifie pas l’âge normal de la retraite en Slovénie, cependant, car une personne qui a effectué une carrière complète à partir de 22 ans peut encore partir à la retraite sans décote à 62 ans.
Globalement, selon les mesures déjà en place, l’âge normal de la retraite moyen pour les hommes dans les pays de l’OCDE sera relevé de presque deux ans, à 66.4 ans, pour ceux entrés sur le marché du travail en 2024. D’après la législation en vigueur, la moitié des pays de l’OCDE relèveront l’âge normal de la retraite pour les hommes. Les différences entre les pays devraient en même temps devenir plus prononcées : l’âge normal de la retraite restera 62 ans en Colombie (pour les hommes), au Luxembourg et en Slovénie, mais il devrait atteindre 70 ans en Italie, aux Pays-Bas et en Suède, 71 ans en Estonie, et même 74 ans au Danemark conformément à l’indexation de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie (Graphique 1.12)16. Cependant, après confirmation par le parlement danois en mai 2025 du relèvement de l’âge légal de la retraite à 70 ans après 204017, le Danemark pourrait assouplir l’indexation actuelle de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie, auquel cas le futur âge normal de la retraite serait de moins de 74 ans. Les huit pays où le futur âge normal de la retraite sera le plus élevé sont tous ceux qui l’indexent sur l’espérance de vie, qui comprennent également la Finlande, le Portugal et la République slovaque. La Grèce est un autre pays de l’OCDE concerné, mais l’âge normal de la retraite futur devrait y être légèrement inférieur à l’âge moyen dans les pays de l’OCDE. En effet, la retraite anticipée étant possible sans décote à l’issue d’une carrière de 40 années, c’est l’âge minimum – qui devrait passer de 62 à 66 ans – qui détermine le futur âge normal de la retraite en Grèce. La Norvège devrait bientôt adopter l’indexation et relever l’âge de la retraite de deux tiers des gains d’espérance de vie.
Dans neuf pays de l’OCDE, les femmes célibataires continuent d’avoir droit à une pension à taux plein à un plus jeune âge que les hommes. L’Autriche, la Lituanie et la Suisse ont décidé de supprimer cette différence d’âge normal de la retraite entre les genres d’ici à 2033, 2026 et 2028, respectivement ; elle sera simplement réduite en Israël et en Türkiye (chapitre 3). L’écart sera ramené à deux et trois ans respectivement au Costa Rica et en Hongrie, mais il sera maintenu à cinq ans en Colombie et en Pologne. Au Chili, les femmes peuvent bénéficier des pensions par capitalisation à cotisations définies (CCD) à 60 ans (65 ans pour les hommes), mais ni les femmes ni les hommes ne peuvent bénéficier de la pension universelle garantie (PGU, Pensión Garantizada Univeral) avant 65 ans, ce qui détermine l’âge normal de départ à la retraite pour les deux sexes. Au Mexique, l’âge normal de la retraite est fixé à 65 ans pour les hommes et les femmes, mais une prestation forfaitaire destinée aux femmes de 60 à 65 ans, d’un faible montant, est actuellement mise en place (voir plus bas). Parmi les pays du G20, l’âge normal de départ à la retraite est différent pour les femmes et les hommes, et le restera, en Argentine, au Brésil et en Chine.
Graphique 1.12. L’âge normal de départ à la retraite augmentera dans la moitié des pays de l’OCDE pour les hommes
Copier le lien de Graphique 1.12. L’âge normal de départ à la retraite augmentera dans la moitié des pays de l’OCDE pour les hommesÂge normal de la retraite pour les hommes entrés dans la vie active à 22 ans et ayant mené une carrière complète
Note : L’âge normal de la retraite est calculé pour un individu ayant effectué une carrière complète à partir de l’âge de 22 ans. « Actuel » renvoie aux personnes parties à la retraite en 2024. « Futur » renvoie à l’âge auquel une personne a droit au bénéfice des prestations de retraite à taux plein de toutes les composantes obligatoires (sans décote), dans l’hypothèse d’une carrière complète à partir de l’âge de 22 ans, en 2024. Les crédits accordés pour les périodes d’études ne sont pas pris en compte. Par souci de clarté, l’échelle du diagramme exclut la valeur observée la plus basse, à savoir 52 ans pour l’âge normal de la retraite actuel en Türkiye.
Source : Voir le graphique 3.8 au chapitre 3, https://stat.link/uyd8wr.
Retraite anticipée et incitations à travailler plus longtemps
S’agissant de la retraite anticipée, la République slovaque a durci ses conditions tandis que l’Italie a élargi plusieurs des dispositifs en place tout en durcissant les conditions pour certains d’entre eux. La République slovaque a indexé les conditions de retraite anticipée sur l’espérance de vie. Alors que la retraite anticipée était auparavant possible avec décote à l’issue d’une carrière de 40 années, la durée de carrière désormais exigée augmente au même rythme que l’âge légal de départ à la retraite, lequel est indexé sur l’espérance de vie18. Par conséquent, d’après les projections d’espérance de vie de l’ONU, les personnes qui entrent aujourd’hui dans la vie active devront avoir effectué une carrière de 46 années pour avoir droit à la retraite anticipée. De surcroît, la décote applicable en cas de retraite anticipée a été relevée, passant de 0.3 % à 0.5 % par mois, soit l’équivalent de la décote pour un départ à la retraite deux ans avant l’âge légal, indépendamment de la durée de carrière.
En Italie, l’option dite « des femmes », qui leur ouvre droit à la retraite anticipée après 35 années de carrière, a été reconduite pour la période 2024‑2026, mais l’âge minimum pour en bénéficier a été porté à 61 ans au lieu de 6019. Les pensions des femmes qui optent pour ce régime sont entièrement calculées selon les règles du régime notionnel à cotisations définies, lesquelles se traduisent généralement par des prestations inférieures à celles obtenues lorsque les pensions sont calculées selon les règles du régime à prestations définies en Italie. D’autre part, la mesure Quota 103 a été reconduite pour la période 2024‑2025 et permet le départ à la retraite anticipée à 62 ans avec 41 années de cotisations, tandis que la mesure Quota 102 (retraite à 64 ans avec 38 années de cotisations) a été abolie. Pour les personnes qui partent à la retraite au titre de la mesure Quota 103 à compter de 2024, les règles du régime notionnel à cotisations définies sont appliquées à leur pension à taux plein. Le dispositif de retraite anticipée pour les chômeurs, les personnes en situation de handicap, les aidants ou les métiers pénibles (APE sociale) a également été reconduit pour la période 2024‑2025, mais l’âge minimum a été relevé à 63 ans et cinq mois au lieu de 63 ans. Le dispositif permettant la retraite anticipée en cas de restructuration d’entreprise en situation de crise a été reconduit inchangé et demeure ouvert à partir de 58 ans et au moins 35 années de cotisations. Les conditions de départ à la retraite anticipée à 64 ans pour les personnes couvertes uniquement par le régime notionnel à cotisations définies (c’est-à-dire les personnes qui ne cotisaient pas avant 1996) ont par ailleurs été durcies. Au lieu de 20 années précédemment, 25 années de cotisations sont désormais exigées pour ouvrir le droit à la retraite anticipée (c’est-à-dire avant 67 ans) à partir de 2025, et 30 années à partir de 2030.
Plusieurs autres pays ont modifié les décotes applicables en cas de retraite anticipée ou les surcotes en cas de retraite différée. L’Autriche a relevé la surcote de la pension de vieillesse, passée de 4.2 % à 5.1 % par année complète de report, le maximum étant fixé à 15.3 %. La Tchéquie a réduit de moitié la décote pour les travailleurs ayant acquis au moins 45 années de cotisations ; de 1.5 % par période de 90 jours de retraite anticipée, elle est passée à 0.75 %. L’Islande permet désormais de reporter le paiement de la pension ciblée et du supplément ciblé pour retraités célibataires jusqu’à l’âge de 80 ans au lieu de 72 ans. Elle a également remplacé la surcote (6.0 %) et la décote (6.6 %) fixes par an par une surcote et une décote propres à chaque combinaison d’âge et de cohorte de naissance, par souci de neutralité actuarielle. L’Irlande a mis en place une option de report du paiement de la pension contributive de base d’un maximum de quatre ans, de 66 ans à 70 ans. La surcote annuelle sera revue régulièrement selon les principes actuariels et augmente avec la durée du report : en 2025, les surcotes vont de 4.7 % pour la première année de report, à 5.3 % pour la quatrième. L’Espagne a encore assoupli les règles de calcul de la surcote. Jusqu’à présent, la surcote de 4 % par an était acquise uniquement par année complète de report. Depuis 2025, elle s’acquiert à raison de 2 % par période de six mois pour un report d’au moins 18 mois. Enfin, la Belgique a mis en place, en juillet 2024, une prestation forfaitaire en cas de retraite différée, majorée par année de report (maximum de trois années). Le nouveau gouvernement a toutefois annoncé, au début de 2025, qu’il prévoit de remplacer cette incitation par une surcote et une décote de 5 % en fonction de la durée de carrière.
Le Danemark et la Finlande ont également modifié les incitations afin d’encourager à travailler au-delà de l’âge normal de la retraite. Le Danemark a augmenté la prestation forfaitaire exonérée d’impôt versée annuellement aux personnes encore en activité deux ans après l’âge légal de la retraite. Cette prestation prend la forme d’une somme forfaitaire à laquelle ont droit les personnes qui travaillent au moins 30 heures par semaine pendant l’année, que le versement de leur pension publique ait été différé ou non. Actuellement fixée à 9.2 % du salaire brut moyen national pour la première année et à 5.5 % pour la seconde, elle devrait augmenter de 30 % en sus de l’indexation régulière entre 2026 et 2029. La Finlande a relevé à 65 ans au lieu de 60 l’âge à partir duquel le revenu d’activité est imposé à un taux préférentiel.
L’Espagne et la Tchéquie ont modifié les règles de la retraite anticipée pour les métiers pénibles ou dangereux. La Tchéquie permet dorénavant un départ à la retraite sans décote 15 mois avant l’âge légal à condition d’avoir travaillé au moins 10 ans environ (plus précisément, 2 200 équipes) à des postes jugés pénibles ou dangereux, ou 30 mois avant à condition d’avoir travaillé au moins 20 ans environ (4 400 équipes). La Tchéquie prévoit l’élargissement de ce dispositif de retraite anticipée pour les emplois pénibles et dangereux. À l’heure actuelle, une cotisation patronale supplémentaire de 2 % est imposée pour les ouvriers des mines, le personnel paramédical et les pompiers, ce qui leur permet de prendre leur retraite cinq ans avant l’âge légal. Cette cotisation pourrait être portée à 5 % et la liste des métiers élargie de manière à inclure, entre autres, le personnel infirmier spécialisé, les forestiers, les ferronniers et ouvriers de fonderie, les maçons et paveurs. En Espagne, le gouvernement et les partenaires sociaux ont établi une procédure normalisée pour déterminer la pénibilité ou la dangerosité des professions et, en rapport avec la pénibilité et la dangerosité, les droits à la retraite anticipée. Les coefficients de pénibilité ou de dangerosité de chaque profession sont calculés en prenant en compte le taux d’accidents du travail par genre et par âge, la gravité de ces accidents, et le nombre et la durée des congés de maladie dans ces professions. Ces coefficients sont censés être revus tous les 10 ans.
Cumul emploi-retraite
Plusieurs pays ont récemment facilité et rendu plus intéressant le cumul emploi-retraite. Tous les pays n’ont cependant pas évolué dans le même sens pour faciliter ce cumul, et certains ont mis en place des règles dont d’autres se sont éloignés. Au Japon, le revenu d’activité permettant de cumuler emploi et retraite, qui correspond à peu près au revenu brut moyen et à partir duquel la pension est suspendue, augmentera de 24 % en 2026. En 2024, la Lituanie a supprimé les limites de revenu pour les bénéficiaires de la pension de vieillesse sociale, versée aux personnes qui n’ont pas les 15 années d’activité requises pour la pension contributive. L’Espagne a assoupli les règles de cumul emploi-retraite en 2025. Précédemment, seules les personnes ayant effectué une carrière complète (36.5 années en 2024) et qui différaient la retraite d’au moins un an après l’âge légal pouvaient cumuler emploi et retraite. La moitié seulement de la pension était versée, sans surcote, pendant la période d’emploi, sans qu’il soit tenu compte du temps de travail ou de la rémunération. Après la réforme, le cumul emploi-retraite est ouvert à toute personne admissible à une pension de retraite, qu’elle ait ou non mené une carrière complète. Le report du paiement de la pension d’au moins un an reste exigé, mais une surcote est désormais versée. Le montant de la pension qui peut alors être perçue pendant que la personne continue de travailler dépend de la durée du report : après un an de report, 45 % de la pension peuvent être perçus. Un report de cinq ans est exigé pour pouvoir cumuler un emploi et une retraite à taux plein (voir plus haut). La Grèce a remplacé la décote de 30 % appliquée aux pensionnés actifs par une cotisation sociale supplémentaire de 10 % de la rémunération, pour laquelle aucun droit supplémentaire n’est acquis. La Tchéquie a adopté une autre approche en exemptant les pensionnés actifs de la cotisation de retraite à 6.5 %, tandis que le taux de cotisation patronale est resté inchangé. Pour les travailleurs indépendants qui cumulent emploi et retraite, le taux de cotisation a également été réduit de 6.5 points de pourcentage, passant de 28 % à 21.5 %. Cette réduction de 6.5 points de pourcentage remplace l’augmentation de la pension de 0.4 % pour chaque année de cumul emploi-retraite. L’Autriche, bien qu’elle maintienne des limites de revenu d’activité relativement strictes pour les pensionnés, a assoupli les règles pour 2024‑2025 et permet de dépasser légèrement la limite pendant quelques mois dans l’année20.
L’Espagne et la Suisse ont facilité le passage de la vie active à la retraite avec la retraite progressive, et la France a dissocié l’âge de la retraite progressive de l’âge minimum de la retraite, qui est relevé. En Espagne, la retraite progressive est dorénavant possible en réduisant les heures de travail de 25 % et de 75 %, au lieu de 50 % seulement avant 2025.21 La Suisse a ouvert la possibilité de réduire le temps de travail de 20 % à 80 % et de compenser par une part inversement proportionnelle de la pension publique. La retraite progressive est possible à partir de deux ans avant l’âge légal de la retraite jusqu’à 70 ans et la pension peut être graduellement augmentée en un maximum de trois phases pendant cette période (une réduction initiale du temps de travail, une plus forte réduction du temps de travail et la cessation totale de l’emploi). La décote habituelle s’applique à la part de pension perçue plus tôt, ou la surcote à la part de pension différée. La France a fixé l’âge minimum de la retraite progressive à 60 ans en 2025. Précédemment possible deux ans avant l’âge minimum de départ à la retraite, l’âge de la retraite progressive serait passé de 60 à 62 ans en raison du relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite de 62 à 64 ans décidé en 2023.
Modifications des prestations et des cotisations
Le revenu moyen des personnes de plus de 65 ans représentait 87 % de celui de l’ensemble de la population en moyenne dans les pays de l’OCDE au cours de la dernière année disponible. Les personnes âgées sont les mieux loties en Israël, en Italie, au Luxembourg et au Mexique, où leurs revenus sont à peu près équivalents, voire légèrement supérieurs, à ceux de l’ensemble de la population (chapitre 7). Elles bénéficient également de revenus relatifs élevés en moyenne au Canada, au Costa Rica, en Espagne, aux États-Unis, en France, en Islande, au Portugal et en République slovaque, comparativement aux autres pays. En Corée, en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, en revanche, le revenu des personnes âgées était inférieur d’environ un tiers.
Réformes systémiques visant à renforcer la protection des revenus des personnes âgées
Le Chili et le Mexique ont entrepris des réformes systémiques de leurs systèmes de retraite, tout comme la Colombie, bien que la réforme ait été suspendue par la Cour constitutionnelle. Le Chili a renforcé ses pensions par capitalisation à cotisations définies liées à la rémunération antérieure par une forte augmentation du taux de cotisation obligatoire. Il a également ajouté plusieurs composantes redistributives, notamment une pension de base par cotisations et un complément de pension pour les femmes. La Colombie a adopté une réforme qui met fin au choix entre la cotisation au régime public à prestations définies ou à un régime privé par capitalisation à cotisations définies, et qui augmente les prestations ciblées, mais sa mise en œuvre est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en attendant un examen approfondi. Le Mexique a quant à lui instauré un complément substantiel au régime par capitalisation à cotisations définies obligatoire, qui modifie la nature même de ses pensions liées à la rémunération antérieure en rompant le lien entre cotisations et prestations pour une grande partie de la population. Le Mexique avait précédemment mis en place une pension de base soumise à condition de résidence en 2019 et le Chili a rendu sa prestation ciblée quasi‑universelle en 2022. Ces nouvelles réformes s’inscrivent dans les efforts accrus des pays d’Amérique latine pour lutter contre le taux élevé de pauvreté des personnes âgées, dû notamment à l’ampleur du secteur informel et au manque de protection des personnes âgées les plus vulnérables. Au Costa Rica, le parlement examine une proposition de loi qui instaurerait une pension de base soumise à condition de résidence d’ici mars 2027.
Plus particulièrement, le Chili a renforcé ses pensions par capitalisation à cotisations définies et adopté trois nouvelles prestations dans le cadre de la réforme des retraites du début de 2025. Le taux de cotisation patronale passera de 1.5 % à 8.5 % d’ici à 2034. Du taux de cotisation de 8.5 %, 4.5 points de pourcentage alimenteront les comptes individuels par capitalisation à cotisations définies, ce qui fera augmenter les pensions futures et donnera lieu à une forte augmentation des droits au titre du régime par capitalisation à cotisations définies. Un points de pourcentage (p.p.) et demi finance initialement une nouvelle pension de base contributive et des obligations garanties. Entre 2044 et 2056, cependant, il sera progressivement réaffecté aux comptes par capitalisation à cotisations définies ; la pension de base contributive est censée cesser d’exister et les obligations garanties ne seront plus émises. Le restant de la nouvelle cotisation patronale, soit 2.5 points de pourcentage, est destiné à l’assurance invalidité, à l’assurance survivant et à compenser la portion de la rente des femmes (régime par capitalisation à cotisations définies) inférieure du fait de leur plus longue espérance de vie étant donné l’utilisation des tables de mortalité par sexe. Plus précisément, la prestation compensatrice de la plus longue espérance de vie des femmes, versée à compter de septembre 2025, complète les rentes des femmes afin qu’elles perçoivent la même pension que les hommes du même âge avec le même montant d’épargne (régime par capitalisation à cotisations définies), à condition qu’elles prennent leur retraite à 65 ans22.
La nouvelle pension de base contributive et les obligations garanties seront financées par des subventions d’État en sus des contributions de 1.5 p.p. La pension de base contributive commencera à être servie aux pensionnés actuels et futurs à partir de 2026. L’âge minimum est de 65 ans pour les hommes et les femmes, mais les hommes doivent avoir au moins 20 années de cotisations tandis que ce nombre est réduit à 10 années seulement pour les femmes initialement, puis à 15 années pour les nouvelles pensionnées à partir de 2036, le montant annuel étant le même que pour les hommes. Le taux plein, atteint après 25 années de cotisations, est égal à 2.5 UF23 ou 8 % du salaire brut moyen. Les obligations garanties sont remises pour les cotisations acquittées entre mars 2025 et 2055 ; elles concernent donc principalement les futurs pensionnés. Le taux d’intérêt sur leurs cotisations est lié à celui des obligations d’État. Les personnes qui atteignent l’âge légal de la retraite au titre du régime par capitalisation à cotisations définies (65 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes) peuvent choisir d’utiliser ces obligations pour augmenter leur rente viagère ou d’effectuer un retrait programmé de leur pension par capitalisation à cotisations définies, ou encore de simplement les convertir en 240 versements mensuels. Les obligations garanties pourront être servies au plus tôt en septembre 2026.
Le Chili a également augmenté la pension universelle garantie de 11.6 % en sus de l’indexation régulière sur les prix. Cette augmentation est destinée en un premier temps aux personnes âgées de 82 ans et plus qui perçoivent à hauteur de 250 000 CLP, soit l’équivalent d’environ 21 % du salaire brut moyen ou 95 % de la pension de vieillesse moyenne au titre du régime par capitalisation à cotisations définies, à compter de septembre 2025. Elle sera appliquée aux personnes âgées de 75 ans et plus en un deuxième temps, puis à l’ensemble des pensionnés par la suite. La prestation est calculée à 56 % de la pension perçue au titre du régime par capitalisation à cotisations définies au lieu de 50 % précédemment24. D’après le modèle de retraite de l’OCDE, l’augmentation de la prestation ciblée produira une pension totale plus élevée de 3.2 % pour une personne rémunérée au salaire moyen et de 5.2 % pour un bas salaire, à condition d’avoir effectué une carrière complète depuis l’âge de 22 ans, en 2024 (chapitre 4).
Le Chili a par ailleurs modifié certaines règles concernant la gouvernance des fonds de pension par capitalisation à cotisations définies afin de réduire les frais de gestion et d’accroître les choix de placement. Tous les deux ans à partir de 2027, 10 % des comptes individuels seront vendus aux enchères à l’administrateur qui proposera les frais de gestion les plus bas. Les personnes auront la possibilité de se retirer de la procédure et pourront changer d’administrateur à leur gré. Il existe actuellement cinq options de placement seulement, chacune avec un niveau de risque différent, mais le Chili passera en 2027 à un système d’au moins dix fonds à date cible avec politiques de placement par cohorte, et le degré de risque des fonds diminuera à mesure que l’âge de la retraite approchera.
La Colombie a adopté une réforme supprimant le choix entre un régime public à prestations définies ou un régime privé par capitalisation à cotisations définies pour l’acquisition d’une pension liée à la rémunération antérieure, mais sa mise en œuvre est incertaine après que la Cour constitutionnelle a suspendu la réforme en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Suite à la réforme, les cotisations de retraite applicables à une rémunération à hauteur du seuil de 2.3 fois le salaire mensuel minimum légal (2 990 000 COP en 2024) serviraient à financer la composante publique à prestations définies ; les cotisations versées sur le revenu d’activité au-dessus de ce seuil alimenteraient les comptes individuels par capitalisation à cotisations définies25, à hauteur d’un plafond fixé à 25 fois le salaire minimum. L’élimination de la concurrence entre les régimes privés et publics est bienvenue, car elle résout le problème des inégalités de pension pour des travailleurs à antécédents professionnels égaux tout en réduisant la complexité administrative afférente. D’autre part, alors qu’il faut avoir acquis 25 années de cotisations (1 300 semaines) pour avoir droit à la pension à prestations définies, ce chiffre serait réduit à environ 19 années (1 000 semaines). Une pension à taux plein nécessiterait encore 25 années.
La Colombie augmenterait sensiblement le niveau des prestations ciblées, bien qu’elles resteraient faible par rapport à d’autres pays de l’OCDE. La prestation ciblée triplerait presque pour atteindre le seuil de l’extrême pauvreté, actuellement à 223 000 COP, bien que, à 9 % du salaire brut moyen, elle resterait l’une des prestations ciblées pour les personnes âgées les plus basses au sein de l’OCDE (chapitre 3). De surcroît, les cotisations acquittées ne seraient plus perdues si les personnes ne remplissent pas les critères ouvrant droit à une pension liée à la rémunération antérieure après la réforme. Par exemple, les personnes qui ont acquitté moins de 300 semaines de cotisations recevraient le montant de leurs cotisations majoré d’un taux d’intérêt annuel de 3 % sous forme de capital au moment du départ à la retraite. Celles qui ont acquitté plus de 300 semaines, mais moins que les 1 000 requises pour ouvrir droit à la pension du régime public à prestations définies perceveraient une rente calculée en fonction des cotisations acquittées majorée d’un complément financé par l’impôt26. Pour financer l’augmentation de la pension ciblée, une cotisation supplémentaire à la caisse de solidarité retraite serait prélevée sur les salaires et sur les pensions plus élevés27.
La réforme en Colombie introduit plusieurs modifications liées au genre. Le complément de la rente versée aux personnes n’ayant pas droit à la pension à taux plein, financé par l’impôt, serait plus élevé pour les femmes que pour les hommes : les femmes perceveraient un complément égal à 30 % de leur rente, tandis que le complément des hommes serait de 20 %. Les cotisations exigées des femmes pour ouvrir droit à une pension contributive à taux plein seraient progressivement réduites, de 1 300 semaines en 2025 à 1 000 semaines. Cette réduction a été prévue dans la réforme en réaction à une décision du Tribunal constitutionnel en 2023, selon laquelle l’imposition de conditions de cotisations égales pour ouvrir droit à une pension à taux plein à un âge légal de la retraite inférieur de cinq ans pour les femmes à celui des hommes constitue une discrimination anticonstitutionnelle fondée sur le sexe étant donné que les femmes devraient atteindre le même montant de cotisations en moins de temps.
Le Mexique a quant à lui mis en place un complément de retraite substantiel lié à la rémunération antérieure dans le régime obligatoire par capitalisation à cotisations définies, modifiant ainsi la nature même de son système de pensions liées à la rémunération antérieure. Ce complément garantit aux bénéficiaires d’une pension de vieillesse l’intégralité de leur dernier salaire mensuel, à hauteur maximale du salaire mensuel moyen des cotisants à la sécurité sociale au moment de l’entrée en vigueur du complément. Ce plafond est ajusté en fonction de la hausse des prix, de telle sorte que le complément diminuera progressivement en termes relatifs, en un premier temps pour les salaires moyens et hauts, puis également pour les salaires inférieurs à la moyenne. La nouvelle prestation a été créée en raison du faible niveau actuel des pensions étant donné que le système de retraite n’est pas encore arrivé à maturité – le régime par capitalisation à cotisations définies datant de 1997 seulement, les générations retraitées ou proches de la retraite n’ont pas acquis toutes les cotisations requises – et que, outre l’ampleur du secteur informel, le taux de cotisation est bas. Cette nouvelle garantie s’applique depuis juillet 2024 à toute personne âgée de 65 ans ou plus bénéficiaire d’une pension par capitalisation à cotisations définies, qui nécessite une période de cotisation de 825 semaines en 2024, laquelle sera portée à 1 000 semaines d’ici à 2031. Par conséquent, même les travailleurs n’ayant cotisé que pendant une courte période toucheront une pension très élevée. Le régime est financé par diverses ressources, dont plusieurs sont des transferts ponctuels. On ignore donc comment les mesures de financement prévues pour ce complément permettront de tenir les promesses à long terme. Le dispositif serait partiellement financé par des fonds dormants, c’est-à-dire des fonds non réclamés dont les propriétaires ne peuvent pas être contactés. Des fonds peuvent ainsi être levés temporairement, mais sans grandes chances de fournir une source de financement durable28. D’autre part, pour régler la question des fonds dormants, le gouvernement et l’organisme chargé des pensions devraient tout d’abord chercher à en identifier les propriétaires et à transférer les fonds vers leurs comptes principaux. Dans la mesure où les pensions de base soumises à condition de résidence sont versées en complément, les taux de remplacement des personnes faiblement rémunérées sont nettement supérieurs à 100 % (voir plus bas). En réalité, le dispositif ne tient pas compte du bon fonctionnement du régime par capitalisation à cotisations définies et crée un droit à la pension à prestations définies partiellement capitalisée à 100 % du salaire le plus récent.
Améliorer la protection de la retraite des bas salaires
Les personnes âgées sont plus susceptibles de basculer sous le seuil de pauvreté monétaire relative que la population totale. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, 13.0 % des 66‑75 ans et 17.5 % des 76 ans et plus vivent en situation de pauvreté monétaire relative (revenu inférieur à 50 % du revenu disponible équivalent médian), contre 11.4 % de la population totale (Graphique 1.13). Le taux de pauvreté monétaire est de moins de 5 % pour les 66‑75 ans au Danemark, en Finlande, en Islande, en Norvège et aux Pays-Bas, et en Islande uniquement pour les 76 ans et plus. Dans les États baltes, en Corée et en Nouvelle‑Zélande, le taux de pauvreté dépasse 25 % chez les 66‑74 ans et même 40 % (sauf en Lituanie) chez les 76 ans et plus. L’Australie, le Costa Rica et les États-Unis enregistrent également des niveaux importants de pauvreté relative des personnes âgées. Le taux de pauvreté des 65 ans et plus en Nouvelle‑Zélande a doublé depuis l’édition 2023 de Panorama des pensions. Ce constat s’explique par le fait que la pension soumise à condition de résidence, le seul régime de retraite obligatoire du pays, se situe juste en deçà du seuil de pauvreté relative.
Graphique 1.13. Les personnes âgées sont plus susceptibles de vivre en situation de pauvreté monétaire relative
Copier le lien de Graphique 1.13. Les personnes âgées sont plus susceptibles de vivre en situation de pauvreté monétaire relativePourcentage de personnes dont le revenu est inférieur à 50 % du revenu disponible équivalent médian des ménages
Note : Les données les plus récentes portent sur 2022, sauf pour les pays suivants: Canada, Costa Rica, États-Unis, Finlande, Lettonie, Pays-Bas, Royaume‑Uni et Suède (2023), Allemagne et Japon (2021), Australie (2020) et Islande (2017). On ne dispose pas de données pour la Colombie.
Source : Voir le tableau 7.2 au chapitre 7, https://stat.link/j8ukzm.
L’Australie, le Chili, l’Islande et la Norvège, ont augmenté leurs prestations ciblées. De plus, le Mexique a quant à lui adopté un nouveau type de pension de base soumise à condition de résidence, destiné spécifiquement aux femmes avant l’âge légal de la retraite. Les pensions du premier pilier jouent un rôle essentiel dans la protection des personnes âgées contre la pauvreté. En particulier, les pensions non contributives du premier pilier (prestations ciblées et pensions de base soumises à condition de résidence) sont un outil fondamental pour lutter contre la pauvreté des personnes âgées. Les pensions contributives du premier pilier (pensions de base contributives et pensions minimales) sont également redistributives étant donné que l’ouverture du droit à pension est conditionnée au paiement de cotisations, mais pas au montant de cotisations payées. Le Chili a mis en place une pension contributive de base et la République slovaque a rehaussé le niveau des pensions minimales contributives. À l’inverse, la Belgique et la Finlande ont restreint l’ouverture du droit à certaines prestations du premier pilier pour des raisons budgétaires.
Plus précisément, la réforme structurelle adoptée au Chili et décrite ci-dessus comprend une augmentation du niveau des prestations ciblées de 11.6 % en sus de l’indexation régulière sur les prix. En Australie, l’allocation de logement pour la location sur le marché privé, destinée aux bénéficiaires de la pension de vieillesse, a augmenté de 15 % en septembre 2023 et de 10 % en septembre 2024. L’Islande a porté de 2.5 % à 3.7 % du salaire brut moyen le seuil au-dessus duquel la pension ciblée et le supplément pour retraités célibataires sont calculés sur la pension liée à la rémunération antérieure. En Norvège, les prestations ciblées destinées aux célibataires nés avant 1954 qui perçoivent les prestations de pension de vieillesse ont été augmentées de 2.3 % en sus de l’indexation en 202529. Les autorités finlandaises, à l’inverse, ont gelé l’allocation de logement destinée aux retraités à son niveau de 2023 pour la période 2024‑2027 et durci les conditions de ressources à satisfaire pour en bénéficier30. Le seuil de patrimoine à partir duquel cette prestation diminue a été revu à la baisse et son taux de dégressivité a été porté de 8 % à 15 %31.
Le Mexique a adopté un nouveau type de pension de base soumise à condition de résidence, destiné spécifiquement aux femmes et ouvert avant l’âge légal de la retraite (65 ans). La prestation de 3 000 MXN, versée tous les deux mois, est l’équivalent annuel de 9 % du salaire annuel brut moyen ou environ la moitié de la pension de base soumise à condition de résidence versée à toutes les personnes de 65 ans et plus. Initialement versée aux femmes âgées de 63 et 64 ans, elle est étendue en 2025 à toutes les femmes âgées de 60 à 64 ans. Les femmes issues des communautés autochtones ou afro-mexicaines âgées de 60 à 64 ans y ont droit dès son entrée en vigueur. Elle n’est plus perçue à partir de 65 ans, âge auquel les femmes ont droit à la même pension de base que les hommes. Cette prestation est censée reconnaître le travail non rémunéré des femmes et renforcer leur autonomie économique.
Les autorités slovaques ont revu à la hausse la prestation de retraite minimale, liée au minimum vital : la prestation après 30 années de cotisations est passée de 136 % à 145 % du minimum vital et, pour chaque année supplémentaire de cotisations, le taux augmente encore de 2.5 au lieu de 2.0 points de pourcentage du minimum vital jusqu’à 39 années de cotisations32. Pour une personne partant à la retraite à l’âge normal actuel, la prestation est portée de 28 % à 30 % du salaire brut moyen. La Belgique a ajouté une condition d’admissibilité à la pension minimale : outre les 30 années travaillées ou validées requises, 5 000 jours (environ 16 années) d’emploi effectif33 sont désormais exigés. Il est probable que cette condition d’admissibilité supplémentaire retentira plus particulièrement sur les femmes. En effet, chez les personnes âgées de 65 ans en 2019, les périodes validées constituent en moyenne 39 % de la carrière des femmes et 30 % de celle des hommes ; la période totale moyenne d’emploi effectif en équivalent temps plein était de 14.6 années pour les femmes et de 19.4 années pour les hommes (Schols et al., 2022[29])34.
Améliorer la viabilité financière
Pour améliorer la viabilité financière des régimes de retraite publics, les pays ont principalement revu les taux de cotisation à la hausse. Dans les pays où les prestations du régime de retraite public sont relativement peu élevées, la hausse du taux de cotisation peut éviter que les pensions soient encore réduites à l’avenir pour faire face aux pressions financières. Avec des taux de remplacement bruts plus proches de la moyenne de l’OCDE avant la réforme (OCDE, 2023[30]), la Tchéquie a amélioré les finances de la retraite en réduisant les pensions futures. Le Japon a relevé le plafond de cotisation, mesure qui atténuera la pression financière à court terme, mais qui sera neutralisée par une augmentation correspondante de la rémunération ouvrant droit à pension à long terme. Enfin, la Slovénie a adopté une réforme globale des retraites qui modifie plusieurs paramètres, dont les âges de départ à la retraite (voir ci-dessus) en septembre 2025, et qui devrait améliorer à la fois la viabilité financière et l’équité du système.
Les autorités irlandaises ont décidé de revoir à la hausse le taux de cotisation pour la retraite contributive de base : le taux appliqué aux salariés et aux travailleurs indépendants passera de 4.1 % à 4.7 % entre 2025 et 2028, et celui appliqué aux employeurs, de 11.15 % à 11.75 % sur la même période. Cette mesure est censée permettre à l’Irlande de maintenir l’âge légal de la retraite à 66 ans dans les années à venir au vu de l’annulation d’une proposition du gouvernement précédent de relever l’âge de la retraite à 68 ans d’ici à 2039. Les autorités coréennes ont décidé de porter le taux de cotisation global actuel de 9 %, réparti entre les employeurs et les salariés, à 13 % en 2033, à raison de 0.5 p.p. par an. Cette réforme est prévue comme un premier pas vers une plus grande viabilité financière du système de retraite et d’autres réformes devraient suivre.
La Tchéquie a décidé de revoir le salaire de référence et le taux d’acquisition à la baisse pour la période 2026‑2035. Actuellement, le calcul de la retraite repose sur l’intégralité du salaire, dans la limite d’un seuil de 42 % du salaire brut moyen, au-delà duquel une partie seulement du salaire est prize en compte. À compter de 2026, à raison d’1 p.p. par an, 90 % seulement du salaire en deçà de ce seuil seront pris en compte (à partir de 2036). Sur la même période, le taux d’acquisition baissera et passera de 1.5 % à 1.45 % par an, à raison de 0.005 p.p. par an.
Le Japon relèvera progressivement le plafond de cotisation sur les salaires entre 2027 et 2029. De 650 000 JPY en 2027 (144 % du salaire brut moyen en 2024) il descendra graduellement à 750 000 JPY en 2029. Cette mesure augmente à la fois les cotisations et les droits à la retraite liée à la rémunération antérieure (la rémunération ouvrant droit à pension). À court terme, elle augmente les ressources pour le système de retraite, tandis que la hausse des dépenses due à l’augmentation des droits à la retraite sera progressive. Face à la hausse rapide des dépenses de retraite, une telle mesure peut aider à soulager la pression financière causée par la vieillissement démographique à court terme, mais pas dans la durée.
La réforme globale engagée en Slovénie se traduira par une hausse des taux de remplacement au moment de la retraite, mais aussi par une plus faible indexation des pensions servies. Les pensions initiales sont revalorisées en relevant les taux d’acquisition, d’un côté et, de l’autre, en réduisant le salaire de référence pris en compte dans le calcul de la retraite. De 2028 à 2035, les taux d’acquisitions sont portés de 29.5 % pour les 15 premières années de carrière et de 1.36 % pour chaque année supplémentaire, à 30 % et 1.6 % respectivement. Par conséquent, le taux d’acquisition total pour une carrière de 40 années passe de 63.5 % à 70.0 %. Parallèlement, la période prize en compte pour déterminer le salaire de référence est allongée, aux 35 meilleures années de la carrière au lieu de 24, ce qui se rapproche de la rémunération sur l’ensemble de la carrière35. Cet allongement améliore l’équité du système de retraite du fait que les pensions calculées en fonction du salaire pendant une partie seulement de la carrière sont plus avantageuses pour les personnes dont le salaire a rapidement augmenté tout au long de leur carrière que pour celles dont le salaire est resté stable. Les personnes à faibles revenus ayant des carrières irrégulières ne seront probablement pas sensiblement affectées par ce changement, car les périodes sans emploi sont exclues du calcul du salaire de référence, et le salaire de référence minimum est fixé à 76.5 % du salaire moyen. La Colombie, le Costa Rica, l’Espagne et la France sont dorénavant les seuls pays de l’OCDE à calculer le salaire de référence pour le régime de retraite à prestations définies à partir de moins de 35 années de carrière. L’indexation des pensions servies a également été revue, ce qui ralentirait l’augmentation des pensions au fil du temps. Les pensions servies sont actuellement revalorisées à 60 % de la croissance des salaires et 40 % de la hausse des prix. À partir de 2026, ces pourcentages sont progressivement revus chaque année jusqu’à ce que les pensions soient indexées à 20 % de la croissance des salaires et 80 % de la hausse des prix d’ici à 2045. L’effet conjugué de ces réformes devrait réduire le total des droits à pension36.
Aux États-Unis, la date d’épuisement du fonds affecté à l’assurance vieillesse et survivants (OASI, Old-Age and Survivors Insurance) a avancé de trois trimestres, au premier trimestre de 2033 (Board of Trustees of the Federal Old-Age and Survivors Insurance and Federal Disability Insurance Trust Funds, 2025[31]). Trois facteurs ont contribué à cet avancement. Premièrement, l’abrogation par une réforme de 2025 de deux dispositions qui avaient réduit les prestations de certains pensionnés dont les emplois n’étaient pas couverts par la sécurité sociale. Elle a pour effet d’augmenter les prestations de personnes touchant une pension de certains systèmes de retraite publics, locaux ou fédéraux, et par des personnes touchant une pension pour un travail en dehors des États-Unis. Deuxièmement, la période actuelle de faible fécondité est désormais censée durer 10 années de plus que précédemment anticipé. Enfin, la part du travail en pourcentage du PIB est maintenant censée se stabiliser à un niveau plus bas que prévu, ce qui se traduit par la réduction des cotisations de retraite en part du PIB. En Espagne, l’écart entre les dépenses de retraite et les cotisations de sécurité sociale se creusera dans les décennies à venir sans autres réformes, et ce malgré le niveau élevé des cotisations. Selon les projections de l’Autorité indépendante de responsabilité budgétaire (AIReF; Autoridad Independiente de Responsabilidad Fiscal) (2025[32]), les règles actuelles étant appliquées, les dépenses de retraite augmenteront de 3.2 points de pourcentage du PIB entre 2023 et 2050, pour atteindre 16.1 % du PIB en 2050. Cette évolution se traduira par un déficit de financement et un stock croissant d’engagements implicites, qui ne sont pas provisionnés (OCDE, 2025[33]). Compte tenu de l’écart grandissant entre les dépenses de retraite et les cotisations de sécurité sociale dans les projections de l’AIReF, le FMI insiste sur de nouvelles réformes des retraites (Fonds monétaire international European Dept., 2025[34]).
Autres évolutions des prestations liées à la rémunération antérieure et de la fiscalité
Les revenus des retraités peuvent être revalorisés en révisant les taux de remplacement, l’indexation des pensions servies, les taux de cotisation dans les régimes à cotisations définies ou les taux d’imposition. Outre les révisions des retraites en Tchéquie (voir plus haut), la Corée, la Nouvelle‑Zélande, la République slovaque, la Slovénie et la Suisse ont augmenté dans une certaine mesure les prestations des retraites liées à la rémunération antérieure. La Lettonie a par ailleurs doublé le revenu des retraités exonéré d’impôt, ce qui s’est traduit par l’exemption de l’impôt d’une grande majorité de pensionnés.
La Corée, la Nouvelle‑Zélande, la République slovaque et la Suisse ont augmenté les retraites liées à la rémunération antérieure. La Corée a inversé la baisse programmée du taux de remplacement cible d’un salaire moyen avec 40 années de carrière : il est désormais fixé à 43 % à partir de 2026, contre 41.5 % en 2025, alors qu’il devait diminuer progressivement pour atteindre 40 % en 2028. Cette mesure est financée en partie par l’augmentation du taux de cotisation (voir plus haut). Les autorités néo-zélandaises ont décidé d’augmenter le taux de cotisation des salariés et des employeurs au régime par capitalisation à cotisations définies à affiliation automatique, qui passera de 3.0 % à 3.5 % en 2026 et à 4.0 % en 2028. La contribution de l’État est réduite de moitié, passant de 50 % à 25 %, et supprimée pour les hauts salaires37. La République slovaque et la Suisse ont instauré un 13e mois de pension. En République slovaque, il s’agit d’une prestation forfaitaire égale à la pension mensuelle moyenne de l’année précédente assortie d’un plancher de 300 EUR38. Pour avoir droit au 13e mois à taux plein, les retraités doivent avoir acquitté au moins 10 années de cotisations ; le taux est ajusté au prorata pour les plus courtes périodes de cotisation. Le taux de cotisation au régime public slovaque de retraite par points a été augmenté de 1.5 p.p. et les cotisations au régime par capitalisation à cotisations définies à affiliation automatique ont été réduites, passant de 5.5 % à 4.0 %39. L’augmentation prévue du taux de cotisation au régime à affiliation automatique, à 6 % d’ici à 2027, a été annulée. La Suisse a instauré un 13e mois de pension dans le régime public de retraite liée à la rémunération antérieure à la suite d’un référendum. Ce 13e mois pourrait être financé par une augmentation de la TVA. Le Portugal a pour sa part décidé d’indexer les pensions servies à partir de la première année après le départ à la retraite, au lieu de la deuxième année40.
La Lettonie a modifié le nombre de paramètres dans son système de retraite et notamment revu le taux d’imposition des prestations de retraite à la baisse. À compter de 2025, elle a doublé le revenu exonéré d’impôt des bénéficiaires de diverses pensions, notamment des pensions de vieillesse, d’invalidité et de réversion, le portant de 500 à 1 000 EUR par mois. En conséquence, les pensions sont exonérées d’impôt à hauteur de 58 % du salaire brut moyen. En 2024, environ 40 % des pensions de vieillesse étaient inférieures à 500 EUR et environ 90 % inférieures à 1 000 EUR (Bureau central des statistiques de Lettonie, 2025[35]). Les autorités lettonnes ont rétabli le supplément de pension pour les années travaillées avant 1996, lequel avait été aboli pour les nouveaux retraités en 2012. Il s’agit d’une somme mensuelle forfaitaire égale à 1.62 EUR par année travaillée avant 1996 en 2025, ou 1 % du salaire brut moyen pour 10 années travaillées41. D’autre part, les cotisations ont été temporairement rééquilibrées entre le régime notionnel à cotisations définies et le régime par capitalisation à cotisations définies. Depuis 2016, une cotisation de 14 % finançait le premier et 6 % étaient dirigés vers le second (OCDE, 2018[36]) ; ces pourcentages passeront à 15 % et 5 % respectivement entre 2025 et 2028.
Taux de remplacement futurs
Selon les mesures déjà votées, en 2024, un salarié moyen devrait toucher une pension nette au titre des régimes obligatoires équivalente à 63 % de sa rémunération nette après une carrière complète depuis l’âge de 22 ans, en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les taux de remplacement nets futurs seront inférieurs à 40 % en Corée, en Estonie, en Irlande et en Lituanie (Graphique 1.14). Ils seront à l’inverse supérieurs à 85 % en Autriche, en Espagne, en Grèce, au Luxembourg et au Portugal, et plus de 95 % aux Pays-Bas et en Türkiye.
Le taux de remplacement net futur des travailleurs faiblement rémunérés (50 % du salaire moyen) ayant mené une carrière complète s’établit en moyenne à 76 % dans les pays de l’OCDE, ou à 12 points de pourcentage de plus pour les salaires moyens. Les taux de remplacement sont généralement plus élevés pour les bas salaires en raison des éléments redistributifs intégrés dans les systèmes de retraite. En Lituanie et en Pologne, le taux de remplacement net pour les bas salaires est très faible, aux alentours de 40 %. Il dépasse en revanche 100 % au Danemark, au Mexique et en Slovénie, ce qui se traduit par un revenu net plus élevé au passage de la vie active à la retraite ; le taux de remplacement est proche de 100 % en Grèce, au Luxembourg et aux Pays-Bas.
Les mesures adoptées au cours des deux dernières années et décrites plus haut ont la plus forte incidence positive sur les taux de remplacement nets futurs au Mexique ainsi qu’en Chine et en République slovaque. Les taux de remplacement futurs au Mexique pour les salaires moyens et bas, auparavant proches de la moyenne de l’OCDE, ont augmenté de 18 et 47 points de pourcentage respectivement. Cette hausse est la conséquence de la création du supplément public au régime obligatoire par capitalisation à cotisations définies dont il est question plus haut. Au Chili, l’augmentation des cotisations patronales qui alimentent les comptes individuels par capitalisation à cotisations définies ainsi que les obligations garanties élèvent de 17 points de pourcentage le taux de remplacement net pour les hommes rémunérés au salaire moyen, le portant à 6 1 %. Le taux de remplacement pour les femmes, à rémunération égale, augmente de 19 points de pourcentage en raison de la mise en œuvre de la prestation compensatrice de l’effet négatif de leur plus longue espérance de vie sur la rente du régime par capitalisation à cotisations définies, portant ainsi leur pension au même niveau que celle des hommes dans ce cas. L’instauration du 13e mois de pension en République slovaque relève le taux de remplacement net de 6 points de pourcentage pour un salaire moyen et de 7 points pour un bas salaire, le portant à 79 % et 86 % respectivement. La réforme slovène augmente de 6 et de 8 points de pourcentage respectivement les taux de remplacement d’un salaire moyen et d’un bas salaire, lesquels passent à 71 %, et 100 %. Ces chiffres reposent sur des cas dans lesquels les travailleurs perçoivent le même salaire relatif tout au long de leur carrière, sachant cependant que bon nombre de personnes voient leur profil salarial progresser tout au long de leur carrière. Par conséquent, pour un grand nombre d’individus, l’augmentation des droits à pension sera moindre étant donné que le taux d’acquisition plus élevé compensera dans une certaine mesure l’allongement de la période de référence, en sus de la baisse de l’indexation pour tous.
Les réformes ont engendré une évolution plus mesurée du taux de remplacement en Corée, en Lettonie et en Suisse. En Corée, l’augmentation du taux de remplacement cible du régime de retraite se traduit par une augmentation du taux de remplacement net de 3 points de pourcentage pour un salaire moyen et de 4.5 points de pourcentage pour un bas salaire. En Lettonie, les effets du redéploiement temporaire des cotisations, du régime par capitalisation à cotisations définies vers le régime notionnel à cotisations définies, et ceux de la réforme de la fiscalité des retraites se neutralisent pour le salaire moyen. La création d’un 13e mois de pension dans le régime public de retraite liée à la rémunération antérieure en Suisse a élevé les taux de remplacement de 2 et 3 points de pourcentage pour les moyens et bas salaires, respectivement. Compte tenu des hypothèses relatives à la durée de carrière et à l’appartenance au régime qui sous-tendent le scénario de base, la réforme structurelle des retraites en Colombie n’a aucun effet sur les taux de remplacement ici : avant comme après la réforme, moyens et bas salaires, à l’issue d’une carrière complète, touchent une pension à taux plein au titre du régime à prestations définies, dont les règles restent inchangées.
Graphique 1.14. Taux de remplacement nets pour les moyens et bas salaires
Copier le lien de Graphique 1.14. Taux de remplacement nets pour les moyens et bas salairesTaux de remplacement net futur des régimes obligatoires à l’issue d’une carrière complète à partir de l’âge de 22 ans, en 2024
Note : L’âge normal de la retraite est indiqué entre parenthèses. Les bas salaires correspondent à 50 % du salaire moyen. Les bas salaires en Colombie, Nouvelle‑Zélande et Slovénie correspondent à 64 %, 63 % et 56 % du revenu d’activité moyen, respectivement, pour prendre en compte du minimum salarial.
Source : Voir le tableau 4.4 au chapitre 4, https://stat.link/iyv4nl.
Évolution des options de retrait des pensions par capitalisation
Les autorités lituaniennes et turques ont ouvert la possibilité d’effectuer des retraits forfaitaires sur les pensions par capitalisation. En Lituanie, un retrait de 25 % du solde du compte de la pension par capitalisation à cotisations définies est autorisé, à un moment quelconque une fois dans la vie. Le solde total du compte peut dorénavant être retiré dans les cinq années précédant l’âge légal de la retraite si le montant ne dépasse pas un certain seuil42. En cas de problème de santé grave empêchant d’autres cotisations à l’avenir, l’intégralité du compte peut être retirée sans impôt ni décote, à tout moment. En Türkiye, des retraits sont désormais possibles en cas de mariage, d’achat d’un logement, de catastrophe naturelle ou d’études universitaires. Chaque motif de retrait ne peut être évoqué qu’une seule fois et le montant ne peut jamais dépasser la moitié du solde du compte43. Ces options vont à l’encontre de la Recommandation de l’OCDE en la matière, à savoir que l’accès anticipé à l’épargne‑retraite doit être une mesure de dernier recours et dépendre des difficultés individuelles rencontrées (OCDE, 2022[37]). En 2021, les Pays-Bas ont adopté une loi prévoyant la possibilité de retirer jusqu’à 10 % de la pension sous forme de capital au moment du départ à la retraite. Elle devait initialement prendre effet en 2022, mais le texte a été révisé et son entrée en vigueur reportée. Une communication ministérielle fixe sa plus proche date de mise en œuvre en juillet 2026.
Autres légères modifications des cotisations
La Pologne et la Türkiye ont pris des mesures de petite envergure qui modifient les subventions aux cotisations des entreprises. Dans le cas de la Pologne, il s’agit de la mise en place de fait d’une réduction de 8.5 % des cotisations sociales (qui comprennent les cotisations aux régimes de retraite) pour tous les propriétaires de petites entreprises : ces cotisations sont entièrement couvertes par l’État pour un mois par an afin de réduire le coût de la gestion d’une entreprise. Pendant ce « congé de cotisations », les propriétaires d’entreprises qui emploient moins de 10 personnes ne paient pas de cotisations sociales pour eux-mêmes, ce qui est sans effet sur leurs droits à sécurité sociale. Dans le cas de la Türkiye, la subvention aux cotisations sociales patronales a été revue à la baisse, passant de 5 à 4 points de pourcentage, à l’exception de l’industrie manufacturière pour laquelle les 5 points de pourcentage sont maintenus.
Réformes de la couverture
Modifications de la couverture
L’Irlande va adopter l’affiliation automatique à son régime de retraite professionnel, tandis que la Lituanie a décidé d’abolir sa politique d’affiliation automatique. Après plusieurs atermoiements, l’Irlande a voté l’affiliation automatique en 2024 et devrait commencer à affilier automatiquement aux régimes de retraite par capitalisation à cotisations définies professionnels les nouveaux salariés et les salariés actuels âgés de 23 à 60 ans, à compter de janvier 2026. Les salariés seront affiliés si leur rémunération brute dépasse 20 000 EUR par an ou 30 % du salaire moyen, sauf s’ils sont déjà affiliés à un régime de retraite professionnel. Les cotisations sont versées sur la part de la rémunération inférieure à 80 000 EUR par an. Ceux qui sont automatiquement affiliés peuvent se retirer du régime ou suspendre leurs cotisations après six mois de participation obligatoire. L’affiliation est totalement facultative pour les salariés qui ne remplissent pas les conditions d’affiliation automatique. Le taux de cotisation global passera de 3.5 % en 2026 à 14 % d’ici à 2036. Les cotisations patronales sont fixées au même niveau que celles des salariés, et l’État contribue un tiers de ce montant : d’ici à 2036, le salarié et l’employeur contribueront chacun 6 % et l’État 2 %. Il n’est pas possible de cotiser plus que le taux fixé. La Lituanie a en revanche décidé d’abolir l’affiliation automatique à son régime de retraite par capitalisation à cotisations définies et de revenir à la couverture entièrement facultative. Il sera possible de retirer les cotisations et le rendement de ces cotisations, exemptés de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, en 2026‑2027. La part du compte individuel subventionnée alimenterait le fonds de l’assurance sociale et serait convertie en points de retraite supplémentaires dans le régime de retraite à points.
La Corée, le Japon, le Mexique et la Suisse ont pris des mesures pour étendre la couverture des régimes de retraite en place à de nouvelles catégories professionnelles. Le Japon a augmenté la couverture des personnes travaillant à temps partiel ainsi que des travailleurs de secteurs particuliers. Précédemment, certaines conditions devaient être remplies pour pouvoir acquérir une pension : travailler au moins 20 heures par semaine, percevoir un salaire correspondant à environ 20 % du salaire brut moyen, et travailler dans une entreprise comptant plus de 50 salariés. Les 20 heures travaillées sont maintenues, mais la limite de rémunération est abolie d’ici à 2028 et, entre 2027 et 2035, le critère de la taille d’entreprise sera progressivement supprimé. D’autre part, bien que la couverture soit obligatoire pour les entreprises comptant au moins cinq salariés à temps complet, des exceptions sont prévues pour les entreprises des secteurs de l’agriculture, de la sylviculture, de la pêche, des bars, restaurants et hôtels. Ces exemptions sont éliminées à compter de 2029, mais seulement pour les nouvelles entreprises entrant dans ces secteurs. La Corée a étendu les subventions au titre de son régime de retraite facultatif aux personnes faiblement rémunérées qui ne sont pas obligatoirement couvertes par l’assurance retraite (ex. les travailleurs indépendants ou les salariés de petites entreprises)44. Le Mexique, qui a étendu la couverture obligatoire aux travailleurs domestiques en 2022, l’a de nouveau étendue aux employés des plateformes numériques à compter de juin 2025. En Suisse, les cotisations versées après l’âge légal de la retraite ouvrent désormais des droits à pension supplémentaires jusqu’à l’âge de 70 ans. En cas de cumul emploi-retraite, la pension peut être recalculée une fois de manière à tenir compte des années travaillées supplémentaires.
Couverture des périodes de responsabilités familiales, du mariage et pension de réversion
Plusieurs pays de l’OCDE ont amélioré la pension de retraite des parents au cours des deux dernières années. L’Australie a mis en place des crédits de retraite liés aux responsabilités parentales, tandis que la Tchéquie et la Corée ont élargi cette offre. En Colombie, la réforme des retraites, actuellement suspendue, prévoit l’introduction de crédits de cotisations de retraite pour enfants. L’Australie a instauré des crédits de responsabilité parentale dans le régime de retraite par capitalisation à cotisations définies pour le congé parental financé par l’État applicable aux enfants nés ou adoptés à compter de juillet 2025. Pour la durée du congé parental (jusqu’à 120 et 130 jours ouvrés pour les enfants nés à compter de juillet 2025 et juillet 2026 respectivement), l’État a maintenant commencé à payer les cotisations d’épargne‑retraite. Le montant des cotisations correspond à la retraite garantie (Superannuation Guarantee), à 12 % de la prestation de congé parental. L’effet sur le total des droits à pension est cependant limité, car l’augmentation de la pension au titre du régime par capitalisation à cotisations définies est dans une large mesure neutralisée par une réduction de la prestation ciblée. La réforme des retraites en Colombie, actuellement soumise à l’examen de la Cour constitutionnelle, rendrait la composante à prestations définies de son système de retraite nouvellement réformé plus accessible aux mères en leur accordant 50 semaines de cotisations par enfant, dans la limite de trois enfants, pour satisfaire à la condition de durée de carrière requise pour bénéficier de la pension à prestations définies. Cette mesure aurait pour effet d’abaisser le seuil d’ouverture du droit à la pension à prestations définies, de 1 000 à 850 semaines pour une mère de trois enfants.
En Tchéquie, les droits à pension des parents changeront pour les deux premiers enfants à partir de 2027. Un parent reçoit dorénavant un crédit de retraite de trois ans par enfant, qu’il ou elle travaille ou non, tandis que le supplément parental forfaitaire par enfant reste en place pour les enfants suivants. Étant donné que la même période ne peut pas être prize en compte deux fois pour les personnes qui ont deux enfants de moins de 3 ans, un parent rémunéré au salaire moyen acquiert la même pension qu’une personne sans enfant en cas d’interruption de carrière de cinq ans pour s’occuper de deux enfants nés à deux ans d’intervalle45. En Corée, les crédits pour responsabilité parentale, à hauteur de 12 mois par enfant, étaient précédemment accordés à partir du deuxième enfant seulement. À compter de 2026, ces crédits seront accordés dès le premier enfant46.
La Tchéquie a instauré le partage des droits à pension pour les conjoints mariés ou les partenaires enregistrés, à compter de 2027. Pour les périodes pendant lesquelles les deux partenaires sont en emploi, les couples pourront demander que les droits à la retraite de chacun soient calculés en fonction de la rémunération moyenne des deux. Compte tenu des éléments fortement redistributifs de la retraite liée à la rémunération antérieure en Tchéquie, notamment les seuils de rémunération relativement bas à partir desquels la rémunération n’est que partiellement ou pas du tout prize en compte dans le calcul de la retraite, le partage de la retraite par le partage de la rémunération dans le calcul de la pension pourrait permettre aux couples d’accroître la pension totale perçue en tant que couple lorsque la différence de revenus entre les deux est importante. Le partage facultatif de la retraite pourrait également être adopté en Belgique. En effet, dans l’accord de gouvernement de janvier 2025, les autorités belges s’engagent à ouvrir l’option du partage facultatif des pensions et, s’il est voté, le taux de remplacement supérieur pour les individus avec un conjoint à charge n’ayant que peu ou pas de droits à retraite serait limité à quelques cas particuliers.
Le Canada, le Japon, la Pologne et la Slovénie ont apporté des modifications aux pensions de réversion. Le Canada ne verse plus de pension de réversion au survivant d’un couple séparé si le couple avait demandé le partage de leurs droits à la pension de retraite du régime de pensions du Canada. Le Japon a réformé la pension de réversion pour qu’elle soit neutre à l’égard du genre à partir de 2028. Précédemment, les femmes touchaient une pension de réversion au décès de leur mari ou une prestation de transition de cinq ans en cas de veuvage avant l’âge de 30 ans, tandis que les hommes pouvaient bénéficier de la prestation de transition en cas de veuvage uniquement à partir de 55 ans ou d’une pension de réversion permanente à partir de 60 ans. En vertu des nouvelles règles, les hommes comme les femmes ont droit à la prestation de transition de cinq ans au décès du conjoint avant l’âge de 60 ans et à la pension de réversion par la suite. La réforme ne réduira pas les droits à retraite des personnes qui sont déjà bénéficiaires de la pension de réversion, de celles qui sont âgées de plus de 60 ans, des femmes de plus de 40 ans en 2028 et des personnes avec enfants de moins de 18 ans. Le Japon a également mis en place une nouvelle composante de sa pension de réversion : si les revenus du conjoint décédé sont supérieurs à ceux du conjoint survivant, une part du compte de pension liée à la rémunération antérieure du conjoint décédé est ajouté celui du conjoint survivant. Les conditions de ressources applicables au conjoint survivant sont également abolies47. La Pologne n’autorisait pas le cumul de la pension de réversion et de la pension de vieillesse, désormais possible dans une certaine mesure. Les veufs et les veuves peuvent dorénavant choisir de toucher leur pension individuelle à taux plein, plus 15 % de la pension de réversion, ou de toucher la pension de réversion à taux plein plus 15 % de leur pension individuelle. À partir de 2027, le montant de la seconde pension passera de 15 % à 25 %. En Slovénie, l’âge d’admissibilité à la pension de réversion sera relevé de deux ans pour égaliser les seuils d’âge du système de pensions (voir plus haut). Entre 2028 et 2035, l’âge d’admissibilité passera de 58 à 60 ans par tranches de trois mois par an. Parallèlement, les pensions de réversion seront portées à 75 % au lieu de 70 % de la retraite du conjoint décédé en 2026, et à 80 % en 2027. La Suisse devrait également réformer sa pension de réversion48.
Réformes des pensions en cours
L’Autriche et la Norvège prévoient de modifier l’âge de départ à la retraite et les options de retraite anticipée. L’Autriche prévoit de restreindre l’accès au régime de retraite anticipée appelé Korridorpension, l’un de quatre régimes de retraite anticipée, ainsi que trois régimes couvrant les assurés de longue durée et les métiers pénibles. Pour le régime Korridorpension, l’âge légal de la retraite est fixé à 65 ans (pour les hommes et, à partir de 2033, pour les femmes également), mais l’âge minimum de la retraite serait progressivement relevé, passant de 62 à 63 ans ; le nombre d’années d’assurance requis pour avoir droit à la pension serait de 42 au lieu de 40. Après un accord parlementaire en 2024, la Norvège légifère sur l’ajout de deux tiers des gains de longévité à l’âge de la retraite et prévoit de réduire en même temps la décote effective en cas de retraite anticipée. L’âge de la retraite serait automatiquement ajusté chaque année, par tranches mensuelles. Dans le cadre de l’accord politique, l’effet de la décote en cas de retraite anticipée serait réduit par la mise en place d’un supplément forfaitaire. Cette mesure fournirait un supplément aux personnes qui partent à la retraite entre 62 et 65 ans, ces limites d’âge augmentant parallèlement à l’âge normal de la retraite. Le supplément à taux plein, soit environ 4 % du salaire brut moyen national, serait versé aux personnes qui prennent leur retraite à 62 ans et le montant serait progressivement réduit plus l’âge du départ à la retraite se rapprocherait de l’âge normal. La prestation, appelée « dispositif de solidarité », n’est pas ciblée sur les emplois ou les métiers considérés pénibles ou dangereux. Elle repose plutôt sur l’hypothèse fondamentale que les personnes qui ne travaillent pas plus longtemps lorsque l’âge de la retraite est relevé n’en ont probablement pas la capacité. Les personnes qui choisissent ce régime ne pourront cumuler emploi et retraite que dans une mesure très limitée. La prestation, conçue pour atténuer quelque peu l’effet négatif de la décote de retraite anticipée, en particulier pour les personnes faiblement rémunérées, est estimée trop modeste pour avoir un effet substantiel sur les incitations à la retraite anticipée.
En Belgique, le nouvel accord de gouvernement comporte un large éventail de mesures en rapport avec la retraite qui devraient être votées en 2025. Elles visent principalement à maîtriser la hausse des dépenses de retraite causée par le vieillissement démographique. Parmi elles : le plafonnement des périodes validées pouvant constituer la carrière d’une personne ; la mise en place d’un régime de surcote‑décote ainsi qu’une nouvelle option de retraite anticipée à partir de 60 ans avec au moins 42 années travaillées ; l’harmonisation plus poussée du régime de retraite des fonctionnaires et de celui des salariés du secteur privé ; la suppression des options de retraite anticipée pour certaines catégories professionnelles, dont les militaires et le personnel des chemins de fer qui peuvent actuellement prendre leur retraite à 56 et 55 ans respectivement ; et le durcissement des critères de résidence pour avoir droit à l’assistance sociale aux personnes âgées.
Depuis l’édition 2023 du Panorama des pensions, les taux de remplacement aux Pays-Bas reposent sur les retraites professionnelles par capitalisation à cotisations définies. Les règles entrées en vigueur en 2023, qui obligent les fonds de pension à passer des régimes à prestations définies aux régimes par capitalisation à cotisations définies d’ici à 2028, s’appliquent encore aujourd’hui. Pourtant, les mesures de transition demeurent un sujet de débat politique porteur d’incertitude. Les fonds sont encouragés à transférer les droits à retraite au titre du régime à prestations définies vers le nouveau système de retraite, et la question de forcer ou non les fonds de pension à consulter leurs affiliés sur le transfert de droits déjà acquis demeure un sujet de débat intense. Une proposition de modification pour forcer ce type de consultations a été rejetée par le parlement en mai 2025 par un seul vote.
Références
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[30] OCDE (2023), Pensions at a Glance 2023: OECD and G20 Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/678055dd-en.
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[3] OCDE (2021), Pensions at a Glance 2021: OECD and G20 Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/878b2235-fr.
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[7] Scott, T. et V. Canudas-Romo (2024), « Decomposing the Drivers of Population Aging: A Research Note », Demography, vol. 61/4, pp. 1011-1021, https://doi.org/10.1215/00703370-11481955.
[38] Superintendencia de Pensiones (2025), Número y monto promedio, en U.F., de las pensiones pagadas en el mes por modalidad, según tipo de pensión (Al 31 de marzo de 2025), https://www.spensiones.cl//inf_estadistica/afipen/mensual/2025/03/m00.html.
Annexe 1.A. Vue d’ensemble des réformes récentes des pensions
Copier le lien de Annexe 1.A. Vue d’ensemble des réformes récentes des pensionsTableau d’annexe 1.A.1. Réformes des pensions décidées entre septembre 2023 et septembre 2025
Copier le lien de Tableau d’annexe 1.A.1. Réformes des pensions décidées entre septembre 2023 et septembre 2025|
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Âge de départ à la retraite |
Couverture |
Pensions |
Cotisations |
Retraites minimale et de base, revenu et conditions de ressources |
Impôts et frais |
Autres |
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Allemagne |
Décembre 2024 Le taux de cotisation des retraités à l’assurance dépendance obligatoire passe de 3.4 % à 3.6 % à compter de janvier 2025, l’ajustement étant appliqué rétroactivement en juillet 2025. |
Janvier 2024 Pour inciter les bénéficiaires de prestations d’invalidité à essayer de reprendre le travail, les bénéficiaires de pensions en raison d’une capacité de revenu réduite peuvent prendre un emploi dépassant leur capacité de travail résiduelle estimée pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois sans perdre leurs droits. |
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Australie |
Octobre 2024 La loi modifiant le congé parental rémunéré (Parental Leave Amendment Act) a instauré des cotisations de retraite financées par l’État sur les prestations de congé parental pour les enfants nés ou adoptés à partir de juillet 2025. Le montant des cotisations correspond à la retraite garantie (Superannuation Guarantee), soit 12 % de la prestation de congé parental. Des versements seront effectués aux caisses de retraite des personnes remplissant les conditions requises à compter du 1er juillet 2026. |
Septembre 2023, 2024 Le taux maximum de l’aide locative fédérale (CRA, Commonwealth Rent Assistance), qui permet aux bénéficiaires de la pension de vieillesse de louer plus facilement sur le marché privé, a été relevé de 15 % en septembre 2023, puis de 10 % en septembre 2024. |
Janvier 2024 Les ajustements temporaires de la prime au travail, qui ont réduit le montant du revenu éligible pris en compte dans le critère de revenu appliqué à la pension de vieillesse en 2022 et 2023, ont été pérennisés. Les nouveaux bénéficiaires de la pension de vieillesse perçoivent une prime au travail dont le solde de départ s’élève à 4 000 AUD et dont le solde maximal passe à 11 800 AUD. |
Décembre 2024 La loi relative à l’objectif de la pension de retraite (Superannuation [Objective] Act) dispose que l’objectif de la pension de retraite est de « préserver l’épargne afin de générer un revenu pour une retraite digne, parallèlement à l’aide publique, de manière équitable et durable » et exige que les propositions de modification du système de retraite soient accompagnées d’une déclaration de compatibilité avec cet objectif. |
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Autriche |
Janvier 2024 La surcote appliquée en cas de report de la liquidation de la pension de vieillesse est portée de 4.2 % à 5.1 % par année complète de report, le maximum étant fixé à 15.3 % au bout de trois ans. Les règles de cumul emploi-retraite anticipée ont été assouplies pour 2024 et 2025. Normalement, la pension est suspendue si la rémunération dépasse le seuil de revenus pour les personnes exerçant une activité minimale (Geringfügigkeitsgrenze), fixé à 551 EUR par mois en 2025. En 2024 et 2025, une personne peut être rémunérée à hauteur de 40 % de ce seuil dans une année (c’est-à-dire jusqu’à 220 EUR pour l’année complète en 2025) avant que la pension soit suspendue. |
Janvier 2024 La suspension de l’indexation au prorata des retraités de première année en fonction du mois de leur départ à la retraite (Aliquotierung) est prolongée, de sorte que toutes les personnes prenant leur retraite en 2024 bénéficient de l’indexation intégrale en janvier 2025. La revalorisation exceptionnelle des revenus d’activité antérieurs au cours de l’année de la retraite (Schutzklausel) est également appliquée, les revenus d’activité antérieurs ayant été revalorisés de 6.2 % pour les personnes ayant pris leur retraite en 2024 et de 4.5 % pour celles ayant pris leur retraite en 2025. Juin 2025 Les retraites sont indexées à hauteur de 50 % du taux normal d’indexation la première année. Cette mesure s’appliquera pour la première fois en janvier 2026 à la cohorte partie à la retraite en 2025. |
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Belgique |
Juillet 2024 À compter de juillet 2024, les personnes qui continuent de travailler après la date d’ouverture des droits à une pension de vieillesse bénéficient d’une prestation de retraite différée appelée « prime de retraite ». Il s’agit d’une prestation forfaitaire non imposée qui augmente chaque jour de report, le plafond étant atteint après trois ans de report. Pour les personnes ayant effectué une carrière d’au moins 43 années au moment de l’ouverture de leur droit à une pension de vieillesse, la prestation est égale à 12 018 EUR par année de report en 2025 si elle est versée sous forme de capital, ou à 50 EUR par mois pour un versement mensuel. Pour les personnes ayant effectué moins de 43 années, la prestation représente un tiers de ces montants pour la première année de report, deux tiers pour la deuxième année et le montant total pour la troisième année de report. Dans le cas d’un travail à temps partiel, la prestation est ajustée en fonction de l’ampleur de l’emploi. Le montant total de la pension, prestation de retraite différée comprise, ne peut dépasser un certain plafond, fixé à 8 292 EUR par mois en 2025. |
Avril 2024 Les pensions des fonctionnaires sont ajustées en sus de l’indexation sur les prix en fonction de la croissance des salaires dans le secteur public. À compter de janvier 2025, les revalorisations des pensions des fonctionnaires, en sus de l’indexation sur les prix, sont plafonnées à 0.6 % par période de deux ans. |
Avril 2024 À compter de janvier 2025, une condition d’éligibilité supplémentaire s’appliquera pour bénéficier de la pension minimale. Une personne devra encore avoir travaillé ou validé 30 années, mais elle devra également comptabiliser 5 000 jours d’emploi effectif pour la pension minimale à taux plein, ou 3 120 jours pour la pension minimale calculée au prorata pour un emploi à temps partiel (certaines périodes non travaillées, en particulier celles liées aux responsabilités familiales, seront également prises en compte dans le nouveau critère d’emploi). Le nombre de jours requis dépend du régime de retraite minimale et du type d’emploi. |
Avril 2024 Pour les pensions professionnelles versées sous forme de capital, ce capital est fictivement annualisé pour calculer la cotisation maladie et invalidité (3.55 %) retenue. Alors que la cotisation était précédemment calculée à partir de la rente fictive à taux plein, 53.22 % seulement de la rente fictive sont pris en compte dans le calcul de la cotisation à compter de janvier 2024. La cotisation de sécurité sociale liée à la constitution de pensions professionnelles très élevées, qui aboutirait à une pension totale supérieure à la pension maximale des fonctionnaires (cotisation « Wijninckx »), passe de 3 % à 6 % en janvier 2028. |
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Canada |
Juin 2024 Depuis janvier 2025, les pensions de réversion ne sont plus versées au conjoint survivant d’un couple séparé s’il a demandé un fractionnement des droits à pension au titre du Régime de pensions du Canada (RPC). L’admissibilité à la prestation pour enfant à charge dans le cas de cotisants au RPC en situation de handicap ou décédés a été élargie. |
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Chili |
Janvier 2025 Les droits à la prestation contributive nouvellement créée et à la prestation compensatrice de la plus longue espérance de vie des femmes (voir Pensions) sont ouverts à partir de 65 ans. L’obligation garantie est accessible à partir de l’âge légal de la retraite dans le régime à cotisations définies (65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes). |
Janvier 2025 Trois nouvelles prestations de retraite sont mises en place : - La pension contributive. À partir de 2026 et jusqu’à 2055, les retraités actuels et futurs peuvent percevoir cette pension à condition d’être âgés d’au moins 65 ans et d’avoir cotisé au moins 20 années pour les hommes ou 10 années pour les femmes (ce qui portera à 15 années la durée de cotisation pour les nouveaux retraités à compter de 2036). La prestation est égale à 0.1 UF par année de cotisation, avec un maximum de 2.5 UF atteint après 25 années de cotisation. - L’obligation garantie. Pour les contributions versées d’août 2025 à 2055, les obligations sont émises avec un taux d’intérêt verrouillé lié au taux d’intérêt des obligations d’État. Une fois atteint l’âge légal de la retraite dans le régime par capitalisation à cotisations définies (65 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes), cette obligation peut être utilisée pour augmenter la rente viagère ou la pension de retraite programmée ; elle peut également être retirée en 240 versements mensuels (au plus tôt en septembre 2026). - La prestation compensatrice liée à l’espérance de vie des femmes. En raison de leur espérance de vie plus longue, les femmes perçoivent une rente inférieure à celle des hommes qui prennent leur retraite au même âge et disposent du même montant d’épargne au titre du régime par capitalisation à cotisations définies. À compter de janvier 2026, une prestation compensatrice complète la rente des femmes par rapport à celle des hommes du même âge disposant d’une épargne par capitalisation à cotisations définies, à condition qu’elles prennent leur retraite à 65 ans ; la prestation est moindre pour un départ à la retraite avant 65 ans. |
Janvier 2025 Les cotisations patronales sont progressivement portées de 1.5 % à 8.5 % d’ici à 2034. Il s’agit notamment d’une cotisation de 4.5 % aux comptes de retraite par capitalisation à cotisations définies des salariés ; d’une cotisation de 1.5 % à l’obligation garantie jusqu’en 2054, convertie en cotisation aux comptes de retraite par capitalisation à cotisations définies des salariés à compter de 2056 ; et d’une cotisation de 2.5 % au financement de l’assurance invalidité et survivant et de la prestation compensatrice liée à l’espérance de vie des femmes. |
Janvier 2025 La pension universelle garantie (PGU) ciblée est augmentée de 11.6 % pour atteindre 250 000 CLP. Cette révision à la hausse concerne les personnes âgées de 82 ans et plus à compter de septembre 2025, de 75 ans et plus à compter de septembre 2026, et de 65 ans et plus (c’est-à-dire toutes les autres) à compter de septembre 2027. La PGU est étendue aux bénéficiaires de pension de réversion des systèmes de retraite par répartition des forces armées et de police, ainsi qu’aux bénéficiaires de pension d’État pour les victimes de violations des droits de l’homme et pour les personnes méritantes. |
Janvier 2025 Pour réduire les frais de gestion, les adhérents peuvent changer d’administrateur à tout moment et un mécanisme d’enchères est mis en place. Tous les deux ans à partir de 2027, 10 % des comptes individuels seront vendus aux enchères à l’administrateur qui proposera les frais de gestion les plus bas. Seuls les administrateurs dont la part de marché est inférieure à 25 % peuvent participer. Les adhérents auront la possibilité de se retirer. Les fonds à date cible remplaceront le dispositif multi-fonds à compter d’avril 2027. Les adhérents resteront affiliés au même fonds tout au long de leur vie active, l’horizon d’investissement étant lié à l’âge de la retraite. Les cinq fonds actuels seront remplacés par au moins dix fonds, dont un fonds spécial pour les retraités. À compter d’avril 2029, les administrateurs seront récompensés par le fonds à date cible si sa performance au cours des 36 derniers mois dépasse la performance relative d’un indice de référence, ou devront payer une pénalité si la performance est inférieure à l’indice de référence. En août 2025, le Fonds autonome de protection des retraites (FAPP, Fondo Autónomo de Protección Previsional) a été créé pour gérer les cotisations au titre de la prestation contributive et de l’obligation garantie, de l’assurance invalidité et survivant, et de la prestation compensatrice liée à l’espérance de vie des femmes. Le FAPP sera un organisme indépendant, et les fonds seront investis par des entreprises externes. |
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Colombie |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Les pensions de solidarité et semi-contributives nouvellement créées (voir Pensions) seraient accessibles à partir de 65 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes, en fonction de l’âge d’ouverture des droits aux prestations ciblées. |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Pour les femmes, les cotisations requises pour ouvrir droit à une pension contributive à taux plein seraient progressivement réduites, de 1 300 à 1 000 semaines. Des crédits de cotisations pour responsabilité parentale seraient mis en place afin de faciliter l’accès à la partie à prestations définies de la pension de vieillesse contributive à taux plein. Les mères de famille auraient droit à 50 semaines de cotisations par enfant, pour un maximum de trois enfants (maximum 150 semaines). Les habitants des zones rurales qui cotisent au régime d’épargne‑retraite subventionné ad hoc BEPS seraint couverts par la nouvelle prestation semi-contributive. |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Le système de retraite constitué d’un régime ciblé avec possibilité de choisir entre un régime de pension liée à la rémunération public ou privé serait remplacé par un système à plusieurs niveaux et plusieurs composantes. Les hommes et les femmes ayant acquis respectivement moins de 900 et 750 semaines de cotisations au moment de l’entrée en vigueur commenceraient à acquérir de nouveaux droits en vertu des nouvelles règles. La composante à laquelle une personne a droit dépenderait du nombre total de semaines de cotisation : - < 300 semaines : capital constitué du total des cotisations ajustées acquittées, majoré d’intérêts annuels à 3 % ; les personnes peuvent avoir droit à une prestation de solidarité ciblée. - 300 à 999 semaines : prestation semi-contributive, c’est-à-dire une rente viagère calculée sur le total des cotisations versées, avec un complément de l’État de 20 % pour les hommes et de 30 % pour les femmes. Cette prestation est plafonnée à 80 % du salaire minimum. - >= 1 000 semaines : régime de retraite à prestations définies, à taux plein pour au moins 1 300 semaines de cotisations (condition ramenée progressivement à 1 000 semaines pour les femmes, voir Couverture). |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Les cotisations seraient versées au régime public de retraite pour la fraction des revenus d’activité correspondant à un maximum de 2.3 fois le salaire minimum, et sur un compte d’épargne‑retraite individuel géré par un fonds de pension privé pour la fraction des revenus comprise entre 2.3 et 25 fois le salaire minimum. Une cotisation supplémentaire au fonds de solidarité retraite serait prélevée sur les revenus d’activité supérieurs à quatre fois le salaire minimum : - 4 à 7 fois le salaire minimum : 1.5 % - 7 à 11 fois le salaire minimum : 1.8 % - 11à 19 fois le salaire minimum : 2.5 % - 19 à 20 fois le salaire minimum : 2.8 % - > 20 fois le salaire minimum : 3.0 % |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Les personnes sans autres prestations de retraite (c’est-à-dire moins de 300 semaines de cotisations) dont le revenu est inférieur au seuil d’extrême pauvreté (223 000 COP en 2024) auraient droit à la nouvelle prestation de solidarité ciblée, qui complète leur revenu jusqu’au seuil d’extrême pauvreté. Cette prestation serait nettement plus élevée que la précédente prestation de vieillesse ciblée de 80 000 COP. |
La mise en œuvre de la réforme de juillet 2024 décrite ci-dessous est incertaine après que la Cour constitutionnelle l’a suspendue en juin 2025, en attendant un examen approfondi. Pour les pensions dont le montant total est compris entre 10 et 20 fois le salaire minimum, une cotisation de 1 % serait versée au fonds de solidarité retraite ; pour les pensions dont le montant total est supérieur à 20 fois le salaire minimum, cette cotisation serait de 2 %. |
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Corée |
Avril 2025 À compter de 2026, des crédits de retraite pour responsabilité parentale peuvent être acquis (max. 12 mois) pour le premier enfant et le plafond de 50 mois de crédits pour responsabilité parentale est supprimé. Les crédits pour service militaire sont portés de 6 à 12 mois. À compter de janvier 2026, des subventions aux cotisations sont mises en place pour les personnes à faible revenu qui souscrivent individuellement (principalement des travailleurs indépendants). Ces subventions doivent couvrir la moitié des cotisations de retraite jusqu’à 12 mois. Le montant maximal de subvention n’a pas encore été déterminé. Cette mesure vient compléter les subventions aux cotisations déjà en place, destinées à inciter les personnes à faible revenu qui souscrivent individuellement et ont cessé de verser leurs cotisations à reprendre ces paiements. |
Avril 2025 Le taux de remplacement du régime national de retraite, qui s’établit à 41.5 % en 2025 et devait diminuer progressivement pour atteindre 40 % en 2028, sera fixé à 43 % à partir de 2026. |
Avril 2025 À compter de 2026, le taux de cotisation au régime national de retraite de 9 % (réparti à parts égales entre les employeurs et les salariés) sera relevé de 0.5 points de pourcentage (p.p.) par an jusqu’à atteindre 13 % en 2033. |
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Costa Rica |
Décembre 2023 Des stratégies d’investissement sur le cycle de vie seront établies pour le régime par capitalisation à cotisations définies (ROP, Régimen Obligatorio de Pensiones Complementarias). Dans un premier temps, les adhérents seraient répartis en quatre groupes en fonction de la cohorte de naissance : personnes nées avant 1970, 1970‑1979, 1980‑1989, 1990 ou plus tard. À l’avenir, de nouveaux groupes seront créés pour de nouvelles cohortes, et des groupes de générations plus âgées seront fusionnés. La mise en œuvre, initialement prévue pour avril 2025, est reportée à mars 2026. |
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Danemark |
Mai 2025 Le Parlement a confirmé le relèvement de l’âge légal de la retraite à 70 ans en 2040, conformément à l’indexation de l’âge de la retraite sur l’espérance de vie, actuellement prévue par la loi. Décembre 2023 La seniorpræmie, une prestation forfaitaire versée chaque année aux personnes travaillant en moyenne au moins 30 heures par semaine au cours des deux premières années suivant l’âge légal de la retraite (indépendamment de la liquidation de la pension), est revue à la hausse. Actuellement fixée à 9.2 % du salaire brut moyen national (48 555 DKK) pour la première année et à 5.5 % (28 902 DKK) pour la seconde, elle devrait augmenter de 30 % en sus de l’indexation régulière entre 2026 et 2029. |
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Espagne |
Décembre 2024 Jusqu’à présent, la surcote de 4 % par an était acquise uniquement par année complète de report. Depuis 2025, pour une personne qui diffère sa retraite d’au moins 18 mois, la surcote est de 2 % par semestre. À compter de 2025, les conditions de cumul emploi-retraite (« retraite active ») sont assouplies. Une carrière complète n’est plus requise et le cumul peut être combiné avec une prime de report (un report d’une année est encore exigé), et la décote de 50 % de la pension est remplacée par une décote en fonction de la durée du report : après un an de report, 45 % de la pension peuvent être combinés avec un emploi ; 55 % après deux ans de report ; 65 % après trois ans ; 80 % après quatre ans ; et 100 % après cinq ans de report. Chaque année de cumul emploi-retraite, 5 % supplémentaires de la pension peuvent être liquidés, dans la limite de 100 %. À compter de 2025, la retraite progressive est possible à partir de l’âge normal de la retraite, avec une réduction du temps de travail comprise entre 25 % et 75 %, au lieu de 50 % précédemment. Dans le cas d’un « contrat de relève », elle est désormais possible à partir de trois ans au lieu de deux avant l’âge normal de la retraite, mais dans ce cas, seule une réduction comprise entre 20 % et 33 % du temps de travail est possible la première année. À partir de deux ans avant l’âge normal de la retraite, le temps de travail peut être réduit de 25 % à 75 %, comme auparavant. Une procédure standardisée a été mise en place pour déterminer les taux de réduction des départs en retraite anticipée pour les emplois pénibles ou dangereux dans le cas où l’emploi ne peut pas être adapté. Les coefficients de pénibilité ou de dangerosité par profession sont révisés tous les dix ans et calculés en fonction des critères suivants : - le taux d’accidents du travail par genre et par âge - le taux d’accidents graves - le nombre de congés de maladie ou d’accident - la durée des congés. |
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Estonie |
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États‑Unis |
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Janvier 2025 Certaines règles réduisant les prestations de sécurité sociale pour les bénéficiaires à la fois d’une prestation de sécurité sociale et d’une pension pour un travail non couvert par la sécurité sociale ont été abrogées. Cette mesure a pour effet d’augmenter les prestations de personnes touchant une pension de certains systèmes de retraite publics, locaux ou fédéraux, et de personnes touchant une pension pour un travail en dehors des États-Unis. Les modifications s’appliquent rétroactivement aux prestations versées à compter de février 2024. |
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Finlande |
Janvier 2024 Pour les grandes entreprises, le taux de cotisation aux prestations d’invalidité est fondé sur l’incidence des pensions d’invalidité dans l’entreprise au cours des deux dernières années. Certains changements ont été apportés aux modalités de détermination de l’incidence des pensions d’invalidité : les pensions d’invalidité à durée déterminée de plus de deux ans sont désormais également prises en compte, et l’incidence d’invalidité des travailleurs âgés de 55 ans ou plus au moment de l’embauche ne sera plus prise en compte. |
Janvier 2024 L’allocation de logement versée aux retraités est gelée au niveau de 2023 pour la période 2024‑2027. L’indexation reprendra plus tôt si l’indice dépasse le niveau de 2023, soit 10.2 %. Janvier 2025 Le taux de dégressivité de l’allocation de logement pour les retraités est porté de 41.3 % à 43.5 %. Par ailleurs, les conditions de ressources à satisfaire pour pouvoir bénéficier de l’allocation ont été durcies : le taux de dégressivité est passé de 8 % à 15 % et le seuil de patrimoine à partir duquel cette prestation diminue a été revu à la baisse, passant de 18 306 EUR à 15 000 EUR pour les célibataires et de 29 290 EUR à 24 000 EUR pour les couples. L’âge limite pour la pension nationale et la pension garantie passe de 16 à 18 ans. Février 2025 La pension nationale n’est plus versée aux personnes résidant dans un autre pays de l’UE ou de l’EEE, en Suisse ou au Royaume‑Uni. |
Janvier 2024 La déduction fiscale plus élevée au titre des revenus d’activité s’applique aux salariés âgés de 65 ans et plus, au lieu de 60 ans et plus précédemment. |
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France |
Juillet 2025 La France a fixé l’âge minimum de la retraite progressive à 60 ans en 2025. Précédemment possible deux ans avant l’âge minimum de départ à la retraite, l’âge de la retraite progressive serait passé de 60 à 62 ans en raison du relèvement de l’âge minimum de départ à la retraite de 62 à 64 ans décidé en 2023. |
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Grèce |
Décembre 2023 Les conditions d’accès aux pensions auxiliaires dans le cadre du régime notionnel à cotisations définies (e‑EFKA) ont été harmonisées avec celles du régime par capitalisation (TEKA). La prestation est désormais ouverte aux personnes ayant au moins 15 années d’assurance complémentaire et qui bénéficiaient précédemment de la pension de vieillesse principale. Auparavant, l’accès à la prestation était lié à l’accès à la pension de vieillesse principale. Janvier 2024 La réduction de 30 % de la pension pour les personnes qui cumulent emploi et retraite est abrogée. En revanche, les bénéficiaires de la pension de vieillesse versent une cotisation sociale complémentaire de 10 % sur leur rémunération en plus des cotisations sociales normales. Cette cotisation complémentaire n’est pas versée par les bénéficiaires d’une pension d’invalidité qui cumulent emploi et retraite. |
Mai 2024 Les plafonds d’endettement des pensionnés auprès de l’e‑EFKA sont revus à la hausse. En règle générale, les personnes ayant cotisé au moins 20 années peuvent être endettées de 30 000 EUR au maximum au lieu de 20 000 EUR. Leur pension est alors réduite de 60 % jusqu’à ce que le montant total de l’endettement atteigne 20 000 EUR, après quoi la dette est remboursée en un maximum de 60 versements égaux. Décembre 2023 Depuis janvier 2025, la Banque de Grèce est la seule autorité chargée de superviser les fonds d’assurance professionnelle. De nouvelles procédures simplifiées ont été mises en place pour créer des fonds d’assurance professionnelle. Les fonds peuvent proposer plusieurs régimes de retraite pour les différentes professions ou les différents secteurs d’activité, ce qui devrait permettre aux petites entreprises de proposer plus facilement des plans de retraite professionnels à leurs salariés. La réglementation applicable aux différents types de pensions professionnelles est unifiée, avec notamment un plafond de cotisation unique et un traitement fiscal identique. |
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Hongrie |
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Irlande |
Septembre 2023 À compter de janvier 2024, la pension de base contributive peut être différée de quatre années au maximum, de 66 ans à 70 ans. La prime de report est régulièrement réévaluée selon les principes actuariels et est plus élevée en cas de report plus long : en 2025, elle est de 4.7 % pour la première année de report, de 4.9 % pour la deuxième, de 5.1 % pour la troisième et de 5.3 % pour la quatrième. |
Juillet 2024 Depuis janvier 2026, les salariés en activité et les nouveaux salariés âgés de 23 à 60 ans sont automatiquement affiliés au nouveau système d’épargne‑retraite si leur rémunération est d’au moins 20 000 EUR par an et s’ils ne sont pas encore affiliés à un régime de retraite complémentaire. Ceux qui sont automatiquement affiliés peuvent se retirer du régime ou suspendre leurs cotisations après six mois de participation obligatoire. D’autres salariés pourront adhérer volontairement au nouveau système d’épargne‑retraite. |
Juillet 2024 En ce qui concerne le régime d’affiliation automatique (voir Couverture), les employeurs et les salariés cotisent chacun 1.5 % du salaire à compter de janvier 2026, cotisation qui augmente de 1.5 % tous les trois ans jusqu’à atteindre 6 % en 2036. La contribution de l’État s’élève dans un premier temps à 0.5 %, puis elle augmente de 0.5 p.p. tous les trois ans jusqu’à atteindre 2 % à partir de 2036. Le total des contributions est donc passé de 3.5 % en 2026 à 14 % en 2036. Les cotisations sont versées sur la part de la rémunération inférieure à 80 000 EUR par an. S’agissant de la retraite publique contributive, le taux de cotisation des salariés et des indépendants ainsi que celui des employeurs augmenteront progressivement, passant respectivement de 4.1 % et 8.9 % ou 11.15 %, à 4.7 % et 9.5 % ou 11.75 %, entre octobre 2025 et 2028. |
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Islande |
Novembre 2024 À compter de janvier 2025, la liquidation de la pension de base et du complément de retraite peut désormais être reportée jusqu’à l’âge de 80 ans, au lieu de 72 ans. Au lieu d’une surcote fixe de 6.0 % par année de report et d’une décote de 6.6 % par année de liquidation anticipée, la surcote et la décote sont désormais calculées de manière à être actuariellement neutres pour chaque combinaison d’âge et de cohorte de naissance. Pour bénéficier de la surcote, la retraite par capitalisation à cotisations définies doit également être différée. |
Décembre 2024 À compter de janvier 2025, le seuil au-delà duquel la pension nationale et le supplément aux ménages diminuent en fonction du revenu de retraite liée à la rémunération a été relevé de 46 %, passant de 300 000 ISK à 438 000 ISK. |
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Israël |
Septembre 2023 Pour les nouveaux épargnants, les cotisations à des polices d’assurance épargne à long terme ne peuvent être versées que sur la partie des revenus excédant deux fois le salaire moyen. Les cotisations versées à hauteur de ce seuil doivent désormais être versées à un fonds de pension. |
Août 2024 Depuis novembre 2024, la procédure d’affectation à un fonds particulier des salariés qui n’ont pas choisi de fonds de pension a été modifiée, avec notamment une sélection de fonds de pension par défaut tous les quatre ans au lieu de trois. |
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Italie |
Certains programmes temporaires de retraite anticipée ont été prolongés : – Retraite anticipée pour les femmes (Opzione Donna) : l’âge d’ouverture des droits passe de 60 à 61 ans (60 ans avec un enfant ou 59 ans avec 2 enfants et plus) pour la période 2024‑2026. - Dispositifs Quota : le dispositif Quota 103 (retraite anticipée à 62 ans avec 41 années de cotisations) est reconduit pour la période 2024‑2025. À compter de 2024, les prestations sont calculées selon les règles du régime notionnel à cotisations définies pour les personnes qui prennent leur retraite au titre du dispositif Quota 103. Le dispositif Quota 102 est supprimé. - Retraite anticipée pour les chômeurs ou les personnes en situation de handicap, les aidants ou les personnes exerçant des professions pénibles (APE Sociale, Anticipo Pensionistico Sociale) : l’âge d’ouverture des droits passe de 63 ans à 63 ans et cinq mois pour la période 2024‑2025 - Retraite anticipée pour restructuration : avec 35 années de cotisations, les salariés des entreprises en crise peuvent prendre leur retraite à 58 ans. Les conditions de départ à la retraite anticipée à 64 ans pour les personnes relevant intégralement du régime notionnel à cotisations définies (c’est-à-dire n’ayant pas cotisé avant 1996) sont durcies. Au lieu de 20 années, 25 années de cotisations sont désormais exigées pour ouvrir le droit à la retraite anticipée à partir de 2025, et 30 années à partir de 2030. La condition de revenu est modifiée : à compter de 2025, non seulement le régime notionnel à cotisations définies, mais aussi la pension professionnelle, sont pris en compte pour déterminer si le revenu après la retraite est au moins égal à 3 fois l’allocation sociale, la limite passant à 3.2 fois l’allocation en 2030. |
Janvier 2025 : La pension minimale est temporairement relevée de 2.2 % en plus de l’indexation régulière en 2025, puis de 1.3 % supplémentaire en 2026. |
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Japon |
Juin 2025 La couverture des travailleurs à temps partiel travaillant au moins 20 heures par semaine sera étendue en supprimant l’obligation de revenu d’activité minimum (qui s’élevait auparavant à 1 060 000 JPY par an) et en éliminant progressivement les critères de taille des entreprises (actuellement, seuls sont couverts les travailleurs à temps partiel d’entreprises de plus de 50 salariés) entre octobre 2027 et octobre 2035. Alors que certains secteurs (agriculture, sylviculture, pêche, bars, restaurants et hôtels) étaient auparavant exemptés de la couverture obligatoire dans les entreprises comptant au moins cinq salariés à temps plein, ces exemptions sont supprimées pour les nouvelles entreprises à compter d’octobre 2029. À compter d’avril 2028, la pension de réversion sera versée sans distinction de genre. Auparavant, les femmes recevaient une pension de réversion au décès de leur mari ou une prestation de transition de cinq ans en cas de veuvage avant l’âge de 30 ans, tandis que les hommes ne pouvaient bénéficier de la prestation de transition qu’en cas de veuvage à partir de 55 ans ou d’une pension de réversion permanente à partir de 60 ans. Selon les nouvelles règles, les hommes comme les femmes ont droit à la prestation de transition de cinq ans au décès du conjoint avant l’âge de 60 ans et à la pension de réversion par la suite. La réforme ne réduira pas les droits à retraite pour les personnes qui sont déjà bénéficiaires de la pension de réversion, celles qui sont âgées de plus de 60 ans, les femmes de plus de 40 ans en 2028 et les personnes avec enfants de moins de 18 ans. Le Japon a également mis en place une nouvelle composante de sa pension de réversion, laquelle transfère la part de la pension liée à la rémunération antérieure du conjoint décédé au conjoint survivant. Les conditions de ressources applicables au conjoint survivant sont également abolies. À compter de 2028, l’âge d’ouverture des droits au régime de retraite privé facultatif à cotisations définies (iDeCo) est porté de 65 à 70 ans. |
Juin 2025 À compter d’avril 2026, le seuil de revenu mensuel au-delà duquel la pension est réduite est relevé de 500 000 JPY à 620 000 JPY pour les personnes qui cumulent activité et retraite. À compter d’avril 2028, le supplément forfaitaire pour les retraités vivant avec des enfants de moins de 18 ans est augmenté. Actuellement fixée à 234 800 JPY pour un maximum de deux enfants et 78 300 JPY pour les enfants suivants, la prestation passe à 281 700 JPY par enfant. Le supplément forfaitaire pour les pensionnés ayant un conjoint à charge de moins de 65 ans passe de 408 100 JPY à 367 200 JPY. |
Juin 2025 Le plafond de cotisation au salaire de base (c’est-à-dire le salaire contractuel sans primes, heures supplémentaires, etc.) est progressivement relevé, passant de 650 000 JPY en 2027 à 750 000 JPY en 2029. Cette mesure augmente à la fois les cotisations et les droits à la retraite liée à la rémunération antérieure (la rémunération ouvrant droit à pension). |
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Lettonie |
Décembre 2023 Les compléments de retraite pour les années travaillées avant 1996 seront progressivement réintroduits entre 2024 et 2029. Ces suppléments avaient été supprimés pour les personnes parties à la retraite depuis 2012, ce qui a entraîné une baisse des droits à pension pour les années travaillées avant 1996 parmi les nouveaux retraités. Les suppléments sont progressivement réintroduits dans les cohortes de retraités tous les trois ans (par exemple, en 2024, les personnes qui ont pris leur retraite en 2012‑2014 ont commencé à recevoir le supplément ; en 2029, celles qui prendront leur retraite entre 2027 et 2029 commenceront à le recevoir). En 2025, le supplément s’élève à 1.62 EUR par année travaillée avant 1996. |
Décembre 2024 Les taux de cotisation aux régimes de retraite liés à la rémunération antérieure ont été temporairement modifiés entre janvier 2025 et décembre 2028. Au lieu de 6 % (régime par capitalisation à cotisations définies) et 14 % (régime notionnel à cotisations définies), ces taux sont temporairement de 5 % et 15 %, respectivement. |
Janvier 2025 Le calcul de la pension minimale est ajusté pour tenir compte du relèvement de 15 à 20 du nombre minimum d’années de carrière requis pour pouvoir prétendre à une pension de vieillesse. Auparavant, la pension minimale correspondait à 1.1 fois l’assiette minimale après 15 années de travail, plus 2 % par année travaillée supplémentaire. Aujourd’hui, elle est fixée à 1.2 fois l’assiette minimale après 20 années de travail, plus 2 % par année travaillée supplémentaire. |
Janvier 2025 Le montant de revenu exonéré d’impôt pour les bénéficiaires des pensions de vieillesse, d’invalidité, d’ancienneté, de réversion et des pensions publiques spéciales a doublé, passant de 500 EUR à 1 000 EUR par mois à compter de 2025. |
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Lituanie |
Juin 2024 À compter de septembre 2024, la pension de vieillesse de l’aide sociale, dont peuvent bénéficier les personnes qui n’ont pas les 15 années de carrière requises pour bénéficier de la pension de vieillesse contributive, peut être cumulée avec un revenu d’activité. |
Juin 2025 L’affiliation automatique sera supprimée à compter de 2026, et le régime de retraite par capitalisation à cotisations définies redeviendra facultatif. Il sera possible de retirer ses cotisations et le rendement de ces cotisations, exemptés de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, en 2026‑2027. La part du compte individuel subventionné alimentera le fonds de l’assurance sociale et sera convertie en points de retraite supplémentaires dans le régime de retraite à points. |
Juin 2025 À partir de 2026, il sera possible de prélever 25 % du solde du compte de la pension par capitalisation à cotisations définies à tout moment et de prélever le solde total du compte dans les cinq années précédant l’âge légal de la retraite, à condition que le montant soit inférieur à un certain seuil. Une décote de 3 % s’applique aux retraits avant l’âge normal de départ à la retraite, mais ces retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu des personnes physiques. En cas de problème de santé grave empêchant d’autres cotisations à l’avenir, l’intégralité du compte peut être retirée sans impôt ni décote, à tout moment. |
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Luxembourg |
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Mexique |
Décembre 2024 La couverture de sécurité sociale, y compris le régime obligatoire par capitalisation à cotisations définies, est étendue aux travailleurs des plateformes numériques à compter de juin 2025. |
Mai 2024 Le Fonds de pension pour le bien-être (Fondo de Pensiones para el Bienestar), créé récemment, garantit aux retraités de recevoir 100 % de leur dernier salaire mensuel, à concurrence du salaire mensuel moyen des cotisants à la sécurité sociale en 2023, indexé sur les prix (17 365 MXN en 2025). Cette nouvelle garantie s’applique à compter de juillet 2024 à toute personne âgée de 65 ans ou plus percevant une pension au titre du régime obligatoire par capitalisation à cotisations définies. Janvier 2025 Une pension de base « bien-être » est mise en place pour les femmes âgées de 60 à 64 ans (Pensión Mujeres Bienestar). Initialement versée aux femmes âgées de 63 et 64 ans, elle est étendue en 2025 à toutes les femmes âgées de 60 à 64 ans. Les femmes issues des communautés autochtones ou afro-mexicaines âgées de 60 à 64 ans y ont droit dès son entrée en vigueur. La prestation de 3 000 MXN est versée tous les deux mois, ou environ la moitié de la pension de base nationale à laquelle ont droit les personnes de 65 ans et plus. |
Octobre 2024 L’âge d’ouverture des droits à la pension nationale de base, fixé à 65 ans, est inscrit dans la Constitution. En outre, une disposition de financement garanti a été ajoutée à la Constitution, interdisant de réduire le budget de la pension de base nationale. |
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Norvège |
Mai 2025 Dans les secteurs public et privé, l’âge de la retraite obligatoire est porté de 70 à 72 ans à compter de janvier 2026. |
Mai 2025 Dans l’ancien système, la pension minimale des célibataires, qui s’élevait à 264 134 NOK par an au début de 2025, est majorée de 6 000 NOK par an en sus de l’indexation ordinaire. |
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Nouvelle‑Zélande |
Juin 2025 À compter de juillet 2025, les personnes âgées de 16 et 17 ans pourront choisir de cotiser à KiwiSaver et recevoir la contribution de l’État. À partir d’avril 2026, les employeurs devront verser des cotisations de contrepartie pour les personnes âgées de 16 à 17 ans. |
Juin 2025 À compter de juillet 2025, la contribution de l’État est ramenée de 0.50 NZD à 0.25 NZD par 1 NZD pour les personnes cotisant à KiwiSaver. Les personnes dont le revenu annuel est supérieur à 180 000 NZD ne reçoivent plus de contribution de l’État. Le taux de cotisation par défaut passe de 3.0 % à 3.5 % en avril 2026 et à 4.0 % en avril 2028 pour les salariés comme pour les employeurs. |
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Pays-Bas |
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Pologne |
Novembre 2024 L’État subventionne désormais les cotisations sociales des propriétaires de petites entreprises un mois par an. Pendant ce « congé de cotisations », les propriétaires d’entreprises qui emploient moins de dix personnes ne paient pas de cotisations sociales pour eux-mêmes, même si les activités de l’entreprise ne sont pas réduites ou suspendues pendant ce mois. Cette mesure n’a aucune incidence sur les droits à la sécurité sociale. |
Janvier 2025 Il est désormais possible de cumuler une pension de réversion et une pension de vieillesse. Les veufs et les veuves peuvent choisir de toucher leur pension individuelle à taux plein, plus 15 % de la pension de réversion, ou bien la pension de réversion à taux plein plus 15 % de leur pension individuelle. À partir de 2027, le montant de la seconde pension passera de 15 % à 25 %. |
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Portugal |
Janvier 2025 Les pensions sont désormais indexées pour la première fois dans l’année qui suit le départ à la retraite, et non plus la deuxième année comme précédemment. |
Octobre 2024 Un versement unique a été effectué : - 200 EUR pour les pensionnés dont la pension est inférieure à l’indice d’aide sociale (IAS, Indexante dos Apoios Sociais) fixé à 509.26 EUR en 2024) - 150 EUR pour les pensionnés dont la pension est inférieure à deux fois l’IAS - 100 EUR pour les pensionnés dont la pension est inférieure à trois fois l’IAS |
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République slovaque |
Mai 2024 La condition de durée de carrière pour prendre une retraite anticipée après 40 années travaillées augmente désormais au même rythme que l’âge légal de la retraite. Pour chaque cohorte, la durée de carrière exigée pour ouvrir le droit à la retraite anticipée est égale à l’âge légal de la retraite pour la cohorte diminué de 23, c’est-à-dire à la différence entre l’âge légal de la retraite (63 ans) et la durée de carrière exigée (40 années) pour la cohorte de 1960 qui a atteint l’âge légal de départ à la retraite en 2023. La décote applicable en cas de retraite anticipée est relevée, passant de 0.3 % à 0.5 % par mois, soit l’équivalent de la décote pour un départ à la retraite deux ans avant l’âge légal. |
Décembre 2024 Un 13e mois de pension est instauré. Il s’agit d’une prestation forfaitaire égale au versement mensuel moyen de la catégorie de pension concernée l’année précédente (le 13e mois de 2024 correspond à la pension moyenne de 2023). Le versement ne peut être inférieur à 300 EUR, et si une personne perçoit plusieurs types de pension, seul le 13e mois de versement le plus élevé auquel elle a droit est versé. En décembre 2024, un retraité percevait 606 EUR, une veuve 339 EUR, un veuf 300 EUR, un orphelin 300 EUR, une personne en situation de handicap à plus de 70 % 494 EUR et une personne en situation de handicap jusqu’à 70 % 300 EUR. Pour les bénéficiaires d’une pension de vieillesse, le droit à la totalité du 13e mois est conditionné à un minimum de moins de dix années de cotisations en République slovaque – le versement est ajusté au prorata pour les périodes d’assurance plus courtes. Octobre 2024 La pension parentale, mise en œuvre en 2023, est supprimée à compter de 2025 et remplacée par une nouvelle prestation à compter de 2026. Au lieu d’accorder à chaque parent un complément de retraite égal à 1.5 % de l’assiette annuelle des cotisations de retraite de l’enfant il y a deux ans, les enfants peuvent désormais attribuer à chaque parent 2 % de l’impôt sur le revenu qu’ils ont payé l’année précédente. La nouvelle pension parentale sera versée pour la première fois en 2026, calculée en fonction de l’impôt sur le revenu des personnes physiques pour 2025. |
Janvier 2024 Le paiement des cotisations sociales est suspendu pendant les périodes de congé de maternité ou de congé parental. L’État prend désormais en charge les cotisations de retraite pendant ces périodes. Le taux de cotisation obligatoire au régime d’affiliation automatique est ramené de 5.5 % à 4.0 %, et le relèvement précédemment prévu à 6 % d’ici à 2027 est annulé. La baisse des cotisations au régime est compensée par une hausse des cotisations au régime de retraite public, de sorte que le taux de cotisation total reste à 18 %. Janvier 2025 Le plafond de rémunération à partir duquel des cotisations doivent être versées, tant pour les salariés que pour les travailleurs indépendants, est porté de 7 fois à 11 fois le salaire moyen il y a deux ans. |
Octobre 2023 La pension minimale, liée au minimum vital depuis juillet 2023, a été relevée : - La pension minimale après 30 années de cotisation est passée de 136 % à 145 % du minimum vital. - Pour chaque année supplémentaire de cotisation, le taux augmente encore de 2.5 points de pourcentage, au lieu de 2.0 points auparavant, jusqu’à 39 années de cotisation. L’augmentation pour 40 à 49 années de cotisations (3.0 points de pourcentage) et 50 à 59 années (5.0 points de pourcentage) est inchangée, mais l’augmentation à partir de la 60e année de cotisations passe de 7.0 à 7.5 points de pourcentage. Janvier 2025 La pension minimale est désormais indexée chaque année en janvier, sur le minimum vital en vigueur à ce moment-là (le minimum vital est ajusté en juillet de chaque année). |
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Royaume‑Uni |
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Slovénie |
Septembre 2025 L’âge légal de la retraite, qui donne droit à une pension de vieillesse conditionnée à un minimum de 15 années de cotisations, passera progressivement de 65 à 67 ans entre 2028 et 2035. L’âge de la retraite des personnes ayant cotisé pendant au moins 40 années passera de 60 à 62 ans au cours de la même période. L’âge d’ouverture des droits à la retraite pour les personnes ayant commencé à cotiser avant l’âge de 18 ans et pendant au moins 40 années passera de 58 à 60 ans. |
Septembre 2025 L’âge d’ouverture des droits à pension de réversion passera de 58 à 60 ans entre 2028 et 2035 (par tranches de trois mois par an). |
Septembre 2025 À compter de 2026, l’indexation des pensions servies passera progressivement de 60 % de la croissance des salaires et 40 % de l’inflation mesurée par l’IPC, à 20 % de la croissance des salaires et 80 % de l’inflation d’ici à 2045. En ce qui concerne les salaires de référence ouvrant droit à pension, la période utilisée pour calculer l’assiette des pensions passera des 24 meilleures années consécutives aux 40 meilleures années consécutives. À compter de 2028, la période de référence augmentera de deux ans chaque année, pour atteindre 40 années en 2035. Pour une personne ayant effectué une carrière complète, les cinq années les plus faiblement rémunérées des 40 sont exclues, de sorte que la pension sera calculée sur 35 années. À compter de 2028, le taux d’acquisition des droits à pension passera à 30.0 % pour les 15 premières années d’évaluation des pensions. Pour chaque année suivante, il augmentera progressivement de 1.6 % d’ici à 2035. Avant la réforme, ces taux étaient de 29.5 % et 1.36 %, respectivement. Par conséquent, le taux d’acquisition total après une carrière de 40 années passera de 63.5 % à 70.0 %. Le taux de remplacement des pensions de réversion passera de 70 % en 2025 à 75 % en 2026, puis à 80 % en 2028. |
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Suède |
Le taux d’imposition des revenus des personnes âgées de 66 ans et plus a été revu à la baisse en 2024, puis de nouveau en 2025. En augmentant l’abattement de base, une plus faible proportion du revenu des personnes âgées est imposée. Étant donné que l’abattement de base dépend du niveau de revenu, l’incidence sur l’imposition varie selon le niveau de revenu. La réforme ne modifie pas l’imposition des personnes dont la rémunération est inférieure à 200 000 SEK ; la baisse de l’impôt est la plus importante pour les personnes dont le revenu annuel se situe aux alentours de 400 000 à 500 000 SEK, pour qui l’impôt diminue d’environ 5 % sur une période de deux ans. |
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Suisse |
Janvier 2024 La retraite progressive (liquidation de 20 % à 80 % de la pension) est désormais possible au titre du régime public à partir de deux ans avant l’âge légal de la retraite et jusqu’à l’âge de 70 ans. Le taux de liquidation peut être progressivement augmenté en un maximum de trois phases. La décote habituelle s’applique à la part de pension perçue plus tôt, ou la surcote à la part de pension différée. |
Janvier 2024 Les cotisations versées après l’âge légal de la retraite ouvrent désormais des droits à pension supplémentaires jusqu’à l’âge de 70 ans. En cas de cumul emploi-retraite, la pension peut être recalculée une fois de manière à tenir compte des années travaillées supplémentaires. |
Septembre 2024 La réduction du taux utilisé pour convertir le patrimoine retraite de la partie obligatoire du régime de retraite professionnel en pensions annuelles, de 6.8 % à 6 %, votée par le Parlement en mars 2023, a été rejetée par référendum. Mars 2024 À l’issue d’un référendum, un treizième mois de pension sera mis en œuvre dans le régime public lié à la rémunération antérieure. Il sera versé chaque année en même temps que la pension de décembre, à compter de 2026. Cette augmentation pourrait être financée par une hausse de TVA de 0.7 p.p. |
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Tchéquie |
Décembre 2024 L’âge légal de la retraite, relevé de deux mois par an jusqu’à atteindre 65 ans en 2030 (cohorte de naissance de 1965), augmentera par la suite d’un mois par an jusqu’à atteindre 67 ans en 2056 (cohorte de naissance de 1989). À compter de 2025, les personnes ayant cotisé au moins 20 années, mais moins de 35, peuvent prendre leur retraite deux ans après l’âge légal de la retraite, au lieu de cinq ans précédemment. Depuis 2025, les personnes occupant des emplois pénibles ou dangereux peuvent prendre leur retraite plus tôt. Le départ à la retraite est possible sans décote 15 mois avant l’âge légal de la retraite à condition de comptabiliser au moins 2 200 équipes (environ 10 années travaillées) dans des emplois jugés pénibles ou dangereux (risques de catégorie 4 en vertu de la loi sur la protection de la santé publique), ou 30 mois avant si elles comptabilisent 4 400 équipes (environ 20 années travaillées). À compter de 2026, la décote est divisée par deux (0.75 % au lieu de 1.5 % pour 90 jours de liquidation anticipée) dans le cas des travailleurs prenant une retraite anticipée après 45 années de cotisation. |
Décembre 2024 À compter de 2027, les droits à pension pour les deux premiers enfants changent. Le supplément de 500 CZK par enfant reste en vigueur pour les enfants suivants, mais pour les deux premiers enfants, un parent reçoit désormais des crédits pour trois ans par enfant, même si le parent reprend le travail avant la fin de la période de trois ans (la même période ne peut pas être validée deux fois dans le cas de deux enfants nés à moins de trois ans d’intervalle). Ces périodes sont validées en fonction de la rémunération moyenne des personnes dont le salaire est inférieur au salaire moyen, et sur la rémunération antérieure pour les personnes dont le salaire est supérieur au salaire moyen. À compter de 2026, les périodes d’études doctorales sont validées. |
Décembre 2024 Entre 2026 et 2035, le salaire de référence pris en compte dans le calcul des retraites sera progressivement réduit. À compter de 2035, 90 % au lieu de 100 % des revenus inférieurs à un certain seuil (20 486 CZK) seront pris en compte dans le calcul des pensions ; la diminution sera progressive, soit 1 p.p. par an. Sur la même période, le taux d’acquisition sera revu à la baisse et passera de 1.5 % à 1.45 % par an, à raison de 0.005 p.p. par an. À compter de 2027, les couples auront la possibilité de partager leurs droits à pension. Pour les périodes pendant lesquelles les deux partenaires sont occupés, les couples pourront demander que les droits à la retraite de chacun des partenaires soient calculés en fonction de la rémunération moyenne des deux. |
Décembre 2024 À compter de 2025, les retraités actifs n’ont plus à payer le taux de cotisation de retraite de 6.5 % appliqué aux salariés. Dans le cas des travailleurs indépendants, le taux de cotisation est réduit de 6.5 points de pourcentage, passant de 28 % à 21.5 %. Les cotisations patronales restent au même niveau. Cette mesure remplace l’augmentation de 0.4 % des pensions pour chaque année de cumul emploi-retraite. |
Décembre 2024 À compter de 2026, la pension minimale (le total de la pension de base et de la pension liée à la rémunération) est fixée à 20 % du salaire moyen, soit près du double du montant de la pension minimale. Comme auparavant, les personnes doivent avoir travaillé 35 années pour toucher la retraite minimale. |
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Türkiye |
Janvier 2025 Pour les employeurs du secteur privé, les subventions aux cotisations sociales d’invalidité, de vieillesse et de réversion ont été réduites, passant de 5 à 4 points de pourcentage. Cette baisse ne concerne pas les employeurs du secteur manufacturier dont la subvention est maintenue à 5 points de pourcentage au moins jusqu’à la fin de 2026. |
La pension minimale, précédemment fixée à 7 500 TRY, a été relevée à plusieurs reprises : - Janvier 2024 : 10 000 TRY - Juillet 2024 : 12 500 TRY En 2025, les indexations ont suivi la règle générale de l’indexation sur les prix. |
Juillet 2024 Il est dorénavant possible d’effectuer des retraits sur des comptes individuels de retraite avant d’atteindre l’âge minimum de la retraite. Ces retraits peuvent être effectués en cas de mariage, d’achat d’un logement, de catastrophe naturelle ou d’études universitaires. Chaque motif de retrait ne peut être évoqué qu’une seule fois et les retraits doivent être espacés d’au moins cinq ans, à l’exception de ceux dus à des catastrophes naturelles. Jusqu’à 50 % du solde du compte peut être retiré en une fois. Les retraits destinés aux études sont versés sous forme de rente pour quatre ans ; tous les autres sont sous forme de capital. |
Notes
Copier le lien de Notes← 1. En raison de la pandémie de COVID‑19, les taux de solde migratoire enregistrés en 2020 et 2021 ont été bien inférieurs aux taux des années précédentes. L’année 2019 constitue par conséquent une meilleure année de référence pour évaluer l’augmentation du solde migratoire de 2022.
← 2. L’incidence des migrations sur l’évolution du taux de dépendance démographique peut être minime, même si le solde migratoire a augmenté ces dernières années. La décomposition ne prend pas en compte l’évolution des flux migratoires au cours des 10 dernières années uniquement, mais plutôt sur toute la durée de la vie des cohortes concernées, depuis la naissance. Avant de pouvoir commencer à peser réellement sur la composition de la population totale d’âge actif par rapport à la population âgée, les taux de solde migratoire devraient être maintenus à un niveau élevé pendant un certain temps.
← 3. Les personnes nées en 2002 qui n’auraient pas atteint 40 ans de cotisation pourront bénéficier d’un départ à la retraite anticipée à partir de l’âge de 66 ans (soit l’âge normal de la retraite pour les travailleurs ayant effectué une carrière complète). Une décote permanente de 6 % par année d’anticipation sera en outre appliquée.
← 4. La surcote est calculée différemment selon que la durée de cotisation est inférieure ou supérieure à 44 ans et 6 mois. Les estimations sont établies à partir du modèle de retraite de l’OCDE.
← 5. Les estimations sont établies à partir du modèle de retraite de l’OCDE.
← 6. La surcote ou décote s’élèvera d’abord à 2 % par an en cas de départ anticipé ou de report à partir de 2026, puis à 4 % à partir de 2030. Toutes deux dépendront de la durée de cotisation : la décote s’appliquera ainsi uniquement aux personnes ayant travaillé moins de 35 ans, tandis que la surcote s’appliquera uniquement à celles affichant au moins 35 ans d’activité. Les périodes de congé de maternité et de soutien familial seront prizes en compte dans le calcul des 35 années de cotisation afin de déterminer si une décote ou une surcote doit s’appliquer. Ces conditions de durée de cotisation nuisent à l’efficacité des systèmes de décote/surcote dans la suppression des obstacles à l’allongement de la vie active, dans la mesure où elles contreviennent au principe de la neutralité actuarielle et excluent des groupes importants de personnes.
← 7. Le cumul emploi-retraite est la forme prépondérante de travail au-delà de l’âge de départ à la retraite, dans la mesure où le report de la retraite n’est pas une pratique courante. Dans le chapitre consacré aux retraites modulées de l’édition 2017 du Panorama des pensions, il est indiqué que dans l’Union européenne seuls 2 % des 65‑69 ans poursuivent une activité professionnelle sans demander à bénéficier de leur retraite (contre 22 % des 60‑64 ans) (OCDE, 2018[12]).
← 8. Si aucune surcote n’est prévue pour le report des 60 % ou 80 % restants, la Slovénie applique néanmoins un taux d’acquisition de droits particulièrement élevé pour les années travaillées après l’âge légal de la retraite. L’association, d’une part, de l’absence d’une surcote sur les 60 % de prestations de retraite différées et, d’autre part, d’un très fort taux d’acquisition des droits, permet d’atteindre un niveau de pension proche de la neutralité actuarielle, bien que de manière relativement complexe (OCDE, 2022[4]).
← 9. En Allemagne, les salariés sont exemptés du paiement des cotisations de retraite en cas de cumul emploi-retraite après l’âge normal de départ, même si les employeurs restent redevables des cotisations patronales, sans que cela donne lieu à l’ouverture de droits à pension supplémentaires. Les salariés peuvent renoncer à cette exemption et payer les cotisations correspondantes, auquel cas ils continuent d’acquérir de nouveaux droits. De la même manière, en Türkiye, les cotisations sociales payées par les retraités actifs sont minorées et n’octroient aucun droit supplémentaire ; les employeurs continuent quant à eux de payer les cotisations dues. Les employés ont la possibilité d’acquérir des droits à pension supplémentaires s’ils suspendent le versement de leur pension et s’acquittent régulièrement de leurs cotisations.
← 10. Au Luxembourg, si les employés peuvent demander le remboursement de leurs cotisations salariales, les cotisations patronales ne peuvent quant à elles pas être restituées. Dans la mesure où ce remboursement n’est possible que sur demande expresse, cette pratique constitue de fait un impôt sur la méconnaissance des procédures.
← 11. Après un an de report, il est possible de travailler tout en percevant jusqu’à 45 % de sa pension complète. Pour bénéficier d’une retraite complète, la période de report doit être d’au moins 5 ans. Pour chaque année de cumul emploi-retraite, la part de la pension versée augmente de 5 points supplémentaires, jusqu’à atteindre 100 %. Par conséquent, une personne qui reporterait la liquidation de sa pension d’une année puis cumulerait emploi et retraite, recevrait 45 % de sa pension la première année, 50 % l’année suivante et 55 % la troisième année.
← 12. Le plafond de revenus ne s’applique pas aux personnes justifiant de 45 années de cotisation.
← 13. Tous les pays ayant instauré la retraite obligatoire pour les fonctionnaires (à l’exception de la Colombie, de l’Irlande, de l’Italie et de la Türkiye) prévoient la possibilité de prolonger l’emploi dans la fonction publique au-delà de l’âge de départ obligatoire à la retraite sous certaines conditions, comme des obligations de résultat ou si un départ à la retraite entraînerait une perte de capacités pour le service public. Que ce soit par le renouvellement d’un contrat ou l’extension de sa durée, il est possible de prolonger un emploi dans la fonction publique, généralement pour une période de trois à cinq ans, le plus souvent sous la forme de contrats individuels ou de prolongations reconductibles d’un an.
← 14. Au Chili, le salaire minimum est minoré pour les personnes recrutées après l’âge légal de la retraite (65 ans), et ce, afin d’encourager l’embauche de retraités. Il ne s’agit toutefois pas d’une forme de retraite obligatoire, car les employés sous contrat atteignant l’âge légal de la retraite ne sont pas concernés. Cette mesure s’applique en effet uniquement aux personnes recrutées après l’âge légal de la retraite.
← 15. Après l’élimination de l’âge du départ à la retraite en mars 2023 pour les personnes entrées sur le marché du travail avant le 8 septembre 1999, l’âge normal de la retraite en Türkiye est même descendu à 47 ans pour les hommes et 46 ans pour les femmes.
← 16. Si la Türkiye fait figure d’aberration pour les personnes qui partent à la retraite maintenant, l’âge normal de la retraite devrait augmenter rapidement puisqu’il sera fixé à 65 ans pour les hommes entrés dans la vie active en 2024.
← 17. Au Danemark, le relèvement de l’âge légal de la retraite doit être approuvé par le parlement. Selon les règles actuelles, les révisions de l’âge de la retraite ont lieu tous les cinq ans et entrent en vigueur 15 ans après leur approbation (OCDE, 2021[3]).
← 18. Pour chaque cohorte, la durée de carrière exigée pour ouvrir le droit à la retraite anticipée est égale à l’âge légal de la retraite pour la cohorte diminué de 23, c’est-à-dire à la différence entre l’âge légal de la retraite (63 ans) et la durée de carrière exigée (40 ans) pour la cohorte de 1960 qui a atteint l’âge légal de départ à la retraite en 2023.
← 19. Les déductions d’un an pour un seul enfant et de deux ans pour plus d’un enfant restent en place.
← 20. Normalement, la pension est suspendue si la rémunération dépasse le seuil de revenus pour les personnes exerçant une activité minimale (Geringfügigkeitsgrenze), fixé à 551 EUR par mois en 2025. En 2024 et 2025, une personne peut être rémunérée à hauteur de 40 % de ce seuil mensuel en plus de cette limite sur l’année complète (c’est-à-dire jusqu’à 220 EUR pour l’année complète en 2025) avant que la pension ne soit suspendue.
← 21. Une réduction du temps de travail de 25 % et de 75 % était déjà possible deux ans avant l’âge normal de la retraite dans le cas d’un « contrat de relève » (contrato de relevo), selon lequel un retraité est progressivement remplacé par une personne au chômage ou précédemment employée sous contrat temporaire. Depuis 2025, la retraite progressive sous ce type de contrat est autorisée à partir de trois ans avant l’âge normal de départ à la retraite, sachant toutefois que dans ce cas, le temps de travail ne peut pas être réduit de plus de 20 % à 33 % la première année.
← 22. La compensation est inférieure dans le cas d’un départ à la retraite avant 65 ans.
← 23. La pension contributive de base augmente de 0.1 UF par année de cotisation. L’UF (Unidad de Fomento) est une unité de compte monétaire utilisée au Chili. La pension de vieillesse moyenne au titre du régime par capitalisation à cotisations définies servie en mars 2025 était de 6.73 UF, ou environ 264 000 CLP (Superintendencia de Pensiones, 2025[38]).
← 24. Au Chili, la prestation ciblée est augmentée, mais les seuils minimum et maximum entre lesquels la prestation est progressivement réduite restent inchangés, respectivement à 64 % et 102 % du salaire brut moyen. Étant donné qu’une prestation plus élevée doit être entièrement supprimée entre les deux mêmes limites, le taux de dégressivité est plus important.
← 25. Les comptes individuels seraient en outre renforcée par la suppression progressive des frais administratifs de 0.8 p.p., de sorte que les cotisations au compte individuel passeraient de 13.2 % à 14.0 %.
← 26. Les personnes qui ont acquis 300 à 999 semaines de cotisations perceveraient à la place une rente assortie d’un complément financé par l’impôt, plafonnée à 80 % du salaire minimum. La prestation ciblée, le capital et la rente seraient perçus trois ans après l’âge normal de la retraite, à partir de 65 ans pour les hommes et de 60 ans pour les femmes, ce qui correspond aux âges de la prestation ciblée précédente.
← 27. Sur la part du salaire dépassant 4 fois le salaire minimum, une cotisation de 1.5 % à 3.0 % (sur la part dépassant 20 fois le salaire minimum) serait prélevée. Les cotisations prélevées des pensions seraient inférieures, soit 1 % sur la part des pensions totales entre 10 et 20 fois le salaire minimum, et une cotisation de 2 % sur la part des pensions totales au-delà de ce seuil.
← 28. Un fonds a été créé pour financer le complément. Outre les fonds dormants des personnes âgées de plus de 70 ans (il reste possible de recouvrer sa pension du fonds), le fonds est financé par diverses sources dont, entre autres, les actifs saisis par l’État et les bénéfices des entreprises publiques.
← 29. L’augmentation s’applique aussi partiellement aux célibataires nés entre 1954 et 1963.
← 30. L’indexation reprendra plus tôt si l’indice dépasse le niveau de 2023 (10.2 %).
← 31. Le seuil passe de 18 306 EUR à 15 000 EUR pour les célibataires et de 29 290 EUR à 24 000 EUR pour les couples. Le taux de dégressivité appliqué aux revenus a lui aussi relativement augmenté, passant de 41.3 % à 43.5 %.
← 32. L’augmentation pour 40 à 49 années de cotisations (3.0 points de pourcentage) et 50 à 59 années (5.0 points de pourcentage) est inchangée, mais l’augmentation à partir de la 60e année de cotisations est passée de 7.0 à 7.5 points de pourcentage.
← 33. Seulement 3 120 jours d’emploi effectif sont requis pour ouvrir le droit à la pension minimale pour l’emploi à temps partiel, auquel cas la prestation de retraite minimale est calculée au prorata du nombre de jours effectivement travaillés relativement au nombre de jours travaillés par une personne ayant effectué une carrière de 45 ans à temps plein. Certaines périodes non travaillées, en particulier en raison de responsabilités familiales, sont néanmoins incluses pour déterminer si une personne a atteint le nombre requis de jours d’emploi effectif.
← 34. Concerne uniquement les périodes pendant lesquelles des droits à pension sont acquis en tant que salarié en Belgique. Il est également possible d’acquérir des droits en tant que travailleurs indépendants ou à l’étranger.
← 35. En vertu des nouvelles règles adoptées par les autorités slovènes, les 40 meilleures années consécutives sont prizes en compte dans le calcul de la retraite, mais les cinq années les moins bien rémunérées sont exclues ; pour les personnes avec au moins 28 années de cotisations, une année peut être exclue du calcul de la retraite, chiffre qui passe à cinq années avec 40 années de carrière et de cotisations. Cette période sera allongée de deux ans chaque année entre 2028 et 2035.
← 36. Dans le cas d’un travailleur dont la rémunération passe de 60 % à 123 % du salaire moyen pendant sa carrière, la réforme a réduit le taux réel de rendement annuel effectif, c’est-à-dire le taux de rendement implicite sur les cotisations acquittées par un individu pour financer sa retraite, de 2.7 % à 2.3 %. Ces chiffres restent nettement supérieurs au taux de rendement interne réel de 1.6 %, lequel correspond au niveau qui financerait de manière viable les promesses de pension tirée des cotisations dans ce cas.
← 37. L’âge d’affiliation automatique demeure 18 ans, mais il est dorénavant possible d’être affilié à partir de 16 ans et de recevoir les contributions de l’État. Les contributions de contrepartie de l’employeur sont obligatoires à partir de 2028 seulement.
← 38. Le 13e mois de pension est propre au type de pension perçue ; par exemple, les retraités touchent la pension de vieillesse moyenne, tandis que les bénéficiaires d’une pension de réversion ou d’invalidité touchent la moyenne de leurs types de prestations respectifs.
← 39. La République slovaque a également augmenté le plafond de rémunération à partir duquel les cotisations sont exigibles ; il correspond dorénavant à 11 au lieu de 7 fois le salaire brut moyen, pour les salariés comme pour les travailleurs indépendants.
← 40. Le Portugal a versé une prestation exceptionnelle aux personnes dont la pension était inférieure à trois fois l’indice de soutien social (IAS, Indexante dos Apoios Sociais) en 2024, d’un montant de 100 à 200 EUR selon le niveau de pension.
← 41. Le supplément est progressivement rétabli, en commençant par les personnes parties à la retraite après son abolition en 2012 et 2013, de telle sorte que tous les retraités qui travaillaient avant 1996 bénéficieront d’un supplément d’ici à 2029.
← 42. Une décote de 3 % s’applique aux retraits avant l’âge normal de départ à la retraite, mais ces retraits sont exonérés d’impôt sur le revenu des personnes physiques. Au moment du départ à la retraite, une partie de la pension devrait être touchée sous forme de rente si le solde du compte dépasse un certain seuil.
← 43. Les retraits destinés aux études sont versés sous forme de rente pour quatre ans ; tous les autres sont sous forme de capital.
← 44. Les subventions couvraient auparavant les personnes affiliées au régime qui avaient cessé d’acquitter leurs cotisations, tandis que les nouvelles subventions couvrent toutes les personnes affiliées au régime. Les subventions sont destinées à couvrir la moitié des cotisations de retraite pour une période ne dépassant pas 12 mois ; la subvention maximale n’a pas encore été déterminée. La subvention qui encourage les travailleurs à s’affilier de manière volontaire a été augmentée pour les 12 premiers mois de versement des cotisations.
← 45. Les nouvelles périodes validées reposent sur la rémunération moyenne des personnes dont le salaire est inférieur au salaire moyen, et sur la rémunération antérieure pour les personnes dont le salaire est supérieur au salaire moyen.
← 46. La Corée avait également plafonné le total des crédits pour responsabilité parentale à 50 mois sur toute la durée de la carrière. Ce plafond est également aboli à compter de 2026.
← 47. Le Japon a par ailleurs augmenté le supplément forfaitaire pour les pensionnés vivant avec des enfants de moins de 18 ans.
← 48. Dans le contexte de la décision de la Cour européenne des droits de l’Homme de 2022 selon laquelle la législation suisse en vigueur traite les hommes et les femmes à égalité. Les veuves reçoivent actuellement une rente à vie indépendamment de leur âge si elles ont des enfants ou, en l’absence d’enfants, à partir de 45 ans à condition d’avoir été mariées pendant au moins cinq ans. Les veufs, en revanche, ne peuvent toucher une pension de réversion qu’à condition d’avoir des enfants. Il est proposé de mettre en place une rente jusqu’à ce que le plus jeune enfant atteigne l’âge de 25 ans, indépendamment du sexe du bénéficiaire ou de la situation maritale du couple. Pour les personnes sans enfant de moins de 25 ans au moment du décès du conjoint, une prestation de transition de deux ans serait versée, sauf si le partenaire survivant a 58 ans ou plus au moment du décès et si la perte du conjoint entraînerait sa précarité. Des personnes qui touchent déjà une pension de réversion, celles de moins de 55 ans sans enfants à charge passeraient à la prestation de transition de deux ans.