L’analyse de scénarios présentée dans ce chapitre met en lumière le rôle essentiel que les marchés de la dette joueront dans le financement de la transition climatique, ainsi que l’impossibilité pratique de s’en remettre à l’excès soit au secteur public, soit au secteur privé. Alors qu’une focalisation étroite sur les besoins d’investissement pour la transition ne permet pas d’appréhender le défi dans toute sa complexité, l’analyse de scénarios propose une démarche pragmatique pour évaluer les besoins financiers liés à la transition vers une économie neutre en carbone. Elle permet aussi de prendre en considération des variables clés telles que la croissance des investissements dans l’atténuation du changement climatique, le financement climatique en faveur des pays en développement et l’investissement direct étranger.
Rapport sur la dette mondiale 2025 (version abrégée)
4. Financement par la dette de la transition climatique
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Introduction
Copier le lien de IntroductionCe chapitre propose un examen des besoins de financement à satisfaire pour opérer la transition vers une économie bas carbone, axé en particulier sur les obligations d’entreprises. Il a principalement pour objet de mettre en évidence les évolutions nécessaires sur les marchés des obligations de sociétés pour permettre aux entreprises du secteur de l’énergie de réaliser les investissements requis dans la transition climatique. Si l’analyse s’étend à l’économie mondiale tout entière, elle met cependant l’accent sur le rôle des marchés financiers dans la mobilisation de financements au service de la transition climatique dans les marchés émergents et les économies en développement (MEED).
Principaux constats
Copier le lien de Principaux constatsEn 2024, les investissements mondiaux dans les énergies propres se sont chiffrés à 2 000 milliards USD alors que pour réaliser la transition vers une économie sobre en carbone tout en répondant à une demande d’énergie croissante, il faudrait investir chaque année plus de 4 000 milliards USD. Malgré ce déficit de financement à court terme, l’investissement dans les énergies propres à l’échelle mondiale a progressé au rythme de 10 % par an depuis 2019, soit nettement plus que la croissance du PIB qui a été de 3 %.
Les trajectoires d’investissement seront très différentes selon que la majeure partie des investissements seront réalisés par les secteurs public ou privé. Les scénarios présentés ne contiennent pas de recommandations à l’intention des gouvernements, pas plus qu'ils ne représentent les projections les plus probables des évolutions futures. Ils constituent plutôt la matière d'une analyse de scénarios offrant la possibilité de quantifier les implications d’un scénario reposant sur le secteur public par opposition à un scénario reposant sur les marchés financiers, de façon à aider les pouvoirs publics à en évaluer la faisabilité et à définir des mesures à prendre.
Dans un scénario de référence reposant sur l’hypothèse que la croissance des investissements climatiques des secteurs public et privé se poursuit conformément aux tendances récentes, les MEED hors Chine doivent faire face à un déficit de financement cumulé de 10 000 milliards USD par rapport aux besoins à satisfaire pour concrétiser les ambitions annoncées dans l’Accord de Paris d’ici à 2050. Les investissements de la Chine la placent en bonne voie pour s’engager sur la trajectoire de la neutralité carbone d’ici à 2028, tandis que ceux des économies avancées leur permettent de l’envisager d’ici à 2041 si les tendances récentes de l’investissement se confirment.
Dans un scénario selon lequel le secteur public procure la totalité des financements supplémentaires nécessaires pour satisfaire les besoins d’investissement en émettant de la dette, le ratio dette publique/PIB augmenterait de 25 points de pourcentage dans les économies avancées, et 41 points en Chine, sur la période 2024-2050. Dans les MMED hors Chine, le ratio dette/PIB passerait de 59 % en 2024 à 75 % en 2040, niveau au-delà duquel une politique budgétaire encore plus expansionniste risquerait de ne pas être tenable, ce qui exigerait un soutien au financement climatique de la part des économies avancées dépassant le nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique fixé lors de la COP29.
Dans un scénario selon lequel le secteur privé procurerait la totalité des financements supplémentaires requis pour satisfaire les besoins d'investissement, un développement considérable des marchés financiers serait nécessaire. Et cette nécessité serait particulièrement impérieuse dans le cas des marchés d’obligations d’entreprises du secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine, dont l’expansion devrait atteindre 9 % par an entre 2024 et 2050.
Les entreprises du secteur de l’énergie ont eu davantage recours au financement obligataire (représentant 30 % du montant total des dettes et des fonds propres) dans les économies avancées que dans les MEED hors Chine (12 %) et en Chine (4 %) en 2023. Dans les MEED, il faudra peut-être faciliter l’accès des entreprises du secteur de l’énergie au financement par l’emprunt sur le marché pour leur permettre de financer leurs investissements à long terme.
Dans les trois scénarios analysés dans ce chapitre, la dette obligataire des entreprises du secteur de l’énergie augmente environ deux fois plus vite que le PIB attendu dans les MEED alors qu’elle croît au même rythme que le PIB dans les économies avancées. Ces scénarios mettent en lumière l’immense défi que représente la mobilisation des marchés de la dette pour financer la transition vers une économie bas carbone. Ils confirment toutefois aussi que le secteur privé peut être un vecteur de cette transformation.
Considérations intéressant l’action publique
Copier le lien de Considérations intéressant l’action publiqueLes chiffres les plus récents sur les investissements dans la transition climatique sont à la fois une source d’optimisme et d’inquiétude. Les investissements totaux dans les énergies propres se sont chiffrés à 2 000 milliards USD en 2024, ce qui représente une hausse non négligeable de 61 % par rapport aux 1 200 milliards USD atteints en 2019, correspondant à un taux de croissance annuel composé de 10 %. Ils ne couvrent cependant pas même la moitié des besoins d’investissement à satisfaire, estimés à 4 100 milliards USD par an sur la période 2026-30, pour pouvoir espérer concrétiser l’ambition définie dans l’Accord de Paris. Combler cet écart ne va certes pas sans difficultés pour les économies avancées et la Chine, mais pour les MEED hors Chine, c’est une véritable gageure. Les investissements des MEED hors Chine dans les énergies propres doivent être multipliés par cinq d’ici à 2035.
Cependant, braquer l’objectif uniquement sur les besoins d’investissement dans la transition climatique ne donne pas un tableau complet du défi à relever. Premièrement, si le chiffre de plus de 4 000 milliards USD par an est considérable, en valeur absolue, il doit être rapporté au PIB mondial, de 110 000 milliards USD en 2024, au montant des fonds propres levés sur les marchés financiers par les sociétés cotées, soit 852 milliards USD par an en moyenne entre 2019 et 2023, et, comme évoqué dans les chapitres précédents, au montant total des émissions d’emprunts obligataires souverains, soit 18 000 milliards USD en moyenne par an sur la période 2020-24, ainsi qu’à celui de la dette obligataire des entreprises, soit 6 000 milliards USD. Deuxièmement, les entreprises peuvent réinvestir les recettes perçues sur des projets en cours d’exploitation, et ce faisant, progressivement redéployer leurs capitaux mobilisés par des actifs à forte intensité de carbone vers des énergies propres lorsque cette solution est rentable. Sans même tenir compte de leurs bénéfices réinvestis, les entreprises du secteur de l’énergie disposaient par exemple en 2023 de 777 milliards USD à investir, l’équivalent du montant des amortissements de leurs actifs. Troisièmement, cantonner les investissements, à l’horizon 2050, exclusivement à la transition vers la neutralité carbone revient à ignorer la nécessité d’avoir une perspective plus large et de financer des investissements dans le secteur de l’énergie dans des régions où la population augmente ou dans des économies dynamiques (d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud-Est notamment), et de garantir la sécurité énergétique de pays dont la production nationale de pétrole et de gaz n’est pas suffisante (comme les pays d’Europe).
L’analyse de scénarios aide à évaluer concrètement ce que représente le défi du financement de la transition vers une économie neutre en carbone tout en prenant en compte les points susmentionnés. Les trajectoires de financement seront très différentes selon que ce sera le secteur public ou le secteur privé qui financera l’essentiel des investissements. Selon le scénario de référence, reposant sur l’hypothèse que la croissance des investissements climatiques des secteurs public et privé se poursuit conformément aux tendances récentes, les investissements de la Chine la placent en bonne voie pour s’engager sur la trajectoire de la neutralité carbone d’ici à 2028, alors que les économies avancées ne peuvent espérer atteindre des niveaux compatibles avec les objectifs de l’Accord de Paris avant 2041. Dans ce scénario, dans lequel les taux de croissance actuels se maintiennent, les MEED hors Chine doivent faire face à un déficit de financement cumulé de 10 000 milliards USD au regard des besoins à satisfaire pour concrétiser les ambitions annoncées dans l’Accord de Paris, et ce même en tenant compte du nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique approuvé lors de la COP29.
Dans l’hypothèse où le secteur public procurerait les financements supplémentaires nécessaires pour satisfaire rapidement les besoins d’investissement, les niveaux d’endettement public devraient augmenter sensiblement. Dans les MEED hors Chine, le ratio dette publique/PIB (établi à partir de la dette totale des administrations publiques) serait porté de 59 % en 2024 à 75 % en 2040, en partant de l’hypothèse que les États parviendront à équilibrer les recettes et les dépenses et financeront par de nouveaux emprunts uniquement les investissements climatiques. Dans les économies avancées, le ratio dette/PIB passerait de 115 % en 2024 à 139 % en 2050, en partie grâce à l’accroissement de l’aide au développement liée au climat qui sera octroyée aux MEED hors Chine après 2040, lorsque leur dette publique aura atteint un niveau supposé intenable. Le ratio dette/PIB de la Chine devrait passer, selon les projections, de 90 % à 131 % sur la même période. Ces niveaux élevés de dette publique ne sont supportables que dans un environnement macro-économique se caractérisant par des taux d’intérêts faibles et une croissance économique forte.
Dans le scénario inverse, dans lequel c’est le secteur privé qui procure les financements supplémentaires destinés à financer les besoins d’investissement, les niveaux d’endettement public pourraient rester stables, mais il faudrait que les marchés financiers se développent considérablement. Cela vaut tout particulièrement pour les marchés d’obligations d’entreprises du secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine, qui devraient croître au taux estimé de 17 % par an entre 2024 et 2035. Une telle expansion est en théorie réalisable et elle excéderait même celle, pourtant remarquable, des marchés d’obligations d’entreprise chinois pendant la dernière décennie (soit 12 % par an en moyenne). Une croissance annuelle de 17 % supposerait l’existence de conditions macro-économiques favorables et une amélioration notable des cadres réglementaires dans les MEED hors Chine.
Dans les trois scénarios présentés dans ce chapitre, il est à noter que les entreprises du secteur de l’énergie voient leurs dettes et leurs fonds propres évoluer au même rythme que la croissance du PIB dans les économies avancées : la croissance annuelle du PIB devrait s’établir à 1.4 % entre 2024 et 2050 tandis que les marchés des actions et des obligations devraient croître de 0.7 à 1.8 % et 0.5-1.2 % par an respectivement, selon le scénario. En Chine, le rythme de l’expansion des marchés financiers est à peu près deux fois supérieur, tous scénarios confondus, à celui de la croissance escomptée du PIB, qui ressort à 1.8 % par an, puisqu’il s’établit entre 2.9 et 4.6 % et 3.1 et 4.9 %, respectivement, pour les marchés d’obligations et d’actions des entreprises du secteur de l’énergie. Dans les autres MEED, on observe la même relation qu’en Chine entre la croissance du PIB et le développement des marchés obligataires (celui-ci suivant un rythme deux fois plus élevé) dans deux des scénarios, mais on obtient un tableau différent dans le scénario dans lequel les marchés financiers jouent un rôle moteur. Dans ce dernier cas de figure, les marchés d’obligations d’entreprises du secteur de l’énergie devraient croître, dans les MEED hors Chine, de 9.1 % par an d’ici à 2050, et le PIB de 2.5 %, selon les projections.
Le potentiel de croissance du marché des obligations durables est même encore plus grand que celui du marché obligataire dans son ensemble en raison de la contribution des obligations durables au financement des investissements dans la transition climatique. Dans les économies avancées, les obligations durables représentaient 13 % des obligations émises par des entreprises du secteur de l’énergie en 2024, tous les scénarios donnant une hausse de 94 à 97 % d’ici à 2050 si tous les investissements dans la transition climatique devaient être financés par des obligations durables. Une tendance similaire est anticipée en Chine où cette part des obligations durables est ressortie à 12 % en 2024 et devrait atteindre 97 à 98 % d’ici à 2050, selon les projections. Dans les MEED hors Chine, la part des obligations durables était plus faible, soit 10 %, en 2024, et les projections pour 2050 varient entre 90 % et 91 % en fonction du scénario.
Ces scénarios mettent en lumière l’immense défi que représente la mobilisation des marchés de la dette pour financer la transition vers une économie bas carbone. Ils confirment toutefois aussi que le secteur privé peut être un vecteur de cette transformation. Pour libérer ce potentiel, il sera essentiel de réformer la réglementation financière, afin notamment de favoriser le développement des marchés financiers dans les MEED. S’ils peuvent s’appuyer sur des politiques agiles et des marchés qui fonctionnent bien, les pays peuvent réussir à mobiliser les investissements nécessaires à la croissance et bâtir un système financier qui soit certes résilient, mais aussi vecteur d’une dynamique porteuse d’une transition durable.
Investissements passés et futurs dans la transition climatique
Copier le lien de Investissements passés et futurs dans la transition climatiqueCette section propose un panorama des investissements dans la transition climatique réalisés récemment et contient des estimations, ventilées par secteur économique et par région, des investissements requis pour réaliser les objectifs de l’Accord de Paris.
Investissements dans la transition climatique réalisés récemment
On trouve dans des rapports publiés par diverses organisations des estimations des investissements réalisés récemment dans la transition climatique et les énergies propres qui diffèrent tant sur le plan de la méthodologie que sur celui de la couverture et des années de référence retenues. Le Tableau 4.1 présente des estimations émanant de BloombergNEF (BNEF, 2024[1]), de la Climate Policy Initiative (CPI, 2024[2]), de l’Agence internationale de l'énergie (AIE, 2024[3]) et de McKinsey & Company (McKinsey, 2022[4]). L’AIE et McKinsey obtiennent des investissements annuels se chiffrant au total à 2 000 milliards USD, malgré des choix divergents pour les années de référence et la couverture. Dans l’analyse de l’AIE, les estimations pour 2024 englobent les investissements dans les énergies propres, y compris la production d’électricité, les réseaux électriques et les technologies d’utilisation finale et les mesures d’efficacité énergétique. Les travaux de McKinsey, qui présente des chiffres pour 2021, sont focalisés sur les actifs faiblement émetteurs et ont donc une couverture plus large englobant les technologies qui produisent peu ou pas d’émissions de gaz à effet de serre.
Selon les estimations de BloombergNEF (BNEF), les investissements dans la transition climatique se sont chiffrés à 1 800 milliards USD en 2023. La Climate Policy Initiative (CPI) est l’organisation qui arrive à l’estimation la plus basse, comprise entre 1 500 et 1 600 milliards USD pour 2023, ce qui s’explique par le fait qu’elle a opté pour une couverture différente et s’est concentrée sur les flux de capitaux primaires orientés vers des actifs physiques liés au climat, en excluant, de façon plus générale, les coûts de gestion des approvisionnements et les dépenses indirectes. S’agissant des coûts de gestion des approvisionnements, on peut citer, à titre d’exemple, les investissements dans la production de composants de panneaux solaires, notamment de cellules photovoltaïques, et pour ce qui est des dépenses indirectes, les mécanismes induits par les politiques publiques, comme les aides en faveur de projets de développement d’énergies propres.
Tableau 4.1. Estimations des investissements privés et publics dans la transition climatique à l’échelle mondiale
Copier le lien de Tableau 4.1. Estimations des investissements privés et publics dans la transition climatique à l’échelle mondiale|
Source |
Investissements dans la transition climatique (en milliers de milliards USD) |
Année de référence |
|---|---|---|
|
BNEF |
1.8 |
2023 |
|
CPI |
1.5-1.6 |
2023 |
|
AIE |
2.0 |
2024 |
|
McKinsey |
2.0 |
2021 |
Note : les chiffres de BNEF couvrent le financement d’investissements dans des technologies et des infrastructures à émissions nettes nulles. Les chiffres de la CPI correspondent aux flux de revenus primaires investis dans des énergies propres et des infrastructures résilientes au changement climatique, CPI (2023[5]), Global Landscape of Climate Finance 2023 Methodology, https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/global-landscape-of-climate-finance-2023/. Les données de l’AIE portent sur les investissements dans le secteur de l’énergie (production d’électricité, réseaux électriques et stockage par batteries), dans l’efficacité énergétique des transports, des bâtiments et de l’industrie et dans les énergies propres. McKinsey concentre ses travaux sur les actifs faiblement émetteurs.
Source : BNEF (2024[1]), Energy Transition Investment Trends 2024, https://about.bnef.com/energy-transition-investment/ ; CPI (2024[2]), Global Landscape of Climate Finance 2024: Insights for COP29, https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/global-landscape-of-climate-finance-2024/ ; AIE (2024[3]) World Energy Investment 2024, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2024 ; McKinsey (2022[4]), The net-zero transition: What it would cost, what it could bring, https://www.mckinsey.com/capabilities/sustainability/our-insights/the-net-zero-transition-what-it-would-cost-what-it-could-bring.
L’AIE propose une ventilation fine, entre les sous-secteurs et les régions, des investissements récents dans la transition climatique et des besoins d’investissement futurs qu’il faudra satisfaire pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. Si le périmètre des activités d’investissement tracé par l’AIE couvre principalement l’atténuation du changement climatique et englobe pour partie des composantes transversales (autrement dit des investissements obéissant à la fois à des objectifs d’atténuation du changement climatique et d’adaptation au changement climatique), il n’embrasse pas complètement l’investissement dans l’adaptation au changement climatique, l'indemnisation des pertes et dommages et la préservation de l’environnement. Les investissements dans l’adaptation au changement climatique et la préservation de la nature sont passés en revue plus loin dans ce chapitre, mais n’entrent pas dans le champ de l’analyse principale qui y est présentée.
Pour l’AIE, les investissements dans la transition climatique sont les « Investissements totaux dans les énergies propres » et ils sont ventilés entre les énergies à faibles émissions, les transports, les carburants à faibles émissions et les autres secteurs.
La catégorie « Électricité à faibles émissions » englobe les technologies de production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, nucléaire et fossiles ainsi que les technologies de captage, d’utilisation et de stockage du carbone (CUSC). Elle recouvre également les systèmes de stockage et réseaux électriques qui participent à l’intégration du système énergétique et à la distribution.
La catégorie Transports englobe les investissements dans l’efficacité énergétique et les technologies d’utilisation finale des transports routier, ferroviaire et aérien, les véhicules électriques et les technologies liées aux carburants propres et aux batteries.
La catégorie Énergies à faibles émissions recouvrent les énergies propres comme l’hydrogène et les biocarburants et les combustibles fossiles de transition.
Et celle intitulée Autres secteurs regroupe les investissements dans l’efficacité énergétique et les technologies d’utilisation finale réalisés dans d’autres secteurs comme l’industrie et les bâtiments.
Il ressort du Graphique 4.1 que les investissements totaux dans les énergies propres se sont chiffrés à plus de 1 800 milliards USD en 2023, ce qui représente une forte hausse, d’environ 47 %, par rapport aux 1 200 milliards USD atteints en 2019, correspondant à un taux de croissance annuel composé (TCAC) d’approximativement 10 %. Les investissements dans le secteur de l'électricité à faibles émissions se taillent la part du lion puisqu’ils se chiffrent à 1 200 milliards USD, soit 63 % du total en 2023. À l’intérieur de cette catégorie, les investissements dans la production d’électricité — englobant les investissements dans les énergies renouvelables, le nucléaire et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone — s’élèvent au total à 744 milliards USD (41 % des investissements totaux dans les énergies propres), dirigés en majeure partie vers les énergies renouvelables, à hauteur de 677 milliards USD (37 %), chiffre en augmentation de 60 % par rapport à 2019, soit l’équivalent d’un TCAC de 12 %. En revanche, les investissements dans la production d’électricité d’origine nucléaire et le captage, l’utilisation et le stockage du carbone restent négligeables bien qu’ils aient progressé. Les investissements dans les réseaux électriques ont représenté 374 milliards USD (20 %) et ceux orientés vers le stockage de l’énergie ont nettement augmenté, passés de 5 milliards USD seulement en 2019 à 41 milliards USD (2 %), soit l’équivalent d’un TCAC de 66 %.
Le montant des investissements dans les transports à énergie propre a été de 259 milliards USD en 2023 (soit 14 % du montant total des investissements dans les énergies propres), en hausse de 260 % par rapport au chiffre de 2019 qui s’était établi à 72 milliards USD, et équivalant à un TCAC de 38 %. Les investissements dans les énergies propres sont ressortis à 19 milliards USD (1 %) en 2023.
Graphique 4.1. Estimations des investissements privés et publics dans la transition climatique à l’échelle mondiale
Copier le lien de Graphique 4.1. Estimations des investissements privés et publics dans la transition climatique à l’échelle mondialeLes investissements totaux dans les énergies propres ont progressé de 47 % sur la période 2019-23, principalement sous la poussée des investissements dans les énergies renouvelables (en hausse de 60 %) et les transports (en hausse de 260 %)
Source : AIE (2025[6]), base de données propriétaires ; AIE (2021[7]), World Energy Investment 2021, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2021 ; AIE (2016[8]), World Energy Investment 2016, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2016.
Besoins d’investissements climatiques à l’horizon 2030 et 2050
Les estimations des besoins mondiaux annuels de financement climatique varient selon les organisations en raison de différences au niveau du champ couvert, des approches méthodologiques suivies et des hypothèses retenues (Falduto, Noels et Jachnik, 2024[9]). Les prévisions de croissance économique (et partant, la demande d’énergie) et les coûts futurs de la mise en œuvre de différentes technologies par exemple ont une incidence sur les estimations de montant des investissements requis. Les estimations des besoins, à l’échelle mondiale, à l’horizon 2030 et 2050 de BNEF, de la CPI, de l’AIE, du Groupe d'experts indépendants de haut niveau sur le financement climatique, du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et de McKinsey sont présentées ci-après :
BNEF estime que la réalisation des objectifs de neutralité carbone exige 5 400 milliards USD d’investissements annuels d’ici à 2030, et 7 400 à 8 000 milliards USD d’ici à 2050 (BNEF, 2024[10]).
L’estimation la plus haute émane de la CPI, qui a chiffré le besoin de financement à partir d’un examen d’estimations établies par d’autres institutions : elle se situe dans une fourchette de 5 400 à 11 700 milliards USD par an d’ici à 2030, et de 9 300 à 12 100 milliards USD d’ici à 2050, ce qui s’explique par le fait que les besoins d’investissement estimés couvrent un champ plus large, englobant des domaines tels que le financement de l’adaptation au changement climatique (CPI, 2024[11] ; CPI, 2023[5]).
L’AIE, qui se concentre sur les secteurs indiqués dans le Graphique 4.1, table sur des investissements annuels de 4 100 milliards USD en moyenne entre 2026 et 2030, avec un point culminant à 4 500 milliards USD au cours de cette période. Selon elle, les investissements devraient continuer à croître par la suite pour atteindre au moins 4 900 milliards USD par an entre 2031 et 2050.
Le Groupe d'experts indépendants de haut niveau sur le financement climatique estime que les besoins de financement annuels devraient se situer entre 6 300 et 6 700 milliards USD à l’horizon 2030 et souligne la nécessité de mobiliser des ressources en faveur des économies de marché émergentes et en développement (IHLEG, 2024[12]).
D’après les estimations de McKinsey, il faudrait investir 6 500 milliards USD par an en moyenne dans des actifs à faibles émissions d’ici à 2050, ce chiffre prenant en compte un le redéploiement vers des investissements bas carbone de 1 000 milliards USD affectés jusque-là à des investissements à forte intensité de carbone (McKinsey, 2022[4]).
Selon les estimations du GIEC, les besoins d'investissements annuels se situeraient entre 2 300 et 4 500 milliards USD d’ici à 2030, en prenant en considération l’énergie, l’efficacité énergétique, les transports et l’agriculture, la sylviculture et les autres secteurs utilisateurs de ressources foncières et en s’appuyant sur un examen et une synthèse des études existantes couvrant des périmètres plus ou moins vastes (Kreibiehl, 2022[13]).
Les projections sur les besoins d’investissement de BNEF, de la CPI, de l’AIE, du Groupe d’experts indépendants de haut niveau sur le financement climatique, du GIEC et de McKinsey reposent sur diverses méthodologies et visent des calendriers différents pour la neutralité carbone et des limites également différentes pour le réchauffement planétaire. Le scénario de BNEF par exemple prévoit d’atteindre la neutralité carbone, mais avec une limitation du réchauffement planétaire à 1.75°C seulement, alors que le GIEC donne une fourchette d’estimation visant à maintenir le réchauffement planétaire nettement en dessous de 2.0°C par rapport aux niveaux préindustriels. Les scénarios de la CPI, de l’AIE, du Groupe d’experts indépendants de haut niveau sur le financement climatique et de McKinsey tablent sur la neutralité carbone à l’horizon 2050 et fixent la limite du réchauffement planétaire à 1.5°C, chiffre très proche du niveau d’ambition maximal de l’Accord de Paris.
Selon l’AIE, le secteur de l'énergie a produit 37 400 milliards de tonnes d’équivalent CO₂ (éq. CO₂) en 2023 (AIE, 2024[14]). Dans le même temps, les estimations des émissions mondiales totales de GES émanant du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) sont de 57.1 GtCO₂ pour la même année (PNUE, 2024[15]), ce qui signifie que le secteur de l’énergie a été responsable d’environ les deux tiers des émissions mondiales totales. Compte tenu de l’impact considérable de ce secteur sur les émissions mondiales et de l’ampleur des investissements requis pour opérer sa transition (comme indiqué ci-après dans la section « Estimations des besoins d’investissement futurs par secteur économique« ), l’analyse qui suit porte essentiellement sur le secteur de l’énergie. Elle s’appuie sur les estimations de l’AIE, lesquelles donnent lieu à des ventilations régionales et sectorielles fines qui apportent un éclairage sur les besoins d’investissement et les sources de financement.
Graphique 4.2. Estimations des besoins de financement annuels futurs liés à la transition climatique
Copier le lien de Graphique 4.2. Estimations des besoins de financement annuels futurs liés à la transition climatiqueLes estimations des besoins de financement climatique à l’échelle mondiale varient entre 4 500 et 12 100 milliards USD par an, l’estimation basse s’établissant en moyenne à 5 100 milliards à l’horizon 2030.
Source : BNEF (2024[10]), New Energy Outlook 2024, https://about.bnef.com/new-energy-outlook/ ; CPI (2024[11]), Top-down Climate Finance Needs, https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/top-down-climate-finance-needs/ ; AIE (2024[11]), World Energy Outlook 2024, https://www.iea.org/reports/world-energy-outlook-2024 ; AIE (2023[16]) Net Zero Roadmap, https://iea.blob.core.windows.net/assets/4d93d947-c78a-47a9-b223-603e6c3fc7d8/NetZeroRoadmap_AGlobalPathwaytoKeepthe1.5CGoalinReach-2023Update.pdf ; IHLEG (2024[12]), Raising ambition and accelerating delivery of climate finance, https://www.lse.ac.uk/granthaminstitute/publication/raising-ambition-and-accelerating-delivery-of-climate-finance/ ; Kreibiehl (2022[13]), Investment and finance. In GIEC, 2022 : Changement climatique 2022. Contribution du troisième groupe de travail au sixième rapport d’évaluation du GIEC, https://www.ipcc.ch/report/sixth-assessment-report-working-group-3/ ; McKinsey (2022[4]), The net-zero transition: What it would cost, what it could bring, https://www.mckinsey.com/capabilities/sustainability/our-insights/the-net-zero-transition-what-it-would-cost-what-it-could-bring.
Estimations des besoins d’investissement futurs par région
Méthodologie et scénario sous-jacent de neutralité carbone à l’horizon 2050
Les estimations de l’AIE correspondent aux besoins d’investissement selon le scénario de neutralité carbone d’ici à 2050 (scénario ZEN) qu’elle a élaboré (AIE, 2023[16] ; 2021[17]) et qui trace une trajectoire d’évolution des investissements dans la transition climatique au niveau mondial permettant d’obtenir ce résultat. Ce scénario tend vers la cohérence avec la limitation du réchauffement planétaire à 1.5°C et la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.
Pour calculer les besoins de financement à couvrir pour atteindre les objectifs de neutralité carbone, le scénario ZEN suit une approche ascendante consistant à agréger les besoins d’investissement dans tous les sous-secteurs cités précédemment. L’AIE établit une distinction entre les investissements dans le secteur de l’électricité, englobant la production d’énergies renouvelables, la production d’électricité d’origine nucléaire et les réseaux électriques, et les investissements dans les technologies d'utilisation finale couvrant l’efficacité énergétique et l’électrification dans les bâtiments, l’industrie et les transports. Les investissements dans les transports au sein de la catégorie des technologies d’utilisation finale tiennent compte des dépenses consacrées aux batteries et infrastructures de recharge pour les véhicules électriques ainsi qu’à d’autres technologies de transport à faibles émissions. Les investissements dans l’efficacité énergétique sont principalement orientés vers l’amélioration de la consommation d’énergie dans les bâtiments, l’industrie et les transports, en complément des efforts d’électrification visant à réduire l’intensité énergétique dans ces secteurs. Ce chapitre porte essentiellement sur les sous-secteurs de l’électricité et des transports, tous les autres investissements étant classés dans la catégorie « Autres ».
Le scénario ZEN de l’AIE repose sur l’hypothèse que la population mondiale atteindra près de 9.7 milliards d’ici à 2050, soit un TCAC d’à peu près 0.7 % par rapport à 2023, tandis que l’économie mondiale devrait croître au TCAC de 2.7 %, toujours selon ce scénario. À titre de comparaison, dans les scénarios à long terme de l’OCDE, le TCAC du PIB mondial est de 2.0 % sur la même période.
Conformément au scénario ZEN, la capacité de production d’énergie à partir de sources renouvelables doit passer de 4 140 GW en 2023 à 11 000 GW à l’horizon 2030, ce qui revient à la multiplier par 2.7 et correspond à un TCAC de 15 % sur la période. L’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne seront les principaux moteurs de cette expansion (AIE, 2023[16] ; 2023[18]). D’ici à 2050, la capacité de production d’énergie doit atteindre approximativement 29 000 GW selon le scénario ZEN de l’AIE, ce qui corresponds à un TCAC de 7.5 % sur la période 2023–2050. Le scénario ZEN table également sur des réductions de coût des technologies phares d’ici à 2030, les coûts de l’énergie solaire photovoltaïque devant baisser de 40 %, selon les projections, et les coûts de stockage par batterie de 60 % par rapport aux niveaux de 2020, grâce aux avancées technologiques et aux économies d’échelle (AIE, 2023[16] ; 2021[17]).
Les projections des besoins d’investissement au niveau régional sont établies en fonction des structures économiques et des caractéristiques différentes des systèmes énergétiques. Les économies avancées devraient se trouver dans l’obligation de réaliser des investissements initiaux considérables pour réaliser des objectifs à court terme, cet état de fait tenant à la maturité de leurs infrastructures et au niveau actuellement élevé de leurs émissions. Les MEED doivent également investir au plus vite, mais à une échelle bien moindre comparativement aux niveaux d’investissement actuels, pour faire face à une demande d’énergie qui augmente rapidement et combler les déficits d’infrastructure. Les projections tiennent compte des facteurs susmentionnés, à savoir notamment la croissance de la population, les trajectoires de développement économique et la propension à adopter des technologies, et soulignent par là même l’accélération notable que devront opérer les MEED pour atteindre les objectifs de neutralité carbone.
Besoins d’investissement estimés selon les régions
En 2023, les investissements dans les énergies propres se sont chiffrés au total à 1 800 milliards USD à l’échelle mondiale, la contribution des économies avancées ayant représenté 918 milliards USD, celle de la Chine 606 milliards USD, et celle des MEED hors Chine 276 milliards USD. À l’avenir, le montant total des besoins d’investissement dans les énergies propres à satisfaire, au niveau mondial, pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 devrait représenter en moyenne 4 100 milliards USD par an de 2026 à 2030, avant de grimper à 4 900 milliards USD sur la période 2031-35 pour se stabiliser à 4 700 milliards USD entre 2036 et 2050 (Graphique 4.3).
Dans les économies avancées, on s’attend à ce que les besoins annuels passent de 1 800 milliards USD (2026–30) à 2 000 milliards USD (2031–35) avant de se replier à 1 700 milliards USD (2036–50). En Chine, ils devraient rester stables jusqu’en 2035, à hauteur de 1 000 –1 100 milliards USD, puis tomber à 900 -1 000 milliards USD sur la période 2036-50. Dans les MEED hors Chine, on anticipe une augmentation des besoins d’investissement qui seraient portés de 1 200 à 1 700 milliards USD, puis 1 900 milliards USD par an sur la période 2036–50.
En 2023, les économies avancées ont réalisé 51 % des investissements totaux dans les énergies propres, la Chine 34 % et les autres MEED à peine 15 %. Parmi les MEED, la Chine a été à l’origine de 69 % des investissements totaux dans les énergies propres en 2023. Ces trois dernières années, le volume de ses investissements dans les énergies non polluantes a progressé au TCAC de 18 %. Une accélération notable des investissements dans les énergies propres de l’ensemble des autres MEED, dont le TCAC a été de 13 % sur les trois dernières années, est en revanche nécessaire pour que ces pays s’engagent sur une trajectoire orientée vers la neutralité carbone. Les investissements annuels des MEED hors Chine doivent être multipliés par quatre, d’ici à 2030, et par sept d’ici à 2050, par rapport à leurs niveaux de 2023.
Graphique 4.3. Estimations des besoins d’investissement annuels par région
Copier le lien de Graphique 4.3. Estimations des besoins d’investissement annuels par régionLes MEED hors Chine doivent multiplier par quatre leurs investissements dans la transition climatique d’ici à 2030 pour s’engager sur une trajectoire orientée vers la neutralité carbone
Note : les chiffres correspondent au montant moyen annuel des investissements sur les périodes considérées, sauf pour 2023, où ils correspondent aux investissements réels.
Source : base de données propriétaires de l’AIE.
Estimations des besoins d’investissement futurs par secteur économique
En 2023, la plus large part des investissements dans les énergies propres a été imputable au secteur de l’électricité qui a investi quelque 1 200 milliards USD. Suivant le scénario ZEN, les investissements dans le secteur de l’électricité vont augmenter en moyenne de 2 700 milliards USD sur la période 2031-35 (et représenter 54 % des investissements totaux dans les énergies propres) avant de tomber à 2 300 milliards USD sur la période 2036-50 (soit une part de 49 %). Les investissements dans les transports, qui sont ressortis à 260 milliards USD environ en 2023, devraient atteindre 900 milliards USD entre 2036 et 2050, soit 21 % des investissements totaux dans les énergies propres. Les investissements dans les énergies à faibles émissions devraient progresser considérablement, passant de 19 milliards USD en 2023 à 333 milliards USD sur la période 2036-50, soit 7 % du total investi dans les énergies propres. Dans le même temps, la catégorie « Autres », englobant les investissements dans l’efficacité énergétique et les technologies d’utilisation finale dans les bâtiments et l’industrie, devrait connaître une progression qui la portera de 400 à 1 100 milliards USD sur la même période.
Au sein du secteur de l’électricité, les investissements dans la production d’électricité à faibles émissions passeront de 700 milliards USD en 2023 à 1 600 milliards USD sur la période 2031-35, avant de retomber à 1 000 milliards USD sur la période 2036-50, tandis que les investissements dans les réseaux et le stockage seront portés de 400 à 1 100 milliards USD sur la première période, puis poursuivront leur progression pour atteindre 1 300 milliards USD sur la deuxième, en réponse à l’expansion des besoins d’infrastructures de production et d’intégration d’énergies propres.
Graphique 4.4. Estimations des besoins d’investissement annuels à l’échelle mondiale
Copier le lien de Graphique 4.4. Estimations des besoins d’investissement annuels à l’échelle mondialeD’ici à 2035, les investissements dans la production d’électricité à faibles émissions doivent être multipliés par 2.3 par rapport à leur niveau actuel pour rejoindre une trajectoire menant à la neutralité carbone, et les investissements dans les transports par 3.5
Note : la catégorie « Autres » regroupe les investissements dans l’efficacité énergétique et les technologies d’utilisation finale dans les bâtiments et l’industrie ; les chiffres correspondent au montant moyen annuel des investissements sur les périodes considérées, sauf pour 2023, où ils correspondent aux investissements réels.
Source : base de données propriétaires de l’AIE.
Besoins d’investissement et besoins de financement futurs en faveur de l’adaptation au changement climatique
Il existe des différences notables entre les niveaux actuels d’investissement dans l’adaptation au changement climatique et l’atténuation du changement climatique. Les investissements dans l’atténuation absorbent la majeure partie du financement climatique, leur montant annuel étant supposé avoir excédé 2 000 milliards USD en 2024 (AIE, 2024[3]). Le financement de l’adaptation représente approximativement 7 % du montant total du financement climatique, soit 46 milliards USD par an (CPI, 2023[19]). Les disparités dans la répartition des financements font écho aux enjeux structurels : les projets d’atténuation exigent souvent des technologies à grande échelle générant des flux de recettes visibles alors que les projets d’adaptation nécessitent des interventions localisées et souvent sur mesure, ce qui réduit la probabilité de la survenue d’événements inattendus ou de conséquences négatives de ces événements. Les retombées bénéfiques de ces projets, telles que la diminution du risque de pertes ou de dommages futurs, dépendent de résultats incertains de l’action climatique et, souvent, ne laissent pas escompter de bénéfices tangibles, de sorte qu’ils sont moins attrayants pour les investisseurs du secteur privé (PNUE, 2023[20] ; PNUE, 2024[21]).
Les besoins futurs en termes d’adaptation devraient croître jusqu’à atteindre 140–300 milliards USD par an d’ici à 2030, puis 520 milliards USD d’ici à 2050 (CPI, 2023[19] ; PNUE, 2023[20]). Les études donnent à penser que chaque dollar investi dans l’adaptation génère 4 à 10 USD de bénéfices économiques en permettant de prévenir des dommages dus au changement climatique (CPI, 2023[19]). Tout en reconnaissant l’importance des activités d’adaptation pour la lutte contre le changement climatique, les auteurs de ce chapitre, conscients de la place prépondérante des projets d’atténuation dans l’évaluation des besoins de financement climatique et du rôle plus actif joué par le secteur privé dans leur financement, mettent l’accent sur les investissements dans l’atténuation qui contribuent à la transition climatique mondiale.
Sources de financement des investissements réalisés récemment dans le secteur de l’énergie
Copier le lien de Sources de financement des investissements réalisés récemment dans le secteur de l’énergieLa présente section a pour objet d’étudier la structure actuelle du capital des entreprises du secteur de l’énergie (recouvrant les services collectifs énergétiques et liés à l’énergie, tels que définis à l’Annexe 4.A), en se focalisant sur l’utilisation qu’elles font des obligations classiques et durables.
Investissements du secteur public et du secteur privé
En 2023, le secteur public a réalisé 24 % des investissements dans l’atténuation climatique dans les économies avancées, 25 % dans les MEED hors Chine et 33 % en Chine (AIE, 2025[6]). Ces pourcentages sont restés stables ces dernières années quelles que soient les régions. Dans les économies avancées et en Chine, le financement par le secteur public recouvre principalement des dépenses publiques.
Structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie
Si les investissements dans l’atténuation du changement climatique couvrent divers secteurs, la suite de l’analyse présentée dans cette section porte essentiellement sur celui de l'énergie. La principale raison en est que les investissements dans la transition climatique réalisés dans ce secteur selon le scénario ZEN de l’AIE sont nettement plus élevés que dans d’autres scénarios ne permettant pas d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris, à savoir notamment le scénario des politiques annoncées (STEPS) ou le scénario des engagements annoncés (APS), ce qui entraîne une augmentation de la taille des marchés dans le secteur de l’énergie. La présente section Évolution des marchés d’actions et d’obligations dans le secteur de l’énergie contient des estimations de l’évolution de la taille des marchés des actions et des obligations d’entreprises du secteur de l'énergie qui en résulte.
En revanche, il ressort de l’édition 2023 des Perspectives des transports (FIT, 2024[22]) que les investissements dans les transports requis pour être en phase avec l’Accord de Paris, conformément au scénario d'ambitions élevées, créent des besoins d’investissement moindres en raison d’une utilisation plus efficiente des infrastructures et du passage à des modes de transport durables. Les besoins annuels d’investissement dans les infrastructures essentielles sont estimés à l’équivalent de 1.7 % du PIB mondial d’ici à 2050 selon le scénario des ambitions inchangées, et les estimations sont à peine moins élevées (1.6 %) selon le scénario d’ambitions élevées. C’est pourquoi il est peu probable que les investissements dans l’atténuation du changement entraînent une augmentation notable de la taille du marché des actions et des obligations.
La structure du capital (autrement dit les parts respectives des différentes sources de financement) des sociétés cotées du secteur de l’énergie et des sous-secteurs — notamment ceux des énergies fossiles et des énergies renouvelables — varie selon la nature de leur modèle économique et du développement du secteur bancaire et des marchés financiers dans les pays où elles exercent leurs activités. La présente section porte sur un échantillon de 1 000 sociétés cotées du secteur de l’énergie et propose une ventilation de leur capital entre obligations, instruments de dette non négociables (et autres passifs) et fonds propres. L’échantillon couvre à peu près la moitié du nombre de sociétés cotées du secteur de l’énergie dans le monde, et près de la moitié des actifs totaux du secteur (voir Annexe 4.A pour de plus amples informations). Si les titres de dette non négociables englobent les prêts bancaires et les contrats de location-financement, les autres passifs se composent par exemple de comptes à payer, de produits différés, d’engagements au titre du régime de retraite et autres avantages postérieurs à l’emploi ou encore d’impôts différés.
Les résultats sont présentés suivant deux méthodes distinctes :
1. la valeur des obligations, titres de dette hors obligations et actions rapportée au montant total des dettes et fonds propres, donnant une idée des instruments de financement utilisés par les entreprises du secteur (Graphique 4.5, Partie A).
2. la valeur des obligations, titres de dette hors obligations, autres passifs et actions rapportée au total des actifs (correspondant à la somme des capitaux propres et des passifs), offrant un tableau plus large des ressources employées par les entreprises pour financer la totalité de leurs actifs (Graphique 4.5, Partie B).
La section « Évolution des marchés d’actions et d’obligations dans le secteur de l’énergie« a pour objet d’établir des estimations de l’évolution des actifs du secteur de l’énergie à partir des besoins d’investissement ressortant du scénario ZEN de l’AIE et, en appliquant le principe fondamental de l’équilibre comptable qui veut que le montant des actifs soit égal à celui des passifs, l’accroissement des actifs du secteur permet d’obtenir, suivant la seconde méthode, le montant total des ressources nécessaires à leur financement.
Graphique 4.5. Structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie en 2023
Copier le lien de Graphique 4.5. Structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie en 2023Le financement obligataire est plus répandu dans les économies avancées, les MEED hors Chine recourant davantage au financement par fonds propres.
Note : les parts correspondent aux montants totaux au niveau du secteur (autrement dit les très grandes entreprises pèsent plus lourd dans les calculs). Cette analyse est fondée sur les données financières des entreprises de 2023 étant donné que celles de 2024 n’étaient pas encore disponibles pour la plupart des entreprises à la date de publication.
Source : ensemble de données de l’OCDE sur la durabilité des entreprises, LSEG.
En 2023, les entreprises des économies avancées ont eu davantage recours au financement obligataire (qui représente 30 % du total des dettes et des fonds propres) que celles des MEED hors Chine (12 %) et que les entreprises chinoises (4 %). La dette hors obligations a en revanche représenté une part plus grande en Chine (35 %) que dans les économies avancées et les MEED hors Chine (18 %), comme le montre la Partie A du Graphique 4.5. Dans toutes les régions, les fonds propres demeurent la principale source de financement des entreprises, les MEED hors Chine étant la région dans laquelle leur part est la plus importante, soit 70 %. À titre de comparaison, les fonds propres ont assuré 52 % des financements des entreprises dans les économies avancées, contre 61 % en Chine.
Lorsque l’on considère les parts relatives des différentes sources de financement des actifs totaux (en tenant compte des autres passifs), comme dans la Graphique 4.5 Partie B, les différences, d’une région à l’autre, mentionnées précédemment restent cohérentes alors qu’en valeur absolue, la part des obligations et des actions dans le dénominateur, lequel est plus élevé, diminue. Cet effet est plus prononcé dans les économies avancées car la part des autres passifs y est comparativement plus grande. Parmi les raisons qui peuvent expliquer ce constat, figurent notamment des différences au niveau de la complexité des chaînes d’approvisionnement et des modèles de financement ; en effet, les entreprises du secteur de l’énergie des économies avancées s’appuient souvent sur des contrats à long terme et des financements bénéficiant du soutien d’une société, ce qui accroît les produits différés et les comptes à payer. Le mix énergétique dans les économies avancées, dans lequel la part des énergies renouvelables est plus élevée, ce qui exige une diversification des chaînes d’approvisionnement et des fournisseurs, peut également être une partie de l’explication.
Tendances des marchés des obligations d’entreprises et des obligations durables dans le secteur de l'énergie
En 2024, l’encours total de la dette obligataire des entreprises du secteur de l’énergie s’est chiffré à plus de 3 000 milliards USD dans les économies avancées, 504 milliards USD dans les MEED hors Chine et 406 milliards USD en Chine. Et les obligations durables ont représenté dans ces trois régions respectivement 13 %, 10 % et 12 % de l’encours de la dette obligataire des entreprises du secteur de l’énergie.
Elles ont vocation à financer des projets générant des bénéfices environnementaux et sociaux et peuvent être réparties entre deux grandes catégories : les « obligations avec engagement d’affectation du produit » et les « obligations liées à la durabilité » (ICMA, 2022[23]). Les obligations avec engagement d'affectation du produit, comprenant les obligations vertes, sociales et durables (obligations GSS), servent à lever des fonds destinés à être orientés vers des projets spécifiquement éligibles, en lien notamment avec les énergies renouvelables, les transports non polluants ou des initiatives sociales, axées par exemple sur l’accès à des logements abordables. Pour les obligations liées à la durabilité en revanche, le produit de l’émission ne doit pas obligatoirement être affecté à des projets spécifiques, mais les conditions financières sont adaptées en fonction de la réalisation, par l’émetteur, d’objectifs de performance en matière de durabilité. On trouvera à l’Annexe 4.B de plus amples renseignements sur les tendances observées récemment en matière d’émission d’obligations durables.
Graphique 4.6. Encours des obligations d’entreprises et des obligations durables dans le secteur de l’énergie en 2024
Copier le lien de Graphique 4.6. Encours des obligations d’entreprises et des obligations durables dans le secteur de l’énergie en 2024L’encours total de la dette obligataire des entreprises s’est chiffré à 4 000 milliards USD à l’échelle mondiale en 2024, les obligations durables ayant représenté plus de 12 % de ce montant
Source : ensemble de données de l’OCDE sur la durabilité des entreprises, LSEG.
Flux financiers transnationaux
Si les marchés financiers locaux apportent une contribution essentielle au financement de la transition climatique, les investissements transnationaux procurent également un complément indispensable : ils permettent en effet de combler des déficits de financement que les ressources intérieures seules ne peuvent effacer, en particulier dans un grand nombre de MEED où les marchés financiers locaux sont relativement peu développés. Dans le secteur privé, l’investissement direct étranger (IDE) peut drainer des financements vers des projets d’atténuation du changement climatique de portée transnationale. Parallèlement, le financement du développement international fournis par les institutions bilatérales et multilatérales officielles apporte un soutien capital pour des projets qui ne seraient peut-être pas viables commercialement.
Investissement direct étranger
Les tendances récentes de l’IDE dans les énergies renouvelables font apparaître un flux croissant de capitaux des économies avancées vers les MEED. En ne tenant compte que du solde net des flux d’investissement entre les deux régions, on constate que l’IDE de création net dans le secteur des énergies renouvelables allant des économies avancées en direction des MEED hors Chine a fortement augmenté en moyenne annuelle puisqu'il est passé de 38 milliards USD sur la période 2019-21 à 103 milliards USD sur la période 2022-23.
Dans le même temps, l’IDE de création net dans les énergies renouvelables en provenance de Chine et à destination des autres MEED, qui s’établissait en moyenne à 2 milliards USD par an entre 2019 et 2022, a bondi à 17 milliards USD en 2023, sur fond de montée et d’instabilité des prix des énergies fossiles, en particulier depuis 2022, et sous l’effet des nouvelles politiques menées au niveau mondial en faveur des objectifs climatiques et de la sécurité énergétique (OCDE, à paraître[24]).
Graphique 4.7. Flux nets d’IDE de création dans les énergies renouvelables à destination des MEED, 2019-23
Copier le lien de Graphique 4.7. Flux nets d’IDE de création dans les énergies renouvelables à destination des MEED, 2019-23L’IDE de création net dans les énergies renouvelables en provenance des économies avancées et à destination des MEED progresse rapidement depuis 2022
Note : ce chiffre correspond aux dépenses d'investissement annoncées dans les énergies renouvelables. Les énergies renouvelables englobent l’électricité d’origine solaire, éolienne, géothermique, marine, biomasse, hydraulique et l’électricité produite à partir d’autres sources renouvelables (comme l’hydrogène propre)
Source : OCDE, base de données fDi Markets du Financial Times.
Financement climatique fourni et mobilisé par les fournisseurs internationaux
Lors de la 15e session de la Conférence des Parties (COP15) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en 2009, les pays développés se sont engagés à atteindre collectivement un objectif de mobilisation de 100 milliards USD par an d’ici à 2020 destinés à financer l’action climatique dans les pays en développement. En 2015, cette échéance a été reportée à 2025. En 2022, les pays développés ont mobilisé et fourni au total 115.9 milliards USD au titre du financement climatique en faveur des pays en développement, et ainsi atteint l'objectif pour la première fois (Graphique 4.8).
Graphique 4.8. Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en faveur des pays en développement
Copier le lien de Graphique 4.8. Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en faveur des pays en développementLe financement climatique en faveur des pays en développement a représenté 115.9 milliards USD en 2022
Note : le fait qu'il manque des données dans la série chronologique relative à l’année 2015 pour les financements privés mobilisés est imputable à la mise en œuvre de méthodes de mesure améliorées. Il en découle que les totaux généraux pour les périodes 2016-22 et 2013-14 ne sont pas directement comparables. Le financement climatique public multilatéral et le financement climatique privé mobilisés par les institutions multilatérales prend uniquement en compte la part attribuable aux pays développés.
Source : OCDE (2024[25]), Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2022, https://www.oecd.org/fr/publications/financement-climatique-fourni-et-mobilise-par-les-pays-developpes-en-2013-2022_9db2b91d-fr.html
(à partir de rapports biennaux établis à l’intention de la CCNUCC, de statistiques du CAD de l’OCDE et du Groupe sur les crédits à l’exportation et d'un rapport complémentaire destiné à l’OCDE).
Les financements publics, transitant soit par le canal bilatéral, soit par des organisations multilatérales, représentent la majeure partie du financement climatique en faveur des pays en développement En 2020-22, ils ont contribué à hauteur de 83 % au financement climatique total (Graphique 4.9). Le reste est constitué de financements privés, eux-mêmes mobilisés au moyen d’apports publics de financement climatique. En ce qui concerne les axes de l’action climatique, l’atténuation du changement climatique se taille la part du lion, soit 60 % du montant total du financement climatique en faveur des pays en développement, suivie de l’adaptation au changement climatique, 29 %, et des activités transversales, 11 % (Graphique 4.9). L’atténuation bénéficie de 84 % du financement climatique de sources privées mobilisé.
Graphique 4.9. Axes de l’action climatique et sources du financement climatique en faveur des pays en développement sur la période 2020-22
Copier le lien de Graphique 4.9. Axes de l’action climatique et sources du financement climatique en faveur des pays en développement sur la période 2020-22La majeure partie du financement climatique en faveur des pays en développement va à l’atténuation du changement climatique et provient de sources publiques
Source : OCDE (2024[25]), Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2022, https://www.oecd.org/fr/publications/financement-climatique-fourni-et-mobilise-par-les-pays-developpes-en-2013-2022_9db2b91d-fr.html.
En novembre 2024, lors de la 29e session de la Conférence des Parties à la CCNUCC (COP29), le nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique a été adopté. Il a vocation à permettre de mobiliser au moins 300 milliards USD par an d’ici à 2035 pour aider les pays en développement à faire face au changement climatique. Ce nouvel objectif se substituera au précédent, de 100 milliards USD par an, à partir de 2026. Cette évolution stratégique réaffirme l’engagement envers les pays en développement à l’appui de la lutte contre le changement climatique et définit des attentes, en termes d’accroissement du financement climatique international, qui seront examinées plus en détail dans la section suivante.
Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique
Copier le lien de Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatiqueCette section décrit trois scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique tous secteurs confondus, chacun offrant au lecteur une perspective différente sur la façon dont les marchés financiers pourraient évoluer en fonction des choix fondamentalement différents des pouvoirs publics et du secteur privé. Il s’agit d’un Scénario de référence (ScR), d’un Scénario reposant sur le secteur public (ScSP) et d’un Scénario reposant sur les marchés financiers (ScMF). Chaque scénario est fondé sur des hypothèses différentes concernant la croissance de l’investissement dans l’atténuation du changement climatique, la répartition de l’investissement entre les secteurs public et privé, le financement climatique en faveur des pays en développement et l’IDE de création. Le Tableau 4.2 donne une vue synthétique des hypothèses sous-jacentes et des indicateurs de résultats sur lesquels des explications plus détaillées figurent dans les sections suivantes et à l’Annexe 4.A.
Ces scénarios n’aboutissent pas à la formulation de recommandations précises à l’intention des pouvoirs publics les invitant à adopter une stratégie en particulier, pas plus qu'ils ne représentent les projections les plus probables des évolutions à venir. En tout état de cause, le ScR peut être considéré comme plus réaliste à court terme, sachant que la situation des marchés financiers se situera, à long terme, quelque part entre les deux extrêmes que représentent le ScSP et le ScMF. Cela étant, l’intérêt de cet exercice d’analyse de scénarios réside pour partie dans le fait qu'il permet d’illustrer combien il serait irréaliste de trop compter soit sur le secteur public, soit sur le secteur privé.
S’en remettre pour l’essentiel à des financements publics pourrait amener à des niveaux (et des dynamiques) intenables d’endettement public. A l’inverse, s’appuyer à l’excès sur le secteur privé pour combler des déficits d’investissement à court et moyen terme exigerait une croissance de l’investissement du secteur privé, nécessairement associée à un alourdissement de la dette émise sur les marchés dans les MEED, qui augmenterait sensiblement par rapport aux niveaux actuels. Cette tentative d’évaluation quantitative des conséquences des stratégies donnant le rôle principal au secteur public par rapport à celles privilégiant le financement sur les marchés financiers permet d’en apprécier la viabilité et de définir des mesures qu'il convient de prendre.
La section suivante décrit le ScR, dans lequel la croissance de l’investissement climatique, la part des investissements du secteur public et l’IDE de création évoluent selon les tendances historiques tandis que les objectifs de financement du développement adoptés lors de la COP29 sont atteints d’ici à 2035 (CCNUCC, 2024[26]). La section qui suit contient une présentation du ScSP, dans lequel les investissements du secteur public sont censés évoluer dans le droit fil des tendances antérieures, et le secteur public intensifie sa participation au financement des besoins à couvrir pour répondre aux attentes, en termes d’investissement dans l’atténuation du changement climatique, prévues dans le scénario ZEN de l’AIE décrit dans la section « Besoins d’investissements climatiques à l’horizon 2030 et 2050« . Les résultats obtenus sont une contribution du secteur public à l’investissement et des ratios dette/PIB variables, qui constituent les indicateurs de résultats selon ce scénario.
Enfin, dans le ScMF, les hypothèses posées sont que les États sont soumis à des limitations du ratio dette/PIB (90 % pour les économies avancées, 60 % pour les MEED hors Chine et 80 % pour la Chine) et que les investissements du secteur privé financés sur les marchés financiers sont à la hauteur des besoins prévus dans le scénario ZEN de l’AIE. Les plafonds pour le ratio dette/PIB correspondent aux deux seuils de déclenchement des mécanismes de réduction de la dette imposés par les nouvelles règles budgétaires de l’UE, fixés à 60 % et 90 % (Parlement européen, 2024[27]). Le ScMF repose également sur l’hypothèse que l’IDE de création est multiplié par trois (en proportion de l’investissement du secteur privé) d’ici à 2035.
Le ScSP et le ScMF sont fondés sur des estimations du ratio dette/PIB de référence émanant de l’OCDE (pour les économies avancées) et du FMI (pour les MEED). Ces chiffres ne prennent pas en compte les dépenses du secteur public allouées à la transition climatique figurant dans le scénario ZEN de l’AIE. C’est pourquoi le financement futur, par le secteur public, des investissements dans la transition climatique conformément au scénario ZEN de l’AIE représente un fardeau supplémentaire, en termes de dette publique, dans l’analyse de scénarios présentée dans ce chapitre. Dans tous les scénarios, le ratio dette publique/PIB est supposé rester à son niveau de référence en l’absence d’investissements dans la transition climatique, abstraction faite des pressions autres s’exerçant sur les finances publiques, comme celles résultant du vieillissement des populations (Guillemette et Turner, 2021[28]).
Tableau 4.2. Hypothèses posées dans le scénario et indicateurs de résultats
Copier le lien de Tableau 4.2. Hypothèses posées dans le scénario et indicateurs de résultats|
Scénario de référence |
Scénario reposant sur le secteur public |
Scénario reposant sur les marchés financiers |
|
|---|---|---|---|
|
Croissance de l'investissement climatique du secteur public |
Moyenne sur les trois dernières années ; puis baisse |
Besoins d’investissement satisfaits (compensation de tout déficit du côté du secteur privé) |
Moyenne sur les trois dernières années jusqu’à la limite dette/PIB ; puis croissance nulle |
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Croissance de l'investissement climatique du secteur privé |
Moyenne sur les trois dernières années ; puis baisse |
Moyenne sur les trois dernières années ; puis baisse |
Besoins d’investissement satisfaits (compensation de tout déficit du côté du secteur public) |
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Contributions du secteur public/privé (%) |
Niveau constant (par rapport à celui à partir de 2023) |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat |
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Déficit d’investissement |
Indicateur de résultat |
Pas de déficit/ Besoins d’investissement prévus dans le scénario ZEN satisfaits |
Pas de déficit/ Besoins d’investissement prévus dans le scénario ZEN satisfaits |
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IDE de création |
Constant en proportion de l’investissement du secteur privé |
Constant en proportion de l’investissement du secteur privé |
Multiplié par trois d’ici à 2035 en proportion de l’investissement du secteur privé |
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Dette publique/PIB |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat avec plafond de 75 % pour les MEED hors Chine |
Indicateur de résultat avec des plafonds de 90 % pour les économies avancées, 60 % pour les MEED hors Chine et 80 % pour la Chine |
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Financement climatique fourni et mobilisé par les fournisseurs internationaux |
Croissance linéaire jusqu’à 300 milliards USD en 2035, puis niveau constant |
300 milliards USD d’ici à 2035, nouvelle augmentation lorsque les MEED hors Chine auront atteint le plafond dette/PIB |
Croissance linéaire jusqu’à 300 milliards USD en 2035, puis niveau constant |
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Ratio dettes/fonds propres des entreprises du secteur de l’énergie |
Niveau constant (par rapport à celui de décembre 2023) |
Niveau constant (par rapport à celui de décembre 2023) |
Niveau constant pour les économies avancées ; convergence des MEED vers les économies avancées d’ici à 2050 |
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Dette obligataire/dette hors obligations vis-à-vis du secteur privé des entreprises du secteur de l’énergie |
Niveau constant (par rapport à celui de décembre 2023) |
Niveau constant (par rapport à celui de décembre 2023) |
Niveau constant pour les économies avancées ; convergence des MEED vers les économies avancées d’ici à 2050 |
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Taille du marché des actions d’entreprises du secteur de l’énergie |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat |
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Taille du marché des obligations d’entreprises du secteur de l’énergie |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat |
Indicateur de résultat |
Scénario de référence
Le ScR ne nécessite pas d’investissements dans l’atténuation du changement climatique pour la réalisation des objectifs annuels définis dans le scénario ZEN de l’AIE ; il repose plutôt sur l’hypothèse que l’investissement croît dans un premier temps au taux moyen sur les trois années précédentes (2022–24). La différence entre les projetions des investissements réels et requis correspond au déficit d’investissement et le report des déficits annuels d’une année sur l’autre crée un déficit d’investissement cumulé. Ce scénario simplifié ne rend pas compte de l’accroissement des besoins d’investissement futurs résultant du report de certains investissements au cours de périodes antérieures.
Dans un premier temps, la poursuite des investissements à un rythme égal aux taux de croissance antérieurs crée des déficits de financement dans toutes les régions. Néanmoins, comme le montre le Graphique 4.3, les besoins d’investissement dans la transition climatique diminuent en moyenne après 2035 dans les économies avancées et en Chine, ce qui facilite une réduction, puis finalement, un comblement du déficit d’investissement. Pour les MEED hors Chine, le scénario ZEN de l’AIE prévoit de nouvelles augmentations des besoins d’investissement après 2035.
Dans le ScR, l’hypothèse posée est celle d’une croissance de l’investissement convergeant vers celle du PIB à long terme à mesure que l’écart entre les investissements réels et requis diminue. Une fois que le déficit cumulé est comblé et se transforme en excédent — à savoir, lorsque les investissements réels commencent à excéder les besoins — la croissance de l’investissement ralentit encore pour arriver à une stabilisation de l’excédent, comme dans le cas des économies avancées et de la Chine. Les MEED hors Chine en revanche ne parviennent pas, dans le ScR, à atteindre un déficit cumulé nul en raison de niveaux d’investissement historiquement bas. Leur déficit cumulé s’élèvera à 10 100 milliards USD d’ici à 2050.
Si la croissance de l’investissement en 2025 se poursuit au rythme moyen observé sur les trois dernières années - soit 8 % dans les économies avancées, 13 % dans les MEED hors Chine et 18 % en Chine - les projections des investissements annuels pour 2025 sont inférieures aux niveaux requis de 15 à 20% dans les économies avancées, 5 à 10 %n Chine et 45 à 50 % dans les MEED hors Chine. La croissance comparativement plus faible dans les économies avancées ne les empêche toutefois pas de combler le déficit, grâce aux niveaux d’investissement actuels relativement élevés. La Chine, qui affiche la croissance la plus forte et le déficit le plus faible, devrait combler ce dernier d’ici à 2028 alors que les économies avancées devront attendre 2041.
Le ScR repose sur l’hypothèse que les parts des secteurs public et privé dans les investissements dans l’atténuation du changement climatique ne varient pas par rapport à décembre 2023 et s’inscrivent dans le prolongement des tendances récentes (AIE, 2024[3]). En 2023, le secteur privé a réalisé 76 % des investissements totaux dans les énergies propres dans les économies avancées, 67 % en Chine et 75 % dans les MEED hors Chine.
L’IDE de création à destination des MEED hors Chine reste constant, en pourcentage des investissements du secteur privé, dans les économies avancées et en Chine. Le scénario ne prévoit pas de plafonnement du ratio dette souveraine/PIB et repose sur l’hypothèse que le financement climatique total alloué aux pays en développement augmente de façon linéaire jusqu’en 2035, pour atteindre 300 milliards USD, conformément à ce qui a été convenu lors de la COP29 (CCNUCC, 2024[26]), puis reste constant par la suite. Enfin, les ratios dette/fonds propres et dette obligataire/dette hors obligations des entreprises sont également supposés demeurer aux niveaux de décembre 2023.
Comme dans tous les scénarios, la taille des marchés des actions et des obligations requise pour assurer le financement des investissements futurs liés à l’atténuation du changement climatique est considérée comme un indicateur de résultats. Le Graphique 4.10 présente des projections des investissements annuels réels et requis (axe secondaire) et du déficit ou de l’excédent cumulé qui en résulte (axe primaire).
Graphique 4.10. Scénario de référence : investissements annuels prévus et requis et déficit/excédent cumulé d’investissement
Copier le lien de Graphique 4.10. Scénario de référence : investissements annuels prévus et requis et déficit/excédent cumulé d’investissementDans les économies avancées et en Chine, les investissements dans l’atténuation du changement climatique permettront de combler les déficits d’investissement initiaux tandis que dans les MEED hors Chine, le déficit cumulé, à l’horizon 2050, s’établira à 10 100 milliards USD.
Note : les investissements du secteur public tiennent compte des nouveaux objectifs de financement du développement fixés lors de la COP29 qui a eu lieu en novembre 2024. Le scénario est fondé sur une trajectoire d’accroissement linéaire qui portera le chiffre de 115.7 milliards USD en 2022 à 300 milliards USD en 2035, abstraction faite de la contribution du secteur privé et du financement du développement affecté à l’adaptation au changement climatique qui sont estimés en fonction de leurs parts respectives moyennes sur la période 2019–22 (OCDE, 2024[25]).
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE.
Scénario reposant sur le secteur public
Dans le scénario reposant sur le secteur public (ScSP), l’hypothèse posée est que l’investissement du secteur privé continue de croître au rythme moyen observé sur les trois dernières années et que le secteur public procure les financements supplémentaires nécessaires pour répondre aux besoins d’investissement annuels prévus dans le scénario ZEN de l’AIE. Il n’y a donc pas de déficit d’investissement dans ce scénario. Le point de départ de l’analyse est que tous les investissements du secteur public sont financés par la dette publique et non, par exemple, par des impôts supplémentaires.
Contrairement au ScR, le ScSP prévoit une limitation à 75 % du ratio dette publique/PIB pour les MEED hors Chine et repose sur l’hypothèse que tout investissement supplémentaire du secteur public requis au-delà de cette limite est financé par un accroissement des contributions des économies avancées au financement du développement. Le Graphique 4.11 illustre les projections qui en découlent.
Si selon le ScSP, une augmentation des investissements du secteur public est nécessaire dans un premier temps dans toutes les régions, c’est dans les MEED hors Chine qu’elle est la plus marquée. Dans les économies avancées, la part du secteur public dans les investissements totaux dans l’atténuation du changement climatique passe de 24 % en 2023 à 37 % en 2025, puis 44 % en 2026 et 2027, avant de diminuer progressivement à partir de 2028, ce qui suppose un TCAC des investissements du secteur public dans l’atténuation du changement climatique de 46 % sur la période 2023-25. En Chine, la part des investissements du secteur public devrait être portée de 33 % du montant total des investissements en 2023 à 38 % en 2025, avant d’entamer un mouvement de repli, ce qui donne un TCAC de 29 % sur la période 2023-25.
Pour satisfaire leurs besoins d’investissement, les MEED hors Chine devraient accroître les investissements du secteur public à un TCAC de plus de 129 % entre 2023 et 2025 pour pouvoir réaliser les investissements requis selon le scénario ZEN de l’AIE. Ils devraient également porter la part des investissements du secteur public de 25 % en 2023 à 59 % en 2025. Cette part demeure élevée, soit 63 à 65 % sur la période allant de 2026 à 2028, avant de décliner progressivement. Les MEED hors Chine atteindraient en outre leur plafond dette/PIB fixé à 75 % d’ici à 2041, ce qui exigerait, de la part des économies avancées, des apports supplémentaires de 1 600 milliards USD au titre du financement du développement entre 2041 et 2050 (soit 162 milliards USD par an en moyenne) destinés à combler le déficit d’investissement de ces pays dans l’atténuation du changement climatique.
Compte tenu du rôle central joué par le secteur public dans ce scénario et de la capacité plus grande des États à émettre des titres de dette en raison du niveau relativement plus bas des taux d'intérêt nationaux, aucune limitation du ratio dette/PIB n’a été fixée pour les économies avancées, ni pour la Chine. Pour financer leurs besoins d’investissement nationaux et contribuer au financement du développement qu’il est envisagé d’octroyer aux MEED hors Chine, les économies avancées devraient, selon les projections, voir leur ratio dette/PIB progresser de 25 %, et passer de 115 % en 2024 à 139 % d’ici à 2050. De même, pour que la Chine réussisse à couvrir ses besoins d’investissement nationaux, son ratio dette/PIB devrait, d’après les projections, augmenter de 41 %, et grimper de 90 % à 131 % sur la même période.
Le ScSP – de même que le ScMF – repose sur des estimations du ratio dette/PIB de référence émanant de l’OCDE (pour les économies avancées) et du FMI (pour les MEED). Ces chiffres ne prennent pas en compte les dépenses du secteur public allouées à la transition climatique figurant dans le scénario ZEN de l’AIE. C’est pourquoi le financement futur, par le secteur public, des investissements dans la transition climatique conformément au scénario ZEN de l’AIE représente un fardeau supplémentaire, en termes de dette publique, dans l’analyse de scénarios présentée dans ce chapitre. Il importe également de noter que cette analyse ne prend pas en considération les pressions autres qui s’exercent sur le secteur public, notamment celles résultant du vieillissement des populations, qui, par nature, font peser sur les finances publiques un fardeau difficile à porter (Guillemette et Turner, 2021[28]). Un surcroît de tensions sur les dépenses, y compris l’augmentation des dépenses de défense, peut encore amplifier les difficultés budgétaires. Les ratios d’endettement indiqués dans ce chapitre, qui tiennent généralement compte de la dette brute des administrations publiques, ne sont pas directement comparables à ceux présentés dans le premier chapitre, lequel ne porte que sur la dette négociable des administrations centrales.
Parce que la présente analyse a pour objet de dégager des enseignements globaux et de vaste portée, elle ne tire pas de conclusions au niveau des pays. Comme indiqué par le FMI (2024[29]), les pays en développement dont les notations de crédit sont les plus basses et qui affichent des ratios dette/PIB relativement élevés se heurtent à des difficultés particulières pour financer leur dette et, de ce fait, pour mobiliser les investissements nécessaires dans la transition climatique.
Graphique 4.11. Solution apportée par le secteur public : contributions à l’investissement dans l’atténuation du changement climatique et limitation du ratio dette/PIB
Copier le lien de Graphique 4.11. Solution apportée par le secteur public : contributions à l’investissement dans l’atténuation du changement climatique et limitation du ratio dette/PIBSi toutes les régions doivent dans un premier temps accroître les investissements du secteur public, c’est dans les MEED hors Chine que cet accroissement doit être le plus notable.
Note : les investissements du secteur public tiennent compte des nouveaux objectifs de financement du développement fixés lors de la COP29 qui a eu lieu en novembre 2024. Le scénario est fondé sur une trajectoire d’accroissement linéaire qui portera le chiffre de 115.7 milliards USD en 2022 à 300 milliards USD en 2035, abstraction faite de la contribution du secteur privé et du financement du développement affecté à l’adaptation au changement climatique estimés en fonction de leurs parts respectives moyennes sur la période 2019–22 (OCDE, 2024[25]).
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE.
Scénario reposant sur les marchés financiers
Le ScMF repose sur l’hypothèse que les projections d’investissements sont conformes aux besoins annuels décrits dans le scénario ZEN de l’AIE. À la différence du ScR et du ScSP, le ScMF impose une limitation du ratio dette souveraine/PIB à 90 % pour les économies avancées, et 80 % dans le cas de la Chine. Comparativement au ScSP, le ScMF prévoit une limite plus basse pour les MEED hors Chine (60 %). Ces chiffres correspondent aux deux seuils de déclenchement des mécanismes de réduction de la dette instaurés par les règles budgétaires de l’UE, fixés à 60 % et 90 % du ratio dette/PIB (Parlement européen, 2024[27]).
Lorsque la limite dette/PIB est atteinte, le déficit d’investissement résiduel est comblé au moyen d’investissements privés financés sur les marchés financiers. C’est pourquoi la répartition entre les contributions des secteurs public et privé demeure inchangée tant que la limite dette/PIB n’est pas atteinte, après quoi ces contributions deviennent des indicateurs de résultats correspondant aux concours nécessaires pour concrétiser les objectifs d’atténuation du changement climatique. Atteindre les niveaux d’investissement requis exigera, dans les MEED hors Chine, un TCAC des investissements du secteur privé d’approximativement 61 % entre 2023 et 2025. La limitation du ratio dette/PIB dans les économies avancées et en Chine bride l’investissement du secteur public en 2025, au début de la période considérée, nécessitant par là même des TCAC des investissements du secteur privé de 36 % et 46 %, respectivement, sur la même période. Le fait que ce taux soit plus élevé pour la Chine est imputable à la contribution historiquement plus importante du secteur public au financement de l’atténuation du changement climatique (33 % en 2023 contre 24 % dans les économies avancées).
L’IDE de création, rapporté aux investissements du secteur privé, est supposé tripler d’ici à 2035, à la faveur d'une facilité censément accrue des sociétés financières et non financières à réaliser des investissements transnationaux d’après le ScMF. Pour le financement du développement, les chiffres sont les mêmes que dans le ScR, soit un accroissement linéaire jusqu’à 300 milliards USD d’ici à 2035.
Dans le ScMF, les parts respectives du financement sur les marchés des actions et des obligations et par des titres de dette non négociables dans les MEED hors Chine devraient converger vers celles observées dans les économies avancées d’ici à 2050. L’hypothèse implicite est que la qualité du cadre réglementaire régissant les marchés financiers dans les MEED hors Chine va égaler celle qui prévaut dans les économies avancées. En décembre 2023, la structure de financement dans le secteur de l'énergie était la suivante dans les économies avancées : 52 % d’actions, 30 % d’obligations et 18 % de titres de dette non négociables. Dans les MEED hors Chine en revanche, elle reposait davantage sur les actions (70 %) et moins sur les obligations (12 %) et les titres de dette non négociables (18 %).
Le Graphique 4.12 illustre l’évolution des sources de financement des sociétés cotées du secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine à partir de 2023. S’il faudrait que le montant total des financements à long terme soit multiplié par 3.8 d’ici à 2050 ou augmente au TCAC de 5.0 %, la taille des marchés obligataires devrait être multipliée par 9.7 sur la même période, soit un TCAC de 8.8 %. Or, le TCAC du PIB devrait s’établir à 2.5 % selon les projections.
Graphique 4.12. Solution apportée par les marchés financiers : évolution des sources de financement dans le secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine
Copier le lien de Graphique 4.12. Solution apportée par les marchés financiers : évolution des sources de financement dans le secteur de l’énergie dans les MEED hors ChineTandis que le recours aux instruments de financement à long terme devrait être multiplié par 3.8 (soit un TCAC de 5.0 %) dans les MEED hors Chine entre 2023 et 2050, c’est par 9.7 (soit un TCAC de 8.8 %) que la taille des marchés obligataires devrait être multipliée sur la même période
Note : les chiffres ne tiennent pas compte des passifs autres que les dettes. La valeur des fonds propres est la valeur comptable.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE, LSEG.
L’analyse présentée dans le Graphique 4.12 ci-avant porte tout d’abord sur la valeur comptable des obligations et des titres de dette hors obligations des sociétés cotées du secteur de l’énergie en décembre 2023, ainsi que sur la valeur comptable de leurs actions (pour en savoir plus sur la structure de leur capital, se reporter à la section « Structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie »). Elle tient compte des nouveaux financements par l’emprunt et par capitaux propres nécessaires pour répondre aux besoins d’investissement dans les énergies propres et les actifs énergétiques à fortes émissions d’après le scénario ZEN de l’AIE. Aux fins de l’analyse, l’hypothèse posée est que les entreprises dégageront chaque année un bénéfice (autrement dit que les produits seront supérieures aux charges), de sorte qu’elles seront en mesure de réinvestir l’équivalent du montant des amortissements, qui resteront constants, en pourcentage des actifs non courants, tout au long de la période. Les sources de financement par fonds propres peuvent être, dans le cadre de l’analyse, soit des bénéfices réinvestis, soit des capitaux levés via l’émission d’actions nouvelles ; il n’y a donc pas d’hypothèse relative à la rentabilité future des entreprises du secteur de l'énergie.
Analyser le secteur de l’énergie dans son ensemble suppose en effet de considérer qu’à mesure que la base d’actifs énergétiques combinés (composée d’actifs à faibles et à fortes émissions) se déprécie, les actifs existants sont progressivement remplacés par des actifs à faibles émissions dont la part croît de conserve avec les parts respectives des actifs à faibles et à fortes émissions dans les investissements prévus selon le scénario ZEN de l’AIE. De plus, le ScMF repose sur l’hypothèse que les sociétés cotées financent à hauteur de 90 % la totalité des investissements futurs du secteur privé (comme indiqué précédemment, les actifs en fonds propres et les capitaux engagés représentent approximativement 10 % des marchés d’actions et d'obligations).
Investissements transnationaux et financement climatique procuré par les fournisseurs internationaux
Tous les scénarios tiennent compte des investissements transnationaux dans les MEED hors Chine en minorant les besoins d’investissement nationaux de ces pays (tels que définis selon le scénario ZEN de l’AIE) d’un montant calculé à partir des entrées nettes d’IDE de création en provenance des économies avancées et de Chine. Les flux nets d’IDE entre les économies et la Chine ont été exclus des trois scénarios en raison de leurs niveaux historiquement bas, le montant annuel moyen des flux nets d’investissement dans les énergies renouvelables étant resté inférieur à 400 millions USD entre 2020 et 2023. Les flux d’IDE entre les économies avancées ne sont pas pris en considération car dans les scénarios, celles-ci sont considérées comme un seul groupe, à l’instar des MEED.
Dans les ScR et le ScSP, l’IDE de création est supposé rester constant, en pourcentage des investissements du secteur privé, dans les économies avancées et en Chine. En 2022-24, l’IDE dans les énergies renouvelables à destination des MEED hors Chine a représenté en moyenne 12.7 % des investissements nationaux dans les énergies propres en provenance des économies avancées, et 3 % de ceux provenant de Chine. Ces pourcentages sont appliqués aux investissements réels dans le secteur de l'énergie en 2023 et aux investissements prévus selon le ScR et le ScSP pendant les années ultérieures. Cette méthode permet d’obtenir des estimations de l’IDE non seulement dans les énergies renouvelables, mais aussi dans toutes les autres technologies à prendre en considération dans l’analyse.
Dans le ScMF, la part de l’IDE de création va être multipliée par trois d’ici à 2035, pour atteindre environ 38 % dans les économies avancées et 9 % en Chine. Selon les estimations, l’IDE de création total à destination des MEED hors Chine s’est chiffré à environ 127 milliards USD en 2023, dont 110 milliards USD (soit 87 %) provenant des économies avancées et 17 milliards USD (soit 13 %) de Chine (Graphique 4.7).
Le Graphique 4.13 retrace l’IDE de création à destination des MEED hors Chine dans les trois scénarios. Dans le ScMF, l’IDE de création progresse jusqu’à atteindre un point culminant, soit 622 milliards USD, en 2035 (autrement dit le montant atteint en 2023 multiplié par 4.9) avant de se stabiliser dans la durée aux alentours de 475 milliards USD (correspondant au montant de 2023 multiplié par 3.7). Dans le ScR et le ScSP en revanche, le montant de l’IDE de création n’augmente pas au-delà de 250 milliards USD et finit par se stabiliser aux environs de 150 milliards USD. Cette évolution est à rapprocher de celle observée au cours de la dernière décennie, à savoir une multiplication à peu près par cinq (OCDE, à paraître[24]).
Le financement du développement affecté à l’action climatique est supposé suivre une trajectoire ascendante linéaire dans les trois scénarios, pour atteindre, d’ici à 2035, le nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique approuvé lors de la COP29. Le ScSP est le seul dans lequel un financement du développement supplémentaire affecté à l’action climatique est fourni par les économies avancées aux MEED hors Chine à partir du moment où ces pays atteignent leur plafond dette/PIB supposément fixé à 75 %. L’analyse porte principalement sur le financement climatique procuré par le secteur public (par le canal bilatéral ou par celui des institutions multilatérales) en faveur de l’atténuation du changement climatique. Elle exclut donc du total pris en compte au regard du nouvel objectif chiffré collectif pour le financement de l’action climatique les investissements du secteur privé mobilisés grâce au financement climatique public (ceux-ci étant assimilés à de l’IDE), ainsi que tout investissement dans l’adaptation au changement climatique qui ne relève pas du périmètre des scénarios.
Graphique 4.13. IDE de création à destination des MEED hors Chine pour tous les scénarios
Copier le lien de Graphique 4.13. IDE de création à destination des MEED hors Chine pour tous les scénariosL’IDE de création se stabilise aux alentours de 475 milliards USD dans le ScMF (soit une multiplication par 3.7 du montant atteint en 2023), alors qu’il demeure stationnaire, aux environs de 150 milliards USD dans le ScR et le ScSP jusqu’en 2050
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE.
Le financement du développement consacré à l’action climatique vient alléger le fardeau pesant sur le secteur public dans les MEED hors Chine dans tous les scénarios en même temps qu’il fait croître le ratio dette/PIB des économies avancées dont il provient. L’émission de dettes liées au financement du développement est attribuée aux économies avancées dans les trois scénarios, et ce, principalement pour quatre raisons : (i) une partie du financement du développement prend la forme de dons ou d’apports assortis de conditions libérales qui ne créent aucun endettement ou qui donnent lieu à une dette dont le service est plus facile à assumer ; (ii) une partie des prêts octroyés au titre du financement du développement servent à financer directement des projets, et ne créent pas de dette publique dans les MEED ; (iii) affecter les émissions de dettes liées au financement du développement à la fois aux économies avancées et aux MEED reviendrait à comptabiliser deux fois le même investissement ; (iv) ce chapitre porte essentiellement sur le développement des marchés obligataires, et les prêts octroyés aux gouvernements des MEED n’entrent pas dans ce périmètre. En conséquence, le ratio dette/PIB des économies avancées devrait atteindre, selon les projections, 139 % d’ici à 2050 dans le ScSP, contre 136 % dans le ScR.
Le Graphique 4.14 donne un aperçu du montant du financement du développement de référence (conforme aux objectifs de la COP29) dans tous les scénarios, ainsi que du surcroît nécessaire selon le ScSP.
Graphique 4.14. Financement du développement affecté à l’atténuation du changement climatique dans les MEED hors Chine
Copier le lien de Graphique 4.14. Financement du développement affecté à l’atténuation du changement climatique dans les MEED hors ChineD’après les projections établies selon le ScSP, les MEED hors Chine auront besoin, sur la période 2041-50, de 162 milliards supplémentaires par an en moyenne au titre du financement du développement par le secteur public lorsque leur ratio dette/PIB aura atteint le plafond de 75 % en 2040.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE.
Évolution des marchés d’actions et d’obligations dans le secteur de l’énergie
Les investissements s’accompagnent, dans chacun des scénarios, d’une évolution différente des marchés d’actions et d’obligations dans les trois régions sur lesquelles porte l’analyse exposée dans le présent chapitre. Le part de chaque source de financement — actions, obligations, titres de dette hors obligations et autres passifs — dans le secteur de l'énergie a été déterminée au moyen d’une analyse de la structure du capital menée sur un échantillon d’un millier d’entreprises du secteur de l'énergie choisies de façon aléatoire (voir section précédente « Structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie»).
La dette obligataire rapportée aux actifs totaux ressort à 21 % dans le secteur de l'énergie dans les économies avancées, 9 % dans les MEED hors Chine et 3 % en Chine. Dans les MEED hors Chine, ce pourcentage reste constant dans le ScR et le ScSP, mais se rapproche de celui qui caractérise la structure du capital des entreprises des économies avancées dans le ScMF, jusqu’à le rejoindre à l’horizon 2050.
Le point de départ de la projection présentée dans cette section concernant les marchés est la valeur de marché des actions et l'encours obligataire total en décembre 2024. L’analyse intègre ensuite les investissements dans les énergies propres et les actifs énergétiques à fortes émissions prévus par le scénario ZEN de l’AIE en partant de l’hypothèse d’amortissements constants en pourcentage des actifs non courants. Comme dans le Graphique 4.12, il en découle que le montant des amortissements est effectivement « réinvesti » et que la diminution prévue des investissements dans les actifs à fortes émissions compense partiellement l’augmentation des besoins d’investissement dans les énergies propres. Le réinvestissement peut s’effectuer soit directement, par l’intermédiaire d’une entreprise active à la fois dans le secteur des énergies fossiles et des énergies propres, soit indirectement, par l’intermédiaire d'un investisseur qui réoriente les rendements financiers produits par des entreprises du secteur des énergies fossiles vers des entreprises tournées vers les énergies propres.
Évolution des marchés d’obligations dans le secteur de l’énergie
Les graphiques suivants dépeignent l’évolution des marchés d’actions et d’obligations dans les trois scénarios et dans les trois régions considérées. Dans le Graphique 4.15, l’analyse tient compte de données de 2024 relatives aux obligations émises par des sociétés cotées et non cotées du secteur de l'énergie, en partant du principe, pour dresser un tableau de l’évolution du marché obligataire dans son ensemble, que le montant de l’encours obligataire des sociétés non cotées croît au même rythme que celui des sociétés cotées. Tous les scénarios reposent sur l’hypothèse que 10 % du financement sur fonds propres et du financement par des instruments de dette non négociables sont imputables à des sociétés non cotées (comme indiqué plus loin, les actifs en fonds propres et capitaux engagés représentent approximativement 10 % des marchés d’actions et d’obligations).
Graphique 4.15. Développement du marché d’obligations d’entreprises du secteur de l’énergie pour tous les scénarios
Copier le lien de Graphique 4.15. Développement du marché d’obligations d’entreprises du secteur de l’énergie pour tous les scénariosLe volume total des marchés obligataires du secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine devrait être multiplié par 9.6 (soit un TCAC de 9.1 %) selon le ScMF et porté d’environ 500 milliards USD en 2024 à 4 900 milliards USD
Note : le PIB est exprimé en volume à PPA de 2015. Les tendances de l’encours obligataire dans le ScR et le ScSP se superposent dans les Parties B et C.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE, LSEG.
En décembre 2024, les marchés obligataires du secteur de l’énergie représentaient 3 200 milliards USD dans les économies avancées et ce chiffre devrait, selon les projections, monter à respectivement 4 100, 3 800 et 5 000 milliards USD selon les scénarios ScR, ScSP et SMF d’ici à 2050. Leur valorisation serait ainsi multipliée par 1.3, 1.2 et 1.6, ce qui correspondrait à des TCAC de 1.0 %, 0.7 % et 1.8 %, respectivement. Cette expansion est inférieure à la progression du PIB prévue, au TCAC de 1.4% sur la même période. Elle s’inscrit dans le droit fil d'une tendance de long terme dans les économies avancées, se caractérisant par le fait que la croissance du PIB n'exige pas un accroissement proportionnel de la consommation d’énergie, ce que rendent possible les gains d’efficience, un redéploiement structurel au profit de secteurs à moins forte intensité énergétique et des évolutions au niveau des sources d’énergie utilisées favorisant une expansion économique soutenue compatible avec la modération de la demande d’énergie (AIE, 2023[30] ; AIE, 2023[31]).
Dans les MEED hors Chine, les marchés obligataires ont été évalués à 500 milliards USD en 2024 et ils doivent atteindre respectivement 1 500 milliards USD selon le ScSP, autrement dit voir leur taille multipliée par 2.9, soit un TCAC de 4.2 %, et 4 900 milliards USD selon le ScMF, correspondant à une multiplication par 9.6 et un TCAC de 9.1 %. Or, le TCAC du PIB devrait s’établir à 2.5 % selon les projections.
En Chine, les marchés obligataires du secteur de l’énergie ont représenté 400 milliards USD en 2024 et devrait se hisser à 900 milliards USD selon le ScR et le ScSP, et 1 300 milliards USD selon le ScMF d’ici à 2050. Leur taille serait ainsi multipliée par 2.1 et 3.2 respectivement, soit des TCAC de 2.9 % et 4.6 %. Or, le TCAC du PIB devrait ressortir à 1.8 % selon les projections.
Pour replacer ces données dans leur contexte, le montant total de l’encours des obligations d’entreprise s’établissait à 35 000 milliards USD en décembre 2024 (voir le chapitre 2) et la valorisation des marchés mondiaux d’actions à 113 000 milliards USD, en chiffres cumulés, en décembre 2023. En outre, les actifs en fonds propres et capitaux engagés se sont chiffrés à 13 000 milliards USD à la fin du premier semestre de l’année 2023 (McKinsey, 2024[32]).
Évolution des marchés d’obligations durables d’entreprises du secteur de l’énergie
En décembre 2024, la valorisation des obligations durables d’entreprises du secteur de l'énergie ressortait à 408 milliards USD dans les économies avancées (soit 13 % du total des obligations du secteur de l'énergie), 52 milliards USD dans les MEED hors Chine (10 %) et 50 milliards USD en Chine (12 %). Les chiffres qui suivent sont des estimations de la taille du marché des obligations durables par région établies en partant du principe que ce marché assure l’intégralité du financement des nouveaux investissements dans les énergies propres. Les investissements dans des actifs à fortes émissions sont censés, selon le scénario ZEN de l’AIE, être financés par des obligations classiques. Enfin, l’analyse présentée dans ce chapitre repose sur l’hypothèse que l’extinction des obligations classiques existantes survient selon une trajectoire linéaire sur la base de deux fois leur échéance moyenne pondérée en fonction de la valeur, à savoir 13.7 ans dans les économies avancées, 9.6 ans dans les MEED hors Chine et 5.4 ans en Chine. Le Graphique 4.16 représente la taille du marché des obligations durables par région dans chacun des scénarios.
Dans les économies avancées, la taille des marchés des obligations durables du secteur de l'énergie devrait, selon les projections, être multipliée par 9.5 dans le ScR, 9.2 dans le ScPP et 11.6 dans le ScMF, ces chiffres correspondant respectivement à des TCAC de 9.1 %, 8.9 % et 9.9 %. Dans les MEED hors Chine, la taille des marchés d’obligations durables devrait être multipliée par 25.1 selon le ScSP et 84.6 selon le ScMF. Cette évolution traduit la convergence supposée vers la structure du capital qui prévaut dans les économies avancées, le recul de la part des actions dans le financement total étant contrebalancé par la montée en puissance du financement obligataire (comme l’illustre le Graphique 4.15). Les TCAC pour les marchés d’obligations durables s’établissent à 13.2 % dans le ScSP et 18.6 % dans le ScMF. En Chine, la taille des marchés d’obligations durables du secteur de l'énergie devrait, selon les projections, être multipliée par 16.8 dans le ScR, 16.7 dans le ScPP et 25.9 dans le ScMF, ces chiffres correspondant respectivement à des TCAC de 9.14 %, 8.9 % et 9.9 %.
Le Graphique 4.17 représente les parts, en valeur absolue et en valeur relative, des marchés des obligations durables et classiques selon le ScMF. Dans les économies avancées, la part des marchés d’obligations durables d’entreprises du secteur de l’énergie dans le total des marchés obligataires du secteur doit grimper de 13 % en 2024 à 94 % d’ici à 2050. Sur la même période, les marchés d’obligations classiques devraient, selon les projections, se contracter, leur valorisation état ramenée de 2 700 milliards USD à 300 milliards USD, correspondant à un TCAC de -7.9 %.
Graphique 4.16. Développement du marché d’obligations durables pour tous les scénarios
Copier le lien de Graphique 4.16. Développement du marché d’obligations durables pour tous les scénariosLe volume total des marchés d’obligations durables dans les MEED hors Chine serait multiplié par 84.6 (soit un TCAC de 17 %) dans le ScMF
Note : le PIB est exprimé en volume à PPA de 2015. Les tendances de l’encours d’obligations durables dans le ScR et le ScSP se superposent dans la Partie B.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE, LSEG.
Dans les MEED hors Chine, la part des obligations durables dans le volume total du marché obligataire du secteur de l’énergie devrait passer de 10 % en 2024 à 91 % en 2050 cependant que les obligations classiques devraient perdre du terrain et reculer de 4 %, leur valorisation étant ramenée de 452 milliards USD à 434 milliards USD, soit un TCAC de -0.2 %.
En Chine, la part des marchés d’obligations durables d’entreprises du secteur de l’énergie bondirait de 12 % en 2024 à 98 % d’ici à 2050. Dans le même temps, les marchés d’obligations classiques se rétractent progressivement, sous l’effet de la brièveté de l’échéance moyenne de l’encours d’obligations classiques et du repli du secteur énergétique traditionnel dans le scénario ZEN à l’horizon 2050.
Graphique 4.17. Développement du marché des obligations durables et des obligations classiques selon le ScMF
Copier le lien de Graphique 4.17. Développement du marché des obligations durables et des obligations classiques selon le ScMFIl faudrait que la part du marché des obligations durables d’entreprises du secteur de l’énergie passe de 10 % en 2024 à 91 % du marché obligataire total du secteur en 2050 dans les MEED hors Chine.
Note : le PIB est exprimé en volume à PPA de 2015.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE, LSEG.
La pénétration relativement plus faible des obligations du secteur de l’énergie dans les MEED hors Chine traduit une tendance plus forte de ces pays à privilégier des actifs énergétiques à fortes émissions jusqu’en 2050 dans le scénario ZEN de l’AIE. Entre 2036 et 2050, la part moyenne des investissements dans des actifs à fortes émissions, exprimée en pourcentage des investissements totaux du secteur de l’énergie, reste inchangée, à 4.2 % dans les MEED hors Chine, contre 2.8 % dans les économies avancées et 2.0 % en Chine sur la même période.
Évolution des marchés d’actions d’entreprises du secteur de l’énergie
Dans les économies avancées, les marchés d’actions d’entreprises du secteur de l’énergie ont représenté au total 6 300 milliards USD en 2023 et leur taille devrait être multipliée par 1.2 (soit un TCAC de 0.7 %) selon le ScR, 1.2 (soit un TCAC de 0.5 %) selon le ScSP et 1.4 (soit un TCAC de 1.2%) selon le ScMF. En Chine, la taille des marchés d’actions d’entreprises du secteur de l'énergie serait multipliée par 2.4 selon le ScR et le ScSP (soit un TCAC de 3.1 %) et par 3.8 selon le ScMF (soit un TCAC de 4.9 %).
Dans les MEED hors Chine, elle s’est établie à 4 000 milliards USD en 2023 et ce chiffre devrait être multiplié par 2.1 et 2.2 respectivement selon le ScSP et le ScMF. Cette évolution traduit une convergence vers la structure du capital qui prévaut dans les économies avancées, le recul de la part des actions dans le financement total étant contrebalancé par la montée en puissance du financement obligataire. Si la part des investissements du secteur privé dans le secteur de l'énergie dans son ensemble est plus élevée dans le ScMF, celle des fonds propres dans la structure du capital des entreprises est plus faible par comparaison avec le ScSP. Les TCAC pour les capitaux propres s’établissent à 2.9 % dans le ScSP et 2.8 % dans le ScMF, à rapprocher d’un TCAC du PIB de 2.5 %.
Graphique 4.18. Développement du marché d’actions d’entreprises du secteur de l’énergie pour tous les scénarios
Copier le lien de Graphique 4.18. Développement du marché d’actions d’entreprises du secteur de l’énergie pour tous les scénariosLa taille des marchés d’actions dans les MEED hors Chine serait multipliée par 2.1 (soit un TCAC de 2.8 %) dans le ScMF
Note : la valeur des actions est la valeur de marché ; le PIB est exprimé en volume à PPA de 2015. Les tendances des marchés d’actions dans le ScR et le ScSP se superposent dans la Partie C.
Source : OCDE, base de données propriétaires de l’AIE.
Références
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[14] AIE (2024), CO2 Emissions in 2023, AIE, Paris, https://www.iea.org/reports/co2-emissions-in-2023.
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[7] AIE (2021), World Energy Investment 2021, AIE, Paris, https://www.iea.org/reports/world-energy-investment-2021.
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[26] CCNUCC (2024), New collective quantified goal on climate finance, https://unfccc.int/documents/644460.
[2] CPI (2024), Global Landscape of Climate Finance 2024 Insights for COP29, https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/global-landscape-of-climate-finance-2024/.
[11] CPI (2024), Top-down Climate Finance Needs, https://www.climatepolicyinitiative.org/publication/top-down-climate-finance-needs/.
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[22] FIT (2024), Perspectives des transports FIT 2023, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/32bbcca5-fr.
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[32] McKinsey (2024), Private markets: a slower era, https://www.mckinsey.com/~/media/mckinsey/industries/private%20equity%20and%20principal%20investors/our%20insights/mckinseys%20private%20markets%20annual%20review/2024/mckinsey-global-private-markets-review-2024.pdf.
[4] McKinsey (2022), The net-zero transition: What it would cost, what it could bring, https://www.mckinsey.com/capabilities/sustainability/our-insights/the-net-zero-transition-what-it-would-cost-what-it-could-bring.
[25] OCDE (2024), Financement climatique fourni et mobilisé par les pays développés en 2013-2022, Le financement climatique et l’objectif des 100 milliards de dollars, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9db2b91d-fr.
[39] OCDE (2024), Rapport sur la dette mondiale 2024 : Les marchés obligataires dans un contexte de dette élevée, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/63ccad6c-fr.
[24] OCDE (à paraître), FDI Qualities Indicators 2024.
[27] Parlement européen (2024), New EU fiscal rules approved by MEPs, https://www.europarl.europa.eu/news/en/press-room/20240419IPR20583/new-eu-fiscal-rules-approved-by-meps.
[21] PNUE (2024), Adaptation Gap Report 2024, https://www.unep.org/resources/adaptation-gap-report-2024.
[15] PNUE (2024), Rapport 2024 sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, https://www.unep.org/resources/emissions-gap-report-2024.
[20] PNUE (2023), Adaptation Gap Report 2023, https://www.unep.org/fr/resources/rapport-2023-sur-le-deficit-de-ladaptation-au-climat.
Annexe 4.A. Méthode d'analyse des scénarios
Copier le lien de Annexe 4.A. Méthode d'analyse des scénariosCe chapitre est fondé sur les analyses de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et différents travaux de l’OCDE, concernant par exemple les projections macroéconomiques, l’investissement direct étranger, le financement climatique et la coopération pour le développement. Y sont notamment examinés les structures de financement des entreprises du secteur énergétique ainsi que les scénarios de financement qui s’écartent de la situation actuelle. Loin de prédire l’avenir, ces scénarios peuvent néanmoins aider les responsables publics et les investisseurs à peser le pour et le contre de ce qui est raisonnablement possible en fonction des priorités d'action.
Méthode d’analyse de la structure du capital
Copier le lien de Méthode d’analyse de la structure du capitalEnsemble de données de l’OCDE sur la durabilité des entreprises
Les données relatives aux états financiers de l’entreprise et à l’encours obligataire proviennent de LSEG. Elles concernent les entreprises et les opérations liées à l’émission d’obligations dans 103 pays et territoires depuis 2013. Elles fournissent des informations détaillées sur :
les entreprises (par exemple, raison sociale, pays, secteur)
les états financiers consolidés (par exemple, actifs, passifs, capital social, amortissements)
les émissions de titres (par exemple, type de titre, date d’émission, date d’échéance, montant du produit de l’émission, typologie des obligations durables).
Pour ce qui est des titres obligataires, les données de LSEG contiennent des informations relatives aux obligations durables émises selon la Reg S (Regulation S) et la Règle 144A. La Règle 144A définit un régime de protection qui dispense de certaines des formalités d’enregistrement imposées par le Securities Act pour la revente, à des acheteurs institutionnels qualifiés, de titres qui ne sont pas fongibles avec des titres cotés sur une bourse américaine de valeurs mobilières. La Reg S prévoit un régime de protection allégeant les formalités d’enregistrement imposées par le Securities Act pour les offres faites en dehors des États-Unis (Bruckhaus, 2017[33]). Les calculs présentés tiennent compte de ce facteur et des dispositions ont été prises pour éliminer tout risque de double comptabilisation dans les cas où une obligation a été émise à la fois selon la Reg S et selon la Règle 144A.
Le montant des obligations remboursées par anticipation a été déduit dans le calcul de l’encours obligataire annuel. L’encours fait référence au « montant du capital » ou au « montant initial de l’émission » (à savoir la valeur nominale des obligations figurant dans la documentation légale les concernant) lorsque le « montant du capital » n’a pas pu être obtenu. Les données relatives aux remboursements par anticipation sont obtenues auprès de LSEG et concernent les obligations ayant fait l’objet d’un amortissement anticipé en raison d’une procédure de distribution finale consécutive à une défaillance, de l’exercice d’une option d’achat ou d’une option de vente, d’une liquidation ou d’un rachat. Les données sur les remboursements anticipés sont fusionnées avec les données relatives au marché primaire des obligations au moyen des ISIN.
Aux fins d’analyser la structure du capital d’une entreprise, on procède aux ajustements nécessaires pour que la période couverte par des données relatives à son encours obligataire cadre avec la date de clôture de son exercice comptable, de façon que les deux ensembles de données soient cohérents. De même, on supprime manuellement les valeurs aberrantes.
L'analyse de la structure du capital présentée dans le chapitre 4 ne peut pas être comparée avec celle de l’AIE (2024[3]) : elle porte uniquement sur des sociétés cotées et les données financières les concernant, alors que l’AIE s’intéresse en premier lieu aux données financières des projets et que son champ d'études inclut les sociétés non cotées.
Secteur de l’énergie
Tel qu’il est défini, le secteur de l’énergie comprend les activités des services collectifs énergétiques et liés à l’énergie, selon la classification TRBC (The Reference data Business Classification) de LSEG. Les secteurs et activités considérés sont détaillés dans le tableau ci-dessous :
Tableau d’annexe 4.A.1. Définition du secteur de l’énergie
Copier le lien de Tableau d’annexe 4.A.1. Définition du secteur de l’énergie|
Secteur économique |
Sous-secteur |
Activités |
|---|---|---|
|
Énergie |
Carburants fossiles |
Charbon, pétrole et gaz : équipement et services, Forage pétrolier et gazier, Transport de pétrole et de gaz |
|
Énergie renouvelable |
Équipement et services liés aux énergies renouvelables Systèmes et équipement éoliens, Piles à combustible stationnaires, Systèmes et équipement photovoltaïques et solaires, Systèmes et équipement solaires thermiques, Équipement de production d’électricité à partir de biomasse, Systèmes et équipement de production d’énergie à partir de déchets, Équipement de production d’hydroélectricité, équipement de production d’électricité à partir de la houle, Services et équipement liés aux énergies renouvelables, Équipement géothermique Combustibles renouvelables Biodiesel, Carburants à base d’éthanol, Combustibles de pyrolyse et de synthèse, Combustibles biomasse et biogaz, Combustible hydrogène, Autres combustibles renouvelables |
|
|
Uranium |
Uranium, Extraction, Traitement |
|
|
Services collectifs liés à l’énergie |
Fournisseurs d’électricité et Producteurs indépendants d’électricité (PIE) |
Fournisseurs d’électricité fossile, Exploitants nucléaires, Stations de recharge, Fournisseurs d’électricité d’origine alternative, Fournisseurs d’hydroélectricité et d’électricité marémotrice, Fournisseurs d’électricité solaire, Fournisseurs d’électricité éolienne, Fournisseurs d’électricité produite à partir de biomasse et de déchets, Fournisseurs d’électricité géothermiques, PIE fossile, PIE renouvelable, PIE nucléaire, Autres PIE |
|
Fournisseurs de gaz naturel |
Distribution de gaz naturel, autres fournisseurs de gaz naturel |
|
|
Fournisseurs multiénergies |
Fournisseurs multiénergies |
Investissement direct étranger
Copier le lien de Investissement direct étrangerLe Graphique 4.7 rend compte des investissements réalisés dans les projets de création qui ont été annoncés, dans certains cas après leur exécution. Ces projets concernent la création d’activités sur un nouveau site ou l’élargissement d’activités existantes. Les investissements visant à poursuivre des projets déjà bien avancés ne sont pas pris en compte et les montants indiqués ne correspondent pas nécessairement aux sommes réellement déboursées, car la base de données utilisée traite principalement des investissements annoncés. Surtout, vu la tendance haussière des investissements dans les renouvelables, on peut s’attendre à ce que, pour une année donnée, le montant des investissements annoncés dépasse celui effectivement déboursé.
L’examen des informations mises à la disposition du public par les 20 plus grandes sociétés cotées du secteur de l’énergie et les 20 plus grandes sociétés non cotées (d’après les données de LSEG) révèle que les informations communiquées sur les flux d'investissement régionaux oui nationaux ne permettent pas de calculer des estimations précises des investissements transnationaux réalisés. C’est pourquoi l’analyse des tendances d’investissement présentée dans ce chapitre repose sur les données d’IDE contenues dans la base de données fDI Markets du Financial Times.
Méthode d’analyse des scénarios
Copier le lien de Méthode d’analyse des scénariosDonnées macroéconomiques et hypothèses correspondantes
L'analyse exposée dans la section « Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique » repose sur le scénario de référence établi par l’OCDE, qui prévoit l’évolution à long terme du PIB des économies avancées et des MEED, ainsi que l’évolution des ratios dette/PIB des économies avancées jusqu’en 2050 (Guillemette et Château, 2023[34]). Toutes les valeurs de PIB sont exprimées en volume à PPA de 2015.
L’OCDE ne fournit pas de scénario d'évolution du ratio dette/PIB pour les pays non membres. Pour les MEED, on s’est donc appuyé sur les données du FMI, disponibles jusque pour l’année 2029. Pour la période 2029-50, l’hypothèse retenue est que toute émission de dette justifiée par la croissance permettant de maintenir le ratio dette/PIB à 61 % est sans rapport avec le climat et que les pays ne subissent pas de déficits ayant pour effet d’accroître le ratio qui seraient dépourvus de lien avec l’investissement dans l’atténuation du changement climatique. Les valeurs de référence des ratios dette/PIB, calculées par l’OCDE, n’incluent pas les coûts budgétaires de la réalisation des objectifs climatiques. De même, les données du FMI ne tiennent pas explicitement compte du surcroît de dépenses publiques requis à cet effet (FMI, 2018[35]). Les investissements publics qui seront engagés au titre de l’atténuation du changement climatique, tels qu’exposés dans l’analyse des scénarios (section Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique), viendront alourdir la charge de la dette publique. Dans le chapitre 4, il n’est pas tenu compte non plus, méthodologiquement parlant, des effets qu’une hausse des investissements dans la transition climatique pourraient avoir sur la croissance du PIB.
Les valeurs de ratio dette/PIB utilisées dans le chapitre 4 découlent des données de l’OCDE (Perspectives économiques) et du FMI (Perspectives de l’économie mondiale). Englobant la dette des administrations publiques, elles couvrent un périmètre plus large que les valeurs de ratio dette/PIB utilisées dans le chapitre 1, lesquelles se rapportent essentiellement à la dette négociable de l’administration centrale.
De manière générale, les économies avancées et les MEED couverts par l’analyse sont classés selon les catégories retenues dans la base de données de l’édition 2024 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI (FMI, 2024[36]), sauf pour ce qui concerne les économies avancées non membres de l’OCDE, à savoir : Andorre, la Croatie, Chypre, Hong Kong (Chine), Macao (Chine), Malte, Porto Rico, Saint‑Marin, Singapour et le Taipei chinois.
Limites de l’endettement public et émission de dette
Pour les besoins de l’analyse, une distinction a été établie entre les émissions de dette publique non liées aux objectifs climatiques (qui sont implicitement prises en compte dans les valeurs des ratios dette/PIB du scénario de référence fournies par l’OCDE et le FMI) et le surcroît d’investissements publics nécessaire pour atténuer le changement climatique selon les besoins d’investissement prévus dans le scénario ZEN de l’AIE.
Dans le ScMF, un plafond est fixé pour le ratio dette/PIB de chaque région, limitant sa possibilité de recourir à l’emprunt pour financer la lutte contre le changement climatique. Ainsi, les États ont le droit d’emprunter dès lors que la croissance du PIB (émission de dette motivée par la croissance) permet de maintenir le ratio dette/PIB à un niveau stable. Sans cela, le ratio dette/PIB diminuerait au fil du temps. En revanche, les États n’ont pas le droit d’emprunter dans une ampleur telle que le ratio dette/PIB dépasse le plafond fixé (dette faisant augmenter le ratio).
Dans le ScSP, les MEED hors Chine ne peuvent pas afficher un ratio dette/PIB supérieur à 75 %. L’hypothèse retenue est que les États émettent de la dette absorbée par la croissance et de la dette qui fait augmenter le ratio à des fins sans rapport avec la transition climatique, conformément aux estimations du FMI, qui prévoit que le ratio dette/PIB aura atteint 61.0 % en 2029, contre 60.2 % en 2023. À compter de 2029, comme expliqué dans la section précédente, on suppose que toute émission de dette justifiée par la croissance permettant de maintenir le ratio dette/PIB à 61 % est sans rapport avec le climat et que les pays ne subissent pas de déficits ayant pour effet d’accroître le ratio qui seraient dépourvus de lien avec l’investissement dans l’atténuation du changement climatique.
À l’inverse, les investissements dans l’atténuation sont corrélés à l’émission de dettes faisant croître le ratio (en faisant passer le ratio dette/PIB de 61 % à 75 % au fil du temps) et, en partie, à l’émission de dettes absorbées par la croissance de sorte que le ratio reste à 75 % (à partir de 2038, où les MEED hors Chine auront atteint le plafond), déduction faite des émissions de dettes liées à la croissance qui permettraient de maintenir le ratio à 61 % en l’absence de tout investissement lié à l’atténuation.
Les MEED hors Chine dans le ScMF
Au début du ScMF (illustré par le Graphique 4.12), les secteurs public et privé investissent dans des proportions équivalentes à celles de 2023 : cette année-là, dans les économies avancées, par exemple, les investissements dans la lutte contre le changement climatique ont été réalisés à 76 % par le secteur privé et à 24 % par le secteur public. L’hypothèse retenue pour les besoins de la modélisation est que la part de l’IDE de création dans les investissements du secteur privé sera multipliée par trois, par rapport à la valeur de référence. Dans les économies avancées, cela signifie que l’IDE de création représentera 38.1 % de la valeur de référence des investissements du secteur privé qui constitue 76 % du total des investissements annuels requis dans les économies avancées selon le scénario ZEN de l’AIE. Cependant, quand le secteur privé prendra le relais du secteur public – qui contribue au financement des besoins d’investissement à hauteur de 24 % par an – une fois atteint sa limite d’endettement, il n’en résultera pas une augmentation proportionnelle de l’IDE de création.
Dans le ScMF, la structure du capital qui caractérise les MEED hors Chine converge progressivement jusqu’à fin 2050 vers celle observée dans les économies avancées, suivant une trajectoire logarithmique : après une accélération initiale suivie d’un ralentissement à l’approche du point d’équilibre, l’ajustement est effectué à hauteur de 70 % en 2035.
Estimation de l’évolution future des marchés des obligations et des actions
Les projections de l’évolution des marchés des obligations et des actions du secteur de l’énergie sont établies sur la base de l’identité comptable fondamentale selon laquelle la valeur totale de l’actif est égale à la somme du passif et des fonds propres. Elles reposent également sur la structure du capital présentées dans la section « Sources de financement des investissements réalisés récemment dans le secteur de l’énergie ».
De même, l’analyse repose sur les valeurs de l’actif total et de la base d’actifs non courants du secteur de l’énergie, ainsi que sur les valeurs d’amortissement correspondantes, de décembre 2023. Pour les obtenir, on a agrégé les données disponibles pour toutes les sociétés cotées du secteur de l’énergie telles que définies plus haut.
On a ensuite intégré dans les projections calculées pour les différents scénarios la valeur totale des investissements énergétiques que le secteur privé devrait engager selon la trajectoire définie dans le scénario ZEN de l’AIE, ce qui élargit la base d’actifs, tout en supposant un taux constant d’amortissement des actifs non courants. L’augmentation de la base d’actifs qui en résulte est alors convertie en instruments de financement dans les proportions indiquées à la section « Sources de financement des investissements réalisés récemment dans le secteur de l’énergie » (suivant la méthode retenue pour la partie B du Graphique 4.5).
Les points de départ retenus pour les obligations et les actions cotées sont les valeurs de l’encours obligataire total du secteur de l’énergie et de la capitalisation boursière totale de décembre 2023. Le niveau des investissements futurs dépassant celui de l’amortissement, le volume total des actifs du secteur énergétique augmente, en conséquence de quoi celui des instruments de financement correspondants doit lui aussi croître. L’analyse des données relatives aux marchés financiers provient de LSEG.
Données de l’AIE
L’analyse repose sur des données dont l’AIE est propriétaire et qui tiennent compte des mises à jour et modifications les plus récentes. Il est donc possible qu’elles diffèrent légèrement de celles précédemment publiées par l’Agence.
L’AIE rend compte du montant moyen qu’il faudrait investir chaque année dans chacune des régions étudiées ici pour atteindre zéro émission nette au cours de différentes périodes (celles considérées dans les publications antérieures, à savoir 2026-30 et 2031-35, auxquelles s’ajoute la période 2036-50 pour laquelle les données propriétaires sont utilisées).
L'analyse exposée dans la section « Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique » s’appuie sur ces mêmes données, si ce n’est que les valeurs moyennes des besoins d’investissement calculées pour chaque période ont été décomposées en valeurs annuelles. Dans le cas des économies avancées et de la Chine, les besoins annuels en investissement augmentent progressivement pour culminer durant la période 2031-35 avant de diminuer. À l’inverse, les MEED hors Chine voient la valeur globale de leurs besoins annuels en investissement atteindre son maximum durant la période 2036-50, compte tenu de leur déficit d’investissement actuellement plus important et de l’ampleur des besoins moyens prévus dans le scénario ZEN de l’AIE.
Classification des pays
Copier le lien de Classification des paysL’analyse exposée dans le chapitre 4 repose sur un ensemble de points de données issus de plusieurs sources. Ils concernent les besoins d’investissement dans la transition climatique des différentes régions (économies avancées, MEED hors Chine et Chine), les investissements transnationaux à réaliser sous la forme d’IDE de création, le financement du développement international et la structure du capital des entreprises du secteur de l’énergie. S’y ajoutent des indicateurs macroéconomiques comme le PIB, la croissance du PIB et le ratio dette publique/PIB. Ces données proviennent de sources diverses, au premier rang desquelles figurent l’OCDE, le FMI, l’AIE, le rapport fDI Markets du Financial Times et LSEG. Comme ces sources n’utilisent pas nécessairement toutes les mêmes définitions et catégories, des choix et des changements ont été opérés, lorsque cela était possible, pour améliorer la comparabilité des données et garantir la cohésion de l’analyse. L’objet de cette section est d’expliquer la méthode appliquée pour rapprocher et concilier les catégories de pays employées dans les différentes sources de données.
Dans la section « Investissements passés et futurs dans la transition climatique », les catégories de pays retenues pour présenter les données de l’AIE sont celles employées dans l’édition 2024 des Perspectives énergétiques mondiales. L’AIE classe tous les pays de l’OCDE parmi les économies avancées, alors que le FMI en classe sept parmi les MEED : le Chili, la Colombie, le Costa Rica et le Mexique (pour la région Amérique latine), ainsi que la Hongrie, la Pologne et la Türkiye (pour l’Europe).
Dans la section « Sources de financement des investissements réalisés récemment dans le secteur de l’énergie », les catégories de pays retenues pour présenter l’analyse des données relatives à la structure du capital, au financement du développement et à l’IDE de création sont celles employées par le FMI dans la base de données de l’édition 2024 des Perspectives de l'économie mondiale (FMI, 2024[36]).
L'analyse de scénarios présentée dans la section « Scénarios de financement des investissements futurs dans la transition climatique » a pour objectif de chiffrer les éventuels déficits d'investissement, les possibilités de financement et l’expansion requise des marchés obligataires, tout en tenant compte des investissements transnationaux que les économies avancées réaliseront dans les MEED hors Chine. C’est pourquoi la classification de l’AIE, la seule qui s’écarte véritablement de celle du FMI, a été rapprochée dans toute la mesure du possible des catégories de pays utilisées pour l’IDE de création, le financement du développement, la structure du capital et les données macroéconomiques. Surtout, les besoins en investissement du Chili, de la Colombie, du Costa Rica et du Mexique ont été rattachés à ceux de la catégorie « MEED hors Chine ». L’ensemble de données de l’AIE ne permet pas de ventiler les besoins en investissement de la Hongrie, de la Pologne et de la Türkiye, ce qui se traduit par une légère surestimation des besoins en investissement des économies avancées et par une sous-estimation de la charge que les investissements représentent pour les MEED hors Chine.
Les données macroéconomiques relatives aux économies avancées et aux MEED utilisées dans l’analyse cadrent avec les catégories de pays employées par le FMI, à la différence que les économies avancées non membres de l’OCDE ne sont pas incluses, à savoir : Andorre, la Croatie, Chypre, Hong Kong (Chine), Macao (Chine), Malte, Porto Rico, Saint‑Marin, Singapour et le Taipei chinois. Comme le FMI, l’OCDE met au point des scénarios de référence concernant l’évolution de la croissance du PIB et du ratio dette/PIB des économies avancées et elle classe le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Hongrie, le Mexique, la Pologne et la Türkiye dans la catégorie des MEED.
Annexe 4.B. Obligations durables
Copier le lien de Annexe 4.B. Obligations durablesEn cinq ans, les obligations durables ont encore gagné en importance dans le financement de marché. En 2024, à l’échelle mondiale, les entreprises en ont émis pour 522 milliards USD, et le secteur public pour 473 milliards USD, principalement sous la forme d’obligations vertes, à hauteur de 381 milliards USD et 257 milliards USD respectivement (Graphique d’annexe 4.B.2).
C’est en Europe que le secteur des entreprises et le secteur public sont le plus actifs. De 2015 à 2024, 45 % des obligations durables émises dans le monde par des sociétés non financières l’ont été par des entreprises européennes, contre respectivement 17 % et 13 % en Chine et aux États‑Unis. C’est également en Europe que la majeure partie des obligations durables de sociétés financières ont été émises (54 %). Suivent la Chine (15 %), l’Asie hors Chine et Japon (10 %) et les États‑Unis (7 %) (Graphique d’annexe 4.B.1, partie A).
S’agissant du secteur public, les obligations durables de banque centrale sont pour la plupart émises en Europe (65 % du total mondial durant la période 2015-24) et en Amérique latine (15 %). Enfin, l’Europe est la région qui a connu la plus forte activité d’émission de la part d’organismes et de collectivités locales (62 % du total), suivie de l’Asie hors Chine et Japon (15 %) (Graphique d’annexe 4.B.1, partie B).
Graphique d’annexe 4.B.1. Volume global des émissions d’obligations durables, par région, 2015-24
Copier le lien de Graphique d’annexe 4.B.1. Volume global des émissions d’obligations durables, par région, 2015-24
Source : ensemble de données de l’OCDE sur la durabilité des entreprises, LSEG.
Avant 2020, les obligations durables émises par les entreprises étaient surtout des obligations vertes, qui représentaient en moyenne 92 % du produit annuel de ce type d'émission (Graphique d’annexe 4.B.2, partie A). En 2020, les obligations de durabilité et les obligations sociales avaient dépassé la barre des 10 % chacune. En 2023 et 2024, les obligations liées à la durabilité, les obligations de durabilité et les obligations sociales ont représenté en moyenne 9 %, 10 % et 8 % respectivement du volume total des émissions d’obligations durables d’entreprise.
Le secteur public recourt moins souvent aux obligations vertes que les entreprises : au cours des trois dernières années, elles ont représenté en moyenne 51 % de ses émissions obligataires. Sur la même période, les administrations et les institutions multilatérales ont davantage recouru aux obligations sociales (22 %) et aux obligations de durabilité (26 %) (Graphique d’annexe 4.B.2, partie B). C’est en 2022 que des obligations liées à la durabilité ont pour la première fois été émises par des administrations centrales et des institutions multilatérales ; elles n’ont représenté que 2 % des émissions d’obligations durables du secteur public ces deux dernières années.
Graphique d’annexe 4.B.2. Volume global des émissions d’obligations durables, par type, 2015-24
Copier le lien de Graphique d’annexe 4.B.2. Volume global des émissions d’obligations durables, par type, 2015-24
Source : ensemble de données de l’OCDE sur la durabilité des entreprises, LSEG.
Obligations durables souveraines
Copier le lien de Obligations durables souverainesLe volume brut des émissions d’obligations durables souveraines a franchi le niveau record de 170 milliards USD en 2024, après s’être élevé en moyenne à 132 milliards USD de 2021 à 2023. L’encours de ces titres a augmenté de 26 % pour atteindre 600 milliards USD. Les économies avancées en restent d’importants émetteurs, tandis que les MEED représentent environ un quart du volume brut des emprunts et de l’encours depuis 2020 (Graphique d’annexe 4.B.3, parties A et B).
Le nombre des émetteurs d’obligations durables souveraines est passé de 56 en 2023 à 64 en 2024, où quatre MEED sont venus grossir les rangs : la Roumanie (PRE), dont l’adjudication d’obligations vertes libellées en euros a été la plus importante jamais faite par un MEED (2 milliards EUR) ; le Qatar (PRE), premier pays membre du Conseil de coopération du Golfe à émettre une obligation verte souveraine ; la République dominicaine (PRITS), qui a obtenu un avantage de prix de 15 points de base ; et le Honduras (PRITI), qui ne s’était pas adressé aux marchés étrangers depuis 2020.
Les émissions d’obligations durables souveraines en devises ont probablement pâti du resserrement monétaire dans les MEED. Leur part dans le volume brut des émissions a baissé de 10 points de pourcentage entre 2021 et 2023, pour tomber à 50 % ; elle est ensuite remontée à 70 % environ en 2024 (Graphique d’annexe 4.B.3, partie C). À présent, elle se situe à un niveau historiquement haut pour les PRITI (autour de 63 %) et à un niveau quasiment équivalent dans le cas des PRE et des PRITS (autour de 70 %). Les PFR n’ont jamais émis d’obligations durables souveraines en devises.
Le Chili (PRE), le Mexique (PRITS) et la Thaïlande (PRITS) sont les plus gros émetteurs d’obligations durables souveraines parmi les MEED, dont ils représentent la moitié des titres (Graphique d’annexe 4.B.3, partie D). Au Chili, les obligations durables souveraines finançaient la moitié des emprunts bruts et représentaient 40 % de l’encours de la dette en 2024. Le Mexique, qui a procédé à sa première émission d’obligations durables souveraines en 2020, cherche à accroître leur part dans sa dette, qui avoisine actuellement 3 %. La Thaïlande a émis une première obligation souveraine liée à la durabilité en novembre 2024 et devrait le refaire en 2025.
Les PRITI constituent des marchés d’obligations souveraines durables en pleine expansion, alors que ceux des PFR se contractent. Du côté des PRITI, le Nigéria a ouvert la voie en 2017, quatre autres ont suivi son exemple en 2020, puis un de plus tous les ans jusqu’en 2024, où le volume brut émis a atteint le niveau record de 7 milliards USD (Graphique d’annexe 4.B.3 parties E et F). Les PFR ont rejoint le marché en 2020, où le Burkina Faso, la Guinée‑Bissau, le Mali, le Niger et le Togo ont procédé à leur première émission. Aucun nouvel intervenant n’a été recensé depuis lors. Malgré une forte hausse en 2021, le volume brut des émissions est resté négligeable en 2023 et 2024 (Graphique d’annexe 4.B.3, partie E).
Graphique d’annexe 4.B.3. Évolution des émissions d’obligations durables souveraines
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Source : Enquête 2024 de l’OCDE sur l’évolution des marchés primaires, calculs LSEG et OCDE.