Cet indicateur mesure l’espérance de vie à l’âge moyen de sortie du marché du travail. Les femmes peuvent compter vivre 26 ans ou plus après cette date en Belgique, au Costa Rica, en France, au Luxembourg et en Slovénie (Graphique 6.15, partie B), les hommes plus de 22 ans en France et au Luxembourg (Graphique 6.15, partie A). L’espérance de vie des femmes à cet âge était inférieure à 20 ans en Corée, en Estonie, aux États-Unis et au Mexique, celle des hommes inférieure ou égale à 16 ans en Colombie, en Estonie, en Hongrie, en Lettonie, en Lituanie et au Mexique.
Arrivés à la retraite, les hommes peuvent donc s’attendre à vivre 4.1 ans de moins que les femmes, en moyenne, dans l’OCDE (Graphique 6.15). En Colombie et au Costa Rica, cet écart est supérieur à sept ans. Il tient à la fois à l’espérance de vie plus longue et à l’âge de sortie du marché du travail plus bas des femmes. L’écart entre les genres en matière d’espérance de vie à 65 ans est de 3.1 ans en moyenne (voir plus haut dans ce chapitre) ; il est de 1.1 an en ce qui concerne l’âge moyen de sortie du marché du travail (Graphique 6.13). Leur durée de vie plus longue à la retraite expose les femmes à la pauvreté monétaire durant la vieillesse (chapitre 7) car elles se retrouvent plus souvent seules à la suite d’un veuvage et ont souvent des pensions moins élevées que les hommes.
La durée moyenne de vie après la sortie du marché du travail a sensiblement augmenté à la fin du siècle dernier, mais est restée relativement stable depuis. En 1970, elle était en moyenne de 11.9 ans pour les hommes dans les pays de l’OCDE, mais atteignait 19.0 ans en 2011 (Graphique 6.16, partie B). Elle se situe depuis entre 18 et 19 ans (18.7 ans en 2024). Elle a progressé tout aussi fortement chez les femmes, passant de 15.8 ans en 1970 à 23.6 ans en 2001, atteignant plus tôt son niveau maximal, avant de se stabiliser autour de ce chiffre jusqu’en 2017 (Graphique 6.16, partie A). Elle a régulièrement diminué ces dernières années, s’établissant à 22.8 ans en 2024.
L’augmentation observée entre 1970 et le début du XXIe siècle tient à la fois à la baisse de l’âge effectif de sortie de la vie active et à l’accroissement de la longévité. Le nombre d’années de vie prévu à la retraite s’est stabilisé depuis, les nouveaux gains d’espérance de vie des seniors ayant été contrebalancés par la hausse de l’âge de sortie du marché du travail.