En Côte d’Ivoire comme au Sénégal, les normes de la masculinité (entendues comme des rôles, comportements et attentes, socialement construits, associés au fait d’être un homme) continuent de structurer les relations entre les hommes et les femmes à partir des rôles attendus de principaux contributeurs financiers, décideurs et figures d’autorité pour les hommes. Ces attentes restrictives peuvent limiter les opportunités économiques et l’autonomie des femmes, contribuer à des contextes dans lesquels les violences basées sur le genre peuvent être tolérées, et exercer une pression sur les hommes et les garçons pour qu’ils se conforment à des idéaux étroits de la masculinité. Comprendre ces normes est donc essentiel pour identifier les raisons pour lesquelles des inégalités entre les hommes et les femmes persistent et les domaines dans lesquels un changement est possible.
Ce rapport analyse les normes de la masculinité en Côte d’Ivoire et au Sénégal à travers un cadre commun, mis en œuvre à l’aide de méthodes de collecte de données distinctes dans chaque pays. En Côte d’Ivoire, le rapport s’appuie sur de nouvelles données issues d’une enquête auprès des ménages afin d’examiner la répartition des normes restrictives de la masculinité au sein de la population et leurs liens avec l’autonomisation économique des femmes et la violence. Au Sénégal, il s’appuie sur des entretiens qualitatifs et un atelier participatif pour analyser la manière dont ces normes sont comprises, reproduites et contestées dans la vie quotidienne. Cette approche combinée permet d’identifier des tendances communes aux deux pays tout en tenant compte des différences importantes de contexte et de types de données.