La nécessité d'investir davantage pour améliorer les infrastructures de connectivité de l'UpM, déjà soulignée dans le rapport de 2021, demeure une priorité, en particulier dans la sous-région MENA. La fragmentation réglementaire, ainsi que les difficultés rencontrées pour coordonner les projets transfrontaliers et mobiliser des capitaux d'investissement continuent de freiner le développement des infrastructures régionales. La prédominance des acteurs étatiques et le nombre limité de partenariats public-privé, en particulier dans les pays du sud de la Méditerranée, entravent d’autant plus la participation et le financement du secteur privé.
À quelques exceptions près, le développement de nouvelles infrastructures de transport et d'énergie dans les pays du Sud de la Méditerranée ne s’est fait que lentement. Les infrastructures numériques ont progressé, mais dans les économies des Balkans occidentaux et de la région MENA, l'expansion des infrastructures à haut débit est limitée, ce qui retarde également le déploiement d'infrastructures intelligentes dans les systèmes de transport et d'énergie.
Pourtant, l'amélioration des infrastructures permettrait de soutenir des systèmes logistiques plus performants, essentiels à la croissance des échanges commerciaux et au développement des chaînes d'approvisionnement régionales. De plus, le transport de marchandises par voie terrestre dans l'UpM reste fortement dépendant des infrastructures routières. Le développement de réseaux de transport multimodaux, intégrant des liaisons routières, ferroviaires et maritimes et améliorant la connectivité avec les centres de production, permettrait d’optimiser les itinéraires et de promouvoir la durabilité, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. En effet, les pays de l'UpM représentent 13,4 % des émissions mondiales liées au transport, soit une augmentation de 40 % depuis 1990, ce qui souligne la nécessité urgente d'accélérer les efforts de décarbonation dans le secteur des transports.
Au-delà des transports, la transition écologique représente une opportunité pour renforcer l'intégration régionale des infrastructures. Des projets tels que ELMED et GREGY ouvrent la voie à des échanges énergétiques transméditerranéens et font de la région MENA un contributeur potentiel clé à la transition vers les énergies propres de l'Europe.
Principales recommandations
S'engager dans des plateformes de coopération régionale, telles que les plateformes régionales de l'UpM sur la connectivité des transports et l'énergie, le groupe de travail sur le commerce et l'investissement du programme MENA-OCDE pour la compétitivité et le nouveau forum de l’OCDE sur les marchés émergents, afin de favoriser la confiance, la coordination, la collaboration et la cohérence des politiques en matière de connectivité, d'harmoniser les normes et la planification au-delà des frontières et de renforcer la continuité des réseaux d'infrastructures et des chaînes d'approvisionnement grâce à des structures de collaboration.
Promouvoir les projets d'infrastructure qui soutiennent la décarbonation et améliorent l'efficacité énergétique. Étant donné que la demande en électricité des deux côtés de la Méditerranée devrait augmenter dans les prochaines années, les pays de l'UpM devraient chercher à soutenir le développement d'infrastructures d'énergie renouvelable, en particulier dans le sud de la Méditerranée, et l'intégration de la sous-région dans les réseaux énergétiques locaux et régionaux. L'adoption de schémas directeurs nationaux en matière de logistique, comprenant la multimodalité et une vision holistique des réseaux de transport, est essentielle pour une croissance économique durable et l'intégration régionale.
Il est essentiel de renforcer les infrastructures à large bande dans le sud de la Méditerranée et d'étendre les infrastructures de communication à haut débit à l'échelle nationale et régionale, grâce à des projets tels que le câble sous-marin Medusa, afin de renforcer la connectivité entre le nord et le sud de la Méditerranée.