L’allongement considérable de l’espérance de vie est l’une des avancées les plus remarquables du siècle dernier. On vit de plus en plus longtemps, et cette tendance devrait se poursuivre malgré le ralentissement récemment observé. En 2024, l’espérance de vie résiduelle à 65 ans atteignait en moyenne 18.5 ans pour les hommes et 21.6 ans pour les femmes. Les chiffres les plus élevés sont observés pour les femmes au Japon (24.9 ans) et les hommes en Australie (20.9 ans), les plus bas pour les femmes au Mexique et en Türkiye (moins de 19.0 ans) et pour les hommes en Lettonie et en Lituanie (15.0 ans dans les deux cas). D’ici à 2065, l’espérance de vie à 65 ans devrait progresser de 3.7 ans chez les femmes et de 4.2 ans chez les hommes, en moyenne, dans les pays de l’OCDE.
Panorama des pensions 2025
Espérance de vie
Copier le lien de Espérance de viePrincipaux résultats
Copier le lien de Principaux résultatsL’espérance de vie à 65 ans contribue sensiblement au bien-être des seniors. Elle influe aussi sur le financement des systèmes de retraite. En 2024, dans les pays de l’OCDE, les femmes âgées de 65 ans pouvaient espérer vivre jusqu’à 86.6 ans et les hommes jusqu’à 83.5 ans en moyenne (Graphique 6.2). Pour les femmes, c’est au Japon que l’espérance de vie résiduelle la plus élevée est observée (24.9 ans). Elle dépasse également 23.0 ans en Australie, en Corée, en Espagne et en France. Pour les hommes, elle est supérieure ou égale à 20.0 ans en Australie, en France, au Japon et en Suisse. Les niveaux les plus faibles pour les femmes sont observés en Hongrie (19.0 ans), au Mexique (18.3 ans) et en Türkiye (18.8 ans). Les pays qui affichent les chiffres les plus bas pour les hommes sont la Hongrie (15.3 ans), la Lettonie (15.0 ans), la Lituanie (15.0 ans) et la Türkiye (15.2 ans).
L’espérance de vie devrait continuer à progresser. En 2065, les femmes japonaises de 65 ans devraient vivre encore 29.2 années, suivies des Coréennes (27.8 ans). À titre de comparaison, l’espérance de vie résiduelle des femmes à 65 ans serait alors de 21.9 ans au Mexique, et de 22.8 ans en Hongrie et en Lettonie (Graphique 6.3). Pour les hommes, les disparités entre pays sont moins marquées. C’est en Australie que leur espérance de vie à 65 ans sera la plus longue en 2065 (24.4 ans), devant le Japon (24.2 ans) et la Suisse (24.0 ans). La Lettonie et la Lituanie (19.5 ans) figurent en revanche en queue de classement.
En 2065, l’écart d’espérance de vie à 65 ans entre les genres devrait être compris entre deux et quatre ans en faveur des femmes dans presque tous les pays de l’OCDE. Des écarts plus importants (5 ans) sont observés au Japon et en Corée. Les plus faibles (1.5 an) sont prévus au Chili, au Mexique et en Nouvelle‑Zélande.
Les chiffres présentés ci-dessus portent sur l’espérance de vie par période, qui mesure l’espérance de vie (actuelle ou projetée) à partir des taux de mortalité de personnes d’âges différents (appartenant donc à des cohortes de naissance distinctes) à un moment donné (2024 ou 2065 ici). L’espérance de vie par cohorte, pour sa part, est fondée sur les taux de mortalité projetés appliqués à des cohortes de naissances données. Elle tient donc compte des gains ultérieurs (après 2024 ou 2065) dont ces dernières bénéficieraient. Ces estimations par cohorte indiquent, en moyenne, un allongement de l’espérance de vie à 65 ans de 1.0 an pour les femmes et de 0.7 an pour les hommes en 2065 par rapport à l’espérance de vie par période (Graphique 6.3).
La progression de l’espérance de vie résiduelle à 65 ans a récemment ralenti, après une période d’accroissement rapide de la longévité. Cette amélioration a atteint son acmé au milieu des années 2000 (Graphique 6.4), pour les hommes comme pour les femmes. Globalement, dans l’OCDE, ce ralentissement entraîne une rupture structurelle dans la série estimée après 2012. Entre le milieu des années 1990 et 2012, l’espérance de vie à 65 ans a rapidement augmenté, d’environ 1.6 an par décennie pour les hommes et de 1.4 an pour les femmes, soit une accélération respective de 0.9 et 1.1 an par décennie. Depuis 2012 environ, cette progression a diminué quasiment de moitié, passant à 0.9 an par décennie pour les hommes et à 0.8 an pour les femmes.
Définition et mesure
L’espérance de vie par période se définit comme le nombre moyen d’années qu’une personne d’un âge déterminé peut encore espérer vivre compte tenu du taux de mortalité, à cet âge et pour ce sexe, qui prévaut dans un pays donné à une période donnée, en l’occurrence 2024 et 2065. Comme les déterminants de la longévité évoluent lentement, il est préférable d’étudier l’espérance de vie sur une longue période. L’espérance de vie par cohorte tient compte de l’évolution prévue des estimations de mortalité pour une cohorte donnée.
Pour en savoir plus
OCDE (2021), Pensions at a Glance 2021: OECD and G20 Indicators, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ca401ebd-en.
Whitehouse, E. (2007), « Life‑Expectancy Risk and Pensions: Who Bears the Burden? », Documents de travail de l’OCDE sur les affaires sociales, l’emploi et les migrations, n° 60, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/060025254440.
Graphique 6.2. Espérance de vie actuelle des hommes et des femmes à 65 ans, en années, 2024
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Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales, (2024). Perspectives de la population mondiale 2024, édition en ligne.
Graphique 6.3. Espérance de vie résiduelle prévue à 65 ans, 2065, en années
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Note : espérance de vie par période calculée à partir des taux de mortalité qui s’appliquent à un moment déterminé, dans le cas présent à 2024, et non à une cohorte de naissances précise.
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales, (2024). Perspectives de la population mondiale 2024, édition en ligne.
Graphique 6.4. Ruptures structurelles dans les gains d’espérance de vie
Copier le lien de Graphique 6.4. Ruptures structurelles dans les gains d’espérance de vieÉvolution annuelle de l’espérance de vie résiduelle à 65 ans, en années
Note : les ruptures sont statistiquement significatives au niveau de confiance de 99 %. Afin de limiter les interférences liées aux variations à court terme de l’espérance de vie en cours de période, les ruptures sont estimées sur la série tendancielle obtenue au moyen du filtre Hodrick-Prescott (lambda = 100).
Source : Organisation des Nations Unies, Département des affaires économiques et sociales, (2024). Perspectives de la population mondiale 2024, édition en ligne.