Les droits à la retraite acquis pendant les périodes de chômage sont généralement protégés, en partie au moins, par la validation d’années de cotisation par exemple. Les pensions minimales contributives et les pensions fondées sur la résidence atténuent en outre les effets de ces interruptions de carrière. Cet indicateur montre l’incidence des périodes de chômage sur les droits à pension futurs. En moyenne dans les 38 pays de l’OCDE, les pensions totales des salariés moyennement et faiblement rémunérés ayant connu cinq ans de chômage seront inférieures de 7 % et 5 %, respectivement, à celles des salariés ayant effectué une carrière complète. Pour les salaires moyens, cet écart est de plus de 10 % en Chili, en Corée, en Hongrie, en Lettonie, au Luxembourg, en République slovaque et en Türkiye car le nombre de périodes validées pour amortir l’incidence de ces interruptions de carrière est limité.
Panorama des pensions 2025
Incidence des périodes sans emploi sur les droits à pension
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Copier le lien de Principaux résultatsLa plupart des pays de l’OCDE valident dans une certaine mesure les périodes de chômage, tout au moins leur phase initiale. Dans le cas d’un salaire moyen, cinq années de chômage se traduisent par une pension inférieure de 7 % en moyenne à celle d’un salarié ayant accompli une carrière complète (Graphique 5.1). Lorsque dix années de chômage s’ajoutent à un report de cinq ans de l’entrée dans la vie active, cet écart atteint 22 % (Graphique 5.2). Pour les bas salaires, l’incidence de ces deux types d’interruption est légèrement moindre, les pensions étant respectivement inférieures de 5 % et 18 % à celle d’un salarié ayant effectué une carrière complète. Par rapport à un travailleur ayant mené une carrière complète dans un pays où l’âge normal de la retraite est de 66 ans, par exemple, ces 5 et 15 années manquantes représentent respectivement 11.5 % et 34 % environ de la durée de la carrière. Cela permet d’évaluer dans quelle mesure les systèmes de retraite amortissent l’incidence du chômage sur le montant total des prestations : en l’absence de protection, ces pourcentages donnent un ordre de grandeur des retombées négatives prévues de ces interruptions sur les pensions.
Dans quelques pays, ces interruptions entraînent une augmentation de l’âge de la retraite. En France, en Grèce, au Luxembourg et en Slovénie, des années de cotisation supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les seuils d’éligibilité à la retraite à taux plein. Il en va de même en Espagne, mais seulement dans le cas d’une interruption de dix ans. Au Portugal, l’âge normal de la retraite (pour une carrière complète) est fixé à deux ans avant l’âge légal de la retraite car l’âge de la retraite à taux plein peut être diminué de quatre mois par année de cotisations versées après l’âge de 60 ans au-delà des 40 ans requis. Du fait des cotisations manquantes correspondant aux années de chômage, les salariés concernés doivent prendre leur retraite plus tard pour éviter une décote.
Pour le salarié moyen, le déficit de droits à pension par rapport à un travailleur ayant accompli une carrière complète varie sensiblement d’un pays à l’autre. Il est plus important pour une absence de longue durée et pour les hauts revenus. En Lettonie, au Luxembourg et au Portugal, la perte totale de pension due à une période de chômage de cinq ans se monte à 11 % ou plus. Seule la première année est partiellement prise en compte en Lettonie. Au Luxembourg et au Portugal, l’âge de la retraite est reporté de trois ans et un an respectivement.
Dans d’autres pays, les règles régissant les retraites permettent de compenser pleinement ce déficit. C’est par exemple le cas en Irlande et, dans le cas de l’interruption de cinq ans, aux États-Unis. Aux États-Unis, c’est parce que cette interruption ne joue pas sur les taux d’acquisition de droits et le salaire de référence utilisés pour calculer les prestations – la période maximale d’acquisition de droits à la retraite, par exemple, est de 35 ans. En Irlande c’est parce qu’elle n’influe pas sur le montant de la retraite de base. Les périodes de chômage n’influencent pas non plus la pension de base en Nouvelle‑Zélande car celle‑ci est entièrement fondée sur la résidence. En Colombie, étant donné le montant relativement élevé de la pension minimale, toutes les interruptions de carrière sont entièrement couvertes, le montant total des pensions demeurant par ailleurs inchangé. Au Mexique, la nouvelle composante du Fonds de pension pour le bien-être, qui complète le régime à cotisations définies, garantit aux travailleurs les mêmes droits à pension, même en cas de période de chômage prolongée, dès lors que la condition de cotisation minimale de 1 000 semaines est respectée.
Au Canada, au Danemark et en Islande, où les régimes de retraite liés à la rémunération ne prévoient aucune protection, il existe des pensions de base ou complémentaires dont le montant décroît progressivement en fonction des autres revenus. Cette mesure n’offre qu’une protection limitée dans le cas d’une interruption de cinq ans, mais elle atténue l’incidence du deuxième scénario, notamment pour les bas salaires. ’
Certains pays assurent aux salariés faiblement rémunérés une meilleure protection contre le chômage de longue durée qu’aux salariés moyens car les régimes de minimum contributif et de retraite sous condition de ressources y jouent un rôle essentiel –Belgique, Canada, Chili, Colombie, Islande, Mexique, Norvège, Pays-Bas et Pologne. En Allemagne, en revanche, les périodes de chômage prolongées portent davantage préjudice aux bas salaires qu’aux salariés moyennement rémunérés, les premiers perdant alors leur droit au supplément de pension de base individuelle du fait qu’ils ont cotisé moins longtemps.
Définition et mesure
Dans le scénario d’une carrière marquée par des périodes de chômage, on suppose que les hommes entrent dans la vie active dans le cadre d’un emploi à temps plein à 22 ans, ou 27 ans pour une entrée tardive, et connaissent des périodes de chômage pouvant atteindre dix ans à partir de l’âge de 35 ans ; on suppose ensuite qu’ils reprennent un emploi à temps plein jusqu’à l’âge normal de la retraite, lequel est susceptible d’augmenter compte tenu des interruptions de carrière. Dans les graphiques, toute augmentation de l’âge de la retraite est indiquée entre parenthèses après le nom du pays. Pour ces pays, le patrimoine retraite correspondant est calculé pour les cas d’interruptions liées au chômage et actualisé à l’âge normal de la retraite pour le travailleur ayant mené une carrière complète. Les simulations se fondent sur les règles et paramètres énoncés dans les « Descriptifs pays » disponibles à l’adresse http://oe.cd/pag.
Graphique 5.1. Droits à pension bruts des salariés à rémunération faible et moyenne en cas d’interruption de cinq ans pour chômage par rapport à ceux d’un salarié ayant effectué une carrière complète
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Note : le chiffre entre parenthèses correspond à l’augmentation de l’âge de la retraite due à l’interruption de carrière. Individus entrés sur le marché du travail à l’âge de 22 ans en 2024. La période d’interruption pour chômage débute en 2037. Les bas salaires en Colombie, Nouvelle‑Zélande et Slovénie sont à 64 %, 61 % et 55 % du revenu d’activité moyen, respectivement, pour tenir compte du niveau de salaire minimum. Pour les pays où l’âge de la retraite est reporté, le patrimoine retraite correspondant est actualisé afin d’autoriser des comparaisons avec un salarié ayant mené une carrière complète sans interruption.
Source : modèles de retraite de l’OCDE.
Graphique 5.2. Total des droits à pension bruts des salariés à rémunération faible et moyenne ayant connu une interruption de carrière pour chômage de dix ans après une entrée retardée de cinq ans dans la vie active
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Note : le chiffre entre parenthèses correspond à l’augmentation de l’âge de la retraite due à l’interruption de carrière. Individus entrés sur le marché du travail à l’âge de 27 ans en 2029. La période d’interruption pour chômage débute en 2037. Les bas salaires en Colombie, Nouvelle‑Zélande et Slovénie sont à 64 %, 61 % et 55 % du revenu d’activité moyen, respectivement, pour tenir compte du niveau de salaire minimum.
Source : modèles de retraite de l’OCDE.