De nombreuses personnes connaissent des interruptions de carrière liées à la parentalité ; le présent indicateur montre en quoi ces interruptions influent sur leurs droits à pension futurs. En moyenne, dans les 38 pays de l’OCDE, une femme moyennement rémunérée qui s’absente cinq ans du marché du travail pour s’occuper de ses deux enfants percevra une retraite totale inférieure de 5 % en moyenne à celle d’une mère de deux enfants ayant effectué une carrière complète sans interruption. La Colombie, l’Espagne, les États-Unis, l’Irlande, le Mexique et la Nouvelle‑Zélande leur offrent le même niveau de prestations dans les deux cas. En Autriche, en Corée, en Israël et en Türkiye, ces interruptions ont une incidence importante, les prestations futures étant inférieures de plus de 10 % à celles des mères moyennement rémunérées ayant effectué une carrière complète. Pour les bas salaires, cette incidence négative est moindre dans la plupart des pays.
Panorama des pensions 2025
Incidence des interruptions de carrière liées aux enfants sur les droits à pension
Copier le lien de Incidence des interruptions de carrière liées aux enfants sur les droits à pensionPrincipaux résultats
Copier le lien de Principaux résultatsNeuf pays offrent des majorations pour maternité, qu’il y ait interruption de carrière pour s’occuper des enfants ou pas. L’Allemagne, l’Autriche, la Corée, la France, la Slovénie et la Tchéquie accordent des années de droits supplémentaires, l’Italie applique un coefficient de conversion plus favorable, et l’Espagne et la Hongrie offrent une bonification. En Allemagne, la naissance d’un enfant permet à un parent d’obtenir un point de retraite par an pendant trois ans, ce qui équivaut, pour le calcul de la retraite, à percevoir un salaire moyen pendant toute la période concernée et se traduit pour les bas salaires par un droit à pension nettement supérieur en termes relatifs. Par ailleurs, en France et en République slovaque, les mères qui n’ont pas interrompu leur carrière peuvent prendre leur retraite à taux plein un an plus tôt que les salariés sans enfants qui ont effectué une carrière complète.
Les résultats présentent une comparaison entre les mères de deux enfants qui ont interrompu leur carrière et celles qui ont continué à travailler.
La plupart des pays de l’OCDE s’attachent à prendre en compte certaines périodes d’inactivité pour responsabilité parentale. Les droits accordés à ce titre couvrent habituellement les interruptions d’activité professionnelle jusqu’à ce que les enfants atteignent un certain âge. Ils sont généralement moins généreux pour les arrêts de plus longue durée et pour les enfants plus âgés. De nombreux pays de l’OCDE considèrent les périodes consacrées aux très jeunes enfants (généralement jusqu’à 3 ou 4 ans) comme des périodes assurées et les assimilent à des périodes d’emploi rémunéré. En revanche, lorsque les enfants sont âgés de 6 ans ou plus, les droits à pension accordés à ces périodes d’interruption ne sont généralement pris en compte que pour déterminer l’ouverture des droits à retraite anticipée et la pension minimale, et non pour augmenter les prestations. Certains pays (Grèce, Hongrie, Luxembourg et Tchéquie) tiennent compte des périodes consacrées aux enfants pour évaluer l’admissibilité à la retraite, mais les excluent du calcul du salaire de référence, ce qui en limite l’incidence négative. En Grèce et en Slovénie, les salariées ayant connu de interruptions de carrière de cinq ou dix ans doivent partir plus tard à la retraite pour avoir droit à une pension sans décote compte tenu des règles qui régissent les durées de cotisation requises ; c’est également le cas au Costa Rica, en France, en Hongrie, au Luxembourg et au Portugal pour les interruptions de dix ans. En Slovénie, par exemple, une salariée qui entre dans la vie active à 22 ans mais interrompt sa carrière pendant dix ans aura cotisé moins des 40 ans requis pour bénéficier d’une retraite sans décote à l’âge de 62 ans. Elle devra alors continuer à travailler jusqu’à l’âge légal de la retraite (67 ans) puisqu’elle n’aura pas atteint les 40 ans de cotisation nécessaires pour obtenir une pension à taux plein.
En moyenne, une interruption de 5 ans réduit les droits à prestations futures de 4.9 % pour un salaire moyen et de 3.3 % pour les bas salaires (Graphique 5.3). Cela représente moins de la moitié de la décote de 11.5 % qui s’appliquerait à une personne prenant sa retraite à 66 ans par exemple. En Autriche, en Corée, en Israël et en Türkiye, les pensions brutes totales sont inférieures de plus de 10 % à celles des mères ayant mené une carrière complète au salaire moyen, peu de droits à pension étant attribués pour les périodes d’inactivité. À l’inverse, en Colombie, en Espagne, aux États-Unis, en Irlande, au Mexique et en Nouvelle‑Zélande, les prestations versées aux mères de deux enfants sont exactement les mêmes que celles versées pour une carrière complète. Au Japon, les droits sont forfaitaires, calculés sur la base des revenus antérieurs, d’où une réduction limitée du montant total des pensions versées. En Belgique, outre la protection assurée par les droits acquis, leur revalorisation en fonction des prix plutôt que des salaires limite l’incidence de la perte de revenu. En Pologne, les bas salaires sont également protégés par la pension minimale, qui garantit que le montant total de la pension reste inchangé malgré l’interruption de carrière. En République slovaque et en Suède, par exemple, des droits sont accordés sur la base de 60 % et 75 % du salaire moyen national, respectivement, ce qui se traduit par une hausse des prestations pour les bas salaires.
Dans le cas de l’interruption de dix ans, les prestations totales diminuent de plus de 13 % pour les salaires moyens et de 10 % pour les bas salaires (Graphique 5.4). En Autriche, en Grèce, en Hongrie, en Israël, en Slovénie et en Türkiye, la pension totale future des mères moyennement rémunérées est alors inférieure d’au moins 20 % à celle des mères ayant mené une carrière complète, notamment parce que celles-ci doivent travailler plus longtemps en Grèce, en Hongrie et en Slovénie. La Corée fait également partie de ce groupe en ce qui concerne les bas salaires mais pas la Slovénie, car les bas salaires y sont mieux protégés par la pension minimale.
Définition et mesure
Le modèle de simulation de référence de l’OCDE pour une carrière complète suppose une entrée dans la vie active à 22 ans. Dans le cas des interruptions de carrière pour responsabilité parentale, on suppose que les femmes débutent leur carrière dans un emploi à temps plein à 22 ans et cessent de travailler durant une période maximale de dix ans à partir de 30 ans pour s’occuper de deux enfants nés alors qu’elles avaient 30 et 32 ans ; on suppose ensuite qu’elles reprennent un emploi à temps plein jusqu’à l’âge normal de la retraite. Dans les graphiques, toute augmentation de l’âge de la retraite est indiquée entre parenthèses après le nom du pays. Le patrimoine retraite correspondant est calculé pour les carrières interrompues, et ensuite comparé à celui d’une mère ayant effectué une carrière complète sans interruption. Les simulations se fondent sur les règles et paramètres énoncés dans les « Descriptifs pays » disponibles à l’adresse http://oe.cd/pag.
Graphique 5.3. Total des droits à pension bruts des salariées à rémunération faible et moyenne ayant interrompu leur carrière cinq ans pour élever leurs enfants par rapport à ceux des mères de deux enfants ayant effectué une carrière ininterrompue
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Note : individus entrés sur le marché du travail à l’âge de 22 ans en 2024. Le graphique illustre l’incidence des interruptions de carrière pour responsabilité parentale sur le total des prestations de retraite. Pour la Grèce, le Portugal et la Slovénie, où une interruption de carrière implique que les mères doivent prendre leur retraite plus tard pour éviter une décote, le chiffre correspond à la variation du patrimoine retraite actualisé à l’âge de la retraite d’une mère de deux enfants n’ayant pas interrompu sa carrière. Les chiffres entre parenthèses indiquent l’augmentation correspondante de l’âge de la retraite. Deux enfants nés en 2032 et 2034, la période d’interruption débutant en 2032. Les bas salaires en Colombie, Nouvelle‑Zélande et Slovénie sont à 64 %, 61 % et 55 % du revenu d’activité moyen, respectivement, pour tenir compte du niveau de salaire minimum. * En France et en République slovaque, les mères de deux enfants, avec ou sans interruption de carrière, peuvent prendre leur retraite un an avant l’âge normal, à savoir 64 et 68 ans respectivement.
Note de lecture : au Chili, les prestations de retraite futures d’une mère de deux enfants moyennement rémunérée qui interrompt sa carrière pendant cinq ans sont inférieures de 9.5 % à celles d’une mère ayant mené une carrière complète.
Source : modèles de retraite de l’OCDE.
Graphique 5.4. Droits à pension bruts des salariées à rémunération faible et moyenne ayant interrompu leur carrière dix ans pour élever leurs enfants par rapport à ceux de mères de deux enfants ayant effectué une carrière ininterrompue
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Note : individus entrés sur le marché du travail à l’âge de 22 ans en 2024. Le graphique illustre l’incidence des interruptions de carrière pour responsabilité parentale sur les prestations de retraite. Pour le Costa Rica, l’Espagne, la France, la Grèce, la Hongrie, le Luxembourg, le Portugal et la Slovénie, où une interruption d’activité implique que les mères doivent prendre leur retraite plus tard pour éviter une décote, le chiffre correspond à la variation du patrimoine retraite actualisé à l’âge de la retraite d’une mère de deux enfants n’ayant pas interrompu sa carrière. Les chiffres entre parenthèses indiquent l’augmentation correspondante de l’âge de la retraite. Deux enfants nés en 2032 et 2034, la période d’interruption débutant en 2032. Les bas salaires en Colombie, Nouvelle‑Zélande et Slovénie sont à 64 %, 61 % et 55 % du revenu d’activité moyen, respectivement, pour tenir compte du niveau de salaire minimum. * En République slovaque, les mères de deux enfants, avec ou sans interruption de carrière, peuvent partir à la retraite à 68 ans, soit un an avant l’âge normal de la retraite.
Source : modèles de retraite de l’OCDE.