La moitié des pays de l’OCDE apportent une aide aux conjoints inactifs. Un couple monoactif à salaire moyen bénéficiera après une carrière complète de droits à pension bruts représentant en moyenne 58.7 % de sa rémunération antérieure, contre 52.0 % pour un homme salarié célibataire. Ce chiffre est cependant nettement inférieur à ce que ces deux personnes (un homme ayant effectué une carrière complète et une femme n’ayant jamais travaillé) percevraient au total si elles étaient célibataires, soit 68.1 % du salaire brut moyen. Lorsque les deux conjoints ont accompli une carrière complète au salaire moyen, le montant total des pensions est inférieur à celui que percevraient deux personnes célibataires dans six pays : Australie, le Danemark, l’Irlande, la Lituanie, la Nouvelle‑Zélande et les Pays-Bas.
Panorama des pensions 2025
Droits à pension bruts pour les couples
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Copier le lien de Principaux résultatsLa situation conjugale influe sur les droits à pension sous deux formes. D’abord, certains régimes offrent des droits « dérivés » : les couples bénéficient de prestations qui résultent de l’expérience professionnelle et des cotisations de l’un des conjoints. Ensuite, certaines prestations du premier pilier sont calculées sur la base de la situation familiale ; or, cette évaluation prend le couple pour « unité de pension » au lieu de considérer les individus séparément.
Le Tableau 5.1 présente les calculs des droits à pension pour quatre catégories de ménages. Dans les trois premiers cas, le salaire brut est maintenu constant à 100 % de la moyenne individuelle nationale. Un homme célibataire percevant ce salaire est comparé à un couple monoactif (apporteur de revenu masculin). Ces données sont ensuite comparées aux droits à la retraite d’un homme célibataire et d’une femme célibataire n’ayant jamais travaillé. Le dernier cas est celui d’un couple composé de deux apporteurs de revenu, dont chacun gagne 100 % du salaire moyen, les chiffres n’étant indiqués que si le montant de leur retraite diffère de celui de deux célibataires dont chacun perçoit le salaire moyen.
La politique adoptée à l’égard du conjoint inactif varie sensiblement d’un pays à l’autre. Dans certains pays, les couples bénéficient de prestations supérieures à celles des célibataires parce que les régimes de base confèrent aux premiers des droits plus élevés qu’aux seconds (mais inférieurs à ceux accordés à deux célibataires) ; c’est par exemple le cas aux Pays-Bas. En Irlande, la retraite de base prévoit des prestations pour le conjoint qui n’a pas droit à une pension de base complète à titre personnel.
En Corée et aux États-Unis, les régimes de retraite publics liés à la rémunération prévoient des prestations pour conjoints. Là encore, celles-ci sont versées aux couples dont l’un des membres n’a pas cumulé de droits à pension élevés à titre individuel. Par ailleurs, plusieurs pays ont mis en place des pensions de base fondées sur la résidence ou des prestations ciblées sous conditions de ressources qui sont versées à titre individuel, et donc au conjoint inactif.
Un couple composé d’un homme moyennement rémunéré et d’un conjoint inactif bénéficiera à l’âge normal de la retraite d’une pension représentant en moyenne 58.7 % de son salaire antérieur, ce taux étant de 52.0 % pour un homme moyennement rémunéré célibataire. Dans l’ensemble, pour les rémunérations moyennes, un peu moins de la moitié des pays de l’OCDE assurent aux couples monoactifs des prestations supérieures à celles dont bénéficie un salarié célibataire. L’écart le plus prononcé est observé en Norvège, où les prestations dont bénéficie un couple monoactif sont supérieurs de 23 points à celles d’un salarié célibataire ; il est de 20 points ou plus au Danemark, en Irlande, en Islande et en Nouvelle‑Zélande. En Danemark, en Irlande, en Islande et en Norvège, le conjoint inactif a pleinement droit aux pensions ciblées sous condition de ressources, comme c’est également le cas en Finlande et en Suède ; au Danemark, il a en outre droit à la pension de base forfaitaire liée à la résidence. En Nouvelle‑Zélande, les deux conjoints ont droit à la pension de base fondée sur la résidence, au taux applicable aux couples (76 % du taux individuel applicable à chaque conjoint). En Lituanie, le taux de remplacement est plus faible du fait que le supplément pour personne vivant seule est supprimé pour les couples. En Irlande, l’allocation pour personne vivant seule est également retirée aux couples, mais elle est plus que compensée par la pension soumise à condition de ressources.
Selon une échelle d’équivalence de la racine carrée de 2 pour un couple, afin de tenir compte des économies d’échelle dans le coût de la vie (chapitre 7), le niveau de prestation d’un couple monoactif représentant 58.7 % du revenu moyen correspond, au niveau individuel, à 41.5 %, soit 10 points de moins que pour les hommes célibataires, ce qui tient à ce que le conjoint n’a perçu aucun revenu du travail. En comparaison, deux célibataires affichant le même parcours professionnel, à savoir un homme moyennement rémunéré ayant accompli une carrière complète et une femme n’ayant jamais travaillé, bénéficieraient d’une prestation combinée équivalente à 68.1 % du salaire moyen, 16 points à ce que perçoit un homme célibataire ayant effectué une carrière complète. Cela s’explique par le fait que la femme célibataire bénéficie pleinement, à titre personnel, d’une pension de base et d’un filet de sécurité sociale liés à sa résidence.
S’agissant des couples dont les deux membres perçoivent le salaire moyen, seuls sont indiqués les cas de ceux dont les droits à pension différeraient de ceux de deux célibataires. Les seuls pays qui appliquent des règles spécifiques aux couples dans ce cas sont Australie, le Danemark, l’Irlande, la Lituanie, la Nouvelle‑Zélande et les Pays-Bas. En Nouvelle‑Zélande, le montant total des pensions est calculé en fonction de la situation de vie des personnes, et non de leurs antécédents de revenus. Cependant, la pension versée à chaque membre d’un couple au titre de la composante de base fondée sur la résidence est inférieure à ce qu’elle serait s’ils étaient célibataires. Il en va de même en Australie pour la prestation de filet de sécurité sociale (pension de vieillesse) et aux Pays‑Bas. Au Danemark, le taux de retrait de la composante assujettie à une condition de ressources est plus élevé pour les couples que pour les célibataires. En Irlande et en Lituanie, contrairement à deux personnes célibataires, les couples perdent les allocations aux personnes seules précédemment mentionnées.
Définition et mesure
Les droits à pension rendent compte de la manière dont un régime de retraite assure un revenu aux retraités en remplacement de leur salaire, principale source de revenu avant leur départ à la retraite. Les droits à pension bruts correspondent à la retraite brute divisée par le salaire brut antérieur.
L’analyse portant sur les couples suppose que l’homme et la femme ont le même âge afin de faciliter la comparaison avec le cas d’un salarié célibataire. Dans le cas d’un couple biactif, on suppose que les deux membres partent à la retraite dès l’âge qui leur permet de bénéficier de pensions sans décote, celle de la femme retraitée étant ensuite indexée jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge masculin de la retraite dans les pays où l’âge de la retraite est plus bas pour les femmes.
Tableau 5.1. Droits à pension bruts selon la composition du ménage : célibataires et couples, pourcentage du salaire moyen
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Homme carrière complète moyennement rémunéré |
Couple biactif, deux salaires moyens carrière complète, si différent de deux célibataires moyennement rémunérés |
||||
|---|---|---|---|---|---|
|
Célibataire (femme, si différent) |
Plus conjointe inactive, si différent du cas de l’homme célibataire |
Plus femme célibataire n’ayant jamais travaillé |
|||
|
Allemagne |
42.1 |
55.0 |
|||
|
Australie |
40.8 |
(38.5) |
53.8 |
64.4 |
60.7 |
|
Autriche |
74.1 |
96.9 |
|||
|
Belgique |
43.5 |
54.0 |
70.6 |
||
|
Canada |
37.1 |
42.8 |
51.3 |
||
|
Chili |
49.7 |
(49.6) |
61.9 |
61.9 |
|
|
Colombie |
74.8 |
83.7 |
|||
|
Corée |
33.4 |
35.6 |
37.6 |
||
|
Costa Rica |
65.7 |
(62.2) |
79.1 |
||
|
Danemark |
72.7 |
94.3 |
107.9 |
136.7 |
|
|
Espagne |
80.4 |
103.3 |
|||
|
Estonie |
29.3 |
42.7 |
42.7 |
||
|
États-Unis |
39.7 |
59.5 |
48.8 |
||
|
Finlande |
57.8 |
70.3 |
70.3 |
||
|
France |
56.6 |
72.5 |
|||
|
Grèce |
79.6 |
90.6 |
|||
|
Hongrie |
51.9 |
(48.4) |
55.4 |
||
|
Irlande |
24.3 |
44.0 |
45.8 |
45.0 |
|
|
Islande |
43.9 |
63.8 |
68.1 |
||
|
Israël |
42.8 |
(36.5) |
47.4 |
55.4 |
|
|
Italie |
70.6 |
81.4 |
|||
|
Japon |
36.5 |
50.7 |
53.7 |
||
|
Lettonie |
38.7 |
49.6 |
|||
|
Lituanie |
17.4 |
16.4 |
22.8 |
32.9 |
|
|
Luxembourg |
75.6 |
104.8 |
|||
|
Mexique |
69.6 |
80.1 |
80.1 |
||
|
Norvège |
46.1 |
69.1 |
69.1 |
||
|
Nouvelle‑Zélande |
39.5 |
60.0 |
78.9 |
60.0 |
|
|
Pays-Bas |
74.7 |
85.0 |
103.3 |
131.1 |
|
|
Pologne |
28.6 |
(22.4) |
43.4 |
||
|
Portugal |
72.4 |
81.8 |
|||
|
République slovaque |
58.0 |
67.6 |
|||
|
Royaume‑Uni |
44.7 |
66.8 |
|||
|
Slovénie |
45.9 |
61.5 |
|||
|
Suède |
63.7 |
76.6 |
78.0 |
||
|
Suisse |
42.4 |
58.7 |
|||
|
Tchéquie |
44.2 |
63.4 |
50.3 |
||
|
Türkiye |
69.1 |
(66.4) |
73.8 |
||
|
OCDE |
52.0 |
(51.4) |
58.7 |
68.1 |
101.6 |
Note : pour les couples monoactifs, les chiffres ne sont indiqués que dans les cas où la pension perçue diffère de celle d’un homme salarié célibataire. Pour les couples à revenu moyen, les taux ne sont indiqués que lorsqu’ils diffèrent de ceux qui s’appliqueraient à un homme et à une femme célibataire réunis.
Note de lecture : En Belgique, un homme ayant un salaire moyen bénéficie d’un taux de remplacement brut de 43.5 % après une carrière complète (deux premières colonnes). S’il vit en couple avec un partenaire inactif, le montant total de sa pension passe à 54.0 % du salaire moyen brut (troisième colonne), car le taux annuel d’acquisition utilisé pour le calcul de la composante à prestations définies (PD) augmente de 1.33 % à 1.67 %. Pour deux personnes célibataires (quatrième colonne), le partenaire inactif a droit à une prestation de sécurité sociale (équivalant à 27.2 % du salaire moyen) à titre personnel, ce qui porte sa pension totale à 70.6 % du salaire moyen brut (43.5 % + 27.2 %). Aucune donnée n’est disponible pour la Belgique concernant le couple bi‑actif (dernière colonne), car le montant total de la pension est identique à celui de deux personnes célibataires (soit 87.0 % du salaire moyen).
Source : modèles de retraite de l’OCDE.