Ce chapitre passe en revue les données relatives à l’état des stocks exploités par les pays et territoires considérés dans le présent rapport, et analyse la durabilité et la productivité des ressources halieutiques au niveau national et au niveau agrégé. L’analyse met en lumière l’étendue des connaissances disponibles sur la santé et la productivité des stocks halieutiques évalués. En se focalisant sur les stocks évalués, le chapitre offre un point de vue original sur l’efficacité d’une gestion fondée sur des données scientifiques pour préserver une base de ressources durable et productive. Le chapitre examine également l’évolution de la santé et de la productivité des stocks halieutiques depuis 2019.
3. La durabilité des ressources halieutiques marines
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Principaux messages relatifs à la durabilité des ressources
Copier le lien de Principaux messages relatifs à la durabilité des ressourcesLa santé et la productivité des stocks halieutiques sont essentielles à la durabilité économique, sociale et environnementale du secteur. L’évaluation régulière des stocks est à la base d’une gestion des pêches fondée sur des données scientifiques, laquelle est nécessaire à une exploitation des stocks halieutiques permettant de préserver la santé et de maximiser la productivité de ces derniers et, par conséquent, les avantages que la société peut en tirer.
L’évaluation des stocks peut être coûteuse et complexe, c’est pourquoi seul un sous-ensemble de stocks exploités est évalué. L’étude des données sur l’état des stocks renseigne sur les connaissances en notre possession au sujet de la santé et de la productivité des stocks considérés, mais aussi sur l’étendue de nos lacunes en la matière.
L’OCDE recueille et publie des données sur l’état des stocks pour les différents stocks exploités et évalués par les pays et territoires couverts par le présent rapport sur la base de données rendues publiques ou communiquées à l’OCDE.
En 2024, des données ont été enregistrées pour 1 623 stocks évalués par 31 Membres et non-Membres de l’OCDE, permettantde déterminer si les stocks en question étaient en bonne santé (c’est-à-dire au-dessus des seuils limites) et s’ils atteignaient es objectifs de productivité étaient fixés (c’est à dire que les volumes ou la valeur des captures étaient maximisés de manière durable). Pour 23 % de ces stocks, l’évaluation n’a pas été concluante (c’est-à-dire qu’il n’a pas été possible de déterminer l’état de santé du stock).
Les données semblent indiquer que la gestion fonctionne bien. Dans les cas où il a été possible de déterminer leur état de santé, 81 % des stocks se sont avérés être en bonne santé. Cette proportion est supérieure à la part mondiale des stocks estimés durables par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui est de 62 % de tous les stocks. La différence pourrait s’expliquer par le fait que les stocks halieutiques sont en meilleure santé là où des évaluations rigoureuses permettent de réaliser une gestion scientifique.
Des efforts supplémentaires pourraient être faits pour exploiter de manière optimale les stocks en bonne santé. L’examen des stocks dont tant l’état de santé que la productivité étaient connus a montré que seulement 59 % des stocks en bonne santé atteignaient également les objectifs de productivité visant à maximiser les captures ou la valeur des débarquements. Cela met en évidence l’importance et la possibilité de mieux gérer les pêches afin d’optimiser la production alimentaire ou les revenus des pêcheurs et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, y compris dans le cas de stocks en bonne santé.
L’état des stocks et le nombre de stocks évalués varient considérablement d’un pays à un autre.
La part des stocks évalués réputés en bonne santé a augmenté de 5 points de pourcentage entre 2019 et 2024 et celle des stocks en mauvaise santé a diminué de 5 points de pourcentage également. Cela donne à penser que la santé des stocks halieutiques évalués tendrait à s’améliorer, mais cette déduction doit être tirée avec prudence compte tenu des modifications apportées à la base de données sur laquelle elle s’appuie.
La durabilité et la productivité du secteur pourraient être améliorées par les moyens suivants :
En investissant dans l’évaluation des stocks et, de manière plus générale, dans la collecte de données pour faire en sorte, dans la mesure du possible, que tous les stocks d’importance commerciale soient évalués régulièrement (à des intervalles adaptés à la biologie de l’espèce) et que les évaluations des stocks rendent compte, de manière concluante, à la fois de l’état de santé (points de référence limites) et de la productivité (objectifs).
En investissant dans la recherche-développement afin d’affiner les méthodes existantes d’évaluation des stocks et d’en élaborer de nouvelles pour les stocks difficiles à évaluer, en particulier des méthodes peu coûteuses et requérant peu de données, qui soient applicables aux complexes de stocks plurispécifiques.
3.1. Quels sont les enjeux ?
Copier le lien de 3.1. Quels sont les enjeux ?La santé et la productivité des stocks halieutiques sont essentielles à la durabilité économique, sociale et environnementale du secteur. Un stock halieutique est réputé en bonne santé lorsque sa population est suffisamment importante pour que le risque d’effondrement à court terme soit faible (c’est-à-dire lorsqu’elle dépasse un seuil limite, souvent exprimé en termes de biomasse). La santé des stocks halieutiques est tributaire de la pêche, mais aussi d’un éventail de facteurs naturels (comme le climat), d’autres activités économiques (comme la pêche de loisir) et de la pollution. L’objectif de la gestion durable des pêches est de faire en sorte que les stocks soient non seulement en bonne santé, mais aussi productifs, c’est-à-dire que la valeur ou le volume des captures puissent être maximisés dans une optique de durabilité.
Des stocks halieutiques en mauvaise santé nuisent à l’environnement marin et à la rentabilité de l’activité des pêcheurs, ce qui a des répercussions négatives pour les communautés dans lesquelles ils vivent. En outre, une mauvaise santé des stocks halieutiques réduit également la production alimentaire et, de ce fait, la sécurité alimentaire, en particulier au sein des communautés côtières vulnérables.
Une évaluation régulière des stocks est indispensable à la gestion des pêches et essentielle pour garantir que les décisions sont fondées sur des données scientifiques. Idéalement, l’évaluation d’un stock devrait reposer sur une modélisation précise de la dynamique de la population du stock et sur une modélisation appropriée de tous les processus naturels clés qui déterminent l’état du stock, notamment la mortalité naturelle, le recrutement et la croissance (Punt, 2023[1]). Cependant, la plupart du temps, la précision de l’évaluation d’un stock est limitée par les ressources et les données disponibles. Il est donc rarement possible d’effectuer des évaluations « idéales ». Les gestionnaires des pêches doivent concilier la nécessité d’une évaluation précise, d’une part, et les ressources disponibles et l’importance socioéconomique du stock, d’autre part. Par conséquent, la capacité à déterminer avec précision l’état d’un stock dans le cadre d’une évaluation varie, certaines évaluations ayant un niveau d’incertitude plus élevé que d’autres (Edgar et al., 2024[2]).
Le changement climatique va accentuer ces problèmes, étant donné que les tendances au réchauffement à long terme, les phénomènes météorologiques à court terme (comme les vagues de chaleur marines) et l’acidification des océans ont des répercussions importantes sur la distribution et l’abondance des stocks (IPCC, 2019[3]) (voir le chapitre 4 pour plus d’informations). La variabilité croissante des stocks halieutiques d’une année sur l’autre et l’évolution des écosystèmes ne font que renforcer la nécessité de réaliser régulièrement des évaluations précises des stocks aux fins d’une gestion efficace des pêches.
Il est important que les évaluations des stocks soient précises, car elles ont des incidences directes sur les décisions prises par les gestionnaires des pêches. Des données récentes indiquent que les évaluations des stocks surexploités ont tendance à être moins précises, du fait de la surestimation systématique de la biomasse de ces stocks (Edgar et al., 2024[2]). En outre, les stocks d’espèces de moindre valeur et les stocks des eaux chaudes sont plus facilement surestimés, ce qui donne à penser que les ressources disponibles pour mener l’évaluation et les difficultés techniques rencontrées (les stocks des eaux chaudes sont davantage susceptibles de faire partie de complexes de stocks plurispécifiques) ont également de l’importance. Bien que le lien de causalité ne soit pas encore clairement établi – les stocks sont-ils surexploités en raison du manque de précision des évaluations ou les évaluations sont-elles imprécises à cause de la surexploitation des stocks ? –, une meilleure évaluation des stocks va de pair avec des stocks en meilleure santé, ce qui souligne encore le rôle important de l’évaluation dans les systèmes de gestion des pêches.
La FAO estime qu’à l’échelle mondiale, la part des stocks halieutiques qui ne sont pas exploités à un niveau biologiquement durable a augmenté, passant de 10 % en 1972 à 37.7 % en 2021, principalement sous l’effet de la surpêche (FAO, 2024[4]). Cette dégradation de la santé des stocks halieutiques se poursuit et la part de stocks surexploités a augmenté de 2.3 % depuis 2019 à l’échelle mondiale. Ces chiffres mondiaux masquent toutefois d’importantes disparités régionales, la part de stocks surexploités étant beaucoup plus grande dans certaines régions (Méditerranée, mer Noire et Pacifique nord-ouest, par exemple) que dans d’autres. Il convient de souligner que certains stocks halieutiques sont beaucoup plus abondants que d’autres. Ainsi, bien que 37.7 % des stocks aient été surexploités en 2021, seulement 23.1 % de la production halieutique provenait de stocks surexploités (FAO, 2024[4]). Enfin, ces chiffres ont été établis à partir d’une liste fixe de 445 stocks de référence agrégés, dont les totaux globaux et régionaux ont été tirés par extrapolation. L’échelle géographique des chiffres publiés ne faisant pas ressortir les disparités locales, il est difficile d’en dégager des orientations de politique générale pouvant être mises en pratique dans les différents pays.
3.2. Une perspective de l’OCDE sur la santé et la productivité des stocks halieutiques
Copier le lien de 3.2. Une perspective de l’OCDE sur la santé et la productivité des stocks halieutiquesLa démarche de l’OCDE relative à l’état des stocks vise à compléter l’approche mondiale de la FAO grâce à la collecte et à la publication de données sur l’état de différents stocks évalués exploités par les pays et les territoires couverts par ce rapport, lorsque les résultats des évaluations ont été rendus publics ou communiqués à l’OCDE. Les résultats des évaluations de stocks utilisés aux fins de l’élaboration de la présente édition de l’Examen sur les pêches ont été reçus ou tirés de sources publiques pour 1 623 évaluations menées au sein de 31 Membres et non-Membres de l’OCDE1. Les données, concernant tant les limites en matière de santé que les objectifs de productivité, sont présentées au niveau agrégé et au niveau national, comme il est expliqué dans l’Encadré 3.1.
Les données sur lesquelles se fonde l’analyse présentée dans ce chapitre ont été rassemblées à partir de diverses sources, notamment des notes soumises par les pays, des documents d’organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) ou d’accords régionaux de gestion des pêches (ARGP)2 à la disposition du public et des données téléchargées directement auprès du Conseil international pour l’exploration de la mer. Il est probable que certaines sources de données n’aient pas été incluses, car elles ne sont pas accessibles au public ou sont difficiles d’accès. Ainsi, ce chapitre présente les données les plus récentes relatives à l’état des stocks dans les pays et territoires couverts par ce rapport, ainsi que les informations à la disposition du public concernant l’état des ressources dont dépendent les secteurs halieutiques de ces pays et territoires3.
Encadré 3.1. Base de données de l’OCDE sur les indicateurs de l’état des stocks
Copier le lien de Encadré 3.1. Base de données de l’OCDE sur les indicateurs de l’état des stocksDans le cadre de l’Examen de l’OCDE sur les pêches, l’Organisation collecte régulièrement des données relatives aux évaluations récentes des stocks halieutiques (« récentes » signifiant datant de 10 ans au maximum), et des normes sont établies au niveau national (ou régional) en ce qui concerne :
les limites en matière de santé (c’est-à-dire des points de référence limites, généralement définis comme étant des seuils de biomasse ou de mortalité)
les objectifs de productivité (c’est-à-dire les points de référence cibles, visant généralement à optimiser la valeur ou le volume des captures, comme le rendement constant maximal (RCM) et le rendement économique maximal (REM).
Tandis que les autorités nationales utilisent peut-être des termes différents pour les stocks correspondant à la description ci-dessus, aux fins du présent chapitre, on entend par « stock halieutique en bonne santé » un stock qui dépasse les limites en matière de santé, et par « stock productif » un stock pour lequel les objectifs de productivité sont atteints.
Graphique 3.1. Structure de la base de données des indicateurs de l’état des stocks
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Toutes les évaluations de stocks ne sont pas concluantes. Un certain nombre d’entre elles concluent à un état de santé indéterminé (23 %) ou à une productivité indéterminée (21 %). En outre, un certain nombre d’évaluations ne portent que sur les limites en matière de santé (29 %), auquel cas l’état concernant les objectifs de productivité est dit non communiqué. Par définition, des stocks en mauvaise santé ne peuvent réaliser les objectifs de productivité (mais leur état concernant ces objectifs n’est parfois pas déclaré). Les données ne fournissent aucune information sur les stocks halieutiques non évalués.
Les données relatives à l’état des stocks sont utilisées pour établir une série d’indicateurs agrégés et nationaux, notamment le nombre total de stocks évalués, ainsi que les parts de stocks évalués correspondant aux différents états de santé et de productivité.
3.3. Santé et productivité des stocks halieutiques évalués en 2024
Copier le lien de 3.3. Santé et productivité des stocks halieutiques évalués en 20243.3.1. La majeure partie des stocks évalués sont en bonne santé, mais un grand nombre n’atteignent pas les objectifs de productivité
Sur les 1 623 stocks évalués figurant dans la base de données, 62 % étaient réputés en bonne santé (c’est-à-dire au-dessus du point de référence limite), 15 % ont été jugés en mauvaise santé, et pour 23 % des stocks, l’état de santé n’a pas pu être déterminé (Graphique 3.2a). De plus, 31 % des stocks évalués remplissaient les objectifs de productivité (RCM ou REM, par exemple) et 19 % des stocks ne réalisaient pas ces objectifs ; pour 21 % des stocks, l’état concernant la productivité était indéterminé ; et pour 29 % des stocks, les évaluations ne précisaient pas l’état concernant les objectifs de productivité (Graphique 3.2b). Pour 50 % des stocks évalués, l’état concernant la productivité est donc inconnu, ce qui complique l’interprétation des résultats en la matière. Les stocks dont la productivité n’est pas déclarée relèvent en grande partie de l’Australie, dont les évaluations ne portent actuellement que sur l’état de santé et non sur les objectifs de productivité (Roelofs et al., 2024[5]).
L’examen des stocks pour lesquels l’état de santé a pu être déterminé (ci-après les stocks « évalués de manière concluante ») – c’est-à-dire faisant abstraction des stocks dont l’état de santé est indéterminé – a montré que 81 % d’entre eux étaient en bonne santé et 19 % en mauvaise santé. Autrement dit, un stock évalué de manière concluante sur cinq est en mauvaise santé.
La majeure partie (73 %) des stocks en bonne santé remplissent également les objectifs de productivité, dans les cas où l’état tant en matière de santé que de productivité est connu4. Si l’on applique ce ratio à tous les stocks en bonne santé, 59 % des stocks évalués de manière concluante seraient également conformes aux objectifs de productivité. Lorsque les stocks en bonne santé sont en dessous des niveaux permettant une productivité optimale, la pêche peut générer des revenus ou un volume de production inférieurs au niveau optimal et, dans un cas comme dans l’autre, des émissions accrues de gaz à effet de serre (Parker et al., 2018[6]). Cela met en évidence l’importance et la possibilité de mieux gérer les pêches afin d’optimiser la production alimentaire ou les revenus des pêcheurs et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, y compris dans le cas de stocks en bonne santé (Bastardie et al., 2022[7]).
La part des stocks évalués de manière concluante qui sont en bonne santé (81 %) est nettement supérieure à la moyenne mondiale de 62 % de stocks durables (c’est-à-dire de stocks sous-exploités ou exploités au niveau constant maximal) dont il est fait état dans la publication de la FAO intitulée La Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture 2024. Cela est probablement dû, en partie, au fait que chaque ensemble de données inclut des stocks différents et que des méthodes différentes ont été appliquées5. La différence pourrait également s’expliquer par le fait que les stocks halieutiques sont en meilleure santé lorsqu’une gestion scientifique est possible grâce à une évaluation rigoureuse des stocks, ce qui met en relief l’importance d’une gestion fondée sur des données scientifiques pour préserver les ressources halieutiques mondiales. En outre, les Membres de l’OCDE ont tendance à évaluer une part plus importante de leurs stocks que les non-Membres (voir ci-après). Par conséquent, la base de données de l’OCDE contient un sous-ensemble de stocks dont la santé est meilleure que la moyenne mondiale. À l’inverse, le fait que 19 % des stocks « évalués de manière concluante » ne soient pas en bonne santé est probablement le résultat de la combinaison d’une gestion inappropriée (passée ou actuelle), par exemple l’établissement de limites de capture au-dessus des préconisations de la communauté scientifique, d’une police des pêches inefficace et de facteurs environnementaux qui échappent au contrôle des gestionnaires des pêches.
Toutefois, l’interprétation de ces données fait l’objet de réserves. En premier lieu, tous les stocks sont pris en compte de la même manière dans la base de données, mais leur contribution relative aux débarquements varie considérablement d’un pays à un autre. Il n’est actuellement pas possible de calculer la contribution de chaque stock à la production au niveau national, par conséquent, les chiffres ne reflètent pas nécessairement la mesure dans laquelle un pays dépend de stocks en bonne ou en mauvaise santé (et de stocks productifs ou non productifs).
En deuxième lieu, l’état actuel d’un stock ne saurait être considéré comme un indicateur de l’efficacité de la gestion des pêches. L’état d’un stock au cours d’une année donnée dépend de la pression de pêche, de facteurs environnementaux et de la pollution générées par les autres activités économiques, dont les incidences peuvent être importantes (par exemple dans le cas de vagues de chaleur marines) et difficiles à prévoir. En outre, il se peut qu’un stock en mauvaise santé fasse déjà l’objet de plans de gestion et de reconstitution. Par conséquent, les données doivent être considérées comme représentatives de la situation actuelle des ressources uniquement, et non de l’efficacité de la gestion appliquée au niveau national.
Enfin, certaines évaluations ne permettent pas de déterminer l’état de santé de certains stocks. Comme la taille des populations halieutiques n’est pas directement observable, l’évaluation des stocks se fonde sur des modèles mathématiques pour estimer la taille d’une population donnée. Ces modèles s’appuient sur les données collectées par les pêcheurs et dans le cadre d’enquêtes scientifiques. L’état ne peut être déterminé lorsque les modèles ne peuvent estimer précisément la taille des populations, faute de données suffisantes. Le manque de données peut être imputable à différentes causes, comme un retard pris dans les enquêtes scientifiques en raison de mauvaises conditions météorologiques ou de ressources insuffisantes, ou encore, dans le cas de stocks partagés, des problèmes concernant le partage de données entre différentes autorités chargées des pêches. Dans certains cas, la biologie de l’espèce ou de l’écosystème peut nuire à l’efficacité de l’évaluation. La langoustine, par exemple, est réputée difficile à évaluer quantitativement (Aguzzi et al., 2022[8]). En pareil cas, des évaluations de stocks plus qualitatives, effectuées en combinant des données provenant de diverses sources afin de réaliser une évaluation spécialisée, peuvent orienter les décisions de gestion et être efficaces pour garantir que les stocks ne sont pas surexploités (Punt, 2023[1]).
3.3.2. Il existe des différences notables entre les pays en ce qui concerne la part de stocks en bonne santé et productifs ainsi que le nombre de stocks évalués
L’état de santé des stocks évalués de manière concluante varie considérablement d’un pays à un autre (Graphique 3.3). La Nouvelle‑Zélande (92 %), l’Argentine et la Corée (89 %) affichent les parts les plus élevées de stocks évalués de manière concluante qui sont en bonne santé. De grandes disparités ont également été constatées en ce qui concerne la part de stocks évalués pour lesquels l’état de santé n’a pas pu être déterminé, les parts les plus importantes ayant été attribuées au Brésil (100 %), au Royaume‑Uni (45 %) et à l’Irlande (44 %). Il convient de noter qu’il y a dans tous les pays et territoires des stocks à l’état de santé indéterminé.
Graphique 3.3. État des stocks évalués de manière concluante en ce qui concerne les limites en matière de santé (à gauche) et part des stocks évalués de manière concluante dans l’ensemble des stocks évalués (à droite), 2024
Copier le lien de Graphique 3.3. État des stocks évalués de manière concluante en ce qui concerne les limites en matière de santé (à gauche) et part des stocks évalués de manière concluante dans l’ensemble des stocks évalués (à droite), 2024Note : Les chiffres entre parenthèses correspondent au nombre de stocks évalués pour chaque pays. La Chine, le Danemark, l’Inde, l’Indonésie, l’Islande, la Lituanie, le Mexique, le Portugal, la Türkiye et le Viet Nam n’ont pas communiqué d’évaluation de stocks.
Source : OCDE (2025). Indicateurs de l’état des stocks.
Le nombre d’évaluations de stocks halieutiques varie grandement entre les pays (les chiffres correspondants sont fournis sur le Graphique 3.3). Par exemple, l’Australie a déclaré 476 stocks évalués au niveau national et les États-Unis, 307 stocks. À l’autre extrémité, le Brésil n’en a déclaré que quatre et le Pérou, six6. Ces différences dans le nombre d’évaluations mettent en évidence des différences dans la structure des secteurs halieutiques : certains pays exploitent davantage de stocks et doivent donc mener plus d’évaluations. Elles reflètent aussi probablement les différents niveaux d’investissement dans les capacités d’évaluation des stocks (chapitre 7), ainsi que les difficultés et les coûts relatifs à certaines évaluations. Par exemple, les complexes de stocks plurispécifiques, qui sont courants dans les eaux plus chaudes, peuvent être difficiles à évaluer, notamment parce que les méthodes d’évaluation des stocks établies ont été conçues pour des stocks composés d’une seule espèce. Dans les pays où les stocks évalués ne représentent qu’une faible part de la production, les statistiques communiquées ne permettent pas de se faire une idée précise de l’état des ressources.
Enfin, tous les stocks n’ont pas la même taille, certains contribuant dans une mesure bien plus grande que d’autres aux débarquements nationaux. Par conséquent, la représentativité des chiffres n’apparaîtra que lorsque les données sur l’état des stocks et les captures pourront être mises en parallèle pour chaque stock. Cela permettra aussi de connaître la part des débarquements d’un pays donné provenant de stocks en bonne santé – un élément clé de la durabilité et de la résilience sur secteur.
En ce qui concerne la productivité, la Corée (89 %), la Lettonie (83 %) et le Pérou (80 %) affichent les parts les plus élevées de stocks évalués de manière concluante pour lesquels les objectifs de productivité sont atteints (Graphique 3.4)7. Au total, pour 21 Membres et non-Membres, plus de 50 % des stocks évalués de manière concluante atteignent les objectifs de productivité. De manière générale, les stocks évalués de manière concluante tendent à réaliser les objectifs de productivité, ce qui met en évidence les avantages liés aux décisions de gestion fondées sur des données scientifiques.
Graphique 3.4. État des stocks évalués de manière concluante en ce qui concerne les objectifs de productivité (à gauche) et part des stocks évalués de manière concluante dans l’ensemble des stocks évalués (à droite), 2024
Copier le lien de Graphique 3.4. État des stocks évalués de manière concluante en ce qui concerne les objectifs de productivité (à gauche) et part des stocks évalués de manière concluante dans l’ensemble des stocks évalués (à droite), 2024Note : Les chiffres entre parenthèses correspondent au nombre de stocks évalués pour chaque pays. La Chine, le Danemark, l’Inde, l’Indonésie, l’Islande, la Lituanie, le Mexique, le Portugal, la Türkiye et le Viet Nam n’ont pas communiqué d’évaluation de stocks.
Source : OCDE (2025). Indicateurs de l’état des stocks.
3.4. Évolutions en matière de santé et de productivité des stocks halieutiques, 2019-24
Copier le lien de 3.4. Évolutions en matière de santé et de productivité des stocks halieutiques, 2019-243.4.1. La santé des stocks halieutiques évalués s’est améliorée depuis 2019, mais la part des stocks réalisant les objectifs de productivité est restée stable
La part des stocks évalués qui sont en bonne santé a augmenté, passant de 57 % en 2019 à 62 % en 2024, tandis que la part de ceux qui sont en mauvaise santé a reculé, passant de 19 % à 14 % (Graphique 3.5). La part des stocks dont l’état de santé est indéterminé est restée stable (23 %). Par conséquent, si l’on considère uniquement les stocks évalués de manière concluante, on constate également une évolution positive, légèrement plus marquée : la part des stocks évalués de manière concluante qui sont en bonne santé a augmenté, passant de 75 % à 81 % entre 2019 et 2024, tandis que la part de ceux qui sont en mauvaise santé a diminué, passant de 25 % à 19 %. Cela indique que la santé des stocks halieutiques évalués devrait s’améliorer au fil du temps, mais cette interprétation doit être faite avec prudence étant donné que les stocks figurant dans la base de données changent d’une version à une autre.
La majeure partie des stocks (60 %) figurent dans la base de données chaque année depuis sa création (en 2019). Cependant, il y a un mouvement important de stocks ajoutés dans la base de données ou retirés (environ 23 % à chaque nouvelle version) (Graphique 3.6). Il existe trois mécanismes principaux de mouvement des stocks dans la base de données. Premièrement, si un stock n’était pas évalué auparavant, mais l’est maintenant, il est ajouté dans la base de données. Cela peut arriver, par exemple, lorsqu’un pays effectue davantage d’évaluations, car il dispose de ressources accrues, ou si un nouveau stock acquiert une valeur commerciale en raison du changement climatique, ce qui justifie alors une évaluation. Deuxièmement, les stocks figurant dans la base de données peuvent changer si les critères utilisés pour déterminer si un stock mérite d’être évalué sont modifiés. Dans ce cas, l’ancien stock n’apparaît pas dans la version suivante de la base de données et peut être remplacé par un ou plusieurs nouveaux stocks. Enfin, la base de données se limite aux stocks qui ont été évalués au cours des dix dernières années. Un stock qui n’aurait pas été évalué au cours de cette période sera retiré de la version suivante de la base de données.
L’amélioration de l’état de santé des stocks évalués au fil du temps est étayée par une analyse plus approfondie des stocks qui figurent pendant plusieurs années dans la base de données. Entre 2019 et 2022, l’état de santé de 59 stocks est passé de mauvais à bon et 36 stocks ont connu l’évolution inverse (Graphique 3.6). En outre, entre 2022 et 2024, 26 stocks ont vu leur état de santé s’améliorer et 14 stocks l’ont vu se dégrader. Par conséquent, la tendance qui a prévalu au cours de ces deux périodes a été l’amélioration de la santé des stocks. Notre connaissance de la santé des stocks s’améliore au fil du temps. On compte en effet davantage de stocks pour lesquels l’état de santé, auparavant indéterminé, est maintenant connu, qu’il soit bon ou mauvais (51 stocks pour la période 2019-22 et 29 pour la période 2022-24, respectivement), que l’inverse (l’état de santé de 30 stocks pour la période 2019-22 et de 24 stocks pour la période 2022-24, auparavant connu, est maintenant indéterminé). En dépit de la rotation des stocks figurant dans la base de données, des éléments probants tendent à montrer que les investissements dans la collecte de données et l’évaluation des stocks donnent de bons résultats, permettant de mieux comprendre les stocks et d’en améliorer la santé.
Graphique 3.6. Changements dans la composition de la base de données sur l’état des stocks selon l’état de santé, 2019-24
Copier le lien de Graphique 3.6. Changements dans la composition de la base de données sur l’état des stocks selon l’état de santé, 2019-24Note : la base de données concernait 1 311 stocks en 2019, 1 578 stocks en 2022 et 1 623 stocks en 2024.
Source : OCDE (2025). Indicateurs de l’état des stocks.
Les tendances relatives à la productivité sont moins claires. La part des stocks pour lesquels les objectifs de productivité sont atteints a diminué, passant de 35 % en 2019 à 31 % en 2024 (Graphique 3.7). Cependant, la part des stocks pour lesquels ces objectifs ne sont pas atteints a également diminué, passant de 22 % en 2019 à 19 % en 2024. L’interprétation des statistiques sur la productivité est rendue plus difficile par l’absence de données déclarées à ce sujet pour certains stocks (29 % en 2024, essentiellement de l’Australie). Si l’on fait abstraction de ces stocks afin de limiter les calculs aux seuls stocks pour lesquels des informations relatives aux objectifs de productivité ont été déclarées, on constate une légère augmentation de la part des stocks conformes à ces objectifs, passée de 43 % en 2019 à 44 % en 2024. Ainsi, les données disponibles montrent une légère augmentation des stocks pour lesquels les objectifs de productivité sont atteints, mais il faudrait des données supplémentaires pour comprendre s’il s’agit d’une tendance durable ou d’une illusion statistique. Comme pour l’état de santé, la rotation des stocks dans la base de données appelle des réserves importantes lors de l’interprétation des résultats. La très faible augmentation de la part des stocks réalisant les objectifs de productivité pourrait indiquer que les plans de gestion ne sont pas assez prudents, ou simplement que le total admissible de captures a régulièrement été établi à des niveaux supérieurs aux recommandations de gestion (Carpenter et al., 2016[9] ; Winter et Hutchings, 2020[10]).
3.5. Réflexions complémentaires
Copier le lien de 3.5. Réflexions complémentairesL’analyse des tendances mises en lumière par la base de données de l’OCDE sur l’évaluation des stocks montre que la santé des stocks évalués s’améliore lentement et est meilleure que la moyenne mondiale. Cela est conforme aux conclusions de récents travaux de recherche, qui mettent en évidence les liens entre la précision des évaluations et la bonne santé des stocks (Edgar et al., 2024[2]). Les données correspondantes quant à l’amélioration de la productivité des stocks sont encore limitées, notamment en raison d’informations manquantes. Cependant, cela ne doit pas remettre pas en cause le message globalement positif concernant l’état des stocks évalués, qui souligne le rôle essentiel que joue l’évaluation des stocks dans les systèmes efficaces de gestion des pêches.
Le présent chapitre met en lumière d’importantes lacunes dans les données et les priorités pour la recherche. Premièrement, il conviendrait de renforcer la capacité à analyser l’importance relative des stocks évalués afin de connaître la part du volume et de la valeur des débarquements provenant de stocks en bonne santé, tant au niveau agrégé qu’au niveau national. Cela permettrait des discussions plus nuancées sur l’état des stocks et les répercussions en ce qui concerne la résilience et la productivité des secteurs halieutiques des Membres et non-Membres de l’OCDE. Des efforts sont déployés afin d’améliorer la communication de données au niveau national dans le cadre du suivi des progrès relatifs à l’indicateur 14.4.1 des Objectifs de développement durable (concernant la pêche durable), mais cette communication est limitée8.
Deuxièmement, afin de tirer un meilleur parti des évaluations des stocks pour améliorer la durabilité et la productivité du secteur, il est nécessaire de renforcer la recherche-développement afin d’affiner encore les méthodes d’évaluation des stocks existantes et d’en mettre au point de nouvelles pour les stocks difficiles à évaluer, en particulier des méthodes peu coûteuses et requérant peu de données, qui soient applicables aux complexes de stocks plurispécifiques. C’est sur cela que pourrait être axée l’aide au développement pour des pêches durables.
Enfin, un investissement accru dans l’évaluation des stocks et, de manière plus générale, dans la collecte de données pourrait contribuer, dans la mesure du possible, à ce que tous les stocks d’importance commerciale soient évalués régulièrement (à des intervalles adaptés à la biologie de l’espèce) et à ce que les évaluations des stocks rendent compte à la fois de l’état de santé (points de référence limites) et de la productivité (objectifs).
Références
[8] Aguzzi, J. et al. (2022), « Advancing fishery-independent stock assessments for the Norway lobster (Nephrops norvegicus) with new monitoring technologies », Frontiers in Marine Science, vol. 9, https://doi.org/10.3389/fmars.2022.969071.
[7] Bastardie, F. et al. (2022), « Reducing the fuel use intensity of fisheries: Through efficient fishing techniques and recovered fish stocks », Frontiers in Marine Science, vol. 9, https://doi.org/10.3389/fmars.2022.817335.
[9] Carpenter, G. et al. (2016), « Landing the blame: The influence of EU member states on quota setting », Marine Policy, vol. 64, pp. 9-15, https://doi.org/10.1016/j.marpol.2015.11.001.
[2] Edgar, G. et al. (2024), « Stock assessment models overstate sustainability of the world’s fisheries », Science, vol. 385/6711, pp. 860-865, https://doi.org/10.1126/science.adl6282.
[4] FAO (2024), The State of World Fisheries and Aquaculture 2024, Food and Agriculture Organization, Rome, https://doi.org/10.4060/cd0683en.
[3] IPCC (2019), IPCC Special Report on the Ocean and Cryosphere in a Changing Climate, Pörtner et al. (eds.), Intergovernmental Panel on Climate Change, https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/3/2019/12/SROCC_FullReport_FINAL.pdf.
[6] Parker, R. et al. (2018), « Fuel use and greenhouse gas emissions of world fisheries », Nature Climate Change, vol. 8/4, pp. 333-337, https://doi.org/10.1038/s41558-018-0117-x.
[1] Punt, A. (2023), « Those who fail to learn from history are condemned to repeat it: A perspective on current stock assessment good practices and the consequences of not following them », Fisheries Research, vol. 261, p. 106642, https://doi.org/10.1016/j.fishres.2023.106642.
[5] Roelofs, A. et al. (2024), Status of Australian Fish Stocks Reports 2024, Fisheries Research and Development Corporation, Canberra.
[10] Winter, A. et J. Hutchings (2020), « Impediments to fisheries recovery in Canada: Policy and institutional constraints on developing management practices compliant with the precautionary approach », Marine Policy, vol. 121, p. 104161, https://doi.org/10.1016/j.marpol.2020.104161.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. Ce rapport porte sur 30 Membres de l’OCDE (Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée, Costa Rica, Danemark, Espagne, Estonie, États‑Unis, France, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays‑Bas, Pologne, Portugal, Royaume‑Uni, Slovénie, Suède et Türkiye) ; et 11 non-Membres (Argentine, Brésil, Bulgarie, Chine, Croatie, Inde, Indonésie, Pérou, Roumanie, Taipei chinois et Viet Nam). Pour plus de détails sur la couverture géographique, voir le chapitre 1. Toutefois, la Chine, le Danemark, l’Inde, l’Indonésie, l’Islande, la Lituanie, le Mexique, le Portugal, la Türkiye et le Viet Nam n’ont pas communiqué d’évaluation de stocks. Par ailleurs, des données concernant la Finlande ont été incluses.
← 2. Les données proviennent des organisations régionales ou accords régionaux de gestion des pêches suivants : la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l’Antarctique, la Commission pour la conservation du thon rouge du Sud, la Commission générale des pêches pour la Méditerranée, la Commission interaméricaine du thon tropical, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, la Commission des thons de l’océan Indien, la Commission internationale du flétan du Pacifique, l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest, la Commission des pêches du Pacifique nord, l’Organisation des pêches du sud de l’océan Indien, l’Accord relatif aux pêches dans le sud de l’océan Indien, l’Organisation régionale de gestion des pêches du Pacifique Sud et la Commission des pêches du Pacifique occidental et central.
← 3. Il convient de signaler que les évaluations de stocks halieutiques réalisées par l’OCDE et leur interprétation ne vont pas au-delà des résultats publiés, dans la majorité des cas. Dans un nombre limité de cas, l’OCDE conclut à un état indéterminé afin de permettre la comparaison au sein de l’ensemble de données. Cela arrive lorsque les évaluations sont réalisées à un niveau très élevé d’agrégation des espèces (par exemple pour des stocks simplement désignés comme « espèces pélagiques »).
← 4. Ce chiffre a été obtenu en retirant de la base de données les stocks n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration avant d’estimer le ratio entre les stocks en bonne santé et les stocks productifs. Si ces stocks n’ayant pas fait l’objet d’une déclaration sont retirés uniquement des données sur la productivité uniquement, le ratio entre les stocks en bonne santé et les stocks productifs sera établi à partir de sous-ensembles de données différents. Cela pourrait fausser le résultat si la santé des stocks dont la productivité n’a pas été communiquée est meilleure ou moins bonne que la moyenne.
← 5. Mais surtout, les chiffres mondiaux de la FAO englobent des stocks halieutiques qui n’ont pas été évalués quantitativement ainsi que des stocks pour lesquels l’évaluation n’a pas été concluante. En outre, s’il existe des différences systématiques entre le seuil établi pour déterminer une surpêche dans l’ensemble de données de la FAO et celui établi pour déterminer une mauvaise santé dans les données de l’OCDE, les résultats peuvent être faussés. Cependant, il convient de mener une étude plus poussée pour comprendre si les résultats sont effectivement faussés et dans quelle mesure cela pourrait influer sur la comparaison.
← 6. Au sein de l’Union européenne, les évaluations de stocks sont menées, pour une large part, au niveau régional par le Conseil international pour l’exploration de la mer et la Commission générale des pêches pour la Méditerranée.
← 7. L’Australie n’a pas été prise en considération dans ce classement, car elle n’a pas communiqué le résultat des évaluations de stocks concernant les objectifs de productivité.