Ce chapitre dresse l’inventaire des défis lancés par le changement climatique aux pêches de capture. Le chapitre passe en revue la façon dont les variations de température des océans, la modification des courants, l’acidification et la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes ont des effets notables et de plus en plus importants sur les stocks halieutiques et sur les moyens de subsistance des pêcheurs du monde entier, d’où la nécessité de stratégies d’adaptation. Parallèlement, le secteur doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre afin de contribuer aux efforts nationaux et internationaux en faveur de la neutralité carbone, d’où la nécessité de stratégies d’atténuation.
4. L’avenir des pêches sur fond de changement climatique
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Principaux messages relatifs à l’avenir despêches sur fond de changement climatique
Copier le lien de Principaux messages relatifs à l’avenir despêches sur fond de changement climatiqueLa modification du climat est synonyme d’importants défis pour les pêches de capture. Le réchauffement des océans, la modification des courants, l’acidification des eaux et la fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes ont des effets notables et de plus en plus importants sur les stocks halieutiques et les moyens de subsistance des pêcheurs dans le monde entier.
La hausse de la température de surface de la mer va changer les zones d’habitat des poissons, leur taille, leur croissance et leur taux de survie : d’après les prévisions, les captures des pêches mondiales accuseront une baisse comprise entre 3.4 % et 24.1 % d’ici à la fin du siècle.
Les différentes régions du monde ne seront pas égales face à la redistribution géographique des stocks halieutiques provoquée par l’évolution du climat. Celles situées sous des latitudes élevées pourraient voir le potentiel des pêches de capture augmenter, tandis que les régions tropicales devraient le voir diminuer.
D’ici à 2030, près d’un stock transfrontière sur quatre devrait se déplacer, ce qui modifiera la répartition des stocks halieutiques entre les frontières maritimes.
De nouvelles études sont nécessaires pour affiner notre connaissance des liens entre le climat, les écosystèmes et la pêche, car pour beaucoup de stocks et de pêcheries, on manque toujours d’informations sur l’évolution des conditions climatiques locales et son effet sur la pêche.
Les retombées de la modification du climat et l’incertitude qui les entoure devront être prises en compte pour assurer une gestion durable des pêches aux plans national aussi bien que multilatéral (chapitre 5), et elles entraîneront des défis d’adaptation auxquels les politiques de soutien à la pêche devront aussi le cas échéant répondre (chapitre 6).
Les produits de mer sont des aliments dont l’empreinte carbone est relativement faible. Leur production se caractérise généralement par une intensité d’émission de gaz à effet de serre (GES) moindre que celle d’autres produits alimentaires d’origine animale, que l’on mesure cette intensité en fonction du poids vif ou de la teneur en protéines. Certains poissons comme les petits pélagiques affichent même une intensité d’émission tellement basse qu’elle est comparable à celle des protéines végétales (et ils sont également une source de vitamines, de minéraux et d’acides gras essentiels).
Le secteur de la pêche doit lui aussi participer à la lutte contre le changement climatique en réduisant ses émissions de GES et en contribuant aux efforts de l’économie tout entière en faveur de la neutralité carbone.
Au niveau mondial, on estime que la pêche est à l’origine d’environ 4 % des émissions de GES liées à la production alimentaire et 0.5 % des émissions de GES totales.
Ces émissions sont principalement imputables à la consommation de carburant durant les activités de pêche, dont on estime qu’elle représente entre 60 % et 90 % des rejets de GES du secteur jusqu’au point de débarquement.
Les émissions varient nettement à l’intérieur des pêcheries et entre elles, en fonction des navires et des engins utilisés, ainsi qu’en fonction de l’abondance et de la probabilité de capture de l’espèce halieutique ciblée (c’est-à-dire son éloignement, sa profondeur et sa « trouvabilité »).
Un dialogue fondé sur des données factuelles entre gestionnaires des pêches, scientifiques et acteurs du secteur faciliterait l’élaboration de stratégies d’adaptation et d’atténuation adéquates pour le secteur. En outre, les pêches et l’aquaculture devraient entrer en ligne de compte dans la réflexion autour de l’impact du changement climatique sur la production alimentaire et des systèmes alimentaires bas carbone, dans la mesure où les stratégies d’adaptation aussi bien que d’atténuation pourraient impliquer des rééquilibrages de la production entre filières alimentaires.
4.1. Quels sont les enjeux ?
Copier le lien de 4.1. Quels sont les enjeux ?La pêche est en première ligne face aux effets du changement climatique, vu que la ressource dont elle est tributaire est directement affectée par les modifications liées au climat comme le réchauffement et l’acidification de l’océan. Afin d’assurer une adaptation efficace au changement climatique, il est primordial de comprendre les répercussions qu’il a sur la pêche, qui sont appelées à s’amplifier. Parallèlement, comme tous les secteurs économiques, la pêche est sommée de réduire ses émissions et de contribuer aux efforts en faveur de la neutralité carbone aux niveaux tant national qu’international.
Ce chapitre examine les enjeux de l’adaptation au changement climatique et de son atténuation pour le secteur de la pêche de capture. Il passe en revue les connaissances disponibles concernant les effets du changement climatique sur la santé des stocks halieutiques et les endroits où ils se trouvent dans l’océan, ainsi que l’empreinte climat du secteur de la pêche, et il met en lumière les déficits d’information et les domaines qui nécessitent de nouvelles études. Ce chapitre s’appuie sur les résultats d’un atelier d’experts sur le climat et la pêche organisé en novembre 2023 par le Comité des pêcheries de l’OCDE1. L’une des priorités futures consistera à élargir cette analyse afin de prendre pleinement en compte les implications pour l’aquaculture.
4.2. Répercussions du changement climatique sur la pêche
Copier le lien de 4.2. Répercussions du changement climatique sur la pêcheLe changement climatique a d’ores et déjà un certain nombre de répercussions sur la pêche, et il en aura de plus en plus. En 2019, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoyait une hausse de la température de surface de la mer d’ici à 2050, par rapport aux moyennes de la période 1986-2005, comprise entre 0.33 °C dans ce qui était alors considéré comme le scénario d’évolution de la concentration atmosphérique de GES le plus optimiste, et 1.29 °C dans le scénario le plus pessimiste (Encadré 4.1). Il prévoyait également que ce réchauffement irait de pair avec des modifications graduelles des courants océaniques et une progression de l’acidification (c’est-à-dire une baisse du pH de l’océan), qui changeraient les zones d’habitat des poissons, leur taille, leur croissance et leur taux de survie, autrement dit la productivité des stocks (IPCC, 2019[1]). Il faut y ajouter que le changement climatique se traduit par des événements météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, en particulier des vagues de chaleur marines, qui ont des répercussions plus immédiates sur le revenu des pêcheurs et les risques qu’ils prennent dans le cadre de leurs activités, et qui posent des difficultés particulières aux gestionnaires des pêches.
En 2023 et 2024, les températures de surface de la mer relevées dans le monde ont été les plus élevées jamais enregistrées (Graphique 4.1) d’après les données du Service Copernicus concernant le changement climatique de l’Union européenne (Copernicus, 2025[2]), et l’année 2023 a été qualifiée de sans précédent et d’extraordinaire par l’Organisation météorologique mondiale (WMO, 2023[3]).
Graphique 4.1. Température moyenne de la mer en surface entre 1970 et janvier 2025
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Note : Température journalière moyenne de la mer en surface entre le 60e parallèle nord (latitude d’Oslo) et le 60e parallèle sud (limite du continent Antarctique).
Source : Généré à l’aide du Service Copernicus concernant le changement climatique (C3S), avec le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) (2025[2]).
Encadré 4.1. Les scénarios de modification du climat du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
Copier le lien de Encadré 4.1. Les scénarios de modification du climat du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climatDans son dernier rapport complet, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) emploie deux principaux profils d’évolution des concentrations de gaz à effet de serre (ou Representative Concentration Pathways, RCP) : le RCP 2.6 et le RCP 8.5. Ces profils représentent des trajectoires d’évolution des émissions qui entraîneraient une variation donnée du potentiel de réchauffement de l’atmosphère.
Dans le rapport du GIEC sur les océans de 2019, le RCP 2.6 constitue le scénario le plus optimiste (plus faible niveau d’émissions). S’il se vérifie, il y a deux chances sur trois pour que le réchauffement mondial soit inférieur à 2 °C en 2100 (Tableau 4.1), mais cela suppose que la neutralité carbone soit atteinte autour de 2050 et que les émissions nettes deviennent négatives d’ici à 2100. À l’inverse, le RCP 8.5 constitue le scénario le plus pessimiste modélisé par le GIEC (plus haut niveau d’émissions). Il table sur une augmentation soutenue et continue des émissions du fait de l’absence de politiques significatives de lutte contre le changement climatique (IPCC, 2019[1]). Le rapport du GIEC présente également deux profils d’évolution des émissions intermédiaires, le RCP 4.5 et le RCP 6.0.
Tableau 4.1. Augmentation projetée de la température moyenne mondiale de la mer en surface par rapport à la période 1850-1900
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Scénario |
À échéance rapprochée (2031-50) |
Fin du siècle (2081-2100) |
||
|---|---|---|---|---|
|
Moyenne (°C) |
Fourchette probable (°C) |
Moyenne (°C) |
Fourchette probable (°C) |
|
|
RCP 2.6 |
0.64 |
0.33-0.96 |
0.73 |
0.2-1.27 |
|
RCP 8.5 |
0.95 |
0.6-1.29 |
2.58 |
1.64-3.51 |
Source : GIEC (2019[1]).
Les sections suivantes exposent les répercussions du changement climatique sur la pêche. Elles examinent tout d’abord les deux principaux effets exercés de façon progressive sur la pêche, à savoir la modification de l’abondance des stocks halieutiques et celle des zones où ils se trouvent. Il est ensuite question des vagues de chaleur marines, la manifestation du changement climatique qui a eu l’impact le plus sensible sur la pêche commerciale jusqu’à présent, et enfin de l’acidification de l’océan, qui fait partie des aspects les moins bien documentés.
4.2.1. L’abondance moyenne des stocks halieutiques diminuera au niveau mondial
À l’avenir, l’abondance des stocks halieutiques et le potentiel de pêche durable devraient diminuer dans quasiment toutes les zones de pêche du fait des évolutions provoquées par le changement climatique, à commencer par le réchauffement de l’océan et son acidification (Hilmi et al., 2015[4] ; IPCC, 2019[1]). Seules feront exception certaines régions des latitudes élevées, où les poissons exploités commercialement pourraient devenir plus abondants (Lotze et al., 2019[5] ; Blanchard et al., 2012[6]). Ces prévisions découlent notamment des modélisations de Cheung et al. (2010[7]), selon lesquelles l’abondance pourrait diminuer d’environ 40 % dans les régions tropicales et progresser de 30 % à 70 % sous les latitudes plus élevées. D’après les estimations du GIEC, ces évolutions pourraient entraîner d’ici à la fin du siècle une baisse des captures des pêches mondiales comprise entre 3.4 % dans le scénario d’évolution des émissions le plus optimiste et 24.1 % dans le scénario le plus pessimiste.
La composition des captures devrait également changer, avec moins d’espèces d’eaux froides et plus d’espèces d’eaux chaudes, et on s’attend à ce que ces évolutions soient davantage marquées sous les latitudes élevées (IPCC, 2019[1]). La somme des disparitions et apparitions locales d’espèces, c’est-à-dire la rotation des espèces, illustre le rythme auquel la composition spécifique d’un écosystème change. Une forte rotation signifie que les écosystèmes changent rapidement, ce qui peut entraîner une baisse des captures de certaines espèces et l’arrêt de leur pêche, et une augmentation des captures d’autres espèces et le lancement de nouvelles pêches les ciblant. La tâche des gestionnaires des pêches s’en trouve compliquée et une gestion adaptative s’impose alors. Dans son scénario d’évolution des émissions le plus pessimiste, le GIEC prévoit que la rotation des espèces augmente de jusqu’à 39 % dans les eaux tropicales, et de 48 % aux latitudes plus élevées entre 2019 et 2100.
La localisation dans le temps, l’ampleur et l’emplacement des possibles modifications futures de la production halieutique restent difficiles de prévoir. Tous les modèles de prévision sont caractérisés par un degré élevé d’incertitude, et les effets potentiels du changement climatique sur la pêche font l’objet de multiples prévisions parfois contradictoires. Par exemple, dans le cadre du scénario qui table sur le plus faible réchauffement, le RCP 2.6, les différents modèles donnent des résultats divergents concernant l’évolution des captures dans des régions importantes pour les pêches de l’OCDE, comme la Méditerranée, l’Atlantique Nord-Ouest et l’océan Austral, certains les voyant augmenter et d’autres, diminuer2. Dans le scénario qui table sur le plus fort réchauffement, le sens de l’évolution des captures est moins ambigu, même si, dans le cas de la Méditerranée et des eaux entourant la Nouvelle‑Zélande, il subsiste des doutes sur la question de savoir si les captures sont susceptibles d’augmenter ou de diminuer à mesure que la mer se réchauffe. En outre, il reste difficile de distinguer les effets découlant des changements environnementaux de ceux imputables aux pressions exercées par la pêche sur les stocks (IPCC, 2019[1]).
Enfin, si les modélisations à l’échelle mondiale peuvent donner une vue d’ensemble des évolutions, il faut aussi des informations locales pour étayer les décisions de gestion qui concernent des pêches particulières. Or ces informations sur l’évolution des conditions climatiques locales et son effet sur la pêche font encore défaut pour beaucoup de stocks et de zones halieutiques, et de nouvelles études sont nécessaires pour affiner notre connaissance des liens entre le climat, les écosystèmes et la pêche.
4.2.2. Les stocks halieutiques se déplaceront
Certains stocks halieutiques sont déjà en train de se déplacer sous l’influence du changement climatique. Néanmoins, en 2023, la plupart de ces modifications des aires de distribution3 restaient modestes et se manifestaient lentement. Par exemple, Poloczanksa et al. (2013[8]) ont constaté que les espèces marines dont l’aire de distribution avait changé entre 1950 et 2009 avaient vu celle-ci soit s’étendre de 72 km en moyenne par décennie, soit se contracter de 15 km en moyenne par décennie.
Seul un petit nombre de modifications de grande ampleur des aires de distribution ont été observées pour l’instant, car les températures n’ont pas encore augmenté au point de susciter de telles évolutions, mais aussi en raison du manque de données sur les modifications imputables au climat (Fiechter et al., 2021[9] ; Chang et al., 2021[10] ; Palacios‐Abrantes et al., 2022[11] ; IPCC, 2019[1]). Parmi les exemples de modification relativement significative de l’aire de distribution sous l’influence du climat, on peut néanmoins citer le cas des calmar veiné et calmar commun4, qui ont étendu la leur en mer du Nord d’environ 500 km2 depuis 35 ans, en raison notamment des températures plus élevées des eaux en hiver (Kooij, Engelhard et Righton, 2016[12])5.
Les mécanismes permettant de suivre l’effet des changements de température de l’eau sur l’emplacement des poissons sont incomplets et inégalement répartis au niveau mondial. Des initiatives régionales sont toutefois en cours de développement. C’est le cas du projet Distribution Mapping and Analysis Portal (DisMAP), mené en collaboration par l’Agence nationale d’observation océanique et atmosphérique des États‑Unis (NOAA), l’Université Rutgers et Pêches et Océans Canada, qui vise à suivre les évolutions au long cours, sur plusieurs décennies, de l’aire de distribution des espèces et des profondeurs auxquelles elles sont présentes6.
Les aires de distribution des espèces marines concernées devraient continuer de bouger à raison de plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres par décennie, et ce d’autant plus vite que le scénario d’évolution des émissions de GES sera défavorable (Jones et Cheung, 2014[13] ; IPCC, 2019[1]). En outre, d’ici à 2030, 23 % des stocks transfrontières devraient se déplacer et 75 % des zones économiques exclusives de la planète devraient en être affectées (Palacios‐Abrantes et al., 2022[11]). Cela pourrait nuire à la durabilité des pêches en réduisant l’efficacité des mesures de gestion existantes et rendre nécessaires de nouveaux accords de gestion conjointe.
La modification des aires de distribution des espèces sous l’effet du changement climatique a déjà entraîné d’importantes modifications des dispositifs régionaux et internationaux de gestion qui concernent les pêches des pays membres de l’OCDE. Comme le déplacement d’espèces commerciales pour cause de réchauffement des eaux est appelé à se poursuivre, les gestionnaires des pêches devront s’assurer qu’il existe des mécanismes pour faire face aux changements à venir, sachant qu’un défaut d’adaptation des dispositifs de coopération pourrait favoriser la surpêche et avoir des effets dommageables sur les communautés de pêcheurs (voir le chapitre 5 pour plus de précisions).
4.2.3. Les vagues de chaleur marines pèseront de plus en plus sur la pêche
Les vagues de chaleur marines sont des épisodes éphémères de réchauffement inhabituel de la mer qui sont causés le plus souvent par le changement climatique7. Frölicher, Fischer et Gruber (2018[14]) estiment ainsi que 87 % des vagues de chaleur sont aujourd’hui attribuables à la modification du climat due aux activités humaines. Observées depuis une vingtaine d’années dans la plupart des régions océaniques (Graphique 4.2), ces canicules devraient devenir plus fréquentes et durer plus longtemps. Selon les estimations présentées dans certaines études, le nombre de jours de vague de chaleur marine enregistrés chaque année a doublé entre 1982 et 2016, et aussi bien la fréquence que la durée de ces phénomènes ont augmenté (Oliver et al., 2018[15] ; Frölicher, Fischer et Gruber, 2018[14]). Les prévisions du GIEC tablent sur une poursuite de cette tendance, si bien que le nombre annuel de jours de vague de chaleur marine dans le monde devrait être 4 à 12 fois plus élevé en 2100 qu’aujourd’hui. Les plus fortes hausses devraient concerner les eaux arctiques et tropicales (IPCC, 2019[1]).
Graphique 4.2. Principales vagues de chaleur marines observées entre 2000 et 2021
Copier le lien de Graphique 4.2. Principales vagues de chaleur marines observées entre 2000 et 2021Benguela 2001 : Benguéla 2001 ; Mediterranean 2003 Méditerranée 2003 ; Western Australia 2011 : Australie‑Occidentale 2011 ; Gulf of Alaska and Bering Sea 2016 : Golfe d’Alaska et mer de Béring 2016 ; Northeast pacific 2015 : Pacifique nord-est 2015 ; East China Sea 2016 : Mer de Chine orientale 2016 ; Northern Australia 2016 Australie du Nord 2016 : Tasman Sea 2017 Mer de Tasman 2017 ; Peru 2017 : Péru 2017 ; Northwest Atlantic 2012 : Atlantique nord-ouest 2012 ; Western South Atlantic 2014 : Atlantique sud-ouest 2014.
Source : Union européenne, Service marin de Copernicus (2023[16]), d’après Oliver et al. (2021[17]), Marine Heatwaves.
Les vagues de chaleur marines provoquent déjà des modifications des écosystèmes et ont d’autres répercussions dommageables qui, en quelques jours ou en quelques semaines, peuvent avoir des conséquences significatives et durables pour le bien-être des pêcheurs et des communautés qui dépendent de la pêche. Il a été démontré que, ces dernières années, des aires de distribution d’espèces avaient été déplacées, des habitats avaient été détruits et des stocks commerciaux s’étaient effondrés sous l’effet de vagues de chaleur marines d’envergure (Smith et al., 2021[18] ; Sen Gupta et al., 2020[19] ; Oliver et al., 2021[17]). De lourdes dépenses publiques ont été engagées pour venir en aide aux acteurs touchés (Holbrook et al., 2020[20] ; Oliver et al., 2021[17]).
Parmi les exemples qui illustrent les pertes économiques imputables aux vagues de chaleur marines, on peut citer la fermeture pour 18 mois de la pêche à l’étrille bleue au large des côtes occidentales de l’Australie à la suite d’une canicule en 2011, qui a causé un préjudice estimé à 3 millions USD (Smith et al., 2021[18]), ou encore la vague de chaleur qui a frappé la côte ouest de l’Amérique du Nord au cours de la période 2014-16, qui a entraîné le déblocage de 141 millions USD d’aides publiques au profit des pêcheurs ayant subi un préjudice (Free et al., 2023[21]). Le deuxième de ces exemples a été largement étudié et illustre l’étendue des répercussions que peuvent avoir les vagues de chaleur marines sur la pêche (Encadré 4.2).
À court et moyen termes, les vagues de chaleur marines devraient être parmi les principales responsables des répercussions du changement climatique sur la pêche. Le GIEC (2019[1]) observe ainsi qu’elles auront un plus fort impact sur la pêche que la lente augmentation de la température moyenne de la mer au cours des 10 à 30 prochaines années. Comme elles peuvent apparaître rapidement et être difficiles à anticiper, elles posent des difficultés particulières aux gestionnaires des pêches et peuvent appeler des mesures spécifiques, d’où l’importance de les traiter dans le cadre des stratégies d’adaptation au changement climatique du secteur de la pêche.
Encadré 4.2. Le « blob », la vague de chaleur marine de 2015 dans le nord-est de l’océan Pacifique
Copier le lien de Encadré 4.2. Le « blob », la vague de chaleur marine de 2015 dans le nord-est de l’océan PacifiqueLe « blob » est le nom donné à une vague de chaleur qui s’est développée au large du littoral nord‑américain avant de gagner les eaux côtières allant du Mexique à l’Alaska entre 2014 et 2016. Il a culminé en 2015/16 et provoqué l’extension de l’aire de distribution de certaines espèces, mais aussi la destruction de l’habitat et l’effondrement des stocks d’autres espèces. Le blob a notamment eu les conséquences suivantes pour le secteur de la pêche :
L’aire de distribution du calmar a progressé et son abondance a quintuplé le long du littoral occidental des États-Unis, et ces effets ont persisté après la fin de la vague de chaleur. En conséquence, un nouveau dispositif de gestion du calmar a été mis en place en Oregon, où l’abondance de l’espèce a été quasiment multipliée par 40 à la suite de la vague de chaleur (Chasco et al., 2022[22]).
L’abondance du saumon dans le golfe d’Alaska a diminué pour cause de baisse du recrutement et de hausse de la mortalité, ce qui a conduit les pouvoirs publics à verser 56.3 millions USD aux pêcheurs commerciaux au titre des calamités naturelles (Free et al., 2023[21] ; NOAA Fisheries, 2023[23]).
Des forêts de varech ont disparu, avec pour conséquence une baisse des captures d’oursins rouges géants et d’ormeaux, deux espèces qui n’ont pas encore pleinement récupéré. La seule pêche de loisir aux ormeaux représentait une valeur estimée entre 24 et 44 millions USD par an environ pour l’économie locale en Californie et dans l’Oregon. Elle ne s’est pas relevée et restait fermée en 2023 (Free et al., 2023[21] ; NOAA Fisheries, 2023[23]).
La pêche au crabe a été fermée pendant six mois en Californie, et les captures ont diminué de 50 % la saison suivante en raison de floraisons algales. Les pouvoirs publics ont versé 28.5 millions USD aux pêcheurs pour compenser le manque à gagner (Free et al., 2023[21] ; NOAA Fisheries, 2023[23]).
Le stock de cabillaud d’Alaska s’est effondré du fait de la hausse de la mortalité chez les individus adultes et de la raréfaction des proies disponibles. Alors qu’elle affichait des captures d’environ 70 000 tonnes par an avant la vague de chaleur, cette pêche a été entièrement fermée en 2020 à la suite de la diminution de l’abondance et de la chute des captures. Elle a rouvert depuis, mais les prises restent inférieures de plus de deux tiers à leur niveau d’avant la vague de chaleur. Les autorités des États-Unis ont consacré 17.8 millions USD à la compensation des entreprises pêchant le cabillaud (Alaska Department of Fish and Game, 2023[24] ; 2023[25] ; Free et al., 2023[21] ; Hulson et al., 2022[26]).
4.2.4. L’acidification de l’océan
En plus de se réchauffer, les mers connaissent une acidification croissante du fait qu’elles absorbent le CO2 de l’atmosphère (OECD, 2021[27]), avec des conséquences potentiellement négatives pour la pêche. Cette acidification va se poursuivre à l’avenir (Tableau 4.2). Elle sera plus ou moins rapide en fonction des courants océaniques et de la géographie locale, de sorte que ses effets seront variables selon les régions. D’après Hilmi et al. (2015[4]), l’acidité accrue des océans nuira à la capacité de certaines espèces de plancton et de mollusques à constituer leur coquille et d’autres structures, en particulier aux stades juvéniles. Cela aura des conséquences pour les poissons, qui disposeront de moins de plancton pour s’alimenter. L’ampleur de ces répercussions reste toutefois entourée d’une certaine incertitude, dans la mesure où il est difficile de prévoir comment les organismes et les réseaux trophiques peuvent s’adapter à d’éventuels changements. La croissance et la survie des poissons seront sans doute aussi influencées directement par l’évolution de la composition chimique de l’eau. Enfin, les effets délétères de l’acidification sont également aggravés par d’autres facteurs de perturbation, comme l’augmentation de la température de l’eau sous l’influence du changement climatique. Les retombées globales de l’acidification sur la pêche restent incertaines et dépendent à la fois de la capacité d’adaptation des espèces à la modification du pH et du rôle des espèces touchées dans la chaîne trophique. Des études supplémentaires sont nécessaires pour en acquérir une meilleure compréhension (Hilmi et al., 2015[4]).
Tableau 4.2. Variation projetée du pH moyen mondial de la mer en surface par rapport à la période 1850-1900
Copier le lien de Tableau 4.2. Variation projetée du pH moyen mondial de la mer en surface par rapport à la période 1850-1900|
À échéance rapprochée (2031-50) |
Fin du siècle (2081-2100) |
|||
|---|---|---|---|---|
|
Scénario |
Moyenne (unités) |
Fourchette probable (unités) |
Moyenne (unités) |
Fourchette probable (unités) |
|
RCP 2.6 |
-0.072 |
-0.072 à -0.072 |
-0.065 |
-0.065 à -0.066 |
|
RCP 8.5 |
-0.108 |
-0.106 à -0.110 |
-0.315 |
-0.313 à -0.317 |
Source : GIEC (2019[1]).
4.3. Émissions de gaz à effet de serre de la production halieutique
Copier le lien de 4.3. Émissions de gaz à effet de serre de la production halieutique4.3.1. Les produits halieutiques sont une source d’aliments relativement peu émettrice de gaz à effet de serre
En règle générale, les produits issus de la pêche ou de l’aquaculture se caractérisent par une plus faible intensité d’émission de GES en phase de production que d’autres produits animaux, que l’on mesure cette intensité en fonction du poids vif ou de la teneur en protéines (Graphique 4.3). Même si l’intensité d’émission des pêches de capture a globalement augmenté ces dernières décennies (dans des proportions précisées ci-après), la production halieutique (pêche et aquaculture) rejette en moyenne moins de GES que la production de la plupart des autres sources de protéines animales (IPCC, 2023[28])8.
En termes nutritionnels, les protéines d’origine végétale se signalent par des intensités d’émission (mesurées en kg éq. CO2 par kg de protéines) moindres que la quasi-totalité des protéines d’origine animale, sauf celles des produits halieutiques les moins émetteurs de carbone, comme les petits pélagiques, qui font jeu égal avec elles de ce point de vue. En plus de leur apport protéique, les produits halieutiques sont une source de vitamines, de minéraux et d’acides gras essentiels. Certaines études récentes, comme celle de Hallström (2019[29]), comparent leurs émissions en fonction d’une note nutritionnelle globale9. Le résultat est une baisse de l’intensité d’émission relative de certaines espèces très nutritives, comme les petits pélagiques et les huîtres, et une hausse de celle de certains poissons à très forte teneur en sel. Enfin, si on rapporte les émissions à la valeur des débarquements plutôt qu’au poids (en calculant l’intensité en kg éq. CO2/USD, par exemple), les crustacés affichent le plus souvent une intensité d’émission moindre que les productions animales terrestres (Parker et Tyedmers, 2014[30] ; Parker et al., 2015[31]).
Graphique 4.3. Intensité d’émission de gaz à effet de serre de la production de protéines
Copier le lien de Graphique 4.3. Intensité d’émission de gaz à effet de serre de la production de protéines
Traduction des produits et légendes :
Beef (beef cattle) : Viande bovine (bovins à viande) ; Lamb and Mutton : Viande ovine ; Crustaceans (farmed) : Crustacés (élevage) ; Beef (dairy cattle) : Viande bovine (bovins laitiers) ; Cheese : Fromage ; Crustaceans (capture) : Crustacés (pêche) ; Milk : Lait ; Pig meat : Viande porcine ; Poultry Meat : Viande de volaille ; Fish (farmed) : Poisson (élevage) ; Eggs : Œufs ; Soymilk : Lait de soja ; Grainsa : Céréalesa ; Fish (capture) : Poisson (pêche) ; Tofu : Tofu ; Groundnuts : Arachides ; Pulses excl. Peas : Légumineuses sauf petits pois ; Peas : Petits pois ; Nutsb : Fruits à coqueb ; GHG emissions intensity (kgCO2 -eq per 100g of protein) : Intensités d’émission de GES (en kg éq. CO2 pour 100 g de protéines) ; 94kgCO2 -eq (90th percentile) : 94 kg éq. CO2 (90e centile); 10th percentile : 10e centile ; Mean : Moyenne ; 90th percentile : 90e centile ; CH4 share (%) : dont CH4 (en %)
Note : Fourchettes des intensités d’émission de gaz à effet de serre [en kg éq. CO2 pour 100 g de protéines, entre les 10e et 90e centiles] pour les aliments riches en protéines, quantifiées au moyen d’une méta-analyse des études appliquant l’analyse du cycle de vie attributionnelle avec affectation économique. Agrégation des émissions de CO2, CH4 et N2O dans Poore et Nemecek (2018[32]), actualisée en fonction des valeurs du potentiel de réchauffement global sur 100 ans du sixième cycle d’évaluation (AR6). Données pour les poissons, les crustacés et les céphalopodes pêchés extraites de Parker et al. (2018[33]), données en aval des exploitations tirées de Poore et Nemecek (2018[32]), où la fourchette représente les différences entre les groupes d’espèces. Les émissions de CH4 comprennent uniquement les émissions produites par la gestion des effluents d’élevage, la fermentation entérique et la riziculture inondée.
a. Les céréales ne sont généralement pas classées parmi les aliments riches en protéines, mais elles fournissent environ 41 % de l’apport mondial en protéines. Ici, les céréales sont une moyenne pondérée du blé, du maïs, de l’avoine et du riz selon l’apport mondial en protéines.
b. La conversion de cultures annuelles en cultures pérennes peut entraîner le piégeage de carbone dans la biomasse ligneuse et le sol, représenté par une intensité d’émission négative.
GES = gaz à effet de serre.
Source : GIEC (2023[28]).
Toutefois, les indicateurs de l’intensité d’émission de GES et les évaluations des émissions de carbone au cours du cycle de vie des aliments sont largement influencés par les choix méthodologiques, de sorte qu’une harmonisation entre les produits comparés est nécessaire. Par exemple, la comparaison harmonisée du poisson et du poulet proposée par Gephart et al. (2021[34]) confirment que beaucoup d’espèces aquacoles nécessitant un apport de nourriture affichent des émissions de GES plus faibles que le poulet, qui est pourtant la plus sobre en carbone des principales productions animales terrestres. Les auteurs constatent que la pêche de capture se caractérise par des intensités d’émission de GES très variables. En l’occurrence, cette intensité peut être inférieure à celle de la production de poulet pour certaines espèces, mais supérieure pour d’autres, notamment les poissons plats démersaux et les crustacés, en raison des méthodes de pêche qui peuvent entraîner une importante consommation de carburant et donc des émissions relativement élevées (à savoir le chalutage de fond et la pêche au casier ou à la nasse).
Toutes ces constatations laissent à penser que la réflexion sur les systèmes alimentaires bas carbone devrait intégrer aussi bien la pêche de capture que l’aquaculture, dans la mesure où les stratégies des consommateurs, des acteurs du secteur alimentaire ou des gouvernements pourraient aussi passer par un rééquilibrage des productions entre différentes filières alimentaires.
4.3.2. Les émissions ont augmenté
Dans l’ensemble, l’intensité d’émission de la pêche de capture a progressé au cours des dernières décennies. Parker et al. (2018[33]) estiment que les émissions de la pêche mondiale se sont accrues de 1.2 % par an entre 1990 et 2011, alors que les captures sont restées stables.
Cette hausse des émissions s’explique par l’évolution de la nature des activités de pêche. En particulier :
les captures de la pêche aux crustacés, plus consommatrice de carburant, ont augmenté
la consommation de carburant par kilogramme (kg) de captures débarquées de grands pélagiques, principalement le thon, a progressé10
la consommation de carburant par kg de captures débarquées du chalutage de fond a augmenté (Parker et al., 2018[33])11
la flotte mondiale est de plus en plus motorisée (Greer et al., 2019[35]).
Malgré l’accroissement global des émissions du secteur, certaines pêches ont vu leur intensité d’émission et leurs émissions totales reculer sensiblement depuis 1990. Cela tient en grande partie à la baisse de la consommation de carburant rendue possible par les avancées technologiques et par l’amélioration de l’état de santé des stocks, qui illustre qu’une gestion durable peut aussi favoriser une diminution de l’intensité d’émission. Les pêcheurs ont donc pu maintenir les niveaux de capture en réduisant l’effort de pêche et, partant, les émissions de GES (Parker et Tyedmers, 2014[30]).
4.3.3. La consommation de carburant durant la pêche constitue la principale source d’émissions
La consommation de carburant au cours des activités de pêche constitue la principale cause des émissions de la pêche de capture. On estime qu’elle représente entre 60 % et 90 % des émissions jusqu’au point de débarquement (Parker et al., 2018[33] ; Tyedmers, 2004[36] ; FAO, 2015[37])12. En outre, selon plusieurs études, entre 75 % et 95 % des émissions totales de GES jusqu’au point de vente de détail sont imputables aux activités de pêche, la part restante étant le fait du transport, de la transformation et de l’entreposage (Ziegler et al., 2016[38]). Par ailleurs, le carburant représente généralement entre 5 % et 45 % des coûts d’exploitation et constitue donc un important poste de dépenses pour beaucoup de pêcheurs (STECF, 2022[39] ; Parker et al., 2015[31] ; Greer et al., 2019[35]).
Plusieurs facteurs influencent l’intensité de consommation de carburant exprimée en litres par kilogramme de captures. Les plus importants sont le type de navire et d’engins utilisés, ainsi que les caractéristiques des espèces cibles, dont certaines ont une plus forte « probabilité de capture » que d’autres, en fonction de l’abondance des stocks et du système de gestion. Par conséquent, l’intensité d’émission est très variable selon les pêches. En étant conscients de ces différences et de la façon dont les politiques publiques peuvent les influencer, les gestionnaires des pêches sont mieux à même de privilégier les mesures et les efforts de gestion permettant d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de GES.
Le chalutage de fond et la pêche au casier ou à la nasse sont parmi les méthodes de pêche les plus émettrices de GES (en émissions par kg de captures). Le constat est différent si on mesure l’intensité d’émission par rapport à la valeur des captures plutôt que par rapport à leur poids. Néanmoins, même à l’aune de cet indicateur, les poissons plats pêchés par les chalutiers et les crustacés pêchés par les caseyeurs et les chalutiers, qui ont une valeur plus élevée, se caractérisent par une plus forte intensité d’émission, bien que l’écart soit moindre (Parker et Tyedmers, 2014[30]). Dans le cas du chalutage, l’intensité d’émission tient à la résistance rencontrée par les chaluts dans l’eau. Dans celui de la pêche au casier ou à la nasse, elle tient aux distances parcourues entre les casiers ou nasses à crustacés, qui sont longues au regard du poids relativement faible des captures (Bastardie et al., 2022[40]). Ces types d’engins sont en outre à l’origine d’une part importante des émissions mondiales de la pêche (Parker et Tyedmers, 2014[30]). Ainsi, on estime que les activités de pêche aux crustacés des chalutiers et des caseyeurs représentent environ 6 % des captures mondiales, mais 22 % des émissions (Parker et al., 2018[33]). À l’inverse, la pêche à la senne coulissante, la pêche au filet maillant et le chalutage pélagique se caractérisent par des intensités d’émission bien moindres. À titre de comparaison, la pêche à la senne coulissante et le chalutage ciblant les petits pélagiques représentent environ 20 % des captures mondiales, mais seulement 2 % des émissions.
4.3.4. Les variations d’intensité d’émission peuvent s’expliquer en partie par le contexte despêcheries
On constate localement d’importantes variations de l’intensité d’émission de différents types d’engins, y compris entre des pêcheries qui utilisent les mêmes engins et à l’intérieur de chacune. Ces variations peuvent être imputables à différents facteurs, dont les caractéristiques des espèces, les pratiques de pêche ou les mesures de gestion qui influent sur ces pratiques (Tableau 4.3) (Ziegler et Hornborg, 2014[41] ; Waldo et Paulrud, 2016[42] ; Driscoll et Tyedmers, 2010[43] ; CEFAS, 2022[44] ; Parker et al., 2015[31] ; Bastardie et al., 2022[40]). Deux pêcheurs peuvent ainsi afficher une intensité d’émission de la production qui varie du simple au double, alors qu’ils utilisent les mêmes engins et ciblent les mêmes espèces (Tableau 4.4)13. Lorsque les écarts s’expliquent par des facteurs sur lesquels les mesures de gestion ont prise, comme l’abondance des stocks, le type de navire ou la façon de pêcher, les gestionnaires ont la possibilité de faire baisser les émissions.
Tableau 4.3. Facteurs influant sur les différences de niveau d’émission entre des pêches similaires
Copier le lien de Tableau 4.3. Facteurs influant sur les différences de niveau d’émission entre des pêches similaires|
Facteurs |
Exemples |
|---|---|
|
Caractéristiques des espèces |
L’abondance et la probabilité de capture peuvent influencer le rendement des activités de pêche et leur intensité d’émission. |
|
Pratiques de pêche |
Le choix du navire et des engins de pêche et l’éloignement de la zone de pêche sont autant de facteurs qui influencent l’intensité d’émission. |
|
Mesures de gestion |
Les mesures de gestion peuvent faire baisser le rendement, par exemple en encadrant la taille des navires ou les jours de pêche. À l’inverse, elles peuvent le faire progresser en améliorant l’allocation des ressources halieutiques, par exemple au travers de totaux admissibles de capture, et en réduisant ainsi la concurrence inefficiente entre pêcheurs pour l’accès aux ressources. |
Source : Ziegler et Hornborg (2014[41]) ; Waldo et Paulrud (2016[42]) ; Driscoll et Tyedmers (2010[43]) ; CEFAS (2022[44]) ; Parker et al. (2015[31]) ; Bastardie et al. (2022[40]).
Tableau 4.4. Variation de l’intensité de consommation de carburant dans le cadre de différentes pêches
Copier le lien de Tableau 4.4. Variation de l’intensité de consommation de carburant dans le cadre de différentes pêchesEn litres par tonne de captures
|
Pêche |
Intensité minimale |
Intensité moyenne |
Intensité maximale |
|---|---|---|---|
|
Pêche aux crustacés avec chaluts de fond en Océanie |
1 165 |
4 125 |
10 886 |
|
Pêche aux crustacés avec chaluts de fond en Europe |
377 |
3 083 |
17 300 |
|
Pêche aux crustacés avec casiers et nasses en Océanie |
846 |
3 803 |
9 474 |
|
Pêche aux crustacés avec casiers et nasses en Europe |
334 |
834 |
2 156 |
|
Pêche aux poissons plats avec chaluts de fond en Europe |
631 |
2 851 |
4 062 |
|
Pêche aux poissons plats avec chaluts de fond en Amérique du Nord |
957 |
1 084 |
1 338 |
|
Pêche aux poissons avec filets tournants en Europe |
104 |
466 |
659 |
|
Pêche aux poissons avec filets tournants en Océanie |
62 |
346 |
497 |
|
Pêche aux petits pélagiques avec filets tournants en Amérique du Nord |
20 |
42 |
160 |
|
Pêche aux petits pélagiques avec filets tournants en Europe |
8 |
84 |
506 |
|
Pêche aux petits pélagiques avec filets tournants en Océanie |
29 |
89 |
217 |
|
Pêche aux grands pélagiques avec ligne et hameçon en Océanie |
937 |
1 676 |
3 300 |
|
Pêche aux grands pélagiques avec ligne et hameçon en Europe |
570 |
1 745 |
3 478 |
|
Pêche aux grands pélagiques avec ligne et hameçon en Amérique du Nord |
385 |
1 495 |
2 678 |
Source : Parker et Tyedmers (2014[30]).
En plus des GES émis par la consommation de carburant, le chalutage de fond provoque le rejet de CO2 contenu dans les sédiments des fonds marins (Sala et al., 2021[45]). Certains auteurs ont estimé que ces rejets étaient d’une ampleur comparable à celle de l’ensemble des autres émissions de la pêche, mais il est impossible de trancher cette question en l’absence de données et d’études supplémentaires. De fait, la question du volume de ces rejets et de la proportion qui aboutit dans l’atmosphère reste controversée en raison des incertitudes entourant les hypothèses théoriques qui sous-tendent les estimations (Hiddink et al., 2023[46] ; Atwood et al., 2023[47]). Epstein et al. (2022[48]) ont comparé différentes études portant sur le carbone rejeté à partir des sédiments sous l’effet du chalutage : certaines font état d’une hausse de ces rejets, d’autres d’une baisse, d’autres encore indiquent qu’ils sont restés inchangés, les résultats variant en fonction des lieux étudiés et des méthodes employées.
4.4. Réflexions complémentaires
Copier le lien de 4.4. Réflexions complémentairesLes répercussions présentes et futures du changement climatique sur les pêches mondiales sont aujourd’hui largement documentées. Cela étant, il y a souvent un décalage entre l’échelle des prévisions (une région ou la planète entière, par exemple) et celle à laquelle les répercussions se font ressentir (des pêches ou des pêcheurs particuliers, par exemple). Par conséquent, pour les responsables de l’action publique, il est difficile de savoir à quels défis les différentes pêches qui composent le secteur seront confrontées, et donc de préparer l’avenir. Sous l’influence du changement climatique, les pressions exercées sur les systèmes de gestion des pêches sont appelées à s’amplifier à court et à long termes. C’est pourquoi il importe de veiller à ce que ces systèmes soient capables de s’adapter aux défis proches et plus éloignés dans le temps, et d’accompagner le secteur dans ses efforts de réduction des émissions.
Enfin, pour renforcer la contribution de la pêche et de l’aquaculture à l’évolution vers des systèmes alimentaires durables, résilients et bas carbone, il faut investir davantage. En l’occurrence, il importe d’investir pour acquérir une meilleure compréhension des conséquences du changement climatique pour les principales pêches et les systèmes de production aquacole, ainsi que de l’efficacité carbone relative des différents systèmes de production halieutique, afin de clarifier le rôle potentiel de chacun dans les stratégies d’atténuation.
Références
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[38] Ziegler, F. et al. (2016), « Expanding the concept of sustainable seafood using life cycle assessment », Fish and Fisheries, vol. 17/4, pp. 1073-1093, https://doi.org/10.1111/faf.12159.
Notes
Copier le lien de Notes← 1. L’OCDE remercie tous les experts qui ont participé à l’atelier et transmis des commentaires au sujet des notes de synthèse sur lesquelles s’appuie ce chapitre.
← 2. Comme les produits halieutiques consommés dans la zone OCDE sont en grande partie importés, on notera que d’autres mers revêtent également une grande importance du point de vue de la consommation et des échanges.
← 3. Il s’agit des modifications des limites des secteurs géographiques dans lesquels une espèce est présente durant tout ou partie des étapes de développement, événements et/ou saisons qui la caractérisent, par rapport aux limites connues précédemment.
← 4. Loligo forbesii et Alloteuthis subulata.
← 5. Cette extension a coïncidé avec une augmentation des taux de capture et des débarquements totaux. Il est toutefois difficile de distinguer les effets de l’abondance accrue de ceux de l’évolution de l’effort de pêche (Kooij, Engelhard et Righton, 2016[12]).
← 6. Les données disponibles via DisMAP montrent que l’aire de distribution de la plupart des espèces varie au fil du temps et que, pour beaucoup d’entre elles, elle se déplace lentement sur le long terme. À l’heure actuelle, la plupart des déplacements observés à l’aide de DisMAP sont relativement modestes (NOAA Fisheries, 2023[23]).
← 7. Une vague de chaleur marine est généralement définie comme une période durant laquelle la température quotidienne de surface de la mer est localement supérieure au 99e centile des valeurs relevées entre 1982 et 2016, ou supérieure au 90e centile de ces valeurs pendant au moins 5 jours (IPCC, 2019[1]).
← 8. Par exemple, la comparaison harmonisée du poisson et du poulet proposée par Gephart et al. (2021[34]) confirment que beaucoup d’espèces aquacoles nécessitant un apport de nourriture affichent des émissions de GES plus faibles que le poulet, qui est pourtant la plus sobre en carbone des principales productions animales terrestres. Les auteurs constatent que la pêche de capture se caractérise par des intensités d’émission de GES très variables (supérieures à celle de la production de poulet pour certaines espèces, et inférieures pour d’autres ; voir Graphique 4.3).
← 9. La note nutritionnelle globale permet de mettre en regard des éléments positifs, comme la teneur en vitamines, minéraux, protéines et acides gras, et des éléments négatifs, comme la teneur excessive en sel et en graisses saturées. Elle peut varier en fonction de la pondération des différents facteurs.
← 10. Le pêche au thon a vu sa consommation de carburant augmenter en moyenne au niveau mondial, mais les raisons restent floues. Les évolutions des méthodes de pêche, des distances parcourues par les flottilles, des types de navires et de l’abondance des stocks ont sans doute joué, mais ces facteurs n’ont pas eu les mêmes effets sur toutes les pêches (Parker, Vázquez-Rowe et Tyedmers, 2015[49]).
← 11. La hausse de la consommation de carburant du chalutage de fond pourrait être due à une baisse de l’abondance, mais elle peut aussi être favorisée à court terme par d’autres facteurs, tels que les restrictions de pêche destinées à protéger les stocks (Ziegler et Hornborg, 2014[41]).
← 12. Les émissions du commerce international de produits halieutiques ne sont donc pas prises en compte ici.
← 13. Il importe de préciser que certains écarts peuvent s’expliquer par des différences de méthode de collecte ou de qualité des données.